Donnez-leur un toit

La Légion royale canadienne connait un rebond post-COVID dans les adhésions, et cela n’aurait pas pu mieux tomber.

Une mercatique innovante et un système d’adhésion plus facile ont joué de concert pour porter le nombre de membres de la LRC à 256 524 en 2023, soit une augmentation de 5,3 % par rapport à 2022, nombre qui avait déjà augmenté de 3,8 % par rapport à 2021. Il s’agit de la première augmentation du nombre de membres depuis des décennies.

Le nombre de légionnaires est en hausse, mais il semble que le nombre d’anciens combattants sans abri augmente aussi.

Dans son rapport au congrès national de la LRC, Dave Gordon, conseiller du Comité des anciens combattants, des services et des ainés de la Légion, a signalé que la demande de services pour les anciens combattants sans abri est plus grande que jamais. Et cela malgré les efforts pour traiter la question d’anciens combattants sans abri au Canada.

M. Gordon s’appuie sur les données du programme Leave the Streets Behind (tournez le dos à la rue, NDT) et sur les rapports sur les ressources des divisions de la LRC pour noter que le nombre d’anciens combattants sans abri identifiés et aidés a atteint 1 234 en 2023.

Cependant, Anmol Gupta, Alison Clement, Sandrine Desforges et Taylor Chase replacent l’enjeu dans le contexte dans l’article « Addressing veteran homelessness in Canada » (Traiter l’itinérance d’anciens combattants au Canada, NDT) rédigé en 2023 pour l’École de politique publique Max Bell de l’Université McGill de Montréal.

« Les anciens combattants sont deux ou trois fois plus susceptibles d’être sans abri que le reste de la population », ont-ils écrit, notant que les estimations du nombre d’anciens combattants sans logement au Canada varient considérablement : de 2 400 à plus de 10 000.

L’itinérance chez les anciens combattants « n’est pas propre au Canada, ont-ils ajouté, et d’autres pays, comme les États-Unis, ont fait beaucoup plus de progrès pour réduire le nombre d’anciens combattants sans-abri ».

En 2023, Ottawa a annoncé un programme de lutte contre l’itinérance des anciens combattants de 79,1 millions de dollars, avec deux volets de financement pour aider la société civile et les gouvernements infranationaux à fournir des suppléments de loyer, à offrir des services sociaux et à renforcer les travaux de recherche.

Mais selon les auteurs, tout cela ne suffit pas.

« Vu la fragmentation et le cloisonnement des programmes dans le pays, une mauvaise compréhension de l’ampleur du problème, et la nature de l’itinérance chez les anciens combattants, il n’est pas dit que plus d’argent donnera lieu à des changements d’envergure s’il n’y a pas en plus une direction et une coordination claires à l’échelon fédéral. »

Avec la crise du logement qui prend de l’ampleur, préviennent-ils, « davantage d’anciens combattants tomberont dans l’itinérance si le gouvernement fédéral n’adopte pas à ce sujet une démarche qui soit plus proactive et fondée sur les droits de la personne ».

L’article fait état d’un manque de direction ministérielle fédérale sur la question et attribue les écarts dans les chiffres au caractère particulier de l’itinérance chez les anciens combattants : la prépondérance de « l’itinérance cachée », comme vivre d’un sofa à l’autre ou dans son véhicule, et le fait que beaucoup d’anciens combattants n’interagissent que rarement avec les services tels que les refuges et les banques alimentaires, des lieux où les données sont souvent collectées.

La LRC est particulièrement bien placée pour venir à bout de ces obstacles. Les principes fondamentaux de son existence sont la défense des intérêts et l’aide aux anciens combattants. Ses programmes nationaux s’appuient sur les efforts et les renseignements fournis par ses membres dans les communautés.

L’un des éléments les plus encoura-geants de la récente augmentation du nombre d’adhérents est le fait que ces nouveaux membres proviennent de groupes démographiques plus jeunes : 21 % ont 45 ans ou moins et 30 % ont 50 ans ou moins.

Leur énergie et leurs idées seront inestimables dans les efforts visant à mieux servir les anciens combattants du Canada.

