La construction du nouvel édifice a commencé

Quand la présidente nationale Mary Ann Burdett a plongé une pelle dorée dans le sol, à un site de construction à Kanata (Ont.), en septembre, la Légion royale canadienne faisait un petit pas vers son nouvel avenir. Le bond aura lieu plus tard cette année, quand le personnel de la Direction nationale va emménager au nouveau siège social, dans le faubourg d’Ottawa.

En ce beau jour tonifiant, un petit groupe de dignitaires et des membres du comité de construction de la Légion ainsi que du personnel de la Direction nationale se joignaient à Burdett à l’occasion de la cérémonie d’inauguration des travaux. Le président sortant de la Légion Allan Parks, qui a présidé le comité depuis sa création en juin 2004, avait un large sourire aux lèvres. “Maintenant que les anciens combattants ont passé le flambeau, c’est à nous de maintenir la Légion convenablement et avec vitalité. Ce déménagement à une structure toute nouvelle la maintient sur la bonne voie.”

Le siège social actuel, établi en 1956 au coin des rues Kent et Gilmour au centre-ville d’Ottawa, a été vendu pour nettoyer le terrain du nouvel édifice. Burdett reconnaît qu’il va falloir du temps pour s’y habituer. “C’est un changement pour nous tous. N’importe à quel point on a besoin de changement, il faut faire un certain ajustement. Il y a des choses qui vont nous manquer quand nous ne serons plus au centre-ville, mais nous avons hâte de déménager ici.”

Au cours des deux dernières décennies, Kanata a grandi considérablement grâce à l’arrivée d’importantes entreprises de haute technologie ainsi que grâce à la construction du centre Corel, un endroit prééminent où ont lieu des parties de la Ligue nationale de hockey et des concerts de toutes sortes. Le stade et le foyer de la Légion à venir sont presque voisins l’un de l’autre.

La conseillère de la ville d’Ottawa, Peggy Feltmate qui représente Kanata, dit que le déménagement de la Légion va être extra pour le faubourg et pour la Légion. “Cela va mettre la Légion au grand jour, d’être au bord du Queensway (la section d’Ottawa de l’autoroute transcanadienne), où des milliers de gens passent chaque jour.”

Le député fédéral Gordon O’Connor (Carleton-Mississippi Mills) reprenait l’opinion enthousiaste de Feltmate. “Nous sommes vraiment heureux que la Légion vienne ici. C’est un siège social, alors nous pouvons nous attendre à ce que dorénavant nous ayons davantage de visiteurs dans la circonscription.” L’édifice va être situé au coin de la place Aird et de la rue Castlefrank.

Le secrétaire national Duane Daly, dont le personnel va occuper l’édifice, fait remarquer que cet édifice de 4,5 millions de dollars va faire économiser de l’argent à la Légion au bout du compte. “Cela va revigorer le siège social et nous permettre de fonctionner d’une manière plus économique que dans nos vieilles installations.” La propriété et la construction ont été financées principalement grâce à la vente du vieux siège social.

Le gérant du projet Gerry McDermott de Jackson-Browne Associates dit que le calendrier de la construction allait être rigoureux. “Nous espérons pouvoir remettre les clés le 1er septembre 2006. C’est ce qui est prévu.”

L’architecte Anthony Leaning de CSV Architects, qui a dessiné l’édifice avec son collègue Robert Froom, fait remarquer que le nouveau siège social va être un immeuble bas, un édifice à bureaux de grandeur moyenne ayant une capacité d’environ 60 personnes. “Une des choses qu’il y a de différent c’est qu’il a une fonction d’entrepôt, mais nous avons fait ce qui était possible pour que l’entrepôt ne domine pas l’extérieur de l’édifice. Bien que ce ne soit pas un immeuble public, nous avons essayé de le dessiner de sorte qu’il ait une façade aimable.”

Une des caractéristiques principales du nouvel édifice sera la marque de commerce de la Légion : le coquelicot.

Les légionnaires retournent à Calgary

“Le Conseil exécutif national a donné la consigne de lancer un appel au congrès à toutes les directions, filiales et sections de la Légion royale canadienne pour que leurs délégués s’assemblent à Calgary (Alb.), le 24 juin 2006 à l’occasion du 41e Congrès national. Cet appel au congrès est lancé conformément à l’article 901 des Arrêtés généraux.”–le secrétaire national Duane Daly

Le 41e Congrès national est en train de seller sa monture pour partir vers l’Ouest cette année, à Calgary où les légionnaires vont s’assembler du 24 au 29 juin.

Le congrès, qui vient à un moment important pour la Légion royale canadienne, et quelques mois seulement après la fin de 2005, l’année de l’ancien combattant, devrait attirer plus de 2 000 délégués impatients de discuter des affaires et faire l’expérience d’une bonne camaraderie. Le thème de la manifestation de cette année est la Liberté grâce aux anciens combattants.

Calgary est un endroit bien mis à l’épreuve où un congrès national peut avoir lieu. Cette ville du Sud de l’Alberta a reçu le congrès de 1994 et les délégués avaient de bien bonnes choses à dire à propos des services et des agréments. Cette année, le comité des préparatifs locaux s’est donné à fond pour rendre les renseignements sur la manifestation accessibles à tous. La publication d’un site dans la toile dévoué au congrès est une importante partie de cet effort. Le site est à www.2006dominionconvention.com et on y trouve beaucoup de renseignements utiles.

Le congrès va avoir lieu au Telus Convention Centre, qui se trouve au numéro 120 9th Avenue, au coeur de Calgary. Il s’agit d’une installation très moderne avec beaucoup de fenêtres et d’espace ouvert et clair. Le Centre Telus, la première installation au Canada dévouée aux congrès, est entouré d’édifices historiques et de plusieurs hôtels à congrès.

Les délégués devraient arriver le samedi pour s’inscrire et prendre leur chambre d’hôtel. Les manifestations commenceront le dimanche matin car la présidente des préparatifs locaux Vicki Horrocks, membre de la filiale Centennial, a organisé un “déjeuner style ruée” spécial à la filiale Calgary, laquelle est située au 116 7th Avenue, près du centre des congrès. Le défilé du dimanche doit passer d’abord par 8th Avenue au centre-ville de Calgary à 13 h 30. Ce sera une belle promenade sur un terrain plat, et pas trop longue non plus.

Les filiales ont droit à un délégué accrédité tous les 100 membres ordinaires, à vie, associés ou affiliés votants, ou fraction de 100. Les délégués, dont les frais d’adhésion doivent avoir été réglés jusqu’au 31 décembre 2006, devront payer 50 $ en frais d’inscription. Le coût pour les observateurs sera de 15 $.

Tel qu’on l’a écrit dans les Arrêtés généraux, toutes les résolutions doivent se trouver à la Direction nationale au plus tard le 5 mars, soit 112 jours avant l’ouverture du congrès. Les filiales devraient s’assurer que toutes les résolutions soient soumises avant la date limite fixée par leur direction divisionnaire. Les résolutions en retard seront remises au Conseil exécutif national après le congrès.

Prière de s’adresser aux agents responsables des directions divisionnaires pour les formulaires de demande de logement. Quant aux filiales des États-Unis et de l’Europe, demandez les formulaires au bureau de la zone. Pour les renseignements sur les réservations de chambre d’hôtel, rejoindre Tourism Calgary au 1 800 661-1678 ou, par télécopieur, au 403 262-3809. On peut également visiter le site de la toile à www.tourismcalgary.com pour obtenir beaucoup de renseignements sur la ville.

À Air Canada, on fait à nouveau tout ce qu’on peut pour que les délégués puissent se rendre au congrès de la manière la moins dispendieuse possible. La meilleure manière de réserver les billets est d’appeler le Centre des congrès d’Air Canada au 1 800 361-7585. Les délégués devraient citer le numéro d’événement CV 060098. L’aéroport international de Calgary est à 20 minutes du centre-ville. La course en taxi monte à environ 30 $. Il y a aussi un service de navettes.

Bien que le Calgary Stampede ne commence que le 7 juillet, il y a quand même beaucoup de choses à voir et à faire dans cette grande ville de l’Ouest. La partie la plus intéressante de la vie nocturne et des expositions d’arts se trouve dans le quartier des hôtels de congrès. Le zoo de Calgary et le musée Royal Tyrrell, où sont exposés 35 squelettes de dinosaures complets, ne sont pas loin en voiture et ils méritent le déplacement.

Calgary a aussi beaucoup à offrir au mordu d’histoire militaire. Le musée des régiments, au 4520 Crowchild Trail, a une des expositions de souvenirs des Forces canadiennes les plus fascinantes. Une visite à ce musée fera passer le particulier à travers une histoire visuelle des régiments les plus fameux. Fortement recommandé.

Pour les gens qui s’intéressent à l’histoire navale, il y a le Naval Museum of Alberta, situé au 1820 24th Street. D’aucuns seront intéressés davantage par le Glenbow Museum, situé tout près du centre des congrès, au 130 9th Avenue. Il s’agit d’un musée d’intérêt général avec des expositions sur les Premières Nations et la colonisation de l’Ouest, l’histoire mondiale et la géologie.

Peut-être que durant le congrès serait le bon moment de prendre des petites vacances pour se rendre à certains des paysages les plus dramatiques du Canada. À peine à un peu plus d’une heure à l’ouest de Calgary se trouve Banff la magnifique. Banff, située au milieu des montagnes Rocheuses, est une des destinations touristiques les plus impressionnantes au Canada. Visitez www.banfflakelouise.com pour plus de renseignements sur Banff et la région.

Il y aura aussi des manifestations d’hospitalité durant les soirées. Dix filiales de la région de Calgary vont participer d’une façon ou d’une autre, soit en se faisant l’hôtesse lors d’une soirée spéciale de camaraderie, soit en soutenant ces manifestations.

Pour de plus amples renseignements, visiter le site de la Direction nationale à www.legion.ca, et pour se renseigner sur Calgary, visiter le site du centre de congrès à www.calgary-convention.com.

Il faut corriger une injustice

Anciens combattants Canada a fixé le 1er avril comme date de la mise en application de la Loi sur la rééducation et l’indemnité des membres des Forces canadiennes et des anciens combattants, laquelle est souvent appelée la nouvelle Charte des anciens combattants. La loi a reçu la sanction royale le 13 mai, mais les détails concernant la mise en application n’ont pas encore été annoncés.

Bien que l’ensemble arrive vraiment à point nommé, il y a encore des domaines dont on se soucie. La manière dont le Régime d’assurance-revenu militaire s’occupe de l’invalidité de longue durée en est un. L’ILD du RARM garantie aux membres des Forces canadiennes 75 pour cent de leur ancien salaire pendant une période pouvant aller jusqu’à deux ans s’ils sont remis à la vie civile à cause d’une invalidité résultant du service. Les paiements peuvent continuer jusqu’à l’âge de 65 ans si le membre reste invalide. Toutefois, l’ILD du RARM ne paie pas nécessairement les 75 pour cent au complet. En fait, on tient compte de toute autre source de revenu que l’ancien membre obtienne et cela neutralise le montant que le RARM paie directement.

Malheureusement, la pension d’invalidité que paie ACC, bien qu’on ne la considère pas comme un revenu car elle est en réalité un avantage d’invalidité servant d’indemnité suite à quelque blessure soufferte en service, est considérée comme une source de revenu par le RARM. C’est intrinsèquement injuste.

Il n’y a aucune logique à ce que le RARM considère les avantages de pension d’invalidité payés par ACC comme étant un revenu, surtout quand les membres encore en service peuvent recevoir une pension d’invalidité d’ACC alors qu’ils ont encore leur salaire au complet. Un membre ayant une pension d’invalidité de 20 pour cent pourrait continuer à servir dans les Forces canadiennes. Pour autant que cela ne s’aggrave pas, il devrait continuer à recevoir au moins ce montant, libre d’impôt, le reste de ses jours. S’il sert encore pendant 20 ou 25 ans, il pourrait finir par atteindre une pleine pension de retraite. Sa pension d’ACC ne serait jamais en danger, ni ne la considérerait-on comme un revenu, même après qu’il ait pris sa retraite.

Un autre membre pourrait être blessé bien plus gravement, au point où il serait rendu à la vie civile comme étant inapte pour raison de santé. On lui octroierait une pension d’invalidité d’ACC de 70 pour cent. Son affaiblissement serait si grave qu’il n’aurait guère de chances d’obtenir d’emploi au civil. S’il n’a que quelques années de service, il n’aura pas droit à une pension de retraite. D’après les avantages d’ILD du RARM, il n’aura droit qu’à 75 pour cent du salaire qu’il touchait dans les FC. Malheureusement, la valeur de la pension que lui remet ACC sera soustraite de ce que lui paie l’ILD du RARM.

Les nouvelles mesures vont probablement servir à corriger cette injustice. Toutefois, ces dispositions ne seront pas rétroactives. Les paiements d’ILD du RARM vont continuer à être réduits du montant que l’ancien combattant reçoit d’ACC selon la Loi sur les pensions. Il est temps, maintenant, que la Défense nationale et le RARM corrigent cette injustice.

Éditorial – Ç’a été une très bonne année

Nous avons dit adieu à 2005, l’année de l’ancien combattant. L’année de célébrations, que la Légion royale canadienne a proposée, a été réussie de bien des manières. Suscitée par le 60e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’année a commencé par une annonce officielle faite au Sénat durant la semaine de l’ancien combattant de 2004.

La Légion et le ministère d’Anciens combattants Canada ont tous deux produit des épingles à revers et d’autres souvenirs. La Monnaie royale canadienne a émis des pièces de circulation et de commémoration. ACC a organisé un pèlerinage aux Pays-Bas en l’honneur du jour J, un autre en France et en Belgique avec des dirigeants aborigènes et encore un autre à Hong Kong. À Ottawa, au mois d’août, ont aussi eu lieu plusieurs manifestations pour célébrer le jour de la victoire au Japon. La Légion royale canadienne a été l’hôtesse d’un congrès triennal de la Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth à Ottawa. L’ouverture du nouveau Musée canadien de la guerre a été un moment de fierté. Il y a eu un autre moment spécial : le dévoilement du septième Livre du Souvenir.

Mais l’accomplissement suprême a été l’annonce par la ministre des anciens combattants Albina Guarnieri d’une nouvelle Charte des anciens combattants. On s’est occupé des besoins des membres actuels des Forces canadiennes et de ceux qui ont été remis à la vie civile dernièrement, ainsi que de leur famille, d’une manière vigoureuse rappelant la Charte des anciens combattants originaire aux avantages qui avaient été préparés pour les vétérans de la Seconde Guerre mondiale revenant au pays.

