Des élèves réfléchissent aux sacrifices du Canada

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Les gagnants aux catégories d’affiches séniors sont Olivia Zeng (couleurs) de Coquitlam, C.-B. et Casey O’Neill de Belleisle Creek, N.-B.

Si l’on s’en tient aux chiffres, ce concours d’art est sans doute l’un des plus importants et des plus anciens du Canada.

Depuis plus de 50 ans, des élèves canadiens inscrivent des affiches, des compositions et des poèmes aux concours annuels littéraire et d’affiches de la Légion royale canadienne. Il y a eu plus de 100 000 inscriptions cette année. Les quatre gagnants séniors des concours viendront à Ottawa, à l’occasion du jour du Souvenir national, déposer une couronne au nom des jeunes Canadiens.

Les concours ont un but essentiel : maintenir la tradition du souvenir chez les jeunes Canadiens.

Il n’y en a pas de meilleur exemple que le poème Why the Poppy? (Pourquoi le coquelicot? NDT) d’Ethan Edstrom, élève de 10e année à Edmonton, qui a soumis son œuvre par l’entremise de la filiale Strathcona de cette ville. Voici la traduction de ce poème, assez courte pour que nous puissions la reproduire dans son intégralité :

Sur les tombes de soldats dans les champs de Flandres,
Il y a des fleurs qui veillent au repos des héros,
Et même si leurs cercueils sont scellés,
Nous arborons fièrement le coquelicot.

Cette fleur éclatante est à l’image
De la bravoure de ceux qui sont allés à la guerre.
Les Canadiens qui ont offert leur vie
Pour que nous puissions vivre libres à tout jamais.

Porter le coquelicot, c’est proclamer haut et fort
Que nous n’oublierons pas leurs sacrifices.
D’un océan à l’autre, nous sommes profondément fiers
De ceux qui, confrontés au vice, ont fait preuve de vertu.

La liberté dont nous jouissons dans ce beau pays
Nous l’avons reçue en héritage, pour très longtemps
Des mains de ceux qui se sont battus pour que le Canada reste
Un pays indépendant, grand et libre.

Ainsi, en novembre, mettez à votre col ce coquelicot
Et sachez que ces soldats sont encore parmi nous,
Dans chaque liberté qu’ils ont gagnée pour leurs pairs,
Et dans nos cœurs qui battent pour eux. Ne les oublions pas.

M. Edstrom dit que son intention « était de rappeler les raisons pour lesquelles nous portons cette fleur chaque année, parce que parfois le message se perd un peu. Alors je voulais attirer l’attention des gens sur ce que le coquelicot signifie vraiment ».

L’inspiration de ce poème lui est venue avant même qu’il connaisse l’existence du concours de la Légion. Il a assisté à la cérémonie du jour du Souvenir de sa ville, l’an dernier, et cela l’a fait penser à l’importance de se souvenir de ceux qui se sont sacrifiés pour le Canada.

« Il y a des membres de ma famille qui ont servi : deux de mes grands-oncles, dit Edstrom. Alors le respect pour les forces armées et les anciens combattants m’a été inculqué très jeune. Chaque jour du Souvenir, nous réfléchissons aux sacrifices de ceux qui servent, et je voulais juste mettre ce genre de sentiment sur papier, et c’est comme ça que j’ai fini par écrire le poème. »

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Les gagnantes aux catégories intermédiaires desaffiches (ci-dessus) sont Lauren Cheslock (noir et blanc) de Stittsville, Ont. et Juliana Jiang de Richmond Hill, Ont.

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Il a montré son poème à un enseignant, puis au directeur adjoint de l’école Tempo, à Edmonton; et on connait la suite.

« Les choses dont nous nous souvenons, les sacrifices de nos forces armées et de nos anciens combattants, c’est crucial pour nous en tant que Canadiens, dit-il. Si nous perdons contact avec ces événements, avec ces valeurs, nous perdrons une partie de nous-mêmes. C’est donc important de se souvenir, et d’honorer ceux qui ont fait ces sacrifices. »

Il a hâte de venir à Ottawa, à l’automne, participer à la cérémonie nationale du jour du Souvenir à laquelle il assistera pour la première fois. « C’est un grand honneur, dit-il. Je ne réalise pas encore très bien, mais je suis certain que ça viendra quand j’arriverai à Ottawa et que je prendrai part aux cérémonies. C’est incroyable de représenter toute une tranche de la population canadienne. Ça va être super bien. J’ai vraiment hâte. »

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Les gagnants aux catégories juniors des affiches sont Johnny Rivas-Gonzalez (couleurs) de Hamilton, Ont. et Alastair Capstick de Bloomfield, N.-B.

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Olivia Zeng de Coquitlam, en Colombie-Britannique, a également hâte de faire le voyage. Elle a obtenu la première place dans la catégorie séniors pour l’affiche en couleurs qu’elle avait soumise par l’intermédiaire de la filiale Port Coquitlam.

Cette élève de 12e année dit être « extrêmement excitée d’avoir gagné. Vraiment très heureuse. » C’est la première fois qu’elle participait au concours d’affiches, et elle est reconnaissante à ses enseignants et à ses amis qui l’ont aidée à finaliser le concept de l’image émouvante d’un légionnaire sur fond de silhouettes de vieux soldats. « Pour moi, c’est surtout ce que mes professeurs m’ont appris. Comme ma famille a immigré ici, nous n’avons pas d’ancien combattant canadien. Alors une grande partie de ce que j’ai appris sur l’histoire vient de mes professeurs et d’un ami qui est dans les cadets. »

Mlle Zeng a l’intention de devenir artiste professionnelle après l’école secondaire; elle n’a donc pas ménagé ses efforts pour réaliser son œuvre.

« Pour cette image, l’exactitude était vraiment importante, dit-elle. Je voulais vraiment représenter mes sentiments sur l’histoire. Alors j’ai fait beaucoup de recherches, j’ai parlé à des gens qui s’y connaissent en uniformes et en armes. La manière dont ces fantômes reculent, eh bien, c’est un processus de recherche graduel qui m’a servi à composer cette image. »

 

Les choses dont nous nous souvenons,
les sacrifices de nos forces armées et de
nos anciens combattants, c’est crucial
pour nous en tant que Canadiens

 

La composition de Shane Pendergast, inscrite par la filiale Morrell de l’Île-du-Prince-Édouard, est une des plus belles soumissions chez les séniors. Il s’agit d’un aperçu lyrique du rôle prépondérant joué par la musique dans l’expérience militaire canadienne. Mais ce n’est pas seulement un synopsis, car M. Pendergast ouvre des perspectives aussi, comme cette section sur l’humour noir en temps de guerre :

« Il y avait, parmi les chansons sorties des tranchées canadiennes, We’re all Waiting for a Shell (Nous attendons tous un obus, NDT) et Hanging on the Old Barbed Wire (Pendus au vieux fil barbelé, NDT). Ça m’a étonné de trouver des thèmes si noirs, car je supposais que les chansons des tranchées auraient une nature plus joyeuse, qu’elles leur permettraient de se divertir. Mais peut-être qu’en des temps si terribles, la seule façon de rester sain d’esprit, c’était de faire des blagues. Comment pourrait-on comprendre le mal terrible de la guerre sinon par la comédie? »

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Les gagnantes aux catégories primaires des affiches (ci-dessus) sont Kayla Jackson (couleurs) de Dartmouth, N.-É. et Kadie Lynn Hofer de Camrose, Alb.

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La composition vaut certainement la peine d’être lue en entier.

L’affiche en noir et blanc de Casey O’Neill, élève de 10e année de Belleisle Creek, au Nouveau-Brunswick, qui a présenté son œuvre par l’entremise de la filiale Norton, vaut aussi la peine d’être contemplée.

Il s’agit de la représentation émouvante des conflits au cours des âges, où l’on voit des soldats de diverses époques en uniformes distincts sur une toile de fond sinistre de fantassins marchant au combat. La citation Loved and were loved (aimaient et étaient aimés, NDT) du célèbre poème In Flanders Fields de John McCrae, est inscrite sur l’affiche.

Vous pouvez voir beaucoup d’œuvres gagnantes des autres catégories d’âge dans nos pages, et si cela ne vous suffit pas, toutes les œuvres récompensées se trouvent à http://www.legion.ca/wp-content/uploads/2016/04/ContestWinners_2016.pdf.

Et n’oubliez pas que les quatre gagnants séniors assisteront à la cérémonie du jour du Souvenir à Ottawa. Ils se tiendront fièrement devant le Monument commémoratif de guerre du Canada, symboles vivants de la jeunesse canadienne.

Au champ d’honneur (Version 1)

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Quel qu’en soit le prix

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Juste après un tir ami ayant fait plusieurs victimes le 4 septembre 2006. [MND]

Le récit sans concession par les officiers
qui l’ont dirigée de l’opération Méduse,
la plus grande bataille de l’histoire militaire
canadienne des 60 dernières années,
à l’occasion de son dixième anniversaire.


Un jour, on fera un film sur les premières heures
de cette bataille : l’atmosphère est lourde. Un convoi de véhicules canadiens franchit un cours d’eau et traverse un champ. Les soldats sont inquiets, leurs commandants incertains de ce qui les attend. Puis soudain, le feu des mitrailleuses, des grenades tirées au lance-roquettes, et pire encore.

En quelques secondes, des Canadiens gisent morts sur le champ de bataille. De nombreux autres sont blessés.

Les premiers coups de feu de la plus importante bataille du Canada en Afghanistan viennent d’être tirés.

Les États-Unis viennent de quitter le Kandahar, laissant le soin à l’OTAN de sécuriser et de reconstruire un endroit relativement tranquille, jusque-là.

Mais l’ennemi, lui, n’est pas de cet avis. À ses yeux, la superpuissance américaine a battu en retraite et l’OTAN est faible. Ses rangs sont presque aussi nombreux que lors de l’invasion initiale de l’Afghanistan, en 2001. Il entend faire la preuve de l’impuissance de l’OTAN et reprendre Kandahar.

La riposte fut l’opération Méduse.

L’ennemi massé finit par livrer combat au groupement tactique canadien presque au grand complet, soit quelque 2 800 militaires : trois compagnies d’infanterie, mais aussi l’escadron de reconnaissance, un escadron du génie de combat, des soldats de la Force opérationnelle internationale 2, des Américains, des Danois et beaucoup d’appui aérien.

L’ennemi ne l’emporta pas, mais il connut plusieurs petites victoires. Comme cette première bataille, lorsque les Canadiens furent massivement et dramatiquement repoussés après avoir franchi l’Arghandab dans l’intention de prendre l’objectif Rugby.

Le repli de la compagnie Charles sous le feu de l’ennemi le 3 septembre 2006 fut l’un des moments les plus noirs de l’opération. Quatre hommes y trouvèrent la mort : Frank Mellish, Shane Stachnik, William Cushley et Rick Noland.

Le lendemain matin, ce fut encore pire. La compagnie Charles fut accidentellement prise pour cible par un avion de combat américain. Il y eut un mort, Mark Graham, et tant de blessés que la compagnie entière dut être retirée de l’ordre de bataille. La compagnie Charles était anéantie.

Il y aurait beaucoup plus à en dire, mais en fait, il n’est pas vraiment possible de raconter toute l’histoire.

Même aujourd’hui, l’opération Méduse reste une énigme. S’ils devaient livrer la bataille à nouveau, compte tenu de ce qu’ils savent maintenant, aucun des commandants ne ferait la même chose. D’un autre côté, ils n’y changeraient pas grand-chose non plus.

Ce fut l’assaut le plus marquant des 60 dernières années de l’histoire militaire canadienne.

Pensez à ce que cela signifie : entre la guerre de Corée et Méduse, des générations d’officiers et de soldats ont engagé leur vie pour le Canada sans vraiment avoir à se battre. Après l’opération, même chose.

Mais les gars de l’opération Méduse, eux, ont dû se battre. Ils se sont avancés en territoire ennemi par le sud, puis par le nord, dans une zone de feu à volonté. Ils ont utilisé toutes les armes qu’ils avaient. Ils se sont battus, et ils sont morts. Jusqu’à la victoire. Ils n’ont pas abandonné.

Il y avait des ennemis par centaines (peut-être par milliers), retranchés dans leurs cachettes et dans leur aveuglement extrémiste, prêts à détruire les agresseurs canadiens en se servant de toutes les armes qu’ils réussissaient à passer en contrebande du Pakistan.

Mais les choses n’ont pas tourné en leur faveur. Leurs croyances ne leur ont pas suffi pour gagner ce combat.

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Des soldats attendent près de la rivière Arghandab pendant l’opération Méduse. [MDN]

Major-GÉneral Omer Lavoie

Si l’on demande au major-général Omer Lavoie, qui commandait le groupement tactique pendant la bataille, qui a gagné et si l’opération a réussi, il répond franchement, comme on pouvait le prévoir, que l’opération Méduse fut un succès.

Cela ne signifie pas qu’aucune erreur n’ait été commise, mais ces erreurs n’ont pas modifié l’issue
de la bataille.

En 2006, il était lieutenant-colonel, et il commandait le groupement tactique canadien sous les ordres du brigadier-général David Fraser.

« C’était au moment où le commandement passait des Américains à l’OTAN, dit-il. Les talibans étaient convaincus que l’OTAN hésiterait à se battre. Nous, on y va, on reprend cette région. Et c’était une région d’importance emblématique pour les talibans. Alors d’après ces critères, on peut dire que c’était un énorme succès, parce que tout ce qu’on a demandé à mes troupes, elles l’ont fait.

« Est-ce qu’on a libéré les districts de Zhari et de Panjwai des talibans? Bien sûr que non, dit-il. Mais la raison pour laquelle nous sommes allés là-bas, c’est que les talibans menaçaient Kandahar. Il fallait faire quelque chose pour que la ville ne tombe pas. Et mes soldats ont de quoi être fiers d’avoir accompli cela.

« Professionnellement, ça m’a changé. Ça me sert d’azimut quand je commande. Nous avons perdu notre sergent-major régimentaire [l’adjudant-chef Robert Girouard]. Nous avons perdu 19 gars. Alors c’est difficile de ne pas penser à ça tous les jours. C’est ce qu’il y a de plus difficile quand on commande.

« Mais notre unité est la seule à qui on a décerné la citation du gouverneur général pour une opération, et cet honneur est ce qui importe le plus, c’est ce qui nous unit en tant que frères d’armes. »

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Vue de l’objectif principal, le 3 septembre 2006. [MDN]

Major Trevor Norton

Pendant l’opération Méduse, le major Norton était capitaine de véhicule blindé léger de la compagnie Charles; il était l’un des surveillants de la bataille le 3 septembre.

« D’une certaine façon, c’était un moment décisif pour moi. Quand j’y pense, c’était le seul moment de l’engagement du Canada en Afghanistan où les talibans se sont vraiment massés et ont cherché un combat traditionnel. Et nous leur en avons livré un, dit-il. Mais à l’époque, ce n’était pas un évènement majeur à mes yeux. Maintenant, je sais que c’était vraiment remarquable, mais à ce moment-là c’était juste une partie de la mission. C’était juste une autre journée au Kandahar. »

Un aspect de la première bataille de l’opération le fait encore réfléchir, dix ans après.

« Avant le 3 septembre, on se tenait d’un côté de la rivière et on essayait de ronger l’ennemi de l’autre côté de la rivière par des tirs directs. J’avais mis en place une ligne de tir et on tirait à chaque fois que l’ennemi s’exposait. Je disais à mes gars “Ceux que nous éliminons aujourd’hui, on ne leur fera pas face demain.” Le lendemain, nous avons traversé la rivière; on ne savait pas trop où on allait faire une brèche dans les défenses de l’ennemi. Mais on ne tirait pas, et ça a permis à l’ennemi de nous surprendre.

« Depuis, j’ai essayé de faire comprendre à mes gars à l’entrainement qu’il faut absolument se fier aux tactiques traditionnelles. Si tu penses à quelque chose, dis-le. Si ça te semble mal ficelé, dis-le aussi. Je m’en sers comme exemple d’initiative. [Quelqu’un aurait dû] nous recommander de continuer à tirer, parce que [ne pas le faire] a vraiment donné un avantage aux talibans. »

Major Jeremy Hiltz

En 2006, le major Hiltz commandait le peloton 8 de la compagnie Charles. Il a franchi la rivière le 3 septembre, au cœur des combats.

