De jeunes artistes mettent en lumière la volonté de se souvenir

PREMIÈRES PLACES AUX AFFICHES SÉNIORS

L’affiche noir et blanc chez les séniors qui a eu la première place, créée par Emily-Ann Alyward de Ladysmith, C.-B., est concentrée sur la diversité de ceux qui ont servi, tandis que Louise McCrow de Campbellford, Ont., a choisi pour thème la jeunesse et le souvenir pour son affiche couleurs qui lui a mérité la première place chez les séniors.

Trois arrière-grands-pères et une arrière-grand-mère de Mlle Emily-Ann Alyward servirent pendant la Seconde Guerre mondiale, mais ce ne sont pas eux qui ont inspiré l’œuvre pour laquelle on lui a décerné la première place au concours d’affiches en noir et blanc de 2021.  

Son inspiration serait plutôt venue de son cercle d’amis et de trois collectivités de la Colombie-Britannique : Ladysmith, où elle habite, Duncan, où elle a obtenu un certificat d’études de la Duncan Christian School, et Nanaimo, où elle a l’intention d’étudier le graphisme à l’Université de l’ile de Vancouver. 

Plus d’une douzaine de Premières Nations occupent la côte sud-est de l’ile de Vancouver, empreinte de leur histoire. Pour-tant, la société en général ne sait pas grand-chose de la contribution militaire des peuples autochtones. 

Lorsqu’on parle de service militaire ou de commémoration, on imagine le plus souvent des hommes à la peau blanche, note Mlle Alyward. 

« Je voulais montrer la diversité, dit-elle. Beaucoup de cultures et peuples différents ont servi, et leur histoire mérite d’être racontée. »

Sous le titre « We Were There » (Nous étions là, NDT), son affiche présente le portrait de trois personnes en uniforme : un homme noir, une femme blanche et un homme autochtone.

PREMIÈRES PLACES AUX AFFICHES INTERMÉDIAIRES

L’affiche noir et blanc qui a gagné chez les intermédiaires, créée par Kelvin Salgado de Calgary, comporte un soldat de la Grande Guerre qui écrit à quelqu’un au pays, tandis que l’affiche couleurs qui a eu la première place chez les intermédiaires est celle de Lily Stewart de Chipman, N.-B., où une jeune personne est submergée par ses souvenirs à côté d’une tombe.

Plus de 100 000 écoliers du pays s’inscrivent chaque année aux concours littéraires et d’affiches parrainés par la Légion royale canadienne, puisant leur inspiration dans l’histoire de leur famille ou de leur collectivité, dans les émotions soulevées par le souvenir ou encore dans des évènements contemporains ou historiques.

Mlle Louise McCrow, dont l’affiche en couleurs a été choisie pour la première place chez les séniors, a trouvé son inspiration dans la jeunesse et la paix. 

Son affiche est évocatrice d’une réalité de l’après-guerre : quand la paix arrive, ceux qui restent doivent faire leur deuil. 

Au centre de l’image se trouve un petit enfant, une motte de terre où pousse un coquelicot dans la main. Des colombes blanches volent au-dessus de sa tête, et dans l’eau se trouve le reflet d’un avion et celui d’un drapeau canadien.

Au bas de l’affiche, une citation : « To live in hearts we leave behind is not to die (Ne meurt pas celui qui vit dans le cœur de ceux qui restent, NDT). »

« Je voulais un peu de symbolisme canadien, dit l’élève de 10e année de Campbellford, Ont. Et je me suis dit que, comme c’est une compétition pour les jeunes, mettre un enfant dans l’affiche serait intéressant. »

C’est la troisième fois que Mlle McCrow est finaliste aux nationaux. Son affiche noir et blanc dans la catégorie intermédiaire a obtenu la deuxième place en 2019 et, en 2020, son affiche couleurs a remporté le concours dans sa catégorie. Elle a hâte de s’inscrire aux prochains concours. 

Pour Mlle Taylor Wakelin de Wilkie, Sask., qui s’est inscrite aux concours « d’aussi longtemps [qu’elle se] souvienne », cependant, c’est la dernière année. 

Dans son poème, Mlle Wakelin se penche sur une habitude qu’ont un grand nombre de Canadiens au mois de novembre :

On that one special day, we don red poppies proudly on our breast,

But when the ceremony is over, we leave them in a drawer for a year-long rest…

It is not enough to show recognition and gratitude once a November.

It is a shame, but we are slowly beginning to forget to remember.

(En ce jour très spécial, nous portons un coquelicot rouge à la poitrine en l’honneur de ceux qui se sont battus pour notre pays, mais quand la cérémonie est finie, nous le laissons dans un tiroir où il reposera pendant un an… Montrer notre reconnaissance et notre gratitude une fois en novembre n’est pas assez. C’est fort dommage, mais nous sommes en train d’oublier.)

« J’ai décidé d’écrire sur notre façon d’honorer ceux qui se sont battus pour notre pays », dit Mlle Wakelin, dont les arrière-grands-oncles Morton et Cecil Irwin ont servi en tant que mécaniciens aéronautiques dans la 433e Escadrille de l’Aviation royale canadienne, en Angleterre, pendant la Seconde Guerre mondiale. 

« Ces hommes et ces femmes ont risqué leur vie pour le Canada, alors c’est démorali-sant que certains pensent que le 11 novembre, ce n’est qu’une journée où l’on prend congé de l’école ou du travail. »

Mlle Wakelin, diplômée de l’école secondaire McLurg, a l’intention de parfaire son éducation à l’Université de la Saskatchewan. 