La nouvelle charte reconnaît que l’âge moyen des membres quittant les Forces canadiennes est de 36 ans. L’ensemble comprend des services de rééducation, des avantages de santé, une assistance de placement, un soutien économique et des octrois d’invalidité. Les détails sur la manière dont ces avantages vont être administrés n’ont pas encore été annoncés et les organisations d’anciens combattants vont être vigilants à propos de tout domaine qui laissera à désirer.

Tout compte fait, beaucoup a été accompli à partir d’une idée simple. Des petites et grandes manifestations ont eu lieu à travers le pays et nos anciens combattants et leur famille se sont réjouis de l’appréciation publique.

Un court bilan de l’année 2001: L’année de l’anniversaire qu’on n’oubliera jamais

par Bob Butt

Le président national Bill Barclay

Les hauts émotionnels ressentis par les légionnaires lors des célébrations du 75e anniversaire ont été modérés par les émotions écrasantes du 11 septembre 2001 survenues dans un climat de terreur. La réalité épouvantable de la faillibilité de notre continent nous a été révélée, en direct aux yeux de tous, grâce à la technologie créée pour faire de notre monde un lieu plus efficace et mieux renseigné.

La télévision, Internet et les autres médias nous ont apporté des images de mort et de destruction à New York, à Washington (DC) et à un champ en Pennsylvanie qui semblaient sans fin. Même pas un an après le début du millénaire, dont l’arrivée avait été acclamée de manière si magnifique, on allait à nouveau en guerre pour défendre un mode de vie et les libertés pour lesquelles on avait tant lutté.

Les attaques des terroristes semblent avoir donné aux Canadiens un sens renouvelé du besoin de se souvenir. Plus de coquelicots que jamais ont été produits, distribués et portés par les Canadiens.

Plus de 16 millions d’emblèmes, un pour tous les deux Canadiens, ont été frappés par leur producteur, Dominion Regalia de Toronto, et envoyés aux filiales pour la campagne annuelle du coquelicot et du souvenir. À la fin, il n’en restait plus à distribuer malgré la demande qui a continué jusqu’à la fin de la campagne.

Les foules records aux cérémonies du jour du Souvenir à travers le Canada évoquaient le sentiment de souvenir de plus en plus fort qui s’est manifesté au Canada depuis le milieu des années 1990.

Les réalités des horreurs du passé, des fois ignorées, des fois oubliées, sont devenues plus évidentes aux générations qui n’ont jamais souffert de la guerre ou même jamais vue. Et elles l’ont démontré en se rendant aux cérémonies du jour du Souvenir. Les légionnaires, où qu’ils puissent le faire, ont aussi démontré leur solidarité envers nos voisins américains.

Le président national Bill Barclay a envoyé une lettre le 11 septembre à son homologue Richard J. Santos, commander national de l’American Legion, qui n’avait obtenu son poste que 11 jours avant l’attaque. Il y exprimait l’horreur et la douleur qu’il ressentait à propos de l’attaque où 25 Canadiens ont aussi péri.

Les filiales ont participé à de nombreuses cérémonies transfrontalières avec les postes de l’American Legion pour partager la douleur des vies perdues durant le branle-bas de combat. Une période de deuil a été déclarée à la Légion et les drapeaux ont été mis en berne aux filiales à travers la nation. Le jour du Souvenir lui-même, le dernier jour de célébrations officielles du 75e anniversaire de la Légion, le drapeau états-unien était porté par les gardes du drapeau de la Légion ou déployé aux cénotaphes et cairns de la Légion, alors que les Canadiens se souvenaient et pleuraient.

Au début de cette année inoubliable la Légion était en plein dans les affaires décidées au Congrès national de 2000. Dix directions divisionnaires se préparaient à leurs propres congrès et les comités de la Direction nationale se préparaient à réviser le progrès et planifier les stratégies à venir. À la fin de l’année, il y avait eu du progrès dans tous les domaines.

Le Comité des anciens combattants, des services et des aînés a fait un progrès appréciable à propos des problèmes qui affectent les vétérans des Forces canadiennes et la population d’anciens combattants qui vieillissent. Suite à l’adoption d’une définition d’ancien combattant qui a eu lieu au Congrès national de 2000, Anciens combattants Canada a élargi sa propre définition pour y inclure les membres militaires actuels et anciens qui ont satisfait aux exigences de profession ou de classification et qui ont été rendus à la vie civile honorablement.

Comme suite aux résolutions prises au congrès, le ministère a aussi modifié ses règlements afin de s’assurer que les récipiendaires des avantages du Programme d’autonomie des anciens combattants ne les perdent pas à cause de changements dans leurs circonstances financières. Les pensionnés militaires d’après la guerre de la Corée ont obtenu les avantages du PAAC, sans se soucier de l’endroit où ils ont subi l’invalidité donnant droit à la pension.

Les modifications ont été mises en vigueur à la fin du mois d’août et les détails de ces résolutions, et des autres, ont été distribués aux filiales en septembre dans le livret Comments on Resolutions of the 38th Dominion Convention 2000 (commentaires sur les résolutions du 38e Congrès national 2000).

Malgré cet important progrès, il y avait encore trois secteurs majeurs que la Légion portait à la connaissance d’ACC. Il n’y avait eu aucune amélioration dans les domaines des normes nationales pour les soins de longue durée des anciens combattants, l’octroi des avantages du PAAC aux conjoints des anciens combattants décédés tant que le besoin s’en fasse sentir (ménage et entretien du terrain), et la bonification des avantages des prisonniers de guerre.

Au mois de novembre, le comité en avait plus qu’assez. Le président national Barclay, dans une lettre bien sentie envoyée au ministre Ron Duhamel, se retirait de toute réunion improductive à venir avec les cadres du ministère et interrompait sa participation au conseil consultatif de gérontologie et au conseil consultatif des anciens combattants et de la Défense nationale jusqu’à ce qu’aient lieu des actes plutôt que des discussions. Une lettre expliquant les problèmes fut aussi envoyée aux filiales.

Pour passer à des choses plus constructives, il y a eu beaucoup de progrès au projet de logements de la Légion pour aînés grâce à la direction de Dave MacDonald dont c’était la deuxième année de détachement d’ACC à la Légion. Un certain nombre de directions et de filiales ont travaillé avec lui pour lancer de nouveaux projets et le comité a recommandé au sous-exécutif et au CEN de faire du projet le centre du programme des aînés. Ils ont donné leur accord.

Vu que 45 pour cent des membres de la Légion ont plus de 65 ans et que la majorité des activités de la Légion ont lieu au niveau de la filiale, le programme continue à subvenir aux besoins des aînés qui ne sont pas identifiés par ailleurs dans les collectivités. En tant qu’une des plus importantes organisations d’aînés au Canada, la Légion est toujours consultée par le gouvernement et les organismes non gouvernementaux qui cherchent à faire avancer les causes des aînés.

Le comité a continué à surveiller l’initiative mixte d’ACC et Santé Canada sur la prévention des chutes servant à conscientiser les gens et réduire le nombre de blessures dont souffrent les aînés à la suite de chutes. Le vice-président du comité Bob Gray, de l’Alberta, a travaillé de près avec le Conseil canadien de la sécurité pour développer les renseignements distribués largement qui ont été envoyés par la poste à toutes les filiales.

La Légion a aussi travaillé de près avec Santé Canada et 12 autres organisations d’aînés pour identifier cinq thèmes principaux qui affectent les aînés afin d’arriver à un consensus sur les priorités en se basant sur le développement d’un modèle sans confrontation servant à conseiller le gouvernement et influencer la législation.

Comme résultat, il y a eu l’approbation en principe et le financement d’une conférence des organisations nationales d’aînés pour promouvoir la proposition. La participation de la Légion a donné lieu à son implication à la table ronde concernant les questions de soins de santé des aînés, du financement et du logement où les aspects du programme de la Légion pour les aînés ont servi de vitrine, comme les bourses de gérontologie, lorsqu’elle exprimait ses préoccupations qu’on y a sur la santé et le logement.

La réintroduction des bourses en gérontologie mandatée au Congrès national de 2000 a donné lieu à des octrois de 110 000 $ durant l’année. Alors que les récipiendaires étaient reconnaissants, on a découvert qu’il y a eu une importante croissance des professionnels dans le domaine de la gérontologie à cause d’une augmentation de la population des aînés. À la fin de l’année, l’objectif de 1978 d’encourager les professionnels à obtenir des compétences et entrer dans le domaine semblait avoir été atteint. Cependant, il y a d’autres buts qui n’avaient pas encore été atteints.

Le Comité du leadership, du développement et de la jeunesse était aux prises avec le défi de donner un entraînement précieux et efficace aux leaders à venir de la Légion. Les membres estimaient qu’il était impératif que les leaders à venir aient les outils qu’il faut pour pouvoir diriger la Légion au siècle prochain. Une décision de comment y arriver fut prise et elle a été passée au niveau de l’exécutif à la fin de l’année pour qu’on l’y étudie.

Pendant que le comité étudiait la question, 60 000 jeunes citoyens canadiens s’inscrivaient aux concours littéraires et d’affiches. Comme d’habitude, les juges ont eu beaucoup de difficultés à faire des choix pour les faire parvenir au niveau suivant alors que les concours continuaient à impressionner les gens qui voyaient les interprétations écrites et artistiques.

Les gagnants au niveau senior des concours ont été récompensés d’un voyage à Ottawa pour déposer une couronne de la part de la jeunesse du Canada à la cérémonie nationale du jour du Souvenir. Plus de 15 000 personnes ont assisté à la cérémonie en 2001 et environ 500 anciens combattants ont fait partie du défilé. La SRC a rapporté que deux millions de Canadiens ont regardé sa diffusion en direct à la télévision.

La mère de la Croix d’argent Ina Galvin du Québec a déposé une couronne de la part des femmes canadiennes qui ont perdu des enfants aux services militaires et de la marine marchande de la nation. Le vétéran de la Deuxième Guerre mondiale et seul récipiendaire canadien survivant de la Croix de Victoria Smokey Smith de la Colombie-Britannique était aussi dans l’assistance. Il y avait eu d’autres activités commémoratives au cours de l’année où la jeunesse était distinguée.

Le Pèlerinage du souvenir des leaders de la jeunesse, auquel 25 pèlerins ont participé, a eu lieu en juillet 2001 et deux d’entre eux étaient des vétérans de la Seconde Guerre mondiale. Les visites ont été faites à des sites des deux guerres mondiales en Angleterre, en France, en Belgique et en Hollande. Ce sont la crête de Vimy, en France, et la porte de Menin à Ypres, en Belgique qui ont été les plus intéressantes. Les leaders de la jeunesse, qui ont participé à des cérémonies aux lieux où ils sont allés, vont profiter des renseignements qu’ils ont obtenus pour mieux informer et former les gens de leurs collectivités.

Les couronnes utilisées à toutes les cérémonies étaient les produits normaux de la Légion que l’on a examinés de près durant l’année quand on faisait des plans pour les remplacer par une édition biodégradable. Une version du modèle de grandeur 20, construite en fibre de noix de coco, sera disponible pour la mettre à l’essai en 2002.

Bien que les ventes et la distribution des coquelicots aient augmenté durant l’année, le département des fournitures de la Direction nationale a remarqué une diminution des ventes de ses autres articles, allant de 717 000 $ en 2000 à 624 000 $ en 2001. La baisse était reliée à la réduction du sociétariat.

Le maintien du sociétariat a été un défi que la Légion n’a pas été la seule à relever. Et comme les autres organismes qui ont les mêmes problèmes, le Comité national des adhésions de la Légion a continué à trouver des façons de travailler avec ses filiales pour relever le défi. En 2001 la Légion a atteint un taux de renouvellement de 90 pour cent des adhérents; impressionnant quand on pense que les anciens combattants prennent de l’âge et aux autres raisons pour lesquelles les membres ne renouvellent pas.

Le Comité des adhésions ne s’est pas réjoui outre mesure, toutefois, car les filiales semblent avoir été incapables d’attirer de nouveaux membres en faisant du recrutement. Le résultat final en a été une réduction du sociétariat de tout juste au-dessus de trois pour cent. Néanmoins, elle a continué à atteindre l’objectif qu’elle a de stabiliser la base d’adhérents en encourageant les filiales à organiser des campagnes de renouvellement et de recrutement actives. Le défi, à ce propos, était de travailler avec des membres qui ont des ensembles d’aptitudes et des niveaux d’engagement variés.

Afin d’assister les présidents des adhésions des filiales lorsqu’ils mettent en application leurs programmes de renouvellement et de recrutement actifs, le comité a produit un nouveau manuel durant l’année : The Membership Chairman’s Guide (le guide du président des adhésions). On y trouve des suggestions et des idées sur les manières de promouvoir les adhésions à la filiale et à la collectivité.

Les membres ont aussi travaillé assidûment pour aider les filiales qui avaient des problèmes d’administration du sociétariat, et ils ont offert un niveau élevé de service qui a été bien reconnu. Pour passer à quelque chose de plus agréable, la campagne du participant hâtif de 2002 a donné des indications d’un taux de renouvellement supérieur à ceux des années passées.

Le comité a fait davantage d’efforts pour attirer les membres militaires en service et à la retraite durant l’année vu qu’il considérait que les liens de “famille élargie” avec le militaire était non seulement important, mais que les gens du militaire sont les racines mêmes de l’organisation. Des équipes de recruteurs sont allés aux établissements militaires, et un encart promotionnel a été inséré dans les envois de chèque de retraite militaire, les journaux des bases au printemps et en automne. Les avantages de l’adhésion ont aussi été vantés.

Un Ensemble d’avantages aux membres amélioré a été présenté en 2001, de nouveaux fournisseurs de services y ayant été ajoutés en septembre et en décembre. Message Network Rogers AT&T a offert aux membres un ensemble de cellulaire; Sun Life Financial Trust a offert un ensemble de services et produits financiers; Long Term Care Insurance a été mise à leur disposition; Vision Care Services ont été lancés; AVIS Rent-a-Car a fait une offre aux membres qui a été acceptée; Lombard Canada a offert un ensemble d’assurances foyer et automobile que les membres peuvent prendre en considération; une assurance santé de voyage et un régime de santé et dentaire ont aussi été offerts par Ingle Insurance Brokers et Liberty Health.

Du point de vue de MBNA Canada Bank, la fourniture d’un ensemble d’avantages à la Légion a eu du succès. Il y avait 39 823 détenteurs de cartes dans le cadre du programme de MasterCard de la Légion en 2001, ce qui a donné des recettes de 115 000 $ pour les programmes nationaux de la Légion. Speedy Auto Service et Dominion Automobile Association ont continué en tant que fournisseurs, comme l’ont fait les Infirmières de l’Ordre de Victoria.

