CORÉE : Tension et souvenir

Les représentants des anciens combattants aborigènes et métis s’assemblent à une cérémonie du lever du soleil au cimetière commémoratif des Nations Unies. [PHOTO : TOM MACGREGOR]

Le meurtre, cet été, d’une touriste sud-coréenne a jeté un froid sur la délégation d’Anciens combattants Canada en visite à Séoul en l’honneur du 55e anniversaire de l’armistice en Corée, qui a été signé le 27 juillet 1953.

Park Wang Ja, ménagère séoulienne de 53 ans, se promenait sur la plage d’une zone touristique de la Corée du Nord quand, du dire des autorités nord-coréennes, elle s’est égarée dans un secteur militaire et a été touchée par deux balles. Elle avait omis de répondre à des cris et à un coup de semonce.

La mort, en plus du fait que la Corée du Nord a refusé que les autorités sud-coréennes examinent la scène, a suscité un revers en ce qui concerne l’espoir de renouveler les discussions entre les deux Corée. L’ouverture de la région touristique avait été considérée comme un signe que le nord désirait s’ouvrir. La région touristique était une bénédiction pour le pays communiste qui, en mal de fonds, espérait obtenir un peu de la prospérité évidente en Corée du Sud.

La tension était évidente également à l’extérieur de l’hôtel Plaza de Séoul, où habitait la délégation. Le Plaza, devant la mairie, avait récemment été le lieu de manifestations quand le gouvernement sud-coréen avait décidé de recommencer à importer du bœuf des États-Unis après l’embargo de cinq ans causé par la mala­die de la vache folle.

Les manifestations paisibles étaient un risque suffisant pour que, chaque soir, la pelouse du Plaza soit entièrement entourée d’autobus pleins de policiers antiémeute en uniforme noir. Leurs matraques et leurs boucliers se trouvaient dans les autobus, au cas où ils en aient eu besoin.

Le Monument dédié aux Canadiens tombés au champ d’honneur en Corée au cimetière commémoratif des Nations Unies à Busan. [PHOTO : TOM MACGREGOR]

Les manifestations avaient commencé à cause du bœuf mais, d’après la plupart des commentateurs, elles avaient conti­nué en réaction à la froideur du gouvernement conservateur de Lee Myung-bak envers les Nord-Coréens, laquelle avait dissipé la détente Nord-Sud créée par ses prédécesseurs.

Telles étaient les nouvelles quand le ministre d’Anciens combattants Canada, Greg Thompson, arrivait à la tête d’une délégation de 110 personnes pour célé­brer l’armistice de la guerre de 1950-1953 où le Canada avait perdu 516 âmes. Bien que la Corée du Sud soit aujourd’hui un pays prospère, dont l’économie est la quatrième en importance en Asie, les souvenirs de la guerre, qui n’a jamais fini officiellement, allaient être évidents durant le voyage, lequel allait durer du 7 au 16 juillet.

Thompson était accompagné par 36 anciens combattants, leurs soignants, des parlementaires, des délégués de la jeunesse et des représentants de plusieurs organisations d’anciens combattants, dont la Légion royale canadienne. L’Association canadienne des vétérans de la Corée était représentée par son président Terry Wickens, d’Elliot Lake (Ont.). Le trésorier national Michael Cook, membre de la filiale Cloverdale de Surrey (C.-B.), représentait la Légion et Buster Brown d’Halifax, membre du Comité national de la défense de la Légion, avait été nommé par la Légion pour représenter les membres des Forces canadiennes à la retraite.

Il y avait aussi 12 représentants d’organisations autochtones et métisses qui allaient participer à une cérémonie spéciale, au point du jour, au cimetière commémoratif des Nations Unies de Busan, que les Canadiens appelaient Pusan durant la guerre.

Le ministre des Anciens combattants Greg Thompson plein une pincée d’encens au Cimetière national de la République de Corée à Séoul. [PHOTO : TOM MACGREGOR]

Les délégués s’étaient rencontrés pour la première fois à Vancouver, à l’occasion d’un souper durant lequel les officiels d’ACC avaient fait un exposé.  Le lendemain matin, ils avaient pris un avion Airbus des Forces canadiennes, qui avait fait escale à Anchorage en Alaska avant de partir pour l’Asie.

Bob Rose de Belleville (Ont.), qui a servi dans le 426e Escadron (de Thunderbirds), connaissait bien ce trajet. « J’ai fait 16 traversées — huit allers-retours », dit-il. « On était basés à la McChord Air Force Base, à Washington. On allait de là-bas à Anchorage et puis ensuite à Tokyo, chercher les ravitaillements pour les troupes coréennes. »

En arrivant au nouvel aéroport international d’Incheon, les délégués ont vu des indications de prospérité, d’une économie qui croît plus vite que son infrastructure. Il y avait des embouteillages sur une grande partie des 26 ponts menant à Séoul.

Une visite au cimetière national de la République de Corée, à Séoul, a amorcé les événements officiels du pèlerinage. Des gardes de l’armée, de la marine et de l’aviation étaient en rang pour recevoir les anciens combattants à la cérémonie protocolaire. Thompson fut accueilli par Ki-Yoon Kwak, directeur du cimetière, au son d’une musique militaire et on lui offrit des gants blancs de cérémonie. Après les hymnes nationaux, Thompson, qui avait déposé une couronne, a été invité à mettre une pincée d’encens dans un vase de cérémonie.

L’entrée du cimetière est bordée par des statues géantes qui représentent le passé du pays. Elle donne sur une pièce pleine de fleurs. Les délégués, ressortant de la chapelle du souvenir, font face au grand cimetière qui couvre plusieurs collines surplombant le fleuve Han. Le cimetière contient 165 000 tombes de soldats, de policiers et de réservistes morts au service de leur pays.

Après avoir regardé les tombes, les délégués ont visité les monument et musée commémoratifs nationaux de guerre coréens. Le musée retrace plusieurs siècles du passé de la Corée. Il s’agit d’un pays qui a fait l’objet de conquêtes, à plusieurs reprises, par les forces impérialistes chinoises et japonaises. Le musée ne sert pas seulement à raconter l’histoire du conflit de 1950-1953.

Les vétérans du Royal Canadian Regiment Jim Gunn (à g.) et Russ Cormier évoquent leurs souvenirs. [PHOTO : TOM MACGREGOR]

L’ambassadeur du Canada en Corée, M. Ted Lipman, s’est joint à la délégation lors d’un diner offert par Kim Yang, ministre des affaires des patriotes et des anciens combattants. « En Corée, il y a un dicton qui dit qu’un arbre avec des racines profondes peut plier sous le vent », dit Kim en recevant la délégation. « Nous pensons que l’amitié entre la Corée et le Canada aussi a des racines très profondes. »

Et Thompson répondit : « en prenant place autour de la table pour partager notre repas, on s’aperçoit que, bien que nos deux pays soient très éloignés sur les mappemondes, nous sommes tout proches de bien d’autres façons. Nous avons une histoire commune et un engagement inaltérable envers les idéaux que sont la paix et la liberté. Et nous croyons fièrement que notre histoire mérite qu’on s’en souvienne et que nos valeurs méritent d’être défendues.

« Notre détermination n’a jamais été aussi évidente que lorsque nos deux grandes nations s’épaulaient contre la tyrannie. Les peuples de nos deux nations ont pris de grands risques parce que notre cause était légitime : défendre les valeurs que nous partageons, la liberté, la démocratie et la primauté du droit. »

C’est en juin 1950 que ces valeurs ont été menacées. Après la Seconde Guerre mondiale, les forces japonaises en Corée s’étaient rendues aux alliés, dirigés par les États-Unis, au Sud alors que ceux du Nord se rendaient à la Russie.

Le 38e parallèle fut choisi, arbitrairement, comme ligne de division. Cela ne devait durer que jusqu’à ce que les forces américaines et russes quittent le pays et on espérait que la Corée serait un pays uni après le départ des étrangers. À la place, une dictature communiste était établie dans le Nord et un gouvernement instable, mais démocratique, dirigeait le Sud

Le 25 juin 1950, les forces militaires de la Corée du Nord traversaient le 38e parallèle et atteignaient Séoul peu après. Les Nations Unies, qui n’existaient que depuis cinq ans, devaient agir. Seize pays, dont le Canada, acceptèrent d’envoyer des forces sous un commandement états-unien.

Une attaque amphibie à Incheon, le port le plus près de Séoul, où se trouve actuellement l’aéroport international, prit les forces nord-coréennes par surprise. Séoul fut libérée en septembre et les Nord-Coréens se replièrent. Ils furent poursuivis jusqu’aux environs de la frontière avec la Chine, mais cette dernière intervint, envoyant une grande force qui repoussa les armées de l’ONU et de la Corée du Sud jusqu’au parallèle 38, à leurs positions le long de la rivière Imjin.

À la mi-février 1951, des unités du Canada, de la Grande-Bretagne, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et de l’Inde s’assemblaient en une force du Commonwealth. Ce groupe prit part à une poussée en direction nord vers le 38e parallèle. En fin avril 1951, les Chinois et les Coréens du Nord ripostaient dans les secteurs de l’ouest et de l’ouest central. Les troupes états-uniennes furent obligées de se replier et les Canadiens et les autres troupes du Commonwealth prirent part au combat pour les aider à battre en retraite.

Les hostilités se sont poursuivies pendant deux ans de plus mais la bataille piétinait, les deux côtés se retranchant près du 38e parallèle. En fin de compte, l’armistice est arrivé, à Panmunjom, en juillet 1953. Cependant, la Corée du Sud n’a jamais signé l’armistice, alors, théoriquement, elle est encore en guerre avec le Nord.

La délégation a eu une idée du style de vie qu’avaient les troupes coréennes après le cessez-le-feu, à l’occasion d’une visite au poste d’observation de Sang Seung, au nord de Séoul. Il est interdit d’y prendre des photos et on considère qu’il est trop risqué de permettre l’accès libre aux touristes.

La sous-ministre des Anciens combattants Suzanne Tining se joint au représentant de la Légion Michael Cook à Naechon. [PHOTO : TOM MACGREGOR]

De là, plusieurs des anciens combattants nous ont indiqué les zones où ils avaient patrouillé. « C’est un pays affreux pour le combat », dit Russ Cormier, âgé de 76 ans, de London (Ont.). Il le sait bien. Il a passé une bonne partie du temps qu’il était en Corée à cet endroit, en patrouille pour le Royal Canadian Regiment, à observer l’autre côté. « On sortait seulement la nuit. On pouvait nous voir durant la journée. »

Hubert Lalonde, membre âgé de 77 ans de la filiale Chippawa de la Légion, de Niagara Falls (Ont.), a servi dans la Princess Patricia’s Canadian Light Infantry. Il se souvient des patrouilles au front. En mars 1952, un de ses compagnons et lui ont été atteints par un obus. « On s’est fait couvrir de terre mais on n’a pas été blessés. J’allais dire que les obus ne tombent jamais au même endroit quand le deuxième est arrivé », dit-il.

« Voyez-vous cette marque près de mon œil? » dit-il en indiquant une tache foncée. « C’est de la terre de Corée que je transporte partout. On m’avait dit que l’éclat allait ressortir tout seul, et c’est arrivé. Mais la terre est restée là. »

Le lendemain, la délégation est allée au Jardin commémoratif canadien de la guerre de Corée, à Naechon. Il est au cœur de la vallée de la Gapyong, que les Canadiens appelaient alors Kapyong. C’est là qu’a eu lieu une des batailles les plus terribles de la guerre. En avril 1951, le 2e Bataillon de la Princess Patricia’s Canadian Light Infantry a failli être soumise par les vagues de soldats chinois qui déferlaient sur lui. En fin de compte — dernière tentative, fructueuse, pour repousser l’ennemi — les officiers de la PPCLI ont demandé à l’artillerie de faire feu sur leurs propres positions. Dix soldats de la PPCLI en sont morts et 23, blessés. La U.S. Presidential Citation a été décernée au 2e de la PPCLI et au 3rd Royal Australian Regt. suite à cette action.

« Ici, maintenant, on a peine à se souvenir que cet endroit était bien différent il y a quelque 55 ans. Il avait été ravagé par la guerre. Un endroit de souffrances terribles, un endroit où des villages entiers avaient été effacés par les bombes et dont les survivants transportaient le peu de choses qui leur restait sur le dos », dit Thompson, au jardin.

« Au milieu de toute cette misère, nos troupes arrivaient pour se mesurer à un ennemi connaissant le terrain bien mieux qu’elles, qui était bien plus habile pour gravir montagnes et collines. C’était un terrain vraiment étranger, impressionnant aux yeux de nos gars des Prairies. Pourtant, ils ont tous trouvé la force, le courage, la volonté d’aller de l’avant. »

Le moment crucial, le dernier jour que la délégation a passé alentour de Séoul, a eu lieu durant la visite à Panmunjom, où le cessez-le-feu a été négocié et où les deux côtés continuent de se rencontrer pour s’occuper des protocoles allant de ceux des visites touristiques jusqu’à ceux de l’aide humanitaire.

Le groupe est allé au Camp Bonafas, une enceinte américaine où les soldats états-uniens et coréens gardent la seule route entre les deux Corée. Après les renseignements donnés par des soldats américains, on dit à la délégation que des « guides prêts au combat » allaient monter dans les autocars avec eux. Le premier point de repère était ce que, d’après le guide, la revue Golf Digest avait appelé le terrain de golf le plus dangereux au monde, car il y a des terrains de mines de trois côtés. « La tension est très, très élevée actuellement, » dit le guide aux pèlerins quand ils arrivaient aux trois édifices à un étage peints en bleu. Des gardes de la République de Corée se tiennent à un bout de chaque édifice et des gardes nord-coréens à l’autre. « Ne faites aucun geste vers les Nord-Coréens. Quoi qu’ils fassent », dit-on au groupe. Mais c’était difficile car des civils nord-coréens visitaient l’autre côté et ils saluaient les Occidentaux de la main.

Les soldats sud-coréens sont entrainés à se tenir en position d’art martial, les poings fermés. Bien qu’ils soient immobiles comme une statue, ils sont prêts à agir. Il y en a un qui l’a fait quand une des Coréennes qui assistaient la délégation s’approcha d’une chaise pour la bouger. Le soldat lança rapidement un cri d’art martial, présentant une main ouverte verticalement et dit à la femme de ne pas s’approcher davantage. Elle recula et le garde reprit son poste.

Il y a une ligne au centre de la pièce qui représente le 38e parallèle. Bien qu’on permette aux voyageurs de traverser la ligne un instant, on les avait avertis de ne pas s’approcher de la porte qui donne sur le côté nord de l’enceinte.

La délégation a visité un autre lieu un peu plus loin le long de la route, sans toutefois pouvoir prendre des photos. Il s’agit de Daeseong-dong, c’est-à-dire village de la liberté, où des Coréens habitent encore, qui exploitent des fermes viables. Les résidents doivent soit avoir habité là, soit être des descendants de gens qui y habitaient, quand la zone démilitarisée a été établie. Ils peuvent vendre leurs récoltes en Corée du Nord ou du Sud, mais ils vivent dans des conditions sévères. Tout le monde doit quitter les champs et retourner au village à la tombée de la nuit et chez eux avant minuit.

Le « pont de non-retour » n’est pas loin de là. C’est là que les prisonniers ont été échangés après l’armistice. Les prisonniers avaient le choix. Ils pouvaient aller en Corée du Nord ou du Sud, mais quand ils avaient traversé le pont, ils ne pouvaient plus revenir. Bien que beaucoup de prisonniers du Nord aient bondi sur l’occasion d’aller vivre en Corée du Sud, il y en a qui sont allés au Nord à cause de liens familiaux.

Parmi ces prisonniers se trouvait un Canadien, Jim Gunn de Gatineau (Qc) et un membre de la délégation. En tant que seul prisonnier de guerre de retour, on lui a permis d’aller sur le pont, escorté par des gardes américains et d’en revenir. Gunn, à qui on demande s’il se souvient d’avoir traversé le pont, dit de manière abrupte, honnêtement, qu’il ne s’en souvient pas du tout.

Cet homme de 73 ans, qui était alors simple soldat et tireur d’élite du RCR , a été fait prisonnier par les Chinois, quand il était en patrouille, le 2 mars 1953. « On savait qu’on allait se faire prendre, alors on a démonté les fusils et les télescopes et on les a enterrés avant qu’ils nous attrapent. Ils ont trouvé les armes assez vite mais ils ne savaient pas comment les remonter. Ils nous regardaient, mais on haussait les épaules », dit Gunn, et il lève les bras comme pour indiquer qu’il ne comprend pas.

Après la visite à Panmunjom, la délégation est retournée à l’aéroport prendre l’avion pour Busan. C’est là-bas que la plupart des soldats sont arrivés, par bateau, et qu’ils ont foulé le sol coréen pour la première fois.

Le cimetière commémoratif des Nations Unies à Busan, de 35 acres, contient les restes de 2 300 militaires alliés qui se sont battus aux côtés des Coréens du Sud. Trois-cent-soixante-dix des tombes sont celles de Canadiens.

Là, la délégation a réglé les dernières cérémonies, dont la première était la cérémonie autochtone de l’aube. C’était une cérémonie moins solennelle, en l’honneur des éléments, qui a eu lieu à 8 h, après le lever du soleil.

