Conseil d’anciens combattants proposé à tous les niveaux de la Légion

Bill Chafe (à g.), président des débats de la direction nationale, félicite Terry Campbell (au centre), deuxième vice-président, et Sonny McCarron, premier vice-président, tous deux nouvellement élus. [Sharon Adams]

Les délégués au 83e congrès de la Division du Nouveau-Brunswick, qui a eu lieu les 23 et 24 septembre à Fredericton, ont appuyé la proposition d’établir un conseil d’anciens combattants au sein de la Légion royale canadienne.

Un tel conseil contribuerait à attirer les jeunes militaires tout en conservant les membres actuels, dit Sonny McCarron, ancien combattant de la filiale Cape Tormentine.

« Il y a beaucoup d’anciens combattants qui ont une mauvaise impression de la Légion, a-t-il déclaré lors d’une présentation très applaudie. La seule manière de changer cela, c’est de prendre les devants plus souvent […], de devenir plus inclusifs en permettant [aux anciens combattants] de prendre part aux décisions sur les questions qui les concernent. »

« Nos anciens combattants ne veulent pas que des gens qui n’ont jamais servi prennent des décisions concernant leur vie et leur famille », dit-il.

Les 130 délégués accrédités ont voté unanimement pour la proposition faite par McCarron d’établir un conseil d’anciens combattants – des anciens combattants élus par des anciens combattants et siégeant aux conseils d’administration à tous les niveaux : filiales, zones, districts, divisions et direction générale.

Le conseil ne changerait en rien le rôle des autres dirigeants élus, dit McCarron, mais il revaloriserait le statut des anciens combattants à la Légion.

Une motion sera préparée pour le congrès national de 2018.

La cérémonie d’ouverture comprenait un mot de bienvenue de Stephen Horsman, vice-premier ministre provincial, qui a félicité la division de ce qu’elle fait depuis longtemps pour les anciens combattants.

John Ladouceur prend ses nouvelles fonctions de président. [Sharon Adams]

Jocelyne Roy-Vienneau, lieutenante-gouverneure du Nouveau-Brunswick, M. Chafe, Harold Harper, président de la Division du Nouveau-Brunswick, Joan Caverhill, présidente des DA de Fredericton, et Don Swain, président de la filiale de Fredericton, ont déposé une couronne.

Mme Roy-Vienneau, avant le défilé, a remercié la Légion de promouvoir « non pas la nostalgie de la guerre, mais sa réalité ».

Le président Harper a rapporté que les finances sont stables, mais qu’elles « doivent être surveillées de près ». Des décisions difficiles et impopulaires ont été prises, comme la restriction des déplacements, les réunions par téléconférence et la réduction du personnel.

Ces changements ont rendu possibles des contributions annuelles de 75 000 $ aux investissements, garantissant la continuation du financement des programmes du leadership et de l’athlétisme de la jeunesse, a rapporté le trésorier, Gary McDade. 

La valeur nette de la division, qui était de 1 030 588 $ il y a deux ans et demi, est maintenant de 1 276 208 $, a-t-il poursuivi, avant de conclure sur une bonne nouvelle : pas besoin d’augmenter les frais d’adhésion.

Clayton Saunders a rapporté que jusqu’en septembre 2017, le Military Service Recognition Book (livre de reconnaissance de service militaire, NDT) avait rapporté 87 006,47 $. L’éditeur Mark Fenety a déclaré que pour la septième année consécutive, le livre rapporterait plus de 93 000 $ à la division.

Les réactions du public aux campagnes de mercatique de la Légion ont généralement été bonnes, a dit Chafe après avoir présenté une vidéo visant l’augmentation des adhésions. Cependant, compte tenu de la visibilité accrue, « nous voyons et entendons plus de commentaires négatifs que jamais ». La Direction nationale y répond d’abord en expliquant pourquoi la Légion prend certaines positions, puis en mettant l’accent sur sa longue histoire de bonnes œuvres pour les collectivités et les anciens combattants.

« Nous devrions nous servir de certaines de ces plaintes pour nous assurer que notre culture est conforme aux valeurs fondamentales de la Légion : service, intégrité, respect, loyauté et travail d’équipe, valeurs que partagent beaucoup de Canadiens », dit Chafe.