PREMIÈRES PLACES AUX AFFICHES JUNIORS

L’élève de 11e année Gabriel Waldner, de la Holmfield Colony School de Killarney, Man., ne se souvient pas de ce qui l’a inspiré quand il s’est mis à écrire la composition grâce à laquelle il a obtenu la première place dans la catégorie des séniors, mais il peut décrire le développement de l’idée, parcours typique de tout écrivain. 

Au début, il a pensé aux gens prêts à se sacrifier pour leur pays. 

Le premier brouillon a été produit en à peine deux heures. Ensuite, M. Waldner a « passé un ou deux jours à le réviser et à le modifier, à bien y réfléchir, à l’améliorer. » 

Le noyau de l’idée, du combat pour la liberté, a évolué jusqu’à la signification de l’héritage; et il ne s’agit pas seulement d’avoir liberté de faire des choix moindres au jour le jour. « Ils se sont battus pour la liberté de religion. Ils sont morts pour notre droit à la parole. » Et ce n’est pas tout : « Des Canadiennes, des Canadiens ont donné leur vie pour que les gens de partout dans le monde puissent vivre dans la paix et la liberté. » 

Et quand ils sont rentrés chez eux, ils avaient encore beaucoup de travail à faire. 

« Comme un cheval qui s’élance quand on lui enlève le mords, a-t-il écrit, le Canada a prospéré et s’est développé après la guerre. »

Mlle Chelsea Thompson de Botwood, T.-N.–L., s’est tournée vers son for intérieur pour son inspiration, en particulier son affection pour les chiens. Dans sa composition choisie pour la première place du concours junior, elle explore la vie d’un héros quadrupède terre-neuvien. 

« Il y a des chiens qui ont pris part à la guerre, et j’ai pensé à écrire sur quelque chose de particulier », dit cette élève de 6e année à la Botwood’s Memorial Academy, dont le « big pop » (arrière-grand-père) servit en tant que forestier pendant la Seconde Guerre mondiale. 

Elle a raconté l’histoire de Gander, un terre-neuve adopté comme mascotte par le 1er Bataillon du Royal Rifles of Canada. Gander, à qui on avait donné le grade de sergent, accompagna les soldats à la mission de Hong Kong vouée à l’échec en 1941 et prit part aux combats lors de l’invasion japonaise. 

« Il mordait les talons de soldats japonais », a-t-elle écrit. Gander était si féroce, que les soldats ennemis l’appelaient « Bête noire » et pensaient que les Alliés entrainaient des animaux sauvages pour la guerre.

Comme tant de ses camarades humains, Gander mourut au front. Il prit une grenade active dans la gueule et s’éloigna en courant, ce qui sauva la vie à sept soldats. La Médaille Dickin, comme on surnomme la Croix de Victoria pour les animaux, lui a récemment été décernée.

Joshua Philip, élève de 8e année de Rosslyn, Ont., a écrit sur son arrière-grand-père qui s’engagea dans l’armée britannique à Singapour pour se battre avec les Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale et qui fut incarcéré dans un camp de prisonniers de guerre.

« Trente pour cent des prisonniers moururent dans ces camps à cause de la malnutrition, des maladies comme le paludisme et de la cruauté des Japonais. Heureusement que mon arrière-grand-père, ayant survécu, a pu raconter son histoire. »

Cette histoire, a écrit M. Philip, l’a « aidé à comprendre les peines que des jeunes gens plus vieux que [lui] d’à peine quelques années ont souffert partout dans le monde. Nous sommes tous connectés d’une manière ou d’une autre. C’est à nous de comprendre et de reconnaitre nos ressemblances. » 

PREMIÈRES PLACES AUX AFFICHES PRIMAIRES 

Catherine Hu de Calgary a gagné au concours d’affiches noir et blanc dans la catégorie des primaires, et Fredrik Woodhouse de Quispamsis, N.-B., a gagné à celui des affiches couleurs de la même catégorie.

Les concours annuels de la Légion favorisent la tradition du souvenir et inspirent des générations d’écoliers depuis un demi-siècle. 

Les concours sont ouverts à tous les élèves canadiens. Certains s’inscrivent seuls, d’autres avec leur classe dans le cadre d’un projet scolaire.

Les concours sont jugés par des bénévoles aux filiales de la Légion et les gagnants de chaque catégorie passent au niveau divisionnaire. Les œuvres qui gagnent à ce niveau sont envoyées à Ottawa, où les gagnants nationaux sont déclarés et leurs créations sont publiées dans un livret. 

La Légion parraine un voyage à Ottawa pour les quatre lauréats séniors, où ils rencontrent le gouverneur général et déposent une couronne au Monument national de guerre au nom de la jeunesse du Canada pendant la cérémonie du jour du Souvenir. 

ACC élabore un programme pilote de soutien par les pairs pour les victimes d’inconduite sexuelle

Anciens combattants Canada est en train d’élaborer un programme pilote de soutien par les pairs pour les anciens combattants traumatisés par l’inconduite sexuelle.

Le ministère a fait l’objet de fortes critiques dans un rapport de l’ombudsman des vétérans pour avoir évincé des victimes d’inconduite sexuelle de ses programmes de soutien par les pairs, les aiguillant plutôt vers le centre de réponse à l’inconduite sexuelle militaire ou vers un centre d’aide aux victimes d’agression sexuelle civil. 

Cependant, ces services ne satisfont pas aux besoins des victimes, a déclaré l’ombudsman Nishika Jardine dans un rapport publié en juin à la suite d’une enquête sur les plaintes d’anciens combattants. Le centre militaire d’inconduite sexuelle n’a pas de mandat pour servir les anciens combattants, lit-on dans le rapport, et les centres d’aide aux victimes d’agression sexuelle civils ne connaissent pas bien la culture militaire. 

