Le trophée de fléchettes reste en Nouvelle-Écosse

Nick Smith de la filiale Lawrencetown, N.-É., remporte le championnat de fléchettes dans la catégorie des simples. [Tom MacGregor]

Gagner aux fléchettes nationales, c’est déjà la joie, et le faire dans sa propre province, c’est un pur bonheur », a déclaré avec enthousiasme Willie MacIsaac après que son équipe a réussi à défendre son titre au championnat de fléchettes de la Direction nationale de 2019 tenu à Dominion, Nouvelle-Écosse, du 3 au 5 mai.

L’équipe de la filiale MacDonald Memorial, située à Lakeside, aux abords d’Halifax avec une composition un peu différente de celle de cette année, avait remporté le championnat en 2018 à Mascouche, Québec. L’équipe était formée cette année de MacIsaac, Coady Burke, Jason Smith et Sheldon Fudge. Burke et Smith étaient dans l’équipe de l’année dernière.

« Vu le grand nombre de bons tireurs en Nouvelle-Écosse, on change souvent », a déclaré MacIsaac.

Quelques nouvelles amitiés sont nées, et d’autres se sont renouées, la veille du tournoi lors d’une soirée qui a eu lieu à l’hôtel de Sydney.

Le lendemain, les joueurs et leurs compagnons avaient été conduits à 20 kilomètres au nord-ouest, à la filiale Dominion où ont commencé les jeux.

Lors de la cérémonie d’ouverture, les joueurs se tenaient à l’extérieur de la filiale sous un ciel ensoleillé. Les équipes sont entrées après la garde du drapeau, chacune derrière le drapeau de sa province. Le président Paul Prince, qui était également président du comité local des préparatifs, a accueilli les joueurs avec le président de la Division de la Nouvelle-Écosse–Nunavut, Mel Crowe, qui représentait le Comité national des sports.

Les championnats se sont déroulés en format de poule, où chaque partie comprenait trois manches. Les joueurs devaient obtenir un double pour commencer à marquer des points et un autre pour gagner. Les simples comptaient à rebours à partir de 301 points, les doubles, de 501, et les équipes, de 701.

Le tournoi a commencé par les doubles.

Mel Crowe (à g.), membre du comité national des sports et George DellaValle (à d.), chef du secteur 2, remettent le trophée au duo gagnant, Connor (à g.) et Bryce Book de Kamloops, C.-B. [Tom MacGregor]

Les frères Bryce et Connor Book, de la filiale Kamloops de la Colombie-Britannique–Yukon, se sont distingués dès le début. Scott Tracy et Derek Hanley de la filiale néo-brunswickoise Blacks Harbor les talonnaient de près.

Au huitième tour, la Colombie-Britannique avait 20 points, le Nouveau-Brunswick, 17 et Terre-Neuve-et-Labrador, représentée par le tandem Mitchell Burt et Jerry Spurrel de la filiale Portugal Cove, 15.

Le sort a voulu que la Colombie-Britannique se mesure au N.-B. à la dernière partie de la poule. À ce moment-là, il devait gagner ses trois manches pour créer l’égalité en première place. Cependant, la Colombie-Britannique a remporté la première manche, ce qui a mis fin aux espoirs du Nouveau-Brunswick.

Le score final : C.-B. 21, N.-B. 19 et T.-N.-L. 18.

Le duo de Kamloops était ravi. Bryce Book avait fait partie de l’équipe de la Colombie-Britannique en 2018, mais c’est la première fois que les deux frères atteignaient le niveau national dans la catégorie des doubles. 

« Je joue aux fléchettes depuis l’âge de 15 ans, quand je me suis inscrit à un club de fléchettes pour jeunes. J’ai fait jouer Connor et nous avons enseigné à notre père », a déclaré Bryce Book.

La compétition des simples a suivi celle des doubles.

Nick Smith de la filiale Lawrencetown, N.-É, était en tête tout au long de la partie.

Scott Tracy, qui le suivait de près, représentait de nouveau le Nouveau-Brunswick, puis il y avait l’Ontarien Edward Roberts, de la filiale Maj. WD Sharpe de Brampton.

Le score final était de 19 pour la Nouvelle-Écosse, 18 pour le Nouveau-Brunswick et 17 pour l’Ontario.

« Je ne regardais pas vraiment le tableau. Je savais simplement que j’avais des victoires de trois points, alors je devais gagner », a déclaré Smith. Le jeune homme de 24 ans a commencé à jouer aux fléchettes avec son père, DJ Smith, qui a déjà joué au niveau national.

Les compétitions du samedi terminées, les joueurs ont célébré par une danse organisée par la filiale.

Le lendemain matin, les joueurs étaient impatients de commencer l’épreuve par équipes.

L’équipe du Manitoba–Nord-Ouest de l’Ontario, formée de Scott Sansom, Curtis Zirk, Dean Corlett et Thomas Todd de la filiale Elmwood de Winnipeg, a été la seule équipe à marquer trois points à la première partie. Malheureusement, elle n’a pas réussi à conserver cet avantage. L’équipe de la Nouvelle-Écosse s’avançait hardiment, marquant deux ou trois points à chaque partie. L’équipe du Nouveau-Brunswick, formée de Tracy, Hanley, Mark Hebert et Ike Mullin et celle de la Saskatchewan, Curt Gamble, Jesse Gamble, John Brann et Marcus Stephanson de la filiale Moose Jaw, se rapprochaient aussi de la première place.

Mel Crowe remet le trophée des équipes aux gagnants de la division de Nouvelle-Écosse–Nunavut formée de (de g. à d.) Willie MacIsaac,Coady Burke, Sheldon Fudge et Jason Smith. [Tom MacGregor]

Au septième tour, l’avance de la Nouvelle-Écosse a été bloquée à 14 points quand le Nouveau-Brunswick a inscrit les trois points de la partie. Il n’y avait plus de certitude quant à la victoire. Cependant, l’équipe s’est reprise et marqué trois points au huitième tour.

Au début du dernier tour, la Nouvelle-Écosse était en tête à 17 points, suivie par la Saskatchewan à 16 et le Nouveau-Brunswick à 15. Cependant, comme la Saskatchewan jouait contre le Nouveau-Brunswick, seule une de ces deux équipes pourrait prétendre à la victoire. La Nouvelle-Écosse a remporté la première manche de sa partie et poussé un soupir de soulagement. À un tableau avoisinant, la Saskatchewan gagnait sa partie à 2-1.

Le score final : la Nouvelle-Écosse à 19, la Saskatchewan à 18 et le Nouveau-Brunswick à 16.