Noel Knockwood de Lake Echo (N.-É.), né dans la réserve indienne Brook, à Shubenacadie (N.-É.), il y a 75 ans, dirigeait la cérémonie. Il a servi dans le 1er Régiment de campagne du Régiment royal de l’Artillerie canadienne et, après la guerre, a été enseignant et a servi comme sergent d’armes à l’Assemblée législative de la Nouvelle-Écosse.

Les représentants de l’Association nationale des anciens combattants autochtones, des Anciens combattants des Premières nations du Canada et de l’Association canadienne des anciens combattants métis ont formé un cercle et brulé du tabac. Knockwood a dirigé des prières en micmac et en anglais. « Nous avons prié le dieu que nous connaissons. Nous appelons Dieu Grand-père/Grand-mère car nous ne savons pas de quel sexe il est. »

Knockwood se souvient d’un soldat aborigène, avec qui il a servi, qui était chauffeur. Ils avaient été en permission ensemble et l’officier que son ami conduisait voulait retourner au front. En même temps, les ingénieurs alliés utilisaient des explosifs pour faire une nouvelle route. La zone de travail n’était pas bien indiquée et ils ont roulé dans une explosion qui a causé un glissement rocheux. Les débris projetés sont passés à côté de l’officier et ont tué l’ami de Knockwood.

Pendant le service commémoratif au cimetière, Thompson dit « je sais que ce cimetière est également d’un grand réconfort aux anciens combattants qui  sont venus ici aujourd’hui. Pendant 55 ans ils n’ont pratiquement rien demandé ni à leur pays ni à nous. Mais, après réflexion, ils vous diront qu’il y a tout de même une question qui pèse lourdement sur leur esprit. Les générations futures se souviendront-elles d’eux? Les aideront-elles à respecter leur vœu de ne jamais oublier leurs camarades morts au combat?

« Ce matin, les réponses à ces questions sont claires. Nous sommes sincèrement reconnaissants envers toutes les personnes qui ont contribué à faire de ce cimetière un si beau monument à leur mémoire. »

Après le dépôt de couronnes par les représentants, le groupe s’est promené dans la section canadienne du cimetière et déposé une couronne au monument militaire coréen érigé aux morts cana­diens. Ce dernier, dévoilé en 2002, comporte une sculpture en bronze d’un soldat canadien portant un enfant coréen dans ses bras, un autre enfant à côté. Il y a un monument identique à Ottawa.

Le monument d’origine a été conçu par le vétéran de la guerre de Corée Vince Courtenay et sculpté par l’artiste coréen Yoo Young-mun. Sur l’original, ainsi que sur celui d’Ottawa, se trouvent les noms des 516 Canadiens morts à la guerre de Corée. Les mots « Nous ne vous oublierons jamais, valeureux fils du Canada » y sont inscrits.

Thompson a déposé une couronne au monument coréen et puis écouté la chorale des enfants de l’école élémentaire Suk-Po de Busan. Les chansons des jeunes, qui jouaient d’instruments traditionnels, concernaient la bravoure des Canadiens en Corée.

Malgré la tension au 38e parallèle, on s’aperçoit encore que c’est un pays qui a beaucoup prospéré au cours des dernières décennies. La Corée du Sud, nation en ruines qu’elle était, est deve­nue l’un des 10 plus grands pays exportateurs du monde et un des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et de l’Organisation de coopération et de développement économiques.

L’ambassadrice des jeunes à la délégation, Kathleen O’Brien de Yellowknife (T. N.-O.), dit que le voyage l’a beaucoup touchée. « Je suis allée à Vimy avec mon école, mais il n’y avait personne avec nous qui s’était battu à la Première Guerre mondiale. Ce voyage est tellement actuel et les hommes qui s’y sont battus sont avec nous », dit cette élève d’école secondaire qui avait été choisie dans le cadre du programme jeunesse Rencontres du Canada. « Je pense que j’aimerais avoir un emploi qui me permette de revenir. »

De dire Mike Cook de la Légion : « J’ai trouvé le voyage très instructif mais ce qui me surprend c’est l’hospitalité et la reconnaissance que le peuple coréen ressent envers les Canadiens ».

« Je pense que ce voyage est une révélation. On voit des villes et des routes où il n’y avait rien », dit Cormier. « Ce qui m’impressionne le plus, ce sont les visages souriants des enfants. La dernière fois que j’étais ici, ils ne sou­riaient pas. Ils avaient faim et froid. Maintenant, ils sourient et ne semblent avoir aucun souci. Je ne peux m’empêcher de penser que c’est ce que nous avons fait. »

Rapport de la capitale nationale: une Légion pleine de bonté

Le défilé de légionnaires prend le départ à la Colline parlementaire. [PHOTO : ADAM DAY]

Lors du 42e Congrès national de la Légion royale canadienne, le rabbin et aumônier honoraire national Reuven Bulka, tout en observant les couronnes déposées autour du Monument commémoratif de guerre du Canada à Ottawa, prononce un plaidoyer en faveur de l’organisation qu’il appelle « une armée pour le bien ».

Cette expression est reprise durant le congrès qui a eu lieu du 21 au 25 juin, près de la Colline du Parlement, au Centre des congrès d’Ottawa et auquel ont assisté 1 357 délégués. « Vous avez choisi l’endroit idéal pour tenir votre congrès », dit le ministre d’Anciens combattants Greg Thompson à l’occasion des cérémonies d’ouverture. « À l’ombre de la Colline du Parlement, où sont pri­ses les décisions qui ont une incidence sur l’avenir de notre pays. C’est là que des gouvernements élus ont pris les décisions difficiles d’envoyer nos fils et nos filles à la guerre et servir dans le cadre de missions partout dans le monde. »

C’est à cette ombre que la direction de la Légion s’assemble pour débattre de sa propre gouvernance et fixer ses priorités des prochaines deux années.

Les Cameron Highlanders of Ottawa. [PHOTO : ADAM DAY]

Les activités commencent sous des nuages sombres qui, ayant apporté la pluie durant la nuit, disparaissent pendant que s’assemblent plus de 1 400 légionnaires, à côté du gazon de la Colline du Parlement, pour participer, en ce dimanche matin, à un défilé le long de la rue Wellington ainsi qu’autour de la place de la Confédération et du Monument commémoratif de guerre du Canada.

Six orchestres, dont celui des Cameron Highlanders of Ottawa et la Musique centrale des Forces canadien­nes, mènent le défilé devant la foule. Le président national Jack Frost les passe en revue. À ses côtés se trouve l’invité spécial des Pays-Bas, Son Altesse le prince Floris d’Orange-Nassau, van Vollenhoven, filleul de la Légion et officier honoraire de la Légion depuis qu’il a assisté au Congrès de 2000 à Halifax.

Le prince Floris, Thompson, le brigadier-général Terry Leversedge qui représente les Forces canadiennes, le ministre ontarien des Affaires municipales et du Logement Jim Watson, le maire d’Ottawa Larry O’Brien, le président de la Division de l’Ontario George O’Dair et Frost déposent des couronnes.

Le défilé passe devant le président national sortant Jack Frost (complètement à g.) et le prince Floris. [PHOTO : ADAM DAY]

Frost présentera le prince, l’après-midi, durant les cérémonies d’ouverture. « Il y a 32 ans à peu près, la princesse Margriet de Hollande avait demandé à la Légion, qui était présidée par Bob McChesney, d’être la marraine de son fils Floris. Nous avons accepté cet honneur. Il y a un Pèlerinage du souvenir durant lequel nous nous concentrons sur les cimetières des Pays-Bas, qui sont si bien entretenus. Nous sommes particulièrement épatés par les enfants qui s’occupent des tombes. Il s’agit d’un rappel des liens d’amitié entre les Canadiens et les Néerlandais, lesquels sont très serrés. »

Le prince Floris dit aux délégués : « je n’étais jamais venu à Ottawa, ce qui est étrange car c’est ici que ma mère est née. Un édifice avait été déclaré territoire hollandais temporairement, au cas où la naissance aurait été celle d’un garçon ».

Ce commentaire concerne la tradition selon laquelle l’héritier du royaume devait être mâle. Cependant, le titre est passé à sa tante Beatrix, la sœur aînée de Margriet, qui est actuellement reine des Pays-Bas.

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Le prince va visiter maintes institutions nationales canadiennes à Ottawa durant le congrès, et participer à un tournoi de golf philanthropique. Il sera également institué vice-président natio­nal honoraire de la Légion.

Quand les travaux commencent, le lendemain, le président des débats Tom Irvine reçoit les délégués et remarque qu’il s’attend à ce qu’il y ait beaucoup d’opinions divergentes durant le congrès, mais qu’il ne tolèrera pas les commentaires irrespectueux durant les réunions.

Les délégués sont venus discuter de la question de gouvernance, un sujet qui va prédominer, le premier jour des travaux et avoir des répercussions aux élections. Il est clair que les délégués ont fait leurs devoirs et qu’ils sont au courant des propositions concernant les modifications du Conseil exécutif national et le nombre de vice-présidents à élire. Les débats portent moins sur les modifications proposées que sur la procédure menant aux votes. La Division de l’Ontario demande une modification à chacune des trois propositions déposées.

Vu qu’elle a six représentants au CEN, c’est bien sûr elle qui perdrait le plus suite à la résolution éliminant la représentation calculée d’après la population pour donner un représentant à chaque division. Bien que la division n’arrive pas à contrer la motion, elle réussit à trouver des délégués qui acceptent des modifications à propos du nombre de vice-présidents et du nombre de fois qu’un CEN dégraissé se réunira durant l’année.

Les questions de la gouvernance ayant été réglées, Frost, président du Comité du congrès, présente une autre motion qui servirait à transformer la procédure d’élection des vice-présidents. D’après la motion, un système de vote à majorité simple suffirait pour l’élection des officiers qui sont tout seuls à leur poste, comme le trésorier et le premier vice-président. On se servirait du système « premier arrivé » pour les postes où il y a plusieurs officiers, comme ceux de vice-président national.

Le premier vice-président de la Division de la Colombie-Britannique/ Yukon, Dave Sinclair, essaie de modifier la motion sur l’élection des vice-présidents nationaux en enlevant l’article « Il est en outre résolu ». Toutefois, cette modification aurait maintenu la procédure de vote qui servait à l’élection des vice-présidents. Irvine n’accepte pas la modification car elle est contraire à la visée de la motion d’origine.

La résolution est adoptée mais, lors des élections menées ensuite par la présidente sortante Mary Ann Burdett, il est évident que certains délégués ne l’ont pas bien comprise.

La première élection est celle du président national. Frost commence en proposant le premier vice-président Wilf Edmond de Donkin (N.-É.). Edmond propose ensuite Frost pour un deuxième mandat, mais il refuse, et Edmond est élu président par acclamation.

Les quatre vice-présidents, Pat Varga de la Division de la Saskatchewan, Cliff Tessier de la Division du Manitoba– Nord-Ouest de l’Ontario, John Alger et Erl Kish de la Division de l’Ontario, sont candidats au poste de premier vice-président. La méprise apparait après le premier bulletin de vote pour premier vice-président, quand Burdett annonce que personne n’a obtenu plus de 50 p. 100. Le nom de Tessier est supprimé et elle demande un autre bulletin. C’est alors que l’auditoire explose. Nombreux sont ceux qui pensent qu’à cause de la résolution précédente, la personne ayant obtenu le plus grand nombre de voix est élue.

Malgré des arguments passionnés provenant de l’auditoire, le président Jim Rycroft du Comité des constitution et lois explique que la résolution dit clairement qu’il faut une majorité simple, ce qui, d’après les Arrêtés généraux, veut dire 50 p. 100 et une voix. Le président décide de terminer la discussion au bout d’une demi-heure. Burdett demande alors le deuxième bulletin.

Le président Steve Wessel de la Commission sur la gestion. [PHOTO : JENNIFER MORSE]

Alger est retiré au bulletin suivant, et il ne reste que Varga et Kish entre lesquels choisir. Varga, qui est vice-présidente depuis 2002, est victorieuse.

Les trois autres candidats au poste de premier vice-président sont automatiquement candidats aux postes de vice-président. Paulette Cook de la Division du Québec, Calvin Crane et Gerald Warford de la Division de Terre-Neuve-et-Labrador, Gord Moore de la Division de l’Ontario, Gerry Vowles de la Division de la Colombie-Britannique/Yukon, Roger Oakley de la Division du Manitoba–Nord-Ouest de l’Ontario et Tom Eagles de la Division du Nouveau-Brunswick sont aussi proposés.

La Division de l’Ontario aurait pu obtenir les trois postes de vice-président mais Alger remercie les délégués du temps qu’il a passé à la Direction nationale et refuse de se présenter à nouveau. Oakley refuse également de se porter candidat.

Des délégués étudient leur livre du congrès. [PHOTO : JENNIFER MORSE]

En fin de compte, les trois vice-présidents sont les candidats qui ont le plus grand nombre de voix. Kish, membre de la filiale Limestone City de Kingston (Ont.), est réélu et il se joint aux nouveaux vice-présidents Paulette Cook de la filiale Philipsburg (Qc) et Gord Moore de la filiale Elmira (Ont.).

Le trésorier national Mike Cook de la filiale Cloverdale de Surrey (C.-B.) est élu par acclamation à un nouveau mandat. Steve Wessel de la filiale Centennial de Dartmouth (N.-É.) se mesure à Irvine de la filiale Hemmingford (Qc) pour le poste de président des débats. Le président des débats Bill Chafe de la Division de l’Ontario, vice-président des débats intérimaire du Congrès, est proposé aussi mais il refuse. Les délégués rappellent Irvine à un autre mandat.

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Plus tard, Frost fait son rapport en tant que président du Comité des anciens combattants, des services et des ainés, durant lequel il remarque qu’il s’est présenté à des comités parlementaires afin d’appuyer la déclaration de la Journée nationale des Casques bleus et de plaider en faveur d’améliorations à la nouvelle Charte des anciens combattants. « La Légion s’est présentée le 19 mars 2007 au Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration pour plaider en faveur des membres des Forces canadiennes et des épouses de guerre qu’on considère “Canadiens perdus”. À la fin de l’année 2007, le gouvernement a entamé une mesure corrective à ce propos », dit Frost.

« Le programme d’étude des soins de longue durée, dans le cadre duquel, à la demande d’Anciens combattants Canada, la Légion fournit des sondeurs pour interviewer les anciens combattants des institutions de soins de longue durée, a eu une année réussie. Il y a 2 587 anciens combattants vivant dans 683 institutions qui ont été visités à travers le pays, et les questionnaires où l’on inscrit leurs commentaires sur la qualité des soins ont été remis au ministère. Leur analyse indique qu’il y a un très grand degré de satisfaction générale en ce qui concerne les soins et le logement. La plus grande insatisfaction est toujours la nourriture institutionnelle », dit-il.

Frost présente 59 motions de la part du Comité des anciens combattants, des services et des ainés, qui, toutes, sont adoptées. Parmi les questions ayant obtenu la priorité, il y a celle du droit des anciens combattants frêles aux avantages du Programme d’autonomie des anciens combattants sans tenir compte de leur droit concernant l’invalidité et que les avantages de santé, y compris le PAAC, soient étendus à la conjointe d’un ancien combattant si besoin il y a.

Dans son rapport, la présidente Pat Varga du Comité du coquelicot et du souvenir dit que le programme d’essai concernant la distribution de coquelicots autocollants durant les visites aux résidences d’ainés a eu beaucoup de succès. Elle dit que le comité va prépa­rer un plan pour un jour national de visites et distribuer les autocollants aux anciens combattants particuliers et aux résidences d’ainés. Elle dit qu’il sera coordonné parmi les divisions et qu’on demandera aux filiales du pays de s’occuper de cette distribution d’un jour, le premier dimanche de la campagne.

Pat Varga est élue première vice-présidente. [PHOTO : JENNIFER MORSE]

Varga présente une motion demandant au gouvernement de modifier le code criminel pour protéger du dénigrement et du vandalisme les mémoriaux de guerre et les tombes militaires, ainsi que les grandes pièces et les artefacts militaires d’importance historique. C’est adopté rapidement, sans discussion.

La présentation faite par l’enseignante néo-écossaise Donna Griffin, à propos de ses expériences durant le pèlerinage du souvenir des leaders de la jeunesse de la Direction nationale, en 2005, est un plaisir pour les délégués. Varga dit que bien que ce soit la 60e fois que Griffin fait cette présentation sur le pèlerinage, tous ont été touchés. Griffin a des larmes aux yeux quand elle montre les diapositives et discute des expériences des pèlerins durant le voyage de deux semaines aux champs de bataille et aux cimetières d’Europe.

Le grand président honoraire de la Légion Charles Belzile (à g.) et le nouveau président national Wilf Edmond. [PHOTO : JENNIFER MORSE]

Le président du Comité des adhésions Erl Kish rapporte qu’en 2007 il y avait 373 367 membres, soit 96,08 p. 100 du nombre de 2006. Il dit que le comité continue de fournir des outils, des conseils et la direction qu’il faut pour s’occuper efficacement des activités d’adhésion.

Il présente deux motions composées par son comité. La première concerne la création d’une catégorie de membres à titre personnel pour les gens qui appuient la Légion mais qui ne désirent pas encore appartenir à une filiale en particulier. La deuxième concerne la permission aux membres dont l’adhésion a expiré d’additionner les années de service passées à leur retour. Les deux sont rejetées à plates coutures.