Le programme de soutien social – blessures de stress opérationnel, a été créé il y a 20 ans par ACC et le ministère de la Défense nationale pour soutenir les militaires qui font face à des problèmes de santé mentale débilitants, comme les blessures de stress post-traumatique, la dépression et l’anxiété découlant du service. Aux premiers jours du programme, on a découvert que presque un quart des personnes en détresse psychologique ne demandaient pas d’aide professionnelle, souvent à cause de la stigmatisation.

Le soutien social fourni par les coordinateurs du soutien par les pairs et du soutien familial, qui eux-mêmes font face à des blessures de stress opérationnel, a aidé des dizaines de milliers d’anciens combattants et de militaires et leurs proches. On lui doit la diminution de la gravité des symptômes psychologiques et la réduction de la stigmatisation; il aide aussi les anciens combattants à s’orienter dans le système compliqué des prestations d’ACC.

Le programme n’aide cependant pas les personnes traumatisées par l’inconduite sexuelle qui ressentent de l’anxiété dans les groupes où se trouvent des agresseurs ou des gens du même sexe que leur agresseur. En outre, « les coordinateurs […] n’ont pas vécu d’expérience semblable à celle des participants », dit le rapport.

Les anciens combattants ayant subi un traumatisme sexuel préféreraient un soutien par les pairs « reflétant leur expérience exclusivement ». Or, on n’a pas collecté de données permettant d’effectuer une analyse fondée sur le genre. Le rapport recommande une telle recherche.

« Les programmes existants de soutien par les pairs pour les membres actuels ou anciens des Forces armées canadiennes n’offrent pas encore l’expertise et les ressources spécialisées nécessaires pour répondre aux besoins des personnes qui ont subi un traumatisme sexuel dans le cadre de leur service militaire », a déclaré le ministre des Anciens combattants, Lawrence MacAulay, en réponse au rapport. 

Un programme pilote de soutien par les pairs en personne et en ligne pour les victimes de traumatisme sexuel est en cours d’élaboration, a-t-il dit, fondé sur le modèle du programme actuel et avec l’apport de professionnels en santé mentale et d’hommes et de femmes qui ont vécu un traumatisme sexuel, dont d’anciens combattants LGBTQ+.

« Le soutien par les pairs fourni par ACC est une source importante d’aide, dit le rapport. Un accès comparable au soutien par les pairs doit être offert aux anciens combattants, quelle que soit la cause des difficultés psychologiques imputables au service. » 

Lancement d’un projet en l’honneur des anciens combattants métis

Ralliement national des Métis a lancé le Métis Veterans Legacy Commemorative Program dans le cadre duquel il offre des fonds pour des projets locaux de commémoration.  

« En tant que nation, nous allons enfin raconter les sacrifices auxquels nos anciens combattants ont consenti », a déclaré David Chartrand, vice-président du Ralliement national des Métis, lors de l’annonce du projet en février.

Une somme à concurrence de 200 000 $ est disponible pour créer des monuments et des lieux de commémoration, organiser des cérémonies et lancer des initiatives éducatives.

Le programme a pour but de « dresser un tableau éloquent et honnête des milliers de Métis et Métisses qui se sont battus pour le Canada puis ont été oubliés quand ils sont rentrés au pays, ainsi que de leur legs », a expliqué M. Chartrand avant d’ajouter qu’un grand nombre de combattants n’était jamais rentré au pays.

Le programme servira aussi à faire prendre conscience à la population canadienne des réalisations et sacrifices des anciens combattants métis.

Il s’agit de la troisième et dernière phase d’une entente de 30 millions de dollars signée en 2019 en l’honneur des vétérans métis de la Deuxième Guerre mondiale. Le gouvernement du Canada avait également présenté ses excuses concernant la façon dont les anciens combattants métis avaient été traités à leur retour au pays.

« Nous regrettons qu’il ait fallu trois quarts de siècle pour que notre pays donne suite aux préoccupations des vétérans métis qui ont répondu à l’appel aux armes lancé par le Canada pour prendre part à la Seconde Guerre mondiale, avait déclaré Lawrence MacAulay, ministre des Anciens Combattants. […] Bon nombre d’entre eux ont subi des préjudices, ont vécu dans la pauvreté et n’ont pas été en mesure d’acquérir l’éducation, les compétences professionnelles et l’expérience de travail nécessaires. Nous nous excusons du fait que les avantages offerts aux vétérans après la guerre n’étaient pas conçus de manière à répondre aux besoins particuliers des vétérans métis. »

Dans la première phase de l’entente, des dizaines d’anciens combattants vivants ont été identifiés pour recevoir une indemnisation de 20 000 $ et des paiements de reconnaissance. Dans la deuxième phase, les paiements sont versés aux époux ou conjoints de fait de vétérans métis de la Seconde Guerre mondiale décédés. Si cette personne est décédée, ce sont les enfants des anciens combattants métis décédés après janvier 2016 qui ont droit au paiement. 

4 M$ de subventions octroyées à des groupes d’aide aux anciens combattants

Anciens combattants Canada a accordé 4 millions $ de subventions à 23 organisations du pays.

« Nous appuyons des organisations remarquables qui font un travail très important pour les anciens combattants et leur famille », a déclaré Lawrence MacAulay, ministre des Anciens combattants, lors de l’annonce des subventions en mars. Depuis 2018, le Fonds pour le bienêtre des vétérans et de leur famille soutient 60 organisations qui effectuent des recherches et s’impliquent dans la création de services communautaires innovants pour les anciens combattants. 