Le tournoi s’est terminé, le dimanche soir, au banquet de remise des prix. Prince a remercié les bénévoles qui avaient donné un coup de main pendant le tournoi, ainsi que les chauffeurs et les aide-cuisiniers et les barmans grâce à qui tout s’était déroulé au mieux.

L’organisation de l’évènement avait été un grand défi pour la filiale qui venait de terminer des travaux de rénovation et de peinture dans la grande salle de banquet où a eu lieu la compétition.

Crowe a noté que la campagne de recrutement de la filiale avait eu beaucoup de succès, avec 40 nouveaux membres pour un total proche de 100.

Les équipes ont également envoyé leurs porte-parole expimer leur gratitude pour l’hospitalité cap-bretonnaise.

Les Cloches de la paix sonneront l’armistice

Légion royale canadienne espère souligner le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, le 11 novembre, grâce aux sons de cloche des églises, partout au Canada.

« Le Conseil exécutif national nous a demandé de trouver une bonne façon de célébrer le centième anniversaire de l’armistice, a déclaré le directeur adjoint de l’administration, Danny Martin. Plusieurs suggestions ont été faites. Nous voulions que la Légion entière puisse participer. »

Le plan retenu est celui des Cloches de la paix. Il a pour but d’encourager les communautés à faire sonner leurs cloches 100 fois, au coucher du soleil, le jour du Souvenir. Le Canada couvrant sept fuseaux horaires, la sonnerie se déplacera d’est en ouest, à mesure que le soleil se couchera.

« Nous invitons les communautés à être créatives, dit M. Martin. La sonnerie des cloches peut être séquentielle, à l’unisson ou cacophonique ».

Les filiales seront encouragées à trouver des descendants de vétérans de la Première Guerre mondiale, des jeunes de préférence, pour faire sonner les cloches. Les cornemuseurs seront encouragés à jouer Amazing Grace à la fin ou une autre mélodie appropriée.

Le concept s’inspire de la sonnerie spontanée des cloches de toutes les églises d’Angleterre qui a eu lieu à l’annonce de l’armistice. Les cloches de la victoire se sont également faites entendre au Canada, mais probablement pas à l’échelle du pays.

Des lieux historiques particuliers ont été identifiés dans chaque
province pour la commémoration. En voici quelques-uns :

Le port de St. John’s, d’où le Royal Newfoundland Regiment partit pour la Grande Guerre;

Le port d’Halifax, où une explosion dévasta la ville pendant la guerre;

Charlottetown, où les artilleurs du 4e Régiment de l’Artillerie canadienne de forteresse furent parmi les premiers à mettre cap sur l’Angleterre;

Fredericton, en souvenir du soldat John Henry Thomas de Birch Ridge, N.-B., dont la dépouille trouvée en 2016 a été identifiée récemment et inhumée avec tous les honneurs au mois d’aout;

Valcartier, au Québec, où fut formé le premier contingent du Corps expéditionnaire canadien envoyé en Europe;

Guelph, en Ontario, où naquit le poète, soldat et médecin John McCrae, auteur de In Flanders fields;

Winnipeg, où ont habité dans une même rue, nommée maintenant Valour Road, trois récipiendaires de la Croix de Victoria de la Première Guerre mondiale;

Saskatoon, pour commémorer Alex Decoteau qui naquit dans la réserve Red Pheasant. Il fut athlète olympique et le premier agent de police autochtone du Canada. Il fut tué par un tireur d’élite au cours de la bataille de Passendale;

Le parc national de Jasper, en Alberta, où cinq monts de la chaine Victoria Cross commémorent des récipiendaires de la Croix de Victoria.

Victoria, où se trouve Fort Rodd Hill, lieu historique où Arthur Currie, qui devint lieutenant-général sir Arthur Currie, reçut la formation militaire dont il allait tirer parti pour diriger le Corps canadien pendant les 100 derniers jours de la guerre.

Il y a beaucoup d’autres personnages et événements importants à commémorer au Canada. Chaque communauté est invitée à les identifier et à les faire connaitre par le biais de leurs propres activités commémoratives et sur leurs réseaux sociaux.

Le programme des Cloches de la paix est subventionné par le ministère des Anciens combattants dans le cadre de son Programme de partenariat pour la commémoration.

D’autres activités sont prévues en parallèle avec les Cloches de la paix.

Andrea McCrady, nommée carillonneur du Dominion en 2008, jouera plusieurs morceaux avant la sonnerie, dans la Tour de la Paix, à Ottawa, et elle organise d’autres activités avec des carillonneurs partout au pays.

Avant le jour du Souvenir, les organisateurs encourageront les écoliers canadiens à découvrir les tombes de ceux qui ont servi durant la guerre et qui sont enterrés dans leur communauté. De petits drapeaux canadiens à placer sur les tombes d’ancien combattant seront mis à leur disposition.

Les participants seront encouragés à partager leurs images et vidéos sur les réseaux sociaux à l’aide du mot-clic #100Bells (#100Cloches) ou à les publier sur une page réservée à la campagne de la plateforme Woobox. La galerie Woobox, contenant des images approuvées par la Légion, sera affichée sur www.Legion.ca

« La dépouille du soldat Thomas vient d’être enterrée cet été. L’influence de la Première Guerre mondiale se fait encore sentir aujourd’hui. Elle est toujours avec nous », dit M. Martin.

Mettre de l’ordre dans les affaires | 57e congrès de la Division du Québec

La mère de la Croix d’argent, Denise Thibodeau, dépose une couronne. [Tom MacGregor]

La Division du Québec a amélioré sa situation financière grâce à des mesures d’austérité et à un déménagement, ont appris les délégués lors de son 57e Congrès, organisé à Victoriaville du 19 au 22 mai.

« Les deux dernières années ont été ardues à la Division du Québec, à cause de la perte de cinq de nos filiales et d’environ 400 membres par année, a déclaré le président Norman Shelton. Nous avons donc déménagé dans des locaux plus petits, ce qui nous a permis d’économiser près de 27 000 $. De plus, nous avons amputé notre budget de 20 000 $. »

La division est toujours dans le même édifice, au centre de Montréal.

Ces nouvelles ont été bien accueillies au congrès qui a été déclaré ouvert par le président de la Direction nationale, Dave Flannigan, au centre des congrès de l’hôtel Le Victorin. Un défilé et une cérémonie de dépôt de couronnes ont suivi au cénotaphe de la mairie. Les couronnes ont été déposées par Denise Thibodeau, mère de la Croix d’argent, M. Flannigan, M. Shelton, la représentante d’Anciens combattants Canada Charlotte Bastien et des dignitaires locaux.