Tous les fournisseurs de services des ensembles d’avantages de la Légion étaient accessibles en anglais et en français à partir du site Web de la Légion à www.legion.ca.

Les membres qui ont jeté un coup d’œil à ce site à la fin de l’année ont été saisis par les nouveaux look et logo. Le “look” qui comprend une barre verticale, un nouveau logo et l’insigne de la Légion avec un style filigrane ou à demi-teintes ont été adoptés en novembre en tant qu’éléments principaux dont la Légion va se servir pour créer une image de marque ou marque.

Le concept avait pris naissance à la suite d’une étude d’imprimerie faite par la Direction nationale pour réduire les coûts. Bien qu’on arriverait à une réduction des coûts en faisant affaire avec un seul imprimeur, le groupe d’étude s’est trouvé face à une dure réalité. Les articles de toute œuvre imprimée ou électronique visibles que la Légion produit étaient tous différents. À la fin de l’année on avait mis au point une norme commune pour la promulgation des politiques et des matériaux dans le but d’essayer de convaincre les directions de la Légion d’utiliser un même aspect à travers la nation.

Dans la même veine que cette approche, le Comité national des relations publiques a décidé de la stratégie qu’il va utiliser au cours de l’année à venir et élaboré ses plans de 2002 à 2004. La conception d’un système de courriel fondé sur Internet est quelque chose de majeur que le sous-exécutif et le CEN ont accepté, lequel devrait commencer par la collection des adresses de courriel des filiales et des directions qui existent déjà. En fin de compte, d’après le plan, on aurait un système du genre de hotmail partant du site Web de la Légion où toutes les autorités et directions des filiales pourraient avoir les cases postales à usage individuel.

Parmi les autres accomplissements majeurs du Comité des relations publiques, il y a eu l’élaboration de campagnes d’annonces de service public pour les publications, la radio et la télévision de la part des deux minutes de silence, de la campagne du coquelicot et du souvenir et des adhésions. Le temps qui a été obtenu à travers le Canada avait une valeur de plus de 1,5 million $ grâce à un investissement de 17 000 $ seulement.

Le support des Forces canadiennes par le Comité des relations publiques a été maintenu durant l’année en fournissant des fonds qui ont servi aux spectacles à l’étranger, aux championnats sportifs et à l’opération Père Noël dans le cadre de laquelle chaque personne des services déployée a reçu un colis de la Noël venant de chez nous. Vu les déploiements additionnels à la suite du mois de septembre, d’autres fonds que l’on avait identifiés comme étant en surplus dans le budget des relations publiques ont été mis à leur disposition pour le programme de cadeaux de 2001 afin de s’assurer que chaque militaire déployé sache que la Légion se préoccupe de lui.

Alors que le soutien des relations publiques continuait pour le militaire, le Comité de la défense nationale continuait aussi à atteindre ses buts. En tant que plus grande organisation du Conseil des associations de la défense, le comité de la Légion a participé à son assemblée générale annuelle et à la présentation du prix Vimy. En maintenant des liens serrés avec le leadership supérieur du militaire, la Légion a pu préconiser un équipement et un entraînement adéquats pour un militaire bien indemnisé.

Le comité s’est régulièrement dit soucieux en ce qui concerne l’état des Forces et il l’a fait de vive voix après le 11 septembre et la livraison du rapport du vérificateur général sur les défauts militaires qui a suivi. Des lettres ont été envoyées aux députés et aux sénateurs, les exhortant à soutenir un financement supplémentaire, avant l’annonce du budget. Le manque de réponses positives dans le budget lui-même a donné lieu à une lettre bien sentie du président national envoyée au Premier ministre.

Les équipes de la Légion de recrutement de militaires sont aussi allées aux bases à Esquimalt et Comox (C.-B.), ainsi qu’à celles d’Edmonton et Cold Lake (Alb.), où elles ont mis 300 membres des Forces au courant des activités de la Légion. Trois autres visites à des bases ont été reportées après les attaques. Le comité était représenté au comité du suivi du ministre de la Défense nationale sur les changements et les réserves à Gagetown (N.-B.). Le militaire est aussi venu à l’aide de la Légion en 2001.

Des lits d’hôpital de surplus ont été envoyés au Curphey Home pour anciens combattant, en Jamaïque, sur une base de disponibilité, dans deux vols durant l’année. Les 40 lits et matelas, en surplus au Centre Perley et Rideau pour anciens combattants d’Ottawa, ont été transportés à la BFC Trenton où ils ont été chargés dans des avions Hercules de la 8e Escadre pour être transportés à la Jamaica Legion. Cela a été fait dans le cadre de l’engagement continuel de la Légion aux anciens combattants des Antilles comme partie de son adhésion à la Ligue des anciens combattants du Commonwealth britannique.

À la fin de l’année, 60 autres lits et matelas étaient entreposés à Trenton où on les gardait jusqu’à ce que leur transport soit disponible jusqu’à Belize et
Ste-Lucie. Quand le projet aura terminé, 140 lits en tout auront été livrés depuis 1995, lesquels ont une valeur d’approximativement 280 000 $.

Les congrès divisionnaires se sont surpassés à nouveau en donnant assez d’argent pour maintenir la circulation d’octrois aux anciens combattants nécessiteux de 15 pays antillais couverts par les accords de la LACCB. Plus de 325 000 $ ont été déboursés en 2001 et plus de 500 anciens combattants ont obtenu des octrois. Mais il n’y avait pas que du travail à travers la Légion.

Le programme de sports des membres a eu à nouveau du succès, dans le cadre duquel les championnats nationaux de fléchettes ont eu lieu à la filiale Moncton (N.-B.), celui du curling régulier à la filiale George Pearkes VC de Summerside (Î.-P.-É.), celui du curling senior à la filiale Stephenville (T.-N.), et celui de cribbage à la filiale A.H. Foster Memorial de Kingston (N.-É.). Tous ont été reconnus comme des manifestations de première classe.

Sept nouveaux records ont été fixés et un égalé aux Championnats d’athlétisme nationaux de la Légion qui ont eu lieu à Sherbrooke (Qc), en août, par des athlètes de 12 à 17 ans qui faisaient partie du contingent de 321 participants, lesquels ont été observés par 36 chaperons et 25 entraîneurs aux installations de l’Université de Sherbrooke.

Un nouveau guide des sports a été imprimé et distribué en février et la modification à un arrêté général concernant l’admissibilité d’après le paiement des frais d’adhésion a été soutenu par le Comité des sports qui va le présenter au congrès. On a aussi éclairci les règlements sur le transfert qui ne s’appliquent pas aux membres militaires extraordinaires quand ils deviennent membres d’une filiale régulière.

Tous les bureaux de la Maison de la Légion, à Ottawa, ont été loués en 2001. Mais, le temps ayant passé, il a fallu faire beaucoup de maçonnerie à l’édifice vieillissant. Après trois mois de réparation et de restauration des insignes se trouvant en façade, il est évident qui est propriétaire de l’édifice.

Ce dernier n’était pas la seule chose qui a fait l’objet de rénovations au coin des rues Kent et Gilmour d’Ottawa. Les membres du Comité des constitution et lois se sont occupés à réviser l’article III des arrêtés généraux. Il s’agit d’un article qui concerne la procédure des plaintes et le processus des résolutions pour l’organisation. L’article révisé sera présenté aux délégués du 39e Congrès national qui doit avoir lieu à Edmonton (Alb.) du 9 au 13 juin 2002 auquel 2000 délégués, conjoints et invités devraient assister. Le thème de l’assemblée qui va durer une semaine : “une porte sur de nouveaux horizons”.

Les résultats des congrès divisionnaires de 2001 sont arrivés à terme lors de la fermeture des réunions en Saskatchewan en octobre et les nouveaux membres du CEN ont siégé pour la première fois à la réunion qui a eu lieu à Ottawa les 24 et 25 novembre. Les membres élus du conseil avaient beaucoup de choses à prendre en considération, dont un Plan d’avenir de la Légion qui va finir par cheminer jusqu’aux membres de la Légion qui pourront y réfléchir avant le Congrès.

Les membres ont aussi cherché des manières de parer à la perte de revenus, améliorer la communication interne et mieux renseigner le public à propos du rôle de l’organisation au pays.

Deux directions ont changé de nom en 2001. L’ancienne Division du Pacifique s’appelle maintenant Division de la Colombie-Britannique et du Yukon, et les filiales du Nunavut se sont jointes à celles de la Nouvelle-Écosse, ce qui a entraîné le nom de Division de la Nouvelle-Écosse et du Nunavut.

C’est aussi lors de la réunion du CEN que le vétéran de la Seconde Guerre mondiale et grand président de la Légion bien connu, le sénateur Jack Marshall, a remis le symbole du poste au lieutenant-général à la retraite Charles H. Belzile, un vétéran de la guerre de Corée qui a été commandant de l’armée du Canada. La nomination a eu l’accueil chaleureux que les légionnaires font à tous les anciens combattants et la cérémonie a été réglée par le président national Bill Barclay.

Le dernier geste que Marshall a posé en tant que grand président a été la présentation du premier coquelicot de la campagne de 2001 à la gouverneure générale Adrienne Clarkson à l’occasion d’une cérémonie à laquelle assistaient de nombreux anciens combattants à Rideau Hall, à Ottawa.

Pendant la cérémonie, le directeur général de Postes Canada André Ouellet a aussi dévoilé le timbre du 75e anniversaire de la Légion qui est sorti le 11 novembre 2001. Deux mois à peine après les événements démentiels de septembre, les images de guerre, telles que prises aux visages du Monument aux Morts, ont été présentées sur le timbre, aux yeux de tous. Le timbre, avec les mots latins “Memoriam Eorum Retinebimus” (nous nous souviendrons d’eux) imprimés en surcharge, était un hommage digne à ceux qui ont combattu, et à ceux qui se sont associés il y a 75 ans pour s’assurer qu’on les soigne et qu’on se souvienne de leurs sacrifices.

Alors que l’année arrivait à sa fin et que Hannoukka, ramadan et Noël passaient, les familles canadiennes repartaient à la recherche de nouvelles des êtres chers servant à l’étranger et priaient pour leur sécurité. Les troupes étaient prêtes à intervenir à tout moment. L’humanité était à nouveau au bord d’un autre désastre dont elle aurait été seule fautive. Et aux salles de la Légion à travers la nation, en Allemagne et aux États-Unis, un anniversaire se terminait d’une façon bien semblable à celle dont l’histoire de la Légion a commencé, faisant penser au vieil adage “plus ça change, plus c’est pareil”.

Taux de pension d’Anciens combattants Canada


Anciens combattants Canada augmente les taux de pension et les allocations connexes de 2,5 pour cent en 2002. Il s’agit d’une augmentation comme celle de 2001. Les pensions d’invalidité, les compensations et les allocations sont ajustées par le ministère chaque année d’après l’indice du prix à la consommation, la mesure de Statistique Canada du coût de la vie.

Pensions d’invalidité

L’importance de l’invalidité s’exprime en pourcentage, l’invalidité totale étant évaluée à 100 %. Lorsqu’une invalidité donnant droit à une pension est évaluée à moins de 100 pour cent, le montant de la pension est proportionnellement moindre. Ce qui suit sont des exemples des taux de pensions mensuels de 2002.

Évaluation 100%

Évaluation 50%

Évaluation 10%

Le pensionné dont l’invalidité est évaluée à moins de cinq pour cent ne reçoit de paiement qu’une seule fois.

Un pour cent 605,64 $
Deux pour cent 1 211,28 $
Trois pour cent 1 816,93 $
Quatre pour cent 2 422,57 $

Pension de survivant

Taux maximum Évaluation 50-100%

Évaluation 10 %

Allocations mensuelles payées d’après la Loi sur les pensions

 

Minimum

Maximum

Allocations d’incapacité, exceptionnelle

331,02 $

993,01 $

Allocations pour soins

198,65 $

1 241,24 $

Allocations de déplacement

ACC peut rembourser les dépenses de déplacement et de logement à un pensionné ou à une personne qualifiée qui se rapportent à une audience, ou qui obtiennent des traitements ou des soins d’après le Règlement sur les soins de santé pour anciens combattants. Les taux varient d’une partie du pays à l’autre mais les suivants sont les plus courants.

Déplacement

Cents au kilomètre

Alberta, Manitoba, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard

13,5

Saskatchewan, Ontario, Québec, Nouvelle-Écosse

14,0

On exige des reçus pour les déplacements en autobus, métro ou tramway dont le prix aura dépassé les 8 $. Les déplacements en taxis seront remboursés moins 5 $ par course.

 

Logement

Les dépenses allouées par nuitée lorsqu’on attend un examen ou des traitements médicaux ne devraient pas dépasser le tarif maximal de l’hôtel le plus dispendieux de la région se trouvant dans le Répertoire des hôtels pour les employés du gouvernement.

Programme d’autonomie des anciens combattants

Voici certains taux d’avantages et conforts personnels dans le cadre du Programme d’autonomie des anciens combattants, lesquels ont pour objet de garder chez lui plus longtemps l’ancien combattant qui se fait soigner.

 

Taux maximum

Entretien du foyer

7 356,80 $ par année

Entretien du terrain

1 026,54 $ par année

Autres taux de traitements

Conforts personnels

166,24 $

Soins prolongés

172,93 $ par jour au plus

Allocations aux anciens combattants et allocation de guerre pour les civils

Les allocations de guerre aux anciens combattants et aux civils, réglées aux clients à revenu faible, sont ajustées trimestriellement les 1er janvier, 1er avril, 1er juillet, 1er octobre. Les taux mensuels les plus élevés sont les suivants :

Paiement mensuel

Célibataire ou survivant

1 058,15 $

Le lecteur qui pense avoir droit à un avantage relié au service militaire devrait prendre contact avec l’agent des services
de la Légion local ou se rendre au bureau de district d’ACC le plus près.

Un nouveau chef à la GRC


par Dan Black

 

Un matin ensoleillé et venteux en Italie centrale : dans la fourgonnette de l’ambassade qui gravit l’étroite route de montagne vers le village de Prezza, le directeur de la GRC Giuliano Zaccardelli regarde par la fenêtre. Nous sommes à 120 kilomètres à l’est de Rome, dans une région agricole vallonnée que le temps, dirait-on, n’a pas touchée mais renommée pour son vin Montepulciano, son ail rouge et ses artichauts. Tournant son regard vers le haut, entre les cimes des arbres qui passent, le directeur de police de 54 ans remarque que la montagne porte encore le village médiéval comme une couronne, une image qu’il se rappelle depuis l’enfance.

