Le Fonds de moral des troupes avance à grand train

À la Maison de la Légion à Ottawa, au mois de juillet, des bénévoles ont tamponné 12 000 bons pour le Fonds de moral des troupes de la Légion royale canadienne.

Ce lot est le dernier des envois faits aux soldats en service au terrain d’aviation de Kandahar. Chaque bon donne une tasse de café et un beigne au point de vente de Tim Hortons de la base.

On peut lire à l’endos des bons tamponnés par les bénévoles que le certificat est une gracieuseté de la Légion royale canadienne et de ses supporteurs au Canada.

Le programme est une des façons que la Légion utilise pour démontrer son soutien aux soldats en service. La Légion parraine aussi une tournée de spectacles dans la région et elle participe à l’opération Père Noël avec l’Agence de soutien du personnel des Forces canadiennes, laquelle envoie des cadeaux au personnel militaire en service outre-mer à la Noël. “Ce sont de petits cadeaux mais ils sont très importants, et ils font partie de notre tradition d’assistance aux gens des services qui a été établie durant la Seconde Guerre mondiale”, dit le président national Jack Frost. Pendant la guerre, la Légion offrait de la papeterie et des cigarettes.

“Le programme a servi à ramasser 82 000 $ dont 76 750 $ ont déjà été dépensés”, disait le directeur national des communications Bob Butt en juillet. “Nous avons déjà envoyé huit commandes de bons et quatre autres commandes ont été passées.”

Les donations pour le Fonds de moral des troupes de la LRC peuvent être envoyées à la Direction nationale au 86, place Aird, Kanata (Ont.) K2L 0A1.

Élargissement du soutien aux souffrants du stress opérationnel

Le 31 mai 2006, la direction du Soutien social aux victimes de stress opérationnel (SSVSO) des Forces canadiennes et d’Anciens combattants Canada a rencontré des parents de membres des Forces canadiennes décédés pour faire une analyse de leurs besoins et décider si le SSVSO pouvait étendre les services de soutien aux familles des anciens combattants et des membres des FC en service qui meurent des suites d’opérations militaires, de suicide, de maladie ou d’accident.

Les raisons et la vision de cette initiative sont que le SSVSO, ayant conçu un cadre solide servant à fournir des services de soutien par les pairs aux victimes du SO et à leur famille, peut étendre ses services à ce groupe de clients en se servant des mêmes philosophie, cadre de gestion, politiques et protocoles de gestion des bénévoles, sauvegardes de recrutement et interventions à soins auto-administrés.

Durant les discours d’ouverture et la présentation de chaque participant, il y a eu beaucoup de validation par rapport au besoin de ce genre de soutien et dans les cas où ce soutien était offert, on considérait que c’était l’intervention la plus utile suivant la perte d’un être cher.

Le concept concernant l’extension des services de soutien par les pairs aux parents en deuil après la perte d’un militaire a été étudié par la direction du programme du SSVSO pendant plusieurs années. Les facteurs suivants sont les causes de l’impulsion donnée à cette initiative : Marley Léger, la veuve du sergent Marc Léger qui est mort en Afghanistan lors de l’incident de ‘tir ami’ en avril 2002 s’est adressée à la direction à propos du besoin d’un tel service, l’augmentation considérable du nombre de victimes en Afghanistan, l’engagement pris par le chef d’état-major de la défense et les autres leaders des Forces canadiennes de mieux s’occuper des gens endeuillés, et l’engagement d’ACC envers la nouvelle Charte des anciens combattants pour aider les vétérans des FC en des temps difficiles.

La direction du SSVSO a planifié, grâce à ses politiques, à ses procédures de référence, à son syllabus de formation et à ses politiques de gestion en place, l’expansion de cette composante des services de soutien par les pairs et donné une formation officielle de préposé au soutien par les pairs des personnes affligées à neuf bénévoles choisis soigneusement, en septembre 2006, à Ottawa. Un réseau de bénévoles est dorénavant disponible à travers le Canada pour offrir ses services aux familles endeuillées.

Les politiques intérimaires qui régissent cette nouvelle composante du programme de SSVSO sont concentrées, à ce stade-ci, sur le soutien par les pairs aux parents affligés des anciens combattants décédés.

Tous les pairs bénévoles sont des particuliers qui ont porté le deuil d’un membre des FC en service ou d’un ancien combattant. Leur rôle est d’offrir aux gens qui ont perdu un être cher des services de soutien par les pairs, en tant qu’intervention non clinique, par l’entremise d’une écoute active et d’empathie, et en encourageant les pairs à utiliser les ressources qui leur sont disponibles.