Les séances, auxquelles assistaient 107 délégués, ont commencé en après-midi.

Mme Bastien, directrice générale des opérations en région pour l’Ontario et le Québec, a fait le survol des activités récentes de son ministère. « Huit des neuf bureaux régionaux fermés ont été rouverts, et un autre a été installé à Surrey, en Colombie-Britannique, a-t-elle déclaré. […] Quatre-cents personnes ont été engagées. »

Elle a aussi observé que le nombre d’ordonnances de cannabis médicinal faites à des anciens combattants avait augmenté. « Nous couvrons actuellement les couts de jusqu’à trois grammes par jour, mais nous voulons aussi tenir compte de certaines circonstances exceptionnelles. »

La présidente du Comité des anciens combattants, des services et des ainés, Madonna Boch, a dit que les officiers d’entraide de Montréal s’occupent des régions situées à l’ouest de Trois-Rivières, tandis que les deux officiers de Québec s’occupent de celles de l’est. À propos de la manière dont la division a utilisé les 5 % des fonds du coquelicot des filiales qu’elle prélève, Boch a déclaré que cela correspondait cette année à 47 000 $; 40 000  $ ont servi à aider des anciens combattants et le reste est allé à la formation d’agents des services.

Le bureau d’entraide a aussi aidé deux anciens combattants de Montréal sans abri à s’installer dans leur propre appartement.

Le président de la Division du Québec, Norman Shelton, assiste le président national Dave Flannigan. [Tom MacGregor]

Le président du coquelicot, James Riddell, a dit aux délégués de faire bien attention à qui ils remettent des fonds du coquelicot. « Beaucoup d’organisations semblent aider nos anciens combattants, mais en réalité elles se servent des dons pour leur administration, alors ces dons ne servent pas vraiment aux anciens combattants. Ces organisations se servent des dons pour payer n’importe quoi, des salaires au papier hygiénique, » dit-il.

M. Flannigan a parlé des activités à la Direction nationale où le service de l’adhésion connait une importante évolution. « Un nouveau portail sera bientôt prêt pour l’adhésion, a-t-il dit. Nous allons passer de la carte de membre en papier à une carte en plastique permanente. »

Auparavant, lors d’un rapport sur les dons faits à la Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth (LRACC), un délégué avait demandé ce qu’était la LRACC. Flannigan avait alors improvisé une explication des œuvres de la Légion royale canadienne aux Antilles, de la part de la LRACC, pour les anciens combattants nécessiteux.

Le premier vice-président national, Tom Irvine, un des délégués au congrès, a dit qu’il aimerait que la division réinstaure la coutume de faire la quête pour la LRACC en passant la corbeille. À la fin du congrès, le montant recueilli s’élevait à 944 $.

Quant aux résolutions, les délégués se sont fâchés à propos d’une motion qui aurait restreint la durée pendant laquelle un membre pourrait porter des médailles commémoratives, comme celle du 150e anniversaire de la Confédération émise par la Légion. La motion a été défaite.

Une autre motion proposait la fusion des secteurs 4 et 15 en un seul secteur appelé le Secteur de Saint-Laurent–Saint-Maurice. Elle a également été rejetée.

Les délégués ont remis en cause une directive de la Direction nationale selon laquelle les directions divisionnaires devraient adopter la définition de la Légion pour décider qui a droit à une plaque d’immatriculation d’ancien combattant. Le secrétaire national, Brad White, a expliqué que, vu que les plaques sont émises par les gouvernements provinciaux, les directions divisionnaires avaient négocié les critères avec eux. « En conséquence, il existe une dizaine d’ensembles de critères. Une définition d’ancien combattant de la Légion a été votée au Congrès national d’Edmonton. »

Bien que la définition de la Légion ne précise pas de période minimale avant que quelqu’un puisse être considéré comme ancien combattant, au Québec, il faut avoir servi pendant trois ans au sein des Forces armées avant d’avoir droit à la plaque d’immatriculation. Quelques délégués ont dit que la modification dénigrerait leur service. La réunion a été perturbée par un observateur qui s’opposait à la modification. Son opinion a été jugée irrecevable et, en fin de compte, il est sorti de la salle sous escorte.

Après une petite pause, le président des débats, Christopher Wheatley, a annoncé que le président et le secrétaire nationaux avaient accepté de répondre aux questions que les délégués désiraient poser à la Direction nationale.

M. Flannigan a agi à titre de président des élections tout au long du congrès. Les délégués savaient que des postes seraient vacants à la direction, car M. Shelton se retirait après deux mandats consécutifs, et le premier vice-président, James Riddell, avait annoncé qu’il ne se représenterait pas.

Quatre noms ont été proposés pour le poste de président : Ken Ouellet de la filiale Lacolle, le vice-président Claude Racine de la filiale Lt.-Col. Charles Forbes de Loretteville, le vice-président William Howe de la filiale Greenfield Park, et Shelton. Shelton et Racine se sont désistés, ce qui a donné lieu à une élection entre Ouellet et Howe, remportée par ce dernier.

Trois personnes se sont portées candidates au poste de premier vice-président : Racine, Robert Brosseau de la filiale Lacolle et Sylvain Hamel de la filiale Cowansville. Racine a été élu au premier tour.

Le président Ken Ouellet, le premier vice-président, Claude Racine, (debout, de g. à d.) les vice-présidents William Howe, Mike Fitzgerald et Leonard Pelletier, la trésorière, Madonna Boch et le président des débats, Christopher Wheatley. en regard : La mère de la Croix d’argent, Denise Thibodeau, dépose une couronne.

Huit personnes ont posé leur candidature à trois postes de vice-président : Howe, Hamel, le titulaire Eugene Montour de la filiale Mohawk de Kanawake, Leonard Pelletier de la filiale Norris de Gatineau, Mike Fitzgerald de la filiale RMR de Montréal, Luc Fortier de la filiale Chicoutimi, Larry Tremblay de la filiale Terrebonne Heights de Mascouche Heights, et Louis Dufour de la filiale De Lanaudière de Joliette.

À l’issue de cinq tours, les délégués ont élu Howe, Fitzgerald et Pelletier.

Le président des débats, Christopher Wheatley de la filiale Chomedey de Laval, a défait son adversaire Brousseau pour un autre mandat. Madonna Boch de la filiale Hon. John Diefenbaker de Laval a été nommée trésorière par acclamation pour un autre mandat.