Dérobée au regard du policier, et blottie au centre de Prezza, il y a une célébration planifiée attentivement qui l’attend. Ce n’est pas tout à fait un jour férié, mais ça en a tout l’air. Les 1 231 résidents du village, les paesani, ont pris congé pour la journée : les magasins et l’école sont fermés, un orchestre est prêt à jouer les hymnes nationaux canadien et italien et les lanceurs pyrotechniques ont été plantés.

L’hôtel de ville est plein de monde, et beaucoup d’autres ont pris position le long des rues ou à l’ombre des porches. Tous, y compris le maire et le clergé, sont prêts à embrasser le gars de la localité qui est parti il y a 47 ans et qui revient, en ce jour-ci, en tant que “directeur des tuniques rouges”.

Les gens qui ne sont pas d’ici sont stupéfiés par tout cet enthousiasme en l’honneur d’un policier canadien. En fait, peu de gens de chez nous comprendraient pourquoi tout ce tapage, et encore moins reconnaîtraient-ils Zaccardelli : le 20e directeur de la GRC.

Mais après tout, nous sommes en Italie et la loyauté compte pour beaucoup ici.

La célébration dans les rues atteint son apogée quand Zaccardelli met pied à terre et s’enfonce dans la foule, à un point tel qu’on dirait qu’il s’agit d’un rock-star, ou d’un héros sportif national. Il en a fait du chemin depuis le jour où il est parti de Prezza avec sa mère, deux frères et une valise en carton fermée avec un bout de corde élimée. Les plus vieux résidents se rappellent de lui comme d’un garçon de cinq ans qui se baladait dans les rues du village en pantalons courts, qui grimpait aux arbres ou qui se cramponnait aux jupes de sa grand-mère. Ils se rappellent de ses jambes minces, de ses yeux ronds et de son service en tant qu’enfant de cœur. Les plus jeunes l’imaginent à cheval, habillé d’écarlate, de noir et d’or, s’élançant à travers la vaste contrée dont ils n’ont entendu parler qu’à l’école.

Quoi qu’il en soit, Zaccardelli est reçu en héros.

Il va assister à la messe et visiter la maison où il est né, la maison même que sa mère a été obligée de quitter durant la Seconde Guerre mondiale durant les neuf mois environ que les soldats allemands ont occupé le village. En ce temps-là, presque tout le monde souffrait de la faim. Beaucoup de gens, dont la mère de Zaccardelli, vivaient dans les champs jusqu’à ce que Prezza soit libérée par les troupes britanniques.

À la réception officielle, il y a un moment de révérence en l’honneur des deux hymnes nationaux. Il y a ensuite des discours et un échange de cadeaux. Zack, comme il est surnommé, est surpris, on pourrait même dire embarrassé, de toutes ces considérations. Il demande au dignitaire à côté de lui de bien vouloir lui expliquer pourquoi le village a tant fait, et il lui répond que Prezza, au contraire des villes des alentours, attire rarement des personnages de marque comme lui venant de l’étranger. On remet à Zaccardelli une copie de son certificat de naissance, et le maire prend grand plaisir à attribuer à Prezza d’avoir fait en sorte qu’un jeune garçon ait tant de succès. “C’est cet endroit qui a fait de vous la personne que vous êtes aujourd’hui et qui vous a enseigné à lire, à écrire et, ce qui est encore plus important, les valeurs familiales et le respect des autres”, dit le maire. “Et grâce à ce caractère de grande force et de richesse qui vous a formé et élevé lorsque vous étiez enfant, vous avez réalisé vos rêves.”

Ces rêves ne se sont cristallisés qu’après que Zaccardelli ait déménagé au Canada, en 1954. Son père est arrivé d’abord, débarquant à Montréal en 1952 comme partie de la migration d’après-guerre d’Italiens à la recherche d’une vie meilleure. Pour lui, le Canada c’était un choix entre deux : l’autre c’était l’Argentine. Durant toute sa vie, Zaccardelli père est resté un homme tranquille et fier possédant une éthique de robustesse au labeur. L’argent était rare, mais comme pour beaucoup d’Italiens, la force de la famille et le sens commun avaient beaucoup d’importance pour son épouse et pour lui. “Mon père nous disait toujours de vivre selon nos moyens. Si l’on a 10 cents dans les poches, on n’en dépense pas 11, et il vaut mieux ne pas dépenser les 10 au complet car il faut économiser quelque chose.”

À partir d’un très jeune âge, Zaccardelli rêvait de devenir policier. “Cela m’attirait tout simplement, et je ne saurais l’expliquer mais depuis que je commençais l’école secondaire, je savais que je voulais m’engager à la Gendarmerie royale canadienne parce que j’aimais voir les photos des agents de la GRC en rouge et entendre les histoires, les légendes.”

Déjà, à l’âge de huit ans, Zaccardelli livrait des journaux, les Montreal Star et Montreal Gazette. Pendant ses années d’école secondaire, il travaillait le soir comme plongeur à un restaurant. Il ne faisait pas de sport organisé car les fins de semaines, et les soirées durant la semaine, servaient au travail pour soutenir la famille. “On travaillait presque tout le temps parce que c’était ça la vie d’un jeune immigrant. C’est ce qu’on attendait de soi. Quand on avait du temps, on s’amusait comme on pouvait. On jouait au hockey de rues ou au foot-ball au Mont Royal… Je suivais aussi de très près les Canadiens de Montréal.”

Quand les derniers jours d’école secondaire approchaient, Zaccardelli était de plus en plus fasciné par les histoires des agents de la GRC qui voyageaient de par les régions isolées pour faire respecter la loi. Il obtint une licence commerciale en gestion d’entreprise, au collège Loyola de Montréal. “Je ne peux pas dire que j’avais un plan bien pensé, côté stratégie, mais je savais que c’était une bonne idée d’avoir un diplôme.”

En effet, c’était une bonne décision car peu de membres de la GRC avaient un diplôme. La plupart arrivaient directement après l’école secondaire. “La situation est bien différente de nos jours”, dit l’ancien directeur adjoint de la GRC Roy Berlinquette qui connaît Zaccardelli depuis 30 ans. “Aujourd’hui, un très gros pourcentage des gens qui s’engagent sont diplômés. C’est un groupe très éduqué, plutôt intelligent, et le directeur est très à l’aise dans cette nouvelle ère.”

Zaccardelli se souvient du jour où il est revenu de l’université et dit à son père qu’il avait posé sa candidature à la GRC. “Papa m’a regardé et m’a demandé ‘Pourquoi as-tu fait ça?’ Je lui répondit que je voulais entrer dans la force de police nationale. Il dit que la GRC ne m’accepterait jamais. Je lui ai demandé pourquoi il pensait ainsi et il dit que je n’étais pas né au pays et qu’il y avait des limites à ce que je pouvais faire. Je lui demandais, Qu’est-ce que tu veux dire? Je suis Canadien. J’ai été élevé ici. Il dit que je ne comprenais pas. Il exprimait ce que beaucoup d’immigrants ressentent, surtout ceux qui sont adultes quand ils viennent ici. Ils se sentent bienvenus, ils ont les occasions, mais il y a une peur, une certaine idée qu’ils se font, qu’ils ne sont pas entièrement acceptés par la société canadienne. Alors dans son esprit il y avait cette notion que je ne serais pas accepté par la GRC. Il était très content quand j’y suis entré.”

Le directeur dit qu’il n’est pas surpris que quelqu’un né en Italie, ou n’importe quel autre pays, puisse atteindre le plus haut échelon de la gendarmerie, et il fait part de cette façon de penser aux gens de Prezza quand on lui demande le secret de son succès. “Le secret c’était de choisir le Canada, un pays où l’on permet aux rêves de se réaliser”, dit-il.

La réalité, toutefois, c’est qu’il fallait travailler dur et longtemps, et il ne faut pas oublier qu’on est souvent obligé de déménager. Après l’instruction des recrues à Regina, Zaccardelli, qui parle couramment l’anglais, le français et l’italien, a été affecté à St. Paul (Alb.). Le début de sa carrière en était un d’officier en devoir général et puis ensuite il a été enquêteur de criminalité en col blanc. Il a travaillé en Alberta et en Ontario, et puis ensuite au Québec et au Nouveau-Brunswick en tant qu’officier haut gradé des opérations criminelles.

L’été 1995 il devint commandant de l’immense Division “O” de l’Ontario. À partir de là, il obtint le poste de directeur adjoint au quartier général de la GRC, et puis celui de directeur adjoint de la politique opérationnelle et du crime organisé en août 1999. En automne dernier il remplaçait Philip Murray en tant que directeur, et durant ces dernières semaines il a souvent parlé de faire de la GRC une organisation “concentrée stratégiquement”.

“Concentrée stratégiquement cela veut dire que nous comprenions entièrement l’environnement dans lequel nous travaillons et que nous soyons de plus en plus proactifs à propos de ce que nous pouvons accomplir. C’est-à-dire que nous puissions anticiper et répondre aux changements et aux pressions importants avant qu’ils n’aient lieu.”

Il est reconnu comme un grand communicateur, plein d’entrain et énergétique et comme un expert recherché en crime organisé et globalisation. “Il est très intelligent et compétent”, dit Margaret Beare, la directrice du Centre Nathanson d’études en crime organisé et en corruption de l’Université York. “Il va beaucoup nous aider à comprendre le crime organisé et on pourra s’éloigner de la vieille époque mystique et dramatique et voir le crime organisé comme une criminalité continuelle très sérieuse qu’il faut attaquer avec des ressources policières bien financées.”

Beare dit que ce qu’il faut c’est un travail de police fait d’après les renseignements, et moins de rhétorique à propos du besoin de davantage de pouvoirs policiers. “Le directeur a déclaré publiquement que la GRC est dorénavant une organisation ‘dirigée par les renseignements’. Cela implique non seulement une excellente capacité analytique, mais aussi un important degré de collaboration et de partage de renseignements avec les autres forces de police au pays et à l’étranger. Je pense que nous avons encore du chemin à faire avant que la collaboration soit un fait établi, et pas tout simplement un objectif.”

Le directeur dit que la globalisation a grandement changé la manière dont les forces policières agissent à tous les niveaux. “Les organisations criminelles peuvent se fixer à un coin du monde et avoir un impact sur vous sans être obligées d’être dans votre région […]. Ce qui me fait plaisir, c’est que la GRC relève ces défis depuis longtemps et qu’elle a une histoire de réussite meilleure que la plupart des organisations autour du monde.”

Il dit que la GRC doit être capable de s’adapter rapidement aux risques qui émergent dans un monde sans frontières. “Pour faire cela il faut avoir une organisation mieux préparée. Pour faire cela il faut développer des alliances et jeter des ponts entre nous et les autres forces policières au Canada et ailleurs autour du monde, en permettant aux autres secteurs de la société d’effectuer leurs contributions à ce que l’on fait et rehausser la valeur de son travail. C’est absolument essentiel. Il existe un besoin d’utiliser nos ressources et les ressources des autres.”

Berlinquette pense que Zaccardelli est “le directeur qu’il faut pour ces temps-ci”. Il dit qu’il est en train de construire en prenant pour base ce que l’ancien directeur a accompli. “Il a beaucoup d’énergie et il parle des problèmes avec beaucoup de passion […]. Il comprend aussi le processus d’apprentissage et l’importance de la technologie. Ce n’est pas un théoricien, mais il comprend la théorie. Et ce qui est encore plus important, il veut savoir comment les décisions vont affecter les gens qui se trouvent aux premières lignes du maintien de l’ordre.”

Berlinquette croit que la meilleure façon de s’attaquer au crime organisé c’est de détruire son infrastructure et de ne pas s’occuper tant que ça de mettre la main sur les produits illégaux. “Si l’on s’attaque aux Hell’s Angels lors d’un effort servant à leur enlever leurs marchandises, on arrête deux ou trois personnes avec 200 livres de marijuana ou 20 livres de cocaïne, et les médias impriment une histoire à propos d’une grosse descente et d’une immense saisie de drogues”, dit-il. “Alors tout ce qu’on a déplacé c’est 200 livres de marijuana ou 20 livres de cocaïne et deux dealers ou contrebandiers. L’organisation, cependant, travaille encore, et les contrebandiers sont remplacés le lendemain parce que l’infrastructure est restée intacte.”

Berlinquette dit que Zaccardelli comprend cela.

Beare dit que le crime organisé est aussi le domaine du maintien de l’ordre où l’on ressent la pression provenant de la communauté internationale, surtout des États-Unis, de faire des changements qui seraient peut-être inappropriés au Canada. “Il faut pour cela un directeur qui fasse deux choses lorsque des questions sur le crime organisé obtiennent de la publicité : d’abord, résister à la tentation de suivre automatiquement la voie où l’on exige davantage de pouvoirs policiers pour contrecarrer le danger et, deuxièmement, résister aux accusations non fondées provenant de l’étranger que le Canada est fautif en n’imitant pas les stratégies de mise en vigueur des lois, ou les lois elles-mêmes, qui n’ont pas fait leurs preuves ailleurs.”

Elle dit que le crime organisé est dirigé par les exigences de segments de la société dits légitimes et facilité par des cols blancs professionnels qui se font complices des activités criminelles. “Ainsi, la GRC est sur la bonne piste quand on insiste sur l’analyse des renseignements et sur les enquêtes menées d’après les renseignements. De même, la GRC a reconnu qu’il existe un besoin d’insister sur des capacités différentes de celles sur lesquelles on insistait peut-être autrefois.”

Les experts disent que lorsqu’il s’agit de combattre le crime frontalier entre le Canada et les États-Unis, il faut adopter le juste milieu entre ce qui marche pour faciliter la libre circulation du commerce et ce qui marche pour assurer la frontière contre les risques divers. C’est une tâche immense. En 1999, il y a eu plus de 225 millions de traversées entre le Canada et les États-Unis. La circulation des biens et des services cette année-là s’élevait à environ 1 million $ la minute. Le directeur croit que les partenariats clés à l’intérieur et à l’extérieur des frontières canadiennes vont servir à faciliter la circulation commerciale et aider les deux pays à s’occuper du crime frontalier.

Le directeur dit aussi que la GRC doit améliorer la manière dont elle combat le crime cybernétique. “C’est un domaine qui croît de manière fulgurante et nous n’en avons pas un contrôle total […]. Alors, il est important de faire pression avec nos ressources au Canada et avec nos partenaires autour du monde. Il faut se pencher sur les meilleures pratiques, apprendre les uns des autres […].”

Le commerce illicite des humains est un autre souci qui prend de plus en plus d’importance aux yeux de la GRC. Les technologies avancées et les systèmes de communication font qu’il est plus facile et plus profitable pour les trafiquants de trouver des gens à transporter illégalement autour du globe. Aux États-Unis, on évalue à 700 000 les femmes et les enfants qui sont transportés illégalement à travers les frontières internationales chaque année. “Ce qu’il faut surtout faire à ce propos, c’est identifier les groupes qui sont derrière. Alors une fois encore, on a besoin de bons renseignements afin de cibler les organisations les plus importantes”, dit le directeur. “On en revient encore au besoin d’alliances internationales qui servent à l’échange de renseignements.”