Le grand président honoraire de la Légion Charles Belzile fait prêter serment aux vice-présidents (de g. à d.) Paulette Cook, Erl Kish et Gordon Moore. [PHOTO : JENNIFER MORSE]

John Alger, président du Comité des sports, fait un rapport sur une étude concernant la participation des membres aux sports de la Légion. « Les résultats du sondage indiquent qu’un petit nombre de membres participent au curling de la Légion à travers le pays (environ 2 700 réguliers et ainés) et pourtant il y a deux championnats nationaux. Chaque épreuve coutant à peu près 55 000 $, ce n’est peut-être pas une dépense juste d’un point de vue proportionnel. »

Alger dit avoir demandé leur avis à toutes les divisions et qu’en majorité elles préfèrent la fusion des deux épreuves de curling. Cela se fait donc, à temps pour les compétitions de l’année courante.

Le premier vice-président Wilf Edmond, le vice-président John Alger. [PHOTO : JENNIFER MORSE]

Le président du Comité de l’unité des anciens combattants Charles Belzile rapporte que les discussions que la Légion a eues, en automne, avec les représentants de 14 associations d’anciens combattants, pour s’unir sous l’étendard de la Légion, se sont bien passées. Les délégués appuient fermement une motion de continuer les discussions avec d’autres associations d’anciens combattants pour produire une proposition conjointe avec ces organisations afin que toutes les associations d’anciens combattants s’assemblent en une fédération ou fusionnement semblable sous le nom et l’adhésion à la Légion royale canadienne.

À propos des rituels et insignes de la Légion, les délégués acceptent deux points qui ont été appuyés par le Comité de l’unité des anciens combattants. Elles ont pour but de permettre aux membres anciens et actuels des Forces canadiennes ou des forces alliées de porter l’insigne de leur unité ou de leur régiment à la poche inférieure droite du blazer de la Légion. L’autre modifie le règlement de l’habillement pour permet­tre aux membres actuels ou anciens des Forces canadiennes de défiler avec la coiffe qu’ils ont méritée.

La baisse du pavillon aussi est sujet de débats importants. Les délégués acceptent une motion servant à maintenir la verticalité du pavillon pendant qu’on joue l’hymne national et le royal. Par ailleurs, au bout d’un long débat, la Division du Québec retire une motion selon laquelle on arrêterait de baisser le pavillon, quel que soit le moment, durant un service du souvenir.

Le trésorier Mike Cook fait plaisir aux délégués en leur faisant un rapport fi­nancier positif. « Les budgets des trois prochaines années sont nuls ou équilibrés. Les excédents de fonctionnement prévus pour ces périodes, 766 450 $, 457 350 $ et 66 450 $ respectivement, seront affectés à la réserve de l’adhésion. Grâce à une gestion rigoureuse des budgets, nous allons réussir à ne pas augmenter les frais d’adhésion jusqu’en 2012 au moins », dit-il.

Le prince Floris et la princesse Aimée assistaient aux cérémonies d’ouverture. [PHOTO : JENNIFER MORSE]

Peut-être à cause du rapport de Cook, les délégués se montrent fort généreux envers la Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth. Le secrétaire national Duane Daly fait une présentation courte mais efficace sur le travail que fait la Légion royale cana­dienne pour aider les anciens militaires des Antilles et leurs veuves. « Il y a encore des besoins et ils existeront jusqu’à ce que le dernier ancien combattant disparaisse », dit-il.

Les délégués font la queue aux microphones pour annoncer leurs dons à la LRACC. Daly annonce que le total des dons et des promesses s’élève à 312 940 $ : un record. Ce montant est si élevé que, par la suite, on lit une note durant le congrès comme quoi le président de la LRACC, le prince Philip, en a été informé et qu’il s’est dit très heureux.

Le soutien pour le Fonds de moral des troupes de la LRC aussi est solide. Ce fonds sert à fournir des bons-cadeaux, pour un café et un beigne, aux hommes et aux femmes qui servent au Kandahar en Afghanistan. Les dons de l’audience s’élèvent à 32 818 $.

Le président national Jack Frost (à g.) et le premier vice-président Wilf Edmond. [PHOTO : JENNIFER MORSE]

L’arrivée du général Rick Hillier, qui allait quitter le poste de chef d’état-major de la défense dans quelques jours, est un des instants marquants du congrès. Les délégués se lèvent pour l’applaudir quand il entre dans la salle. Il commence par la présentation surprise à la Légion royale canadienne d’un médaillon des Forces canadiennes pour service distingué. Le médaillon est remis par le chef d’état-major de la part des Forces canadiennes à « d’autres personnes que les militaires canadiens en service actif (qui) rendent service aux Forces canadiennes ».

Hillier remet le médaillon à Frost et s’adresse aux délégués : « je parle de la part de 85 000 personnes en uniforme qui disent que vous êtes extraordinaires ».

Le chef d’état-major de la Défense au bord de la retraite, le général Rick Hillier (à g.) offre un Médaillon des Forces canadiennes pour ser­vice distingué à la Légion. Le président national Jack Frost l’accepte. [PHOTO : JENNIFER MORSE]

Il fait l’éloge de la Légion pour ce qu’elle fait pour les anciens combattants et, avec l’appui du public, pour son soutien des troupiers et de leur mission. Il remarque que la Légion est souvent présente lorsque les troupes reviennent de mission et que ses programmes les soutiennent durant leur déploiement. « Il y a 1 200 hommes et femmes au Kandahar, où il fait souvent 50° C et les progrès sont constants. Ils persévèrent dans leurs efforts parce qu’ils croient que ce qu’ils font a une grande valeur. C’est ça le courage : persévérer dans le même travail, jour après jour. Ils ne pourraient pas le faire sans votre appui. »

Sa reconnaissance pour la Légion se conforme à ce que disait le rabbin Bulka auparavant, devant le Monument commémoratif de guerre du Canada : que la Légion est « une armée pour le bien ».

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Rapport De La Capitale Nationale: Vote Pour Le Changement

[PHOTO : JENNIFER MORSE]

C’était un moment historique pour la Légion royale canadienne et, bien que le terrain du 42e Congrès national avait été préparé avant, c’est le président national Jack Frost qui a donné le ton du débat sur la gouvernance. « L’avenir de la Légion est entre nos mains, pas seulement celles de la Direction nationale », dit-il aux plus de 1 350 délégués assemblés au Centre des congrès d’Ottawa entre le 21 et le 25 juin. « Écoutez vos camarades et puis décidez. »

La structure même du Conseil exécutif national, l’organe qui gouverne la Légion entre ses congrès bisannuels, était en jeu. Le CEN était composé de 40 personnes au début du congrès, soit neuf membres du sous-exécutif, 26 représentants de division, un membre de la Section des anciens combattants tuberculeux et quatre membres non votants. Les membres du sous-exécutif étaient des élus : le président, le premier vice-président, quatre vice-présidents, le trésorier, le président des débats, et le président sortant. Les représentants de division étaient choisis d’après un système qui donnait deux représentants à une division ayant jusqu’à 35 000 membres, plus un représentant de plus pour chaque tranche supplémentaire de 35 000 membres. Les membres non votants étaient le grand président honoraire et les présidents des comités de constitution et loi, de la défense et des honneurs et récompenses.

La Commission de la Légion royale cana­dienne sur la gestion, la représentation et la structure des directions, établie par le CEN en février 2007, avait préparé le terrain de la discussion. La commission avait étudié l’histoire et la structure de la Légion et fait son rapport au CEN en février dernier. Le CEN accepta de renvoyer les recommandations du rapport au congrès pour la décision finale.

C’est le président de la commission, Steve Wessel de la Division de la Nouvelle-Écosse/Nunavut, qui devait l’apporter au congrès. « On avait demandé à la commission, au début, d’oublier toute préconception à propos de la structure de la Légion et tout sentiment de pouvoir que certains associent aux postes élus ou découlant du nombre des effectifs. »

Wessel dit que le sociétariat avait perdu 36 p. 100 de sa grandeur maximale (602 489, en 1984), à 388 584, en 2006 et pourtant la taille du CEN n’avait pratiquement pas changé. Il dit que des mesures ont été prises pour réduire le cout des réunions du CEN mais qu’on n’avait encore rien fait par rapport à sa grandeur. « Vu la hausse de ce que réunir les 40 membres du CEN coute, on avait réduit le nombre de ces réunions de deux à une par année, plutôt que de conserver le programme de deux réunions par année tout en réduisant le nombre de gens qui y prennent part », dit-il.

Les propositions de la commission étaient contenues dans trois motions présentées aux délégués. La première était de réduire le nombre de représentants à 10 : un par division. D’après la deuxième motion, le nombre de vice-présidents, de quatre, serait réduit à deux. La troisième éliminerait des réunions des dirigeants supérieurs tout seuls pour qu’on ait trois réunions du CEN au complet par année. Les dirigeants supérieurs ne se réuniraient tout seuls qu’une seule fois, pour s’occuper du budget et du personnel.

« En acceptant les motions recommandées par le CEN, vous faites de la Légion royale canadienne une organisation plus efficace à son entrée dans la deuxième décennie du 21e siècle, pour qu’elle réussisse mieux dans son mandat qui est de plaider pour les anciens combattants et de perpétuer le souvenir », dit Wessel pour conclure. « Comme on dit dans l’éditorial de mai/juin de la revue Légion, il faut le courage de s’analyser soi-même. »

C’est sûr que ces mesures ne vont pas faire des heureux à la plus grande division de la Légion, celle de l’Ontario. C’est elle qui, ayant six représentants au CEN, avait le plus à perdre suite à la recette d’un représentant par division.

Il y avait 1 356 délégués enregistrés le premier jour du congrès. L’Ontario, vu son avantage de division hôtesse, avait 629 délégués, 50 de moins qu’il fallait pour la majorité, même si tous ses délégués votaient en bloc.

La disposition des sièges aussi rendait les camps évidents, la Division de l’Ontario prenait les sièges depuis le milieu jusqu’à l’arrière de la salle et les divisions plus petites étaient plus près de l’estrade.

À propos de la première résolution, le président George O’Dair de la Division de l’Ontario dit : « nous félicitons la commission de son travail. Nous acceptons qu’il faille changer. Toutefois, ces motions sont excessives et trop rapides ».

Plutôt que contester, O’Dair avait préparé une modification à la première motion. La modification ferait qu’il y eut un représentant par division plus un autre tous les 35 000 membres. Cette recette aurait donné un CEN de 26 ou 27 membres à peu près.

« Je regrette mais cette modification est contraire à l’intention de la motion, alors elle est inacceptable », dit Irvine et un grondement s’éleva, de l’arrière de la salle, en désaccord.

« Est-ce que vous contestez ma décision? » demanda Irvine. Quand un « oui » puissant se fit entendre, il demanda aux délégués de montrer leur carton vert pour indiquer leur vote. Presque tous les cartons en avant de la salle furent levés quand Irvine demanda aux délégués qui acceptait sa décision. Quand ce fut le moment d’indiquer le désaccord, la plupart de ceux de l’arrière de la salle levèrent leur carton. Il ne restait plus qu’à faire un scrutin par debout.

Les whips comptèrent leur section et il était manifeste que les désirs des caucus ne chancelaient pas du tout. En fin de compte, il y avait 684 pour et 649 contre la décision de la présidence.

Irvine annonça ensuite que le CEN lui avait donné la consigne de demander un vote secret pour la première motion. On appela les scrutateurs, dirigés par l’ancien président Allan Parks, pour qu’ils ramassent les bulletins marqués d’un « oui » ou d’un « non ».

Quand les scrutateurs revinrent, quelque deux heures après, on annonça que la résolution avait été adoptée. Irvine passa ensuite aux deux autres motions sur la gouvernance. Cependant, il y eut une autre contestation comme quoi il avait fallu trop longtemps pour faire le décompte des bulletins et que le vote sur les deux motions suivantes se fasse par carton vert. On demanda aux délégués s’ils étaient d’accord; oui! s’écrièrent-ils.

O’Dair fut le premier à se rendre au micro à propos de la seconde motion, qui avait pour but de réduire le nombre de vice-présidents de quatre à deux, pour demander une modification qui réduirait le nombre des vice-présidents à trois plutôt qu’à deux. Une bonne majorité était en faveur de la modification.

Étant donné que personne d’autre ne prenait la parole, Irvine demanda un vote sur la motion telle que modifiée. Cette fois-là, les divisions de la Colombie-Britannique/Yukon et de l’Alberta-Territoires du Nord-Ouest votèrent comme l’Ontario, et la résolution fut adoptée facilement.

Il ne restait donc plus que la troisième motion sur la gouvernance, qui servait à faire cesser les réunions des officiers élus et du président sortant en tant qu’organe séparé appelé sous-exécutif et que le CEN, plus petit mais au complet, se réunisse trois fois par année, les dirigeants supérieurs ne se réunissant en plus que pour s’occuper du budget et du personnel.

O’Dair fut à nouveau le premier au micro. Vu le nouveau nombre de vice-présidents, il allait falloir modifier cette motion pour corriger les chiffres. Cependant, la modification de O’Dair remplaça la portion « À ces causes il est résolu » d’une façon qui ne touchait pas la grandeur du CEN mais il se réunirait au complet deux fois par année. Irvine demanda un vote sur la motion telle que modifiée, mais le congrès n’était plus au diapason. Le vote fut pratiquement unanime. En fin de compte, le congrès avait voté pour un CEN de 21 personnes (huit dirigeants supérieurs, dont le président sortant, 10 représentants de direction, un de la SACT et deux membres non élus) qui se réuniront deux fois l’an. Les dirigeants supérieurs ne se réuniront séparément chaque année que pour décider du budget.

Et tout cela passa à l’histoire. Le Conseil exécutif national a une structure gouvernante grandement dégraissée.

Le secrétaire national Duane Daly rappela aux délégués, lors des cérémonies de fermeture, qu’il y aurait une réunion du nouveau CEN le lendemain, avec ses nouveaux dirigeants élus et un représentant de chaque division.

Les joueurs de fléchettes approuvent Winnipeg

Quand Jerry Hull de LaSalle (Qc) et Bernie Miller d’Orangeville (Ont.) se sont fait face au premier tour de l’épreuve des simples, aux Championnats nationaux de fléchettes de 2008, à Winnipeg, rien n’indiquait qu’on devrait les avoir à l’œil.

Miller a gagné ce match-là, deux parties à une, mais peu de temps après c’était évident qu’il fallait obser­ver ces deux joueurs pendant qu’ils conti­nuaient de se mesurer à leurs huit autres adversaires durant les jeux de la poule.

« Je ne l’ai pas oublié et il m’a observé durant toutes les parties », dit Miller, membre de la filiale Col. Fitzgerald d’Orangeville.

La compétition des simples, la première de la compétition de deux jours, a planté le décor des championnats qui ont eu lieu, du 2 au 4 mai, à la filiale West Kildonan de Winnipeg.

Les manifestations ont commencé doucement, samedi matin, par un défilé intérieur durant lequel les équipes portaient leurs drapeaux provinciaux. Le représentant Jack MacEachern du Comité national des sports, le président Roland Fisette de la Division du Manitoba–Nord-Ouest de l’Ontario et le président de la filiale West Kildonan Bob McPherson, qui était aussi président du comité des préparatifs locaux, ont adressé leurs salutations à l’auditoire.

La compétition a été dure toute la fin de semaine. Le tournoi s’est fait selon la formule de la poule, de sorte que chaque joueur a joué contre tous les autres. Les matches avaient trois parties qui valaient un point chacune. Le score se comptait à rebours à partir de 701 chez les équipes, de 501 chez les doubles et de 301 chez les simples. Il fallait faire un lancer double pour débuter chacune des parties et il en fallait un autre, avec le score exact, pour gagner.

Les divisions ont le droit d’envoyer leurs meilleurs joueurs de chaque catégorie. Toutefois, il n’y a plus que les divisions de la Colombie-Britannique/ Yukon, du Manitoba–Nord-Ouest de l’Ontario, de l’Ontario et de la Nouvelle-Écosse/Nunavut qui le font. Les autres divisions n’envoient qu’une équipe de quatre, pour des raisons économiques, et choisissent les simples et les doubles parmi ces joueurs.

Au milieu de la compétition des simples, les spectateurs observaient surtout Miller, Hull et un joueur qui va souvent aux tournois de fléchettes de la Légion : Tom Drake de la filiale Channel de Channel-Port-aux-Basques (T.-N.).

À la fin du cinquième tour, Hull avait 11 points et Miller et Drake le talonnaient à 10 points chacun.

Au sixième tour, Miller a réussi à balayer Bill Durant de Courtenay (C.-B.) et Hull, ayant la main heureuse contre Darren MacNevin de la filiale Charlottetown, a inscrit deux points. Ils se trouvaient donc ex æquo à 13 points chacun. Drake n’ayant pu obtenir qu’un seul point face à Scott Samson de la filiale Selkirk (Man.), il se trouvait derrière eux à 11 points.

La tension a augmenté quand Hull et Drake se sont fait face au septième tour. Hull a réussi à gagner ses trois parties, ce qui l’a placé en première position à 16 points et Drake est resté loin derrière avec ses 11 points. Pendant ce temps, Miller inscrivait trois points aussi durant son match avec Sheldon Fudge de la filiale New Ross (N.-É.).

Hull et Miller sont arrivés au huitième tour avec 16 points chacun. Hull s’est mesuré à leur compétiteur le plus proche, Fred Seaward de la filiale Strathcona d’Edmonton, qui avait 13 points, et Miller a joué avec Samson. Hull a réussi à inscrire les trois points alors que Miller n’en a obtenu que deux.