M. Ouellet, président de filiale qui n’avait aucune expérience au conseil exécutif divisionnaire, a dit qu’il a « beaucoup appris à ce congrès et [que] ces connaissances devraient être transmises aux filiales ».

Il a remercié Shelton pour tout le travail fourni pendant plu-sieurs années. Les délégués ont manifesté leur accord en ovationnant chaleureusement Shelton.

Ouellet a aussi remercié la filiale Arthabaska qui avait accueilli le congrès à Victoriaville, à 175 kilomètres au nord-est de Montréal, et organisé le transport.

« Maintenant, soit je passe à l’action, soit je me tais, a-t-il dit. Je vais réunir une équipe et rallier le groupe pour trouver des suggestions et des propositions qui mèneront à des solutions. C’est ma façon de faire depuis toujours. »

Le Nouveau-Brunswick enchaine les victoires au jeu de la huit

L’équipe du Nouveau-Brunswick victorieuse (de g. à d.) : Greg Gauthier, Gerard Carroll, Danny Carroll et Shawn Stewart. [Tom MacGregor]

Le retour du jeu de la huit au programme des sports des membres de la Direction nationale après une interruption d’un an a suscité l’enthousiasme lors du championnat national de billard de 2017 qui a eu lieu à la filiale ontarienne de Sturgeon Falls, du 26 au 28 mai.

Comme le curling, ce jeu avait été suspendu en 2016 pour permettre à la Direction nationale d’évaluer ses programmes avant le congrès national de 2016 à St. John’s, Terre-Neuve-et-Labrador. Ni l’un, ni l’autre de ces sports n’attirait au moins une équipe par division depuis quelques années. Bien que les délégués fussent d’accord pour renoncer aux tournois de curling, ils ont clairement réclamé la reprise du jeu de la huit.

Sept équipes – des divisions de l’Alberta–Territoires du Nord-Ouest, de la Saskatchewan, de l’Ontario, du Nouveau-Brunswick, de l’Île-du-Prince-Édouard, de la Nouvelle-Écosse–Nunavut et de Terre-Neuve-et-Labrador – se sont rencontrées à Sturgeon Falls, à 40 kilomètres à l’ouest de North Bay.

Situé au bord de la rivière Sturgeon, non loin des chutes, l’édifice à un étage de la filiale convient bien à ses quelque 120 membres.

Les joueurs ont été accueillis à la filiale par Joanne Savage, mairesse de West Nipissing, à l’occasion d’une cérémonie d’ouverture le samedi matin. L’ancien président national Tom Eagles, représentant du comité national des sports, et la présidente de la filiale Sturgeon Falls, Gloria Lavallee, qui était aussi présidente du comité local des préparatifs, ont déposé une couronne.

Deux tables de billard ont servi au tournoi. Chaque joueur des équipes de quatre personnes avait été affecté à une division et jouait deux tours contre un joueur de la même division selon un format de poule. Les joueurs avaient accepté de tirer à pile ou face pour le bris de la première partie, l’autre joueur se chargeant du bris de la deuxième. Étant donné le nombre d’équipes impair, une équipe avait un laissez-passer à chaque tour.

Il n’y avait pas de tableau pour savoir quelle équipe était en tête, mais il était facile d’identifier les meilleurs joueurs.

Tom Eagles, représentant le Comité des sports de la direction nationale, félicite Greg Gauthier, gagnant du concours individuel. [Tom MacGregor]

L’Alberta avait remporté le titre en 2015. Kim Bohnet et Ron Meier de la filiale Robertson Memorial de Medicine Hat étaient revenus concourir cette année, accompagnés cette fois-ci de Richard Stekelenburg et Terry Levesque de la filiale Drayton Valley. L’Alberta se mesurait toutefois à des équipes expertes du Nouveau-Brunswick et de l’Ontario.

L’équipe du Nouveau-Brunswick, qui provenait de la filiale Miramichi, était formée de Shawn Stewart, Greg Gauthier, Gerard Carroll et Danny Carroll, qui ont aussi obtenu de bons résultats. Les frères Carroll faisaient partie de l’équipe du Nouveau-Brunswick qui avait joué en 2015.

Ils étaient suivis de près par l’équipe ontarienne des filiales Col. Fred Tilston d’Aurora et Campbellford, formée de Matt Crawford, Collin Nobes, Tom Crawford et Tol Kuy.

L’équipe de la filiale Labrador City représentait de nouveau Terre-Neuve-et-Labrador à l’échelon national. Les joueurs Darcy Lowe et Carl Pike étaient dans l’équipe qui a obtenu la deuxième place au championnat de Calgary. Cette fois-ci, ils jouaient avec Pat Carrol et Perry Clarke.

« Je pense que nous sommes entrés dans l’histoire avec ce championnat, a déclaré Eagles. C’est une équipe d’Iqaluit qui représente la Division de la Nouvelle-Écosse–Nunavut. »

L’équipe formée de Jayko Ashoona, Norman Nowdluk, Tommy Ataguyuk et Paul Gordon de la filiale Iqaluit était passée par les finales des filiales et des secteurs en Nouvelle-Écosse et avait remporté le championnat divisionnaire pour arriver à l’échelon national.

Les autres équipes étaient celles de l’Île-du-Prince-Édouard, formée de Kenneth Noonan, Curtis Gaudet, Joey Arsenault et Mario Henry représentant les filiales Tignish et Borden-Carleton, et de la Saskatchewan, formée de Frosty Forrest, de son fils Willie Forrest, de Leonard Grube et d’Alroy Yoner de la filiale Estevan. Toutes deux avaient des joueurs qui avaient atteint l’échelon national dans le passé.

Kim Bohnet et Richard Stekelenburg de l’Alberta remportent les doubles. [Tom MacGregor]

Le jeu a été arrêté à 19 h le samedi pour faire place au souper de la filiale et au divertissement animé par un platiniste local. Chaque joueur avait joué quatre tours, et le classement a été annoncé pendant la soirée.

Le jeu pour terminer la poule a repris le dimanche matin. Les officiels tenaient toujours les résultats au secret, mais la plupart des joueurs savaient à peu près où ils en étaient.

Lorsque le début de la compétition des simples a été signalé, les juges n’avaient toujours pas dévoilé les gagnants par équipe.

Shawn Stewart et Greg Gauthier du Nouveau-Brunswick se sont alors mesurés à Terry Levesque de l’Alberta et à Norman Nowdluk de la Nouvelle-Écosse–Nunavut. Les deux joueurs néo-brunswickois ont atteint les éliminatoires, où Gauthier a remporté le championnat et Stewart a obtenu la deuxième place.