La GRC combat aussi le crime organisé par l’entremise de ses efforts de maintien de l’ordre internationaux, y compris le maintien de la paix. Zaccardelli dit que la force va continuer à travailler avec les agences de police civiles pour améliorer les opérations de police internationales. Cela comprend aider à construire des infrastructures civiles démocratiques à l’étranger et à empêcher l’importation d’activités criminelles au Canada.

Peu de temps après son assermentation en tant que directeur, Zaccardelli a été nommé vice-président national honoraire de la Légion royale canadienne. Il se dit supporteur fervent de la Légion, et il remarque que la GRC et le militaire canadien ont une histoire d’association de longue durée. “La GRC et la Légion ont beaucoup en commun, nous sommes présents dans la plupart des collectivités, même dans les plus petites collectivités, à travers le pays. Les filiales de la Légion sont depuis toujours des endroits où les membres de la GRC peuvent fréquenter des gens […]. Je crois que les deux organisations font partie de la structure du pays.”

Le président national Bill Barclay dit que la Légion est fière que le directeur se soit engagé en ce qui concerne le poste de vice-président honoraire. “Nous sommes tout aussi honorés de reconnaître les agents de sûreté sortants à Regina dans le cadre de notre programme de prix de la camaraderie.”

Avant de quitter Prezza pour la deuxième fois, Zaccardelli dit à son audience qu’en plus des bagages en carton et des souvenirs qu’il emportait du village en 1954, il emportait des valeurs très importantes, des croyances qui lui ont évidemment bien servi.

Pas mal du tout pour un gars de Prezza.

La force derrière la force

Le directeur de la GRC Giuliano Zaccardelli est responsable d’une très grande force qui a extrêmement changé ces dernières années. Il y a cinq ans elle a commencé à se déplacer vers un système de gestion au niveau de la base conçu pour offrir davantage de ressources aux services policiers du front. Quatre régions furent créées, soit celles du Pacifique, du Nord-Ouest, du Centre et de l’Atlantique. La GRC se divise aussi en 15 divisions, plus le quartier général à Ottawa. Chaque division a un commandant et elle est désignée par une lettre. En mai, la force avait 20 866 membres, dont 106 surintendants, 284 inspecteurs, 2 770 caporaux, 9 689 agents et 2 140 membres civils.

Une visite au Musée national de l’aviation


par Laura Byrne Paquet

Un Nieuport 17 près de l’entrée du musée.

L’annonce dans les journaux cible les mamans et les papas qui ont pris congé pour pouvoir faire quelque chose avec les petits durant le congé de mars. On y promet des sensations fortes à un endroit qu’on appelle le paradis de l’hélicoptère, là où l’on peut explorer le monde tournoyant des aéronefs qui font du surplace grâce à des démonstrations et à des ateliers. L’annonce montre deux enfants qui regardent un hélicoptère avec une grande admiration, et si cela ne suffit pas pour vous convaincre, vous ou votre troupe, d’aller faire un tour au Musée national de l’aviation, il y a toujours le passage concernant le “populaire 10e concours annuel Lego”.

Situé à la rive sud de la rivière des Outaouais, à quelques kilomètres à l’est des édifices du Parlement, le MNA est reconnu pour ses expositions interactives remarquables et pour avoir la collection d’aviation la plus importante au Canada : une collection qui se range parmi les meilleures au monde, dit Francine Poirier, la directrice par intérim du musée. “Le Musée national de l’aviation traite de toute la gamme du patrimoine de l’aviation du Canada, de l’ère des pionniers à l’âge moderne, et du temps de la guerre tout comme du temps de la paix, dit-elle. Notre collection raconte l’histoire du vieux rêve qu’a l’espèce humaine de s’envoler, et de l’important rôle joué dans cette histoire par plusieurs centaines de milliers de Canadiens.”

Le nombre grandissant de visiteurs donne raison à Poirier qui dit que le Musée diffuse un message important. Du 1er avril 2000 au 31 mars cette année, le musée a attiré environ 170 000 personnes; il s’agit de 4 500 de plus que durant l’année fiscale précédente. Parmi les musées les plus importants de la capitale, le MNA s’est rangé 5e pour ce qui est du nombre de gens qui y sont allés durant l’an 2000. Le prix du plus grand nombre revenait au Musée des civilisations, à Hull (Qc), qui a attiré quelque 1,4 million de visiteurs. Le Musée canadien de la guerre, qui au mois de mars attendait encore des nouvelles concernant l’endroit où son nouveau chez-soi allait être, a attiré plus de 155 000 visiteurs en 2000.

À la fin du mois de mars, Poirier et d’autres gens du MNA attendaient encore des nouvelles à propos de si le gouvernement fédéral allait s’engager à y mettre des fonds pour la construction de la seconde phase du musée, un projet de 20 millions $ qui devrait permettre au MNA de mettre un toit au-dessus de sept avions qui subissent les hivers froids et humides et les étés oppressants, humides, d’Ottawa depuis des décennies. Parmi les sept avions il y avait un Bristol Beaufighter de la Seconde Guerre mondiale, un North Star de Canadair (un avion de voyageurs d’après-guerre), et un Viscount de Vickers (un avion de ligne à turbopropulseur). Il y a aussi le prototype du Dash-7 de De Havilland créé au milieu des années ’70. Le North Star de Canadair, dit Poirier, est le seul avion en son genre qui reste au monde.

Si l’extension a lieu, ce serait un important pas en avant pour le musée dont l’origine remonte à la fin des années 1920 et à un passionné du nom de John H. Parkin qui était alors directeur adjoint de la division de physique du Conseil national de recherche à Ottawa. C’est à Parkin qu’on attribue le mérite d’avoir agit rapidement après qu’il ait remarqué qu’il fallait préserver les objets du début de l’histoire de l’aviation canadienne.

Il savait que la vitesse s’imposait car quelque deux décennies avaient passé depuis que le Silver Dart eut volé pour la première fois au Canada, à Baddeck (N.-É.) le 23 février 1909. Cela faisait aussi 10 ans que la Première Guerre mondiale s’était terminée, et Parkin était conscient que certains des premiers avions du pays étaient sur le point de tomber en morceaux. En 1930 il a convaincu le CNR de mettre une partie de l’espace de ses couloirs à sa disposition pour la collection, laquelle comprenait alors surtout des moteurs d’avions de la période de la Grande Guerre. Quelques années plus tard, en réponse à une demande écrite de Parkin, le CNR acceptait le don d’un Camel 2F.1 de Sopwith appartenant à l’Aviation royale du Canada, le même genre d’avion qui avait joué un rôle immense dans l’aviation militaire canadienne durant la Première Guerre mondiale. “On sait que l’appareil dont il s’agit est pratiquement le dernier de son genre en existence, écrivait-il à son patron, le président du CNR H.M. Tory. Si le Conseil ne l’accepte pas, il va être détruit.”

Après que la Seconde Guerre mondiale eut commencé, le Camel était entreposé, ce qui était aussi le cas du reste de la jeune collection. Ce n’est que plusieurs années après la guerre que des passionnés de l’aviation se sont mis à penser qu’il fallait ramener la collection à la lumière du jour. Ils étudièrent plusieurs options et finirent pas choisir un espace d’exposition que leur offrait le ministère fédéral du Transport dans le nouvel immeuble terminus de l’aéroport Uplands à Ottawa. D’après les plans du jour, la nouvelle installation devait ouvrir en 1959, mais un accident bizarre mit un bâton dans les roues.

Un pilote de la United States Air Force, qui faisait la démonstration d’un Lockheed F-104A, dépassa le mur du son, faisant un bang sonique qui fracassa les fenêtres et déstabilisa les plafonds de l’immeuble terminus presque terminé. À cause de cela, le musée n’ouvrit ses portes au public que le 25 octobre 1960.

Bien que le musée manqua continuellement d’espace, le personnel posa les fondations de la bibliothèque et de la collection de photos du musée. On avait grandement besoin des deux car en ce temps-là il n’y avait pas de bibliothèque nationale pour les documents de l’aviation, et “une vérification en 1961 révéla qu’il n’y avait que deux photos de l’aviation aux Archives publiques”, écrivait K.M. Molson dans son livre de 1988 intitulé Canada’s National Aviation Museum : Its History and Collections.

Au début des années 1960, l’Institute of Aeronautical Sciences de New York faisait un don de plus de 600 livres au musée, et ce dernier achetait une collection considérable de matériel historique à une société de l’aviation de Vienne, en Autriche. Ces deux collections devinrent une bibliothèque qui aujourd’hui a plus de 10 000 livres, 7 000 périodiques reliés et 7 500 manuels techniques.

Quant aux photos, le musée a compté sur la générosité des fervents de l’aviation. Nombre de ces photos ne sont pas particulièrement intéressantes du point de vue de la photographie, mais pour les experts qui restaurent d’anciens avions, elles peuvent être inestimables car elles montrent les configurations exactes et les marques des avions. Aujourd’hui, le musée a 35 000 photos dans sa collection et beaucoup d’entre elles peuvent être vues au site Web du musée, www.aviation.nmstc.ca.

Durant les décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, le musée a continué à collectionner des avions et des objets provenant d’aussi loin que de l’Afghanistan et de l’Inde. Il est intéressant de savoir que deux autres groupes de Canadiens en ont fait de même. Le Musée canadien de la guerre recueillait du matériel relié à l’aviation militaire, et l’ARC amassait des objets et des avions reliés à sa propre histoire, y compris un certain nombre d’avions allemands. En ce temps-là, la plupart des avions historiques de l’ARC étaient entreposés et exposés à Mountain View (Ont.), à une piste appartenant au dépôt de réparation no 6 de Trenton. L’ARC avait aussi des avions historiques au Canada de l’Ouest.

Au milieu des années 1960, les quartiers du musée à Uplands étaient trop petits, et le gouvernement décida de mettre les trois collections ensemble afin d’éviter les efforts répétés. En 1964, l’ARC quittait sa piste de Rockcliffe, le long de la rivière des Outaouais, et le ministère de la Défense nationale offrait trois hangars de la piste pour y abriter la collection fusionnée. Le 21 mai 1965, la Collection nationale de l’aéronautique ouvrait ses portes au public.

Rockcliffe avait une grande valeur pour une collection nationale de l’aviation. “C’était une des premières et des plus importantes bases au Canada. C’était aussi une des plus belles bases”, dit Stephen Payne, le conservateur de technologie aéronautique du musée.

Les pilotes faisant le premier vol de traversée du Canada y faisaient escale en 1920, la même année que l’aérodrome était établi. “Avec la formation de l’ARC en 1924, écrit Molson, Rockcliffe devint les seuls aérodrome et poste d’hydravion combinés jusqu’à ce que le poste aérien de Trenton ouvre, en 1931.” Les pilotes d’épreuves de vitesse américains F.M. Hawks et J.R. Wedell ont tous deux décollé de Rockcliffe lorsqu’ils ont fixé de nouveaux records de vitesse. La base servait aussi aux levés aériens et, malheureusement, c’est aussi le lieu d’une tragédie nationale qui a eu lieu l’après-midi du 12 mars 1931, quand l’as de la Première Guerre mondiale William Barker, un récipiendaire de la Croix de Victoria, s’est tué lorsque son avion s’écrasa sur la glace de la rivière des Outaouais.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, le militaire a testé divers avions à Rockcliffe, et des avions remplis de courrier y décollaient vers l’Europe pour les soldats solitaires.

Le site de Rockcliffe était aussi un endroit pratique pour y loger le musée de l’aviation. Même de nos jours, la plupart des avions que l’on ajoute à la collection arrivent en volant de leurs propres ailes, et se posent sur la piste ou sur la rivière. Et la piste permet au musée d’offrir des vols aux gens qui viennent visiter le musée.

Avec le temps, les hangars de Rockcliffe n’étaient plus les meilleurs endroits où abriter une collection d’avions classiques fragiles. Vieux, en bois et secs comme la poussière, les édifices étaient une source d’inquiétudes constantes pour les passionnés de l’aviation qui avaient peur que les meilleures collections d’objets de l’aviation au Canada soient détruits par un incendie. Leurs craintes se sont avérées dénuées de fondement. Au cours des années 1970, ce sort a été celui de collections comparables à Calgary et à San Diego, en Californie.

En 1967, la collection devenait une partie du Musée national des sciences et de la technologie, appelé maintenant Société du Musée des sciences et de la technologie du Canada, mais elle est restée à son propre site à Rockcliffe. Les fervents de l’aviation continuèrent à demander un foyer permanent sécuritaire pour la collection et, en 1982, ils reprenaient grandement espoir quand le gouvernement annonçait le financement de nouveaux édifices pour le Musée des beaux-arts du Canada et pour ce qui allait devenir le Musée canadien des civilisations. C’est le ministre fédéral des communications, Francis Fox, qui a obtenu 20 millions $ pour la construction de la première des trois phases du musée de l’aviation à Rockcliffe.

Les travailleurs de la construction ont commencé à creuser le 25 mai 1983, et à cause de la grandeur des avions de la collection, l’édifice devait avoir au moins 12 mètres de hauteur et des portées ininterrompues de 45 mètres. Et vu que l’édifice triangulaire se faisait construire à côté d’une piste active, les directeurs du musée exigèrent que l’architecte situe les tuyaux et autres installations disgracieuses sous le toit afin qu’il ait bonne mine des airs.

En 1988, le musée de 13 138 pieds carrés était ouvert au public. Depuis lors, plus de deux millions de visiteurs y sont passés. La collection du musée comprend plus de 120 avions et d’innombrables objets comme les moteurs, les hélices, les instruments, les armes, les tenues d’aviateurs et les maquettes de soufflerie. Ses technologues ramènent les vieux avions à leurs normes d’origine en état de navigation et le musée à une réputation d’excellence quant au travail de préservation et de restauration.

“Le patrimoine de l’aviation canadien, militaire et civil, est riche et infiniment varié, dit Poirier. Il est peuplé de personnages merveilleux qui ont accompli de grandes choses dans leurs engins légendaires (et d’autres moins légendaires). Bien sûr, les avions du musée ne peuvent pas parler eux-mêmes. C’est pour cela que nous cherchons des moyens créatifs de raconter les histoires sensationnelles de ce patrimoine.”

