Un club dont personne n’espère faire partie

Le capitaine Brian Bews s’éjecta de son CF-18 Hornet quelques instants avant qu’il n’explose. [THE CANADIAN PRESS, LETHBRIDGE HERALD, IAN MARTENS]

Le capitaine Brian Bews, pilote de chasse, s’exerçait en vue d’un spectacle aérien à Lethbridge, Alberta, le 24 juillet 2010, lorsqu’un moteur de son CF-18 Hornet tomba en panne. Il s’éjecta à 90 mètres seulement du sol; deux secondes après, son avion était une boule de feu et lui, flottait vers le sol.

Le capitaine venait d’obtenir son droit d’entrée au Caterpillar Club, cercle exclusif auquel personne n’aspire appartenir : celui des gens qui ont survécu en sautant en parachute d’un appareil qui s’est ensuite écrasé.

Franz Reichelt, pionnier du parachutisme, avant sa chute fatale du haut de la tour Eiffel, en 1912. [Wikimedia]

Personne ne sait exactement combien de personnes ont eu la vie sauve grâce à un parachute, mais on sait que ceux de l’Air Chute Company (Irvin Aerospace par la suite et actuellement Airborne Systems) en ont sauvé plus de 100 000 à eux seuls.

Les parachutes étaient rares pendant la Première Guerre mondiale, et habituellement rangés de façon peu pratique à bord de ballons d’observation et d’avions. L’inventeur du parachute portable, le tailleur Franz Reichelt, trouva la mort lors d’une démonstration de saut du haut de la tour Eiffel en 1912. En 1919, Leslie Irvin, que l’on surnommait Sky-Hi Irvin, mit à l’essai le parachute portable à câble d’ouverture conçu par la U.S. Army Parachute Section et décida de les fabriquer.

Une carte de membre du Caterpillar Club. [archives du National Air and Space Museum 80-2393]

Irvin créa le Caterpillar Club en 1922 pour distinguer les survivants d’un écrasement qui s’étaient servi d’un de ses parachutes. Le cercle, dont le nom évoque le ver à soie qui fournit le textile utilisé pour fabriquer les premiers parachutes, remettait à ses membres des cartes et des épinglettes à chenille en or et aux yeux de rubis. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les nouvelles chenilles étaient dorées et leurs yeux faits de grenats, puis on les fabriqua en or 10 carats avec des yeux en émail. « Le nombre de demandes que nous recevons actuellement, et j’en suis très heureuse, est très petit : deux ou trois par année, » dit Maureen Udy de l’entreprise anglaise Airborne Systems Limited.

D’autres entreprises se sont vite mises à distribuer des souvenirs aussi : la Pioneer Parachute Company, remet des plaques; le Roo Club d’Australie, des épinglettes à kangourou; la Switlik Parachute Co., qui a équipé l’amiral Richard Byrd et Amelia Earhart, des épinglettes en or et en argent. Earhart sauta en parachute en public pour la première fois de la tour d’entrainement des parachutistes de 50 mètres appartenant à l’entreprise. Elle dit à propos de la descente que c’était « très amusant! »,opinion qu’ont encore aujourd’hui beaucoup de parachutistes sportifs.

Leslie Irvin (à d.), inventeur du Irvin Air Chute, regarde le sergent-maitre Ralph Bottriell de l’U.S. Army Air Corps (au c.) se préparer à faire un saut d’essai, accompagné du pilote James Ray. [Wikimedia]

Le premier membre du Caterpillar Club, admis le 20 octobre 1922, fut le lieutenant Harold Harris, pilote d’essai de l’Ohio. Selon Harold Skaarup, auteur de Canadian Warplanes (avions militaires canadiens, NDT), le premier membre canadien fut Jack Caldwell qui sauta de la Vedette qu’il mettait à l’essai au-dessus de l’usine canadienne Vickers, le 17 mai 1919, à cause d’une panne de moteur. L’aviateur renommé Charles Lindbergh et l’astronaute John Glenn en ont aussi été membres.

Plus de 13 000 aviateurs de la Royal Air Force et de l’ARC ont demandé à en être membre au cours de la Seconde Guerre mondiale. Ceux qui sont admissibles n’en font pas tous la demande, y compris des aviateurs de la Luftwaffe qui portaient un parachute conçu par Irvin provenant d’une usine achetée par les nazis en 1936.

Aucune demande accompagnée de preuves n’est refusée. Le critère clé, c’est le sort de l’aéronef. Les sauts volontaires ne sont pas permis : un parachutiste sportif dont l’avion s’écrase plus tard n’est pas admissible, mais le pilote de l’avion qui saute juste avant l’écrasement, si.

Ironie du sort, Sky-Hi Irvin, qui a effectué plus de 300 sauts en parachute, n’a jamais été admissible au club qu’il a fondé.

Le 9 avril 1958
Date du plus haut saut d’urgence en parachute, selon le Livre des records Guinness, à l’occasion du vol d’essai funeste d’un bombardier à réaction English Electric Canberra de la Royal Air Force.

3 048 mètres
Hauteur à laquelle le pilote de Canberra John de Salis et son navigateur Patrick Lowe déployèrent leur parachute.

17 070 mètres
Altitude à laquelle leur Canberra explosa.

8 848 mètres
Hauteur du mont Everest.

Le 26 juillet 1959
Date à laquelle le lieutenant-colonel William Rankin de l’U.S. Marine Corps abandonna son chasseur F-8 Crusader.

14 326 mètres
Hauteur à laquelle le moteur du chasseur de Rankin tomba en panne.

40 minutes
Le temps qu’il fallut à Rankin pour descendre, à cause des courants d’air ascendants d’un orage.

11 minutes
Durée d’une descente normale.

Les Canadiens peuvent encore adhérer au Caterpillar club.

Les formulaires de demande sont disponibles auprès de Yvonne.wade@airborne-sys.com.

Terre-Neuve a-t-elle bien fait de se joindre à la confédération?

Les Terre-Neuviens qui ont voté pour la confédération lors des référendums de 1948 l’ont fait pour des raisons pragmatiques. Le pays, surtout la partie au-delà de la péninsule d’Avalon, était indigent, isolé, livré aux caprices de l’industrie de la pêche. La plupart de ses habitants n’avaient jamais mis les pieds au Canada ni rencontré quelqu’un qui y était allé. Ils ne pouvaient pas ressentir de patriotisme pour un pays qu’ils ne connaissaient pas. Toujours est-il qu’ils votèrent pour le Canada, parce qu’ainsi, comme le leur expliquait Joey Smallwood, ils pourraient avoir un peu plus d’argent grâce aux programmes d’aide sociale du Canada, dont l’allocation familiale qui était versée pour chaque enfant. La plupart de ceux qui, à ces mêmes référendums, votaient pour un retour à l’indépendance le faisaient pour des raisons patriotiques. On peut se sentir patriote d’un pays où on a vécu toute sa vie. On peut aimer un tel pays tout en ayant conscience de ses limitations géographiques. On peut légitimement s’y sentir chez soi. Si vous habitiez à l’époque dans la partie la plus prospère de Terre-Neuve, le sacrifice potentiel était bien moindre que celui de vos compatriotes isolés. Il était donc normal pour la grande majorité des gens de St. John’s de voter pour un retour à l’indépendance.