Les fonds de cette année serviront à établir des programmes de mieuxêtre pour les anciennes combattantes, à soutenir le bienêtre social et émotionnel de tous les anciens combattants, des membres de leur famille et de leurs aidants naturels, à élaborer des programmes pour les anciens combattants autochtones et à s’attaquer à l’itinérance chez les anciens combattants. 

 Le guide des ressources d’anciens combattants pour les militaires qui quittent les Forces armées canadiennes – produit par la filiale ontarienne Trenton de la Légion royale canadienne – contiendra des renseignements sur les moyens de trouver un médecin, des coordonnées pour la santé mentale et des endroits où d’anciens combattants se rassemblent. 

Le soutien aux anciennes combattantes se compose du Camp Aftermath où elles acquièrent des compétences en gestion à long terme des blessures de stress opérationnel et du TSPT; d’une initiative de mieuxêtre à Seabright, N.-É., où l’on enseigne la méditation transcendantale pour gérer le stress; et du centre Pepper Pod à Gatineau, Qc.

L’aide aux anciens combattants sans abri se compose de l’embauche d’un coordinateur pour la Homes for Heroes Foundation qui prévoit bâtir des villages d’anciens combattants à Kingston, Ont., à Winnipeg, à Edmonton et à Surrey, C.-B.; du projet Prêt pour zéro de l’Alliance canadienne pour mettre fin à l’itinérance; du financement de services de logement temporaire des refuges de Fredericton; du programme Les Sentinelles dans la communauté de la Mission Old Brewery à Montréal; et du programme Guitares pour Vets de Veterans Emergency Transition Services Canada.

Les mesures en matière d’emploi se concentrent sur la conception de modules d’embauche par la Challenge Factory de Toronto qui visent à aider les petites et moyennes entreprises à embaucher d’anciens combattants, ainsi que sur les programmes d’apprentissage et d’embauche « Du Régiment aux Bâtiments ». 

L’aide financière aux anciens combattants autochtones se compose d’une subvention pour les nouveaux programmes de Turtle Island offerts par les Mi’kmaq Ksalsuti Wellness Resources en association avec le Gagetown Military Family Resource Centre d’Oromocto, N.-B., ainsi que d’une aide pour les chercheurs autochtones de la Saskatchewan First Nations Veteran’s Association. 

Les programmes de mieuxêtre qu’ACC subventionne soutiennent les recherches sur la santé mentale des anciens combattants au Lawson Health Research Institute de London, Ont.; deux études sur le TSPT, une qui se penche sur l’impact de l’inconduite sexuelle et l’autre sur ce que l’on ressent quand on est témoin du recrutement d’enfants-soldats; un service de dialogue en ligne dirigé par la Société pour les troubles de l’humeur du Canada; le projet Veteran Pandemic Recovery de Team Rubicon Canada; le projet de True Patriot Love qui vise à intégrer des activités créatives dans la réadaptation et le rétablissement; un programme de soutien aux personnes en deuil offert par Wounded Warriors Canada; et un projet de recherche de l’Université de la Colombie-Britannique concernant l’utilisation des sports pour promouvoir les services en santé mentale et la réduction de l’itinérance. 

La troisième cloche

Des liens solides perdurent entre Halifax, St. John’s et Londonderry, le triangle qu’avaient dessiné les escortes de convoi pendant la bataille de l’Atlantique

Un convoi sillonne l’Atlantique. [Library of Congress/2017824659]

Trois ports au Canada et en Irlande du Nord partageaient un même objectif pendant la Seconde Guerre mondiale : ils accueillaient des centaines de convois transportant des soldats et des millions de tonnes de nourriture, de matières premières et de matériel de guerre pour appuyer la Grande-Bretagne assiégée.

Aujourd’hui, Halifax, St. John’s et Londonderry s’unissent pour commémorer les milliers de membres du personnel allié, dont presque 2 000 de la Marine royale canadienne, 1 600 de la marine marchande canadienne et 850 aviateurs, qui furent tués en protégeant des convois pendant la bataille de l’Atlantique.

Des vétérans des marines des deux côtés de l’océan se sont associés pour offrir une cloche de convoi commémorative à chacune de ces trois villes qui représentent le trajet triangulaire des groupes d’escorte des convois de la guerre en Atlantique Nord.

 

Les cloches sont depuis longtemps un symbole important pour les marins. Elles marquent le passage du temps à bord des bateaux et servent pendant les cérémonies. La fin du quart s’annonce par huit coups de cloche, le même nombre que lors des funérailles en mer. Les cloches de bateau sont aussi des fonts baptismaux : on les retourne et le nom de l’enfant est inscrit sur la cloche.

« Si les bateaux étaient des créatures vivantes, la cloche en serait le cœur et l’âme, et même une partie de la mémoire », explique le capitaine de corvette à la retraite Jim Reddy, capitaine du NCSM Sackville lors de la cérémonie de présentation par la force d’escorte de Terre-Neuve à St. John’s en 2018.

La cloche de la force d’escorte de Terre-Neuve est suspendue dans un présentoir, cadeau des anciens combattants de la marine d’Irlande du Nord. [Bureau du lieutenant-gouverneur/Hôtel du gouverneur]

Parmi les anciens combattants qui ont mis la main à la pâte, il y en avait du Crow’s Nest Officers’ Club de St. John’s, du NCSM Sackville à Halifax et de la filiale Londonderry de la Royal Naval Association. La Naval Officers’ Association de l’ile de Vancouver a contribué à l’acquisition des deux premières cloches. Chacune des trois cloches a été consacrée sur la rive opposée de l’Atlantique avant d’être transportée à son lieu d’attache permanent.