La compétition est alors passée au jeu des doubles. À nouveau, le Nouveau-Brunswick, représenté par Gauthier et Stewart, se mesurait à son adversaire de la fin de semaine : l’Alberta. Bohnet et Stekelenburg de l’Alberta ont obtenu la première place.

L’équipe de Nouvelle-Écosse—Nunavut était composée de membres de la filiale Iqaluit (de g. à d.) : Tommy Ataguyuk, Jayko Ashoona, Norman Nowdluk et Paul Gordon. [Tom MacGregor]

Puis la tension a disparu quand on a annoncé que le Nouveau-Brunswick avait remporté le championnat par équipes.

L’Alberta était en deuxième place.

Gauthier nous a dit qu’il avait commencé à jouer au billard il y a 25 ans, à Charlottetown, où il a grandi et où sa grand-mère, Joyce Paynter, ancienne de la Seconde Guerre mondiale, est membre émérite de la filiale Charlottetown. « Je ne joue pas énormément. C’est plutôt un passe-temps, » dit-il.

Pour Bohnet, c’était un retour excitant aux championnats nationaux du jeu de la huit. « Il y a longtemps que je joue, dit-il. Avant, je jouais au snooker. Je n’ai commencé à jouer à la huit que dans les années 1990, quand je suis entré à la Légion. »

Bohnet dit qu’il connaissait ses coéquipiers parce qu’il jouait à la Légion, mais que c’est pour la compétition qu’ils se sont groupés en équipe.

Tout s’est terminé par un banquet où Eagles, avec l’officier des sports du secteur H de la Division de l’Ontario, Ken Faubert, a remis les trophées et les prix aux gagnants. Eagles a remercié Lavallee et le comité local des préparatifs pour son hospitalité, les repas et le transport procurés pendant toute la fin de semaine.

Le prochain championnat du jeu de la huit aura lieu en 2018, à la filiale Estevan, en Saskatchewan.

Pélerinage en Turquie: Retour à Gallipoli

Gal 1

Le lieutenant J.J. Donnelly La Croix militaire a été décernée au lieutenant pour ses actions à la Caribou Hill, à Gallipoli. [The Rooms Provincial Archives Division/VA36-1.4]

Le Newfoundland Regiment est la seule
unité militaire d’Amérique du Nord qui se
soit battue à la campagne franco-britannique
couteuse de Gallipoli, au crépuscule
de l’Empire ottoman


Peu après
avoir débarqué à Gallipoli, en septembre 1915, le Newfoundland Regiment s’est retrouvé immobilisé à la guerre de tranchées, harcelé constamment par les tireurs d’élite.

En particulier, le major T.M. Drew, commandant intérimaire, en avait aperçu un situé sur un monticule à mi-chemin entre les tranchées ennemies. Il prenait position au crépuscule
et attendait la nuit pour choisir ses cibles, puis il repartait avant le jour. Drew a donné l’ordre de débarrasser le régiment de cette menace.

C’est ainsi que, l’après-midi du 4 novembre, le lieutenant J.J. Donnelly a mené six hommes et un sous-officier à un poste abandonné hors de vue de l’ennemi. C’était alors au tour des Terre-Neuviens d’attendre.

Au déclin du jour, non pas un, mais trois tireurs turcs se sont mis en marche vers leur position. Un échange de coups de feu a eu lieu lorsque les Terre-Neuviens leur ont fait une sommation, et deux des tireurs ont été tués. Le troisième a riposté et blessé un des Terre-Neuviens.

Une deuxième patrouille, menée par le lieutenant H.H.A. Ross, a été envoyée en renfort, mais elle est tombée sur une patrouille turque qui essayait d’encercler le groupe de Donnelly dans le noir. Un deuxième échange de coups de feu a eu lieu. Le soldat James Ellsworth a été tué, tandis que Ross et d’autres ont subi de légères blessures avant d’obliger l’ennemi à se replier. La position des Terre-Neuviens a été renforcée au lever du jour, et le nom de Caribou Hill lui a été donné d’après l’emblème qui se trouve sur l’écusson du régiment.

Avant la fin de l’année, la Croix militaire a été décernée à Donnelly et la Médaille de conduite distinguée à deux autres pour leurs actes cette nuit-là.

La découverte de
la fameuse Caribou Hill
a été un point fort
du pèlerinage.

 

Gal 16

Caribou Hill Le lieutenant-colonel Thomas Nangle visite la Caribou Hill en 1921.

Trouver Caribou Hill

« Pendant longtemps, les historiens pensaient que l’emplacement véritable de Caribou Hill était introuvable », dit l’historien Frank Gogos à une délégation de Terre-Neuve qui visitait la Turquie en septembre. « Le régiment a quitté Gallipoli et il ne restait pas de repère indiquant le site. »

Mais M. Gogos s’est servi de vieilles cartes, de notes écrites à la main et d’archives. Avec l’aide d’un topographe de l’université Memorial de St. John’s, il a découvert qu’une des routes du parc historique national de la péninsule de Gallipoli mène à la fameuse colline.

M. Gogos a guidé l’autocar transportant la délégation et un autre où se trouvaient des membres du Royal Newfoundland Regiment d’aujourd’hui jusqu’à l’endroit qu’il avait localisé avec précision. Le groupe s’est mis à explorer le secteur et a trouvé les ruines d’un petit édifice. Un des soldats a trouvé une cartouche de fusil par terre parmi les mauvaises herbes.

« Ça pourrait être une cartouche de 303 ou de Mauser 7×57 mm [turc]. Il n’y a qu’un millimètre de différence », dit M. Gogos. Il n’est pas certain que l’endroit soit bel et bien celui où se sont passées les actions héroïques il y a 100 ans, mais M. Gogos est persuadé qu’il peut le prouver.

Gal 5

Des membres du pèlerinage du Newfoundland redécouvrent la côte en 2015. [Tom MacGregor]

La découverte de la fameuse Caribou Hill a été un point fort du pèlerinage des membres du Conseil consultatif du Royal Newfoundland Regiment (RNRAC), organisme sans but lucratif formé de bénévoles qui vise à encourager l’appui du régiment et de son histoire, et d’Honour 100, une direction du ministère des Affaires, du Tourisme, de la Culture et du Développement rural de Terre-Neuve-et-Labrador. La délégation était dirigée par le président du RNRAC, Ron Penny et le sous-ministre Alastair O’Rielly. L’ancien lieutenant-gouverneur de Terre-Neuve-et-Labrador, John Crosbie et son épouse Jane en faisaient aussi partie. En tant que lieutenant-gouverneur, Crosbie est automatiquement colonel honoraire du régiment.