Bien d’autres facteurs entraient en jeu dans les référendums, mais je dirais qu’il s’agissait d’un choix entre le patriotisme et le pragmatisme, et le pragmatisme l’emporta, de peu.

Cependant, on ne peut que répondre par l’affirmative à la question « Terre-Neuve se porterait-elle mieux si elle ne s’était pas jointe au Canada? ».

Depuis qu’elle s’est jointe au Canada, Terre-Neuve est deve-nue la province la plus pauvre de la fédération, et l’a toujours été, excepté durant une petite vague de prospérité où le pétrole se vendait à plus de 100 $ le baril. Si l’on totalise le nombre de chômeurs, les gens qui ne cherchent plus d’emploi et les personnes qui vivent de l’aide sociale, le vrai taux de chômage de Terre-Neuve atteint presque celui des pays du tiers monde. Son hydroélectricité, provenant surtout du Labrador, enrichit le Québec et remplit les coffres du gouvernement fédéral, mais ne rapporte presque rien à Terre-Neuve, dans le cas des projets hydroélectriques de Churchill Falls et de Muskrat Falls. Même en ce qui concerne le pétrole, Terre-Neuve a dû négocier pieds et poings liés parce qu’elle fait partie du Canada. Dans un endroit aussi pauvre que Terre-Neuve l’a habituellement été, il n’y a qu’un seul moyen, semble-t-il, de réaliser un mégaprojet : donner la ressource naturelle (hydro, pétrole) à quelque pays ou entreprise étrangère capable de l’exploiter en échange d’emplois de courte durée pour la construction de l’infrastructure.

Comment Terre-Neuve s’en est-elle tirée? La province a une dette de plus de 12 milliards de dollars, un déficit annuel de presque 2 milliards de dollars et un versement annuel d’intérêts qui gonflera la dette à plus de 20 milliards de dollars d’ici cinq ans : un montant intenable. Sans une nouvelle hausse du prix du pétrole, une faillite de plus est pratiquement certaine.

Si Terre-Neuve était indépendante, l’industrie morutière, ressource durable non polluante, aurait été gérée par les Terre-Neuviens, pas par les politiciens, scientifiques et fonctionnaires fédéraux qui ont permis aux chalutiers congélateurs étrangers de détruire les stocks de morue du Nord.

Une Terre-Neuve indépendante aurait une pêche viable. Elle ne serait pas riche, peut-être pas aussi aisée que le sont les provinces intérieures, mais c’est bien pire dans la province confédérée d’aujourd’hui. Une Terre-Neuve indépendante ne serait pas obligée de mendier sa pitance aux fédéraux et aux entreprises étrangères. Une Terre-Neuve indépendante ne serait pas obligée de supporter la raillerie, le mépris, la condescendance et l’intolérance du terme « Newfie ».

 

La Confédération. Moi non plus je ne l’aime pas. Mais elle a quand même des avantages.

J’habite à Toronto maintenant, mais j’ai grandi à Terre-Neuve. Quand j’étais petit, mes voisins étaient un vieux couple du nom de Shears. M. Shears, né en 1909, travaillait à l’usine de papier. Il avait choisi la vie d’un employé ayant droit à une pension plutôt que la périlleuse vie de pêcheur. Il était terre-neuvien quand il est entré à l’usine, canadien quand il en est ressorti. Et à un mur du sous-sol, il avait accroché un drapeau canadien et un Union Jack l’un à côté de l’autre.

Ici, à Toronto, il y a une maison devant laquelle je passe en prome-nant mon chien. Dans la véranda est affiché un drapeau rose, blanc et vert de Terre-Neuve. Le drapeau officiel de la province comporte une flèche jaune qui représente assez bien sa situation modeste. Mais ce tricolore officieux, lui, possède toute la confiance d’une nation.

Je ne dirai rien sur l’assurance sociale, les pensions, les perspectives professionnelles, l’éducation, ni sur les paiements de transfert, les boissons gazeuses ou les incidences de la religion. Oublions à quel point nous nous insurgeons contre la situation de nos Béothuks et sommes frustrés du malheur des Innus du Labrador. Ne nous penchons pas sur les pouvoirs et les obligations inscrits dans les conditions de l’union que Ches Crosbie refusa de signer ni sur les effets de la pêche à la morue que son fils John a fermée. Je suis en faveur de la confédération parce que bâtir un pays, c’est une notion que l’on met trop souvent en exergue. La seule raison d’être du Canada, le pays le moins nationaliste du monde, c’est de partager les risques d’une économie capitaliste au bord d’un continent. Si nous étions indépendants, nos politiciens auraient vendu le Labrador au plus offrant, c’est sûr.

Je suis régionaliste. Je crois qu’on peut aimer une montagne, un lac ou une rivière. Une île : oui, on l’aime. Mais un continent ne sera jamais aimé de la manière dont on aime une colline. La confédération ne dilue pas l’amour que l’on ressent pour une vallée. Elle empêche le retour à une culture à valeurs fixes. Ou au moins, elle le devrait.

Je suis pour l’idylle, et le territoire ne change pas, pas plus que ne changent les gens à cause d’un contrat. La confédération n’a pas écrasé ce qui fait des Terre-Neuviens des gens pleins de vie. Le roman de Percy James House of Hate commence ainsi « La haine est fille de la peur, et Saul Stone avait eu peur d’une chose ou d’une autre toutesa vie » (traduction). Les pressions de la faim, du désespoir et de la religion : voilà ce qu’a atténué la confédération.

J’accepterai, comme l’a accepté mon voisin M. Shears, le filet de sécurité que le Canada a bâti et la protection que le gouvernement fédéral confère contre les classes mercantiles, politiques ou religieuses qui mettent les gens dans des situations fâcheuses comme celle de Saul Stone.

Il y a un arpent de terre dans l’esprit de chaque Terre-Neuvien. Cet arpent imaginaire, c’est Terre-Neuve. Et je prends fait et cause pour la nation indépendante de l’esprit : une fantaisie bucolique ne manque pas obligatoirement de vrai. Cultivons nos jardins imaginaires, faisons des reproches aux penseurs politiques qui confondent rêve et réalité, profitons de la chance d’avoir des frontières tout en étant assez généreux pour offrir au Canada et au monde l’excédent que nous générons en gagnant notre vie.