Le nombre de renouvellements continue d’augmenter, « mais nous perdons des membres à une vitesse alarmante », a rapporté le président de l’adhésion, Jack Clayton. En septembre, le nombre de membres de la division s’élevait à 7 936, une baisse par rapport aux 8 448 qu’il y avait en 2016 et aux 8 826, en 2014.

Le président des anciens combattants, des services et des ainés a rapporté que depuis 2014, 37 anciens combattants nécessiteux avaient reçu une aide financière provenant du fonds du coquelicot, d’une caisse de secours ou du fonds des anciens combattants sans abri, ou l’aide d’une filiale ou d’un officier d’entraide, ou avaient été référés à ACC.

Les délégués ont appuyé le projet d’une place de la bataille de l’Atlantique à Halifax, après la présentation de Gary Reddy du Fonds de commémoration de la marine canadienne.

Le président Harold Harper dépose une couronne. [Sharon Adams]

Le projet, dont le cout est estimé à 225 millions de dollars, représentera les contributions du Canada à la bataille la plus longue de la Seconde Guerre mondiale, où 4 600 Canadiens ont trouvé la mort. Il servira aussi à retracer la manière dont la génération d’alors a transformé le pays en société industrielle moderne.

Le washer toss (jet de rondelle, NDT), jeu semblable au jeu de fers à cheval, a été ajouté à la liste des sports de membres de la division. « Le Nouveau-Brunswick sera en avance sur les autres lorsque le jeu deviendra un sport national », a déclaré le président des sports, Gary McDade.

Les délégués ont écouté plusieurs présentations, dont un rapport de Buster Rogers de la filiale Hampton sur le pèlerinage du souvenir de la Légion aux monuments, cimetières et champs de bataille européens où des Canadiens ont combattu et ont été enterrés.

Maryse Savoie, directrice générale intérimaire des opérations en région, a fait le point sur les modifications des avantages et des programmes d’Anciens combattants Canada. Les neuf bureaux régionaux ont été rouverts, et plus de 240 personnes supplémentaires ont été embauchées.

Duane Johnson a présenté aux délégués la nouvelle section spéciale de traumatisme de stress opérationnel. Elle ne se veut pas le remplacement du bureau d’entraide ni des programmes d’aide sociale du MDN ni d’ACC. « Nous ne gérons pas les dossiers, ne remplissons ni ne classons de formulaires, ni ne fournissons de soins de santé mentale. Mais nous orientons les anciens combattants et les familles vers le soutien dont ils ont besoin », comme les psychothérapeutes.

Chafe a dirigé les élections qui ont été menées rapidement. Le premier vice-président, John Ladouceur de la filiale Oromocto, a été élu président par acclamation. Paul Poirier de la filiale Herman Good VC, président honoraire et Jack Clayton de la filiale Lancaster de St-Jean, le président des débats, ont également été élus par acclamation.

Sonny McCarron a été élu premier vice-président devant Brian Roberts de la filiale Kennebecasis de Rothebasy, dont le nom a été ajouté à la liste des candidats au poste de deuxième vice-président.

Roberts, qui avait été deuxième vice-président deux fois, s’est retiré de la course. Terry Campbell, de la filiale Marysville de Clifton Royal, a été élu devant Daryl Alward, de la filiale Marysville de Fredericton.

Gary McDade, de la filiale Fredericton, qui est trésorier depuis dix ans, a été réélu devant Clayton Saunders de la filiale Petitcodiac.

Le nouveau président, M. Ladouceur, a annoncé, sur une note optimiste, qu’il pensait pouvoir « faire augmenter l’adhé-sion de deux pour cent au cours des deux prochaines années. C’est un effort d’équipe. Tout le monde peut collaborer pour promouvoir les valeurs de la Légion. »

Hudson inaugure la Place Vimy

Inauguration du cénotaphe rénové d’Hudson, au Québec. [Bill Louch]

La filiale québécoise Hudson a dévoilé son cénotaphe rénové et le parc qui l’entoure, désormais baptisé Place Vimy en l’honneur du 100e anniversaire de la bataille de la crête de Vimy. 