 

La première, la cloche des convois de l’Atlantique Nord, fut remise au Fonds de commémoration de la marine canadienne à l’occasion des cérémonies du 60e anniversaire de la bataille de l’Atlantique à Londonderry, en mai 2005. Elle fut consacrée à la cathédrale de Saint Columb et rapportée au Canada la même année. Elle est exposée à Halifax, où elle fait l’aller-retour entre la Chapelle du Souvenir de la BFC Halifax et le NCSM Sackville, dernière corvette de classe Flower encore en existence, qui sert aujourd’hui de musée.

La deuxième, la cloche Newfie-Derry, fut consacrée dans la cathédrale anglicane de St. John the Baptist à St. John’s en 2007. Elle a été remise par l’Association navale du Canada à la Royal Naval Association. Elle est exposée dans le Tower Museum de Londonderry et on l’utilise lors des commémorations.

« Londonderry était la clé de la victoire dans l’Atlantique », a écrit l’historien J.W. Blake en 1956. C’était la base la plus à l’ouest pour réparer et réarmer les navires, et pendant que cela avait lieu, les marins britanniques, étasuniens ou canadiens profitaient de l’hospitalité irlandaise.

« Nous avions deux cloches, dit le capitaine de corvette à la retraite Pat Jessup, impliqué dans le projet depuis 2005. Et nous en voulions une troisième. »

À l’issue d’une campagne de financement de deux ans au Canada et en Irlande du Nord, la cloche de la force d’escorte de Terre-Neuve a été mise en service à la filiale Londonderry de la Royal Naval Association. Elle fut consa-crée dans la cathédrale de Saint Columb, à Londonderry, et exposée au Tower Museum de Londonderry avant d’être présentée aux habitants de Terre-Neuve en 2018.

Elle est exposée à l’Hôtel du gouverneur à Saint John’s, sur un trépied conçu par Robert Buchanan, président de la filiale Londonderry de la Royal Naval Association, en l’honneur des trois tronçons de l’itinéraire.

« C’est vraiment une belle cloche », note M. Buchanan. 

Une bourse pour créer une nouvelle classification des TCC

Le traumatisme craniocérébral (TCC) est au cœur des recherches de maitrise du récipiendaire de la bourse d’études sur la santé des anciens combattants de la Légion royale canadienne de 2020.

« Il y a eu beaucoup de lésions cérébrales traumatiques au combat en Iraq et en Afghanistan, et c’est une cause majeure de mortalité au Canada chez les moins de 40 ans », a déclaré Abdelhakim Khellaf à l’occasion de l’attribution du prix, le 27 janvier dernier. 

Le prix est habituellement remis lors du forum annuel de l’Institut canadien de recherche sur la santé des militaires et des vétérans, mais il a eu lieu en ligne cette année, à cause de la pandémie. 

Khellaf, de l’Université de Toronto, se concentrera sur la mise au point d’un nouveau système de classification des TCC. 

Des chercheurs aux quatre coins du monde s’efforcent de perfectionner le système de classification des TCC depuis plus de dix ans. Connaitre la gravité et le type de la blessure — commotion cérébrale, contusion, plaie pénétrante, interruption de l’apport d’oxygène — est important pour choisir les soins et les mesures de réadaptation. Il y a d’autres facteurs qui ont aussi leur importance, comme la dépression et le trouble de stress post-traumatique, la détérioration de la capacité cognitive et les modifications de comportement qui affectent les relations familiales et l’aptitude à conserver un emploi.

« M. Khellaf défrichera de nouveaux territoires à mesure qu’il élaborera un nouveau système de classification et se penchera sur les risques de complication liée aux TCC et sur les meilleurs moyens de les soigner », dit le président de la Direction nationale, Tom Irvine, et cela pourrait mener à de nouvelles avancées. 

Étant donné la nature de leurs fonctions, les militaires sont exposés à de sérieux risques de plaie pénétrante ou de lésion par souffle, et Khellaf s’est rendu compte que leur traitement nécessite une démarche particulière, et que le système actuel de classification doit être mis à jour.

Depuis sa création en 2013, la bourse d’études de la Légion appuie des recherches visant à accroitre les chances de survie des soldats blessés par balle ou affectés par la peur mémorisée, par une maladie mentale ou une douleur chronique, ainsi que des études sur les animaux de soutien émotionnel. 

« Les connaissances acquises grâce aux recherches sont fiables et utiles à la Légion pour son travail sur le traumatisme de stress opérationnel et le sans-abrisme », dit Irvine. 

La bourse d’études alloue 30 000 $ à M. Khellaf pour ses recherches.

Deux autres chercheures s’occupant de questions de santé des militaires actuels ou anciens ont été primées lors de la remise des prix en ligne. 

Kate St. Cyr de l’Université de Toronto a reçu la bourse de doctorat Wounded Warriors pour ses recherches sur les différences entre les sexes en ce qui concerne les services de santé mentale. Elle recevra 36 000 $ sur deux ans. 

Valérie Ranger de l’Université d’Ottawa a reçu le prix Dr Mark Zamorski de 5 000 $ pour ses recherches sur l’évolution de la réserve cognitive, de la cognition et du trouble de stress post-traumatique au fil du temps, principalement chez les anciens combattants. 