Cajolons nos âmes grâce à la joie de vivre spirituelle concrétisée dans un espace physique, célébrons nos liens, que ce soit ceux de la langue, de l’amour ou du temps passé sur la côte est de cette terre glacée et balayée par les vents qui nous sourit.


Wayne Johnston est né et a grandi à Goulds, T.-N.-L. Il est l’auteur de plusieurs romans, dont The Divine Ryans, Baltimore’s Mansion, The Colony of Unrequited Dreams et The Navigator of New York.

Michael Winter a quitté l’Angleterre pour Terre-Neuve avec sa famille quand il avait trois ans, puis il s’est installé à Corner Brook. Ses romans comprennent This All Happened, The Big Why, The Death of Donna Whalen et Minister Without Portfolio.

Priorité donnée aux adhésions

Les membres de la DEC écoutent la lecture des rapports. [Tom MacGregor]

Les membres de la Légion recevront cette année une nouvelle carte de membre en plastique une fois leurs frais d’adhésion pour 2018 réglés, a appris le Conseil exécutif national (CEN) lors de sa réunion des 29 et 30 avril à la Maison de la Légion de Kanata, en Ontario.

La nouvelle carte rouge, sur laquelle figure une image du Monument commémoratif de guerre du Canada, sera réutili-sable, et une vignette indiquant la validité de l’adhésion sera ajoutée chaque année.

Cette initiative fait partie d’une stratégie servant à lever les obstacles à l’adhésion de nouveaux membres et au renouvellement d’adhésions existantes. Le CEN a accepté de simplifier le processus de recrutement en intégrant le processus d’initiation au formulaire de demande d’adhésion à la Légion royale canadienne, conformément aux statuts généraux, et les filiales locales sont libres d’organiser une cérémonie d’initiation à une date ultérieure.

« La nouvelle procédure d’adhésion remet toute procédure d’initiation supplémentaire à la discrétion de la filiale, » a déclaré le président des adhésions, Tom Irvine, dans son rapport. En outre, le CEN a chargé le Comité du Rituel et Récompenses d’élaborer un protocole plus simple pour les filiales qui désirent continuer à organiser des cérémonies d’initiation.

« Le comité de l’adhésion est sur le point de mettre en œuvre des changements importants sur les deux prochaines années. Ces efforts viseront de nombreux aspects de l’adhésion, notamment un nouveau portail de traitement en ligne des adhésions et renouvellements, de nouvelles cartes de membre et de nouveaux moyens de payer le renouvellement, ainsi que la simplification des programmes d’inscription et d’hospitalité des filiales locales, » dit M. Irvine. « Ces activités nécessiteront un leadership fort, et l’appui des divisions, des filiales et des membres pour que nous puissions maximiser le recrutement et la rétention de nos membres, et stabiliser le nombre d’adhérents à la Légion à l’avenir. »

Le trésorier national, Mark Barham, a rapporté que 2016 s’était bien terminée pour la Direction nationale, avec un surplus de 465 871 $. Cela est dû en partie à une année faste dans les ventes de fournitures et à un déclin du nombre d’adhésions moins prononcé que prévu.

Le président du Comité des anciens combattants des services et des ainés, Dave Flannigan, a rapporté que le nombre de premières demandes dont s’est occupé le Bureau des services de la Direction nationale a continué d’augmenter considérablement : 374 en 2016, contre 310 en 2015 et 273 en 2014. Le nombre de demandes d’assistance adressées au fonds de bienfaisance a légèrement diminué, passant de 439 en 2015 à 430 en 2016.

Harold Harper, président de la division du Nouveau-Brunswick (à g.) reçoit un certificat de reconnaissance des mains de Dave Flannigan, président national. [Tom MacGregor]

Dans le domaine de la défense d’intérêts, M. Flannigan a dit que le comité s’était réuni après la publication du budget fédéral.

« Le budget de 2017 ne permet pas de financer beaucoup d’objectifs prioritaires du ministre [des Anciens combattants], a-t-il dit. Deux ou trois priorités y ont été ajoutées, mais on n’y trouve rien pour la sécurité financière à vie pour les anciens combattants malades ou blessés. Nous continuerons d’insister auprès du gouvernement pour que tous nos objectifs prioritaires pour nos anciens combattants et leur famille soient atteints. »

M. Flannigan a rapporté qu’une version définitive des normes permettant aux anciens combattants qui ont subi une blessure de stress opérationnel ou quelque autre problème de santé d’avoir un chien d’assistance avait été rédigée.

Le président du Comité du Coquelicot et Souvenir, André Paquette, a dit que la pluie de coquelicots virtuelle de l’an dernier sur l’édifice du Centre du Parlement avait été très appréciée du public. Le CEN a voté en faveur du renouvellement de cette initiative en 2017.

Quelques modifications au manuel du coquelicot ont été adoptées, dont l’ajout d’un article indiquant que la filiale devait garder les coquelicots et les couronnes invendus pour les campagnes ultérieures. Un autre amendement a fixé à 15 $ par unité le maximum dépensé pour les cadeaux distribués aux soldats et aux membres de la GRC en mission lors de l’opération Père Noël et le jour de la fête du Canada.

Le président du Comité des sports, Angus Stanfield, a annoncé que les Championnats nationaux d’athlétisme auraient lieu à Brandon, Manitoba, en 2017 et en 2018, et à Sydney, Nouvelle-Écosse, en 2019 et en 2020. Le jeu de la huit est aussi revenu au programme de sports des membres, et cette année, il sera organisé à la filiale ontarienne Sturgeon Falls.

Le président du Comité du Rituel et Récompenses, Ron Goebel, a déclaré que le CEN avait voté l’autorisation du port d’une épinglette commémorative Vimy 1917. Elle pourra se porter sur le revers droit, à côté de l’épinglette Nous appuyons nos troupes, du 1er avril au 30 décembre 2017.

M. Goebel a aussi mentionné que le comité s’était chargé de faire des demandes de Médaille du souverain pour les bénévoles. La Résidence du gouverneur général a fait savoir au comité qu’elle s’occupait actuellement d’un grand nombre de demandes et que leur traitement prendrait un certain temps.

On a demandé au Comité de la Constitution et Lois d’éclaircir l’admissibilité des hommes aux Dames auxiliaires. Il y a environ 350 hommes dans les D.A., bien que les directions divisionnaires n’aient pas prévu de disposition permettant leur admission. La pratique est permise conformément aux lois contre la discrimination. Cependant, le comité a conclu, en se fondant sur les statuts généraux et sur un procès intenté au nom des droits de la personne en Colombie-Britannique concernant le refus signifié à des hommes de s’inscrire à un gymnase pour femmes, que les hommes ne peuvent pas être admis aux rangs des D.A.

M. Glynne Hines, président de la section spéciale des blessures de stress opérationnel, a rapporté que bien que la section ait moins de 200 membres, un conseil de direction y a été mis en place depuis qu’elle a été approuvée, l’an dernier, au Congrès national, et la plupart des représentants divisionnaires ont été nommés.