Hull était donc premier à 19 points et Miller deuxième à 18 quand le neuvième et dernier tour a commencé. C’était le tour de Hull de faire face à Samson alors que Miller se mesurait à MacNevin de l’Île-du-Prince-Édouard.

Mais Hull a eu de la difficulté à obtenir son double pour commencer, ce qui a permis à Samson de remporter la partie. Les premiers étaient alors ex æquo et il allait peut-être falloir un bris d’égalité. Hull s’est repris et il a remporté les deux parties suivantes. Quant à Miller, il a raté un lancer important et perdu sa troisième partie avec MacNevin. Comme ils avaient gagné deux parties chacun, Hull, à 21 points, est resté en première position et Miller, à 20 points, a dû se contenter de la deuxième.

Bien qu’il a été membre de l’équipe du Canada à des compétitions inter­nationales de fléchettes, c’était la première fois que Hull, mécanicien de son métier, jouait au niveau national des fléchettes de la Légion. Une de ses particularités, c’est qu’il essaie toujours d’entrer dans le jeu par un double 16. « C’est mon nombre préféré », dit-il. « On dirait qu’il se trouve au bon endroit de la cible. »

Miller, peintre de gros camions et de machines lourdes, s’est fait philosophe. « J’aurais dû réussir ce dernier lancer. C’est à ce moment-là que j’ai su que j’avais perdu la partie. Il y a des parties qu’on perd qu’on ne devrait pas perdre et il y en a qu’on gagne qu’on ne devrait pas gagner. C’est comme ça. »

Les dames auxiliaires de West Kildonan ont servi le diner pendant que les doubles se préparaient au jeu de l’après-midi. Cette compétition-là, aussi, a été dure. Glen Carter de la filiale Channel était de retour pour défendre le titre des doubles qu’il avait remporté en 2007, à Miscouche (Î.-P.-É.), avec Richard Leriche. Ce dernier n’était pas là cette fois-ci et Carter jouait avec Paul Osmond, qui se présentait aux fléchettes nationales pour la première fois.

À la fin de la sixième partie, un spectateur dit que « les seules équipes qui pourraient encore gagner sont celles dont le nom commence par un N ».

C’était bien le cas selon le nom anglais des divisions. L’équipe de Terre-Neuve (Newfoundland en anglais) était ex æquo avec celle du Nouveau-Brunswick, laquelle était constituée par Thomas Vaughan et Jeffery Smith de la filiale Carleton de Saint John. L’équipe de la Nouvelle-Écosse/Nunavut, formée par Kevin Boylan et Sheldon Fudge de la filiale New Ross, les talonnait à 14 points.

Le septième tour, la Nouvelle-Écosse a réussi à balayer Gord Mills et Mark Prutchick de la filiale ontarienne Orillia à 3-0. Le Nouveau-Brunswick a marqué deux points devant les Manitobains Jeff Dueck et Glen Walker de la filiale Prince Edward de Winnipeg alors que Terre-Neuve n’a réussi à inscrire qu’un seul point devant les Québécois Freeman Rose et Sébastien Gagnon de la filiale LaSalle.

Au huitième tour, la Nouvelle-Écosse se mesurait à Rob Cool et Bob Cool de la filiale White Rock (C.-B.), et Terre-Neuve faisait face au Nouveau-Brunswick. La Colombie-Britannique a empêché la Nouvelle-Écosse de marquer plus d’un point et Terre-Neuve, malgré un lancer de 180 fait par Smith à la première partie, a battu le Nouveau-Brunswick à 2-1. Terre-Neuve obtenait ainsi le point supplémentaire qu’il lui fallait pour rattraper les meneurs et créer une éga­lité à trois, au dernier tour, à 18 points.

La tension était encore plus élevée quand le Nouveau-Brunswick a fait face à la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve s’est mesurée au Québec.

Le Nouveau-Brunswick a gagné la première partie avec la Nouvelle-Écosse mais Boylan et Fudge se sont repris et remporté les deux suivantes. Toutefois, la décision a été prise quand Terre-Neuve a marqué trois points devant le Québec.

« Deux années de suite! » criait Carter quand Terre-Neuve était déclarée ga­gnante, à 21 points. La Nouvelle-Écosse a obtenu la deuxième place à 20 points et le Nouveau-Brunswick est arrivé ensuite, à 19 points.

Les jeux des équipes ont ensuite étalé une autre finale à trois aux yeux des spectateurs. La foule s’attendait déjà à une compétition serrée de l’équipe terre-neuvienne formée par Drake, Carter, Osmond et John Anderson et de celle du Québec constituée par Hull, Rose, Gagnon et Jason Hurley. Les joueurs de l’équipe ontarienne, de la filiale Beachville, étaient des inconnus : les nouveaux Bill Wilson, Mike Wilkins et les frères Shawn et Bob Brennan.

Toutefois, la plus grande partie de l’audience suivait l’équipe du Manitoba, de la filiale West Kildonan, composée de Cory Tkach, de son père Vern Tkach, de Noel DeJaun et de Kevin Duffy. Vern Tkach était aussi coordinateur du tournoi. C’est son équipe qui allait être l’entrave lors du match ardu où le ga­gnant allait se faire connaitre.

MacEachern observait l’équipe de l’Île-du-Prince-Édouard avec intérêt car il joue régulièrement avec ses membres et il a été membre de l’équipe de Charlottetown aux Championnats nationaux de fléchettes de la Légion de 2006, à Medicine Hat (Alb.).

La tension montait déjà au septième tour, car le Québec, qui menait à 16 points, n’était suivi par l’Ontario qu’à 15 points et par Terre-Neuve à 14 points.

C’est au huitième tour que Terre-Neuve et l’Ontario ont réussi à balayer leurs adversaires respectifs : la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard. Et le Québec a battu l’Alberta à 2-1.

Le dernier tour était fixé où le Québec et l’Ontario étaient ex æquo à 18 et Terre-Neuve suivait à 17. Terre-Neuve a balayé l’Alberta et l’Ontario a balayé l’Île-du-Prince-Édouard. Et c’est alors que le Manitoba s’est fait l’entrave du Québec. Duffy a obtenu le premier double de la première partie et l’a gagnée. Le Québec a remporté les deux parties suivantes, mais cela ne suffisait pas pour empêcher l’Ontario de gagner avec ses 21 points.

Il restait donc à Terre-Neuve et au Québec de jouer une belle de trois manches pour les départager. Et les trois manches ont dû être jouées pour que le Québec obtienne la deuxième place.

« On est vraiment contents de notre premier résultat », dit Wilson. Il dit qu’il jouait autrefois dans le Nord de l’Ontario, où il travaillait comme mineur. Quand les mines autour d’Elliot Lake ont été fermées, il a déménagé à Beachville, à 40 kilomètres environ à l’est de London. « Avec un autre gars, on a montré aux jeunes comment on joue. Je suis le vieil homme de l’équipe, à l’âge de 65 ans. Shawn a 30 ans de moins que moi. »

Les championnats ont étés couronnés dimanche soir par un banquet où l’ancien président Brian Wilson de la Division du Manitoba–Nord-Ouest de l’Ontario était maitre de cérémonies. MacEachern a fait les louanges du Comité des préparatifs locaux et de tous les bénévoles qui avaient porté des tee-shirts rouges « Appuyons nos troupes » durant toute la fin de semaine. « Ça a été très bien organisé. Je serais content si ça devenait le modèle des tournois à venir », dit-il.

Résultats

Équipes : Ont. (fil. Beachville), 21; Qc (fil. LaSalle), 20 (vice-championne); T.-N. (fil. Channel), 20; N.-É. (fil. Calais de Lower Sackville), Alb./T. N.-O. (fil. Strathcona d’Edmonton), 13; Man./N.-O. O. (fil. West Kildonan de Winnipeg), 11; Î.-P.-É. (Charlottetown) et Sask. (fil. Nipawin), 10; C.-B./Yukon (fil. White Rock), 9; N.-B. (fil. Carleton de Saint John), 8.

Doubles : T.-N. (Glen Carter, Paul Osmond, fil. Channel), 21; N.-É. (Kevin Boylan, Sheldon Fudge, fil. New Ross), 20; N.-B. (Thomas Vaughan, Jeffery Smith, fil. Carleton), 19; Ont. (Gord Mills, Mark Prutchick, fil. Orillia), C.-B./Yukon (Rob Cool, Bob Cool, fil. White Rock), 16; Î.-P.-É. (Peter Holden, Darren MacNevin, fil. Charlottetown), Qc (Freeman Rose, Sébastien Gagnon, fil. LaSalle), 10; Man./N.-O. O. (Jeff Dueck, Glen Walker, fil. Prince Edward de Winnipeg), Alb./T. N.-O. (Ray Earle, Tim Moore, fil. Strathcona), 8; Sask. (Stephen McKechnie, Earl Sterling-Brown, fil. Nipawin), 7.

Simples : Qc (Jerry Hull, fil. LaSalle), 21; Ont. (Bernie Miller, fil. Col. Fitzgerald d’Orangeville), 20; Alb./T. N.-O. (Fred Seaward, fil. Strathcona), 16; N.-É. (Sheldon Fudge, fil. New Ross), 14; Î.-P.-É. (Darren MacNevin, fil. Charlottetown), 13; T.-N. (Tom Drake, fil. Channel), N.-B. (Fred MacKinnon, fil. Carleton), C.-B./Yukon (Bill Durant, fil. Courtenay), 12; Man./N.-O. O. (Scott Samson, fil. Selkirk), 11; Sask. (Stephen McKechnie, fil. Nipawin), 4.

Dévoilement de notre propre Croix de Victoria

Le 16 mai dernier, lorsqu’elle dévoilait la Croix de Victoria cana­dienne, la Gouverneure générale Michaëlle Jean a invoqué l’image de la foule qui, en 2005, s’est assemblée à la Colline parlementaire pour ho­norer Smokey Smith VC qui y gisait en chapelle ardente.

« La Croix de Victoria est le degré de reconnaissance le plus élevé qu’on puisse espérer recevoir au cours de sa vie. Et ils sont rares ceux qui l’ont obtenue en un peu plus d’un siècle et demi, » dit-elle.

Un peu plus de 90 Canadiens ont obtenu une Croix de Victoria, la dernière durant la Seconde Guerre mondiale.

Le Canada a sa propre Croix de Victoria depuis que Sa Majesté Elisabeth II a consenti que l’on crée trois médailles.

C’est le groupe de planification de la production de la Croix de Victoria, sous la direction de la chancellerie et composé de spécialistes ainsi que de représentants du ministère de la Défense nationale, d’Anciens combattants Canada, du ministère du Patrimoine canadien et des Ressources nationales et de la Monnaie royale du Canada, qui avait pour fonction de rectifier la situation.

Le résultat a été dévoilé à la résidence de la Gouverneure générale, par madame Jean et le premier ministre Stephen Harper, lors d’une cérémonie tout juste avant la fin de semaine de la fête de Victoria.

« Le Canada désirait sa propre Croix de Victoria. Une croix qui ressemblerait à la croix britannique mais qui reflèterait mieux qui nous sommes. Ce à quoi la Reine Élisabeth II a donné son accord en 1993 », dit madame Jean. « Nous avons pris le temps de bien faire les choses, avec l’appui de nos partenaires. »

La Croix de Victoria a été instaurée officiellement par la reine Victoria en 1859. Ses premiers récipiendaires, dont le lieutenant canadien Alexander Roberts Dunn, étaient des soldats de la guerre de Crimée. La simple croix, où la couronne royale est surmontée d’un lion arrêté, était faite en métal de canons qui avaient été pris aux Russes durant la guerre.

On décrit la Croix de Victoria cana­dienne comme étant « une croix pattée en bronze aux branches droites, de 38 millimètres de largeur, avec des bords relevés : sur l’avers, la couronne royale est surmontée d’un lion arrêté et l’inscription “Pro Valore” figure en-dessous, et sur le revers est inscrite, à l’intérieur d’un cercle en relief, la date de l’acte de bravoure pour lequel la croix a été décernée. La croix est suspendue au moyen d’un anneau inséré dans le V d’une barrette ornée de feuilles de laurier et au revers de la­quelle sont inscrits le grade, le nom et l’unité du récipiendaire. »

Les mots « For Valour » de la Croix de Victoria d’origine sont remplacés sur la Croix de Victoria canadienne par les mots en latin « Pro Valore », dit Harper, « dans une langue qu’on a parlé autrefois dans nos deux nations fondatrices ».

Le gouvernement britannique a donné une tranche du canon originaire au Canada. « Une jeune soldate des Forces armées canadiennes en mission en Angleterre est allée récupé­rer, dans le plus grand secret, me dit-on, le bronze à canon offert par le Royaume-Uni au peuple canadien pour le rapporter au pays », dit madame Jean.

Des scientifiques de Ressources naturelles ont analysé quelques Croix de Victoria, que tient le Musée canadien de la guerre en sa possession, pour découvrir la composition exacte du métal. Pour que cette médaille soit vraiment canadienne, le bronze à canon a été mélangé au métal d’une Médaille de la Confédération de 1867 et de plusieurs médailles canadiennes qui représentent toutes les régions du Canada.

Il a fallu un travail minutieux à la Monnaie pour transformer un dessin en deux dimensions en une forme, ou matrice, en trois dimensions. La ma­quet­te a été retravaillée pour y ajouter des fleurs-de-lis du Québec sur le listel de l’insigne, aux côtés de la rose, du chardon et du trèfle traditionnels qui rappellent les éléments floraux des Armoiries royales du Canada.

Les matrices, marquées, ou gravées, avec des images négatives, ou inversées, de l’avers et de l’envers de l’insigne, ont servi à couler des reproductions en cire. Un mélange de céramique a ensuite été versé sur la cire. Quand la céramique s’est solidifiée, elle a été chauffée afin de faire fondre la cire pour qu’on puisse l’enlever, ce qui a donné les moules positifs de la Croix de Victoria à l’intérieur des blocs de céramique.

Pour couler les médailles, des lingots du nouvel alliage ont été fondus et versés dans les moules en céramique. Les moules en céramique refroidis, on les casse pour en sortir la Croix de Victoria inachevée. Les moulages ont été ébarbés au moyen de machines d’usinage par électroérosion et remis à la Monnaie où ils ont été finis à la main. La combinaison de moulage et de finition manuelle fait en sorte qu’aucune Croix de Victoria ne sera exactement pareille qu’une autre.

Vingt Croix de Victoria et d’autres lingots de l’alliage canadien sont entreposés à Rideau Hall. D’autres exemplaires seront ajoutés à la collection du ministère de la Défense nationale, à celle de Bibliothèque et Archives Canada et à celle du Musée canadien de la guerre.

La Croix de Victoria est la plus importante des médailles canadiennes pour la vaillance militaire. Elle est décernée « pour reconnaître des actes de bravoure ou d’abnégation insignes, ou le dévouement ultime au devoir, face à l’ennemi ».

Harper fait remarquer que l’apparition de la Croix de Victoria en Grande-Bretagne changeait la manière dont les médailles y étaient décernées : « jusqu’à (la création de la Croix de Victoria), les plus grands insignes pour vaillance n’étaient décernés qu’aux officiers. Cette nouvelle médaille pouvait être décernée aux hommes de n’importe quel grade car on reconnaissait finalement que rien ne borne l’héroïsme. N’importe à quel point la médaille est ornementée, elle ne pourra jamais égaler la vaillance des gens qu’elle sert à honorer. »

Dans le Système des distinctions honorifiques canadien, la Croix de Victoria canadienne est suivie par l’Étoile de la vaillance militaire et par la Médaille de la vaillance militaire.

Le panthéon des étendards rend hommage aux régiments

Le Centre commémoratif national, un endroit où l’on peut organiser des cérémonies commémoratives et d’État, ainsi que les services privés de nombre de croyances, a été ouvert à Ottawa à côté du Cimetière militaire national des Forces canadiennes.

On distingue, parmi les éléments du centre, le panthéon des étendards, où les régiments et autres unités du Canada pourront retirer dignement leurs couleurs et leurs drapeaux. Le panthéon a été rendu possible grâce à un don de 50 000 $ qu’a fait la Direction nationale de la Légion royale cana­dienne dans le prolongement de sa prise de position historique en l’honneur des navires, des régiments et des escadrons du Canada.

La composante centrale du Centre commémoratif national est un édifice à neuf côtés de 14 000 pieds carrés, lequel peut servir aux cérémonies lors de manifestations spéciales au célèbre cimetière Beechwood. Le centre, qu’on a déjà utilisé pour des services funèbres, peut servir aux cérémonies d’exposition en chapelle ardente, aux funérailles d’État et à d’autres occasions. On lui prévoit une importante composante multiconfessionnelle, qu’il soit ouvert à toutes les religions que reconnaissent les Canadiens. Le centre a couté 6,7 millions de dollars et une grande partie de ces fonds provenait de particuliers.

L’immense salle peut accueillir 400 personnes. Il n’y a aucun siège permanent, de sorte que la disposition des chaises dépend de l’occasion. Au centre de la pièce se trouve une grosse pierre trouvée dans le terrain même du cimetière. La pierre sert à rappeler que la permanence existe au milieu de la vie éphémère. Symbole des choses immuables et durables, elle sert à réconforter les personnes en deuil.

Quand la pierre a été déterrée, dans son échancrure croissait une plante, ce qui était propice et ce que les orga­nisateurs ont pris comme signe que la vie évolue.

La Gouverneure générale Michaëlle Jean a officiellement ouvert le Centre commémoratif national le 7 avril, y étant arrivée à bord d’un coche escorté par des membres de la Gendarmerie royale du Canada habillés de rouge et à cheval.