Trois des pèlerins étaient respectivement le fils et les petits-fils de militaires qui se sont battus à Gallipoli : Neil Harvey, médecin de Grand Falls/Windsor, Ken Gatehouse de St. John’s, ancien secrétaire de division de la Division de Terre-Neuve-et-Labrador de la Légion royale canadienne, et Christopher Morry d’Ottawa. Elinor Ratcliffe, qui a fait un don de 3,2 millions de dollars servant à une exposition concernant le régiment à The Rooms, collection d’archives de la province, et John Perlin, ancien secrétaire canadien de la Reine, étaient aussi du nombre. D’autres, comme Reginald Snow et Terry Hurley, sont des vétérans du régiment.

Le groupe, dont les membres venaient de St. John’s, d’ailleurs au Canada ou du Royaume-Uni, est arrivé à Istanbul, en Turquie, le 15 septembre. Après quelques nuits à Istanbul, ils ont pris leurs quartiers à un hôtel d’Eceabat, à 300 kilomètres à l’ouest de la péninsule de Gallipoli.

Gal 17

Gallipoli La péninsule de Gallipoli se trouve du côté européen du détroit des Dardanelles. [Jamie McLennan, Character Creative/Revue Légion]

Le détroit des Dardanelles, qui sépare l’Europe – et Gallipoli — de l’Asie Mineure, a une importance stratégique depuis les temps anciens, car il mène à la mer de Marmara et à Istanbul. Il était important pour les Britanniques pendant la Première Guerre mondiale, parce que c’était la seule voie navigable pour le transport de provisions allant de la Méditerranée
à la mer Noire et plus loin, en Russie. Le détroit est encore important aujourd’hui en tant que seule voie que puisse emprunter la marine russe pour se rendre en Méditerranée. Ces jours-ci, bien sûr, la Turquie est notre alliée et membre de l’Organisation du Traité de l’Atlantique-Nord.

La première cérémonie officielle du voyage a eu lieu le matin du 19 septembre, en commémoration de la nuit fatidique où le régiment a débarqué dans la baie de Suvla. La délégation a été rejointe par une garde d’honneur du régiment, au cap Helles, à l’endroit balayé par les vents où les forces britanniques et françaises ont débarqué en 1915. Le monument de Helles est un obélisque de 30 mètres commémorant 20 885 soldats et marins du Commonwealth qui ont fait la Première Guerre mondiale et à qui on ne connait pas de tombe. Leurs noms sont gravés dans la pierre blanche. Le Newfoundland Regiment y figure, sous l’enseigne des « unallotted troops » (troupes non attribuées, NDT).

« En 1914, Terre-Neuve était un dominion indépendant du Canada, dit Penney, et dans le cadre de ce qu’on appelle notre premier effort national, il a constitué un régiment et l’a entretenu pendant les quatre longues années de la Grande Guerre. Plus de 6 000 Terre-Neuviens se sont enrôlés dans le régiment et plus de 12 000 ont pris part à l’effort militaire en tant que membres d’autres forces, sur mer ou sur terre. Plus de 1 500 d’entre eux ont fait le sacrifice suprême. »

Un trompète du régiment a joué la « sonnerie aux morts » alors que le vent soufflait autour du monument, puis il y a eu le silence et « le réveil ». Melanie Martin, qui est à la tête du projet Honour 100, a alors dirigé le chant de l’hymne provincial officiel, « Ode to Newfoundland ». Le major Shawn Samson, aumônier du régiment, a prononcé la bénédiction.

La délégation est restée à Eceabat pendant cinq jours, pour assister à des commémorations dans les cimetières militaires avoisinants, qui sont entretenus irréprocha-blement par la Commission des sépultures de guerre du Commonwealth (CSGC), et pour aller voir les plages où le régiment a débarqué et où il s’est distingué pendant les évacuations, non pas une, mais deux fois.

À peine 60 ans auparavant,
l’Empire ottoman avait été
un allié de la Grande-Bretagne
pendant la guerre contre
la Russie en Crimée

 

Gal 7

Il est situé dans un parc au cap Helles qui donne sur la mer Égée. [Tom MacGregor]

L’ouverture d’un autre front

Au printemps de 1915, la guerre que certains espéraient voir finir avant Noël 1914 s’était enlisée dans les tranchées au front occidental et au front oriental. Le Cabinet de guerre britannique tentait de se mettre d’accord sur l’ouverture d’un autre front pour affaiblir les forces ennemies sur le front occidental afin d’aboutir à une vraie percée.

Winston Churchill, qui était alors premier lord de l’amirauté britannique, était en faveur d’une offensive navale au détroit des Dardanelles pour aller capturer Istanbul, qui s’appelait alors Constantinople, et obliger l’Empire ottoman à quitter la guerre (« Face à face », novembre/décembre 2015). Cela permettrait aussi aux Alliés d’envoyer des provisions et des armes à la Russie pour le combat au front oriental.

À peine 60 ans auparavant, l’Empire ottoman avait été un allié de la Grande-Bretagne dans la guerre contre la Russie en Crimée. Au tournant du siècle, la Russie était devenue l’alliée de la Grande-Bretagne, tandis que les Allemands avaient investi dans un empire qui était surtout agricole. L’Allemagne avait construit la voie ferrée Orient Express et une gare magnifique à Istanbul, mais en 1914, l’Empire ottoman s’effondrait, ayant perdu une grande partie des territoires qu’il avait contrôlés en Europe et en Afrique. Quand la guerre a éclaté, il s’est joint à l’Allemagne et à l’Empire austro-hongrois.

Gal 13

Le mémorial de Helles sert à rendre hommage aux militaires du Commonwealth sans tombe connue. [Tom MacGregor]

Le cabinet britannique a accepté l’offensive aux Dardanelles à contrecœur. Lorsque la Marine royale a lancé son attaque, le 18 mars 1915, les forces turques, juchées sur des fortifications au sommet des montagnes ont ouvert le feu. Trois navires ont été coulés par les mines et l’artillerie. La flotte a dû se replier. Pour que l’attaque puisse réussir, les fortifications allaient devoir être d’abord prises par l’armée.

Le 15 avril 1915, les forces britanniques, accompagnées par des corps d’armée d’Australie et de Nouvelle-Zélande, se sont battues sur cinq plages du cap Helles, à la pointe sud de la péninsule. Leur objectif était de capturer Achi Baba, sur la partie montagneuse la plus haute de la péninsule. L’Empire ottoman, en confiance après sa victoire navale, a déployé son armée pour résister aux envahisseurs. Ironie du sort, un grand nombre des forteresses utilisées par les Turcs avaient été renforcées par les forces britanniques au XIXe siècle.