Dans les rapports des directions divisionnaires, le président de la Division de la Colombie-Britannique–Yukon, Marc Tremblay, a dit que sa division n’avait pas réussi à convaincre le gouvernement d’accepter la définition d’« ancien combattant » ouvrant droit à une plaque d’immatriculation d’ancien combattant. C’est la British Columbia Veterans Commemorative Association qui s’occupe de l’approbation relative aux plaques. En conséquence, la division n’a pas son mot à dire en ce qui concerne leur émission.

Le président de la Division de l’Alberta–Territoires du Nord-Ouest, Chris Strong, a dit que la Légion avait distribué tous les fonds collectés pour le fonds d’aide aux sinistrés de Fort McMurray. L’argent a servi à la réinstallation de résidents. Il a aussi servi à l’achat de livres pour une école dont la bibliothèque avait été détruite.

Le président de la Division de l’Ontario, Brian Weaver, a dit que le programme des anciens combattants sans abri continuait de croitre et que des anciens combattants sans abri ou en situation précaire étaient identifiés tous les jours. « Jusqu’à présent, nous avons aidé 486 [anciens combattants] sans abri et avons trouvé 271 logements permanents dans 111 collectivités. Plus de 1,5 million de dollars ont été dépensés dans le cadre du programme. »

Quand le président de la Division du Nouveau-Brunswick, Harold Harper, a terminé son rapport, le président national, Dave Flannigan lui a remis un certificat de reconnaissance pour la manière dont il a répondu à une réaction négative du public quand une filiale de sa division a refusé à un vétéran de l’Afghanistan de déposer une couronne le jour du Souvenir. Il avait à cette occasion désamorcé une situation embarrassante, et l’ancien combattant qui avait été offensé l’a lui-même complimenté.

L’équipe du Nouveau-Brunswick remporte le trophée de fléchettes

L’équipe championne : (de g. à d.) Ike Mullin, Mark Hebert, Scott Tracy et Derek Hanley de la filiale Blacks Harbour, au Nouveau-Brunswick. [Stephen J. Thorne]

Mark Hebert était très ému de lancer la fléchette gagnante pour l’équipe de la filiale Blacks Harbour au championnat de fléchettes de la Direction nationale qui a eu lieu du 5 au 7 mai.

Les équipes du Nouveau-Brunswick et de Terre-Neuve-et-Labrador, comptant chacune quatre joueurs, étaient ex æquo à 19 points après le premier tour, qui a duré deux jours. Le Nouveau-Brunswick a remporté la première des trois parties qui allaient décider de la victoire, et les deux équipes étaient arrivées à un point où elles avaient chacune besoin d’un double pour remporter la seconde partie.

« En me plaçant au pas de tir, je me suis simplement dit : “Papa, aide-moi, tire un double”, dit Hebert. C’était tout ce que je voulais, et c’est arrivé, j’ai tiré un double six. »

Le père d’Hebert, marin marchand puis mécanicien à l’ancienne raffinerie de sucre Lantic à Saint John, Nouveau-Brunswick, a rendu l’âme il y a 19 ans. Hebert n’a pas pu retenir ses larmes pendant les embrassades et les cris de joie de ses coéquipiers Ike Mullin, Derek Hanley et Scott Tracy après la victoire contre l’équipe de la filiale Channel de Port aux Basques, Terre-Neuve-et-Labrador.

« Mon équipe est formidable, dit-il. On a été deuxièmes deux fois et troisièmes une fois ces quatre dernières années, et on voulait vraiment être premiers. On a été chanceux : on a touché le double, et le reste a suivi. »

La paire du Manitoba–Nord-Ouest de l’Ontario, soit Scott Allan Sansom et Dean Corlett de la filiale Elmwood de Winnipeg, a remporté le titre des doubles et l’Ontarien Jim Long, de la filiale Newbury, celui des simples.

« La compétition était féroce, » dit Long, ouvrier de l’automobile d’Ingersoll, Ontario, qui est entré à la Légion en 1998. « Et il y a la pression supplémentaire de bien jouer pour les gars qu’on représente. Mais c’était amusant. Ils ont fait du beau travail. »

Jim Long, champion des simples, de la filiale Newbury, en Ontario. [Stephen J. Thorne]

Les joueurs de Port aux Basques – Tom Brake, Guy Bobbett, Paul Osmond et Danny Cormier – ont mené pendant la plus grande partie de la journée de dimanche, mais ils n’ont pas réussi à gagner la dernière partie de la poule, contre l’équipe de la Saskatchewan, pour décrocher le titre des équipes, ce qui a mené aux éliminatoires.

Les aventures du dimanche après-midi, suivies par un banquet de côte de bœuf, ont conclu une fin de semaine de compétition collégiale, de rires et de camaraderie pour 50 joueurs et 15 filiales représentant les 10 divisions de la Légion royale canadienne.

Il s’agissait aussi de l’aboutisse-ment de beaucoup de travail pour le président Lloyd Hasper et son équipe de quelque 50 bénévoles, qui avait commencé par des négociations de tarifs et la réservation de chambre 18 mois plus tôt et qui a fini par s’élargir à toute la communauté. « La ville nous a épaulés à 100 % », dit Hasper.

Des dizaines de commanditaires se sont engagés à fournir la nourriture et appuyer la Légion locale située au milieu de champs pétroliers, d’élevage de bétail et d’agriculture, à 90 minutes au sud-est de Calgary. D’autres filiales avaient aussi offert leur aide. Les filiales Chapelhow de Calgary et Vulcan ont fourni des fourgonnettes et des chauffeurs, et la filiale Red Cliff, une fourgonnette.

Les médias locaux ont fait de la publicité gratuitement. L’escadron des cadets de l’Air de Brooks a fourni la garde du drapeau et servi le banquet du dimanche.

« C’était une grosse affaire par ici, » dit Hasper, qui a fait partie de six filiales de la Légion et a siégé au conseil d’administration de quatre d’entre elles au cours des 40 dernières années. Il a mis une chemise de bénévole bleue et s’est retroussé les manches comme tout le monde.

« Cette Légion a un des meilleurs groupes de bénévoles avec lesquels j’ai travaillé. Quand on a besoin d’eux, ils répondent “présent”. »

Dean L. Corlett (à g.) et Scott Allan Sansom, de la filiale Elmwood de Winnipeg (Manitoba–Nord-Ouest de l’Ontario), vainqueurs des doubles. [Stephen J. Thorne]

La filiale Eastern Irrigation District, fondée par des vétérans de la Première Guerre mondiale, célèbrera son 90e anniversaire en avril prochain. La ville avait environ 1 200 habitants en 1928, mais elle allait grandir, et la Légion aussi. Le nombre de ses membres a atteint les 800, puis il a diminué à mesure que celui des photos ornées d’un coquelicot augmentait sur le mur près de la porte d’entrée.