Les bénévoles du SSVSO ont déjà offert leur soutien à plusieurs familles, et les réactions de ces dernières concernant les services dont elles ont tiré parti étaient bonnes. Bien qu’il y ait une capacité limitée en ce moment-ci, le SSVSO va profiter des leçons apprises par le premier groupe de bénévoles pour s’agrandir.

* * *

Ce qui suit est le témoignage d’une personne que le soutien du deuil par les pairs a aidée.

J’avais amené mes jeunes garçons à l’aéroport chercher mon mari qui revenait du Danemark, ce devait aussi être son dernier vol pour le United States Marine Corps. Nous étions presque à la fin d’une affectation de trois ans aux États-Unis et nous devions revenir bientôt au Canada. Mon mari était pilote de CF-18 et il revenait au pays faire office d’instructeur.

Un groupe de cinq avions volèrent au-dessus de nous, alors nous avons attendu que chacun d’entre eux roule devant nous et éteigne ses moteurs. J’essayais de voir lequel était celui de Derek. Le quatrième pilote vint me voir et me dit : “Crush est juste derrière moi Deanne, ne t’inquiète pas. Il sera ici bientôt”.

Ce n’est pas difficile de comprendre que quelque chose ne va pas quand on voit des véhicules d’urgence rouler à toute vitesse autour des voies de circulation et des hélicoptères qui volent à basse altitude. Il s’était écrasé à l’atterrissage. J’ai appris par la suite qu’il y avait eu une “erreur” lors de l’entretien du train d’atterrissage. Son commandant vint me voir alors que l’hélicoptère d’évacuation sanitaire volait au-dessus de nous et il me dit que son avion avait quitté la piste et s’était brisé, et que mon mari était dans un état critique. Il allait me conduire à l’hôpital pour que je puisse le voir. Je remis la poussette avec mon enfant de 10 mois, celui de deux ans et demi, et les clés de ma voiture à une des femmes qui se trouvaient à mes côtés et je lui dit que je devais m’en aller. Je suis simplement partie.

Je suis allée à l’hôpital pour tenir la main de mon mari et lui dire adieu. Je dois quand même admettre que durant tout le temps que j’étais à l’hôpital et même après le pronostic désespéré, je n’arrivais pas à croire qu’il allait vraiment mourir. Le dernier jour que ma vie me semblait normale […] le 28 juin 2004.

Quand les services commémoratifs furent terminés, ainsi que les plans temporaires concernant nos biens, j’emménageai chez mes parents à Winnipeg. Il s’agissait simplement d’un endroit transitoire pour nous. Comme je disais, nous avions prévu de déménager une semaine plus tard. Je me sentais perdue, déplacée. Je n’avais pas de foyer, pas d’unité militaire pour me soutenir et pas d’ami qui s’inquiète de moi. Et ce satané éléphant était encore assis sur ma poitrine. Je ne savais pas quoi faire pour le soulever afin de pouvoir respirer sans être obligée de faire des efforts à chaque aspiration. Une semaine après, mon officier désigné m’a mise en relation avec une veuve militaire qui vivait dans le même quartier que mes parents. Nous sommes allées prendre un café […] parlé et beaucoup pleuré. Ensuite nous nous sommes mises à marcher en parlant. Nous avons commencé une relation. Je pouvais lui demander n’importe quoi, des finances à la spiritualité, et aussi à propos de nos enfants ou de trouver l’amour à nouveau. Ce n’est pas que je cherchais, mais ça me donnait tant d’espoir de penser que ma vie pourrait un jour devenir satisfaisante.

Il y a d’autres veuves qui m’ont tendu les bras depuis les tout premiers jours. Il s’agit d’un soutien que personne d’autre ne pouvait m’offrir. Elles savaient ce que je ressentais, quels étaient les défis que je devais relever, et ce qui me faisait peur. Mes proches étaient affligés eux-mêmes. Il y en a qui ne pouvaient pas y toucher; ils me disaient que c’était le pire des cauchemars pour eux.

Je me mis à tendre les bras à d’autres personnes et, grâce à mon réseau personnel, j’ai été invitée à participer à la partie du SSVSO qui concerne le deuil. J’en suis très heureuse parce que c’est ce qui m’a aidé le plus à guérir. Merci à toutes les veuves passées et actuelles qui ont fait partie de ma vie. Je suis comme je suis grâce à votre compassion, votre patience, votre amour et votre humour! Vous m’avez permis de respirer à nouveau.