« Pour moi, et pour beaucoup de soldats avec lesquels je garde le contact, je crois que les souvenirs, bons ou mauvais, de notre participation à l’opération Méduse demeurent une source de grande fierté, dit-il. Aujourd’hui encore, je me souviens des 3 et 4 septembre comme si c’était hier. Sur le coup, on ne pensait pas beaucoup aux conséquences à long terme, ni pour les Afghans, ni pour l’OTAN.

« Quant à moi, je vois l’opération dans son ensemble comme un moment très important, où le Canada a accompli quelque chose qui n’avait pas été fait depuis un bon bout de temps. Pour la compagnie Charles, pour le rôle que nous y avons eu, en dépit des conséquences de ces jours-là pour beaucoup, nous avons été cimentés davantage en tant que compagnons d’armes. La détermination des soldats de mon peloton après avoir perdu Frank Mellish et vu un grand nombre de nos frères blessés était incroyable. Quel que soit le danger, ils étaient toujours prêts à reprendre le combat. Et même après les tirs de l’A-10 américain sur notre position, ils ont continué.

« Je me souviens d’avoir entendu dire que le haut commandement ne pensait pas que la ville de Pashmul et le district de Panjwai pouvaient être pris. Nous avons fait quelque chose que beaucoup de nations ont essayé de faire sur un terrain semblable. Nous avons battu un ennemi redoutable, retranché et préparé, sur son propre terrain. En tant que 8e Peloton, nous avons relevé le défi, nous avons été renversés, mais nous nous sommes relevés tout de suite. »

Lieutenant-Colonel Mark Gasparotto

En 2006, le lieutenant-colonel Gasparotto était commandant du 23e Escadron de campagne du 2e Régiment de génie d’assaut.

« Je savais qu’il s’agissait de la plus grande opération de l’histoire de l’OTAN. Une certaine mythologie entoure encore Méduse, à cause du nom lui-même ou à cause de la violence de l’engagement. Il est certain qu’aux yeux des ingénieurs, ce qu’a fait le 23e Escadron de campagne mérite d’être remarqué. Je sais que ça a représenté un sérieux défi pour l’escadron dans toutes ses capacités. Quant à notre adaptation et à notre improvisation, nous avons fourni au groupement tactique l’appui dont il avait besoin malgré le matériel restreint dont nous disposions. À cet égard, Méduse nous a donné l’occasion de démontrer à quel point les ingénieurs sont créatifs quand il s’agit de résoudre les problèmes dans un champ de bataille.

« Le degré de violence qui a suivi Méduse était parlant, en termes de feu direct. Mais je ne sais pas vraiment à quel point cela a influencé les combats suivants par rapport à ceux de 2006. Et si les combats ont été moins sévères cette année-là, qu’en était-il des années qui ont suivi? Alors, est-ce que nous avons empêché l’ennemi de prendre Kandahar? Je ne sais pas. Et je ne le savais pas vraiment à l’époque, même si c’était ce qu’on se disait. Nous l’avons au moins retardé. Les talibans faisaient un effort concerté à l’époque. Aurions-nous pu en tuer beaucoup plus? Prendre plus de leurs dirigeants, ce que nous n’avons pas fait à cause de la manière dont l’attaque s’est déroulée, qui a permis à beaucoup de s’enfuir?

« Je me souviens certainement de ce que nous avions esquissé sur la carte. Si j’avais su alors ce que je sais maintenant, j’aurais fait attention à d’autres choses ce jour-là. Je pense que nous nous sommes fait prendre à notre propre cycle décisionnel en essayant d’éclaircir les ordres, parce que les choses n’allaient pas dans le sens du plan de manœuvre qui nous semblait le plus logique. Il y avait bien un groupement tactique, mais l’attaque du 3 septembre n’a pas été une attaque de groupement tactique.

« Il n’en reste pas beaucoup. À la fin de la période d’affectation, il y avait à peu près 130 soldats dans l’escadron, qui est assez grand. Mais en ce qui concerne ceux qui sont encore dans les forces : les officiers sont encore là, mais le nombre de sous-officiers a vraiment baissé. Il y en a beaucoup qui ont servi une fois ou deux de plus en Afghanistan, et je pense que leur service leur a couté cher, qu’ils ont des difficultés à surmonter aujourd’hui. »

En effet, selon les chiffres officiels d’Anciens combattants, presque 10 % des 39 000 Canadiens qui ont servi en Afghanistan ont reçu un diagnostic de TSPT. Ce chiffre comprend des milliers de militaires des groupes professionnels qui n’ont jamais pris part aux combats; le pourcentage de soldats ayant combattu atteints d’un TSPT est donc probablement beaucoup plus élevé.

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L’objectif Rugby, principal objet des opérations du 3 septembre 2006. [MND]

Major Edward Stewart

Pendant l’opération, le major Stewart était officier des affaires publiques. Il était alors capitaine, chargé de l’attention médiatique que la bataille suscitait dans le monde.

« Méduse est la plus grande opération à laquelle j’ai été attaché et à laquelle je serai probablement jamais attaché, dit-il. Encore aujourd’hui, je n’arrive pas à penser à un autre cas où tous les gens que je connaissais s’occupaient de la même chose. Je me sens véritablement privilégié d’avoir eu l’occasion de jouer un petit rôle dans quelque chose d’aussi grand, et aussi d’avoir travaillé à côté de quelques personnes assez impressionnantes.

« Je dirais que c’était l’apogée d’un énorme changement concernant la manière dont l’Armée canadienne était perçue. Je pense que Méduse a confirmé que oui, les soldats canadiens étaient encore des combattants lorsqu’il le fallait.

« L’opération a été un succès, je pense qu’on peut le dire sans porter à controverse. Mais il est important de remettre ce succès dans son contexte, comme pour toutes choses. Par exemple, je ne pense pas qu’on puisse prétendre que Méduse ait “gagné la guerre” ni quoi que ce soit de semblable, parce que les huit groupements tactiques suivants ont tous fait face à des défis, à des épreuves et à des pertes considérables, mais c’était un moment d’une grande portée dans l’ensemble de la campagne.

« Les raisons pour lesquelles on a déclenché Méduse quand Kandahar risquait d’être perdue ont été suffisamment établies, alors pas besoin de les répéter. Ce que je peux dire, d’après ma propre expérience, c’est que lorsque le groupe dont je faisais partie est allé sur le terrain, le 30 août, notre convoi a traversé une ville fantôme. Kandahar avait l’air abandonnée. Sur le chemin du retour, après Méduse, même pas quatre semaines après, notre convoi était constamment coincé en raison du nombre de personnes qui étaient rentrées en ville.

« Qu’est-ce que tout cela voulait dire? Je ne sais pas vraiment, car j’avais un tout petit rôle parmi des milliers. Tous les gens que je connais pensaient avoir pris part à quelque chose d’assez important, et avoir fait quelque chose de vraiment bien, et ils en éprouvaient une certaine satisfaction. Pourtant, le groupement tactique a perdu 12 de ses 19 morts après Méduse, alors on pourrait peut-être dire que l’opération montre à quel point, à la guerre, l’euphorie est éphémère… En fin de compte, le temps des célébrations a été étonnamment court, puis on est passé à autre chose. »

« Nous défendrons notre île, quel qu’en soit le prix.
Nous nous battrons sur les plages.
Nous nous battrons sur les terrains de débarquement.
Nous nous battrons dans les champs, et dans les rues.
Nous nous battrons dans les montagnes.
Nous ne nous rendrons jamais! »

– Winston Churchill

Ne jamais se rendre

À l’issue de l’opération, le groupement tactique canadien a atteint tous ses objectifs. Il lui a fallu plus longtemps que prévu, et cela a été bien plus difficile que ce qu’on espérait; mais les yeux du monde étaient tournés vers eux, et il était hors de question que les Canadiens perdent ce combat.

Il est probable que les civils ne comprendront jamais vraiment ce que la guerre coute. Sacrifier des vies pour un bout de terrain est incompréhensible, voire même odieux. Mais c’est pour cela que nous avons des armées, et c’est ce que les soldats canadiens ont fait durant l’opération Méduse.

Avancer vers l’ennemi. Avancer jusqu’à la mort. C’est ça, la guerre.

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46e CONGRÈS NATIONAL 2016 St. John’s

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La Légion se réunit dans un lieu ancien
pour tracer une nouvelle voie.

Photographie d’Adam Day
et de Jennifer Morse

Au début du mois de juin, des délégués venus de tous les coins du pays se sont réunis à St. John’s, Terre-Neuve-et-Labrador, déterminés à tracer un avenir prometteur pour la Légion
royale canadienne.

C’était le 46e Congrès national, qui a eu lieu du 11 au 14 juin, au cœur d’un des plus vieux sites peuplés du Canada. La longue histoire de cette ile (l’endroit où se trouve St. John’s a été découvert à la fin des années 1400) a servi de toile de fond symbolique au congrès. Bien que Terre-Neuve n’ait pas toujours fait partie du Canada, elle en est aujourd’hui un élément loyal, et les Terre-Neuviens font incontestablement partie de la grande tribu des Canadiens.

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(en regard, de g. à d.) La garde du drapeau au Monument national de la guerre, à St. John’s. [Adam Day]

Cela s’est manifesté à ce congrès dont, outre les affaires et les rapports, un grand sentiment d’unité est ressorti. De nouveaux membres du comité directeur ont été élus. Une nouvelle section spéciale a été créée. Des résolutions ont été adoptées. Et l’harmonie a été établie.

Bien que la devise officielle du congrès ait été « Looking back to see ahead » (Se pencher sur le passé pour voir l’avenir, NDT), le thème officieux est né des discours prononcés par trois anciens combattants modernes : quelles que soient les différences entre les anciens combattants d’époques diverses, entre les groupes d’anciens combattants, et même à l’intérieur d’une organisation d’anciens combattants, la réalité, c’est que cette unité est bien plus puissante que la division, et que dans le bon contexte, il est clair que ce qui unit les groupes – le besoin de servir les anciens combattants et leur famille – est bien plus puissant que ce qui les divise.

Tout commence par un défilé

Le dimanche 12 juin, le congrès a commencé par un grand défilé dans les rues du centre-ville. De nombreux légionnaires ont descendu la rue Water et ont assisté à une cérémonie à ce qui s’appelle toujours National War Memorial (Monument national de la guerre, NDT) et qui se trouve à cet endroit depuis avant 1924, bien avant que Terre-Neuve ne se joigne à la Confédération canadienne.

Lors de la cérémonie, le lieutenant-gouverneur Frank Fagan, la mère de la Croix d’argent, Sheila Anderson et le ministre des Anciens combattants, Kent Hehr ont chacun déposé une couronne. M. Hehr a ensuite rejoint le lieutenant-gouverneur et Mme Anderson à la tribune et observé le défilé.

De retour au centre des congrès, les délégués ont assisté à la cérémonie d’ouverture. Elle a commencé par le discours d’un acteur de reconstitution de la Première Guerre mondiale sur l’importance pour les jeunes Terre-Neuviens de s’engager à se battre pour leur pays, et pour l’Angleterre. La cérémonie était largement centrée sur l’histoire militaire de Terre-Neuve, dont on a raconté les exploits hors-normes.

Il y a également eu, entre autres, des spectacles musicaux présentés par Judy Brazil, Kelly Ann Evans et Peter Noel.

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Le premier vice-président, Dave Flannigan, assiste aux cérémonies. [Adam Day]

« Nous sommes venus nous réunir ici de toutes les régions du pays, d’un océan à l’autre, a déclaré l’aumônier général des Forces armées canadiennes, Guy Chapdelaine. Nous sommes venus honorer ceux qui ont servi avec courage et travaillé pour un avenir meilleur. Nous sommes reconnaissants à la Légion royale canadienne de ses efforts, de son soutien indéfectible à ceux qui ont tant donné d’eux-mêmes. »

Après les salutations par vidéo du gouverneur général, David Johnston, le président de la Division de Terre-Neuve-et-Labrador, Frank Sullivan, a fait un choix de mots heureux en saluant tous les gens venus de loin, leur souhaitant la bienvenue à Terre-Neuve, « au paradis sur mer, parce que, croyez-le ou non, vous êtes tous à la dérive dans l’Atlantique Nord ».

M. Fagan a officiellement ouvert le congrès par un petit discours. « La Légion royale canadienne est toujours une partie importante de notre communauté, a-t-il affirmé. Vous nous avez honorés en décidant de vous réunir dans cette province, et surtout en ce moment. »

Il s’agissait en effet d’un moment spécial pour les Terre-Neuviens. Les plans concernant le congrès de 2016 ont été modifiés il y a quelques années afin que les légionnaires puissent se joindre à eux à l’occasion du 100e anniversaire de la bataille de Beaumont-Hamel où, le 1er juillet 1916, premier jour de la bataille de la Somme, le Newfoundlant Regiment a été presque anéanti. L’impact de l’hécatombe s’est fait sentir presque partout dans l’ile, dans les villes, les villages et les petits ports isolés. Le 1er juillet est encore le jour du Souvenir de la province, même si le reste du pays célèbre alors la fête du Canada.

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Trois anciens combattants de l’ère moderne (de g. à d.) Jody Mitic, Craig Hood and Paul Nichols; Bill Chafe (en bas, àg.) est installé en tant que président des débats; le ministre des Anciens combattants, Kent Hehr assiste à la cérémonie du cénotaphe. [Jennifer Morse]

Les affaires courantes

Le ministre des Anciens combattants, Kent Hehr, était conférencier d’honneur. « Vous êtes l’épine dorsale de notre société depuis de très nombreuses années, a-t-il dit. Vous représentez ce qui est formidable à propos de cette nation. Venir à ce congrès était une priorité pour moi. Nous devons tous travailler ensemble pour conserver la Légion, aujourd’hui et demain. La Légion est aussi importante aujourd’hui qu’il y a 90 ans. »

Il a donné un aperçu des efforts que fait le nouveau gouvernement dans le but de restaurer les bonnes relations avec les anciens combattants. « Je travaille dur pour corriger ce qui ne fonctionne pas. Ce n’est pas toujours facile. Les solutions ne sont pas simples, les difficultés sont considérables, a-t-il déclaré. Je sais que quand un ancien combattant exprime ses préoccupations, les Canadiens sont à l’écoute. La plupart sont satisfaits de l’aide qu’ils reçoivent, mais on entend aux nouvelles que plusieurs sont tombés à travers les mailles du filet. Cela vous donne peut-être l’impression que nous ne faisons pas du bon travail, et bien entendu, ils ont le droit d’exprimer leur opinion, mais ne croyez pas que tout aille mal. Nous nous en tirons très, très bien! »

Certains anciens combattants sont sans aucun doute en désaccord avec le ministre au sujet de la productivité de son ministère, mais il est clair que, comme il l’a dit, beaucoup de bonnes initiatives ont été prises au cours des derniers mois. 

Le président de la Direction nationale, Tom Eagles, a donné la première de nombreuses nouvelles d’importance à l’auditoire lorsqu’il a révélé que la fondation de la Légion – établie pour que l’organisation puisse recevoir des dons de bienfaisance – était sur le point de devenir réalité, et que le premier don important avait déjà été reçu. 

Il a continué sur sa lancée et recommandé d’établir une section spéciale du traumatisme de stress opérationnel (TSO). Il n’y a pas eu de discussion, et l’assemblée a voté en grande majorité en faveur de la création de la première nouvelle section des temps modernes.

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Le président national, Tom Irvine, prend part au défilé; le trésorier national, Mark Barham, écoute les discours. [Adam Day]

« Nous venons d’écrire une page d’histoire, mesdames et messieurs, » a déclaré M. Eagles après que la motion eut été votée. 

Il a aussi parlé des jeux Invictus, du rôle de la Légion comme commanditaire principale de cet évènement qui aura lieu à Toronto, en 2017, et de l’importance pour les soldats et les anciens soldats de faire du sport.

Il a ensuite parlé de la manière dont la Légion est qualifiée par les médias ces derniers temps. « Si vous ne lisez pas déjà les journaux, ce n’est pas le moment de commencer, a-t-il dit à la blague. On s’y prend une raclée. »

« Je ne tolèrerai pas ces accusations, et [le nouveau président] Dave Flannigan, non plus, a-t-il ajouté. Nous sommes tous liés par un objectif commun : répondre aux besoins de nos anciens combattants, de leur famille, et de nos membres. J’invite chacun d’entre vous à se concentrer sur la vision et les valeurs que nous avons en commun. Il est important de conserver la confiance de nos membres, et qu’on nous entende répondre lorsque des questions se posent. Je recommande au nouvel exécutif de faire examiner nos affaires par une tierce partie. »

Le trésorier, Mark Barham, a pris la parole. « Au dernier congrès, la directive donnée à la Direction nationale était de mettre de l’ordre dans ses affaires. C’est ce que nous avons fait, » a-t-il dit.