La ville de Brooks elle-même, lieu d’origine de l’abeille coupeuse qui butine la luzerne locale, et qui compte aujourd’hui 14 000 habitants, a connu des temps difficiles. Les puits de la région recommencent à peine à produire après avoir été forcés de fermer à cause de la baisse des prix du pétrole.

Elsie Bunney, âgée de 86 ans, est membre de la filiale depuis 60 ans. Elle est venue de Leader, Saskatchewan, à l’âge de 23 ans pour travailler comme serveuse et elle a par la suite supervisé le personnel du restaurant de la filiale pendant des années. Elle a été présidente des D.A. deux fois et y a occupé le poste de gestionnaire adjointe, quoique brièvement. « Je n’aimais pas ça, dit-elle. Je préfère être avec les gens. »

Mme Bunney a vécu tous les hauts et les bas. Avec la croissance de la ville, la concurrence d’autres œuvres est devenue plus intense. Actuellement, la filiale remonte la pente. Les soirées du sac de bière le jeudi et les soirées steak le vendredi attirent de nouveau les convives. Elle compte aujourd’hui 400 membres, et la tendance est à la hausse. « Nous avons de la bonne nourriture ici, » plaisante-t-elle.

En plus de revigorer la filiale, note M. Hasper, le tournoi a rassemblé des gens de tous les coins du pays.

« Nous nous sommes fait beaucoup de bons amis cette fin de semaine, ainsi que pendant la période qui l’a précédée, dit-il. Je communique avec des filiales depuis des mois. Alors quand ils viennent ici, on a le sentiment qu’on les connait et les conversations sont naturelles et agréables. On a échangé des idées intéressantes sur ce que les autres fi-
liales font pour générer des revenus. »

« En tant que filiale, notre objectif était de donner du bon temps à tout le monde, de faire classe à part. Et je pense qu’on a réussi. »


Résultats

Équipes : N.-B. (fil. Blacks Harbour), 19; T.-N.-L. (fil. Channel, Port aux Basques), 19; Alb-T. N.-O. (fil. Jubilee, Calgary), 16; Ont. (fil. Thamesville) et Qc (fil. Terrebonne Heights, Mascouche Heights), 14; Man.–N.-O. O. (fil. Elmwood, Winnipeg), 13; N.-É./Nt (fil. Westville), 12; C.-B./Yn (fil. Kamloops). 11; Î.-P.-É. (fil. Miscouche), 10; Sask. (fil. Nipawin), 7.

Doubles : Man.–N.-O. O. (fil. Elmwood), 20; N.-B. (fil. Blacks Harbour) et N.-É./Nt (fil. Westville), 17; Alb-T. N.-O. (fil. Jubilee), 16; Qc (fil. Terrebonne Heights), 14; Ont. (fil. Bay Bridges, Pickering), 13; C.-B./Yn (fil. Grandview, Vancouver), Î.-P.-É. (fil. Miscouche), 12; T.-N.-L. (fil. Channel), 8; Sask. (fil. Moose Jaw), 6.

Simples : (fil. Newbury), 20; C.-B./Yn (fil. Grandview), N.-B. (fil. Blacks Harbour), 19; Alb-T. N.-O. (fil. Jubilee), 18; N.-É./Nt (fil. Westville), 17; T.-N.-L. (fil. Channel), 13; Man.–N.-O. O. (fil. Flin Flon), 9; Sask. (fil. Moose Jaw) et Qc (fil. Terrebonne Heights), 7; Î.-P.-É. (fil. Miscouche), 6.

Des championnats de cribbage pleins de suspense

Ron Moore (en haut) de la filiale Gibsons (C.-B.) gagne le titre des simples à sonpremier championnat national.

Aux championnats nationaux de cribbage de 2017, qui ont eu lieu à la filiale Norwood-St. Boniface de Winnipeg du 28 au 30 avril, l’effervescence a duré jusqu’aux tout derniers moments de la remise des prix, car les joueurs s’étaient mis d’accord pour ne pas afficher les scores pendant les jeux ni annoncer d’équipe gagnante avant le banquet de fermeture.

Il est habituel, aux championnats nationaux, d’afficher les scores pendant la poule, à la fin de chaque manche. Lorsque certaines équipes commencent à se démarquer du lot, les joueurs et spectateurs se rassemblent devant le tableau pour discuter des possibilités de victoire de telle ou telle équipe. Et c’est ainsi que cela s’est passé durant les manches des simples et des doubles.

Cependant, quand la compétition des équipes a commencé, le dimanche, la coordinatrice du tournoi, Faye Lavack, a demandé aux joueurs de tenir le silence au sujet des gagnants. Ils ont joué le jeu.

« Ce suspense favorisa la camaraderie, puisque personne ne savait comment s’en tirait son équipe préférée, » nous dit Lewis Conrad de la filiale Liverpool de la Nouvelle-Écosse–Nunavut.

« Attendre jusqu’à ce soir […] c’est bien, c’est amusant, » a dit Lorne Wihnan de la filiale Robert Combe VC de Melville, Saskatchewan.

Les joueurs ont eux aussi remarqué plusieurs avantages. Ils pouvaient se concentrer sur le jeu sans se préoccuper du classement.

Rick Falle (à g.) et Barry Dillon de la filiale Victoria (Î.-P.-É.) remportent leur quatrième titre des doubles en cinq ans.

L’enthousiasme a duré toute la journée. Les joueurs des équipes de quatre personnes divisées en deux sections ne savaient pas où ils en étaient par rapport aux autres ni où en était l’autre moitié de leur propre équipe. Et en fin de compte, les manches ont été plus rapides : la compétition des équipes est la seule à s’être terminée dans le temps imparti. « J’ai vraiment aimé ça, dit Paul Calhoun de l’équipe néo-brunswickoise. Ça nous a obligés à nous concentrer davantage. »

Lui, sa fille, Sandra LeBlanc, Roger LeBlanc (aucun lien de parenté) et Dean McLaughlin de la filiale Marysville de Fredericton ont remporté la compétition des équipes avec 35 points, dont 20 ont été marqués par le duo père-fille. « On n’aurait pas pu faire beaucoup mieux, » dit Calhoun. 

Toutefois, au début, Roger LeBlanc et McLaughlin se trouvaient loin derrière. « Pendant les quatre premières parties, ça n’allait vraiment pas bien, dit LeBlanc. La Nouvelle-Écosse nous a administré un double blanchissage. » Ils ont prouvé qu’un mauvais départ ne présage pas nécessairement une mauvaise arrivée.

L’équipe en deuxième place, à 24 points, était celle de la Nouvelle-Écosse–Nunavut : Bruce Clattenburg, Gwen et Lloyd Lowe, et Lewis Conrad de la filiale Mersey de Liverpool.