 

Une vie de service

À Toronto, un vétéran de la guerre de Corée se souvient | TEXTE ET PHOTOGRAPHIE DE Stephen J. Thorne

Le nouveau directeur exécutif de la Légion royale canadienne se réjouit du centenaire de l’organisation

Al’approche du centenaire de la Légion royale canadienne qui aura lieu en 2026, le nouveau directeur général, Randy Hayley, espère que davantage de Canadiens se renseigneront sur l’organisation et apprendront à mieux la connaitre.

M. Hayley, qui est entré en fonction en novembre 2024, est originaire d’Ottawa et diplômé de l’Université Carleton de la ville. Son épouse Heidi et lui ont élevé deux filles, désormais adultes. Avant de rejoindre le quartier général en 2015, M. Hayley a travaillé pendant 25 ans avec des médias nationaux, principalement des journaux, où il s’est spécialisé en diffusion.

« J’ai participé à de nombreuses entreprises en démarrage, dont un centre d’appels, explique-t-il. Je me considère comme un intermédiaire entre les entreprises et les consommateurs. »

Son expérience principale a été en administration, en parti-culier le service à la clientèle.

Après 10 ans à l’administration de la Direction nationale, où il a commencé en tant que directeur de l’adhésion, M. Hayley a été témoin de changements tangibles au sein de l’organisation, et il en a facilité d’autres.

« C’était une période de transition, où nous utilisions de plus en plus de technologies pour simplifier l’adhésion à la Légion », souligne-t-il.

Il a notamment contribué à la mise en œuvre de ces deux changements : permettre aux membres de renouveler leur adhésion en ligne et lancer des cartes de membre numériques pour remplacer les cartes papier, qui doivent être imprimées chaque année. Il a ainsi été heureux de voir le nombre de membres, qui diminuait depuis des dizaines d’années, se mettre à augmenter. Il est passé au poste de directeur des services généraux et de la planification stratégique en février 2023, où il a supervisé l’élaboration de programmes, ainsi que la gestion et l’administration du personnel et du bâtiment lui-même.

En tant que directeur général, M. Hayley a de multiples ambitions, notamment la modernisation continue du service de l’adhésion.

« J’ai trois objectifs. Le premier est de poursuivre l’excellent travail que fait la Légion en vue de soutenir nos anciens combattants. »

Ensuite, « je vois le centenaire comme une merveilleuse [occasion] de dire aux Canadiens ce qu’est la Légion. Beaucoup de gens ignorent que nous sommes une organisation bénévole à 99 % », a confié M. Hayley, notant que cet objectif comprend le soutien de l’équipe actuelle de l’adhésion, la recherche de nouvelles façons d’aider le travail des bénévoles et d’anciens combattants de la Légion et le renforcement de la communication sur le type de travail que la LRC accomplit pour les collectivités.

Le troisième objectif de M. Hayley est de continuer d’améliorer les services que l’organisation met à la disposition des anciens combattants.

« Les données démographiques changent. Nos membres sont plus jeunes et ont des besoins qui leur sont propres », dit-il, et il souligne que l’un des défis est que ces membres plus jeunes n’ont souvent pas le temps de faire du bénévolat. « Nous devons en être conscients. »

Ce rôle de directeur général n’a rien de nouveau pour M. Hayley. À son poste précédent, il était également directeur général de la Fondation nationale Légion. Cette dernière soutient les initiatives en faveur du bienêtre et de la qualité de vie des anciens combattants et de leurs proches au Canada. Dans ses programmes se trouvent notamment les concours littéraires et d’affiches du Souvenir nationaux de la Légion, les championnats nationaux d’athlétisme pour jeunes et le pèlerinage commémoratif biennal en Europe.

« Un centenaire est une occasion très spéciale dans toute organisation, conclut-il. Ce sera une période enthousiasmante pour nous. »

Jour du Souvenir 2024

Cesar Vanneste avait six ans quand il a assisté à la libération de son village en Belgique. La date du 6 septembre 1944 est toujours restée gravée dans son esprit.

« Mon père m’a dit [ainsi qu’à mes trois frères] de nous tenir loin des fenêtres, raconte-t-il. Bien sûr, les garçons étant ce qu’ils sont, nous avons quand même regardé, mais nous n’avons rien vu. »

Aujourd’hui, à 80 ans bien sonnés, ce résident ontarien de Kanata se souvient du moment où il a enfin aperçu les soldats canadiens et polonais qui, au prix d’un autre bain de sang dans les rues après qu’un tireur d’élite ennemi eut ouvert le feu, ont sécurisé sa collectivité. 