Deanne

À votre service est écrit par des agents des services du Bureau national des services.

Nouvelles du Nouveau-Brunswick

Les nouvelles dirigeantes élues des DA de la Division du Nouveau-Brunswick sont la présidente Helen Ladouceur, la première vice-présidente Pat Stone, la deuxième vice-présidente Sandra O’Donnell, la troisième vice-présidente Jean Stevens, la présidente honoraire Betty MacDougall et la présidente sortante Sandra Thomas.

Les gagnants des concours littéraires et d’affiches de la filiale Moncton sont Caleigh Brussard, Jack Kinnie, Chris Francheville, Harold Logan, David Longaphie, Jenna Tyler, Donghis Zhang, Erin Smith, Caitlin Middleton, Trudy Cormier, Bob Masters et Diane Hicks.

Le président Tom Eagles de la Division du Nouveau-Brunswick et la présidente des DA de la division Helen Ladouceur ont remis une plaque aux DA de Carleton, à Saint John, en l’honneur de leur 80e anniversaire.

Doug Alward a été choisi légionnaire de l’année du district Capital.

La filiale Marble Arch de Plaster Rock a remis 100 $ du Fonds des services communautaires de la Division du Nouveau-Brunswick à l’école Donald Fraser Memorial pour l’achat d’un système de son pour malentendants.

La filiale St. Croix a remis 250 $ de la part du Fonds des services communautaires de la Division du Nouveau-Brunswick au peloton de cadets de l’armée de St. Stephen.

Les gardiens du souvenir

Pendant plus de 80 ans, la Légion royale canadienne s’est dévouée au devoir qu’est le souvenir. Dans les petites villes et dans les grandes, les légionnaires se voient en tant que gardiens du souvenir, unis par un engagement solennel de maintenir le souvenir des 117 000 hommes et femmes canadiens qui ont fait le sacrifice ultime au service de la patrie durant les deux guerres mondiales, la guerre de Corée et les opérations suivantes, y compris la dernière, en Afghanistan.

L’engagement de la Légion envers cette obligation sacrée se manifeste de plusieurs manières, qui toutes sont évidentes dans les activités journalières et les différents programmes qui sont organisés et appuyés à travers l’organisation, allant des soins offerts aux anciens combattants et aux personnes à leur charge jusqu’au parrainage des concours littéraires et d’affiches annuels. La fondation qui sert de base à tous ces efforts des niveaux de la filiale, de la division ou de la nation, est la campagne du coquelicot annuelle qui donne l’occasion aux gens de se souvenir en portant le symbole du souvenir le plus puissant et en participant aux services du jour du Souvenir.

Le coquelicot a toujours été accepté par les Canadiens qui reconnaissent son importance symbolique ainsi que l’occasion de bienveillance qu’il représente durant la campagne de deux semaines. En 2005 (l’année de statistiques la plus courante), plus de 19 millions de coquelicots ont été épinglés à des revers, une indication éclatante de respect pour les tombés et pour les gens qui ont servi ou qui servent encore.

La campagne de cette année, qui commence le 26 octobre et dure jusqu’au 11 novembre, devrait égaler ou même dépasser le succès des campagnes précédentes, en comptant sur la multitude de bénévoles d’un océan à l’autre qui, quel que soit le temps, se rendent avec leurs plateaux à collection aux centres commerciaux et autres endroits publics. On va aussi compter sur la prévenance et la générosité des Canadiens à travers le pays et outre-mer qui contribuent beaucoup à la campagne une année après l’autre, bien entendu. En 2005, par exemple, la campagne a servi à ramasser environ 8 millions de dollars. Cet engagement du public sert à soigner et à traiter avec le respect qu’on leur doit les anciens combattants et les personnes à leur charge.

La campagne de 2007 va comprendre, pour la première fois, un coquelicot autocollant en plus du coquelicot à épingle habituel. L’autocollant, sur lequel on va voir un coquelicot rouge stylisé avec un centre noir et un contour tracé en noir, n’est pas un remplacement du coquelicot pour revers. Il vise plutôt un autre segment de la population, c’est-à-dire les gens qui ne peuvent pas porter un coquelicot en épinglette. Ces gens comprennent les enfants très jeunes, les travailleurs des services culinaires et les gens infirmes, mais qu’il soit porté en épinglette ou en autocollant, le coquelicot et la campagne du coquelicot doivent à jamais être le symbole sacré de ce devoir solennel qu’est la perpétuation de la tradition de commémoration.