Le samedi, à partir de la distribution des cartes peu après la cérémonie d’ouverture, les joueurs et les spectateurs étaient mis au courant de chaque revers de fortune. La compétition se faisait en poule, deux parties par manche, où un point était donné pour chaque victoire, un point de plus pour un blanchissage (quand l’adversaire ne passait pas la marque des trois quarts) et deux point de plus pour un double blanchissage (quand il ne passait pas la marque du milieu).

Il a fallu quatre manches chez les doubles pour que les meneurs se démarquent. Arnie MacAskill et Dwight Baird de la filiale albertaine Lacombe, qui en étaient à leurs deuxièmes nationaux, étaient en tête avec huit points, ayant infligé deux blanchissages aux joueurs Dwight Moore et Leslie Watson de la filiale ontarienne Kenora, de la Division du Manitoba–Nord-Ouest de l’Ontario. Cependant, Barry Dillon et Rick Falle de la filiale Prince Edward de Victoria et Roger LeBlanc et Dean McLaughlin de la filiale Marysville n’étaient qu’à un point derrière eux.

« On aurait dit que chaque fois qu’on perdait la coupe, on gagnait la partie, dit MacAskill. Et puis on a commencé à gagner la coupe. » Et à perdre les parties. Des blanchissages aux cinquième et sixième manches permirent à la Colombie-Britannique–Yukon de prendre la tête, tandis que MacAskill et Baird faisaient du sur-place à 11 points.

Après la huitième manche, le Nouveau-Brunswick n’était qu’à deux points derrière la Colombie-Britannique. L’équipe néo-brunswickoise ne marqua qu’un seul point à la dernière manche, tandis que les britanno-colombiens en marquèrent trois.

« La Colombie-Britannique–Yukon est en première place à 19 points, » a annoncé Lavack, présidente de la filiale qui était aussi présidente du comité des préparatifs locaux. Elle a ensuite ajouté ceci : « Je dois me rétracter, dit-elle en riant, parce que tout le monde sait bien que le 19 n’existe pas au crib. »

Pour la quatrième fois en cinq ans, Barry Dillon et Rick Fall de la filiale Prince Edward de Victoria, ont remporté le tournoi des doubles.

« On joue aux cartes de la même manière, c’est pour ça qu’on gagne, »dit Dillon. Mais en montrant du regard le tableau, il a ajouté : « Jetez un coup d’œil au tableau, et vous verrez que tout le monde a eu au moins un zéro, sauf le Nouveau-Brunswick et nous. »

Les champions par équipe, de la filiale Marysville de Fredericton, (de g. à d.) Roger LeBlanc, Dean McLaughlin, Sandra LeBlanc et Paul Calhoun sont félicités par Faye Lavack, présidente de la filiale hôtesse Norwood-St. Boniface et présidente du comité des préparatifs locaux.

En effet, il y avait eu bien des zéros à partir du début de la compétition des simples, le samedi après-midi. Ron Moore de la filiale britanno-colombienne Gibsons et Clattenburg de la filiale Mersey ont tous deux marqué quatre points en blanchissant deux fois leurs adversaires à la première manche. Ils étaient soit ex æquo en tête, soit à un point l’un de l’autre durant la majeure partie du jeu. Après six manches, ils étaient à égalité à 12 points et Dave Lane de la filiale East Toronto les suivait de trois points.

À la septième manche, Clattenburg a pris une avance de deux points lorsque Moore a fait une partie en blanc contre Lane, mais à la manche suivante, Moore a blanchi son adversaire et pris la tête à 16 points. Clattenburg aurait encore pu gagner en marquant deux blanchissages en même temps que Moore aurait marqué zéro ou un. Mais il n’allait pas en être ainsi. Score final : Moore 17, Clattenburg 14, à égalité avec Sandra LeBlanc du Nouveau-Brunswick.

Moore était fou de joie. « C’est la première fois que je participe aux nationaux, dit-il. La concurrence est féroce ici. »

Il y avait des compétiteurs de tous niveaux. Theresa Gallant, coordinatrice du tournoi de Charlottetown en 2016 et son époux Paul, tous deux de la filiale prince-édouardienne Wellington, participaient aux nationaux pour la première fois.

Doreen Rourke de la filiale Montcalm Memorial de Rawdon, Québec, en était à sa deuxième visite à Winnipeg; elle avait fait partie de l’équipe gagnante de 1999, mais elle n’a rien gagné depuis. « C’est ma troisième fois, et je n’ai toujours rien gagné, dit son coéquipier John Garner. À nous tous, nous avons 300 ans d’expérience, dit-il lors du banquet, mais ça ne nous a pas servi aussi bien que j’espérais. »

Tout le monde a bien mangé et bien ri lors du banquet de fermeture. Mme Lavack a remercié le comité et le personnel de cuisine de leur travail. Dan Kidd a transmis les salutations du président de la Division du Manitoba–Ontario du Nord-Ouest, Mel Willis.

« Il y a plus de 20 000 joueurs de crib à la Légion, et vous êtes la crème de la crème de tous les coins du pays, » a déclaré le secrétaire du comité national des sports, Danny Martin, qui présentait les salutations du président,Angus Stanfield. « Nous tenons à vous féliciter tous. »


Résultats

Équipes : N.-B. (fil. Marysville, Fredericton), 35; N.-É.–Nt (fil. Mersey, Liverpool, N.-É.), 24; Alb.–T. N.-O. (fil. Lacombe) et Sask. (fil. Robert Combe VC, Melville), 22; Î.-P.-É. (fil. Wellington), 21; T.-N.-L. (fil. Stephenville), Ont. (fil. East Toronto), 19; Man.–N.-O. O. (fil. Fort Garry, Winnipeg), 18; Qc. (fil. Montcalm Memorial, Rawdon), 17; C.-B.–Yn (fil. Lumby), 15.

Doubles : C.-B.–Yn (fil. Prince Edward, Victoria), 19; N.-B. (fil. Marysville), 15; Sask. (fil. Carrot River), 14; Alb.–T. N.-O. (fil. Lacombe) et Ont. (fil. East Toronto), 11; Î.-P.-É. (fil. Wellington), 10; N.-É.–Nt (fil. Mersey, Liverpool, N.-É.), 9; Man.–N.-O. O. (fil. Kenora, Ont.), 8; Qc (fil. Montcalm Memorial), 7; T.-N.-L. (fil. Stephenville), 6. 

Simples : C.-B.–Yn (Ron Moore, fil. Gibsons), 17; N.-B. (Sandra LeBlanc, fil. Marysville) et N.-É.–Nt (Bruce Clattenburg, fil. Mersey), 14; Ont. (Dave Lane, fil. East Toronto), 12; Man.–N.-O. O. (Barry O’Donnell, fil. St. James, Winnipeg), 9; T.-N.-L. (Lorraine Pittman, fil. Stephenville, T.-N.), 9; Î.-P.-É. (Bernice Gallant, fil. Wellington), 8; Alb.–T. N.-O. (Andy Gauthier, fil. Lacombe), 8; Sask. (Shiral Brown, fil. Elrose), 7; Qc (John Garner, fil. Montcalm Memorial), 6. 