M. Vanneste n’a jamais pu oublier ce sacrifice. Vêtu d’un manteau noir et d’une écharpe rouge pour se protéger du vent mordant de novembre, il assiste aux commémorations du jour du Souvenir 2024 à Ottawa. C’est la 54e fois, selon son épouse, Ellen Marie, vêtue pareillement. C’est pour lui une façon de leur rendre hommage.

Tel était le sentiment général des quelque 35 000 spectateurs, même si chacun avait ses raisons de venir au Monument commémoratif de guerre du Canada, pour certains, plusieurs heures avant l’évènement officiel.

Heather Dorward, résidente d’Ottawa, portait cette raison au cou : une photo encadrée de son défunt père, ancien combattant.

Heather Dorward, avec une photo de feu l’ancien combattant Thomas, son père. – Annie Bowers

 ne [l’a] pas trop perdu » pendant son enfance. « Mais, du temps avec leurs proches [pendant leur service] a été arraché à beaucoup de familles, et certaines ont littéralement perdu cette personne. »

Non loin de là, Elizabeth King et Catherine Elliot Shaw, de London, en Ontario, toutes deux membres de la filiale Vimy de la Légion royale canadienne, souhaitaient rendre hommage à toutes les personnes tombées au combat.   

« Je l’ai souvent regardé à la télévision, confie Mme Shaw, mais c’est la première fois que j’y suis en personne. Alors c’est très spécial. C’est une journée très spéciale partout au Canada. »

Ellen Marie et Cesar Vanneste assistent à la cérémonie nationale du jour du Souvenir. – Annie Bowers

Les légionnaires Elisabeth King et Catherine Elliot Shaw. – Annie Bowers

comme affinité, bavardaient de façon impromptue, et ce bourdonnement augmentait à mesure que la foule s’amassait. Pendant ce temps, d’autres avaient opté pour un moment de réflexion en silence, regardant les derniers préparatifs autour du monument, les yeux dans le vague, apparemment perdus dans leurs pensées.

Vers 9 h 30, un changement d’humeur tangible s’est produit dans la foule venue avec son café. Les rires se sont vite estompés, remplacés par une sombre contemplation. Alors que les drapeaux flottaient au vent, les nuages ont commencé à se dissiper, et des rayons de soleil ont surgi.

Parmi les personnes à l’honneur lors de l’évènement de cette année se trouvait John Preece, 98 ans, simple soldat qui s’est battu pour la libération de l’Europe occupée par les nazis. 

Malgré l’attention temporaire qu’il a reçue, M. Preece a déclaré se sentir « oublié », reconnaissant qu’« il ne reste presque plus personne, alors c’est bien de les représenter ».

Des personnalités de marque observent un moment de silence après le dépôt de couronnes. – Melody Maloney/Metropolis Studio

À l’exception d’une poignée, il était difficile de ne pas remarquer l’absence de vétérans de la Seconde Guerre mondiale parmi les dizaines d’anciens militaires, beaucoup coiffés du béret bleu des soldats de la paix, qui défilaient le long de la rue Elgin au son de cornemuses et de tambours, recevant au passage les applaudissements de la foule.

Un tel flot de visages en constante évolution semblait plus inévitable que jamais, ce qui n’a pas échappé à la plupart des spectateurs, et cela a fait réaliser que le Canada et le monde passent désormais leurs derniers moments avec la génération qui a jadis affronté le fascisme il y a environ 80 ans. De même, les vétérans de la guerre de Corée, souvent sous-représentés, qui ont presque le même âge que leurs camarades de la Seconde Guerre mondiale, ont également vu leurs rangs s’éclaircir considérablement au fil des ans.

Le vétéran de la Deuxième Guerre mondiale John Preece, âgé de 98 ans. – Melody Maloney/Metropolis Studio

Des nuages noirs sont revenus et un regain de froid s’est fait sentir dès que les sentinelles ont pris leur poste lors d’une procédure fluide observée depuis les toits, les fenêtres et les lampadaires. Commandé par le sergent Kevin James de l’Aviation royale du Canada, le personnel choisi pour monter la garde au monument se composait du matelot-chef Jed Garcia, du caporal-chef Jeffrey Steel du Commandement – Forces d’opérations spéciales du Canada, du bombardier-chef Mikael Nicol-Charette, de la sergente de la GRC Cara Streeter, de la caporale-chef des Rangers canadiens Linda Kamenawatamin et de la capitaine Kathleen Nguyen du 1er Hôpital de campagne du Canada.