Il a donné un aperçu des mesures d’économie prises par la Direction nationale pour équilibrer les budgets. « On s’est tous attelés à la tâche et ça a bien tourné. Des fois, le remède n’avait pas très bon gout, mais personne ne l’a recraché. »

M. Barham a fait une présentation offerte à titre d’information uniquement. L’état des finances de la Légion y était exposé en détail, et il a divulgué des plans pour une augmentation d’un dollar par personne par année pendant les deux prochaines années. Il a dit à l’auditoire qu’il passerait voir les caucus pour discuter de la proposition plus en détail.

Convention 4

(en regard) Le grand président, Larry Murray, installe les vice-présidents (de g.à d.) André Paquette, Angus Stanfield et Bruce Julian. [Adam Day]

Un nouvel exécutif

Les élections ont été réglées rapidement et efficacement. Il y avait 966 délégués sur place qui avaient 2 065 procurations, ce qui portait le total des votes à 3 031.

Pour le poste de président, monsieur Dave Flannigan de la filiale Labrador de Terre-Neuve a été nommé par l’ancien président national Wilf Edmond, et il y a été élu par acclamation.

Les vice-présidents nationaux Ed Pigeau de la filiale ontarienne Thessalon, André Paquette de la filiale ontarienne Harry Searle de Chapleau et Tom Irvine de la filiale québécoise Hemmingford se sont portés candidats au poste de premier vice-président, et c’est M. Irvine qui y a été élu.

Messieurs Bruce Julian de la filiale ontarienne Beachville, Ross Petten de la filiale terre-neuvienne Bay Robert, Roland Fissette de la filiale St. James de Winnipeg, Angus Stanfield de la filiale colombo-britannique Sooke et Paquette ont offert leurs services aux trois postes de vice-président. Messieurs Julian, Stanfield et Paquette ont été élus.

M. Mark Barham de la filiale North Calgary a été nommé trésorier par acclamation et, à la dernière élection du congrès, l’Ontarien Bill Chafe de la filiale Sarnia a remplacé le président national des débats Jack Frost de la filiale ontarienne Madoc.

Le secrétaire national, Brad White a invité trois anciens combattants modernes à faire part de leur point de vue aux délégués. Parmi eux se trouvait le conseiller municipal d’Ottawa Jody Mitic, un ancien tireur d’élite qui a perdu les deux jambes en Afghanistan. « Je ne me suis jamais senti ancien combattant avant de prendre ma retraite, a-t-il dit. Alors, la Légion, c’était quelque chose dans mon avenir, pour la retraite. C’est l’organisation d’anciens combattants du Canada par excellence. Vous parlez au nom des anciens combattants quand le gouvernement pose des questions. »

Par la suite, le Prix des fondateurs a été décerné à M. Rick Mercer. « C’est tout un honneur d’être reconnu par un organisme superbe comme la Légion canadienne, » a-t-il dit.

L’ombudsman des vétérans, Guy Parent, est monté sur scène pour remettre la mention élogieuse de l’ombudsman des vétérans à la Division de l’Ontario en l’honneur de son programme Leave the Streets Behind (laisser la rue derrière soi, NDT). 

Après le rapport du comité des sports, une motion a été proposée pour annuler le curling et le jeu de la huit au niveau national. Une modification a été proposée de scinder la motion et de voter sur le curling et le jeu de la huit séparément. Le premier vote concernant le curling, était si serré qu’on a demandé un vote par « debout ou assis » avant de savoir que le curling serait annulé. Quant au jeu de la huit, les délégués ont voté en faveur de le conserver.

Une motion de l’auditoire demandant de permettre le port des épinglettes à myosotis de Terre-Neuve dans toutes les divisions a été proposée et adoptée.

Convention 2

Le premier vice-président, Dave Flannigan et le président national, Tom Eagles écoutent les discours. [Jennifer Morse]

Le dernier jour

Le dernier jour du congrès a bien commencé, par la collecte de fonds traditionnelle de la Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth pour les anciens combattants nécessiteux des Caraïbes. Les files d’attente pour faire des annonces étaient longues, et le total s’est élevé à un montant impressionnant : 170 002 $. Et 3 409 $ ont été donnés pour établir la section spéciale de TSO.

Le trésorier, M. Barham, a ensuite fait le rapport sur le budget. Bien que de nombreuses questions aient été posées sur divers sujets, elles ont toutes fini par obtenir une réponse, le rapport a été voté et M. Barham a été ovationné pour sa présentation claire et détaillée.

Il a ensuite fait une modification à sa présentation précédente : il a demandé que l’augmentation annuelle par personne soit de 1,25 $ parce que les délégués avaient choisi de conserver le jeu de la huit et qu’il fallait des fonds pour ce faire.

Bien que de nombreuses personnes aient mis en doute le besoin de cette augmentation, le sentiment général qui a émergé était qu’il s’agissait de la première augmentation depuis longtemps, et qu’il était temps que les membres mettent la main à la poche. L’augmentation par personne a été votée par tous, malgré une poignée de « dissidents ».

Lors de ce qui a peut-être été le moment le plus tendu du congrès, une motion est venue de l’assemblée proposant de réduire le nombre de catégories de membres de la Légion à deux : les « anciens combattants » et les « associés ». De nombreux intervenants ont livré des arguments passionnés contre la proposition et elle a été solidement défaite.

Flannigan prend les commandes

Toutes les affaires ayant été réglées, il ne restait plus qu’à faire installer les nouveaux dirigeants par le grand président, Larry Murray.

Lorsque cela a été fait, le président de la Direction nationale, Dave Flannigan a prononcé un petit discours qui portait à la fois sur le passé et sur l’avenir. « Les astres sont alignés comme il faut, et je suis ici aujourd’hui, en tant que président national, pour représenter les soldats qui sont passés à l’assaut à Beaumont-Hamel, a-t-il déclaré. Je n’osais pas rêver que moi, petit gars de Lawn, de Terre-Neuve, je deviendrais un jour président de la plus grande organisation d’anciens combattants du Canada.

« Les deux prochaines années vont faire ou défaire la Légion, car nous devons arrêter l’hémorragie dans l’adhésion, a-t-il dit. Nous devons changer; sinon, les changements vont nous renverser. Nous devons rester d’actualité. Il est temps que les légionnaires cessent de penser en termes de “eux ou nous”, et se mettent à penser à “nous” en ce qui concerne tous les aspects de la Légion. Si nous ne nous unissons pas, nous sommes condamnés dès le départ. »

Le 47e Congrès national aura lieu à Winnipeg en aout 2018.


Adoptées au Congrès

Convention 6

RÉSOLUTION DE LOYAUTÉ

Les membres de la Légion royale canadienne réunis au 46e Congrès national à St. John’s (T.-N.-L.) saluent cordialement Sa Majesté la reine Elizabeth II, affirment leur loyauté et allégeance à son égard et lui être redevable de son service et de sa direction, et prient que Dieu lui prête vie afin qu’elle continue de guider le Commonwealth.

ANCIENS COMBATTANTS, SERVICES ET AINÉS

1. (ONT) — Exhorte le gouvernement fédéral de respecter son pacte social et l’obligation sacrée de s’occuper des anciens combattants et de leur famille tout au long de leur vie en leur permettant de maintenir la qualité de vie que méritent les sacrifices qu’ils ont faits pour le Canada.

2. (SASK) — Demande que les critères d’admission pour un lit contractuel d’un établissement pour anciens combattants soient élargis de manière à ce qu’y ait droit tout vétéran des Forces armées canadiennes ou des forces alliées de toute époque et selon ses besoins en soins de santé.

3. (ONT) — Demande à la Direction nationale de plaider auprès du gouvernement fédéral pour que les établissements de soins de longue durée comme l’hôpital Parkwood de London (Ont.) et le Sunnybrook Life Sciences Centre de Toronto assurent les soins de longue durée à tous les anciens combattants en modifiant la loi concernant le règlement sur les soins de santé de sorte à remanier la politique d’admission dans les hôpitaux pour anciens combattants.

4. (N.-É.–NT) — Demande que la Légion appuie les anciens combattants modernes en veillant à leur confort dans les unités de soins aux anciens combattants, et qu’elle adresse une pétition au gouvernement fédéral, par l’intermédiaire d’Anciens combattants Canada, afin de maintenir ouvertes toutes les unités de soins aux anciens combattants modernes.

COQUELICOT ET SOUVENIR

5. (ONT) — Demande que le coquelicot apparaisse dans les nécrologies afin d’identifier les avis de décès d’ancien combattant.

SPORTS

7. (QC) — Annule le curling en tant que sport de la Direction nationale mais conserve les fléchettes, le cribbage et le jeu de la huit en tant que sport au niveau national, afin de ne pas léser les divisions qui comptent sur ces évènements.

DÉFENSE ET SÉCURITÉ

*305 (C.-B.–YN) — Demande à la Légion d’adresser une pétition au gouvernement fédéral afin de créer une médaille pour reconnaitre tous les anciens combattants canadiens qui se sont portés volontaires au service dans les Forces armées canadiennes.

RITUEL ET RÉCOMPENSES

*307 (ALB–T. N.-O.) — Modifie le manuel du rituel, des récompenses et du protocole en y incluant une description du drapeau national du Canada de 1965, comme étant le drapeau sous lequel les Canadiens ont servi à la guerre du golfe Persique, en Afghanistan et à de nombreuses missions de l’ONU et de l’OTAN.

CONSTITUTION ET LOIS

*307 (N.-É.–NT) — Stipule que toute personne condamnée pour vol ou détournement de fonds du coquelicot, ou de fonds ou de biens de la Légion en vertu du Code criminel sera automatiquement expulsée de la Légion royale canadienne aussitôt qu’une direction supérieure en aura reçu avis et preuve d’une filiale ou d’une direction.

RÉSOLUTIONS RETARDATAIRES

(N.-B.) — Demande à Anciens combattants Canada de modifier ses critères relatifs aux anciens combattants ayant servi au Canada seulement afin qu’ils aient droit à un lit d’hôpital financé par ACC.

* Dénote une résolution rejetée ramenée devant l’assemblée par une division et approuvée par le congrès.


À la barre

FRDF

PRÉSIDENT DE LA DIRECTION NATIONALE Dave Flannigan, 60 ans, œuvre à la Légion depuis 41 ans, et il est membre à vie de la filiale Labrador City. Il a été chef de secteur en 2001, et il a occupé tous les postes à la filiale, ainsi que celui de président de la Division de Terre-Neuve-et-Labrador, en 2007. Cette année-là, il a rejoint le Conseil exécutif national et a été membre des comités des finances et budget et de la concentration sur l’avenir, et il a été président de ceux des sports et du coquelicot et du souvenir. Il a également occupé le poste de coprésident à l’adhésion et aux relations communautaires. Il est actuellement président des comités des anciens combattants, des services et des ainés, de la Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth (LRACC), et du congrès national, et vice-président des comités de la rémunération, des finances et du budget, de l’investissement et de la pension du personnel, ainsi que membre du comité consultatif des anciens combattants. En juin dernier, il a été nommé vice-président du conseil d’administration de Publications Canvet Ltée.

En 2004, il a pris sa retraite au bout de 29 ans à l’Iron Ore Co. of Canada et pendant les trois années suivantes, il a été propriétaire exploitant de Tool Maintenance Plus. Il a aussi été directeur commercial chez Hercules SLR Inc., à Labrador City, pendant cinq ans. Il a siégé au comité du téléthon de la Légion pour les hôpitaux, et il aime les sports. M. Flannigan a reçu les médailles des jubilés d’or et de diamant de la reine Elizabeth II.

Son épouse, Vera, et lui ont six enfants : Mitchell, Tanya, Dale, Dean, Dwayne et Danny, et 12 petits-enfants.


Fr2Irvine

PREMIER VICE-PRÉSIDENT Thomas Irvine, 61 ans, a été dans le Black Watch (Royal Highland Regiment) of Canada, pendant 23 ans, y compris un service commandé en Égypte comme membre de la Force d’urgence des Nations Unies. Il a passé 28 ans au service de la Légion, et il est actuellement membre de la filiale Hemmingford (Qc). M. Irvine a gravi les échelons jusqu’à ceux de vice-président des débats, de vice-président et de président de division, poste qu’il a occupé trois fois. L’été dernier, il a été nommé président du conseil d’administration de Publications Canvet Ltée.

Depuis 10 ans, il est président de la Direction nationale et il a siégé pendant 14 ans à des comités nationaux : adhésion et relations communautaires, constitution et lois, finances et budget, congrès national, concentration sur l’avenir, développement du leadership et de la jeunesse, coquelicot et souvenir, et sports. Il est actuellement coprésident du comité de l’adhésion et vice-président de celui des anciens combattants, des services et des ainés, et il siège aux comités de la LRACC, de la rémunération, du congrès national, et des finances et budget, ainsi qu’au comité consultatif des anciens combattants.

Il a pris sa retraite de TD Canada Trust en 2004, il est membre de la loge des francs-maçons Harmony no 131 du Grand Registre du Québec et il est sept fois ancien maitre de la loge d’Argyle-Elgin no 7. M. Irvine est membre de la Black Watch Veterans Association à Montréal et soutient avec ardeur la troupe de scoutisme de l’église Trinity. Il est récipiendaire des médailles des jubilés d’or et de diamant de la reine Elizabeth II. Ses loisirs sont la marche et l’art oratoire. Son épouse, Paulette, et lui ont quatre enfants : Jennifer, Wanda, Tom et Tim, et quatre petits-enfants.


FrBJ

VICE-PRÉSIDENT Bruce Julian, 64 ans, œuvre à la Légion depuis 39 ans, et il est membre à vie de la filiale ontarienne Beachville. Il a servi dans les troisième et quatrième bataillons du Royal Canadian Regiment et à tous les échelons de la Légion jusqu’à celui de président de la Division de l’Ontario, en 2013. Au niveau national, il a siégé au Conseil exécutif et au comité du coquelicot et du souvenir et à celui des anciens combattants, services et ainés. Il est actuellement président des relations publiques et représentant de la zone Ouest des États-Unis.

M. Julian est récipiendaire de la Médaille du service méritoire, des médailles des jubilés d’or et de diamant de la reine Elizabeth II, ainsi que de la Médaille du service méritoire et de la Médaille des services d’incendie pour longs états de service décernés par les gouvernements fédéral et provincial, respectivement. Il gagne sa vie en tant que cultivateur et ses loisirs sont les voyages, la pêche, la lecture et passer du temps avec sa famille. Son épouse, Darlene, et lui ont deux enfants : Jaclyn et Joseph, et trois petits-enfants : Brandon, Megan et Ella.


FrAP

VICE-PRÉSIDENT André Paquette, 64 ans, œuvre à la Légion depuis 42 ans, et il est membre à vie de la filiale Harry Searle de Chapleau (Ont.). Il a longtemps servi aux niveaux de la filiale, de la zone et du secteur, et il a gravi les échelons jusqu’à celui de président de la Division de l’Ontario, en 2011. Au niveau national, il a siégé au comité de l’adhésion en 2009, et il a rejoint le Conseil exécutif en 2011. Il a été président du comité des sports et membre du comité des anciens combattants, services et ainés, et de celui des finances et du budget. Il est actuellement président du comité du coquelicot et du souvenir, membre du comité des finances et budget, et représentant de la zone de l’Europe.

Il est récipiendaire de la Médaille du service méritoire et des médailles des jubilés d’or et de diamant de la reine Elizabeth II. Il a servi quatre ans dans la réserve et 40 ans au Chemin de fer Canadien Pacifique. M. Paquette est retraité et il aime la chasse, la pêche et le camping. Sa femme, Jane, et lui ont quatre garçons : Ian, Brian, Scott et Patrick Joseph (PJ).


FrAS

VICE-PRÉSIDENT Angus Stanfield, 70 ans, a 24 ans de service à la Légion. Il est membre à vie de la filiale Sooke (C.-B.), il a été élu pour la première fois à l’exécutif de la filiale en 1995, puis en est devenu président en 2001. Douze ans après, il a été élu président de la Division de la Colombie-Britannique-Yukon et a siégé pour la première fois au niveau national au Conseil exécutif. Il a été vice-président du comité du coquelicot et du souvenir et a siégé à celui des sports. Il est maintenant président du comité des sports, membre de celui des finances et du budget, et représentant de la zone de l’Est des États-Unis.