Sur les pas des disparus

Au sud-est d’Ypres, en Belgique, se trouve le cimetière Maple Copse, lieu du dernier repos de 154 soldats canadiens morts à la Première Guerre mondiale.

Alors que nous passons sous une arche à l’entrée du cimetière Maple Copse, la sérénité qui s’en dégage m’oblige à marquer un temps d’arrêt. Ce cimetière, situé à cinq kilomètres au sud-est d’Ypres, en Belgique, est l’un des nombreux endroits où nous faisons halte pendant le voyage d’une semaine organisé en l’honneur du 100e anniversaire de la bataille de la crête de Vimy. À part le petit groupe de journa-listes dont je fais partie, il n’y a que deux visiteurs dans le cimetière aujourd’hui, toute une différence avec ce qui nous attend à Vimy.

Maple Copse, où se trouvait un poste de secours avancé au prin-temps et à l’été de 1916, compte 308 tombes, dont la moitié sont celles de Canadiens. Le cimetière est entouré d’érables, nombre de ses pierres tombales sont décorées de drapeaux canadiens, et on peut voir au loin le Mémorial canadien à la colline 62 (Bois du Sanctuaire). On trouve des monuments dédiés aux Canadiens un peu partout en Flandres, partie néerlandophone du nord de la Belgique. Le Canada y est bien représenté, et pour cause.

Au centre d’Ypres, dont la population de 35 000 habitants demeure immensément reconnaissante au Canada de son service pendant la Première Guerre mondiale, la silhouette de la flèche et des tours de la Halle aux draps se distingue à des kilomètres à la ronde. L’édifice médiéval fut détruit pendant la guerre et reconstruit avant la Seconde Guerre mondiale (à laquelle il survécut), et il abrite maintenant le musée In Flanders Fields qui présente aux visiteurs l’histoire de la Grande Guerre en Flandres de l’Ouest.

La Halle aux draps, à Ypres, fut détruite à la Première Guerre mondiale, puis rebâtie.

Il y a 231 marches jusqu’en haut du clocher, d’où l’on a une vue imprenable sur ce qui était durant la guerre la saillie d’Ypres, renflement de la ligne militaire. « On peut voir le renflement là-bas, dit le guide Erwin Ureel en indiquant l’Est. Il était très petit, et il s’avançait et reculait sans cesse au cours des quatre années de la guerre… mais jamais de plus de six ou sept kilomètres. »

Le village de Passchendaele, au Nord, était au cœur d’une autre bataille monumentale de la Grande Guerre. La vue met tout cela en perspective : quatre années de combats, des centaines de milliers de morts, et tout cela pour un si petit lopin de terre.

Une cérémonie a lieu chaque jour à la porte de Menin, à Ypres, en l’honneur des disparus.

À quelques pas de la Halle aux draps, il y a la porte de Menin, arc de triomphe où sont inscrits 54 396 noms de soldat du Commonwealth qui n’ont pas de sépulture connue. Une rangée après l’autre, des noms recouvrent presque toutes les surfaces. Chaque soir, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, une cérémonie de la Dernière sonnerie a lieu ici en l’honneur de ceux dont le nom est inscrit sur ces murs.

Certains de ces noms sont ceux de soldats qui ont rendu l’âme près d’ici le 22 avril 1915, quand les Allemands ont déversé plus de 150 tonnes de chlore gazeux en aval d’une partie de la ligne de front que tenaient deux divisions françaises, ne leur laissant que le choix de s’enfuir ou d’étouffer. Cela exposa le flanc gauche des Canadiens et menaça d’autres positions des Alliés dans la saillie. Les 10e et 16e bataillons du Canada reçurent l’ordre de contrattaquer une position appelée Bois des cuisiniers, dont ils chassèrent les Allemands avec un courage extraordinaire, au prix de presque 800 victimes. Il s’agissait de la première offensive importante de la guerre menée par des soldats canadiens.

Le mémorial à Saint-Julien commémore la participation du Canada à la deuxième bataille d’Ypres, en avril 1915; il fait face à l’endroit d’où les Allemands lancèrent leur première grande attaque au chlore gazeux.

Non loin du Bois des cuisiniers se trouve le Mémorial canadien à Saint-Julien, communément surnommé « Soldat en méditation », et l’un des monuments les plus impressionnants à la saillie d’Ypres. C’est là que les Canadiens subirent eux-mêmes des attaques au gaz, le 24 avril 1915. Le soldat a la tête inclinée et s’appuie sur une arme pointant au sol en signe de respect pour les morts. Il fait face aux champs que le gaz avait recouverts. Le Canada a recensé plus de 6 000 victimes à la deuxiè-me bataille d’Ypres, un tiers de son effectif, mais ses unités tinrent bon jusqu’à ce que les Britanniques les relèvent. C’est à Ypres que le Canada commença à se forger une réputation d’audace et d’intrépidité.

Au nord d’Ypres se trouve la ferme Essex où le médecin militaire John McCrae, qui était alors major, composa « In Flanders Fields » en souvenir d’un ami qui avait été tué près de là le 2 mai 1915. À l’époque, la ferme était un poste de secours avancé, et McCrae était sous-commandant de sa brigade. Les blockhaus qui furent construits par la suite et qui ont
été restaurés par des étudiants donnent encore une idée des con-ditions vraiment pas idéales dans lesquelles McCrae travaillait : dans la pénombre et le froid, dans des salles humides et exigües.

Des symboles du souvenir ont été laissés parmi les blockhaus au cimetière d’Essex Farm, où John McCrae composa In Flanders Fields.

Où que l’on se trouve dans la saillie, des drapeaux canadiens et des coquelicots ornent les pierres tombales et les monuments. Le Mémorial canadien à la colline 62 (Bois du Sanctuaire), situé à Canadalaan – allée du Canada – ne fait pas exception.

Les combats du mont Sorrel et des côtes 61 et 62, prélude de la bataille de la Somme, furent menés au cours de plusieurs mois à l’été de 1916. Les objectifs furent disputés à de nombreuses reprises, notamment au mois de juin. Au cours des premiers jours, les Allemands lancèrent des attaques violentes, capturant leurs objectifs et décimant presque entièrement le Corps canadien. Les Canadiens n’abandonnèrent pourtant pas, et au bout d’un bombardement de quatre jours, ils reprirent le terrain perdu. Le mémorial à la côte 62, bloc de granite au centre d’une place constituée de carreaux de pierre en haut du mont Sorrel, fut érigé en l’honneur de 8 430 victimes. Le panorama est magnifique ici : le bloc de la place est entouré de plaques nominatives et de flèches indiquant l’emplacement d’événements importants de la guerre.