Unique en son genre dans la région de Vaudreuil-Soulanges, le cénotaphe commémore les habitants des 23 collectivités qui ont parti-cipé à la guerre d’Afrique du Sud, à la Grande Guerre, à la Seconde Guerre mondiale, à la guerre de Corée, aux missions de maintien de la paix, à la guerre du Golfe et en Afghanistan, ainsi que ceux qui ont servi dans la marine marchande.

L’ancien cénotaphe, érigé en 1981, était délabré et envahi par les arbustes et les buissons. « Chaque fois que nous avions [une cérémonie] au jour du Souvenir, il fallait d’abord débroussailler, dit le second vice-président de la filiale Hudson, Rod Hodgson. Ça faisait peine à voir. »

Les rénovations furent d’abord proposées par le premier vice-président, Michael Elliot. Elles commencèrent à l’automne de 2016 grâce à une subvention du programme d’aide à l’édification de monuments commémoratifs d’Anciens combattants Canada et à des dons de membres de la communauté.

Trois nouvelles plaques en bronze ont été ajoutées au cénotaphe. « Nous n’avions rien ni pour l’Afghanistan, ni pour la guerre des Boers, ni pour la Corée, a déclaré M. Hodgson, alors nous avons commandé trois nouvelles plaques… et elles sont vraiment belles. »

Ces nouvelles plaques, qui s’ajoutent aux deux plaques qui honoraient déjà les 48 soldats de la région tombés aux deux guerres mondiales, commémorent aussi ceux qui ont servi dans la marine marchande, aux missions de maintien de la paix et à la guerre du Golfe.

Norman St Aubin, Peter Stephenson et Maxine Bredt (de g. à droite), anciens combattant de la Seconde Guerre mondiale, accompagnés du cornemuseur Graham Batty, étaient parmi les invités d’honneur à la cérémonie. [Bill Louch]

Les 19 poteaux de fer qui entourent le cénotaphe ont été parrainés par des gens de la collectivité, et sont l’un des ajouts les plus poignants au parc. « Il y a une inscription sur chacun des poteaux à la mémoire de quelqu’un », dit Hodgson. Une nouvelle enseigne annonçant la place Vimy a été érigée au milieu des jardins du cénotaphe.

La cérémonie du 13 aout a commencé par un défilé impromptu. « Nous n’avions pas prévu de défilé… et au dernier moment, il y avait des soldats en service, des cadets de la marine, et nos anciens combattants, dit Hodgson. Je leur ai dit que ceux qui souhaitaient défiler pouvaient le faire. À peu près 45 personnes l’ont fait. » La cérémonie d’inauguration comprenait le dépôt de couronnes par des dignitaires locaux, provinciaux et fédéraux, la Sonnerie aux morts et le dévoilement de la nouvelle plaque de la place Vimy. Trois vétérans de la Deuxième Guerre mondiale représentant l’armée de terre, la marine et l’aviation ont assisté à la cérémonie.

Un chêne de Vimy a été planté le 28 septembre à la filiale Hudson en présence de Peter Schiefken, député fédéral de Vaudreuil-Soulanges. Deux paires de bottes provenant de la commémoration du 100e anniversaire de la bataille de la crête de Vimy en France ont été données par un ancien combattant qui y avait assisté et par Anciens combattants Canada. Les bottes sont exposées à la filiale.

Le gouvernement dépense-t-il assez pour rééquiper le militaire?

Un MQ-9 Reaper en Creech Air Force Base, Nev. [U.S. Air Force photo/Paul Ridgeway]

Ernie Regehr dit que OUI.

Canada a déjà l’un des plus importants budgets militaires au monde. L’Institut international d’études stratégiques, dont le siège est à Londres, confirme qu’en 2016, le budget militaire canadien était, en termes absolus, le sixième de l’OTAN par ordre d’importance, surpassé seulement par ceux des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France, de l’Allemagne et de l’Italie. À l’échelle mondiale, le Canada est en 17e position, bien assurément dans les 10 % qui dépensent le plus.

Devrions-nous faire davantage? Si le Canada se classait cinquième dans l’OTAN ou seizième au monde, serait-il plus sûr? Est-ce que cela changerait les choses pour la paix et la sécurité internationales?