Madame Jean a parlé des visites qu’elle a faites, en tant que commandante en chef des Forces canadiennes, aux troupes de navires et à celles qui se trouvent à des endroits comme Haïti et Kandahar. « Que l’on se souvienne de la somme des sacrifices qu’eux et tous les soldats qui reposent ici ont consentis au nom d’un idéal de démocratie. Il est juste que nous rendions compte de la grandeur de leur contribution », dit-elle. « Ce centre commémoratif est une promesse faite aux femmes et aux hommes qui sont venus avant nous et qui ont apporté leur énergie, leur enthousiasme et leur perspective unique sur le monde. La promesse de ne jamais oublier, malgré la fuite du temps. La promesse de prolonger en nous leur œuvre et de l’enrichir, au bénéfice des générations à venir. La promesse d’améliorer sans cesse et toujours le sort de nos semblables. »

Au milieu de la salle des drapeaux se trouve une importante gaine du sacrifice, où les bières des anciens combattants seront déposés durant le service commémoratif avant leur mise en terre. Un coquelicot, symbole de la Légion associé aux gens qui ont servi leur pays, va y être gravé.

Le plafond au-dessus de la gaine est très haut, de sorte que les couleurs des unités militaires retirées qui y sont suspendues sont hors d’atteinte. « Les drapeaux sont suspendus afin de leur permettre de se désintégrer naturellement », dit l’aumônier Gerry Peddle, ancien aumônier-général qui présidait la bénédiction officielle des deux premiers étendards qui ont été retirés dans la salle.

Il s’agissait des couleurs du Royal Canadian Regiment et du Royal 22e Régiment. Des membres de ces régiments ont présenté l’étendard de leur unité ainsi que le drapeau royal qui l’accompagne.

Dans la salle se trouve un imposant vitrail de cinq mètres de haut, offert pas l’Association des aumôniers militaires du Canada, qui sert à rendre hommage au rôle crucial que les aumôniers ont joué dans la vie militaire. La Légion avait participé à la création de ce vitrail par le truchement d’un don de 5 000 $.

Une grande aire de réception est contiguë à la salle. À l’extérieur de l’édifice se trouvent des jardins où l’on peut aller se recueillir. Le centre sera consenti à la Légion royale canadienne quand elle en fera la demande pour des cérémonies importantes, dont celles du souvenir.

Le président national Jack Frost a remis le cadeau de la Légion au lieutenant-général à la retraite Charles Belzile, coprésident du comité du partenariat et au général Maurice Baril, ancien chef d’état-major de la défense et président de la campagne de financement du Centre commémoratif de Beechwood. La présentation faisait partie de la cérémonie qui a eu lieu au centre, le 22 mai et durant laquelle on a annoncé que la campagne avait atteint le point central de son objectif d’un million de dollars.

Frost dit que la donation a été faite de la part de toutes les filiales de la Légion car la salle va servir à évoquer l’importance du souvenir à perpétuité.

Le Centre commémoratif national sied au Cimetière militaire national des Forces canadiennes, au Cimetière national de la Gendarmerie royale du Canada et au cimetière des anciens combattants. Le premier ministre sir Robert Borden, le gouverneur général Ray Hnatyshyn et sir Sanford Fleming sont enterrés au cimetière Beechwood, comme c’est le cas aussi pour plusieurs maires d’Ottawa. Un coin y a été aménagé spécialement pour les poètes, où ont été enterrés, entre autres, les poètes de l’ère de la Confédération Archibald Lampman et Duncan Campbell Scott, ainsi que d’autres poètes plus contemporains comme John Newlove, lauréat du prix du Gouverneur général.

En 2002, le cimetière Beechwood a été désigné lieu historique par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.

Les filiales qui désirent contribuer au Centre commémoratif national peuvent envoyer leur don à la Fondation du cimetière Beechwood, 280, avenue Beechwood, Case 7025, Ottawa (Ont.), K1L 8E2.

L’odyssée du souvenir

Les membres du Pèlerinage des leaders de la jeunesse de la Légion royale canadienne ont été frappés par le son des applaudissements en arrivant à Buron, une petite ville voisine de Caen.

Le groupe de 26 personnes participaient au pèlerinage bisannuel de la Légion qui est allé visiter les cimetières militaires canadiens, les champs de bataille et les monuments érigés en l’honneur des sacrifices et triomphes des Canadiens aux deux guerres mondiales. Les leaders de la jeunesse avaient été invités à régler une cérémonie du souvenir dans la ville, et ils avaient accepté de défiler jusqu’à la place.

Jason Forster de la filiale Hampton (N.-B.), âgé de 28 ans, assembla une garde du drapeau, ce pour quoi il fallait organiser d’autres membres du groupe deux par deux derrière un assortiment de drapeaux. Ni Forster ni les autres membres du groupe n’avaient vu l’endroit où ils devaient se rendre avant d’avoir tourné le coin.

Au tournant, le défilé a vite été l’objet de l’attention d’environ 100 citoyens qui ont reçu les visiteurs en les applaudissant généreusement et fortement. Bien que les gens du groupe ne fussent pas de la génération qui était là-bas il y a 63 ans, ils représentaient l’effort canadien qui a libéré le village, en 1944, au début de la bataille de la Normandie.

Les Canadiens ont déposé une couronne devant le cénotaphe au cours de la brève cérémonie réglée dans la place. Les leaders de la jeunesse et les autres membres du groupe de la Légion se sont ensuite enlevé le coquelicot qu’ils portaient au revers et l’ont piqué dans la couronne. Les gens du pays les ont suivis avec leurs propres fleurs et couronnes, et puis ils ont accepté avec joie les coquelicots supplémentaires que leur a remis le coordonnateur du voyage Steven Clark de la Direction nationale.

Peu après, des tables ont été apportées sur lesquelles des bouteilles de cidre local ont été déposées. La langue a causé quelques petits inconvénients entre les Français et le groupe de la Légion qui était principalement anglophone, mais l’hospitalité et l’affection étaient quand même évidentes. “Ce sont les choses comme celles-là dont on se souvient après le voyage”, dit Forster. “C’était tout à fait inattendu. Je n’avais jamais pensé me trouver à la tête d’un défilé que des gens applaudiraient en guise d’appréciation.”

Il y a eu maintes surprises durant le pèlerinage qui s’est déroulé du 5 au 19 juillet, un voyage ayant commencé à l’aéroport international Pearson de Toronto où le groupe s’est assemblé pour le vol à destination de Paris. Après Paris, l’odyssée du souvenir est passée dans le Nord de la France, en Belgique et aux Pays-Bas, et pour finir elle a traversé la Manche jusqu’en Angleterre où l’avion du retour a décollé à l’aéroport de Heathrow.

À la tête du groupe se trouvaient le premier vice-président national Wilf Edmond et son épouse Annie de Donkin (N.-É.). Le guide accompagnateur était John Goheen, le directeur d’une école de Port Coquitlam (C.-B.). Goheen, qui a été pèlerin en 1995, fait partie des meubles depuis lors, aux pèlerinages, et il augmente constamment ses connaissances sur les contributions militaires canadiennes. La Direction nationale a parrainé un pèlerin de chacune des 10 divisions mais le représentant de l’Île-du-Prince-Édouard a dû se retirer avant le départ de la délégation.

En plus de Forster, il y avait David Timms de Squamish (C.-B.), Bill Taylor de Wetaskiwin (Alb.), Rod Holowaty de Kipling (Sask.), Cheryl McCallum de Dryden (Ont.), Lisa Weber de Mount Forest (Ont.), Hélène Bouchard de Jonquière (Qc), John Brewer de Marion Bridge (N.-É.) et George Brown de New Harbour (T.-N.) parmi les pèlerins. La plupart des délégués étaient soit leader de cadets, soit enseignant. L’obligation d’avoir moins de 40 ans afin d’être choisi pèlerin a dû être abrogée afin d’attirer les meilleurs candidats pour rapporter le message au pays. Et à partir du commencement, tous les leaders de la jeunesse étaient enthousiastes à propos de ce dont ils faisaient l’expérience.

Un certain nombre de personnes ont payé leurs propres frais, qui s’étaient jointes au groupe pour des raisons particulières. Parmi elles se trouvait Christina Farrell de St. Albans (T.-N.). Elle a participé au pèlerinage de 2005 et a décidé d’y retourner cette année avec Ed Fewer de Grand Falls/Windsor (T.-N.) pour lui montrer les lieux et revivre son expérience. Daniel Hiscock, de Grand Falls/ Windsor aussi, les accompagnait.

Bouchard était accompagnée par son mari Sylvain Simard, un instructeur de cadets. Robert et Viviane Lafraniere de Manitowaning, une ville située sur l’île ontarienne de Manitoulin, étaient du voyage pour aller voir la tombe de l’homonyme de Robert, un oncle enterré au cimetière militaire canadien de Beny-sur-Mer. Joan Ferguson de Calgary et sa nièce Margaret Bodnark de Coquitlam (C.-B.) désiraient voir des endroits dont elles avaient trouvé la description dans le journal de la Première Guerre mondiale du père de Ferguson. Et puis il y avait aussi Lynn et Phyllis Giberson d’Arthurette (N.-B.), Travis Minor de Bonnyville (Alb.) et Lisa Peterson de Fox Creek (Alb.).

En quittant l’aéroport, le groupe a pris la route de Caen, une ville qui a été libérée au début du mois de juillet 1944. La première escale a été faite au musée Le Mémorial, qui a été établi en 1988 pour enregistrer les expériences de la France occupée et de sa libération. Pendant leur visite, les leaders de la jeunesse sont allés voir le Jardin canadien du Souvenir et le parc international du musée. Ce beau jardin est parrainé et entretenu par la Fondation canadienne des champs de bataille grâce en partie au soutien de la Légion royale canadienne.

Ce soir-là, les membres du groupe ont fait connaissance durant ce qui s’est avéré n’être que le premier des nombreux repas réguliers en soirée. Tout au long du voyage, ces rassemblements aux repas ont donné l’occasion aux participants de bavarder et de réfléchir aux activités de la journée. Tout de suite après leur premier repas ensemble, ils sont allés s’exercer, en uniforme de la Légion, en vue des 14 cérémonies auxquelles ils allaient prendre part au cours du voyage.

À chaque endroit où a eu lieu une cérémonie, on a choisi un sergent d’armes et cinq membres de la garde du drapeau. Ces derniers devaient porter la Feuille d’érable, l’Union Jack et le Red Ensign, ainsi que le drapeau des Nations unies et celui de la Direction nationale. La plupart des cérémonies ont été réglées à un cimetière de la Commission des sépultures de guerre du Commonwealth où la garde du drapeau s’est assemblée près de la Croix du sacrifice en pierre: où ces installations sont fréquentes aux cimetières militaires. Le reste du groupe formait deux lignes face à face, et la personne, ou les personnes, choisies pour déposer la couronne complétaient un carré avec le délégué qui récitait l’Acte du Souvenir.

Le lendemain de leur répétition avait lieu un des nombreux départs très matinaux de l’hôtel. Il s’agissait d’aller aux plages du jour J à Bernières-sur-Mer et Courseulles-sur-Mer. Aujourd’hui, ces endroits de la côte normande sont des destinations paisibles pour nombre de vacanciers mais, il y a des années, ils étaient couverts de fils de fer barbelés de l’Europe forteresse.

Goheen ayant décrit les débarquements, il laissa le temps aux participants de se promener et permettre à leur imagination d’errer dans la région où tant de faits capitaux, souvent fatals, ont eu lieu.

Peterson, le président de la filiale Fox Creek (Alb.), avait apporté un sac pour y mettre un peu de sable. “Ma fille m’a demandé de rapporter quelque chose de chaque endroit où nous allons”, dit-elle.

À Courseulles-sur-Mer, le groupe est allé au Centre de la plage Juno, qui a ouvert ses portes en 2003 grâce à des dons, dont un de la Légion royale canadienne. Ce centre est l’endroit qui intéressait le plus Lynn et Phyllis Giberson quand elles se sont inscrites au voyage. “Pour mon 70e anniversaire, mes enfants m’ont acheté une brique du Centre de la plage Juno”, dit Lynn. Un nom est inscrit sur chaque brique achetée par, ou pour, des particuliers, qui est exposée à l’extérieur du centre. “La dame au comptoir nous a donné un petit coup de main pour trouver la nôtre. Quand les enfants me l’ont achetée, j’ai décidé que je viendrais la voir”, dit-il.

Une émotion encore plus forte a été ressentie l’après-midi, quand le groupe est allé à l’abbaye d’Ardenne, où 20 soldats canadiens ont été exécutés, en juin 1944, par des membres de la 12e division de Panzer SS. N’ayant donné que son nom, son grade et son numéro matricule, chaque prisonnier fut emmené dans la cour du jardin, l’un après l’autre, et tué par balle ou avec un instrument contondant. Le commandant Kurt Meyer a été traduit en justice et a purgé une peine de prison pour crimes de guerre.

Le groupe est aussi allé aux cimetières militaires canadiens de Beny-sur-Mer et de Bretteville-sur-Laize où il a réglé des rites. Les pèlerins ont été très impressionnés à Bretteville où les champs environnants étaient pleins de coquelicots. Plusieurs participants en ont ramassé et pressé dans des livres.

Edmond a fait une découverte surprenante en se promenant parmi les rangées de pierres tombales à Bretteville. Il a trouvé la tombe de Francis Quann des Fusiliers de Sherbrooke. Quann était un ami du frère aîné d’Edmond à Glace Bay (N.-É.). “Je me souviens d’une Noël où ma mère l’avait invité chez nous après la messe de minuit. À la Noël suivante, on savait qu’il était mort. Mais je ne savais pas du tout où il avait été enseveli.”

Quann est mort le 8 août 1944.

Après avoir passé trois nuits à Caen, le groupe est passé par Arras, mais c’est à Dieppe que le voyage a pris le plus d’importance. Cette ville côtière est une villégiature populaire, mais c’est aussi un endroit qui hante les souvenirs des Canadiens. C’est aux plages de Dieppe, Pourville et Puys que les Canadiens ont débarqué le 19 août 1942, où ils ont été reçus par le feu allemand venant des hauteurs très fortifiées. Sur les 4 963 Canadiens qui se sont embarqués pour l’opération il y a 65 ans, 907 ont été tués ou sont morts de leurs blessures. Plus de 1 900 ont été faits prisonniers. Les pierres de la grosseur d’un poing qui couvrent les plages étaient glissantes sous les pieds des délégués qui essayaient de s’imaginer à quel point elles formaient un obstacle difficile pour les jeunes hommes qui sautaient en bas des engins de débarquement, plein poids sur le dos et le fusil à la main.

Les participants s’étant installés dans la ville d’Arras, près de la crête de Vimy, leurs pensées ont abandonné la Seconde Guerre mondiale et sont passées à la Grande Guerre. La visite et la cérémonie à Beaumont Hamel avaient beaucoup d’importance pour les Terre-Neuviens. “J’ai découvert il n’y a pas longtemps combien de mes ancêtres se sont battus ici”, dit George Brown, un capitaine de corvette de la ligue des cadets. “Je n’ai commencé une lecture sur la bataille qu’en prévision de ce voyage et j’ai appris qu’une grande partie de ma famille y a participé.”

Les pèlerins ont trouvé le caribou rebelle perché sur son rocher, en une journée ensoleillée mais fraîche, qui regardait sévèrement à travers le no man’s land vers les positions qu’occupaient autrefois les forces allemandes. Le terrain, qui est un site historique national, est encore criblé des trous des obus de l’artillerie utilisée durant la bataille. Un sentier serpente à travers les tranchées dans le parc, bien qu’une grande partie de la zone soit interdite aux visiteurs pour prévenir l’érosion. Le gazon est entretenu par un troupeau de moutons qui le broute car le terrain est trop irrégulier et trop dangereux pour qu’on puisse utiliser un équipement conventionnel pour le tondre.

C’est le 1er juillet 1916, le premier jour de la coûteuse offensive de la Somme, que le Newfoundland Regiment a reçu l’ordre de passer à l’attaque. Le régiment malchanceux s’est avancé directement vers les positions fortifiées de l’ennemi. Ce fut un massacre. Sur les 801 soldats qui se sont lancés à l’attaque, il n’en restait que 68 sans blessure pour répondre à l’appel le lendemain.

Arlene King, la directrice du site de Beaumont Hamel, a reçu le groupe et participé à la cérémonie solennelle à la base du monument. L’humeur là-bas était bien différente de ce qu’elle allait être deux jours plus tard quand le groupe s’est trouvé, non loin, au Monument commémoratif du Canada à Vimy, l’endroit du plus fameux triomphe canadien de la Première Guerre mondiale.

Goheen, menant le groupe en haut du monument sanctifié, s’est arrêté à un endroit commode pour signaler le nom de son parent Walter William Goheen, un des 11 285 militaires canadiens dont le nom a été gravé sur le monument : des gens qui ont été portés “disparus, présumés morts” en France durant la Première Guerre mondiale.

Walter Goheen est mort le 1er octobre 1918, un mois seulement avant l’armistice. Le monument de Vimy est superbe, qui a été restauré et consacré à nouveau en avril dernier (Anniversaire sur la crête, juillet/août). Cet hommage au sacrifice de la nation créé par Walter S. Allward, d’une hauteur de 10 étages, comporte des pylônes et des statues caractéristiques, dont une femme qui pleure ses fils tombés au champ d’honneur.