Un groupe consultatif doit faire rapport sur le racisme

Le 17 décembre, le ministère de la Défense nationale a annoncé la création d’un groupe consultatif sur le racisme et la discrimination systémiques dans les rangs des Forces armées canadiennes.

Le groupe dispose d’un très vaste mandat pour enquêter et faire un rapport avant la fin de l’année sur la manière de mettre fin à la discrimination systémique et aux préjugés.

Ce « Groupe consultatif sur le racisme systémique, la discrimination, les préjugés LGBTQ2, la discrimination sexuelle et la suprématie blanche » se compose de quatre anciens combattants. Une des premières officières d’infanterie, la majore à la retraite Sandra Perron qui a écrit sur la maltraitance et la discrimination pendant sa carrière militaire, en fait partie, ainsi que Derek Montour, qui a quitté l’armée canadienne après la crise d’Oka et est devenu sergent fusilier marin des É.-U., le capitaine à la retraite D.L Gibson, et Ed Fitch, deuxième membre juif des FAC à atteindre le grade de major-général.

Le groupe doit recommander des moyens d’écarter les croyances racistes ou de suprématie blanche et trouver des moyens de modifier les pratiques pour mettre fin aux comportements discriminatoires.

Les membres du groupe procèderont à des entretiens confidentiels avec des employés du MDN ou des FAC, et ils recevront l’aide du Secrétariat fédéral de lutte contre le racisme.

 

Les FAC font l’objet de critiques sans précédent à la suite de plusieurs incidents. Des membres impliqués dans des groupes de suprémacistes blancs ou d’autres groupes haineux ont fait des commentaires racistes, néonazis ou anti-LGBTQ2, ou ont affiché des tatouages inacceptables.

Les mesures disciplinaires prises se sont échelonnées du renvoi des forces pour implication avec des groupes haineux en ligne à la probation, en passant par l’obligation d’un suivi psychologique et la renonciation à l’affiliation aux groupes haineux.

Des ordres ont été donnés afin de prévenir le harcèlement fondé sur la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, l’âge, le sexe, l’orientation sexuelle et l’identité de genre.

Par exemple, les ordres interdisent l’accès avec un ordinateur de travail à des renseignements qui promeuvent la haine; l’appartenance à un groupe qui encourage la violence ou épouse la haine; la propagation ou la validation d’informations provoquant la violence ou la haine; les actes de violence ou d’intimidation; l’affichage de tatouages qui prônent la violence ou la haine. 

Comme neuve, ou presque

Une Jeep de l’époque de la guerre de Corée est soigneusement restaurée

Les Jeep que les soldats canadiens utilisaient à la guerre de Corée étaient des engins fort pratiques.

Ces véhicules utilitaires à quatre roues motrices servaient au transport de commandants, de policiers militaires, d’estafettes du corps des transmissions et de marchandises légères, et faisaient parfois office d’ambulances ou de véhicules de reconnaissance. Leur système électrique étanche leur permettait de traverser les cours d’eau même quand leur moteur était submergé. Elles pouvaient se faire soulever par un hélicoptère.

Une Willys M38-A1 est chargée dans un Dakota C-47 de l’ARC. La Jeep était assez légère pour qu’un hélicoptère puisse la soulever. [Comox Air Force Museum]

Elles remorquaient des armes antiaériennes et antichars, et on pouvait y fixer des fusils sans recul. En cas de nécessité, leur capot servait de bureau ou de table.

Quelque 50 000 Jeep furent fabriquées aux États-Unis et au Canada pour la Corée, dont 2 135 Willys M38 assemblées à Windsor, Ont., par la Ford Motor Company en 1952.

 

La Willys M38 fut remplacée par la M38-A1, dont une, restaurée minutieusement pendant deux ans, se trouve à nouveau devant la filiale Georges Vanier de la Légion royale canadienne à Hawkesbury, Ont.

La Jeep avait été exposée aux intempéries devant la filiale durant des années : la peinture s’écaillait, la capote était en lambeaux, la carrosserie était trouée par la rouille. Jack Hume, premier vice-président de la filiale actuel, se porta volontaire pour en diriger le projet de restauration.

La restauration de la Jeep Willys, soigneusement décapée et poncée, lui a redonné sa beauté d’origine. [Jack Hume/Save the Jeep]

Cette Jeep, utilisée à une base où l’on formait des soldats au service à l’étranger, est du même modèle que celles qui étaient envoyées à la guerre de Corée, dit Hume, qui a passé quelque 200 heures à la restauration du véhicule dans son atelier de carrosserie.

Des entreprises locales ont donné un coup de main, l’une faisant don d’un pare-brise, l’autre offrant des rabais sur les pièces. « Ce n’était pratiquement plus que de la ferraille, nous dit-il. Deux ou trois années de plus et il n’en serait resté qu’un tas de rouille. »

Bien qu’elle ait maintenant l’air neuve, elle ne roule pas : personne ne s’est occupé du groupe motopropulseur. La Jeep a repris la garde devant la filiale, rappel précieux du service d’il y a longtemps.

« C’est très important pour la Légion qu’un véhicule militaire soit garé devant le bâtiment », dit Hume.

 

En 2019, une Jeep Willys de l’époque de la guerre de Corée restaurée s’est vendue aux enchères au prix de 67 000 $, mais pendant la guerre de Corée, on pouvait s’en procurer une à bien meilleur prix – pourvu qu’on eût la bonne devise. Ron Bourgon demanda à un groupe de mécaniciens américains de l’aider à réparer sa Jeep. Ils finirent par lui dire qu’il était impossible de la réparer, et qu’il devrait faire du pouce pour regagner son unité. Quand il leur dit que c’était impossible, le sergent américain lui demanda ce qu’il transportait.