Comme il est noté dans le Manuel du coquelicot, la puissance et la motivation de la campagne sont simples, et les fameux vers de John McCrae ne peuvent pas être répétés trop souvent : “À vous de porter l’oriflamme et de garder au fond de l’âme le goût de vivre en liberté. Acceptez le défi, sinon les coquelicots se faneront au champ d’honneur”.

Félicitations aux dames auxiliaires

Ce sont souvent celles qui sont timides, les personnes à qui il faut demander de sortir de la cuisine lors des banquets officiels afin que les invités leur témoignent leur reconnaissance pour un bon repas. Bien qu’aux manifestations ce soient les conférenciers invités et les cérémonies auxquels on fait le plus attention, le travail des dames auxiliaires, en arrière-scène, sert à assurer le bon déroulement de tout souper, réunion et événement spécial tenu à la Légion royale canadienne.

Nous désirons que ce numéro de la revue Légion soit une occasion pour les dames d’enlever leur tablier un instant et d’accepter d’être remerciées. Nous offrons un coup d’oeil aux dames auxiliaires de partout au Canada (Contributions des DA, page 1) et une série d’illustrations haut en couleur des femmes au travail (Hommage en couleurs, page 6). Nous voulions aussi entendre les dames elles-mêmes, alors cet hommage comprend une collection de leurs commentaires (Histoires d’auxiliaires, page 10). D’autres souvenirs des dames auxiliaires s’ajoutent au site de la toile de la revue : www.legionmagazine.com.

Les DA existent depuis aussi longtemps que la Légion elle-même. Certaines ont commencé en tant qu’auxiliaire du précurseur de la Légion, la Great War Veterans Association. D’autres ont commencé toutes seules, comme c’est le cas des cercles de femmes patriotiques qui ont été fondés durant la Première Guerre mondiale, quand elles envoyaient les premiers colis d’articles de soins personnels aux soldats en service outre-mer.

Aujourd’hui, le travail des DA se poursuit sérieusement et leurs membres ramassent de petits cadeaux pour soulager un peu les militaires affectés en Afghanistan de la solitude. Les DA se chiffrent dans les dizaines de milliers à travers le pays, et on peut les voir au travail quand elles vont aux hôpitaux et aux résidences pour aînés afin d’offrir leur compagnie et des divertissements à nos anciens combattants les plus âgés. On peut aussi les voir en visite chez les anciens combattants blessés plus jeunes où elles leur offrent aide et réconfort.

Les dames, dont beaucoup font partie de la Légion, ramassent des fonds pour les filiales en acceptant des commandes de traiteur, en organisant des ventes de pâtisseries et d’objets d’artisanat, et en organisant des bingos hebdomadaires. Leurs oeuvres communautaires s’étendent aux aînés, grâce à des programmes comme celui de la popote roulante, et aux jeunes, quand elles aident d’innombrables élèves lors de leur éducation postsecondaire grâce à des bourses.

Comme la Légion, les DA essaient de maintenir leur sociétariat en ces temps affairés. Souvent, les deux adultes d’une famille travaillent et les enfants participent à des sports et d’autres activités qui nécessitent du temps. Les membres les plus jeunes réussissent quand même à assister aux réunions mensuelles et à participer à n’importe quel projet que les DA aient assumé.

Tous seront d’accord qu’il y a de quoi être impressionné par la camaraderie et la bonne humeur avec lesquelles les dames font leur travail. Bravo!

Résultats nationaux de 2007

Seniors

Composition–premier : James Welke de Pincher Creek (Alb.); deuxième : Megan Vandenhof d’Halifax; mention honorable : Sophie Demers de Squamish (C.-B.).

Poésie–premier : Corley Farough de Taber (Alb.); deuxième : Erica Bennett de Dodsland (N.-É.); mention honorable : Christine Young de Ladysmith (C.-B.).

Affiches en couleurs–première : Hee Ra Kim de Surrey (C.-B.); deuxième : Brandon Olsen d’Emo (Ont.); mention honorable : Beckie Price de Delisle (Sask.).

Affiches en noir et blanc–première : Natalie Lloyd de Guelph (Ont.); deuxième : Adrienne Gibbs de Qualicum Beach (C.-B.); mention honorable : MacKenzie Buzash de Regina.

Intermédiaires

Composition–premier : Daniel Witten de Kimberley (C.-B.); deuxième : Janelle Malo de Lac La Biche, (Alb.); mention honorable : Marley Kotylak de Montmartre (Sask.).