M. Stanfield a été entrepreneur électricien pendant 49 ans et est président-trésorier de la société de logement qui exploite la maison Cockrell, ainsi que cornemuseur-major et fondateur de l’orchestre de cornemuses de Sooke. Il s’est vu décerner la Médaille du service méritoire, la Médaille du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II, la Médaille du souverain pour les bénévoles et le Prix des bénévoles du secteur de Sooke. Il a deux enfants, Cameron et Carley, et trois petits-enfants, Chasen, Travis et Cierra.


FRMB

TRÉSORIER Mark Barham, 58 ans, est membre à vie de la filiale Kensington de Calgary. Il œuvre à la Légion depuis 41 ans, et il a gravi les échelons jusqu’à celui de trésorier de la Division de l’Alberta-Territoires-du-Nord-Ouest. Au niveau national, M. Barham siège actuellement au Conseil exécutif, et il en est à son deuxième mandat de président des comités de la rémunération, des finances et du budget, de l’investissement et de la pension du personnel.

Il est directeur de la Whitney Victoria Barham Foundation et collaborateur de la Fondation Tim Hortons pour les enfants. Il a récemment pris sa retraite après avoir vendu ses parts dans une chaîne de restaurants. Il aime la pêche, la chasse, le hockey et l’écriture.


FRBC2

PRÉSIDENT DES DÉBATS Bill Chafe, 58 ans, est membre à vie avec 38 ans de service à la Légion. Il a servi dans le First Hussars Reserve Regiment, et il est actuellement membre de la filiale Sarnia (Ont.). M. Chafe a gravi les échelons jusqu’à celui de président des débats de la Division de l’Ontario, et il siège actuellement au niveau national en tant que membre des comités de la constitution et des lois, des finances et du budget, et du congrès national.

Il est employé à Chemfab Industries Inc. et quand il a du temps libre, il aime tout ce qui a rapport à la Légion, les voyages et les sports. Il est récipiendaire de la Médaille du service méritoire et des médailles des jubilés d’or et de diamant de la reine Elizabeth II. Son épouse, Laurie, et lui ont deux enfants, Sharon et Bill, et sept petits-enfants.


FrTE

PRÉSIDENT SORTANT Tom Eagles, 59 ans, est au service de la Légion depuis 39 ans. Il est membre à vie de la filiale Marble Arch de Plaster Rock (N.-B.), la ville où il a grandi, et il a été président de filiale, chef de secteur et président de direction divisionnaire.

En 2003, M. Eagles a rejoint le Conseil exécutif national et depuis lors, il a servi au niveau national en tant que président des débats aux comités des anciens combattants, services et ainés, à la LRACC et au congrès national, en tant que vice-président des débats aux comités de la rémunération, des finances et du budget, de l’investissement et de la pension du personnel, et en tant que membre du comité consultatif des anciens combattants, de celui de la constitution et les lois, de celui du coquelicot et du souvenir et de celui des relations communautaires. Il est actuellement vice-président des débats aux relations publiques, aux sports, à la LRACC et au développement du leadership, ainsi que membre des comités de la rémunération et des
finances et du budget. En 2012, il a été président des débats du conseil d’administration de Canvet.

Il est récipiendaire de la Médaille du service méritoire, de la Médaille commémorative du 125e anniversaire de la Confédération du Canada, des médailles des jubilés d’or et de diamant de la reine Elizabeth II, et de la Mention élogieuse du ministre des Anciens Combattants. M. Eagles a été employé au service des Travaux publics et des Loisirs de la municipalité de Plaster Rock pendant 37 ans. Il est ancien président de la ligue de hockey mineur de Plaster Rock, et il a siégé pendant cinq ans au conseil d’administration du Tobique Valley Manor. Ses loisirs sont le hockey, le baseball et le golf. Son épouse, Cheryl Giberson, et lui ont quatre enfants, Ryan, Daniel, Brook et Brett, et deux petites-filles, Killian et Ella.


FRLM

GRAND PRÉSIDENT Larry Murray, 69 ans, a pris sa retraite en 1997 après avoir passé 33 ans dans la Marine royale canadienne et avoir été chef d’état-major par intérim des Forces armées canadiennes. Il est entré à Pêches et Océans Canada cette année-là et y a été nommé sous-ministre délégué. En 1999, M. Murray a été muté à Anciens Combattants Canada, où il a occupé le poste de sous-ministre, puis il est retourné à Pêches et Océans entre 2003 et 2007. Il est actuellement à la retraite et fait du bénévolat comme membre ordinaire de la filiale Ottawa Dominion.

Au niveau national de la Légion, il a été président des débats du comité consultatif des anciens combattants, animateur de ceux de la concentration sur l’avenir, des anciens combattants, services et ainés, et de la défense et de la sécurité. Il est actuellement président des débats du comité consultatif des anciens combattants et membre d’office de celui des anciens combattants, des services et des ainés. M. Murray est ancien président des débats du conseil d’administration du Forum des politiques publiques et ancien président de la Division de la Ligue navale du Canada, partie continentale de la Nouvelle-Écosse. Il a été le premier président du Comité consultatif de l’ombudsman des vétérans, membre de l’extérieur du Comité de vérification de la Défense nationale et colonel commandant honoraire des Services de l’aumônerie des Forces canadiennes. Il est actuellement président des débats de la commission d’Examen indépendante d’acquisition de la Défense.

La liste des décorations de M. Murray comprend : membre de l’Ordre du Canada, Commandeur de l’Ordre du mérite militaire, Ordre de Saint-Jean, Médaille du service spécial de l’OTAN, Prix Vimy de la Conférence des Associations de la défense du Canada, Mention élogieuse du Chef d’état-major de la Défense, Mention élogieuse du ministre des Anciens Combattants, Médaille commémorative du 125e anniversaire de la Confédération du Canada et médailles des jubilés d’or et de diamant de la reine Elizabeth II.

Son épouse, Claudia Buckley, et lui ont six enfants et se plaisent à passer du temps en compagnie de leurs cinq petits-enfants. Quand il a du temps libre, il aime le bénévolat, le kayak, le jardinage, le jogging et la lecture.


Le comique Rick Mercer reçoit le Prix
des fondateurs de la Légion

Mercer

Le Prix des fondateurs est remis au comique Rick Mercer par le président national, Tom Eagles. [Adam Day]

Rick Mercer est l’un des artistes les plus aimés du Canada, et il l’est depuis longtemps. Mais ce n’est pas seulement un comique, c’est aussi un partisan infatigable des soldats canadiens.  C’est pour cela qu’il a beaucoup voyagé avec les militaires, de la Bosnie à l’Afghanistan, et partout entre ces deux pays.

Le Prix des fondateurs de la Légion lui a été décerné en reconnaissance de son dévouement au Congrès national de cette année, qui a eu lieu à St. John’s.

Ce prix, créé en 2012, est décerné à une personne ou à une organisation pour des actes remarquables dans un domaine qui illustre et fait progresser les objectifs de la Légion, dans l’esprit et selon la vision de ses fondateurs.

M. Mercer, qui est originaire de St. John’s, était sur place pour recevoir le prix et divertir les délégués. 


L’avis des délégués

Au congrès national cette année, nous avons voulu savoir ce que les délégués pensent de l’avenir de la Légion, quels sont d’après eux les besoins à satisfaire afin que l’organisation soit plus robuste. Pour ce faire, nous avons posé la même question à des délégués choisis au hasard. Que changeriez-vous à la Légion?

Jeff Scott, filiale Caradoc, Mount Brydges (Ont.)

Il faut se concentrer sur la nouvelle génération, les nouveaux anciens combattants. Aussi étrange que cela puisse paraitre, les légionnaires disent qu’ils veulent changer, mais ils veulent quand même sauvegarder les vieilles méthodes. Il faut aider la nouvelle génération à devenir présidents de filiale, leur donner des rôles de leadership. C’est ce que nous faisons à ma filiale, et c’est si stimulant quand on implique la nouvelle génération.

Selby Luffman, filiale St. John’s (T.-N.-L.)

Je ferais ce qu’il faut pour que nos communautés soient plus conscientes de la Légion et de ses activités, et des occasions qu’ils pourraient trouver à la Légion. Nous devrions communiquer davantage avec le public, dans les médias ou dans les médias sociaux, d’une manière ou d’une autre.

Billy Gushue, filiale Ferryland (T.-N.-L.)

Je ne pense pas qu’il faille la changer, il suffit de l’adapter aux temps modernes. Si j’en crois mon expérience, tous les programmes fonctionnent; le système fonctionne; il suffit probablement de la mettre à jour, de la retoucher pour les anciens combattants modernes. Nos anciens combattants disparaissent à une vitesse folle, et il nous en faut des nouveaux. Nous sommes une tribu. Il nous faut leur adhésion et ils ont besoin de notre aide.

Paulette Bement, filiale Meadow Lake (Sask.)

S’il n’en tenait qu’à moi, il y aurait bien plus de jeunes membres, afin qu’ils prennent les commandes. Dans ma filiale, nous sommes fatigués. Et les plus jeunes qui arrivent n’ont pas l’air de vouloir apprendre comment on fait les choses, alors ils ne peuvent pas prendre la relève. Dans mon temps, nous nous faisions un point d’honneur d’apprendre comment les choses fonctionnaient, mais cela ne se passe pas ainsi aujourd’hui.

Brian Morris, Robert Combe VC, Melville (Sask.)

Je pense qu’il faudrait promouvoir une politique de porte ouverte pour attirer les jeunes gens à la Légion. Quand je pense aux jeunes gens dans les cadets et dans les écoles où nous allons, je trouve qu’il est important, quand ils grandissent, de les encourager à se joindre à la Légion.

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L’Est domine au championnat de fléchettes

Darts

Le représentant du Comité national des sports, Steve Wessel (à g.) et le président du CLP Larry Lynch aux côtés des gagnants chez les équipes(de g. à d.) Jerry Myles, Rod Snow, Paul LaQuant et Chris Steiger. [Adam Day]

Cette année, du 6 au 8 mai, c’était la bataille de l’Est du Canada à Saint John, au Nouveau-Brunswick, au championnat de fléchettes de la Direction nationale. La moitié est du pays a été pratiquement imbattable, la Division de l’Ontario ayant remporté les titres en simple et en double, puis perdu de justesse devant le quatuor de la Division de la Nouvelle-Écosse–Nunavut.

En plus du jeu de fléchettes, la fin de semaine à la filiale Lancaster a été pleine de bonne humeur et de camaraderie à l’ancienne.

Avant de commencer le jeu, le samedi matin, il y a eu un défilé et une cérémonie de dépôt de couronnes devant la filiale. Le président de la Division de la Nouvelle-Écosse–Nunavut, Steve Wessel, qui est aussi représentant des sports de la Direction nationale, a lu l’Acte du Souvenir. Le vétéran de la Seconde Guerre mondiale Kenneth Briggs a déposé une couronne.

Le championnat a commencé par la compétition des doubles. Après sept tours, il n’y avait encore rien de fixé. Même si quelques équipes avaient perdu un peu de terrain, il y en avait sept que trois points seulement séparaient. L’Ontario détenait une avance d’un point.

Le moment du dernier tour était venu.

Il s’est avéré que les Ontariens n’étaient pas d’humeur à faire des fautes. Andy Rust et Gary Robinson, de la filiale Maple Leaf-Swansea de Toronto, ont maintenu leur avance jusqu’à la fin, devenant ainsi les nouveaux champions nationaux.

« C’était génial. Les compétiteurs étaient vraiment durs à battre. C’est formidable de finir devant tous ces grands tireurs. Et gagner un titre national? C’était fantastique, a déclaré Rust. Confirmer le tout en obtenant le dernier double, quand je savais qu’on gagnerait si je réussissais, c’était super. »

La compétition suivante était celle des simples. À mi-parcours, c’était encore trop serré pour deviner qui gagnerait, même si l’Ontario avait réussi à prendre un point d’avance.

Après sept parties, Shawn Brenneman de la filiale ontarienne Beachville avait pris une avance considérable, et il a terminé la partie sans commettre de maladresse. S’il a joué comme un compétiteur aguerri, c’est qu’il en est un. Il s’agissait de la troisième fois qu’il atteignait le championnat national, et il faisait partie de l’équipe de l’Ontario qui a gagné en 2008.

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Le champion chez les simples, Shawn Brenneman de la Division de l’Ontario, montre son trophée. [Adam Day]

« La compétition était vraiment relevée, a dit Brenneman après sa victoire. C’est toujours un défi de jouer avec des gars de ce niveau, et en fin de compte, c’est une question de chance. Chacun a des temps forts et des moments plus faibles, alors je me sens très chanceux de l’avoir remporté au final. »

La compétition des équipes a commencé le dimanche matin. Comme l’équipe de la Division de l’Alberta-Territoires du Nord-Ouest s’était retirée du championnat, neuf équipes seulement se le disputèrent. Malgré ce champ légèrement réduit, l’ambiance dans la salle supérieure de la filiale Lancaster était bruyante lorsque les équipes s’encourageaient mutuellement à pleine voix.

Le peloton était bien groupé au début, et ce n’est qu’au cinquième tour que les vainqueurs se sont clairement démarqués. Vers la fin de l’épreuve, les deux équipes en tête étaient celle de Paul LaQuant, Chris Steiger, Jerry Myles et Rod Snow de la filiale Centennial de Dartmouth de la N.-É.–Nt, et celle de Michael Power, Frank Browne, Jason Marchis et Leslie Mootrey de la filia-le ontarienne Col. Alex Thompson Memorial de Mississauga.

En arrivant au dernier tour, les équipes de l’Ontario et de la Nouvelle-Écosse–Nunavut étaient à égalité à 17 points. Les quelques dernières fléchettes à venir serviraient à les départager.

Lorsqu’au début, l’Ontario a perdu une partie jouée avec l’équipe néobrunswickoise formée de Ike Mullin, Scott Tracy, Derek Hanley et Mark Hebert de la filiale Blacks Harbour, les gars de la Nouvelle-Écosse–Nunavut ont su qu’il ne leur restait qu’à tenir pour trois points pour gagner.

Et c’est ce qu’ils ont fait. C’est donc ainsi que les jeux se sont terminés : tout s’est joué sur un point au bout d’une journée entière de compétition.

« C’était parfait. C’était formidable, a déclaré Chris Steiger. Notre équipe a déjà remporté un championnat, mais ça fait toujours le même effet, c’est fantastique. »

C’était en 2013, à Chester (N.-É.), la dernière fois que son équipe avait remporté le championnat national. Et le titre, comme celui-ci, s’était joué sur les dernières fléchettes. « C’était très serré. Il fallait que le Nouveau-Brunswick gagne une partie, et il l’a fait; et ensuite, il fallait qu’on en gagne trois et nous l’avons fait. »

À la cérémonie de clôture ce soir-là, Wessel a félicité l’équipe de sa province pour sa belle performance, ainsi que tous les autres joueurs.

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Andy Rust (à g.) et Gary Robinson de la Division de l’Ontario remportent le championnat des doubles. [Adam Day]

« Vous êtes venus concourir, et vous ne nous avez pas déçus; vous avez vraiment bien joué, a dit Wessel devant la foule. Cette compétition était serrée dans toutes les catégories et la camaraderie était évidente parmi vous. La qualité du jeu était extraordinaire, et j’ai eu bien du plaisir à vous regarder lancer les fléchettes. C’était un vrai régal. »

La preuve : les décorations pour les lancers de 180 qui ont été remises pendant la cérémonie de clôture étaient trop nombreuses pour en dresser la liste ici.

« L’hospitalité a été merveilleuse, vous êtes sans doute d’accord avec moi, dit Wessel. La filiale s’est pliée en quatre pour satisfaire toutes nos demandes et régler tous les problèmes qui se sont posés. »

Pour finir, le président du comité local des préparatifs, Larry Lynch, qui a démontré qu’il était non seulement compétent mais infatigable durant cette fin de semaine trépidante, a fait une dernière annonce très applaudie : la filiale Lancaster allait donner 3 000 $ pour venir en aide aux gens gravement touchés par les incendies à Fort McMurray, en Alberta.

Le prochain championnat de fléchettes de la Direction nationale aura lieu à la filiale Eastern Irrigation de Brooks, en Alberta, en mai 2017.

Prix des fondateurs décerné à Rick Mercer de la SRC

On a annoncé, au CEN, que le journaliste et comédien Rick Mercer sera le troisième récipiendaire du Prix des fondateurs de la Légion, qui lui sera remis à St. John’s. 