Les Alliés ont lutté pour atteindre les hauteurs, mais comme leurs camarades en Europe du Nord-Ouest, ils se sont vite enlisés dans une guerre de tranchées.

Les 1 076 soldats du Newfoundland Regiment ont été envoyés à la baie de Suvla pendant la nuit du 19 au 20 septembre. Le régiment qui se trouvait à bord du Navire de Sa Majesté Prince Abbas est descendu dans des péniches et a mis pied à terre à la faveur de la nuit, mais quand le jour s’est levé, il a vite été vu et les armes ennemies l’ont pris en mire. Le 22 septembre, le soldat Hugh McWhirter, âgé de 21 ans, a été le premier membre du régiment tué au combat. Le lendemain, un tireur d’élite à tué le soldat William Hardy, âgé de 22 ans.

Gal 2

[The Rooms Provincial Archives Division/VA37-1.3; ]

Gal 3

Des membres du Newfoundland Regiment prennent place dans des tranchées à la bais Suvla en 1915. [The Rooms Provincial Archives Division/VA37-1.1]

À la fin du mois, le régiment avait remplacé les Britanniques sur plus de 1,5 kilomètre de leur première ligne. Par endroits, il ne se trouvait qu’à 50 mètres des lignes turques. La routine était de quatre jours dans les tranchées, suivis par huit jours dans les tranchées-abris, puis retour aux tranchées. Après quelques mois, les rangs ayant été réduits, les hommes étaient obligés de passer huit jours dans les tranchées puis quatre jours dans les tranchées-abris.

Les conditions étaient terribles, les insectes si nombreux qu’ils couvraient entièrement ce que les soldats avaient à manger. Les nuits étaient froides et il y a eu une tempête en novembre qui a inondé les tranchées et causé de nombreuses engelures.

Pendant ce temps, la Bulgarie s’était jointe aux empires centraux (l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie), et la Serbie risquait d’être envahie à tout moment. Si elle tombait, l’Allemagne aurait un service ferroviaire ininterrompu jusqu’à Constantinople et pourrait envoyer une artillerie qui serait supérieure aux forces alliées.

Gal 8

Aujourd’hui, la baie de Suvla fait partie d’un parc historique national. [Tom MacGregor]

Le cabinet britannique a accepté d’évacuer entièrement la péninsule le 23 novembre. Le régiment a commencé par évacuer ses malades. Ensuite, les outils pour creuser les tranchées et les fournitures en surplus ont été envoyés aux plages. Les hommes ont finalement été évacués au cours de deux journées. La marine a appuyé l’évacuation en bombardant de nouveaux secteurs pour déconcentrer les Turcs. Pendant ce temps, une arrière-garde du Newfoundland Regiment faisait croire aux Turcs que le régiment était toujours là au grand complet. Des fusils sans tireur étaient installés en mettant une boite de sable sur la gâchette. Une boite d’eau qui fuyait était placée au-dessus de la boite de sable. Quand le poids du sable mouillé atteignait sept livres, le fusil faisait feu, ce qui faisait croire aux Turcs qu’un tireur était à l’œuvre.

Il n’y eut aucune victime pendant l’évacuation. Quand le régiment arriva à l’ile d’Imbros, à 15 kilomètres de là, les hommes pensaient qu’ils auraient un repos bien mérité, mais moins de deux jours après, ils reçurent l’ordre de retourner au cap Helles pour l’évacuer. Cette fois-là, le régiment est arrivé à la plage W, aujourd’hui appelée Lancashire Landing.

Le régiment a remplacé les Britanniques dans leurs tranchées et les a rendues aussi confortables que possible. La Noël fut célébrée au moyen d’une gorgée de rhum supplémentaire pour accompagner le bœuf salé en conserve et les biscuits. Au début de l’évacuation de Helles, des ouvriers grecs engagés pour le transfert ont regimbé sous les coups de feu, et les Terre-Neuviens ont dû assurer le débardage pour monter les provisions à bord des navires.

Une fois de plus, des membres du Royal Newfoundland Regiment sont restés sur place en tant qu’arrière-garde pour convaincre l’ennemi que les lignes étaient encore défendues. Quand les derniers soldats se sont retirés, la nuit du 9 janvier 1916, ils ont détoné les magasins de munitions abandonnés sur la plage, dupant de nouveau l’ennemi.

Le conflit de Gallipoli a fait 56 707 morts et 123 598 blessés parmi les forces alliées, et 56 643 morts et 107 007 blessés côté ottoman. D’après Anciens combattants Canada, le décompte final concernant le Newfoundland Regiment est de 49 morts et 93 blessés.

Commémorations sur terre et sur mer

Gal 9

Le sous-ministre Alastair O’Reilly (à g.) et le président du Conseil consultatif Ron Penney se préparent à déposer une couronne à la mer à la plage Kangaroo.

À la cérémonie balayée par les vents au monument de Helles se trouvait également M. Ahmet Cinar, gouverneur de Çanakkale, une des 60 provinces de la Turquie. Les deux côtés du détroit des Dardanelles font partie de Çanakkale, et même les ruines de Troie.

En retour de sa visite, la délé-gation s’est rendue au monument commémoratif turc, une immense structure de quatre colonnes que l’on peut voir aisément depuis un navire entrant aux Dardanelles. Le monument est dédié aux 250 000 soldats turcs qui ont pris part aux batailles. Les colonnes sont décorées de bas reliefs représentant les batailles, et un cimetière où gisent quelque 500 Turcs se trouve non loin de là. Des statues impo-santes ont été érigées à l’entrée.

Le gouverneur Cinar a fait écho, en turc, aux mots du grand héros turc Mustafa Kemal Atatürk. « Vous héros, qui avez versé votre sang sur le sol de ce pays, vous gisez en pays ami. Ici, donc, reposez en paix. Vous gisez avec les ehmetcik [soldats turcs], côte à côte, dans les bras les uns des autres. Vous, les mères qui avez envoyé vos enfants en pays lointain, séchez vos larmes, vos fils sont en paix; et ils reposeront en paix, ici, à jamais. Quand ils ont perdu la vie sur cette terre, ils sont devenus nos fils également. »

Après une simple cérémonie de dépôt de couronnes, les officiels turcs se sont joints au régiment à l’occasion d’un diner offert par la direction de l’Honour 100.