Poésie–première : Jenna Tyler de Moncton (N.-B.); deuxième : Nicole Stewart de Lethbridge (Alb.); mention honorable : Lisa Vanderwyk de Scotland (Ont.).

Affiches en couleurs–première : Jessica Wu de Vancouver; deuxième : Ashley Watton de Barrie (Ont.); mention honorable : Chelsea Trudeau de Wymark (Sask.).

Affiches en noir et blanc–première : Joelle Lieuwen de Lethbridge (Alb.); deuxième : Kaylyn Kwasnecha de Parksville (C.-B.); mention honorable : Nancy Xu de Kanata (Ont.).

Juniors

Composition–premier : Cassidy Kerr de Wolsely (Sask.); deuxième : Sabrina Grand de St. Catharines (Ont.); mention honorable : Rachael Wadlow de Winnipeg (Man.).

Poésie–première : Laura McEwan de St. Peter’s (Î.-P.-É.); deuxième : Abbigale Spencer de Grimsby (Ont.); mention honorable : Alysha Viner de Canning (N.-É.).

Affiches en couleurs–première : Nicole Tytgat d’Essex (Ont.); deuxième : Ashley James de Senneville (Qc); mention honorable : Cassidy Reich d’Estevan (Sask.).

Affiches en noir et blanc–premier : Calvin Chan de Markham (Ont.); deuxième : Blayne Stam de Rosedale (C.-B.); mention honorable : Chelsey MacKinnon de St. Peters Bay (Î.-P.-É.).

Primaire

Affiches en couleurs–première : Sharon Tam de Richmond Hill (Ont.); deuxième : Aiden Lattanzi de Cowichan Bay (C.-B.); mention honorable : Elainna Noble de Didsbury (Alb.).

Affiches en noir et blanc–premier : Emerson Smith de Chilliwack (B.C.); deuxième : Kristian Thornton de Newport (N.-É.); mention honorable : Cassandra Velsink de Fort Saskatchewan (Alb.).

Changement d’avis

À travers toute la nation, vers 11 h le 11 novembre de chaque année, les Canadiens se rassemblent aux cérémonies du jour du Souvenir en l’honneur des citoyens congénères qui ont dévoué leur vie, et certains en sont morts, pour le bien de ce beau pays. Une couronne est déposée, ornée de coquelicots pourpres, qui signifie le service militaire et les sacrifices d’autrefois et d’aujourd’hui. Les élèves récitent des poèmes et des dissertations qui sont leur interprétation de ce que le jour du Souvenir signifie pour eux et les raisons pour lesquelles nous nous assemblons afin de rendre hommage chaque année. Nous sommes continuellement honorés par la présence des derniers anciens combattants qui nous rappellent constamment de ne jamais oublier la fière histoire de notre pays et ce que la communauté internationale a dû endurer au cours du siècle passé.

Cette représentation de patriotisme et de reconnaissance est une tradition extrêmement importante de la société d’aujourd’hui. Cela nous rappelle à tous que cette nation démocratique exceptionnelle, qui embrasse notre droit d’exprimer nos opinions et de vivre selon nos valeurs personnelles, a été achetée à prix très fort. Malheureusement, ce bienfait est souvent tenu pour acquis. C’est facile d’oublier à quel point nous sommes privilégiés d’être citoyens du Canada, une nation construite sur une histoire de maintien de la paix et de défense des droits des autres, même les droits que nous ne sommes pas obligés de défendre. La récompense que sont notre constitution et notre terre de liberté constantes nous est donnée, à nous qui n’avons jamais eu besoin de prendre les armes pour défendre nos idéologies. Des Canadiens se sont rendus outre-mer se battre parce qu’ils croyaient que c’était ce qu’il fallait faire. Des hommes sont morts pour la vie que nous avons actuellement, pour les lois auxquelles nous obéissons, et pour les idéaux qui soutiennent et définissent le Canada.

L’importance d’une vérité si réservée diminue inévitablement, malgré nos services et nos rappels annuels. Le fait que très peu de gens aient connu les vraies horreurs de la guerre nous porte à amoindrir l’importance réelle du service militaire dans nos pensées. Dans les environnements sans danger pour la sauvegarde desquels nos aïeuls se sont battus, nous sommes, quelle ironie, malheureusement naïfs. La majorité des Canadiens ne se sont jamais risqués pour une cause qu’ils croyaient valoir la peine. La reconnaissance envers nos forces armées respectées et même nos policiers bienveillants, ne peut simplement pas être soutenue par une compréhension authentique, car nous n’en avons pas. Nous essayons de leur rendre justice, mais la justice ne pourra jamais leur être rendue.