M. Mercer soutient avec ferveur les soldats et les anciens combattants canadiens depuis longtemps, se rendant régulièrement à l’étranger pour rendre visite aux troupes et offrant particulièrement son appui au projet « stigmate » qui sert à mettre fin aux idées préconçues sur les maladies mentales.

Rick Mercer

Rick Mercer (à d.) interviewe l’adjudant (première classe) Dennis Hewitt, instructeur d’abordage, à Halifax. [Cpl. Rick Ayer/Formation Imaging Services, Halifax]

« Je suis profondément touché et flatté par cette distinction, a déclaré M. Mercer. Pouvoir souligner le travail formidable des Forces canadiennes au pays et à l’étranger est l’aspect de ma carrière qui me satisfait le plus. Je suis fier, en tant que civil, de défendre leur bienêtre. »

Par ailleurs, le président de la Division de la C.-B.–Yn, Marc Tremblay, a fait le point sur la construction à Surrey (C.-B.), aux abords de Vancouver, de la première « cité » des anciens
combattants canadiens. Les plans actuels prévoient deux édifices évoquant le monument canadien de la crête de Vimy.

« À ce moment-ci, la surface prévue est de 200 000 pieds carrés et le cout de 130 millions de dollars, a dit M. Tremblay. On y trouvera des logements de marché, une filiale de la Légion, des services médicaux, des logements avec services d’aide au maintien de l’autonomie, un gymnase et, au centre, le joyau de ce bâtiment : un centre d’excellence pour la recherche sur le TSPT et son traitement. »

Le ministre guerrier

[THE CANADIAN PRESS IMAGES/Matthew Usherwood]

Harjit Sajjan parle de la différence entre
les talibans et l’État islamique, du comportement
antidémocratique de la Russie, de ce que
nous avons peut-être mal fait en Afghanistan,
et de ce qu’il aime le moins en politique.

La guerre entre le Canada et l’État islamique s’est intensifiée. Des centaines de membres de nos forces d’opérations spéciales ont été envoyés en Iraq, appuyés par des hélicoptères, des capacités accrues de recherche sur le renseignement et le déploiement de plus de 100 soldats au Liban et en Jordanie. Et en Iraq, au moins, il est probable que les troupes canadiennes prendront part aux combats, vu que leur mission de conseil et d’aide est semblable à celle au cours de laquelle les soldats canadiens ont été mis en péril l’an dernier.

Cependant, M. Harjit Sajjan, ministre de la Défense nationale du Canada, ne veut pas dire que c’est une guerre. Ou en tout cas, pas encore. Et ne disons pas non plus qu’il s’agit d’une mission de combat, même si combat il y aura.

Malgré ces dérobades sémantiques, il apporte à son poste son talent connu pour régler des problèmes complexes. Il est non seulement ancien lieutenant-colonel et vétéran de l’Afghanistan, il a aussi été détective d’une unité antigangs. On dit aussi de lui qu’il a une capacité d’analyse remarquable qui lui a valu de nombreuses marques d’approbation et périodes d’affectation, notamment pour son travail sur les réseaux de l’ennemi à Kandahar. Et tout cela l’a amené à son poste actuel.

Sa formation d’agent du renseignement est maintenant mise à l’épreuve sur une scène plus grande. Le monde est compliqué, dit-il, et on ne peut espérer mettre fin aux menaces sans les comprendre. M. Sajjan réfléchit toujours aux situations dans leur ensemble. En conséquence, il semble souvent être tombé en paralysie comme tout homme qui comprend trop, qui est conscient de la complexité de la situation, des causes sous-jacentes et des conséquences de troisième ordre, ainsi que de l’implacabilité du cercle vicieux de la négativité et des critiques. Il s’agit alors de savoir où agir, quand agir, et pourquoi.

Pour apprendre à connaitre le nouveau ministre et ses objectifs, nous avons réalisé une courte entrevue éclair au téléphone pendant que, un peu en retard, il se hâtait vers l’aéroport d’Ottawa. Bien qu’il soit certainement plus communicatif que la plupart des ministres de ces derniers temps, M. Sajjan a déjà appris le jeu habituel des politiciens qui consiste à éviter les questions.

La Revue Légion : Veuillez nous donner votre opinion, et n’oubliez pas que vous n’avez qu’une minute pour répondre à cette question :
avons-nous gagné la guerre en Afghanistan?

Sajjan : Il ne s’agissait pas de gagner ou de perdre. Il s’agissait de faire le nécessaire pour mettre les forces nationales de sécurité et le gouvernement afghans en situation de prendre davantage de responsabilités. À un moment donné, il faut s’en aller; sinon, il n’existe pas de solution de longue durée. Et je pense que ç’a été accompli.

RL : Pouvez-vous comparer les talibans à l’État islamique? Lequel était ou est le plus dangereux pour la sécurité nationale du Canada?

Sajjan : L’EIIL est une plus grande menace pour la sécurité du Canada. Les talibans ne traversaient pas les frontières. On ne parlait pas beaucoup de ce qu’ils voulaient, à l’extérieur de leurs frontières. La brutalité est pratiquement la même, mais l’EIIL se sert de médias sociaux pour l’exporter. Les talibans étaient tout aussi brutaux, même si nous ne sommes pas très nombreux à en avoir été témoins.

RL : Il y a une chose plus difficile à comprendre : nous avons répondu aux talibans par la force militaire; en fait, par l’occupation de leur pays. Mais nous répondons à l’EIIL selon une approche davantage non interventionniste, avec moins de combats. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi nous répondons à une menace supérieure avec moins de force?

The Honourable Harjit S. Sajjan, Minister of National Defence, presents medals to the members of CANSOF Task Force during a visit to Iraq on December 21, 2015. Photo: Sgt Yannick Bédard, Canadian Forces Combat Camera. IS01-2015-0007-040 ~ L’honorable Harjit S. Sajjan, ministre de la Défense nationale, remet des médailles aux membres de la COMFOSCAN lors d’une visite en Irak, le 21 décembre 2015. Photo : Sgt Yannick Bédard, Caméra de combat des Forces canadiennes IS01-2015-0007-040

L’honorable Harjit S. Sajjan, ministre de la Défense nationale, remet des médailles aux membres de la COMFOSCAN lors d’une visite en Irak, le 21 décembre 2015. [Sgt Yannick Bédard, Caméra de combat des Forces canadiennes
IS01-2015-0007-040]

Sajjan : Eh bien, il ne s’agit pas d’employer des capacités et des forces; c’est l’intégralité de ce qu’on essaie de faire qui compte. Rappelez-vous combien de temps les États-Unis ont fait la guerre en Iraq contre les insurgés, et à la fin, quand quelques tribus sunnites sont venues de leur côté, les choses ont pris un bon tournant, alors ils sont partis. Et ce qui s’est passé tout à coup, c’est que l’EIIL, la petite organisation radicale venant de Syrie, est devenue beaucoup plus puissante. C’est le régime local qui doit mener ce combat. Oui, nous pourrions y aller nous battre et peut-être qu’on pourrait les bloquer, ou même gagner. Mais il ne s’agit pas seulement de vaincre l’EIIL; il faut permettre aux forces irakiennes de vaincre l’EIIL pour arriver à une solution qui dure. Et c’est beaucoup plus important, parce qu’en fin de compte, nos forces sont limitées, même quand les États-Unis et l’Union européenne travaillent ensemble.

RL : Il semble que le vrai problème soit l’extrémisme sunnite : l’idéologie qui a engendré al-Qaïda et l’EIIL. Comment résoudre le problème de l’extrémisme sunnite?

Sajjan : Je pense qu’il faut s’occuper de n’importe quel extrémisme. Et dans cette région en particulier, l’EIIL – un groupe petit mais radical –, est au premier plan. Tous les groupes recrutent dans leur population. Même quand on se bat, ce qu’on fait vraiment, c’est gagner du temps pour séparer la population du groupe radical, et quand c’est fait, on finit par combattre une organisation plus petite. Et c’est ça qu’il faut absolument faire en Iraq.

RL : Alors vous proposez de défaire l’extrémisme sunnite en séparant les extrémistes du reste de la population?

Sajjan : Eh bien, c’est ce qu’il faut faire dans n’importe quelle stratégie anti-insurrectionnelle. Si on ne s’occupe pas du recrutement, on n’arrête jamais de se battre. Ainsi, leur source de recrutement est absolument cruciale pour arriver au succès de longue durée que nous essayons d’obtenir.

Defence Minister, Harjit S. Sajjan speaks with Antoni Macierewicz, his counterpart from Poland during the annual Defence Ministerial Meeting at NATO Headquarters in Brussels, Belgium on February 10, 2016. Photo: Sgt Yannick Bédard, Canadian Forces Combat Camera. IS01-2016-0001-010 ~ Le ministre de la Défense, Harjit S. Sajjan, discute avec Antoni Macierewicz, son homologue polonais, lors de la réunion des ministres de la Défense au siège de l’OTAN à Bruxelles (Belgique), le 10 février 2016. Photo : Sgt Yannick Bédard, Caméra de combat des Forces canadiennes. IS01-2016-0001-010

Le ministre de la Défense, Harjit S. Sajjan, discute avec Antoni Macierewicz, son homologue polonais, lors de la réunion des ministres de la Défense au siège de l’OTAN à Bruxelles (Belgique), le 10 février 2016. [Sgt Yannick Bédard, Caméra de combat des Forces canadiennes. IS01-2016-0001-010]

RL : Quelle est la plus grande menace d’après vous, l’EIIL ou la Russie?

Sajjan: On ne peut pas les comparer. Il faut voir chaque menace d’une manière différente. Pour la Russie, il y a des problèmes régionaux et stratégiques bien plus graves. Et vu l’agressivité dont elle fait preuve partout dans le monde, on doit espérer qu’elle reviendra au dialogue, ce qui vaut mieux pour elle. Par contre, en ce qui concerne l’EIIL, il s’agit d’un groupe avec lequel on ne peut pas négocier, alors il faut s’occuper de lui de cette manière [par la force]. Il faut donc isoler ce groupe et faire le nécessaire pour qu’il ne profite pas des problèmes politiques pour influencer l’ensemble de la population. Une fois qu’on aura isolé l’organisation radicale, afin de pouvoir la détruire, ça va être crucial. Mais on ne peut pas vraiment dire qu’une  menace est pire que l’autre. C’est comme si on comparait des pommes et des oranges.

RL : D’après vous, qu’est-ce qui excite l’agressivité de Vladimir Poutine? Qu’est-ce qui excite l’agressivité de la Russie?

Sajjan : Je trouve ça difficile à dire, vu de l’extérieur, comme c’est le cas pour n’importe quel Canadien, n’étant arrivé là-dedans qu’il y a peu de temps. Il est important de connaitre la mentalité de la personne, et quelles sont ses expériences. Quand on dirige un pays comme la Russie, on ne peut pas le faire de manière irresponsable, envahir d’autres pays, quels que soient les problèmes qu’on a. Dans les nations démocratiques, les problèmes difficiles, on les prend en charge. On en discute.

RL : Nous vivons dans une période historique pas comme les autres. Nous avons vu des frontières remaniées, ce qui n’arrive pas si souvent que ça. La Crimée et l’Iraq. Alors, en ce qui concerne l’agressivité de la Russie : l’expansion de l’OTAN en Europe de l’Est, ça semble être un facteur irritant. Maintenant, nous voulons faire entrer l’Ukraine dans l’OTAN. De quelle manière cette expansion sert-elle nos intérêts?

Sajjan : Je vais aller à une réunion de l’OTAN pour la première fois dans une semaine, et nous allons avoir beaucoup de discussions importantes. Il est important d’arriver à un bon équilibre, mais je pense que le dialogue est l’élément crucial pour arriver à comprendre les intentions de la Russie. Et l’OTAN a un rôle vraiment important à jouer, comme c’est le cas depuis très longtemps. Nous devons demeurer unis. Nous devons rester fidèles à nos partenaires, à l’Ukraine et à d’autres pays de l’Europe de l’Est, mais l’occasion de dialoguer sera toujours là.

RL : Votre carrière de soldat est terminée. Quel en a été le moment déterminant?

Si on ne
s’occupe pas
du recrutement,
on n’arrête jamais
de se battre.

Sajjan : En Afghanistan, en 2006, quand j’ai pu faire mon travail grâce à une section d’infanterie, ça m’a vraiment ouvert les yeux. Être gradé, ça ne veut pas dire avoir réponse à tout. Il y a des réponses parmi les meilleures qui arrivent de sources improbables. Je ne sais pas combien de fois l’indice indispensa-ble qu’il nous fallait nous est venu de soldats sur le terrain. Avec le recul, je peux vraiment me dire, ‘wow’, nos soldats n’ont vraiment pas leur égal. Leurs réflexions et leur façon d’analyser les choses, le cœur qu’ils ont, et le combat qu’ils livrent. Ils peuvent facilement passer du travail humanitaire dans un village au combat en un tournemain. Changer en un instant comme ça, c’est vraiment dur. Rien que de pouvoir travailler avec des gens comme ça, c’était ça le plus formidable.

RL : Que n’aimez-vous pas dans votre rôle de politicien?

Sajjan : Je dirais que ce sont les discussions qui ont lieu à la Chambre des fois, qui parfois ne font pas justice au vrai travail qu’on fait pour les Canadiens. Ottawa, ça peut être comme une bulle, et il faut faire des efforts pour rester à l’extérieur de cette bulle, pour maintenir le contact avec les Canadiens et avec les vraies questions, avec ce qui se passe. Dans les Forces armées canadiennes, on a un point de vue sur les politiciens, mais en même temps, on sait qu’il y a beaucoup de gens qui se sont lancés en politique, surtout les collègues que je connais, parce qu’ils veulent vraiment apporter leur contribution. Quand on est en service, on sait tous que si on pense pouvoir apporter notre contribution et qu’on a les capacités et l’expérience qu’il faut, on doit rechercher et accepter les responsabilités. J’estimais que mon expérience était nécessaire, et je n’aimais pas la manière dont certaines choses se faisaient, alors j’ai arrêté de me plaindre parce que je croyais que j’avais les capacités pour agir, et je l’ai fait.

Cérémonie en commémoration d’attentats perpétrés en 2014

Le premier ministre désigné Justin Trudeau (en h., à g.) et le premier ministre Stephen Harper déposent une couronne.

Le premier ministre désigné Justin Trudeau et le premier ministre Stephen Harper déposent une couronne. [Caméra de combat des Forces canadiennes]

Un an après que deux soldats canadiens ont été tués lors d’attaques inspirées par l’EIIS, Ottawa a fait une pause en souvenir d’eux lors d’une commémoration courte et sobre au Monument aux morts.

Le temps était frais et nuageux, le 22 octobre, quand des milliers de personnes se sont assemblées autour du monument en signe de respect envers l’adjudant Patrice Vincent
et le caporal Nathan Cirillo. 

Il y a eu un salut de 21 coups de fusil et un défilé aérien de quatre avions de chasse CF-18. Le premier ministre Stephen Harper et le premier ministre désigné Justin Trudeau étaient côte à côte pour déposer une couronne.

Le gouverneur général, David Johnston, a lui aussi déposé une couronne et prononcé un bref discours. « Un an a passé. Nous avons toujours du chagrin. Nous continuons de guérir, a-t-il dit. Aux familles, aux amis, aux êtres chers de l’adjudant  Patrice Vincent et du caporal Nathan Cirillo : mes pensées vous accompagnent en ce pénible anniversaire. »

Si l’évènement avait un thème, c’était d’affirmer que, même alors que nous nous souvenons d’eux et de leur sacrifice, la tentative de répandre la terreur parmi les Canadiens a échoué, et qu’elle échouerait toujours. « Bien des gens disaient que le Canada avait changé à jamais en octobre dernier. Je ne crois pas que le Canada ait changé à jamais, a dit M. Johnston à la foule. Les Canadiens continuent de défendre les valeurs démocratiques que sont la tolérance, la diversité, l’égalité, l’équité et l’état de droit, c’est-à-dire la recherche incessante de la justice. »

M. Trudeau a fait écho au gouverneur général en parlant de ce que la journée de commémoration signifiait pour les Canadiens. « Nous ne permettrons pas aux menaces de nous changer, et nous ne nous soumettrons pas à ceux qui essaient d’ébranler nos valeurs et notre mode de vie, a-t-il dit. Les Canadiens sont bienveillants et généreux, ils ont une attitude ouverte et sont optimistes. Le Canada a été bâti par des gens de tous les coins du monde, de toutes les confessions, de toutes les cultures, et parlant toutes les langues.»