Goheen a fait bien attention d’expliquer que, bien que la bataille de Vimy soit celle qui va rester gravée dans l’esprit des Canadiens à jamais, il y a aussi plusieurs autres batailles canadiennes coûteuses auxquelles le Corps d’armée canadien a participé avant la fin de la guerre. “Une fois que les commandants britanniques ont compris que les Canadiens étaient les meilleurs à leur disposition, ils s’en sont servi comme fer de lance à quelques-unes des pires batailles”, dit-il.

La plus fameuse de ces batailles est celle de Passchendaele, laquelle s’est passée en automne 1917, une tâche impossible qui, d’après le général canadien sir Arthur Currie, ne pouvait pas être accomplie sans 16 000 victimes. Sa prédiction s’est révélée terriblement juste.

Le groupe a visité des sites de la Première Guerre mondiale qui ne sont pas aussi bien connus, comme ceux de la colline 70 et du canal Albert. De dire Goheen, Currie lui-même aurait préféré que le magnifique monument d’Allward soit situé au canal.

En Belgique, le groupe a passé la nuit à la ville historique d’Ypres, dont on dit que c’est le trophée de la Première Guerre mondiale pour lequel on s’est le plus battu.

Bien que la ville ait été presque entièrement démolie durant les combats, Ypres, grâce à la détermination des alliés, n’est pas tombée aux mains des Allemands.

Le Musée de la guerre du Canada s’était joint au musée du monument de Passchendaele pour organiser une exposition spéciale sur Passchendaele, laquelle a lieu, à Ypres, durant le pèlerinage. L’exposition a commencé le 13 juillet à la ferme Waterfields où se trouvait le quartier général des alliés durant la bataille.

Le groupe a été invité à la réception d’ouverture par l’ambassadrice du Canada en Belgique, Laurette Glasgow. Le ministre d’Anciens combattants Canada Gregory Thompson et le ministre des Affaires indiennes et du Nord d’alors, Jim Prentice, dont des parents ont servi à cette bataille, étaient présents aussi.

Non loin d’Ypres, le groupe a fait une escale à la ferme Essex où se trouve un petit cimetière militaire. C’est aussi le lieu d’une infirmerie de campagne restaurée où, en 1915, le major John McCrae, épuisé et fatigué de la guerre, a écrit son fameux poème, Au champ d’honneur. Les membres du voyage pouvaient s’imaginer les conditions dans lesquelles le personnel médical travaillait durant les combats implacables.

McCrae reçut la nouvelle de la mort de son bon ami, le lieutenant Alexis Helmer, un officier d’artillerie qui a été atteint directement par l’ennemi. C’est McCrae qui a officié au service improvisé de son camarade. Ensuite, d’après des rapports annexes, il aurait pris un peu de temps pour retrouver son aplomb avant d’écrire le poème, ce qu’il aurait fait en quelques instants.

Chaque nuit passée à Ypres, le groupe a assisté à la cérémonie de la dernière sonnerie à la porte de Menin. Il s’agit d’une porte qui, détruite durant la guerre, a été reconstruite en tant que monument aux soldats du Commonwealth dont on ne connaît pas la dernière demeure. Au-dessus des deux escaliers, qui s’élèvent à partir de la route qui passe sous la porte, se trouve l’inscription suivante : “Ici sont inscrits les noms d’officiers et d’hommes qui sont tombés au saillant d’Ypres mais pour qui la fortune de la guerre a refusé l’enterrement honorable qu’ont eu leurs camarades mortuaires.”

Terminée en 1927, la porte de Menin est devenue fameuse grâce à la cérémonie toute simple qui y est réglée chaque soir par des pompiers d’Ypres. La circulation est stoppée à 20 h exactement dans l’artère qui entre dans la ville. Les pompiers arrivent, en bicyclette d’habitude, et ils jouent la dernière sonnerie et puis le réveil avec leurs clairons. La plupart des soirs, il y a bien peu de touristes au courant de la manifestation qui assistent à la cérémonie.

Les choses ne se sont pas passées ainsi le 12 juillet, quand un service commémoratif a été réglé à l’occasion du 80e anniversaire de la porte. La reine Elizabeth est allée à la porte en privé cet après-midi-là et le même soir l’anniversaire a été célébré par les gouverneurs généraux Michael Jeffery de l’Australie et Anand Satyanand de la Nouvelle-Zélande. Le ministre d’Anciens combattants Canada Gregory Thompson y représentait le Canada et il a récité Au champ d’honneur devant une foule de plus de 2 000 personnes.

Le troisième soir à Ypres, le groupe de la Légion a eu l’insigne honneur de défiler à la cérémonie nocturne et Edmond celui de lire l’Acte du Souvenir. Les pompiers ont aussi fait venir un cornemuseur dont les notes sinistres ont résonné à travers l’immense porte. “Je pense que la cérémonie de la porte de Menin a été la plus touchante de tout le voyage”, dit Timms. “On pouvait pratiquement sentir la présence des gens dont les noms sont inscrits sur les murs pendant qu’on jouait la dernière sonnerie.”

Le groupe est retourné à l’histoire de la Seconde Guerre mondiale en poursuivant son trajet aux Pays-Bas, où il a passé deux nuits à Oosterbeek, près d’Arnhem. En chemin, il a fait escale au canal Leopold et à d’autres sites, pour se souvenir des terribles combats qui ont eu lieu au Scheldt, au Nord de la Belgique et au Sud-Ouest des Pays-Bas, en automne 1944.

À son retour à Bruges, en Belgique, le voyage a vraiment touché à sa fin. Il ne restait au groupe que d’aller à Calais (France) et puis de traverser la Manche pour Londres, où il passerait une nuit, avant l’avion du retour au Canada. En cours, il a réglé une cérémonie en l’honneur des disparus marins. Durant cette dernière, une couronne a été lancée du transbordeur à la mer.

La dernière escale, convenablement, a été celle de Wimereux, près de Calais. Là, dans un petit cimetière, à portée de vue de la mer, se trouve la dernière demeure du lieutenant-colonel John McCrae.

Les tombes de ce cimetière ont des pierres tombales plates car le terrain est trop instable pour les verticales. Goheen, qui d’habitude voyageait avec un bloc-notes rempli, pour faire ses comptes rendus, avait étrangement laissé ses papiers dans l’autocar. Il a donné une vue d’ensemble du travail dans l’hôpital de campagne où McCrae travaillait et puis il a ajouté “aucune cérémonie officielle n’a été prévue ici. Mais on a pensé que vous aimeriez prendre une minute pour écouter les vers éternels de McCrae”. Il récita alors en entier le petit poème Au champ d’honneur.

Par la suite, le groupe s’est baladé pour la dernière fois dans un cimetière du Commonwealth. Plusieurs pèlerins ont dessiné la pierre tombale de McCrae.

À Londres, Edmond s’est fait l’hôte durant un souper d’adieu. “Des jeunes hommes sont arrivés ici qui venaient de tous les coins du Canada. Ils se sont battus et ont péri […]. Nous avons marché sur leurs pas.”

Son message aux participants était clair : “Tout ce que je vous demande c’est de ne pas garder ceci pour vous. Si vous avez l’occasion de parler à un groupe de jeunes, faites-leur part de ce que vous avez vécu durant cette période de deux semaines.”

Le premier vice-président national dit en conclusion : “C’est la dernière fois que nous nous réunissons avant de nous rendre à l’aéroport séparément, demain matin. J’ai pensé que ce serait approprié de chanter ensemble.”

Il a alors dirigé le groupe dans une interprétation, venant du fond du coeur, de We’ll Meet Again (nous nous reverrons), la complainte rendue célèbre par la chérie des militaires de la Seconde Guerre mondiale Vera Lynn et qui concerne des amoureux séparés par la guerre.

Nouveaux records d’athlétisme

Les applaudissements vont de plus en plus vite quand le lanceur Wiley Collins empoigne son javelot et prend position. Les applaudissements accélèrent durant sa petite course et puis il exécute un lancer de 74 mètres dans l’air néo-brunswickois.

Il se fait applaudir non seulement par ses coéquipiers de la Division de l’Ontario, mais aussi par ses adversaires lanceurs de javelot qui participent comme lui aux Championnats nationaux d’athlétisme 2007 de la Légion royale canadienne, lesquels ont eu lieu du 8 au 14 août à Oromocto (N.-B.). L’habileté de Collins l’a placé tellement loin devant ses compétiteurs qu’ils l’encouragent à grands cris, non seulement pour la médaille d’or qu’il est presque certain d’obtenir, mais pour qu’il batte un record d’athlétisme de la Légion. Il le fait avec aisance. L’ancien record de la Légion, fixé en 2004 par Curtis Moss de la Colombie-Britannique, était de 68,29 mètres. Celui de Collins est de 74,35 mètres.

Il ne bat pas de record national, bien qu’il y en ait un qui est battu durant les épreuves de cette année, mais il a bel et bien obtenu l’or. Collins obtiendra aussi une médaille d’argent au lancer du disque et une autre au lancer du marteau, avant la fin des rencontres.

“J’exerce mon bras. Je joue au base-ball depuis des années comme lanceur et comme receveur”, dit ce garçon de London âgé de 17 ans. Collins espère obtenir une bourse en athlétisme d’une université des États-Unis.

Onze records de la Légion sont brisés aux épreuves qui ont eu lieu à la piste qui vient d’être construite à la Base des Forces canadiennes Gagetown. Il y a eu quelques jours durant lesquels le conseiller technique en athlétisme Leroy Washburn et la présidente des préparatifs locaux Helen Ladouceur se sont inquiétés en voyant les travailleurs poser le gazon et s’assurer que la superficie soit entièrement aménagée avant l’arrivée des athlètes.

Les peintres spécialistes de la préparation de pistes, des professionnels des États-Unis, avaient été retenus à la frontière durant deux jours pendant lesquels les autorités canadiennes vérifiaient leur permission de travailler au Canada.

Bien que la Légion s’occupe d’athlétisme depuis les années 1950, le programme national actuel n’existe que depuis 1977 et la première rencontre a été organisée à la piste de l’école secondaire d’Oromocto qui se trouve à 25 kilomètres à l’est de Fredericton. Les championnats ont grandi depuis lors et ils se sont passés à divers endroits à travers le Canada. La dernière fois que la rencontre a eu lieu au Nouveau-Brunswick, c’était en 1982.

Le vice-président national et président du Comité national des sports John Alger reçoit les athlètes le jeudi matin. “Depuis son origine, ici à Oromocto, en 1977, les Championnats nationaux d’athlétisme de la Légion aident les jeunes Canadiens à être plus rapides, plus forts et à aller plus haut”, dit-il.

Alger dit aux athlètes que la rencontre de cette année sert aussi à célébrer le 90e anniversaire de la victoire à la crête de Vimy et il constate une analogie avec ce que les Forces canadiennes font ces temps-ci. “En Afghanistan, aujourd’hui, on entend les mêmes sons que l’ennemi entendait à la crête de Vimy. C’est le son des Canadiens qui arrivent et nous pourrons être tout aussi fiers d’eux”, dit-il.

Blair Dugray d’Athlétisme Canada souhaite aussi la bienvenue aux athlètes : “N’en doutez pas. Certains parmi vous vont entrer en lice pour le Canada un jour”, dit-il. Il leur souhaite d’aller bien et dit qu’il espère que le camp soit un événement important dans le développement de leur carrière d’athlète.

Les athlètes écoutent aussi Joël Bourgeois de Grand Digue (N.-B.), deux fois olympien, qui a participé à des championnats d’athlétisme de la Légion quand il était ado. “Demandez-vous où est-ce que vous voulez être dans 10 ans. Où est-ce que vous voulez être en athlétisme et dans la vie? Où est-ce que vous voulez être dans cinq ans? Ou l’an prochain? Ou à cette rencontre? Voulez-vous obtenir une médaille d’or? Je n’ai pas oublié mes premières épreuves en athlétisme à Sudbury. J’ai terminé septième ou huitième : au milieu du peloton, c’est sûr. Mais je n’ai pas lâché”, dit-il. “Vous devez vous fixer des buts et vous efforcer de les atteindre.”

Bourgeois se souvient aussi d’un autre athlète, un peu plus vieux que lui, avec qui il est allé aux camps de la Légion. Cet athlète, Shawn Graham, qui n’a pas poursuivi de carrière sportive, est premier ministre du Nouveau-Brunswick aujourd’hui. “On apprend des choses dans les sports qui ne sont pas importantes rien que pour les sports mais bien pour tout dans la vie”, dit-il.

Les jeux sont ouverts, vendredi soir, grâce à un flambeau symbolique porté par des coureurs qui arrivent sur la piste et en font le tour. Environ 1 000 personnes se sont assemblées pour regarder les athlètes qui, portant l’uniforme de leur équipe, défilent autour de la piste derrière l’insigne de leur division à la suite de la garde du drapeau de la Légion. Le lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick Herménégilde Chiasson et Alger les passent en revue.

Un service commémoratif débute l’ouverture durant laquelle Alger et le président Tom Eagles de la Division du Nouveau-Brunswick déposent une couronne.

Le député fédéral Andy Scott, la députée provinciale Jody Car et le commandant de la base, le colonel Ken Chadder, prennent la parole pour saluer tout le monde. La mairesse d’Oromocto Fay Tid dit qu’elle est ravie que le militaire ait accepté de construire la piste car la municipalité ne pouvait pas se le permettre. “Nous nous sommes inquiétés du temps qu’il fallait pour la bâtir. S’il s’était agi d’une équipe de travailleurs de la ville, j’aurais eu mon mot à dire, mais c’est plutôt difficile de dire à un colonel comment s’occuper de la construction d’une piste”, dit-elle.

Ensuite, Chiasson lève un pistolet de départ, tire, et déclare que les Championnats nationaux d’athlétisme de la Légion 2007 sont ouverts officiellement.

Le temps est ensoleillé et chaud tout au long de la rencontre, la température atteignant les 30 degrés Celsius. Vu que les spectateurs doivent choisir ce qu’ils veulent voir, car il peut y avoir jusqu’à trois épreuves en même temps, la foule de plus de 1 000 personnes se déplace dans les gradins et autour d’eux.

Sabrina Nettey, âgée de 17 ans et sa soeur de 16 ans Christabel, de Richmond (C.-B.), fixent trois records à elles deux. Sabrina obtient l’or à la course de 200 mètres chez les moins de 18 ans en inscrivant un temps de 24:13, battant aussi le record de 24:19 qui avait été fixé en 1991 par Ladonna Antoine de la Saskatchewan. Elle remporte également l’or à la course de 100 mètres.

Christabel Nettey bat le record des 100 mètres haies et celui du saut en longueur chez les filles de moins de 18 ans. Sa course s’est déroulée en 14:00, brisant le record de la Légion de 14:06 qui avait été fixé en 2003 par Nikkita Holder de l’Ontario. Son saut, avec lequel elle bat le record de 5,83 mètres fixé en 2002 par l’Ontarienne Sarah Nelson, a été de 6,28 mètres.

Les deux soeurs font partie de l’équipe de relais 4×100 mètres de la Colombie-Britannique/Yukon qui obtient aussi une médaille d’or.

Les 100 mètres haies chez les garçons de moins de 18 ans sont remportés par le Québécois Simon Léveillé, en 13,74 secondes, qui bat ainsi le record de 13,98 fixé en 2002 par Cameron Sahadath.

Jacob Smith de l’Ontario brise de justesse le record de 6:00,35 qu’avait fixé l’Ontarien Joseph Brunsting en 2004 et fixe un nouveau record chez les garçons de moins de 18 ans en courant le steeple-chase de 2 000 mètres en 5:59,42.

Keynan Parker de la Colombie-Britannique/Yukon bat le record des 200 mètres chez les garçons de moins de 18 ans en inscrivant un temps de 21:44.

Jared Heldman, de la Colombie-Britannique/Yukon lui aussi, brise le record de la Légion au saut en longueur chez les garçons de moins de 16 ans. Il s’agit d’un saut de 6,82 mètres grâce auquel il remplace le record de 6,63 fixé en 2004 par Jeremy Yang de l’Ontario.

Aleksandr Kuternin de Toronto brise un record chez les garçons de moins de 18 ans, grâce à un temps de 8:28,09, à la course de 3 000 mètres, battant ainsi de justesse le record de 8:29,08 qu’avait fixé l’Ontarien Matt Leeder l’an dernier. Il obtient aussi l’or à la course de 1 500 mètres.

Bien qu’il joue aussi au basket-ball et au tennis, Kuternin dit que ce qu’il préfère c’est l’athlétisme. “J’aime le cross-country. C’est bien plus intéressant quand on court dans la boue, parmi les collines et les arbres”, dit-il. Il espère devenir athlète professionnel après l’école secondaire.

Alyxandria Treasure, âgée de 15 ans, est toute seule au saut en hauteur car ses compétitrices chez les moins de 16 ans ont abandonné, mais elle s’efforce quand même de sauter encore plus haut après avoir presque atteint le record de la Légion à 1,74 mètre. Elle saute un petit peu plus haut : 1,76 mètre. La foule est silencieuse quand elle s’élance et passe facilement par-dessus la barre. La section des acclamations se déchaîne. Elle essaie un autre saut, encore plus haut, pour briser le record national, mais elle n’y parvient pas. Elle doit se contenter de l’or et du nouveau record.