Apprendre à propos du vol et de son histoire est facile et amusant grâce à plusieurs programmes. Plein vol, par exemple, est un programme interactif destiné aux ados et aux adultes qui se passionnent pour l’aviation. Il permet aux participants d’explorer les principes de l’aérodynamique, les contrôles et les instruments des avions, la navigation, la communication et la météorologie. Le coût en est de 115 $ et comprend l’instruction au sol, du matériel de référence à emporter chez soi et un vol d’une heure. Il y a aussi des tarifs pour groupes.

Vol de nuit est un programme pour les jeunes de cinq à 18 ans. Il coûte 22 $ par enfant et 11 $ par adulte qui les accompagne. Dans le cadre du Vol de nuit, les participants passent une nuit au musée à explorer la collection à la lumière de lampes de poche, à regarder des films et à assister à des démonstrations. “Nous sommes fiers du fait que nous avons réussi à exciter l’imagination de toutes sortes de gens, jeunes et vieux, experts et écoliers, hommes et femmes, et à nous assurer ainsi que ce legs magnifique ne disparaisse pas”, dit Poirier.

En entrant au musée triangulaire, le visiteur passe d’abord à côté d’une réplique en bronze de la sculpture, grandeur nature, que créait Tait McKenzie en 1932 : The Falcon. Il s’agit de la sculpture saisissante d’un homme ailé qui représente le désir éternel de la race humaine qui est de voler. Il y a aussi une réplique du Silver Dart près de l’entrée.

À partir de là, la collection est disposée en “îles”, chacune se concentrant sur une période différente des autres, ou sur un genre d’avions différent. Chaque île comprend des écriteaux où se trouvent des explications détaillées, carnets de vol inclus. La plupart, mais non pas tous, les avions exposés étaient fabriqués au Canada ou ont été pilotés par des Canadiens. Il y a des avions à réaction et des avions de brousse, des avions de chasse de la Première Guerre mondiale et des hélicoptères d’après la Deuxième Guerre mondiale. Le musée est aussi l’endroit où se trouvent les dernières pièces du malheureux Avro Arrow, le premier et dernier avion supersonique du Canada, dont l’annulation par le gouvernement de Diefenbaker en 1959 est, aujourd’hui encore, une source de controverse.

L’Arrow est très populaire chez les visiteurs. “Il est très en vue”, dit Payne. Il nous explique qu’une avalanche de livres et un docudrame récent à la SRC concernant l’avion ont “présenté le sujet à toute une nouvelle génération de gens”.

Payne fait aussi remarquer que le mandat du musée est de collecter surtout, mais pas exclusivement, du matériel canadien. Certains aéronefs ont eu un impact si intense sur l’aviation mondiale qu’ils méritent qu’on les acquière, dit-il. Payne dit aussi que l’aviation canadienne ne s’est pas développée dans le vide, alors il est bon pour les visiteurs de voir des avions canadiens entourés par d’autres avions de leur temps. Par exemple, deux Messerschmitt allemands sont exposés près d’un Spitfire, d’un Hurricane de Hawker et d’un Mustang que les alliés utilisaient durant la guerre, afin que les visiteurs puissent voir des avions des deux côtés du conflit.

Le conservateur dit qu’il est très important d’avoir un endroit où des technologies de l’aviation si importantes peuvent être entretenues et exposées. “La technologie de l’aviation est située à l’écart, ajoute-t-il. Elle a joué un si grand rôle dans notre histoire militaire et dans notre histoire civile qu’au fond elle mérite son propre musée. De manière conceptuelle, l’avion a changé le Canada plus qu’à peu près n’importe quel autre pays au monde […]. Je pense toujours au développement du Nord, à l’histoire du Nord, comme étant divisée en deux stades : avant et après l’avion.”

Comme on s’y attend, le musée plaît aux fervents de l’aviation dévoués. Il parraine un escadron de cadets de l’air, offre un endroit de rencontres pour les groupes comme les artistes de l’aviation et les opérateurs d’avions téléguidés, et loue ses installations aux organismes comme l’Association de la Force aérienne du Canada.

Bob Tracy, directeur exécutif de l’Association de la Force aérienne, dit que son organisation utilise le musée continuellement pour faire des recherches et en tant que lieu de manifestations comme la cérémonie commémorative de la bataille d’Angleterre. Il dit aussi que le personnel du musée et celui de l’association se partagent souvent des ressources pour répondre à des questions sur l’histoire de l’aviation. “Nous travaillons de près avec eux. Nous leur servons, ils nous servent.”

Timothy Dubé, président de la section d’Ottawa de la Canadian Aviation Historical Society, dit aussi que le musée est précieux à la collectivité de l’aviation. Son organisme y organise des conférences mensuelles pour ses membres. Et à son ouvrage, durant la journée, en tant qu’archiviste militaire aux Archives nationales du Canada, Dubé travaille de près avec les conservateurs du musée.

Cette année, des membres du Conseil exécutif national de la Légion royale canadienne ont fait une visite guidée du musée. Le vice-président national Clarence King de Grand Falls-Windsor (T.-N.), était heureux de la visite. Il a servi à l’ARC, et il a été en garnison à Rockcliffe de 1957 à 1960. C’est à Rockcliffe qu’il a rencontré son épouse et c’est là aussi que son fils aîné a vu le jour. “J’étais heureux d’y retourner, et j’ai beaucoup aimé la visite. Les expositions sont extra et j’aimerais que le musée obtienne davantage d’espace.”

Le président national des débats Wally Smith de Peterborough (Ont.) a servi à la Princess Patricia’s Canadian Light Infantry durant la Seconde Guerre mondiale. Il a été très impressionné par ce qu’il a vu au musée. “Je me suis particulièrement intéressé aux avions de la Deuxième Guerre mondiale, surtout le Lancaster. Ça impressionne vraiment de se tenir en dessous de l’avion et de regarder la petite place du canonnier arrière. En tant qu’ancien fantassin, ça m’a vraiment fait réaliser à quel point les gars y étaient exposés, à quel point c’était dangereux.”

Une nouvelle tête à anciens combattants canada


par Tom MacGregor

 

Il y a une tombe au cimetière militaire canadien de Groesbeek (terrain 21, rangée F, tombe 1), où gît le simple soldat Jean Baptiste Duhamel des Queen’s Own Cameron Highlanders of Canada. Il avait 21 ans quand il a été tué, près de Nijmegen, aux Pays-Bas, le 3 mars 1945. Il s’agit d’une date que garde bien à l’esprit son jeune frère Ron Duhamel, un homme qui, durant le brassage de l’élection de l’été dernier, est devenu ministre d’Anciens combattants.

“Je suis né dans une famille francophone et, en ce temps-là, durant la guerre, les gens avaient des familles nombreuses”, nous dit Duhamel. Bien qu’il n’était pas assez vieux pour se souvenir de son frère aîné, il dit que la mort a traumatisé sa famille. “Je me souviens que mon père, un homme grand, de forte carrure, avait des larmes aux yeux quand il en parlait.”

Jean Baptiste Duhamel était l’un de deux frères de cette famille qui ont servi à la Seconde Guerre mondiale. Un autre a servi à la guerre de Corée. L’expérience militaire de Ron a eu lieu en tant que cadet à Thunder Bay, en Ontario, et il a aussi servi brièvement comme policier à travers le Canada. “Mais j’ai toujours eu du respect envers ceux qui ont servi. Mes frères et moi parlions des affaires mondiales tout le temps. Il semblait y avoir une réelle possibilité que je sois appelé à servir.”

La commémoration et s’occuper de ceux qui ont été appelés à servir pendant la Deuxième Guerre mondiale va être une grande partie de ses fonctions maintenant qu’il a obtenu le rôle de ministre du cabinet. Duhamel arrive à ce poste à un moment affairé, sur les traces du populaire George Baker (Un ministre capable à ACC, janvier/février 2000). Le président national Bill Barclay a envoyé un message à toutes les filiales, geste inhabituel, pour protester le départ de Baker du cabinet, faisant remarquer que “(Baker) a beaucoup fait avancer la législation en faveur des anciens combattants. On ne s’étonnera pas que beaucoup sont les gens qui pensent que M. Baker est le meilleur ministre qu’il y ait eu à Anciens combattants depuis George Hees”.

Baker, un vétéran de la Chambre des communes depuis 26 ans, a été retiré brusquement du cabinet pour faire place au premier ministre de Terre-Neuve Brian Tobin qui retournait à Ottawa, et au cabinet, en tant que ministre de l’industrie. Terre-Neuve et Labrador sont considérés comme une province trop petite pour avoir deux ministres au cabinet. En même temps, le Premier ministre Jean Chrétien devait trouver un nouveau ministre qui aurait la responsabilité du Manitoba, après que Lloyd Axworthy ait quitté la vie politique.

L’arrivée de Duhamel a lieu à un moment où Anciens combattants Canada a entrepris une importante révision de son programme de commémoration. Le ministère est aussi en train de faire du progrès en ce qui concerne l’amélioration de la livraison des services à ses clients. La Légion et d’autres associations d’anciens combattants ont quand même attiré l’attention du public sur les questions comme la création de normes nationales pour les soins à long terme aux anciens combattants, l’amélioration du Programme d’autonomie des anciens combattants et l’amélioration de l’indemnité aux anciens prisonniers de guerre.

Dans le portefeuille d’Anciens combattants se trouvent Anciens combattants Canada lui-même, le Tribunal des anciens combattants (révision et appel) quasi judiciaire et l’agence canadienne de la Commission des sépultures de guerre du Commonwealth. Cette dernière s’occupe des cimetières militaires autour du monde, y compris celui de Groesbeek.

Mais Anciens combattants n’est qu’une des casquettes que porte Duhamel. Il a gardé les deux postes de secrétaire d’État qu’il avait avant le remaniement ministériel. Il a un portefeuille économique en tant que secrétaire d’État de la Diversification de l’économie de l’Ouest et un rôle international en tant que secrétaire d’État de La Francophonie, l’association formée après la Deuxième Guerre mondiale par 52 États et gouvernements où on parle français. Toutefois, c’est son poste de ministre politique du Manitoba qui a le plus d’importance au cabinet.

Duhamel refuse de donner sa date de naissance mais, d’après des notes biographiques, il est né à St-Boniface, au Manitoba, et a passé le début de sa vie au Nord-Ouest de l’Ontario, habitant à Thunder Bay et à Dryden avant de s’installer dans la région de Winnipeg où il a été enseignant, directeur et fonctionnaire. “Vous savez, j’étais plein d’énergie au début, en parfaite santé. On dit que Dieu a pris sept jours pour créer le monde et je me demande pourquoi ça lui a pris si longtemps.”

Duhamel décrit sa carrière comme ayant entièrement été politique. “Tout est politique, que ce soit la Légion, l’armée, l’école, l’église, le club de curling, le Parti libéral ou le gouvernement du Canada. La politique ça sert à faire en sorte que les choses se fassent.”

Sa propre carrière en a été une où les choses ont été faites. Il a commencé comme éducateur et puis il s’est tourné vers le secteur privé, la construction. “Mais j’ai réalisé que ce que j’aimais vraiment c’était enseigner. Ensuite j’ai été directeur, surintendant et puis sous-ministre adjoint chargé de la formation française au Manitoba et, par la suite, sous-ministre de l’éducation.”

Le député Pat Martin du Nouveau Parti Démocratique, qui tient la circonscription Winnipeg-Centre, voisine de la circonscription St-Boniface de Duhamel, dit que Duhamel était connu au Manitoba bien avant son arrivée au cabinet. “Il était sous-ministre de l’éducation sous le premier ministre Howard Pawley. Il était très connu. Son visage était souvent montré aux nouvelles.”

Duhamel s’est fait connaître grâce à sa campagne dans le cadre de laquelle il ramassait et distribuait des fournitures scolaires aux enfants nécessiteux de la ville. “J’ai assisté à la distribution des fournitures qu’il avait ramassées”, nous dit le sénateur Gildas Molgat peu de temps avant son décès en février. “Il y a les cahiers, les stylos et les fournitures. Il ramasse tout ça avec des bénévoles et puis il les livre au centre-ville aux enfants nécessiteux juste avant le début de l’année scolaire.”

Quand il a commencé à penser à se faire élire, Duhamel a demandé conseil à Molgat. “Je le connais depuis qu’il était sous-ministre de l’éducation au Manitoba. Nous sommes tous deux Franco-Manitobains. Il est venu me voir quand il pensait se porter candidat à la Chambre des communes et je l’ai encouragé à le faire”, dit Molgat. Martin et Molgat disaient tous deux du bien des capacités de direction de Duhamel.

“Il est équilibré dans sa façon de penser, remarque Martin. Il suit la tradition de Lloyd Axworthy selon laquelle, quand la campagne est terminée, tous les députés manitobains travaillent ensemble afin d’obtenir le meilleur pour le Manitoba. Je pense que tout le temps qu’il a passé en tant que sous-ministre l’a aidé. Il est très conscient des embûches que peut rencontrer sur son chemin un ministre débutant. Il semble aimer son travail et c’est très important.”

Duhamel a été élu à la Chambre des communes pour la première fois en 1988, quand les Libéraux, sous John Turner, essayaient de remonter. Son foyer est à St-Boniface, où vit et travaille son épouse Carolyn Graham. Leurs trois filles, maintenant adultes, vivent aussi dans la région.

Il est resté à l’opposition officielle jusqu’en 1993, quand les Libéraux ont pris le pouvoir. En 1997, le Premier ministre Jean Chrétien le nommait secrétaire d’État aux Science, recherche et développement, et à la Diversification de l’économie de l’Ouest. Deux ans après, il devenait responsable de La Francophonie tout en gardant le portefeuille de la Diversification de l’économie de l’Ouest.

À la Chambre des communes, Duhamel est pris pour un politicien perspicace. “Ses réponses peuvent certainement avoir du mordant”, ajoute Martin.

Il dit que c’est grâce à son travail dans d’autres domaines qu’il a appris son style de fermeté dans la direction. “Quand j’étais sous-ministre, il m’arrivait de dire à mon ministre ‘Il nous faut un plan. Si vous ne voulez pas me dire quoi faire, je vais faire ce qui d’après moi devrait être fait.’ Maintenant, je me suis discipliné. Quand j’ai obtenu la responsabilité de la Diversification de l’économie de l’Ouest, je me suis dit, ‘Bon, quelles sont les deux ou trois choses les plus importantes que nous voulons accomplir ici?’ J’ai fait la même chose à trois ministères. Je l’ai fait à La Francophonie et je viens de le faire à Anciens combattants. Je veux savoir quelles sont les deux ou trois choses que nous voulons faire ici.”

Il dit qu’il est encore en train d’apprendre quels sont les problèmes. “Je suis allé à Charlottetown la semaine dernière et j’y ai posé les mêmes questions. Il y a beaucoup de choses à faire. Alors je demande, ‘si l’on n’avait qu’une chose, que serait-elle? Si l’on avait une deuxième chose, que serait-elle?’ Je m’attends à avoir une meilleure idée de la voie à prendre au cours des semaines à venir. Bien sûr, on ne le fera pas sans consulter […]. D’après moi, c’est ainsi que ça fonctionne en démocratie.”