Des factionnaires représentant la marine, l’aviation et l’armée veillent au Monument aux Morts. – Melody Maloney/Metropolis Studio

La cérémonie officielle a commencé peu après 10 h 30. Le premier ministre, Justin Trudeau a salué le président national de la LRC, Berkley Lawrence, en le remerciant pour son service, avant de serrer la main du directeur exécutif national de l’organisation, Steven Clark. 

La Mère de la Croix d’argent de cette année, Maureen Anderson, est arrivée peu de temps après, portant deux croix en l’honneur de ses fils, les sergents Ron et Ryan Anderson. Les frères Anderson, tous deux vétérans de la guerre d’Afghanistan, ont été victimes du trouble de stress post-traumatique par la suite, un facteur directement lié à leur décès prématuré. La veille, lors d’un diner, Mme Anderson avait peiné à évoquer ces décès tragiques. M. Lawrence l’a accueillie à la cérémonie du jour du Souvenir par une chaleureuse étreinte.

Puis est arrivée la gouverneure générale, Mary Simon. En tant que commandante en chef des Forces armées canadiennes, elle était vêtue d’un uniforme de l’ARC pour marquer le centenaire de la branche, l’un des deux thèmes principaux de l’évènement avec le 80e anniversaire du jour J.

Les gagnants séniors des concours littéraires et d’affiches de la jeunesse nationaux de la Légion déposent une couronne de la part des jeunes du pays. – Melody Maloney/Metropolis Studio

La Mère de la Croix du Souvenir (d’argent) nationale, Maureen Anderson, dépose une couronne. – Melody Maloney/Metropolis Studio

L’aumônier général, Guy Bélisle récite une prière dédiée à l’évènement. – Melody Maloney/Metropolis Studio

Presque toute la foule est deve-nue muette alors que l’horloge allait sonner onze heures, même si la plupart des gens étaient déjà silencieux avant que ne résonne le « Dernier appel ». Une interprétation entrainante de « O Canada » du Chœur d’enfants d’Ottawa a précédé les notes obsédantes du clairon, dont l’écho s’est répercuté sur les bâtiments de la rue Elgin.

Ce moment de contemplation en silence a continué pendant le salut des 21 coups de canon tirés par le 30e Régiment de campagne de l’Artillerie royale du Canada, à l’exception des cris de surprise d’un enfant. Ses pleurs n’ont semblé déranger personne, car beaucoup de gens avaient eux-mêmes les larmes aux yeux.

« Leurs actes nous rappellent l’importance de l’unité, et c’est dans cette unité que nous trouvons espoir et résilience face aux défis que le monde nous lance continuellement. »

Seule « l’Élégie » jouée par un cornemuseur a pu sortir les participants de leurs réflexions, avec le vrombissement de quatre avions CF-18 Hornet qui les ont survolés. Le silence a pris fin quand le caporal Malcolm Horava a joué le « Réveil », bien que l’état d’esprit occasionné pendant les deux minutes se soit attardé, tout comme la fumée d’artillerie dérivant de la Colline du Parlement.

Trois versions de l’Acte du Souvenir ont alors été récitées : la première en anglais, par M. Lawrence, la deuxième en français, par le grand président de la LRC, Larry Murray, et la troisième en Michif du nord de l’Ontario, par l’ancien combattant métis Robert Baskey. Indépendamment de la langue, le sentiment a ému les spectateurs à chaque lecture. 

Ensuite est venu le temps pour l’aumônier général, Guy Bélisle, de prononcer des prières, comme le veut la longue tradition. Il a souligné que « dans un esprit de paix et de gratitude, ce moment nous incite à réfléchir aux sacrifices de nos héros et de leur famille.