Vers la fin de la rencontre, dimanche après-midi, on annonce que Julie Labonté de Ste-Justine (Qc) a brisé le record chez les filles de moins de 18 ans au lancer du poids avec un jet de 13,95 mètres. On annonce d’abord qu’elle a battu le record de la Légion de 13,33 détenu depuis 2001 par l’Ontarienne Sultana Frizell, et puis ensuite qu’elle a aussi battu le record de 13,94 fixé en 2005, chez les jeunes Canadiennes, par Kaitlyn Andrews de l’Ontario.

Le dernier jour du camp, les athlètes visitent la base où ils ont l’occasion de voir de près l’équipement qu’utilisent actuellement les troupiers en Afghanistan. Des membres du Royal Canadian Regiment qui viennent d’en revenir sont présents pour montrer l’équipement, comme entre autres le véhicule d’assaut léger VAL III. Les athlètes obtiennent la permission de grimper sur les appareils et d’essayer l’équipement de protection individuel qu’on utilise lors du travail de déminage. Il y a aussi des chars d’assaut Leopard II sur place, comme ceux qui ont été achetés dernièrement et qui viennent d’arriver au front.

Les athlètes ont l’occasion d’épauler un fusil anti-char Carl Gustav qui nécessite une équipe de deux personnes, une pour charger l’arme et une autre pour viser et tirer. “Quand on en tire un, on est abasourdi un bout de temps. Le gars qui assiste le tireur risque même de se sentir encore pire”, dit un soldat expérimenté qui montre des parties de l’arsenal mortel utilisé couramment par les soldats lors de leur déploiement.

Ce qui est peut-être le plus fascinant pour les ados, c’est la salle où des bureaux sont installés en rangées, qui servent à des jeux d’ordinateurs. Sauf qu’il ne s’agit pas de jeux amusants comme ceux auxquels les athlètes sont habitués. Ce sont des programmes d’entraînement interactif conçus pour montrer aux soldats tous les dangers et obstacles auxquels ils doivent faire face, ainsi que la discrétion dont ils doivent faire preuve la nuit en patrouille.

Dans une autre pièce, des images informatiques grandeur nature sont projetées sur des écrans. Les soldats utilisent des fusils à laser qui interagissent avec les images pour tester leur adresse au tir, leurs réactions et leur prudence lors d’une patrouille au bord d’une route ou dans quelque autre situation.

Les dangers du combat sont communiqués aux athlètes de façon personnelle au banquet de fermeture qui a lieu à la base. Le caporal-chef Paul Franklin, dont les deux jambes ont été amputées au-dessus du genou suite à une attaque de kamikaze en Afghanistan, est l’orateur notable de la soirée. Franklin en était à sa deuxième affectation en Afghanistan, où il servait comme technicien médical attaché à l’équipe de reconstruction provinciale, à la province de Kandahar, quand l’attaque est arrivée.

“Au combat, on compte sur une équipe. Je leur fais confiance avec ma vie. C’est un membre de mon équipe qui m’a mis un tourniquet à la jambe gauche. Je lui avais montré comment deux jours auparavant”, dit-il.

Franklin parle de l’importance qu’il y a à maintenir une bonne forme physique. “J’ai survécu à 26 opérations et combattu des infections et, bien que j’ai été blessé en février, je faisais mes premiers pas au mois de mars. Mon poids a baissé de 200 livres à 130 livres… Mais j’étais en forme. Ça m’a sauvé la vie”, dit-il.

Franklin explique que malgré la perte de ses jambes, il est toujours dans les Forces canadiennes, où il aide les amputés et les autres soldats blessés au combat qui récupèrent à Edmonton.

Il y a un autre lien avec l’Afghanistan car les prix les plus importants décernés cette année sont dédiés au simple soldat d’Hamilton, âgé de 33 ans, Mark Graham. Graham avait fait partie de l’équipe ontarienne lors de la rencontre d’athlétisme de la Légion en 1989. En 1992, il faisait partie de l’équipe olympique canadienne qui a couru les 4×400 mètres à Barcelone, en Espagne. Il a servi dans le Royal Canadian Regiment de Petawawa (Ont.) par la suite et a été tué en Afghanistan, lors de l’incident de tir ami quand un avion des États-Unis a accidentellement tiré sur des troupes canadiennes, le 4 septembre 2006.

Kuternin et Christabel Nettey ont été désignés les meilleurs athlètes de cette année. Les meilleurs athlètes sont choisis, par un comité présidé par le président du Comité des sports, d’après leur performance et leur personnalité.

Ladouceur, en tant que présidente du Comité des préparatifs locaux, avait pour tâche de remettre une plaque à Gilles Lussier qui va faire le même travail qu’elle pour la troisième fois, à la rencontre d’athlétisme de 2008, à Sherbrooke (Qc).

Alger dit pour résumer, à la fin de la soirée, “En ce qui me concerne, vous êtes tous des gagnants. Vous emportez des souvenirs qui vont durer toute votre vie.”

Contributions des DA

Quand Jean Boychuk de Castlegar (C.-B.) a décidé de ne plus aider les autres dames auxiliaires à la cuisine de la filiale Castlegar-Robson parce qu’elle était un peu trop vieille, elle s’est mise à chercher une autre façon de participer. Boychuk voulait surtout faire quelque chose pour les soldats canadiens en Afghanistan. Vu qu’elle crochète bien, elle se mit à faire des couvertures pour les soldats blessés, mais il ne s’agissait pas de couvertures ordinaires. Son nom et son numéro d’auxiliaire étaient cousus dedans, de sorte que le soldat qui allait la recevoir saurait qu’elle avait été faite en pensant à lui.

L’idée a trouvé un écho chez d’autres dames et elles se mirent à faire la même chose, ce qui a donné lieu à un programme, appelé Blankets of Hope (couvertures de l’espoir), auquel ont souscrit d’autres DA à travers la Colombie-Britannique. “Chaque couverture est personnalisée. La dame y met son nom et le nom de sa filiale et à l’occasion, selon la personnalisation désirée, une adresse de courriel. Le soldat qui reçoit la couverture peut répondre s’il le veut”, dit Lesley Maudsley, la première vice-présidente de la Division des DA de la Colombie-Britannique/Yukon.

“La couverture est envoyée en Allemagne et puis elle est remise au soldat qui a été blessé ou qui y est pour des raisons de santé”, dit-elle. “Je pense qu’en Colombie-Britannique, environ 300 couvertures ont été envoyées pour l’instant. Nous venons d’apprendre que la Division de l’Alberta-Territoires du Nord-Ouest vient d’épouser le programme.”

Bien que Blankets of Hope soit un programme nouveau, et qu’il soit à la une ces jours-ci, il est semblable de bien des façons à ce que les femmes de la Légion font depuis toujours. Elles se servent de leurs habiletés afin de soutenir les hommes et les femmes qui endossent un uniforme pour aller combattre l’ennemi sur son propre terrain.

“Nous nous sommes toujours concentrées sur l’ancien combattant”, dit la présidente Judy Stinson des dames auxiliaires de la Division de l’Ontario. “Ça a toujours été comme ça. Seuls les objets ont changé. Nous nous occupons des anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale depuis des années. Nous nous occupons encore d’eux, mais nous voulons aussi aider les soldats qui se battent de nos jours.”

Malgré un sociétariat qui diminue, et des modes de vie qui changent beaucoup, les dames auxiliaires de la Légion continuent de faire le travail avec lequel elles ont toujours été associées. Dans la plupart des filiales, la cuisine est le domaine des dames, mais on les trouve aussi lors de l’organisation de tombolas, du tirage au sort de viandes et de ventes-débarras, et aussi en train de trouver de nouvelles façons de ramasser des fonds pour les bonnes oeuvres.

C’est ce qu’elles font depuis 1926, quand la Légion a été créée.

Les DA de la C.-B./Yukon ont célébré leur 80e anniversaire en déclarant que 2007 serait l’année des dames auxiliaires. Dans le livre Service, une histoire de la Légion royale canadienne qui a été publiée en 1960, il est écrit qu’il y avait 60 000 dames auxiliaires. Mais, en ce temps-là, c’était tout aussi difficile de savoir exactement combien il y avait de DA au Canada que ce l’est aujourd’hui. Il n’y a pas d’organisation au plan national qui soutienne les dames auxiliaires reliées aux filiales de toutes les grandeurs. Il est simplement énoncé dans les Arrêtés de la Légion que “les Directions provinciales et les filiales peuvent constituer et maintenir des groupes d’auxiliaires féminins et la Direction nationale peut accorder des chartes aux dits groupes”.

Les dames auxiliaires sont organisées en structure divisionnaire en Colombie-Britannique/Yukon, Alberta-Territoires du Nord-Ouest, Manitoba-Nord-Ouest de l’Ontario, Ontario, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador. Leur importance diffère, des 304 groupes auxiliaires aux 16 000 membres en Ontario jusqu’aux 103 organisations comptant 3 270 membres en Colombie-Britannique/Yukon, en passant par les 115 groupes de l’Alberta-Territoires du Nord-Ouest (dont trois se trouvent aux Territoires du Nord-Ouest) comptant 6 700 membres, par les 22 groupes de Terre-Neuve-et-Labrador et par les 14 groupes de l’Île-du-Prince-Édouard.

Les membres des groupes de dames auxiliaires paient des frais d’adhésion nominaux qui sont partagés entre la filiale et la division. Ce n’est pas une adhésion à la Légion.

Les uniformes varient d’une province à l’autre. Bien qu’ils soient tous basé sur l’uniforme bleu et gris des membres de la Légion, l’uniforme de la plupart des DA comporte une cravate ou un noeud papillon bordeaux pour se distinguer. Celles de l’Ontario et de la Nouvelle-Écosse s’en tiennent à la cravate bleue et or comme celle des hommes. Au Nouveau-Brunswick, elles se distinguent par le blazer bleu clair plutôt que bleu marine. En Alberta et certaines autres divisions, elles ont choisi une jupe blanche.

Aux divisions du Québec et de la Nouvelle-Écosse/Nunavut, les dames auxiliaires existent mais elles n’ont pas de structure divisionnaire. La Saskatchewan avait une structure divisionnaire, laquelle avait été établie en 1930, mais elle a été abolie en 2000 parce que l’âge et les décès avaient causé une importante diminution du nombre de ses membres. Elle était tombée sous administration fiduciaire, ce qui causait un fardeau financier à la division. Pourtant, on s’est aperçu de sa capacité à lever des fonds quand il fut décidé de l’abolir. Elle avait plus de 100 000 $ en fonds de bienfaisance, lesquels furent divisés entre le Wascana Rehabilitation Centre de Regina, le Sherbrooke Community Centre de Saskatoon et le Fonds du Souvenir. “Nous sommes parties avec grâce”, nous disait alors la dernière présidente Sybil Clayton des DA de la Division de la Saskatchewan.

Bien que des nouvelles concernant les dons des DA aux filiales paraissent dans notre revue, c’est difficile de vraiment bien comprendre l’étendue de leurs dons à travers le pays. Les DA de la Division de l’Ontario rapportent qu’entre juin 2005 et le 31 mai 2006, elles ont fait des dons aux filiales et à d’autres oeuvres s’élevant à 6 980 719,59 $.

“Nous organisons des bingos, des casinos, des tombolas, des ventes de pâtisseries, les choses que font les dames”, dit Muriel Heselwood, la présidente des DA de la Division de l’Alberta- Territoires du Nord-Ouest qui a été élue dernièrement. Elle évalue à 35 000 $ par année ce que les DA donnent aux hôpitaux et à 40 000 $ le montant des bourses, et elles dépensent aussi 3 500 $ pour l’équipe de leur division aux Championnats nationaux d’athlétisme de la Légion. “Et les groupes auxiliaires individuels donnent en moyenne 15 000 $ par année à leur filiale”, dit-elle.

La Division du Manitoba-Nord-Ouest de l’Ontario donne aussi beaucoup d’argent en bourses pour les étudiants en ergothérapie et en physiothérapie. “On se base sur les notes pour les choisir. C’est vraiment très difficile de choisir parmi tant d’étudiants qui ont de si bonnes notes ces jours-ci”, dit Valerie Johnson, une ancienne présidente des DA de la Division du Manitoba-Nord-Ouest de l’Ontario.

Les DA de Terre-Neuve-et-Labrador ont un programme nommé Save-a-Family dans le cadre duquel des familles à revenu faible peuvent obtenir jusqu’à 180 $ par mois. “C’est simplement pour les aider à joindre les deux bouts”, dit Sally Snow, la présidente sortante des DA de la Division.

C’est le soutien des anciens combattants qui est toujours le plus important dans toutes les divisions. “Nous conservons une liste de désirs pour les hôpitaux. Nous essayons de trouver des choses que les anciens combattants des (foyers pour anciens combattants) désirent”, dit Judy Stinson de l’Ontario. “Nous avons plusieurs programmes populaires, dont le parrainage de cartes de crème glacée. L’ancien combattant achète une carte à un prix nominal et elle sert pendant quatre mois durant lesquels il peut aller prendre un cornet de crème glacée à la cantine.”

Les dames de l’Ontario ont acheté des tee-shirts rouges où était écrit Support Our Troops pour tous les anciens combattants du Tony Stacey Centre for Veterans Care à Toronto. “Les petits détails importent. Les anciens combattants risquent de nous quitter bientôt”, dit Stinson. “À l’Hôpital Parkwood (à London, en Ontario), nous passons des vidéos de la Noël d’antan. Ce sont de vieux films que les gens aiment regarder à la Noël parce que ça leur rappelle les Noëls d’autrefois.”

Tout cela, ce sont des divertissements de groupes, mais les dames s’occupent aussi de particuliers. “Nous essayons de combler les désirs individuels également. Des fois, il peut s’agir d’une chose aussi simple que d’emmener l’ancien combattant souper avec des proches”, dit Stinson.

Heselwood fait la liste des objectifs des DA par ordre d’importance. “D’abord, nous nous occupons des anciens combattants et de leur confort. Ensuite, nous aidons nos filiales sur les plans monétaire ou autre, et puis nous donnons à notre collectivité.

“Nous allons au Colonel Belcher Health Care Centre de Calgary et au Kipnes Health Care Centre for Veterans d’Edmonton presque tous les jours. Nous organisons les divertissements. Il peut s’agir de dîners, de bingos ou de danses”, dit-elle. À sa filiale, à St. Albert, les DA organisent des sacs de cadeaux pour la Noël et l’Action de grâce. Il y a des biscuits, des puddings, des peignes et du dentifrice dans tous les sacs.

Les DA du Nouveau-Brunswick ont un programme adopt-a-vet (adopter un ancien combattant). “Ma filiale, Oromocto, a six anciens combattants. Nous nous occupons d’eux à la Noël”, dit la présidente Helen Ladouceur des DA de la Division du Nouveau-Brunswick.

Les raisons pour lesquelles ces femmes ont décidé de s’engager sont aussi individuelles que chacune d’entre elles. Pour Linda Richard, présidente des dames auxiliaires de la Division de l’Île-du-Prince-Édouard, c’était un engagement pris envers feu son père. “Mon père était ancien combattant. Il était toujours engagé à l’égard de la Légion. Je voulais y adhérer depuis longtemps, mais je retardais toujours. Et puis un jour une compagne de travail me dit qu’elle allait entrer dans les dames auxiliaires alors j’ai décidé de l’accompagner. Mon père est mort depuis mais, maintenant, quand je participe à une cérémonie du souvenir, je pense que je continue sa mémoire. Je me sens fière de lui.”

Quant à Judy Stinson de St. Thomas (Ont.), c’est sa grand-mère qui l’a inspirée pour qu’elle adhère. “Ma grand-mère m’a élevée depuis l’âge de sept ans. Je voulais faire quelque chose pour les anciens combattants mais j’étais timide”, dit-elle. “Elles étaient à la recherche d’une secrétaire et il y avait une dame qui pensait que je pouvais faire l’affaire. Ça m’a fait sortir de ma coquille.”

Stinson dit que son travail actuel pour la Légion a une autre signification spéciale parce qu’elle a un fils qui est capitaine dans l’aviation.

Rose Green, la secrétaire-trésorière des DA de la Division de l’Ontario dit que c’est sa mère qui l’a persuadée d’y adhérer. “Mon père était allé à la Seconde Guerre mondiale. On m’a souvent dit que ma soeur aînée est née parce qu’il est allé à la guerre et que je suis née parce qu’il en est revenu. Ma mère disait que je devrais adhérer à la Légion parce que mon père avait servi.”

Sandra Thomas, la présidente sortante des DA du Nouveau-Brunswick se souvient que “à St. Stephen, il n’y avait pas grand-chose à faire. Il y avait des danses à la Légion, mais on ne pouvait y aller que si on en était membre. Alors nous avons adhéré aux DA. Peu de temps après je me trouvais dans la cuisine où je me suis amusée énormément. On s’amuse toujours beaucoup à la cuisine.”

Thomas est membre des DA depuis 35 ans et elle est devenue membre associée à la filiale quand elle y a eu droit. “Mon grand-père et mon père étaient dans la Légion, et maintenant j’en suis membre aussi. Mon mari est membre et mon fils est membre ordinaire.”

Valerie Johnson du Manitoba-Nord-Ouest de l’Ontario a adhéré aux dames auxiliaires à la filiale Ukrainian Canadian Veterans de Winnipeg. “Mon oncle, Henry Leben, est allé à la guerre et il y a été fait prisonnier. Je pense que ses expériences l’ont affecté mais il refusait toujours d’en parler. Toutefois, il était engagé à l’endroit de la Légion. C’était un bon joueur de base-ball dans l’équipe de la Légion.