Il n’existe pas de menace militaire à la souveraineté du Canada ni à son intégrité territoriale : heureuses circonstances renforcées par le militaire canadien qui surveille et patrouille son vaste espace aérien et ses longues côtes. La sécurité publique est soutenue par les Forces armées canadiennes qui apportent leur aide aux autorités civiles et aux forces de l’ordre en cas de menaces non militaires, de catastrophes et d’opérations de sauvetage. À l’étranger, les Forces canadiennes appuient l’ordre international sur lequel reposent notre propre sécurité et notre prospérité.

Tout cela nécessite d’importantes dépenses militaires. Avec un budget de défense supérieur à celui de 90 % des autres pays du monde, le Canada n’est pas en reste.

La pression en faveur de l’augmentation du budget de défense du Canada a tendance à se concentrer sur l’amélioration du rôle du Canada dans le monde, mais la fragilité de l’ordre international, la persistance des conflits régio-naux et la menace du terrorisme mondial ne résultent pas du sous-financement des forces armées.

 

Une force militaire supérieure
peut faire tomber un régime,
mais pas le remplacer.


Le Canada devrait dépenser davantage pour renforcer la paix et la sécurité internationales, en tenant compte de trois faits. Premièrement, même les forces militaires les plus puissantes se sont souvent avérées incapables de régler les conflits ni d’atteindre les résultats politiques visés. Deuxièmement, les conflits politiques qui sont à l’origine des conflits armés actuels n’ont pas de solution militaire. Troisièmement, la paix et la stabilité durables reposent avant tout sur la bonne gestion des conditions économiques, sociales et politiques qui engendrent les conflits.

Les guerres contemporaines sont réglées, en fin de compte, par les diplomates et les politiciens, non pas par les généraux. Une force militaire supérieure peut remporter des batailles (comme expulser l’ÉIIS de Mosul, Iraq), mais pas gagner la guerre. Une force militaire supérieure peut faire tomber un régime, mais pas le remplacer.

La recherche de solutions militaires doit inévitablement faire place aux mesures qui favorisent la stabilité économique à long terme et la bonne gouvernance, au désamorçage des conflits identitaires, et aux engagements diplomatiques et politiques qui offrent des contrepoids à la violence. Il faut aussi, soit dit en passant, restreindre la circulation d’armes, surtout des armes de petit calibre, dans les régions de conflit.

Ces remèdes réels et très urgents aux conflits armés et aux menaces contre l’ordre international fondé sur les règles sont radicalement sous-financés. Le budget officiel de l’aide au développement du Canada est seulement le tiers du montant qu’il s’est engagé à y consacrer devant l’ONU. Alors s’il y a vraiment de nouveaux fonds pour la paix et la sécurité, comme les 62,3 milliards de dollars sur vingt ans promis à l’issue de l’Examen de la politique de défense, il vaudrait mieux les utiliser pour intensifier les efforts que déploie le Canada à l’échelle internationale en faveur du dévelop-pement économique, de la bonne gouvernance, de la diplomatie et du contrôle des armes.


David J. Bercuson dit que NON

Iy a des Canadiens qui, comme moi, croient que le Canada devrait augmenter ses dépenses de défense de façon à les rapprocher des deux pour cent du produit intérieur brut (PIB) indiqué dans les lignes directrices de l’OTAN. Il existe plusieurs bonnes raisons à cela.

Tout d’abord, le Canada a l’obligation d’aider les États-Unis à la défense aérienne de l’Amérique du Nord. En tant que membre du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord, le Canada doit surveiller l’espace aérien du Grand Nord. Le Grand Nord canadien est le point d’accès septentrional à l’Amérique du Nord, le porche des États-Unis, en quelque sorte. Les Américains ont suffisamment d’avions de chasse pour patrouiller dans le Nord canadien en plus de toutes les autres responsabilités qu’ils assument, mais le Canada devrait-il le permettre? Nous avons décidé il y a longtemps d’établir et de maintenir la souveraineté du Canada et d’en assumer les responsabilités, dont la surveillance de nos frontières. Ainsi, ces dernières sont surveillées par des Canadiens qui reçoivent leurs ordres du gouvernement canadien et, au bout du compte, du peuple canadien.

Le degré de similitude entre les vues politiques du Canada et des États-Unis, tous deux attachés à la démocratie, à la règle du droit et aux droits de la personne, n’a rien à y voir. Nous sommes canadiens, et de bien des façons, nous sommes différents des États-Unis. Nous ne pouvons tout simplement pas leur déléguer la responsabilité de protéger nos régions septentrionnales.