Le soleil perce le brouillard lorsque nous quittons Ypres, le 9 avril, en route vers la crête de Vimy, en France. Il y a des milliers de personnes à notre arrivée : écoliers, enseignants, cadets, anciens combattants, familles d’anciens combattants. Quand l’attaque fut lancée, il y a un siècle, le champ de bataille était un bourbier glacé, et les Canadiens avaient le vent dans le dos. Aujourd’hui, le soleil brille, il fait chaud et les 25 000 Canadiens assemblés ici forment une mer rouge et blanc plutôt que kaki.

« J’avais deux raisons de venir ici, nous dit Tom Rolfe de Toronto. Mon beau-fils est ici avec des camarades de classe de Toronto. Et mon grand-père, Tom Rolfe lui aussi, s’est battu ici, où il a mérité la Médaille militaire. » Le grand-père de Rolfe fut gazé à une autre bataille et renvoyé chez lui, mais il survécut, servit pendant la Seconde Guerre mondiale et, remarquablement, y survécut aussi.

Betty Cunningham est venue ici avec un groupe de Georgetown, Ontario, pour honorer le docteur Claude Williams. « Williams a combattu à Vimy et la Croix militaire lui y a été décernée, dit-elle. Quatre générations de sa famille sont ici. C’était un homme extraordinaire, et nous sommes heureux qu’il soit revenu. » Le docteur Williams survécut à la guerre et exerça la médecine à Georgetown pendant 50 ans.

Quelque 100 000 Canadiens prirent part à la bataille de quatre jours, la première où les quatre divisions canadiennes combattirent côte à côte. Le Canada recensa 7 004 blessés et 3 598 tués à l’issue des combats.

Une des 3 600 paires de bottes déposées près du Mémorial national du Canada à Vimy, qui représentent chaque soldat canadien tombé pendant cette bataille de quatre jours.

Aujourd’hui, le monument et la pelouse qui l’entoure ont une installation supplémentaire, émouvante : le sentier « Sur les pas des disparus ». Des jeunes, canadiens et français, ont déposé 3 600 paires de bottes militaires qu’ont portées des membres des Forces armées canadiennes. Chaque paire représente un soldat qui a donné sa vie ici.

Un salut de 21 coups de canon signale le début de la cérémonie officielle, et à l’arrivée des dignitaires, cinq biplans, reproductions de ceux de la Première Guerre mondiale, passent au-dessus des pylônes jumeaux du monument (qui représentent le Canada et la France). La cérémonie est un mélange raffiné de protocoles traditionnels, de commémoration et de spectacles artistiques contemporains.

« La victoire fut obtenue grâce à une lutte, une détermination et une bravoure incroyables, déclare le gouverneur général, David Johnston. Aujourd’hui, 100 ans après, nous honorons leur sacrifice éternel. Nous les pleurons. Et nous nous souvenons d’eux. »

On a accordé beaucoup d’impor-tance au fait que la victoire à Vimy fut le catalyseur de la naissance d’une nation, le moment où le Canada se forgea une identité en tant que pays fort, indépendant, déterminé à faire la paix. Le premier ministre Justin Trudeau s’attarde sur ce point quand il prend la parole : « Pour leur sacrifice ultime […] les hommes du dominion britannique se sont battus pour la première fois en tant que gens d’un seul pays. Dans ce sens, le Canada est né ici. »

« Ils se sont battus bravement et avec beaucoup d’ingéniosité, dit le prince Charles. Ils ont réussi à prendre le terrain élevé essentiel à Vimy, tâche à laquelle bien d’autres avaient échoué. Toutefois, la victoire fut obtenue à un prix insupportablement élevé. »

La cérémonie est entrecoupée par des acteurs tenant le rôle de soldats au front ou d’épouses, de mères, de pères restés au pays, et par des artistes qui interprètent des chansons : « Hymne à la beauté du monde », « Dante’s Prayer », « Salluit », l’« Élégie », « Dedicated to You », « In Flanders Field », « Crier tout bas ».

Trois anciens combattants cana-diens représentant les peuples canadiens-anglais, canadiens-français et autochtones lisent l’Acte du Souvenir, puis le sergent Guillaume Damour annonce la minute de silence d’un coup de clairon.

Le gouverneur général, le prince Charles, le premier ministre et le président français François Hollande déposent des couronnes à la base du monument et les hymnes nationaux – God Save The Queen, Ô Canada, La Marseillaise – retentissent sur la crête, remplacés ensuite par le vrombissement des chasseurs à réaction des forces armées françaises passant au-dessus de la foule.

« Il fallait que je vienne, » dit Harry Watts de Kitchener, Ontario. Ce vétéran de la Seconde Guerre mondiale est membre de la Légion royale canadienne. « Je n’étais jamais venu ici. J’ai été partout en Europe : en Italie, en Hollande, mais jamais ici. Alors j’ai décidé qu’il était temps. J’ai les larmes aux yeux quand je vois tous ces jeunes gens. Je trouve ça très émouvant qu’ils aient voulu venir ici pour voir cette partie de leur histoire. C’est merveilleux. »

La cérémonie terminée, des membres de l’assistance affluent autour du mémorial afin de mieux apprécier l’énormité de la bataille qu’il représente. Comme à la porte de Menin, il y a une rangée après l’autre de noms sur les murs en calcaire; cette fois-ci, ce sont ceux des 11 285 soldats canadiens disparus et présumés morts en France.

La lune se lève au-dessus du Mémorial de Vimy à la fin d’une poignante journée de commémoration.

Pendant le vol du retour, je réfléchis aux moments remarquables que j’ai passés en Belgique et en France, où j’ai foulé les mêmes champs où les soldats du Canada ont passé quatre années à se battre… et à mourir.

Je pense à Maple Copse et à la destruction du cimetière d’origine à cause des batailles qui ont suivi celle du mont Sorrel en 1916. Dans le cimetière, on n’a localisé que 78 tombes, et 26 dépouilles seulement ont été identifiées. Sur chacune des 230 pierres tombales détruites au point d’en être méconnaissables, on lit les mots « Known To Be Buried In This Cemetery » (« gît en ce cimetière », NDT).

Parmi elles se trouve la tombe du simple soldat Frederick Freeman Laing d’Halifax, âgé de 15 ans à sa mort. Laing était trop jeune pour s’engager : il n’avait que 14 ans quand il embarqua clandestinement à bord du SS Caledonia en aout 1915. Il fut porté à l’effectif du Royal Canadian Regiment, puis entrainé et envoyé au front. Il fut tué le 11 mai 1916, un des plus jeunes Canadiens morts au combat. D’après moi, Laing représente chaque Canadien qui git au saillant d’Ypres ou en France : jeune, résolu, courageux, généreux. Les Canadiens devraient tous avoir l’occasion de visiter ce terrain sacré.