Homme méthodique, Duhamel a demandé au personnel d’ACC d’établir un calendrier afin qu’il puisse voir tout ce qu’Anciens combattants est en train de faire. Cependant, rares sont les organisations d’anciens combattants qui ont eu l’occasion de le rencontrer, mais les priorités dont elles vont lui faire part leur sont communes.

Le premier vice-président national Allan Parks, qui préside le Comité national des anciens combattants, des services et des aînés, dit qu’il a rencontré Duhamel lors d’une réception, mais que deux réunions qu’il devait avoir avec lui ont été annulées. “Nous avons terminé le Congrès national d’Halifax avec 12 résolutions concernant le Programme d’autonomie des anciens combattants. Alors elles sont notre priorité absolue”, dit Parks (Éditorial, mars/avril).

Le PAAC a pour objet de faire en sorte que les anciens combattants restent chez eux aussi longtemps que possible. C’est un programme qu’embrassent les anciens combattants qui sont plus confortables chez eux et qu’embrasse ACC qui économise les coûts bien plus élevés de sous-traiter les lits pour anciens combattants.

La question qui inquiète le plus la Légion est celle d’étendre les avantages aux veuves ou aux conjoints des anciens combattants qui meurent après leur arrivée à une institution. Présentement, ces avantages sont interrompus aussitôt que le conjoint arrive à une institution ou un an après le décès de l’ancien combattant. Cela, dit la Légion, peut être une perte d’importance pour le conjoint de l’ancien combattant. Une résolution au Congrès national de l’an dernier se lisait comme suit : “Attendu que de nombreux conjoints ont un besoin désespéré des avantages du PAAC pour rester autonomes dans leurs propres foyers, il est résolu que le Programme d’autonomie des anciens combattants soit étendu afin de comprendre les avantages aux conjoints qui survivent à l’ancien combattant, jusqu’à la mort du conjoint, quand le besoin s’en fait sentir.”

Le fait qu’un ancien combattant marié obtenant les avantages du PAAC perde ces avantages lors du décès de son conjoint, et que son revenu soit baissé, est une autre cause de friction.

La deuxième question de la liste de Park traite de l’indemnisation aux prisonniers de guerre. Présentement, les anciens prisonniers de guerre reçoivent une pension, d’après la Loi sur les pensions, calculée selon une formule progressive basée sur le nombre de jours d’incarcération. Pour y avoir droit, un prisonnier de guerre doit avoir été incarcéré pendant au moins 89 jours, et le taux maximal est celui que l’on donne à ceux qui l’ont été pendant 911 jours ou plus. La Légion désire que le minimum soit laissé de côté et que le maximum soit allongé. De nombreux vétérans de la marine marchande, ainsi que des anciens combattants de Dieppe et des aviateurs, ont été prisonniers plus longtemps. “Celle-ci se trouve dans nos livres depuis le Congrès de 1998”, dit Parks.

La demande de normes nationales pour les institutions de soins de santé à long terme (La question cruciale quant aux soins pour anciens combattants, janvier/février 2000) que fait la Légion est aussi en haut de la liste. Depuis les années 1960, ACC transfère ses hôpitaux aux autorités provinciales ou locales, laissant à chacun ses propres normes de soins. L’Hôpital Ste-Anne de Ste-Anne-de-Bellevue (Qc) est le seul hôpital qui soit entièrement dirigé par ACC. Et c’est le Ste-Anne que la Légion et d’autres, dont le Sous-comité sénatorial sur les affaires des anciens combattants, donnent en exemple relativement à la qualité des soins qui devrait être la norme dans de telles installations.

Baker s’inquiète de la question et il a dit à ses fonctionnaires d’augmenter les efforts en ce qui concerne un questionnaire qui doit servir à découvrir quelles sont les normes pour soins à long terme, ou qu’elles devraient-elles être, dans les 10 domaines dont on se préoccupe. Ces derniers comprennent la sécurité, la qualité de la nourriture, les soins personnels, la récréation et l’accès aux services cliniques.

Duhamel dit qu’on est en train d’analyser les résultats du questionnaire. Le ministère consulte aussi le Conseil canadien d’agrément des services de santé, une agence autorégulatrice qui examine attentivement les hôpitaux publics.

“Je pense qu’il devrait aller faire un tour à l’Hôpital Ste-Anne, observer ce qui s’y passe, et fixer des normes en se basant sur cet hôpital”, dit Parks.

Les modifications à la Loi sur les pensions qui ont servi à empêcher unilatéralement les anciens combattants alliés qui sont maintenant Canadiens d’obtenir l’allocation d’ancien combattant sont une source d’irritation constante pour les ministres d’Anciens combattants depuis 1995. Cela s’applique à tous les alliés, dont le plus grand nombre est celui des anciens combattants impériaux, qui vivent au Canada, exception faite de ceux qui étaient Terre-Neuviens durant leur service.

Alors que les plus grands organismes d’anciens combattants tendent à travailler de concert pour faire avancer des fronts communs, chacun a sa propre liste de priorités. Peter Ambroziak, le secrétaire national des Anciens combattants de l’armée, de la marine et des forces aériennes au Canada, dit que s’occuper de tout l’argent que l’on doit aux vétérans de la marine marchande devrait être la priorité absolue aux yeux de Duhamel. Les vétérans de la marine marchande n’ont pas eu droit aux avantages avant 1992.

En février 2000, le gouvernement reconnaissait avoir une dette envers les vétérans des marines marchandes du Canada et de Terre-Neuve car ils n’avaient pas droit aux avantages de rééducation qui étaient disponibles aux anciens combattants après la guerre. Alors que le gouvernement a mis de côté 50 millions $ pour les demandes de la marine marchande, le nombre de ces demandes a été gravement sous-évalué.

Duhamel a déjà obtenu beaucoup de mérite en ce qui concerne cette question. Peu de temps après sa nomination, il est allé au cabinet pour argumenter que, vu que le nombre de personnes admissibles avait été grandement sous-évalué, il allait lui falloir 20 millions $ de plus. Maintenant, à Anciens combattants Canada, on dit qu’il va falloir encore 10 millions $ pour finir le programme. Il dit qu’il va devoir étudier la question pour voir ce qui est possible et puis retourner à la table avec une nouvelle requête. “Cela dépendra entièrement des autres priorités qui sont apportées au cabinet…”

Ambroziak dit que Anciens combattants de l’armée, de la marine et des forces aériennes au Canada espère aussi que Duhamel se penche sur les soins à long terme. Il espère également que l’indemnisation aux prisonniers de guerre et le PAAC restent en haut de la liste des priorités du ministre. “D’un point de vue politique, il est encore trop tôt pour savoir. Présentement, il est impossible à prédire. George Baker était dynamique. Il a été très, très bon pour nous.”

Le critique de l’opposition officielle sur les affaires des anciens combattants, le député Roy Bailey, a passé la plus grande partie de son temps à la période de questions à soutenir la décision prise par la Cour supérieure de l’Ontario selon laquelle le gouvernement fédéral devrait payer des intérêts rétroactivement à tous les anciens combattants invalides dont les pensions étaient gardées en fiducie. ACC a commencé à payer des intérêts en 1990 mais a voté une législation qui sert à empêcher les anciens combattants de demander des paiements rétroactifs. ACC a par la suite fait appel de la décision de la Cour supérieure. “Le ministre d’Anciens combattants a une responsabilité juridique et morale de régler cette dispute aussi vite que possible hors des tribunaux”, dit Bailey.

Duhamel dit qu’on est en train de le mettre au courant des problèmes. “Nous savons que les avantages aux conjoints sont très importants aux yeux de la Légion et nous savons qu’il y a d’autres questions qui sont très importantes. Si l’on réussissait à parler aux organisations d’anciens combattants et à trouver un consensus, on pourrait faire en sorte que les choses se fassent.”

La révision approfondie de la commémoration qui a commencé en mai et qui n’était toujours pas finie en février est aussi une des choses dont il s’occupe. Le projet a pour objet de se pencher sur la fonction de la commémoration dans son entier, dont les pèlerinages, l’entretien des sites Web d’ACC, assurer des obsèques dignes aux anciens combattants et entretenir les monuments et les tombes militaires outre-mer. La commémoration des sacrifices du temps de guerre a atteint son apogée au milieu des années 1990, avec le programme le Canada se souvient dans le cadre duquel se trouvaient des trousses éducationnelles pour les écoles et un certain nombre de pèlerinages très en vue en l’honneur des divers 50es anniversaires associés à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Toutefois, le programme scolaire n’est plus en cours et on ne planifie aucun pèlerinage en 2001.

Les paramètres du projet se veulent servir à travailler de près avec le ministère de la Défense nationale, avec le ministère du Patrimoine canadien, avec le Bureau du Conseil privé et avec le Conseil du Trésor, mais la plupart de ces projets étaient autrefois vus comme n’étant que du domaine du ministère.

Bien qu’il y ait vraiment eu des progrès relativement à plusieurs réformes administratives et à des avantages, il semble qu’à cette partie du mandat d’ACC on soit incertain des prochains pas à faire. “Les deux choses que fait ACC sont de s’occuper des anciens combattants et de soutenir la commémoration. La commémoration a toujours été très importante à mes yeux, dit Duhamel. Bien avant d’être nommé ministre d’Anciens combattants, je me suis toujours arrangé pour assister à chaque cérémonie du jour du Souvenir. J’ai toujours dit, ‘Le Canada est tel qu’il est en grande partie grâce à ce que nos soldats ont fait.'”

Alors que le nouveau ministre vaque à ses devoirs, il aura toujours un rappel très personnel, au cimetière de Groesbeek, des sacrifices qu’on fait sa famille et le Canada à la guerre.

Le ministère des anciens combattants d’hier à demain

Nous présentons ici la deuxième partie de la série de deux où nous nous penchons sur Anciens combattants Canada d’aujourd’hui et sur les changements qui ont lieu à l’intérieur du ministère.

par Victoria Fulford

 

Plusieurs semaines après l’invasion de la Normandie, en 1944, eut lieu un événement qui allait former la vie des hommes et des femmes civils qui avaient servi à l’effort de guerre du Canada. Il continue à influencer la vie des anciens combattants aujourd’hui, pas seulement ceux qui ont servi à la Deuxième Guerre mondiale, mais ceux qui sont allés aux divers conflits, durant les décennies qui ont suivi, jusqu’à nos jours. Le 30 juin 1944, Anciens combattants Canada recevait la sanction royale, créant ainsi un ministère du gouvernement fédéral consacré à la livraison d’avantages et de services aux anciens combattants en reconnaissance de leurs accomplissements et de leurs sacrifices à la défense de la liberté.

Avec la création du nouveau ministère, succédant à l’ancien ministère des Pensions et de la santé nationale, la nouvelle législation reliée aux anciens combattants était adoptée. Du nom collectif de charte des anciens combattants, elle comprend plus de 15 lois différentes qui ont pour objet spécifique d’assister les anciens combattants lors de leur passage à la vie civile, l’indemnisation pour service militaire, la réadaptation physique et, dans les cas où la réadaptation n’est pas possible, les régimes de soutien du revenu pour assister ceux qui ne sont plus capables de travailler.

Plus d’un million de personnes ont été affectées par la charte des anciens combattants à son début. On s’attend à ce qu’environ 99 000 vétérans du service militaire obtiennent les services d’ACC durant l’année fiscale 2001-2002. Ce chiffre n’inclut pas les membres des Forces canadiennes et les survivants des anciens combattants qui vont aussi bénéficier des services d’ACC durant l’année.

De 1946 à 1950, plus de dollars des contribuables canadiens ont été dépensés à la réadaptation des anciens combattants que tout autre service. En 1953, le coût de la réadaptation des vétérans de la Seconde Guerre mondiale atteignait 1,5 milliard $. Ce chiffre comprenait les choses comme les coûts administratifs du ministère, les traitements et les services de prothèses, les avantages et les octrois comme les peines de démobilisation versées à ceux qui avaient servi, les pensions d’invalidité, les crédits de rétablissement, les octrois et les contrats pour l’achat de biens immobiliers, et la formation professionnelle, technique et universitaire pour les anciens combattants.

Par l’entremise de la charte, un certain nombre de programmes ont été établis afin d’aider les anciens combattants à s’établir dans le civil. C’était une entreprise immense, dans un pays dont la population n’était que d’environ 11,5 millions d’habitants en ce temps-là, en vue d’aider un million de personnes qui avaient des besoins différents. Lors de sa période de main-d’œuvre la plus nombreuse, en 1946, Anciens combattants Canada avait 22 000 employés, dont beaucoup étaient des anciens combattants eux-mêmes. En ce temps-là le ministère dirigeait 36 hôpitaux et centres de traitements à travers le pays.

Le ministère a présentement plus de 3 000 employés et il n’est plus responsable de la direction que d’un seul hôpital, le Ste-Anne. La responsabilité de tous les autres hôpitaux du ministère a été déléguée aux autorités locales, ayant chacune ses propres directives provinciales sur la santé. Dans bien des cas, les institutions pour anciens combattants ont été combinées aux institutions civiles pour créer de nouvelles installations mieux conçues pour les soins à long terme. Mais cela a donné lieu à l’homogénéisation des services. La distinction entre le lit pour anciens combattants payé par Anciens combattants et un lit payé par la province est difficile à voir. La Légion royale canadienne a pris la position comme quoi un système de normes nationales devrait être appliqué en ce qui concerne les soins aux anciens combattants.

La remise du Ste-Anne aux autorités provinciales de la santé devrait avoir lieu on ne sait quand. “Présentement, la situation est telle que le Québec a indiqué ne pas pouvoir entamer, pour l’instant, les négociations sur le transfert,” dit le chef de la section des services aux anciens combattants d’Anciens combattants Canada, le sous-ministre adjoint Brian Ferguson. “Quand il sera prêt nous nous mettrons au travail là-dessus.”

L’administration de la Loi sur les terres destinées aux anciens combattants (LTDAC) arrive à terme. Jusqu’en 1992, l’Office de l’établissement agricole des anciens combattants existait en tant que bureau séparé du ministère mais il a depuis été absorbé par ACC. Les accords de la LTDAC n’étaient pas des hypothèques mais des contrats entre le directeur du bureau de la LTDAC et l’ancien combattant. Le bureau de la LTDAC était propriétaire et l’ancien combattant locataire. La terre serait remise à l’ancien combattant lorsque les termes du contrat étaient accomplis. Sur les quelque 144 000 contrats signés jusqu’en 1975, quand le programme a été interrompu, près de 430 comptes actifs restent en souffrance. Le dernier contrat se terminera en novembre 2006. La baisse progressive du nombre d’employés du ministère, le déplacement d’ACC pour s’éloigner de la livraison directe de soins de santé et le fait que la LTDAC touche à sa fin sont des exemples concrets qu’ACC a changé depuis sa création. Toutefois, la section du ministère où a eu lieu le plus de changements au cours des années est celle des pensions.

