Opération Nunalivut de 2012 – Partie Deux : Les Gardiens du Nord
L’ours blanc a couru à travers les glaces depuis plus d’une heure et il est fatigué, fatigué à mort ne peut-on s’empêcher de dire.
L’ours blanc a couru à travers les glaces depuis plus d’une heure et il est fatigué, fatigué à mort ne peut-on s’empêcher de dire.
Winston Churchill avait tort. Ou tout au moins, il n’avait pas tout à fait raison. Il disait que le courage est la qualité la plus importante parce qu’elle rend toutes les autres qualités possibles. Cependant, j’ai appris que c’est faux.
Après avoir traversé 1 500 kilomètres en motoneige en Arctique avec les Forces canadiennes, guidé par un Inuit remarquable du 1er Groupe de patrouilles des Rangers canadiens, j’ai appris que le courage n’est pas la qualité dont on a le plus besoin, c’est la deuxième.
« Voyez-vous », dit le Canadien en jetant un coup d’œil au groupe de 30 recrues afghanes assises sur le gravier qui ont l’air de s’ennuyer, de mâcher quelque chose ou de jouer avec leur nouvelle casquette.
« C’est… » l’officier s’interrompt et, regardant toujours les Afghans, il lève les mains et émet un long soupir.
Le championnat national de curling a été une bataille classique, du 18 au 23 mars, à Saskatoon, quand deux équipes, toutes deux nouvelles au tournoi de la Légion, se sont mesurées lors d’une partie des plus serrées le dernier jour des jeux.
Le premier ministre, Stephen Harper, s’est joint au gouverneur général, David Johnston, le lundi 6 février pour célébrer, lors d’une matinée ensoleillée, le 60e anniversaire de l’accession au trône d’Elizabeth II, en décernant la nouvelle Médaille du jubilé de diamant à 60 Canadiens.
Les soldats du camp Blackhorse ne se préoccupent pas de l’ironie. Ils font partie du 3e Bataillon du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry, et il n’y a pas de soldats plus endurcis au combat. Au début du mois de novembre dernier, quand ils commençaient à s’activer à leur nouvelle tâche qui était d’entrainer l’armée afghane, ils étaient déjà grincheux : leur nouvelle mission n’avait rien d’intéressant à leurs yeux.
Un caporal que j’avais rencontré au Panjwai me fit faire le tour de leur terrain d’instruction. C’était un endroit, dans une plaine élevée au-dessus de Kaboul, où ils enseignaient aux compa-gnies de l’armée afghane à survivre au combat en tant qu’unité. Le terrain d’instruction, grand, était fort peu protégé.
Amanda, sous le soleil, parle à son frère en retenant ses larmes.
Peter MacKay lit la liste des militaires décédés du Canada, un par un.
Il y a tant de noms, pense Amanda, qui va s’occuper d’eux tous?
Amanda demande à son frère de veiller à tous les morts, d’en prendre soin.
Son frère est mort. Son nom fait partie de la liste. C’est un des défunts.
Will Cushley est mort au combat en 2006, et Amanda Cushley vient à Kandahar depuis lors.
Elle a été affectée ici trois fois en tant que travailleuse civile. Elle vient dire merci, et parce que c’est la seule manière qu’elle peut être avec Will.
Amanda sait que le moment arrivera où elle devra le laisser partir.
Les Canadiens font leurs valises à Kandahar. Ils démonteront leur monument commémoratif et le rapporteront au pays.
Mais avant, il y a un dernier adieu à faire.
Le moment arrive pour Amanda.
C’était un effort à l’échelle du pays, une tentative de la Légion sans précédent pour tendre la main à une nouvelle génération d’anciens combattants. Bref, cette récente campagne visant à souhaiter un bon retour aux vétérans d’Afghanistan a indubitablement été un succès.
À la fin d’aout et en septembre, quelque 6 000 vétérans d’Afghanistan et plus de 50 000 sympathisants ont assisté, aux quatre coins du Canada, à des évènements d’appréciation qui ont eu lieu à plus de 200 filiales de la Légion. Les célébrations ont pris diverses formes : du barbecue dansant à l’attache de rubans jaunes, en passant par les spectacles de magie. Et les bons effets, sur les anciens combattants et sur leurs familles tout comme sur la Légion elle-même, se sont reflétés dans les 80 nouvelles écrites sur l’évènement.
« Nous avons reçu une réponse fantastique à cette initiative, dit la présidente nationale, Pat Varga. Nos filiales et nos membres veulent montrer qu’ils appuient nos soldats canadiens à l’étranger et ici chez nous, et nous voulons montrer notre fierté et leur témoigner notre reconnaissance. Nous espérons que les autres Canadiens feront de même. »
Les filiales participantes s’étaient procuré des casquettes de baseball commémoratives d’Afghanistan auprès de la Direction nationale et les anciens combattants pouvaient obtenir, à titre gracieux, l’adhésion à la filiale Ottawa pendant un an, ce qui leur donnait droit gratuitement à six numéros de notre revue.
En Ontario, à la filiale ontarienne Limestone City de Kingston, non seulement la journée de bienvenue visait les vétérans d’Afghanistan, elle a aussi été organisée par l’un d’entre eux. L’adjudant Leo Lund, transmetteur à la Base des Forces canadiennes Kingston, est aussi président des divertissements de la filiale.
« Maintenant que la mission de combat est terminée, nous tenons à leur dire merci à la manière de la Légion, et à leur montrer que nous les appuyons », dit Lund au Kingston Whig-Standard.