“On cherchait des femmes pour donner un coup de main à la filiale, alors il m’a demandé d’y adhérer. C’est ce que j’ai fait et j’en fais partie depuis”, dit-elle.

Non seulement Johnson vient-elle de terminer un mandat en tant que présidente des DA de la Division, elle vient aussi d’être élue présidente de la filiale. “J’ai du travail à faire à la filiale maintenant, mais j’aime toujours travailler avec les dames. Et les dames m’aident à la filiale, c’est sûr.”

L’association de Lesley Maudsley avec la Légion dure depuis son enfance, en Angleterre. “Mon père était un vétéran des alliés de la Seconde Guerre mondiale. Ma mère était une épouse de guerre. Nous étions toujours obligés d’aller au service du jour du Souvenir. Ça a continué quand nous avons déménagé à Regina. J’ai adhéré aux dames auxiliaires là-bas, en 1973.

J’ai continué quand nous avons déménagé à Bramalea (Ont.), et aussi quand nous avons déménagé en Colombie-Britannique.

Comme c’est le cas pour la Légion, garder les membres et en recruter de nouveaux est un défi depuis quelques années. En juin, on a pu voir à quel point le nombre de dames auxiliaires a diminué à Grande Prairie, quand les membres des DA de la Division de l’Alberta-Territoires du Nord-Ouest ont réglé leur rite bisannuel à leur congrès. Les lumières de la salle ont été tamisées quand les dames se sont mises à chanter un hymne. Des accords plaintifs étaient joués au piano en arrière-plan pendant que la présidente d’alors, Diane Bedford, lisait à voix haute le nom des groupes auxiliaires de chacun des neuf districts.

Les commanders de district se sont avancés avec une poignée de coquelicots. Quand chaque nom a été prononcé, les dames de ce district se sont levées et ont allumé des lampes de poche pendant que le commander du district épinglait un coquelicot sur la croix en Styrofoam en avant de la salle.

Tous les noms ayant été lus, les lampes de poche ont été éteintes et les dames se sont assises pendant que le groupe du district suivant se levait et ses membres allumaient les lampes en l’honneur des noms de leur district. À la toute fin, pour terminer le service, les dames ont chanté un autre hymne.

Une cérémonie semblable est réglée aux congrès des DA du Nouveau-Brunswick. Ladouceur dit qu’un oeillet est déposé à une croix quand on lit le nom de chaque membre qui est mort depuis le congrès précédent. “On perd des membres chaque année. Cette année, 68 noms ont été lus. Il arrive qu’on n’apprenne le décès de quelqu’un qu’en entendant son nom au congrès. La cérémonie peut être vraiment émouvante.”

Dans la Division de l’Ontario, 23 groupes auxiliaires ont abandonné leur charte depuis 2004. “C’est principalement l’âge qui fait qu’elles l’abandonnent. Les dames sont fatiguées et il y en a bien peu de nouvelles qui s’inscrivent”, dit Stinson.

Chaque division essaie de recruter des membres chez les dames auxiliaires, mais c’est difficile maintenant que la Légion elle-même souffre d’un important déclin du sociétariat.

Linda Richard dit que l’Île-du-Prince-Édouard a été chanceuse car quatre nouveaux membres viennent d’être recrutés. “C’est difficile d’acquérir des jeunes. Nous avons beaucoup de membres, mais ils vieillissent et sont de moins en moins actifs. Ils assistent à toutes les réunions, mais ils ne peuvent pas faire tout le travail.”

Johnson observe la même tendance au Manitoba. “Beaucoup de nos dames ont dans les 80 ou 90 ans. Elles ne peuvent simplement pas faire autant qu’avant”, dit-elle. “Nous ne réussissons pas à acquérir les plus jeunes. C’est difficile pour un jeune couple quand les deux travaillent. Leurs enfants font du sport. Elles ne sont tout simplement pas aussi engagées que nous l’étions à leur âge.”

D’après Rose Green, le changement à la Légion a un impact direct sur l’adhésion. “Lorsque la Légion a accepté les membres associés, en 1974, elle en a accaparé qui seraient allés chez les dames”, dit-elle.

“Il faut que nous transmettions le message et que nous fassions de la publicité”, dit Heselwood de l’Alberta. “Certaines des dames ont installé une table de l’adhésion à la garnison d’Edmonton. Il y a eu quelques nouveaux membres.”

C’est quand même difficile d’en attirer de nouveaux. “On a besoin de nouveaux membres. Il n’y a pas de formule magique. J’aimerais bien qu’il y en ait une”, dit Heselwood. “Il faut que nous maintenions le flambeau allumé.”

Comme aux filiales de la Légion en général, les sports ont un rôle important lors du recrutement et de la conservation de membres des DA. La Division de l’Ontario a un programme sportif complet pour les dames auxiliaires exclusivement. “Nous avons les fléchettes et le cribbage à la filiale, à la zone, au district et à la division. Il y a des divisions qui ont intégré les dames auxiliaires dans leurs programmes des sports réguliers.

Mis à part les sports, à la filiale Wells du Nord de la Colombie-Britannique il y a deux hommes, qui pourraient être membres réguliers de la Légion, chez leurs dames auxiliaires. “Un des deux est président des dames auxiliaires”, dit la secrétaire Linda Sawyer de la Division de la Colombie-Britannique/Yukon. “Il y a beaucoup d’hommes qui donnent un coup de main aux DA. Les femmes les taquinent souvent et elles leur donnent un tablier honoraire. Mais ça, c’est du sérieux. Personne d’autre ne voulait être président, alors il s’est porté volontaire.”

Maudsley dit qu’il y a eu toute une réaction quand les autres DA en ont entendu parler. “Beaucoup de femmes ont été choquées au début. Mais ensuite nous avons pensé que la loi ne nous permettrait pas de l’interdire. Nous avons donné notre accord. Je pense qu’il y a beaucoup de femmes qui seraient très contentes qu’il y ait quelques hommes autour pour soulever les lourdes marmites dans la cuisine.”

Linda Richard, âgée de 55 ans, dit qu’elle comprend ce que beaucoup de jeunes femmes ressentent. “Je suis un des membres les plus jeunes. Je travaille 40 heures par semaine. Je pense que c’est une partie du problème, le fait que tout le monde travaille. Il y a beaucoup de jeunes femmes qui ont peur de s’engager.”

Comme chez les dames de Castlegar, les DA de St. Stephen, où Thomas est membre, dirigent leur regard vers les gens qui servent dans les zones de guerre aujourd’hui. Ça a donné lieu à ce qu’elles appellent une campagne de boîte à chaussures. “Nous avons décidé de garder toutes les boîtes à chaussures que nous pouvions trouver pour les remplir avec des choses dont les soldats qui servent en Afghanistan pourraient avoir besoin”, dit Thomas. “Les boîtes sont remplies avec de l’Advil, des myorelaxants, du dentifrice et des friandises. Toutes sortes de choses qu’on ne peut pas aller chercher chez le dépanneur en Afghanistan.”

La campagne de boîtes à chaussures est coordonnée avec l’aide de l’Agence de soutien du personnel des Forces canadiennes. “Nous avons envoyé 17 caisses pour l’instant. Une caisse contient 25 boîtes”, dit Thomas. “Il y a des femmes qui y mettent une petite note disant ‘J’espère que vous passez une bonne journée’ ou bien ‘Je prie pour vous’. Le genre de chose qu’on écrit à quelqu’un avec qui on ne fait que commencer à se lier d’amitié.”

Comme c’est le cas par rapport à toutes les guerres, les dames ont des histoires personnelles qui font vraiment comprendre la tragédie. Snow, qui habite à Wabush (Labrador), se souvient du simple soldat Kevin Vincent Kennedy qui, à 20 ans, était un des six soldats tués durant la fin de semaine de Pâques cette année. “C’était un gentil jeune homme. Il demandait toujours de mes nouvelles à sa mère.

J’ai vraiment compris ma douleur”, dit-elle.

Comme le dit Stinson, “Il y a toute une nouvelle génération qui a été affectée par cette guerre (en Afghanistan).” Au début du congrès de la Division de l’Ontario qui a eu lieu à London au mois de mai, elle s’est trouvée à côté de Carolyn Wilson qui déposait une couronne de la part des mères de la Croix d’argent. Le fils de Wilson, le soldat Mark Andrew Wilson des Royal Canadian Dragoons, a été tué en Afghanistan le 7 octobre 2006, à l’âge de 39 ans, par un appareil explosif improvisé. “C’était un honneur de me tenir à côté de Carolyn Wilson”, dit Stinson. “Je l’estime énormément.”

Stinson dit que ça lui a rappelé combien les temps, mais pas le rôle des dames auxiliaires, ont changé. “Notre position nous permet de voir beaucoup d’autres jeunes anciens combattants qui reviennent au foyer. Il va falloir s’occuper d’eux tout comme nous nous sommes occupés des anciens combattants plus vieux.”

Ainsi, bien que les temps aient changé et que leurs nombres aient diminué, les dames auxiliaires de la Légion restent des piliers quand il s’agit de leur soutien.

Le grand public est de plus en plus conscient de la Légion

D’après les données d’un nouveau sondage, le grand public est de plus en plus conscient du travail de la Légion royale canadienne et de son rôle par rapport à la perpétuation du souvenir.

La Légion a passé une commande à Environics Research d’Ottawa pour qu’elle mène un sondage pour elle. Il s’agit du sixième sondage fait pour la Légion depuis 1995 et les questions posées sont essentiellement les mêmes.

“Les résultats du sondage donnent à penser que nous sommes en train de conscientiser le public et que nos messages principaux lui parviennent”, dit le président national Jack Frost. “Nous allons très bien, mais nous devons continuer nos efforts pour que la reconnaissance concernant notre présence dans le secteur public ne disparaisse pas. Les résultats sont bons et ils nous donnent des renseignements précieux qui nous aident à mieux former nos programmes et à les ajuster quand il le faut.”

Le dernier sondage a été mené après la période du jour du Souvenir, du 8 au 30 décembre. Les sondeurs ont rejoint 2 045 personnes. Parmi elles, 1 454 avaient quelques connaissances sur la Légion et ce groupe devint l’échantillon pondéré pour le reste de l’étude. Les résultats sont considérés comme étant corrects à plus ou moins deux pour cent 19 fois sur 20.

“Le sondage de 1995 nous donne un point de repère pour observer les tendances”, dit le directeur national des communications Bob Butt. “Il ne peut pas y avoir de gros rebondissement quand on n’étudie que deux années mais depuis que nous avons un point de repère, nous pouvons constater des changements.”

La première question du sondage était “Êtes-vous conscient de l’existence de la Légion royale canadienne, ou en avez-vous entendu parler?” En 1995, 78 pour cent des sondés avaient entendu parler de la Légion. Depuis lors, le chiffre a diminué d’environ un pour cent par année jusqu’en 2005, quand il a atteint 67 pour cent. En 2006, la tendance s’est renversée et le chiffre était de 69 pour cent.

Le facteur concernant la conscience est resté supérieur chez les hommes à celui des femmes, car 72 pour cent d’entre eux en avaient une certaine conscience alors que chez les femmes le pourcentage n’était que de 66. Il y a eu une augmentation importante, allant de 74 à 81 pour cent, chez les gens âgés de 60 ans ou plus.

Les anglophones étaient davantage conscients de la Légion, à 77 pour cent, que les francophones, qui, eux, ne l’étaient qu’à 48 pour cent. Selon les régions, la conscience diminuait en Colombie-Britannique, tombant de 83 à 79 pour cent alors qu’aux Prairies, en Ontario et au Québec, il y a eu deux pour cent d’augmentation, allant à 77, 76 et 45 pour cent respectivement. Les provinces de l’Atlantique n’ont indiqué aucun changement depuis 2005, restant à 75 pour cent.

La conscience générale la plus élevée en ce qui concerne la Légion est parmi les gens qui parlent l’anglais, chez ceux qui ont entre 45 et 59 ans et ceux de 60 ans et plus.

La deuxième question du sondage était “En général, avez-vous une opinion très favorable, quelque peu favorable, quelque peu défavorable ou très défavorable de la Légion royale canadienne?” Cette question a indiqué une hausse importante, allant de 84 pour cent qui avaient une impression très favorable ou quelque peu favorable en 2005, à 90 pour cent en 2006.

Les hommes sondés ont inscrit un taux favorable de 91 pour cent alors que le taux des femmes sondées était de 87 pour cent. La réponse parmi les femmes a beaucoup augmenté, qui a été de 77 pour cent en 2002 et 83 pour cent en 2005.

Les sondeurs ont demandé aux gens s’ils votaient pour un parti politique en particulier. “De façon surprenante, les gens qui votent pour le Bloc Québécois ont indiqué une augmentation de six pour cent, atteignant 69 pour cent de réponses favorable ou quelque peu favorable”, dit Butt. Les autres partis principaux allaient du minimum de 85 pour cent, pour le NPD, au maximum de 94 pour cent, parmi les gens qui votaient pour le parti conservateur.

Le service des communications de la Direction nationale a fait sa propre analyse des données, et un rapport composé par la directrice des médias et des relations externes, Gail Smith-Cook, a été fait au Conseil exécutif national. “Il y a une conscience générale claire à propos d’activités et de programmes particuliers de la Légion, dont principalement les programmes des anciens combattants et les programmes communautaires”, est-il écrit dans le rapport. “Les indicateurs sont restés les mêmes dans les trois derniers sondages. Cela sous-entend que ces indicateurs positifs forment une partie intégrante du processus de marquage de la Légion.”

La troisième question était discrétionnaire : “Quelles sont les choses positives qui vous viennent à l’esprit à propos de la Légion royale canadienne, s’il y en a?” Les réponses s’étendaient des services aux anciens combattants, aux activités sociales, en passant par le souvenir et le travail communautaire.

“Il n’y avait pas d’invite pour cette liste. Les sondés devaient répondre ce qu’ils pensaient plutôt que de choisir dans une liste”, dit Butt.

D’un autre côté, on a aussi demandé dans le sondage “Quelles sont les choses négatives qui vous viennent à l’esprit à propos de la Légion royale canadienne, s’il y en a?” Peu d’indicateurs négatifs ont paru selon la région, le sexe ou le groupe d’âge. Comme en 2005, les aspects social et alcoolique de la Légion sont toujours les secteurs nommés le plus souvent. Les autres commentaires comprenaient les préjugés, la déconnexion, les vieux et la glorification de la guerre.

La Colombie-Britannique et les provinces de l’Atlantique ont les points de vue les plus négatifs, à 15 et 14 pour cent respectivement.

“Ce qui est remarquable, c’est que fumer semble avoir disparu des choses négatives”, dit Butt. “Cela doit être parce que tant de régions et de provinces interdisent de fumer dans les clubs.”

La cinquième question était “Que pensez-vous de la source principale des fonds utilisés pour administrer la Légion royale canadienne?” C’est là que se trouve la pire idée fausse concernant la Légion. Alors que la levée de fonds, les adhésions et la campagne du coquelicot étaient des réponses fréquentes, le public croit encore que la Légion est financée par le gouvernement.

Il y a eu une diminution importante, en Colombie-Britannique, du nombre de gens qui pensent que le financement provient du gouvernement. Il a baissé de 15 à neuf pour cent en 2006.

Toutefois, en Alberta, la voisine de la Colombie-Britannique, cette perception a augmenté de 15 à 24 pour cent.

La question suivante se divisait en trois parties. “Pensez-vous que c’est très important, quelque peu important, pas très important ou pas important du tout pour la Légion royale canadienne de faire chacune des choses suivantes :

a) promouvoir et continuer la tradition du jour du Souvenir au Canada;

b) assister les anciens combattants canadiens à obtenir des pensions et d’autres services;

c) fournir des fonds et des programmes aux citoyens aînés en général, comme les projets d’habitation et l’assistance médicale?

La réponse à la partie A est encore élevée. Il y a eu une augmentation de trois pour cent par rapport à 2005, de sorte qu’il y a eu un taux moyen de 83 pour cent. De façon semblable, il y a eu agrément à propos de B à travers tous les secteurs que sont la région, l’âge, le sexe et l’appartenance politique, avec une moyenne de 82 pour cent.

À la section C, il y a eu une conscientisation concernant l’engagement de la Légion dans les questions des aînés. Le taux moyen était de 67 pour cent.

La dernière question était “À propos de l’avenir, pensez-vous que la Légion royale canadienne va continuer ou pas d’avoir une fonction ou un rôle dans la société canadienne?”

L’avenir de la Légion est encore positif au Canada, avec un taux moyen de 73 pour cent d’accord qu’en effet, la Légion y avait un rôle. Ce taux était de 71 pour cent dans les provinces de l’Atlantique et des Prairies, de 73 pour cent en Ontario et de 74 pour cent en Colombie-Britannique.

Il y a eu une importante augmentation au Québec, de 58 à 71 pour cent.

“Je pense que l’augmentation de la conscience a vraiment commencé en 1999”, dit Butt. “C’est quand nous avons lancé les projets prestigieux comme la vague de deux minutes de silence et la tombe du Soldat inconnu. On nous voit vraiment comme un instrument de la perpétuation du souvenir. Nous avons observé la conscience changée de 81 pour cent à 90 pour cent.”

Butt dit que la Direction nationale était satisfaite de l’amélioration des taux de la Légion. “En général, c’est un hommage aux filiales. Cela démontre que nous agissons pour que les gens comprennent mieux qui nous sommes et ce que nous faisons.”