La délégation s’est jointe au régiment après le repas, lors d’un service au cimetière de Lancashire Landing, non loin de la plage W, où le Lancashire Fusiliers a mis pied à terre le 25 avril. Il a débarqué sous un feu nourri et a quand même réussi à prendre les falaises qui l’entouraient. Six Croix de Victoria ont été décernées à des membres du bataillon, un exploit qui a été annoncé par la formule « six Croix de Victoria avant de déjeuner ».

Gal 10

Les restes de la coque d’une péniche (encart) utilisée pour le transport d’hommes et de provisions entre les navires et la côte.

Ici, les pèlerins de Terre-Neuve ont cherché les pierres tombales des trois Terre-Neuviens qui y sont ensevelis. Samson a dirigé un petit service pendant lequel il a nommé les Terre-Neuviens et déposé une couronne.

Les cimetières de Gallipoli sont bien différents de ceux que l’on voit en France, en Belgique et en Italie. La CSGC en prend grand soin, mais le sol est trop détrempé pour pouvoir supporter la pierre tombale habituelle du Commonwealth. À la place, il y a un piédestal pour marquer la tombe, avec une plaque de pierre dessus. Une croix murale est utilisée à la place de la Croix du Sacrifice habituelle.

L’Imperial War Graves Commission, ancêtre de la CSGC, n’a eu accès à Gallipoli qu’après la fin de la guerre. En conséquence, la commission a dû se servir de cartes où étaient marquées les tombes creusées en situation de combat. L’emplacement de ces sépultures est indiqué sur les plans des cimetières, mais les tombes ne sont pas marquées sur le terrain. Il y a beaucoup de tombes qu’on n’a pas pu identifier. Les cimetières comprennent souvent de grands espaces parsemés de tombes connues mais non identifiées. Un grand nombre d’indicateurs ont un nom suivi de l’inscription : « enterré, croit-on, dans ce cimetière ».

Gal 4

De garde Des membres du Newfoundland Regiment gardant leur camp en uniforme de la guerre d’Afrique du Sud. [Canadian Centre for the Great War]

Le lendemain, une dernière cérémonie a eu lieu au cimetière de Lone Pine, en haut d’un plateau d’importance stratégique. Le major Samson a dirigé à nouveau un simple service comprenant « la sonnerie aux morts », le silence et « le réveil », puis l’hymne « Ode to Newfoundland ».

À la fin, le sergent-major régimentaire, Wayne Allen, s’est adressé aux soldats. « Pour la première fois depuis 1915, le régiment est venu à Gallipoli et a rendu hommage aux compagnons d’armes qui sont tombés ici. Le moment est venu de rentrer chez nous. »

Après le départ du régiment, la délégation est allée voir la plage Kangaroo, où les Terre-Neuviens ont débarqué pour la première fois, et qui est maintenant un endroit populaire pour la pêche et la plongée. Ici a eu lieu une autre cérémonie simple : M. O’Rielly, assisté de M. Martin, a lancé une couronne à la mer. Quand elle a percuté les rochers, un plongeur en combinaison l’a gentiment poussée vers le large.

Neil Harvey se souvient de son père, William Thomas Harvey en se promenant sur la plage. « Mon père ne parlait pas de la guerre, » dit-il. Neil, qui voyageait avec son fils Andrew, a appris les expériences qu’a eues son père à la guerre dans les archives de Terre-Neuve, surtout dans The Rooms. Son père avait at-trapé la tuberculose quand il servait à Gallipoli, et il avait été renvoyé à Londres pour cause de maladie, puis finalement à Terre-Neuve. Il a quand même eu une vie bien remplie. Neil est le plus jeune de ses huit enfants.

Gal 11

Des membres de la délégation et du Royal Newfoundland Regiment se rassemblent au mémorial de Helles. [Bradbury Family Fonds]

Christopher Morry d’Ottawa a rédigé une notice biographique sur son grand-père, Howard Morry. « Nous avons découvert après sa mort que mon grand-père avait un journal. Ce n’étaient que des bulletins sur la météo et les marées, mais à l’occasion, quand il avait le temps, il y consignait des souvenirs qu’il avait de la guerre. » M. Morry dési-rait particulièrement trouver la tombe de David Carew qui est enterré au cimetière Hill 10. « Davy avait 16 ans quand il s’est enrôlé, et il n’avait que 18 ans quand il est arrivé ici. Mon grand-père avait 31 ans
en ce temps-là, et Davy restait près de lui; ils partageaient même une couverture pendant la nuit. Il semblait penser qu’il serait en sécurité près du vieil homme. Cependant, mon grand-père a été envoyé en mission. Et en effet, un tireur d’élite a atteint Davy d’une balle. »

Un sixième caribou?

Après les cérémonies officiel-les, M. O’Rielly, accompagné de MM. Penney et Martin, est allé voir le gouverneur Cinar à Çanakkale, capitale de la province. M. O’Rielly s’est contenté de qualifier la conversation de positive, mais on sentait un certain espoir parmi les membres de la délégation.

Le lieutenant-colonel Thomas Nangle, qui était aumônier du régiment pendant la Grande Guerre, a plus tard représenté Terre-Neuve au sein de l’Imperial War Graves Commission. On lui doit entre autres la création des cinq monuments en France et en Belgique qui ont un caribou en l’honneur des Terre-Neuviens ayant servi si vaillamment à la Première Guerre mondiale.

« Nangle voulait six monuments caribou, le dernier à Gallipoli, dit M. Gogos. Mais après la guerre, l’Empire ottoman s’est écroulé et il y a eu une guerre civile en Turquie. Il n’avait pas accès à la Turquie, et le monument n’a jamais été construit. »

Maintenant que le site de Caribou Hill est identifié, peut-être un caribou se tiendra-il un jour sur ces côtes balayées par les vents, pour représenter les gens venus d’un petit dominion qui se sont distingués par leur service.

56e congrès du Québec

Les finances au cœur des préoccupations au congrès de la Division du Québec

Les délégués des filiales québécoises, réunis à Laval du 15 au 17 mai, à l’occasion du 56e congrès de la Division du Québec, ont montré qu’ils voulaient vraiment remettre leur division sur une solide assise financière.

Une tradition familiale qui paie aux championnats de cribbage

Le cribbage est un passetemps depuis toujours dans la famille du joueur de la Division du Québec Ernie Michaud. « Je suis né dans une famille nombreuse : j’ai sept frères et sœurs. On jouait au cribbage quand on était enfants et, maintenant, on joue avec nos propres enfants », dit-il.