Le Canada doit se tenir aux côtés de ses alliés
pour protéger son peuple et ses intérêts,
et il doit aussi faire sa part pour
dissuader les agresseurs.

Il en va de même pour nos côtes. Nous pourrions nous débarrasser de notre marine et maintenir une garde côtière civile pour les missions de sauvetage, mais la responsabilité ultime de la protection de nos eaux et de notre zone économique exclusive reviendrait alors aux Américains. Et, bien que nous ayons beaucoup en commun, nous sommes un pays souverain et notre territoire doit entrer dans le champ de responsabilités de notre marine qui doit répondre à notre propre gouvernement et à notre propre population.

Et qu’en est-il de notre armée? Contre qui gardons-nous nos frontières? Certainement pas contre les États-Unis. Cependant, notre armée a d’importantes fonctions d’aide aux civils, comme combattre les incendies de forêt, les inondations et autres catastrophes naturelles. Lorsque les communications civiles sont interrompues à cause de catastrophes naturelles, l’armée canadienne a les moyens d’établir ses propres réseaux de communication, l’équipement qu’il faut pour aider les pouvoirs publics, et là aussi, la bénédiction du gouvernement et des Canadiens.

Ces services militaires sont dispendieux, surtout pour un pays dont le territoire est le deuxième au monde par ordre de grandeur.

Quant aux missions à l’étranger, il y a des occasions où le Canada doit se tenir aux côtés de ses alliés pour protéger son peuple et ses intérêts, et il doit aussi faire sa part pour dissuader les agresseurs, par exemple en Europe centrale. On dit que tout pays a une armée : la sienne ou celle d’un autre. D’une façon ou d’une autre, cela engage des dépenses. Deux pour cent de notre PIB, ce n’est pas cher payé pour préserver notre indépendance.


Ernie Regehr est agrégé supérieur de la fondation Simons de Vancouver et cofondateur du Project Ploughshares.

David J. Bercuson, auteur de notre rubrique « Eye on defence » (Œil sur la défense, NDT), est directeur du Centre for Military and Strategic  Studies de l’Université de Calgary.

Étudier les troubles mentaux et les toxicomanies

La Légion royale canadienne appuie les anciens combattants et leurs proches et défend leurs intérêts depuis 1926. Les troubles mentaux et les toxicomanies qui les accompagnent souvent font partie des principales épreuves qu’ils doivent surmonter. 

La Légion consacre une grande partie de son travail à l’amélioration des services en santé mentale. Bien que la Légion n’offre pas directement de programme axé sur les problèmes de santé mentale, son Bureau d’entraide aide les anciens combattants et leur famille à accéder à des programmes, des services et des avantages sociaux utiles.

La section spéciale du traumatisme de stress opérationnel (TSO) que la Légion a établie en 2017 en est un parfait exemple. Il s’agit d’un réseau de soutien par les pairs dirigé par ses membres qui offre de l’aide aux anciens combattants atteints d’un TSO. Le réseau participe aussi à l’organisation de cours de secouris-me psychologique partout au pays.

Les anciens combattants ayant des troubles mentaux sont souvent confrontés à la stigmatisation. Il est grand temps de se défaire de ces idées préconçues et de faire en sorte que les anciens combattants canadiens puissent demander de l’aide sans honte et sans crainte de représailles.

Pour cela, la Légion préconise d’améliorer les recherches, les programmes et la politique du gouvernement concernant la santé mentale des anciens combattants. 

D’abord, des recherches sont nécessaires pour comprendre l’augmentation du nombre d’ordonnances de marijuana délivrées, l’efficacité des traitements à base de cannabinoïdes, leurs effets secondaires et leurs risques.

La Légion a donné l’alerte à propos de la méfloquine, médicament antipaludique et de ses effets secondaires.

Notre gouvernement doit entreprendre des recherches sur la méfloquine et veiller à ce que ceux qui en souffrent puissent bénéficier d’un diagnostic et d’un traitement adapté.

Les anciens combattants ont beaucoup sacrifié au service de notre pays. Il est de notre devoir, et de celui du gouvernement canadien, de défendre leurs droits et leur dignité en leur donnant accès aux services et aux soins de santé mentale dont ils ont besoin.