Il ne fait aucun doute que les proches de MM. Vincent et Cirillo étaient les vrais invités d’honneur à la cérémonie. Ils étaient assis au premier rang, au centre, aux côtés des plus hauts dignitaires du pays. Leur sacrifice est gravé dans nos mémoires à jamais.

Un système fissuré, partie deux: Manquement à la parole

Adam Day and Sharon Adams
Photographie de Louie Palu

Les anciens combattants canadiens perdus, et le litige qui a ébranlé le gouvernement

Il s’agit d’une simple histoire millénaire. Il y a des soldats et des anciens combattants partout au Canada qui ont été blessés en Afghanistan et ne sont pas encore guéris. Ils sont dans la zone d’incertitude entre la guerre et la paix, et ils subissent les conséquences d’un conflit qui maintenant semble lointain.

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Qu’ils aient été au combat ou pas, que leur esprit ait été blessé ou leurs jambes arrachées, qu’ils aient servi pendant 4 ou 34 ans, il s’agit d’une histoire aussi vieille que la guerre : on demande aux soldats
de tout donner, puis on les oublie lorsque cessent les coups de feu.

Le système servant à indemniser ces anciens combattants et à les soigner n’est pas parfait; il a des brèches; il est même peut-être brisé. Et bien que tout le monde sache qu’il y a un problème – les dirigeants militaires, les politiciens, les bureaucrates, le public –, le problème persiste.

Afin de bien comprendre l’enjeu, voici où nous en sommes : dans bien des cas, les anciens combat-tants blessés reçoivent un paiement forfaitaire pour leur blessure et puis presque plus rien. Des fois, ce système fonctionne parfaitement. En d’autres occasions, les soldats souffrent de graves blessures et ils reçoivent un petit pourcentage de ce que donneraient d’autres systèmes liés aux invalidités, comme l’indemnisation des accidentés du travail et les régimes d’avantages des employeurs privés.

Dans d’autres cas, les soldats handicapés à vie reçoivent une indemnité permanente, mais cette indemnité est calibrée de manière à ce qu’un mode de vie de classe moyenne soit pratiquement impossible à atteindre. Imaginez la vie d’un ancien combattant invalide qui ne peut se permettre d’acheter une maison, d’aller en vacances, de payer les frais scolaire de son enfant. Imaginez des décennies de vie, en fait, près de la pauvreté.

En ce qui concerne le nombre de personnes concernées, ce n’est pas un problème immense. Quelque 2 000 soldats ont été blessés en Afghanistan, et bien que beaucoup plus aient des blessures mentales invisibles, le nombre de ceux qui ont besoin d’aide ne crée pas un problème insurmontable. En ce qui a trait à l’argent, le montant qu’il faudrait pour réformer l’indemnisation aux anciens combattants n’est qu’une fraction infime du budget fédéral.

Pour arranger cela, et facilement, il suffirait d’en avoir la volonté.

Chacun se bat à sa propre guerre

Une des horreurs indicibles de la guerre, c’est qu’en fin de compte, les vieilles expressions sont justes :

Il n’y a pas d’histoire de guerre qui soit vraie. Toutes les histoires de guerre sont mensongères.

Si vous n’y étiez pas, vous ne saurez jamais comment c’était.
Même si vous y étiez, vous ne pourrez peut-être pas le décrire.

En fin de compte, seuls les endroits et les dates ont quelque dignité. Onze septembre, Kandahar, Masum Ghar, Panjwaye

En voici une autre : 

On se souvient des héros et des morts, mais les blessés sont laissés pour compte.

Les soldats acceptent les risques de mort ou de blessure, en particulier lorsqu’ils sont dans une zone de combat. Ce qu’il est plus dur d’accepter, toutefois, et ce à quoi ils ne pensent guère dans les zones de combat, c’est quelle sera leur vie au pays en cas de blessure. Ils s’attendent, au moins, à ce qu’on les traite avec des égards et avec respect.

Maintenant, pensez à l’Afghanistan, au conflit de 12 ans : la mission n’a pas vraiment eu un grand impact sur la vie au jour le jour de la plupart des Canadiens. Ce n’est pas vraiment que les Canadiens ne doivent jamais oublier les sacrifices de ces soldats; c’est plutôt qu’ils ne les ont jamais vraiment compris. On ne peut pas oublier quelque chose qu’on n’a jamais su.

L’isolement, ce n’est pas simplement ce qui se passe entre les soldats et la population pour laquelle ils se sont battus, c’est aussi ce qui arrive entre les soldats eux-mêmes. Chaque période d’affectation était différente, chaque unité avait sa propre expérience; à part des gars à vos côtés, personne ne comprenait bien ce que vous faisiez. Chacun faisait sa propre guerre. Il en résulte une collectivité d’anciens combattants isolés, qui critiquent souvent le gouvernement et d’autres groupes d’anciens combattants, et beaucoup d’entre eux n’obtiennent pas les soins qu’on leur doit à moins de dérailler, à moins de se perdre. Et à ce moment-là, il est trop tard.

Une bombe qui change une vie

Le major à la retraite Mark Campbell est un dur à cuire, pourrait-on dire. Même maintenant, il sourit encore quand il se rappelle à quel point il était alors implacable.

En 2008, un de nos auteurs a été introduit dans une opération en Afghanistan, commandée par Campbell. Il était alors un des chefs de l’effort du Canada servant à guider l’armée afghane, et l’opération, appelée Ateesh Bazi, était aussi rude que possible. La force opérationnelle qui se composait de relativement peu de Canadiens et d’un grand nombre d’Afghans réticents a passé une nuit dans le territoire ennemi en bordure
du désert du Régistan, couchés sur le sable infesté de scorpions, de serpents et d’araignées, puis le lendemain ils ont marché presque
30 kilomètres jusqu’aux abords de ce qui était alors la capitale des insurgés : Nakhonay.

Campbell exhortait ses soldats pendant toute l’opération en proférant des jurons, en prenant la tête de l’attaque, en mangeant des sucettesau petit-déjeuner (au sens propre) et, en règle générale, en agissant comme s’il était intouchable.

C’est un homme dont l’agressivité était évidente et à l’occasion, alarmante. Ses dernières exhortations, faites à ses sous-chefs avant d’arriver aux abords de Nakhonay, étaient simples et brutales : « C’est pas pour rire, dit-il en grognant. Ne. Manquez. Pas. Votre. Coup. »

Cette opération s’est bien passée, mais quelques mois après Ateesh Bazi, tout s’est foutu dedans pour Campbell.

C’étaient soit les talibans, soit des soldats afghans traitres fatigués des manières d’affrontement d’un Campbell coriace, ou d’un mélange des deux, ce qui est le plus probable.

Il était debout sur une bombe, et quelqu’un l’a fait exploser. Il a sauté par en haut et en arrière; il se souvient d’avoir atterri, d’avoir vu des jets de sang rouge vif sortant de ses artères fémorales. Une jambe était complètement arrachée et l’autre ne tenait qu’à des fils. Le bas de son corps était déchiqueté.

À ce moment-ci, prenez un moment pour imaginer comment se sentait Campbell, s’il vous plait. Guerrier toute sa vie, agressif au plus haut point, le genre de gars qui porte un écusson « Team Canada » à côté de celui qui indique son groupe sanguin. Maintenant, il est par terre, les organes génitaux mutilés, du liquide jaune coulant de ses oreilles, du sang giclant sur le sol.

C’est assez pour abimer quelqu’un. Mais qu’on ne s’y trompe pas, c’est incroyable que Campbell ait survécu. Dans aucune des guerres précédentes auxquelles des Canadiens ont participé n’existait-il une technologie permettant de le sauver, et il serait mort. Aujourd’hui, Anciens combattants Canada évalue son invalidité à plus de 150 %.

Il n’est pas exactement empressé de raconter son histoire, mais il accepte de parler dans certaines circonstances. Ainsi, après un long vol jusqu’en Alberta et une longue route jusqu’à la banlieue nord d’Edmonton, nous avons découvert laquelle des grandes maisons était la sienne en procédant par élimination.

La porte de devant s’ouvre et quelques secondes après, Campbell nous dit, d’une voix caractéris-tique, ce qu’il faut faire à propos du chien qui court vers la porte. (« Ne le laissez pas sortir. »)

Puis Campbell nous apparait sur son fauteuil roulant. Cet ancien officier supérieur d’un des bataillons canadiens les plus durs, un vrai guerrier, est vouté dans son fauteuil. Il nous regarde en souriant. « Bienvenue », dit-il.

Fissures du système

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Une lutte est engagée. Nous l’appelons la révolte des anciens combattants. C’est une vague de dépit et d’indignation visant le gouvernement fédéral et la législation qui régit le traitement des anciens combattants.

En y regardant de près, ACC est extrêmement complexe : les taux d’indemnisation varient selon le pourcentage d’invalidité; les avantages superposés sont tellement individualisés qu’il n’y a probablement pas deux anciens combattants qui reçoivent les mêmes indemnités ou services; ils reçoivent des avantages sociaux qui ne divergent que d’après leur volonté de se battre avec ACC ou de se faire entendre par les médias.

D’un autre côté, le système est si vague que même ceux qui le comprennent en parlent en utilisant des termes qu’on pourrait presque qualifier de mystiques. Mais mettons cela de côté, car le vague est en réalité très simple, et la complexité n’est que de la poudre aux yeux. La seule chose qui compte, ici, c’est que les anciens combattants devraient être bien traités, étant donné qu’ils l’ont mérité.

Tout de même, il vaudrait mieux jeter certaines bases. Les membres des Forces canadiennes sont des employés fédéraux, bien qu’ils soient distincts à cause des contrats qu’ils signent et qui permettent au gouvernement et aux dirigeants militaires de les envoyer au danger, peut-être même à la mort, et de mettre fin à leur emploi s’ils sont blessés en faisant une chose qu’ils sont tenus de faire par contrat.

La première clause, « jusqu’à la mort », s’appelle responsabilité illimitée. Si un peloton de soldats a reçoit l’ordre de faire quelque chose qui risque d’être mortel, comme de se lancer à l’assaut d’une mitrailleuse ou de traverser un champ que l’on sait miné, c’est exactement ce qu’ils sont tenus de faire, par contrat. Les autres employés fédéraux ne signent pas de contrat comme celui-là.

Si les soldats sont rendus infirmes en faisant leur devoir, ils peuvent être libérés de leur devoir militaire en vertu d’une clause appelée universalité du service, ce qui signifie que si un employé du ministère de la Défense nationale n’est pas en assez bonne santé pour pouvoir combattre, qu’il ne peut pas être envoyé au combat, il peut être libéré. En conséquence, lorsqu’un soldat devient invalide, sa carrière militaire est le plus souvent terminée.

Le système est implacable, et il est lent aussi. Des années peuvent passer avant qu’un soldat blessé soit officiellement libéré de l’armée. À ce moment-là, la responsabilité passe entièrement du MDN à ACC, où les règlements concernant la manière dont les anciens combattants sont traités et indemnisés sont divisés entre deux lois fédérales – la Loi sur les pensions pour ceux qui ont été blessés avant avril 2006 et la Loi sur les mesures de réinsertion et d’indemnisation des militaires et vétérans des Forces canadiennes (appelée communément la Nouvelle Charte des anciens combattants) pour ceux qui ont été blessés après avril 2006.

C’est là que commencent les problèmes.

Le point de vue de Campbell sur cette situation 

Pendant une entrevue qu’il nous a accordée en exclusivité au mois d’avril, le ministre des Anciens combattants, Erin O’Toole, a pris grand soin de nous expliquer qu’ACC évoluait afin d’améliorer la manière dont il servait ses clients – centrée sur l’ancien combattant, disait-il –, et il nous a donné quelques explications concernant l’insatisfaction de certains anciens combattants au Canada :

« En ce qui concerne l’examen des demandes, il faut aussi faire face à certains mythes : on entend dire qu’il y en a qui sont extrêmement frustrés par un refus, dit O’Toole. Mais plus de 70 pour cent des réclamations à ACC sont acceptées en premier ressort. On s’en étonnerait en voyant le dialogue sur Facebook. Mais nous avons la responsabilité envers l’ancien combattant et la société de veiller à ce que notre système soit juste, rapide et moins stressant, mais qu’il soit toujours fondé sur des preuves. Parce que, par exemple, les personnes qui sont dans les Forces armées canadiennes et en fin de compte, les anciens combattants, sont un échantillon représentatif des Canadiens, alors il y a les gens qui ont déjà des problèmes de santé mentale au moment où ils s’engagent. »

La réaction de Campbell, confiné à un fauteuil roulant dans la cuisine de sa maison du nord d’Edmonton, quand il entend cette citation, est physique, viscérale. Tout d’abord, Campbell déclare laconiquement : « Ce n’est pas vrai, il s’agit d’une tranche de la société canadienne basée sur la sélection ». Et il a raison : pour entrer dans l’armée du Canada, il faut en passer par une sélection, selon des caractéristiques de base concernant la santé mentale et physique.

Il se penche en arrière et réfléchit à ce qu’il va dire ensuite. « C’est une bonne façon d’essayer de défendre ce qui se passe à Anciens combattants, dit-il. Mais en fait, je ne crois pas du tout à ces statistiques, étant moi-même un des clients dont les réclamations légitimes ont été refusées. »

‘Au mieux, l’indemnisation inadéquate pour les soldats est une mesure d’austérité imprudente; au pire, c’est un abandon inconsidéré de l’obligation du gouvernement.’

— Poursuite d’Equitas

Et le problème ne concerne pas seulement l’approbation ou le refus, dit-il, il y a la lutte incessante avec la bureaucratie. Par exemple, ACC a récemment modifié la manière de calculer l’indemnisation dans le cadre de ce qu’on appelle le Programme d’autonomie des anciens combattants (PAAC), qui paie les services comme le ménage et l’entretien du domicile. « Des choses arbitraires me sont arrivées, dit-il, comme lorsqu’ils ont adopté le nouveau processus d’octroi pour le PAAC. Ils ont déclaré que j’obtiendrais un octroi de 5 800 $ l’an prochain. Un instant! Vous me donniez 12 000 $ par année, 1 000 $ par mois, pour l’entretien et le ménage, avant le nouveau processus d’octroi, alors pourquoi réduisez-vous ça de plus de 50 %? »

Campbell a pu se plaindre de cela à grands cris, et assez fortement pour qu’ACC rétablisse sa prestation au degré précédent. « Ils ont réglé mon cas en rebroussant chemin et en pratiquant une sorte de magie vaudou du côté administratif, dit-il. Mais combien d’autres anciens combattants ont vu leur PAAC coupé et ne s’en sont pas aperçus ou ont été incapables d’y faire quoi que ce soit? »

(La Revue Légion a contacté le ministère des Anciens combattants du Canada pour lui donner l’occasion de répondre aux déclarations des personnes interrogées pour cet article, mais aucune réponse n’avait été fournie à l’heure où nous mettions sous presse.)

Là où Campbell s’offusque de la statistique d’O’Toole, c’est que même si une demande reçoit une réponse affirmative, « vous ne gagnez pas nécessairement », dit-il.

L’exemple de Campbell à ce sujet concerne ce qu’on appelle l’allocation vestimentaire. « Tout d’abord, on ne m’avait pas parlé de cet avantage, dit-il. Deux années avaient passé où Anciens combattants s’occupait de mon cas avant que ma femme apprenne que j’avais droit à une allocation vestimentaire. Ce n’est que 170 $ par mois, pas une fortune, mais le fait est que je ne l’obtenais pas et que j’y avais droit. Il se trouve qu’il y a trois degrés d’allocation vestimentaire. Alors ACC m’a dit “Oui, M. Campbell, vous avez droit à une allocation vestimentaire, mais malheureusement, elle n’est rétroactive que pour un an, et vous êtes au degré le plus bas”. 