La Commission canadienne des pensions et la Commission des allocations aux anciens combattants existaient avant la création d’Anciens combattants Canada lui-même. Les racines de la Commission canadienne des pensions, créée afin d’administrer les demandes de pension en 1933, se trouvent dans le Board of Pension Commissions de 1919 qui avait été institué pour administrer les demandes de pensions suivant la Grande Guerre. La Commission des allocations aux anciens combattants, établie en 1936, était un organisme quasi-judiciaire qui servait de cour d’appel pour les demandeurs et les récipiendaires d’allocations de guerre insatisfaits.

En 1978, dans le cadre du Programme de symbolisation fédérale du gouvernement, le ministère changeait aussi de nom. Perdant le nom d’Affaires des anciens combattants Canada, ou simplement AAC, il arrivait aux années ’80 avec le nom d’Anciens combattants Canada.

Mais d’autres changements avaient eu lieu durant les années ’70, le ministère grandissant avec les gens qu’il avait pour mission de servir. Deux autres sections se mettaient de la partie : le Conseil de révisions des pensions et le Bureau de services juridiques des pensions. Le Conseil de révisions des pensions était mis sur pied pour s’occuper spécifiquement des questions d’ayant droit, des montants accordés et de l’interprétation de la législation sur les pensions. Les services juridiques comprenaient les conseils aux anciens combattants et leur représentation par-devant le tribunal d’appel.

Au fil du temps, tant de mains furent mises à la pâte que le temps d’attente pour les évaluations, les décisions et les révisions concernant les pensions s’allongeait. À l’occasion des congrès nationaux de la Légion de 1976, 1978, 1980 et 1982, des résolutions étaient votées qui exhortaient la Commission canadienne des pensions d’activer le maniement des demandes de pension. Durant l’année fiscale 1984-1985, le temps pris par le traitement d’une demande de pension, de la soumission à la décision, était de 22 mois. Le ministre George Hees le réduisait à 11 mois en 1985-1986, et à 10,1 mois en 1986-1987.

Dans l’espoir de rationaliser davantage le processus et de réduire le temps du maniement des pensions et des allocations, le Conseil de révisions des pensions était fusionné à la Commission des allocations aux anciens combattants en 1987 pour former le Tribunal d’appel des anciens combattants. Malgré la réorganisation, le temps qu’il fallait aux traitements restait long. Les arriérés débordaient du système et les demandeurs attendaient les décisions entre huit mois et un an.

À nouveau, des résolutions aux congrès nationaux de 1990, 1992 et 1994 exhortaient le gouvernement à agir pour accélérer le processus. En 1994, les délégués recommandaient au ministre d’ordonner une révision complète des procédures de maniement. “Le temps moyen pris par le maniement des demandes de pension est présentement excessif, et ce délai est nuisible à nos anciens combattants invalides, malades, âgés et nécessiteux qui souvent meurent avant de recevoir la notification initiale,” était-il déclaré dans une résolution. Le secrétaire d’État des anciens combattants d’alors, Lawrence MacAulay, assistait à ce congrès et il dit aux délégués que la législation qu’il avait l’intention de proposer ferait diminuer de moitié le temps qu’il fallait au système de pension. En septembre 1995, le Tribunal des anciens combattants (révision et appel) était mis sur pied, changeant la structure du ministère de façon fondamentale.

“Avant la réforme des pensions, le ministère s’occupait de l’affaire, une section séparée appelée le Bureau de services juridiques des pensions s’occupait de l’affaire, une instance d’appel appelée le Tribunal des anciens combattants s’occupait de l’affaire, et une autre entité qui avait existé depuis 1919, du nom de Commission canadienne des pensions,” dit Doris Boulet, la directrice générale des avantages durant la restructuration du processus. “Après la réforme des pensions, il n’y en avait plus que deux à s’occuper de l’affaire, le ministère et une instance appelée le Tribunal des anciens combattants (révision et appel).”

D’après la loi, le Bureau de services juridiques des pensions est devenu partie du ministère et la Commission canadienne des pensions et le Tribunal des anciens combattants ont été fusionnés pour former le Tribunal des anciens combattants (révision et appel). L’an dernier, 123 personnes siégeaient au Tribunal et on s’attend à ce qu’il y en ait 135 cette année. Le Tribunal a coûté 9,7 millions de dollars durant l’année fiscale 2000-2001. Les fonctions d’arbitrage concernant les décisions initiales dans le domaine des pensions et des évaluations d’invalidité sont maintenant la responsabilité directe du ministère. Les changements ont été conçus afin de permettre à ACC de manier les demandes des clients plus rapidement tout en sauvegardant leur droit d’aller en appel.

“En rendant le processus plus simple, et en faisant en sorte qu’il y ait moins d’entités qui s’en occupent, je pense que nous avons accompli des choses remarquables,” dit Boulet. Elle évalue à 1 200 le nombre de nouveaux cas dont la section des avantages du ministère s’occupe chaque mois dans le domaine de l’invalidité seulement, et environ 40 pour cent des demandes sont faites par des membres des Forces canadiennes encore en service. Et maintenant, combien de temps faut-il au processus de demande de pension d’invalidité?

“Du moment où l’on décroche le téléphone jusqu’à ce qu’on ait un chèque en main, si la décision a été favorable, il devrait s’être passé cinq mois,” dit Boulet. “Autrefois, c’était environ 18 mois.”

Si un client n’est pas content de la décision en ce qui le concerne, il peut toujours aller voir un agent des services de la Légion ou se rendre au Bureau de services juridiques des pensions. Le Bureau est présentement dirigé par l’avocat en chef des pensions Simon Coakley, qui est également sous-ministre adjoint de la commémoration et des relations publiques au ministère. ACC évalue à entre 90 et 95 le pourcentage de demandeurs qui passent par-devant le TAC(RA). Toutefois, ce n’est pas toujours nécessaire qu’un cas aille aussi loin que le tribunal d’appel. Si, lors de l’examen plus poussé d’une demande, on trouve qu’ACC a fait une erreur, d’après la loi ou d’après les faits, ou si le demandeur offre des preuves nouvelles et considérables peu de temps après la décision défavorable, il existe une option selon laquelle le Bureau peut faire réexaminer la demande à ACC dans le cadre de ce qu’on appelle la révision ministérielle.

Le Bureau et le ministère coexistent dans ce qui est une relation naturellement antagoniste. Les locaux du Bureau à travers le pays sont même loués dans 17 des édifices où ACC a des bureaux de district. On voit cela, au ministère, comme étant plus commode pour les clients, en ce qui concerne faire ses courses en un seul endroit quand on a des affaires à régler avec le ministère et avec le Bureau. Le partage de bureaux maintient aussi le montant des dépenses moins élevé. Les dossiers sont gardés en des endroits différents pour assurer la confidentialité, et comme il est déclaré dans la Loi sur le ministère des Affaires des anciens combattants, “la relation entre le Bureau et la personne qui demande assistance est la même que celle qui existe entre l’avocat et son client.” Le Bureau ne sera pas obligé non plus, lors de toute procédure par-devant le TAC(RA), de divulguer renseignements ou matériel reliés à la personne dont il s’agit et qu’il a en sa possession.

“Depuis 1995, nous sommes très sensibles, lorsque nous entendons des plaintes que les clients peuvent avoir depuis le changement, au fait que nous faisons techniquement partie du ministère,” dit l’adjoint de l’avocat en chef des pensions Rick MacLeod. “Je ne me rappelle d’aucune situation où les clients auraient porté plainte et où ils auraient ressenti que la relation entre nous aurait été ébranlée à cause du fait que nous faisons maintenant partie du ministère lui-même.”

Tous les conseillers du Bureau, au nombre de 35, sont des employés à temps plein, membres des associations juridiques de leurs provinces respectives, et spécialistes des demandes de pension d’invalidité. En moyenne, le Bureau représente 600 clients par mois aux tribunaux d’appel à travers le Canada.

“Notre engagement envers nos clients est tel que du jour où ils arrivent à notre porte, notre objectif est de faire en sorte que leurs cas soient entendus en trois mois tout au plus,” dit Coakley, bien que la norme au Bureau en soit une où l’on fait le nécessaire pour que le client ait audience par-devant un tribunal d’appel en 120 jours au maximum.

En prenant une semaine au hasard, on trouve de quatre à six endroits à travers le Canada où des audiences ont lieu et auxquelles les clients ont l’occasion de se présenter en personne par-devant deux membres du TAC(RA). Durant l’audience, le conseiller juridique des pensions passe à travers les documents du client avec les membres du Tribunal, obtient des témoignages du client et de témoins, présente de nouveaux documents comme les rapports de spécialistes médicaux pour appuyer la demande du client, et offre un argument oral de la part du client. Le système de pistage informatique central, dans les salles principales du Bureau qui se trouve au siège social d’ACC, à Charlottetown, sert à déterminer le nombre de demandes en attente d’audiences à travers le Canada. Avec ces renseignements, on prépare un calendrier des audiences jusqu’à deux mois d’avance.

Si un client est insatisfait de la décision du tribunal de révision, il peut s’en remettre à un tribunal d’appel du TAC(RA). En moyenne, 200 cas d’appel par mois passent entre les mains du Tribunal. Vu que le client ne témoigne pas oralement à ces audiences, il n’est pas obligé d’y être. Les audiences ont lieu d’habitude à Charlottetown, où la Légion entretient un bureau pour les audiences, et certains cas sont présentés au bureau de district, par le conseiller juridique des pensions, par l’entremise de conférence vidéo.

Si le client est toujours insatisfait de la décision prise lors de l’appel, le bureau peut faire une demande pour qu’on fasse une nouvelle étude. Le bureau fait entre 200 et 250 de ces demandes par année en affirmant qu’il y a eu une erreur dans les faits ou la loi ou qu’une preuve nouvelle a été apportée. Quand on croit que le Tribunal a fait une erreur juridique, le cas peut être présenté à la Cour fédérale du Canada pour une révision. La Cour ne peut pas casser la décision du Tribunal mais le cas peut être renvoyé au Tribunal pour une nouvelle audience.

Pour que le cas obtienne du succès, il est important que le client ait des dossiers médicaux qui soutiennent sa demande. Mieux le cas est documenté, plus il est facile au conseiller d’établir le bien-fondé de son argument. “Si quelque chose arrive (en devoir), faites-la documenter,” est l’avis que donne Coakley aux membres des Forces canadiennes en service. “C’est là une chose qui faciliterait la vie de tout le monde, si davantage d’événements étaient documentés.”

Quant aux clients plus âgés dont les blessures ont eu lieu il y a bien des années, décider à propos d’une blessure en se basant sur un ensemble de critères médicaux prédéterminés est une tâche difficile, pour ne pas dire impossible. Les anciens combattants sont admissibles à bien des programmes mais ont doit pouvoir retracer leurs problèmes médicaux à ce que l’on appelle une condition donnant droit à une pension : une blessure reliée au service en temps de guerre. “Si l’on prend un homme de 84 ans qui est vraiment malade, c’est vraiment difficile de conjecturer quelle partie de la maladie est reliée à une blessure obtenue au combat et quelle partie est due au vieillissement normal,” dit la sous-ministre adjointe Verna Bruce. “Dans un certain sens, c’est une décision arbitraire que l’on prend. Ces gens ont besoin de l’assistance de leur pays à ce moment-ci de leur vie, alors nous avons comme point de vue qu’il faut essayer de simplifier ça, de le rendre aussi facile que possible.”

ACC est en train de mettre à jour le tableau des invalidités et des directives médicales dont se servent les gens pour prendre les décisions concernant l’évaluation des cas, et les changements devraient être effectués cette année. Les blessures reliées au stress, comme le syndrome de stress post-traumatique, ont finalement été reconnues par le ministère et ajoutées au tableau en 2000.

Le ministère a fait beaucoup de chemin depuis les jours sombres des années 1980 et du début des années 1990, quand les arriérés entravaient un système où l’on prenait presque deux ans pour manier une demande. Toutefois, d’aucuns pensent qu’on pourrait faire encore mieux.

“Ils font raisonnablement bien, mais ce n’est jamais aussi vite que ce qu’aimerait la Légion,” dit le directeur du Bureau national des services Jim Rycroft. “Autrement, on n’aurait pas eu les résolutions dans nos livres pendant toutes ces années.”

Le Centre de soutien aux membres des Forces canadiennes et à leurs familles, établi à Ottawa en 1999, est un pas vers un service meilleur et plus rapide. Pourvu en personnel conjointement par le ministère de la Défense nationale, les Forces canadiennes et Anciens combattants Canada, sa raison d’être est l’assistance aux membres des Forces canadiennes qui ont souffert de blessures, et s’occuper des demandes d’avantages et de pensions et du transfert à la vie civile. Rycroft dit que le ministère pourrait faire un bien meilleur travail à propos de faire savoir aux clients du centre que le bureau de services leur est aussi disponible pour les aider en ce qui concerne les demandes de pensions.

Rycroft réprouve le ministère de la façon compliquée qu’il a de travailler et dit que le processus de pension tout entier devrait être remanié. Il voit le vote de la législation récente qui permet aux membres des Forces canadiennes de recevoir une pension d’invalidité d’ACC pendant qu’ils sont en service, quel que soit l’endroit où ils ont servi, comme n’étant rien qu’une autre solution temporaire à ce qui est essentiellement un système dépassé.

“Pour obtenir quelque sorte de performance, la dernière chose dont on ait besoin c’est de colmater un très vieux système qui craque de partout,” dit Rycroft. “Peut-être est-il temps de se pencher sur les besoins et puis de simplement y subvenir par un processus très simple.”

La base de clients des programmes d’invalidité d’ACC est en train de changer. On s’attend à ce que le nombre de clients provenant des Forces canadiennes augmente de manière spectaculaire par rapport aux 30 000 que d’après les évaluations du ministère ce dernier est en train de servir. Les membres du personnel des FC, qui souvent ont des familles à leur charge, ont des besoins bien différents de ceux de leurs homologues des guerres. La nature des opérations militaires modernes aussi fait augmenter le nombre des membres du personnel blessés en devoir. Les changements à la façon dont ACC travaille seront-ils suffisants pour s’assurer que les arriérés dans les pensions d’autrefois n’aient pas lieu à nouveau? Seul le temps pourra le dire.