La restauration de la Jeep Willys, soigneusement décapée et poncée, lui a redonné sa beauté d’origine. [Jack Hume/Save the Jeep]

« Je réponds “du whisky”. Est-ce que je pouvais leur vendre une bouteille? Eh bien, je dis, “réparez ma Jeep et je vous donne une bouteille”. » Ils sont allés chercher une autre Jeep et ont peint un matricule canadien dessus. « Il m’a donné une Jeep neuve pour une bouteille de Canadian Club. » 

ACC s’attend à un déluge de demandes

Anciens combattants Canada a été avisé de se préparer à un déluge de nouvelles demandes de prestations d’invalidité après la crise de la COVID-19.    

La pandémie a donné lieu à une réduction de 44 % des demandes, mais « Tout semble plutôt indiquer que […] dès que la vie des Canadiens et des Canadiennes retrouvera un semblant de normalité, le rythme des applications s’accroitra. », lit-on dans le rapport de décembre du Comité permanent des anciens combattants (CPAC). 

Selon la première des 16 recommandations du rapport sur les retards de traitement des demandes de prestations d’invalidité d’ACC, le gouvernement et le ministère devraient commencer immédiatement à se préparer à « un afflux de demandes retardées par la pandémie de la COVID-19 ».

Pendant des années, les demandes sont arrivées plus vite qu’ACC ne pouvait les traiter à cause des modifications et de l’expansion des avantages, de l’amélioration de la prise de conscience les concernant, d’une grande augmentation du nombre des demandes de services en santé mentale et de l’accroissement du nombre d’anciens combattants libérés pour raisons médicales. Entre 2015 et 2020, le nombre de demandes a augmenté de 40 %, de 45 000 à 63 100, tandis que le nombre de demandes traitées n’a augmenté que de 35 %. 

Une mise à jour autorisant les anciens combattants à qui l’on avait accordé une admissibilité partielle à soumettre une demande d’admissibilité pleine a conduit à une forte augmentation du nombre de dossiers dont s’occupe la Légion royale canadienne, dit Ray McInnis, directeur du bureau d’entraide. 

« Cette modification à elle seule a abouti à un bien plus grand nombre de révisions ministérielles, a-t-il dit au comité. Auparavant, la Légion s’occupait de quelque 80 révisions ministérielles par année. Cependant, entre aout 2018 et décembre 2018, nous en avons fait 552. En 2019, nous en avons fait 601. »

ACC traite encore plus de demandes. 

 

Le ministère a muté des employés et en a ajouté des centaines d’autres, nouveaux ou temporaires, pour s’occuper des retards qu’il espérait rattraper d’ici 2022. En juin 2020, le ministère a annoncé que 300 personnes seraient embauchées au cours des deux prochaines années pour s’occuper des demandes les plus courantes, comme celles qui concernent l’atteinte auditive et les affections musculosquelettiques. « Nous commençons à voir des progrès », dit le ministre des Anciens combattants, Lawrence MacAulay au comité.

Le nombre de retards a diminué pendant la pandémie, des 21 572 rapportés par ACC le 30 juin, à moins de 19 000, mais 17 537 personnes ayant soumis un dossier complet attendaient depuis plus de 16 semaines. 

Le directeur parlementaire du budget (DPB) a rapporté qu’il avait compté 49 216 demandes en attente en mars 2020. Selon ACC, un dossier n’est en retard que si plus de 16 semaines se sont écoulées depuis la réception de tous les renseignements nécessaires. 

D’après le CPAC, les arriérés devraient comprendre les demandes qui n’ont pas été assignées. En outre, il recommande à ACC de publier en ligne un rapport complet sur les retards tous les six mois à partir de juillet 2021. 

Les renseignements devraient comprendre le nombre de nouvelles demandes, la proportion de cas jugés compliqués, le nombre de décisions prises en 16 semaines ou moins et le nombre de décisions qui ont pris plus longtemps. Il recommande aussi de calculer la moyenne des temps d’attente et le temps d’attente médian de la GRC et des FAC, des hommes et des femmes, et des anglophones et des francophones. 

Bien qu’ACC ait rapporté une moyenne des temps d’attente de 28 à 30 semaines, « ces temps d’attente moyens ne reflètent pas l’expérience des témoins […] qui ont attendu bien plus longtemps », indique le rapport. Le DPB a constaté que le ministère atteignait sa cible de 16 semaines 37 % des cas.

 

Le rapport recommande aussi qu’ACC embauche davantage d’arbitres bilingues ou francophones partout au pays. L’ombudsman des vétérans a rapporté en 2018 que le traitement des demandes de francophones était de plus de deux fois plus long que celui des demandes d’anglophones.

Pour empêcher que le nombre de retards n’augmente à nouveau, le DPB recommande qu’ACC garde le personnel temporaire et supplémentaire au-delà de mars 2022. Il préconise aussi que le ministre essaie une procédure de ratification provisoire relativement à certaines affections. 

Cela permettrait de « faire preuve de bonne foi dans le traitement de l’arriéré existant », dit le rapport, et respecterait le principe du bénéfice du doute accordé au demandeur. 

Il recommande aussi qu’ACC continue d’allonger la liste d’affections pour lesquelles l’approbation est donnée automatiquement, et d’y inclure certaines affections que l’on peut présumer être liées au service des femmes dans les FAC ou la GRC. 