« Pourquoi suis-je au degré le plus bas? Il me manque les deux jambes, ce qui veut dire que j’ai des problèmes de transfert. Je déchire le fond de mon pantalon tout le temps. Je dois tout me faire faire sur mesure, sinon je dois replier les jambes de mon pantalon en dessous tout le temps. Alors je n’arrive pas à croire que je suis au degré le plus bas. Ça consisterait en quoi un plus haut degré? Alors nous nous battons là-dessus, ça va et vient jusqu’à ce qu’ils augmentent mon allocation vestimentaire au degré deux. Je ne sais toujours pas qui obtient le degré le plus haut, ou comment on s’y prend; peut-être faut-il avoir une griffe à la place de la main qui déchire le pantalon chaque fois qu’on se gratte le derrière? Je ne sais pas. Mais même quand on gagne, on ne gagne pas. »

En fait, il est difficile de concilier les positions adoptées par O’Toole : être axé sur l’ancien combattant, et en même temps se fonder sur les preuves, cela pose problème. Cette déclaration est peut-être en dessous de la vérité. En ce qui concerne les origines de la Loi sur les pensions, on avait l’intention de donner le bénéfice du doute à l’ancien combattant en ce qui concerne les demandes d’indemnisation. Comme le font remarquer les vétérans d’Afghanistan et l’ombudsman des vétérans, Pat Stogran, l’intention concernant le bénéfice du doute ne signifie pas que la prestation doit être accordée à l’ancien combattant dans la moitié des cas; « il signifie que s’il est possible que ce que dit l’ancien combattant soit vrai, l’indemnisation doit être versée. De ce point de vue, on a toujours eu l’intention qu’ACC soit axé sur l’ancien combattant, mais pas nécessairement fondé sur des preuves.

À la place, Campbell et d’autres anciens combattants s’aperçoivent que lorsqu’ils font une demande à la suite d’une blessure comme la perte de l’ouïe ou la douleur au dos, ils sont obligés de prouver que cette blessure résulte sans l’ombre d’un doute du service militaire.

« Il y a des années, on nous a dit qu’ACC avait modifié sa politique et reconnaissait l’usure causée par les métiers des armes. Mais cela ne semble pas se produire, dit Campbell. Le gouvernement n’a pas nécessairement obtenu le meilleur marché au monde quand il a acheté mes jambes, car mes genoux et mes chevilles étaient en purée. Il y a un clic dans ma hanche et le bas de mon dos est foutu. Je n’en ai que des ennuis. Il est foutu parce que je portais des sacs à dos et à cause de quelques mauvais aterrissages en parachute. J’ai des radiographies où on voit les vieilles fractures par tassement, mais je n’obtiens rien pour ça parce qu’il faut je prouve que mon mauvais dos résulte de quoi? De l’usure, d’avoir été fantassin. »

À moins que la réclamation puisse s’accompagner de preuves incontestables, dit Campbell, la méthode d’ACC « semble être de refuser au premier abord afin d’éviter de consentir des ressources […] et de garantir que seules les réclamations légitimes passent. Eh bien, tout ce qu’ils réussissent à faire, c’est que seules celles des gens qui insistent le plus passent. »

Si vous ne partagez des morts la foi rebelle

Les critiques soulevées par les anciens combattants à l’endroit d’ACC indiquent qu’il y a un bon nombre de mécontents sur Facebook qui rouspètent contre la performance journalière du ministère, comme le disait O’Toole. Campbell, par exemple, est un des plaignants de la poursuite du groupe Equitas. Aux nouvelles de temps à autre depuis quelques années, ce recours collectif contre le gouvernement fédéral intenté par un groupe de six anciens combattants est une nouvelle très, très importante dans le monde insulaire des anciens combattants au Canada.

Selon sa principale allégation, l’indemnisation pour blessure au Canada est inéquitable (d’où Equitas) et en règle générale les anciens combattants les plus nouveaux se font passer un sapin. Pour démontrer cela, comparons le degré d’indemnisation actuel pour les anciens combattants blessés à soit la norme fixée par la vieille Loi sur les pensions, soit aux normes d’indemni-sation relative aux blessures au travail dans le secteur privé, cette dernière étant habituellement fixée par les tribunaux.

Les avocats du gouvernement prétendent que la poursuite est sans mérite : ils se battent pour la faire casser, et ce faisant, ils ont dépensé des centaines de milliers de dollars. Mais les tribunaux ne sont pas d’accord. La poursuite est passée par le système judiciaire jusqu’à ce que, lorsque nous mettons sous presse, elle semble se diriger vers une épreuve de force devant la Cour suprême du Canada.

La poursuite civile déposée à la Cour suprême de la Colombie-Britannique en termes crus en 2012 résume ce qu’ont subi les plaignants.

M. [Daniel Christopher] Scott a été frappé par nombre de balles de métal de la mine, dont une qui a traversé son armure et sa poitrine. Une côte gauche de M. Scott a été fracturée, son poumon gauche, collabé, et son rein, son spleen et son pancréas, endommagés. Les chirurgiens lui ont enlevé le rein, le spleen et le bout du pancréas. M. Scott a perdu 1,5 litre de sang.

Les blessures subies par M. [Gavin] Flett sont le fémur gauche brisé et l’astragale (cheville) droit écrasé. L’astragale a été fracturé en plusieurs endroits; trop pour qu’on puisse les compter sur les radio-graphies. M. Flett a été évacué d’Ashakay (Afghanistan) par pont aérien selon la priorité Alpha (blessures mettant la vie en danger).

L’explosion a arraché les deux jambes de M. [Mark] Campbell au-dessus du genou et causé des blessures considérables. Il a perdu le testicule droit et subi de nombreuses déchirures au reste de ses organes génitaux. Il a aussi des cicatrices à l’abdomen et le tympan droit perforé. M. Campbell a dû être réanimé sur la table d’opération.

À la suite de l’exercice de ses fonctions, M. [Kevin] Berry a les
genoux endommagés, dont, entre autres, le syndrome fémororotulien douloureux et l’ostéoarthrite.

M. [Bradley] Quast […] a retiré difficilement sa botte droite pour faire place à l’enflure, et il a vu des os qui avaient traversé la peau.

M. [Aaron] Bedard a subi un traumatisme au cerveau et un traumatisme cervical lorsqu’une mine antichar a explosé…

Le fait qu’à cause de la législation relative à la protection de la vie privée, il soit difficile d’obtenir des chiffres exacts nous empêche de comprendre parfaitement la situation lamentable dans laquelle se trouvent les anciens combattants modernes au Canada. Cependant, les chiffres ci-dessous servent d’exemple expliquant pourquoi le procès a du mérite aux yeux des tribunaux.

Anciens combattants Canada a versé 41 500 $
à M. Scott d’après ceci :

1) Perte du spleen = 0 %

2) Pneumothorax gauche = 0 %

3) Douzième côte gauche fracturée = 0 %

4) Ulcère gastrique = 0 %

5) Pancréas endommagé = 0 %

6) Perte du rein gauche = 13 %

7) Souffrances et douleurs = 0 %

8) Stress posttraumatique = 0 %

9) Qualité de vie inférieure = 2 %

Ce que M. Scott a reçu en versement forfaitaire revient à 15 % de 275 000 $. Selon les renseignements d’une banque canadienne sur un calcul fait en 2011, lorsque converti à une pension pendant 25 ans, ce règlement revient à un paiement d’à peu près 140 $ par mois, indexé à 3 % par année, mais imposable. L’Equitas Society a communiqué avec WorkSafe BC en 2011 et appris que le programme d’indemnisation des travailleurs de la province de la Colombie-Britannique paierait pour la même invalidité le montant de 1 400 $ par mois, qui ne seraient pas imposables et qui seraient indexés selon l’inflation à long terme.

En se basant sur l’évaluation préliminaire d’indemnisation aux travailleurs, le règlement offert en vertu de la NCAC telle que modifiée par le projet de loi C-55 est de moins de 10 % de ce qui serait versé d’après le programme d’indemnisation des travailleurs de la province. Après une conversion en espèces [M. Scott] aurait reçu 630 000 $ de moins en vertu de la NCAC.

Les auteurs de la poursuite résument la situation par cette phrase qui est peut-être la plus pertinente :

« Au mieux, l’indemnisation inadéquate pour les soldats est une mesure d’austérité imprudente; au pire, c’est un abandon inconsidéré de l’obligation du gouvernement. »

Le gouvernement est tout à fait au courant de cela et d’autres lacunes dans la NCAC. De multiples études menées au cours des quelques années passées recommandent des modifications à la NCAC. Dans certains cas, comme celui du rapport du Comité permanent des anciens combattants de la Chambre des communes intitulé « La nouvelle charte vivante des anciens combattants » à l’heure de la mise au point (juin 2010), les modifications recommandées sont pratiquement les mêmes que celles que la poursuite d’Equitas s’efforce d’obtenir.

En général, la NCAC est une façon d’économiser de l’argent par rapport à la Loi sur les pensions qu’elle a remplacée. Comme le dit Campbell, « Je pense que c’est une mauvaise politique obtenue par des calculs. Je pense que, tout d’abord, Anciens combattants Canada ou le gouvernement, à quelque niveau que ça ait commencé, avait le désir de réduire fondamentalement les couts et de faire plus avec moins. »

Dans l’intervalle, les vétérans d’Afghanistan pris en charge par la NCAC espèrent que la poursuite d’Equitas se soldera par un succès, et qu’il en résultera une réforme palpable.

La poursuite a toutefois été mise en veilleuse en juin. Le gouvernement, O’Toole en tête, travaille dur pour convaincre les plaignants et leur équipe juridique que le meilleur règlement ne se fera pas par les tribunaux. En termes juridiques, la poursuite est en suspens jusqu’au 15 mai 2016.

« Le ministre nous a dit que ce qui a été fait pour l’instant, en période préélectorale et dans le budget actuel, n’est qu’un début, dit Campbell. Maintenant, il faut voir s’il va y avoir une volonté politique d’en faire davantage après la campagne électorale. Et nous n’en sommes pas convaincus. C’est ce qu’on attend.

« On ne la ferme pas avant d’avoir eu ce qu’on veut et, très honnêtement, ce qu’on veut, c’est collaborer avec le gouvernement en sachant que les ressources auront été mises en place pour régler ces problèmes tout de suite. On ne veut pas aller en cour pendant les sept prochaines années plus que d’autres, parce que quand on aboutit à la victoire, il y aura encore toute sorte de problèmes à régler, et c’est ça l’important, régler les problèmes. »

M. Franklin ne rigole pas

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Paul Franklin est un des premiers vétérans d’Afghanistan gravement blessés devenu célèbre au pays, et il est encore un des plus reconnus et de ceux qui mâchent le moins leurs mots. Aux tout premiers jours de la guerre en Afghanistan, Franklin, technicien médical, se trouvait dans un VUS traversant la ville de Kandahar lorsqu’un attentat suicide a fait sauter son véhicule.

L’explosion était forte à tous points de vue. La jeep a été déchiquetée, Franklin a été déchiqueté, et l’effort militaire du Canada axé sur la reconstruction en Afghanistan du Sud a été déchiqueté à cause de la mort du diplomate canadien Glyn Berry qui se trouvait aussi dans le véhicule.

À la suite de la mort de Berry, on a interdit à la plupart des employés du ministère des Affaires étrangères dans la zone de guerre de quitter la base; les employés du ministère n’ont pas la même sorte de contrat à responsabilité illimitée. La zone de guerre était devenue trop dangereuse, alors les plans prévoyant que ces civils auraient un rôle important dans la stratégie du Canada ont été annulés.

Tout comme Campbell, Franklin a laissé une grande quantité de sang provenant de ses artères fémorales dans le sable afghan. Maintenant, comme il se plait à le dire, il n’a pas de genoux, bien qu’ils lui fassent encore mal.

Franklin est passé aux nouvelles surtout au prin-temps dernier, relativement à une fulmination de Rick Mercer diffusée par la CBC, et concernant le fait qu’ACC lui demandait encore de prouver qu’il n’avait plus ses jambes. Il les a perdues le 15 janvier 2006. Elles ne repousseront pas.

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[DND]

À part ses blessures et son appui aux cas d’anciens combattants au Canada, ce qui distingue Franklin, c’est qu’il est l’un des rares Canadiens blessés en Afghanistan qui sont indemnisés en vertu de la vieille Loi sur les pensions plutôt que de la NCAC. En conséquence, son mode de vie est relativement libre de pression financière, bien qu’il ne soit pas exempt de frustration face à la manière dont ACC traite les anciens combattants.

Par exemple, en 2014, après un accident à Banff, en Alberta, où il a été frappé par une automobile, Franklin s’est rendu chez un détaillant pour s’y procurer un nouveau fauteuil roulant. ACC a refusé de payer et le détaillant a demandé à Franklin de le lui rapporter, ce qu’il a fait. Le détaillant lui a dit qu’ACC n’avait pas donné son accord à l’achat parce que Franklin n’avait pas les bons documents.

Ce n’est pas qu’il n’avait pas besoin du fauteuil roulant, ni qu’il avait enfreint quelque loi le rendant coupable de fraude; c’est que ses documents n’étaient tout simplement pas en ordre. Et plutôt que de l’aider à y remédier, ACC a exigé que le fauteuil soit retourné. Après l’avoir fait, Franklin, en fureur, a appelé au téléphone quelques personnes en très haut lieu et a récupéré le fauteuil.

C’est contrariant pour Franklin parce qu’il y a « beaucoup de gars qui n’ont pas mon pouvoir.  Que font-ils aux gars qui ne passent pas dans les médias, qui n’ont pas de relations? »

« Les anciens combattants n’aiment pas la contestation. Nous nous sommes engagés, pour la plupart, parce que nous croyons au gouvernement du Canada. Quand le gouvernement nous traite de menteurs, de tricheurs, ça fait mal. Et je n’ai pas vraiment envie de me battre, mais je m’y sens obligé. »

La solution de Franklin est simple, et Campbell y fait écho : le système fonctionne de travers. La charge devrait incomber à ACC de prouver que l’ancien combattant est un falsificateur ou qu’il fait une demande frauduleuse. Cela devrait être basé sur la confiance, comme c’est le cas pour les impôts, en grande partie.

« Il n’y a pas de raison pour que quelqu’un qui était fantassin, au combat, soit obligé de prouver quoi que ce soit, dit Franklin. C’est à Anciens combattants Canada de prouver le contraire. Quand il dit : “j’ai sauté d’un avion pendant 20 ans et maintenant, j’ai mal au dos”, ça devrait suffire. C’est sûr qu’il a mal au dos. Mais il n’a pas de preuve médicale, parce qu’à l’époque, c’était pas grave. »

Le problème, dit Franklin, se trouve dans les statistiques qu’O’Toole a données plus haut, à propos des 30 % des demandes qui ne sont pas approuvées. « Traitez-vous réellement 30 % de tous les anciens combattants de truqueurs? De menteurs? Le problème, ce n’est pas nous. C’est eux. Si vous voulez prouver que je suis un truqueur, allez-y. Si vous pensez que nous sommes des tricheurs, inculpez-nous. Nous croyons tous à la loi. Je suis prêt à me défendre n’importe quand; n’importe quel bon soldat est prêt. »

Franklin croit aussi que le vieux système qui consiste à verser les pensions d’invalidité aux blessés est bien plus logique que la méthode de versement forfaitaire de la NCAC, et à ce propos, il voit la poursuite d’Equitas comme étant une des initiatives d’anciens combattants les plus importantes depuis des années. « Je n’arrête pas de dire à ACC que le paiement forfaitaire sera leur perte. Ça n’a aucun sens. »

Franklin croit que la tentation du gouvernement d’économiser aux dépens des anciens combattants finira pas être vaincue par le désir qu’ont les Canadiens de traiter leurs anciens combattants avec respect. « Ce n’est rien de nouveau, dit-il. C’est un [budget] facile à couper parce que nous ne sommes qu’un petit nombre. Mais ce qu’ils ne comprennent pas, c’est que nous avons quand même un certain pouvoir. Ce qu’ils ont oublié, c’est que l’obligation sacrée est réelle. »

Un manque de direction

Pour les personnes qui ont répondu à nos questions pour cet article, la cause fondamentale est claire : c’est un manque de leadership. Que ce soit au niveau du premier ministre, du ministre d’Anciens combattants Canada ou du chef d’état-major de la défense, il est évident pour les anciens combattants sur le terrain, ceux qui souffrent, qu’aucun dirigeant ne s’efforce de régler la situation.

« Est-ce qu’un vrai dirigeant admettrait, sciemment, de son plein gré, que les soldats soient libérés dans une détresse financière? demande Campbell. Qu’est-il arrivé au deuxième principe du leadership : connaissez vos hommes et promouvez leur bienêtre. Quand a-t-on entendu un haut dirigeant des Forces armées canadiennes élever sa voix contre la Nouvelle Charte des anciens combattants et ce qu’elle fait à nos anciens combattants? Jamais. Il y a un grand manque de direction parmi les niveaux élevés des Forces armées canadiennes en ce qui concerne le traitement des blessés. C’est tout un fiasco. »

Il y a eu un afflux d’anciens militaires dans le personnel d’ACC au cours des derniers mois, probablement dans l’intention d’éliminer cette impression. L’ancien chef d’état-major de la défense Walter Natynczyk a été nommé à un poste de fonctionnaire supérieur : sous-ministre. (Il ne nous a pas accordé d’entrevue.) Sa nomination à ACC est généralement perçue comme étant encore une manœuvre du gouvernement servant à réprimer la révolte des anciens combattants avant qu’elle ne devienne un enjeu électoral cet automne.