« Leurs actes nous rappellent l’importance de l’unité, et c’est dans cette unité que nous trouvons espoir et résilience face aux défis que le monde nous lance continuellement. »

Cette unité semblait également être pleinement exposée lors du dépôt de couronnes effectué pendant que le Chœur d’enfants d’Ottawa interprétait « In Flanders Fields » (Au champ d’honneur). Mme Simon et son mari, Whit Fraser ont amorcé l’hommage, suivis par Mme Anderson, M. Trudeau, la vice-présidente adjointe de la Chambre des communes Carol Hughes, la ministre des Anciens Combattants Ginette Petitpas Taylor, la cheffe d’état‑major de la Défense, Jennie Carignan, les gagnants des concours d’affiche et littéraires séniors de la Fondation nationale Légion, et M. Lawrence de la LRC.

La pluie a attendu longtemps avant de s’abattre, mais des gouttelettes sont vite tombées sur la délégation qui comptait des membres du corps diplomatique et de divers groupes d’anciens combattants. Cela ne l’a toutefois pas découragée d’aller présenter ses hommages. Le rabbin Idan Scher, le représentant multiconfessionnel, n’a pas semblé se soucier du temps froid et pluvieux alors qu’il se tenait sur le podium pour prononcer la bénédiction.

« Dans un monde souvent divisé, a-t-il déclaré, le lien indéfectible entre nos soldats est une source de force pour nous tous. Les Forces armées canadiennes, qui reflètent la riche diversité de notre pays, nous rappellent les réalisations remarquables possibles lorsque nous nous unissons pour une cause plus grande que nous-mêmes. »

La cérémonie s’est conclue lorsque le chœur a entonné « God Save the King ». Une grande partie du cortège vice-royal est restée pour serrer des mains avant de quitter le mémorial. Mme Simon a ensuite invité Mme Anderson à se joindre à elle sur le gradin pour passer le défilé en revue aux côtés de M. Trudeau et de M. Lawrence.

Le rabbin Idan Scher prononce sa bénédiction du jour du Souvenir. – Melody Maloney/Metropolis Studio

« Merci, merci, et que Dieu vous bénisse », a crié Ellen Marie Vanneste alors que les anciens combattants et les militaires en service s’en allaient. Exprimant un désir sincère de revenir exactement au même endroit à la même heure en 2025, pour une 55e année, elle et son mari ont affiché leur engagement commun de soutien aux sacrifices de l’armée canadienne. 

Journée des anciens combattants autochtones

Le bâton à exploits des Forces canadiennes. – Stephen J. Thorne

Le 8 novembre 2024, une cérémonie distincte a eu lieu au Monument aux anciens combattants autochtones d’Ottawa à l’occasion de la Journée des vétérans autochtones, en reconnaissance des sacrifices des militaires des Premières Nations, des Inuits et des Métis partout au Canada. L’évènement a mis en vedette de nombreux éléments traditionnels associés au jour du Souvenir, notamment le bâton à exploits des Forces canadiennes et des chants autochtones.

«  C’était très, très important pour moi d’être là  », a déclaré le colonel David Grebstad, commandant adjoint du Groupe de transition des Forces armées canadiennes et citoyen des Métis de la rivière Rouge. «  Et je pense aussi qu’il est important de se passer le mot.  »

Plus de 4  000 soldats autochtones ont servi pendant la Première Guerre mondiale, et au moins 3  000, pendant la Seconde Guerre mondiale. Un nombre écrasant a enduré, en rentrant au pays, le racisme et la discrimination qu’ils avaient laissés derrière eux.

«  Beaucoup ont essuyé des refus aux avantages accordés à leurs collègues non autochtones  », a expliqué M. Grebstad, qui fait également partie du Groupe consultatif des Autochtones de la Défense, une organisation créée pour représenter les employés autochtones de la fonction publique travaillant pour la Défense nationale et les Forces armées canadiennes.

De nos jours, comme toujours, les militaires des communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis contribuent de manière importante aux institutions militaires du Canada, que ce soit dans le cadre des opérations de l’OTAN en Europe, des missions de maintien de la paix des Nations Unies ou de la défense du pays lui-même.

Le lieutenant-général Michael Wright, commandant de l’Armée canadienne, était l’une des personnes invitées à prononcer une allocution lors des commémorations. Quelques jours avant, il avait publié une déclaration où il disait : «  Nous ne pouvons pas changer le passé, mais nous pouvons et devons continuer à valoriser les cultures autochtones dans notre travail tous les jours de l’année.  »