Lund, qui a servi en Afghanistan lors de trois affectations, tenait particulièrement à montrer aux vétérans d’Afghanistan que la Légion est un endroit où ils sont les bienvenus. « [Cet évènement] servira à écarter le stéréotype selon lequel la Légion n’est que pour les vétérans de la Seconde Guerre mondiale ou pour ceux de la Corée. La Légion, c’est pour tous les militaires. »
Au Manitoba, la filiale Portage la Prairie a fait sa part en organisant un rassemblement pour montrer son soutien, une occasion où la participation a été bonne. « C’est simplement pour laisser savoir aux gens qu’il y a encore des épreuves dans le monde et que nos troupes sont encore là pour combattre et, enfin, pour protéger notre pays, dit la présidente Jo-Ann Barnes au journal local. « Nous avons eu sept vétérans d’Afghanistan, en plus de nos anciens combattants habituels qui viennent à notre tirage au sort de viande […] C’était vraiment bien. Il a dû y avoir entre 50 et 60 personnes. C’était très agréable. »
« Nous voulions simplement leur souhaiter la bienvenue chez nous, les remercier pour leur dur travail et leur dévouement », a-t-elle ajouté.
À la filiale South Carleton de Manotick, en Ontario, la nourriture, la magie et les activités pour les enfants ont toutes fait partie d’une célébration couronnée de succès. « C’était une journée pour que la Légion honore les vétérans d’Afghanistan, dit Jean Lanouette, membre de la filiale South Carleton, au journal EMC. « Quand on a entendu dire que la Direction nationale de la Légion royale canadienne parrainait une journée d’appréciation des vétérans par l’entremise de ses filiales, nous avons décidé d’installer un petit comité pour planifier l’évènement. Nous avons choisi une journée portes ouvertes pour le grand public, ne sachant pas si des vétérans d’Afghanistan viendraient. Heureusement, nous avons eu sept vétérans et ils ont été bien reçus toute la journée par plus de 100 résidants locaux et par leur famille. »
« Je pense que ça a été une journée historique pour la Légion, ajouta Lanouette. Il y avait des vétérans de la Seconde Guerre mondiale et des vétérans d’Afghanistan. C’était exceptionnel. »
À la filiale Port Arthur de Thunder Bay, en Ontario, les vétérans d’Afghanistan ont reçu un chapeau distinctif en guise de remerciement et plus de 100 personnes ont pris part à la célébration. « J’ai été en Europe récemment, dit le lieutenant-colonel Mark Thibert au Thunder Bay Newswatch. J’ai eu l’honneur de visiter la crête de Vimy et le cimetière de Groesbeek aux Pays-Bas, et puis de voir une partie de notre histoire et de notre patrimoine d’alors et d’aujourd’hui. Voir notre association d’anciens combattants embrasser cette partie-ci de notre patrimoine militaire, pour ceux qui parmi nous ont été affectés en Afghanistan, c’est encore un chapitre important de notre patrimoine militaire et de notre histoire. »
La célébration a également eu lieu au-delà des filiales de la Légion, soit sur Internet. Une page Facebook a été créée comme manière de promouvoir les évènements de bienvenue au pays dans le cadre des efforts déployés pour tendre la main aux anciens combattants les plus jeunes et qui sont habiles devant un ordinateur.
« Le média social donne l’occasion à tous de montrer leur soutien, dit Varga, et plus important encore, on veut que nos troupes sachent que leur engagement et leur dévouement ne sont pas passés inaperçus, où qu’ils soient autour du monde. »
La page, que l’on peut consulter à www.facebook.com/pages/The-Royal-Canadian-Legion/14739207004980, comprend des dizaines et des dizaines de commentaires écrits par les organisateurs et par les sympathisants.
Par exemple, Kathy Slack écrit de la part de la filiale britanno-colombienne Port McNeill : « [La filiale] offrira un souper pour nos troupes de retour au pays et, le lendemain, lors du Orca Fest, nous défilerons dans les rues de notre petite ville. Notre garde du drapeau défilera fièrement avec nos soldats de retour d’Afghanistan et en sécurité chez eux. »
La présidente de la Division de la Nouvelle-Écosse–Nunavut, Jean Marie Deveaux, est l’une des légionnaires ayant adopté la nouvelle technologie afin de tendre la main aux anciens combattants modernes. « Le mot “merci” ne suffit pas à exprimer la gratitude que nous ressentons par rapport à tout ce que les soldats ont fait pour notre liberté et pour celle des autres, a-t-elle écrit. Vous êtes dans nos cœurs à jamais. »
La fin de semaine des Championnats d’athlétisme de la jeunesse de la Légion royale canadienne, du 4 au 8 aout, à l’Installation d’athlétisme Terry Fox, à Ottawa, fut marquée par des records brisés et une chaleur insupportable.
Presque 1 000 jeunes athlètes de partout au Canada se sont rassemblés à Ottawa pour prendre part à l’un des évènements sportifs les plus grands et les plus importants de leur saison d’athlétisme.
Le point de vue d’un journaliste sur la mission de combat canadienne au Kandahar, 2006-2011
En 2008, lors d’un après-midi fiévreux en Afghanistan, je pense avoir compris la guerre.
Mes souvenirs de Zangabad ne sont qu’un enchainement de moments confus et de contrariétés. Ce jour-là, en avril, le village presque désert n’était qu’un labyrinthe de murs en boue fauves, quelques fermiers louches et des EEI désastreux.