De toute façon, les problèmes auxquels font face les anciens combattants lorsqu’ils reviennent au Canada – et les échecs systémiques relatifs à leur prise en charge –, n’ont pas seulement provoqué un sentiment de trahison, ils ont aussi inspiré des réponses positives. Partout au pays, les anciens combattants interviennent pour se prendre en charge.

Au plus fort du conflit en Afghanistan, le Princess Patricia’s Canadian Light Infantry a organisé une Regimental Veterans Care Cell (cellule de soins aux vétérans du régiment, NDT) peu connue, mais très efficace. Elle fonctionnait tellement bien que le Royal Canadian Regiment y a envoyé une équipe pour se renseigner et a mis sur pied une entreprise semblable.

La cellule d’Edmonton a mis fin à ses activités depuis lors, mais dans le domaine numérique – avec encore moins d’assentiment officiel –, de multiples groupes de soutien par les pairs apparaissent. Parmi les plus remarqués et durables se trouve Send Up The Count (faire le décompte, NDT). Cette organisation a été fondée par quelques anciens combattants de Shilo, au Manitoba, notamment le caporal-chef Dan McInnis, après le suicide d’un de leurs amis militaires.

‘Maintenant, il faut voir s’il va y avoir une volonté politique d’en faire davantage après la campagne électorale.’

— Mark Campbell

« Il s’est avéré, dit McInnis, qu’il avait cherché de l’aide auprès de plusieurs personnes au téléphone. Mais il était très tard, alors personne n’a répondu à l’appel. »

C’est ainsi qu’une idée est née : un groupe de soutien sur Facebook pour les membres des Forces canadiennes, en service ou à la retraite, et ils ont dorénavant un endroit où ils peuvent demander de l’aide, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Le site, auquel se sont inscrits 10 000 militaires, est un cas de réussite remarquable.

C’est un réseau national de personnes qui prennent soin les unes des autres et qui correspondent entre elles. Par exemple, il y a un certain temps, un billet qui ressemblait à ceci a été écrit sur le site :
« Comment dire à quelqu’un qu’on a des pensées suicidaires? On vous dit d’être fort, mais je suis fatigué. Je veux simplement mourir et avoir la paix.

Je sais que je suis faible, mais je suis navré, je ne peux plus continuer. »

Quelques moments après que le message a été écrit, le réseau s’est mis à l’œuvre. Des centaines de messages de soutien ont afflué, et en même temps il y avait des appels à l’action, pour trouver la personne qui avait écrit le billet et l’aider avant que n’advienne le pire. Cette personne a fini à l’hôpital, et elle a survécu.

Les perdus

Quoi qu’il advienne à propos de la poursuite d’Equitas, en ce qui concerne les solutions financières pour colmater les brèches qu’il y a dans la NCAC, les plaignants recherchent aussi quelque chose d’autre : reconnaitre que le gouvernement du Canada, quel qu’il soit, a une obligation absolue de prendre en charge les anciens combattants, une obligation si grande qu’on pourrait la qualifier de sacrée, quelque chose de si important que la violer est impensable, inadmissible.

Il y a des soldats qui se sont battus pour le pays et qui se sentent maintenant abandonnés. Le lien de causalité est évident, c’est une réaction en chaine à partir du moment de leur blessure en Afghanistan, en passant par leur libération du militaire et jusqu’à leur situation actuelle. Ils souffrent, même s’ils ne sont pas invalides. Leur carrière est terminée, ils se sont retrouvés isolés de leurs pairs, et leur avenir, où ils vivent avec leurs blessures et le legs de leur service, s’étend au loin. Ils ont tout donné. La dette collective que les Canadiens ont maintenant envers eux est sacrée.

Pendant les journées qui ont précédé la bataille de la crête de Vimy, en 1917, le premier ministre Robert Borden s’est adressé aux soldats et les a assurés que leurs sacrifices ne seraient pas oubliés. « Le gouvernement et le pays considèreront comme leur premier devoir de prouver aux anciens combattants qu’ils apprécient à leur juste valeur les services inestimables rendus à la nation et à l’Empire et aucun homme, qu’il revienne des Flandres ou qu’il y reste, n’aura de raisons valables de reprocher au gouvernement d’avoir abandonné à leur sort les hommes qui ont remporté la victoire ou ceux qui ont perdu la vie. »

Ils se sont battus; ils sont morts; ils ont gagné. À la crête de Vimy, ces soldats ont servi à la création de l’identité nationale du Canada. Ils se sont donnés sans compter, jusqu’au sommet. Rien de cette victoire, inspirée par ce discours, ne devrait jamais être perdu.

Et bien que la situation actuelle soit désas-treuse – poursuites judiciaires, suicides, colère – une chose est évidente : personne ne veut ce qui se passe à l’heure actuelle.

Il n’y a pas de fonc- tionnaire qui dise : « Je veux incarner le pire d’un système bureaucratique sans visage. Je veux être la paperas-serie qui ligote et cause des retards. Je veux que tous les anciens combattants se battent pour chaque cent qu’ils obtiennent. »

Il n’y a pas de civil qui dise : « Une équipe d’avocats devrait rendre le système qui sert à s’occuper de l’indemnisation des anciens combattants aussi rigoureux et difficile que possible. Ne vous fiez pas à ce qu’ils disent, et donnez-leur aussi peu d’avantages sociaux que possible. »

Il n’y a pas de politicien qui pense : « La meilleure façon de me faire réélire, c’est de ponctionner nos anciens combattants. »

Et il n’y a certainement aucun Canadien qui dise : « Nos anciens combattants mutilés devraient vivre dans la misère. »

Et pourtant, nous en sommes là. 

MARK CAMPBELL PREND LA PAROLE…

Nous lui avons demandé ce qui était le plus difficile, se battre avec les talibans ou se battre avec le gouvernement?

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Pas de discussion. Se battre avec le gouvernement du Canada est bien plus pénible sur le plan émotionnel et psychologique que d’être blessé et de passer par tout le processus de réadaptation et de rétablissement. Je ne peux pas dire que mon expérience soit la même que celle de n’importe qui d’autre; je pense qu’elles sont toutes différentes. J’ai été formé en vue de supporter l’adversité tout au long de ma carrière. On m’a fait subir des défis de plus en plus difficiles pour voir si je pouvais les relever, pour voir si je méritais de passer au grade suivant. Ma vie dans les Forces était pleine d’adversité vraie ou fabriquée, pourrait-on dire, alors je suis formé pour pouvoir composer avec l’adversité.

« Honnêtement, me faire arracher les jambes, c’était le summum des situations conflictuelles, alors d’une certaine façon, j’ai été formé pour ça. Sur le plan psychologique, au moins. L’idée, c’était un peu comme : ‘Eh merde; ça craint, mais je m’en tirerai’. Alors le rétablissement n’a jamais été en doute dans mon esprit. C’était : jusqu’à quel point vais-je pouvoir me remettre? C’était ça la seule question.

« Ce sur quoi je n’avais vraiment pas compté, c’est le fait que la pire de mes batailles m’attendait chez moi : avec le gouvernement que j’avais servi. Ça m’a renversé sur le plan psychologique, mental, émotionnel, même physique. C’était pénible et c’était difficile de m’en remettre. Je m’en suis trouvé dans une dépression clinique, de laquelle je suis heureux d’être sorti, parce que c’était une période de ma vie horrible, horrible, horrible. Mais j’attribue cette dépression directement au fait que j’étais mêlé et que je me battais avec le gouvernement, et à cette époque, j’étais frustré parce que j’avais l’impression que je ne faisais aucun progrès, à cause de l’immensité du problème, du combat. Avant de me joindre à Equitas, c’était un gros effort démoralisant. Au moins, avec Equitas, on sait qu’on a accompli certaines choses. »

Camaraderie à tous crins aux championnats de cribbage

 

La camaraderie était à l’honneur tout au long de la fin de semaine de cartes épatante organisée à Spruce Grove, en Alberta, à l’occasion des Championnats nationaux de cribbage qui se sont tenus du 24 au 26 avril.

L’équipe des champions reçoit ses prix; (de g. à d.) le président Rob Coates,  Kirk Conrad, Cyril Slade, le membre du Comité national des sports, Dan Kidd,  Bob Hamilton et Roy Driscoll. [Adam Day]

Le samedi matin, la filiale Spruce Grove a conduit une cérémonie où le maire de Spruce Grove, Stuart Houston, a prononcé le discours d’ouverture. « Que vos cartes vous évitent la ligne du skunk, » a-t-il souhaité en plaisantant aux joueurs assemblés. Le président, Rob Coates a ensuite déclaré le tournoi ouvert et les jeux ont commencé tout de suite.

Tout d’abord, il y a eu la compétition des doubles. C’était serré dès le début, mais lorsqu’il restait trois tours, quatre doublettes avaient distancé le peloton. Quelques points seulement les séparaient et n’importe laquelle pouvait gagner. En arrivant à l’avant-dernier tour, la Saskatchewan avait une petite avance, à 11 points, tandis que les trois autres duos de tête en avaient 10.

Il est devenu clair, quand les dernières cartes ont été étalées sur les tables, que la paire saskatchewanaise, Eleanor Adams et Linda Beckman, ne serait pas battue. Cette doublette de la filiale Tecumseh-Stoughton de Stoughton avait 15 points en terminant. Celle de la filiale Lancaster de Saint John (N.-B.), Betty Yeomans et Linda Anderson, est arrivée deuxième avec 13 points.

Les gagnants de la catégorie des doubles Eleanor Adams  et Linda Beckman reçoivent leur prix des mains de Coates et de Kidd. [Adam Day]

Adams et Beckman sont un duo mère et fille qui a une longue expérience du jeu de compétition, ayant atteint le niveau national deux fois auparavant dans la compétition par équipes. « La concurrence a été vive », a déclaré Beckman peu de temps après avoir remporté la victoire. « Nos adversaires étaient excellents, mais on a joué vraiment très bien au commencement et encore mieux à la fin. »

Comme presque tous les concurrents, Beckman a souligné la « franche camaraderie » qu’il y avait à la rencontre. « On a d’abord joué avec l’Ontario et on a gagné – par skunk en fait – et les sourires n’ont quand même pas diminué. Ça a vraiment été géré de façon très professionnelle. La fin de semaine a été géniale. C’est comme si on connaissait ces gens depuis des années. »

Les jeux individuels ont commencé en après-midi et se sont terminés en milieu de matinée le dimanche.

Le samedi soir, la plupart des quelque 50 concurrents présents se sont rendus à la filiale où lasagne et salade César étaient en offre, et où ils ont écouté de la musique western jouée sur scène.

Chez les simples, Cyril Slade de la filiale Fairview d’Halifax a pris la tête au cinquième tour et l’a gardée jusqu’à la fin, finissant avec 16 points au tableau, deux points devant l’Albertain Andy Gauthier de la filiale Lacombe, qui a obtenu la deuxième place.

Slade, qui a eu 80 ans le 10 janvier, participe à des compétitions de cribbage depuis 60 ans. Ce n’était pas la première fois qu’il atteignait le niveau national : il y a gagné dans la catégorie des doubles en 2010. « Tout s’est très bien passé, dit-il. Tout le monde a été bien gentil, honnête, et tout était très conve-nable. Je suis très content d’avoir gagné; tout le monde a bien joué : pas une plainte, pas un problème. »

Le gagnant de la catégorie des simples Cyril Slade, reçoit son prix des mains de Coates et de Kidd. [Adam Day]

Quand on lui a demandé s’il avait un avenir compétitif devant lui, il a eu un petit rire. « À 80 ans, il est permis d’en douter. Tous ces voyages, c’est un peu dur, dit-il. Mais si on me convainc, à la Légion, eh bien, probablement que oui. »

La compétition des équipes a dû s’en tenir à un horaire serré, car il ne restait que quelques heures avant le banquet de fermeture. La grande salle de la filiale Spruce Grove était bondée quand 40 joueurs de tous les coins du pays se sont divisés, en deux tours, pour former 10 tables de quatre joueurs. Le score de ces deux tours allait être totalisé à la fin de la journée pour déterminer qui seraient les vainqueurs.

À la mi-temps, on ne pouvait pas prédire quelle équipe gagnerait : elles restaient encore toutes en lice. Mais ensuite, petit à petit, le champion des simples, Slade, et son équipe venue de la filiale Fairview – Bob Hamilton, Roy Driscoll et Kirk Conrad – se sont démarqués, et ils ont fini par remporter le championnat.

« C’est la première fois qu’on y prend part, et on a gagné! Tous ces gens sont chouettes; on n’aurait pas pu faire mieux, a déclaré Hamilton. Tout a été si bien organisé. Tout s’est bien passé. »

Le président Coates était certainement heureux d’entendre dire que les joueurs étaient très contents de l’évènement. « Mettre cet évènement sur pied a vraiment été un plaisir pour nous. Le Comité local des préparatifs a fait un excellent travail, dit-il. Et les membres de notre filiale ont eu une belle occasion de se lier entre eux : tout le monde s’est engagé. »

À l’âge de 35 ans seulement, Coates est un président étonnamment jeune. « Je descends d’une lignée de présidents, a-t-il expliqué. Mon père et ma mère ont été présidents de la filiale tous les deux. J’ai été agent de la jeunesse lorsque je suis devenu membre à 19 ans. »

D’après Coates, le clou de la fin de semaine a eu lieu quand l’équipe locale des nouvelles de Global TV s’est présentée pour couvrir l’évènement. « Nous faisons campagne pour intégrer la Légion à la communauté, a déclaré Coates, alors j’espère que ça va vraiment nous aider. »

Le représentant du Comité national des sports Dan Kidd, qui est aussi président de la Division du Manitoba–Nord-ouest de l’Ontario a apprécié son premier voyage pour un évènement de sport national. Il en est reparti partisan. « Je pense que c’est très, très important d’avoir des sports nationaux. Il y a la camaraderie qui s’étend d’un océan à l’autre. Et si les sports nationaux n’existaient pas, qu’y aurait-il pour nos membres? dit Kidd. J’aimerais que ça continue. C’est très important pour nos membres. Le cribbage et les fléchettes sont très populaires. »

Le prochain championnat national de cribbage, en 2016, se tiendra à Charlottetown.

RÉSULTATS

Équipes : N.-É.–Nt (fil. Fairview, Halifax), 26; Alb.–T. N.-O. (fil. Lacombe), 24; C.-B.–Yn (fil. Maple Ridge) et Sask. (fil. Tompkins), 23; N.-B. (fil. Lancaster, Saint John), 21; Man.–N.-O. O. (fil. Morden), 19; Ont. (fil. Lt.-Col. Harry Babcock, Napanee), 18; Qc (fil. Hon. John Diefenbaker, Laval) et Î.-P.-É. (fil. Montague), 16; T.-N.-L. (fil. Carbonear), 15.

Doubles : Sask. (fil. Tecumseh-Stoughton), 15; N.-B. (fil. Lancaster), 13; Alb.–T. N.-O. (fil. Lacombe), C.-B.–Yn (fil. Chase) et Man-N.-O. O. (fil. Selkirk), 11; N.-É.–Nt (fil. Fairview) et T.-N.-L. (fil. Carbonear) et Qc (fil. Hon. John Diefenbaker), 9; Ont. (fil. Lt.-Col. Harry Babcock, Napanee) et Î.-P.-É. (fil. Montague), 8.

Simples : N.-É.–Nt (Cyril Slade, fil. Fairview), 16; Alb.–T. N.-O. (Andy Gauthier, fil. Lacombe), 14; C.-B.–Yn (Tony Bos, fil. Alberni Valley, Port Alberni) et Sask. (Charlene Vandal, fil. Big River), 12; N.-B. (Dot Arbeau, fil. Lancaster), 11; Ont. (Paul Mason, fil. Lt.-Col. Harry Babcock), 10; T.-N.-L. (John Murphy, fil. Carbonear), 9; Î.-P.-É. (Lynda McCarron, fil. Montague), 8; Qc (Ernie Michaud, fil. Hon. John Diefenbaker), 7; Man–N.O. O. (Robert Ritchie, fil. Red Rock [Ont.]), 6.