À votre service est écrit par des officiers d’entraide des directions de la Légion. Pour communiquer avec un officier d’entraide, composez sans frais le 1-877-534-4666, ou visitez le site Web d’une direction. Consultez www.legionmagazine.com pour les archives des trois dernières années.

Un seul, c’est encore trop

Les Forces armées canadiennes et Anciens combattants Canada ont annoncé en octobre leur stratégie commune de prévention du suicide. « Il s’agit d’une approche sans précédent », dit le ministre des Anciens combattants, Seamus O’Regan. La stratégie consiste à coordonner quelque 160 programmes et services des deux ministères visant la réduction du nombre de suicides. 

« Même un seul, c’est encore trop, dit le chef d’état-major de la défense, Jonathan Vance. Quand on parle de suicide, le seul chiffre acceptable, c’est zéro. »

Le but de la stratégie commune est de prévenir le suicide en renforçant la résilience en santé mentale et le soutien familial et communautaire, en fournissant des soins de santé mentale quand et où ils sont nécessaires et en appuyant les recherches afin de s’assurer que nous faisons tout ce qui est possible, le mieux possible.

Bon nombre de ces programmes et politiques étaient déjà en place, mais il y a quelques nouvelles initiatives : parmi elles, la création d’un groupe de travail biministériel chargé de faciliter le retour à la vie civile.

Autre nouveauté : Statistique Canada reliera les données des FAC à celles du programme de la Statistique de l’état civil du Canada pour déterminer le taux de suicide parmi tous les anciens combattants, y compris le demi-million ou plus d’entre eux qui ne relèvent pas des FAC ni d’ACC.

Selon une étude réalisée en 2011 par Statistique Canada concernant 112 225 vétérans enrôlés depuis 1972 et libérés avant fin 2006, le taux de suicide était de 46 % plus élevé chez les anciens combattants que chez les civils du même âge. Cependant, le taux de suicide dans l’ensemble de la population des anciens combattants, y compris les réservistes, reste inconnu, car on n’a jamais recoupé les données sur les anciens militaires qui ont mis fin à leurs jours après avoir quitté l’armée, et qui ne relevaient donc plus des FAC ni d’ACC.

Beaucoup d’entre eux ont quitté les forces armées bien avant la création des programmes de résilience en santé mentale, avant les campagnes contre la stigmatisation, avant les services de transition et avant le renforcement des services de soutien aux familles. Un grand nombre d’entre eux vivent dans des régions rurales ou éloignées où l’accès aux services de santé mentale, et a fortiori aux professionnels connaissant bien la culture militaire, est limité. Pour les anciens combattants de cette cohorte, il n’y a aucun moyen de savoir quels effets le service militaire a eus, ni si l’appui d’une personne qui connaît la culture militaire aurait pu apporter une protection supplémentaire à ceux qui ont décidé d’en finir. En l’absence de telles données, comment ces anciens combattants peuvent-ils bénéficier de stratégies de prévention et de traitement fondées sur les faits?

Un soutien est offert au demi-million d’anciens combattants ou plus qui ne sont pas actuellement clients d’ACC. Tous les anciens combattants, pas seulement ceux qui relèvent du ministère, peuvent appeler la ligne d’aide d’ACC au 800-268-7708 (ou au 800-567-5803 pour les personnes ayant une déficience auditive), afin de parler à un professionnel de la santé mentale. Tout ancien combattant a droit à 20 séances de consultation psychologique gratuites. Par ailleurs, le Fonds d’urgence pour les vétérans annoncé en 2017, doté de 4 millions de dollars, doit entrer en vigueur après le 1er avril 2018. Il facilitera l’accès rapide à une aide financière ponctuelle ou urgente en attendant des prestations de soutien à plus long terme.

Les responsables des FAC et d’ACC hésitent à fixer des objectifs quantitatifs pour la nouvelle stratégie de prévention du suicide, car ils admettent qu’il est difficile de savoir quand un suicide a été empêché ou si les mesures de prévention ont joué un rôle. Après tout, comme le disait le chef d’état-major de la défense, Jonathan Vance : en matière de suicide, le seul chiffre acceptable, c’est zéro, et nous devons tous œuvrer dans ce sens.