Plusieurs suggestions visaient les Forces armées canadiennes. Selon elles, les blessures devraient toutes être versées aux dossiers, ses membres devraient consentir par écrit au transfert des renseignements médicaux à ACC et, six mois avant la libération pour raisons médicales, les FAC devraient fournir à ACC les diagnostics qui appuient cette décision. 

Le retard sur le traitement des prestations d’invalidité est difficile à prédire, ajoute le rapport. 

« Il n’y a pas de solution miracle pour régler cet important retard, dit McInnis au comité. La fin n’est pas encore en vue. En fait, nous croyons que lorsque les nouveaux groupes de transition seront complètement opérationnels, encore plus de membres libérés demanderont des avantages. Le nombre de retards risque d’augmenter. » 

Inconduite sexuelle : les réclamations doivent être faites avant le 24 nov.

Les personnes affectées par l’inconduite sexuelle dans les Forces armées canadiennes ou au ministère de la Défense nationale ont jusqu’au 24 novembre pour faire une demande concernant l’entente de règlement de 900 millions de dollars.     

Le règlement a été approuvé par la Cour fédérale en 2019 en réponse aux recours collectifs intentés par sept anciens membres des FAC de la part de militaires et d’employés civils actuels ou anciens des FAC et du MDN.

La plupart des règlements seront de 5 000 $ à 55 000 $, selon la gravité de l’inconduite.

Les règlements visent à indemniser des militaires et des employés qui ont été victimes d’inconduite sexuelle avant le 26 novembre 2019. Cette inconduite comprend le harcèlement sexuel, l’agression sexuelle et la discrimination fondée sur le sexe, le genre, l’identité de genre ou l’orientation sexuelle. 

« Nous encourageons quiconque pense y avoir droit à consulter le site Web du règlement », dit Tim Kerr, directeur de l’équipe de mise en œuvre des litiges du MDN. En cas de doute, on peut consulter un avocat gratuitement. 

La plupart des règlements seront de 5 000 $ à 55 000 $, selon la gravité du préjudice. Les personnes qui ont subi un préjudice exceptionnel et à qui on a refusé les avantages d’Anciens combattants Canada pourraient avoir droit à une indemnité maximum de 155 000 $.

En plus de l’indemnité financière, l’entente de règlement comprend la possibilité de participer à des démarche réparatrices dans le cadre desquelles les victimes peuvent témoigner des expériences qu’elles ont vécues auprès des représentants supérieurs des FAC ou du MDN. 

« C’est tout à fait volontaire, dit Kerr. C’est une occasion offerte aux victimes de raconter ce qui leur est arrivé, […] de savoir qu’elles sont entendues. » En outre, il est important que ces supérieurs entendent ces faits pour prendre les décisions nécessaires à un environnement militaire plus accueillant et pour éviter que de tels comportements ne se renouvèlent. « Changer la culture est l’un des objectifs des démarches réparatrices », dit-il. 

 

ACC a déjà modifié certaines de ses politiques. Les plaintes pour traumatismes sexuels peuvent être déposées sans élément de corroboration, et le fait que l’inconduite ait eu lieu hors des propriétés des FAC ou lors d’une activité facultative ne sera pas un motif de refus.

Les anciens combattants et les membres des FAC dont la plainte a été rejetée avant le 3 avril 2017 peuvent demander une révision.

L’exigence d’un élément de corroboration a été levée, et la preuve d’emploi doit être établie soit par le matricule, soit par le numéro d’employé du MDN. 

« Nous savons qu’un grand nombre de cas d’inconduite sexuelle n’ont pas été signalés », dit Kerr, ajoutant que certaines personnes se sont fait dire qu’une telle plainte nuirait à leur carrière. « Il se peut qu’il n’y ait pas de traces écrites dans un bon nombre de ces cas, alors on n’exige pas de document pour toutes les catégories de revendication. »

La catégorie A regroupe les personnes qui se sont senties offensées ou dégradées par des blagues sexuelles, des remarques déplacées, une attention sexuelle importune persistante ou une pression cherchant à obtenir des rendez-vous ou des relations sexuelles. Il n’y a pas besoin de corroboration.

La catégorie B fournit une indemnisation pour une inconduite plus grave, et le montant est fondé sur le degré de préjudice. Les requérants doivent donner des détails sur le ou les incidents, leur lieu et date ou leur fréquence, mais ils sont libres de nommer ou non les auteurs ou les témoins.

On leur demandera aussi de décrire le préjudice subi : la sensation d’avilissement, la perte de confiance et de vie sociale, les dommages sur le plan affectif ou psychologique, le trouble émotionnel conduisant à un comportement à risque, les pensées suicidaires, le sans-abrisme, l’incapacité de conserver un emploi, le besoin de soins psychiatriques, l’impact financier.

La catégorie C mène à une compensation allant de 50 000 $ à 100 000 $, selon la gravité du préjudice, pour les personnes qui ressentent un TSPT ou une autre blessure physique ou mentale causés par une agression ou un harcèlement sexuels et à qui les avantages d’ACC ont été refusés. 

Les victimes peuvent faire des réclamations dans plusieurs catégories.

 

« Il y a un grand nombre de requérants potentiels », dit Kerr, ajoutant que l’inconduite sexuelle est un problème délicat et que certains des requérants pourraient être trop traumatisés pour vouloir déposer une plainte, et que d’autres pourraient s’inquiéter de la manière dont leur carrière en serait affectée.

Les renseignements sur les réclamations resteront confidentiels, et ils ne seront remis ni aux FAC ni au MDN. Les démarches réparatrices seront menées dans un endroit sûr par des civils qualifiés. Les revendications seront traitées par un administrateur ou évaluateur indépendant qui en déterminera la recevabilité.