Une des causes principales pour lesquelles nous en sommes inconscients, c’est le peu d’attention qu’on fait à nos soldats après le 11 novembre et durant tout le reste de l’année. Par exemple, les missions de maintien de la paix en Afghanistan durent depuis des années. Demandez à des Canadiens quelles sont les raisons pour lesquelles nos soldats se trouvent en une terre si lointaine et vous pouvez être sûr que la plupart ne le savent pas. Les médias libérés se concentrent souvent sur des questions insignifiantes ou réprouvent la violence internationale sans indiquer les causes ou les conséquences de tels événements. L’attention que les médias portent aux forces armées est d’habitude négative, qui se concentrent sur la mort regrettable de ceux qui se battent encore. Le progrès en Afghanistan reste littéralement inédit, alors le soutien de nos soldats augmente et diminue selon les jugements rapides faits d’après les courts inserts parlés des leaders politiques et les gros titres des journaux populaires. Nous sommes une nation inculte et indifférente, qui tend au résumé erroné des situations internationales pour la résolution de laquelle les soldats que nous disons respecter versent leur sang et leur sueur.

Les Canadiens devraient réaliser que la reconnaissance devrait durer toute l’année et que ce n’est pas quelque chose qu’on doit exprimer seulement le jour du Souvenir. Nous devrions faire attention aux entreprises de nos forces armées, offrir notre opinion lors de débats, voter aux élections et nous tenir au courant des événements qui ont lieu au-delà des frontières canadiennes. Ils ont besoin de notre soutien, et nous devons respecter leur décision de risquer leur vie constamment pour défendre les valeurs canadiennes afin que nous ne soyons pas obligés de le faire nous-mêmes. Veuillez vous souvenir que nos aïeuls sont morts pour le Canada, ses gens et sa démocratie, non pas pour le 11 novembre.

Des gagnants de concours expriment leur patriotisme et leur reconnaissance

Bien que les gagnants des concours littéraires et d’affiches de 2007 de la Légion royale canadienne, choisis parmi des centaines et des centaines d’excellentes soumissions, viennent de tous les coins du pays, ils sont unis par le sentiment qu’ils ont comme quoi le souvenir, principalement chez les jeunes, est quelque chose qui vaut vraiment la peine.

Les concours littéraires et d’affiches annuels, un événement que la Légion parraine depuis longtemps, sont ouverts à tous les écoliers canadiens qui créent des compositions, des poèmes et des affiches à propos de l’idée qu’est le souvenir. Le programme sert à relier deux activités fondamentales de la Légion : le soutien de la jeunesse du Canada et la promotion du souvenir.

James Welke, de l’école secondaire Mathew Halton de Pincher Creek (Alb.), a écrit à propos de cet effort incessant dans la composition pour laquelle on lui a décerné le premier prix dans la catégorie senior : A Change of Mind (un changement d’avis).

“À travers toute la nation, vers 11 h le 11 novembre de chaque année, les Canadiens se rassemblent aux cérémonies du jour du Souvenir en l’honneur des citoyens congénères qui ont dévoué leur vie, et certains en sont morts, pour le bien de ce beau pays.”

Le jugement de chaque présentation passe par plusieurs stades, d’abord au niveau de la filiale, ensuite à celui de la division et puis à celui de la nation. Pour finir, un jury de concours organisé par la Direction nationale choisit les gagnants de chaque catégorie et âge. Les quatre gagnants seniors, en plus de tous les autres prix et honneurs, gagnent un voyage à Ottawa où ils représentent la jeunesse du Canada à la cérémonie nationale du jour du Souvenir.

Les oeuvres gagnantes des différentes catégories sont aussi exposées au Musée canadien de la guerre du 1er juillet jusqu’au 1er mai de l’année suivante. Quant à ceux qui obtiennent la deuxième place et ceux à qui l’on décerne une mention honorable, leurs oeuvres sont exposées au foyer de la Chambre des communes durant la semaine de l’ancien combattant, au mois de novembre.

La gagnante du concours senior d’affiches en couleurs, Hee Ra Kim, est une élève de l’école secondaire Sullivan Heights de Surrey (C.-B.) qui est située non loin de la filiale Cloverdale où son oeuvre a commencé son long voyage jusqu’au niveau national. Kim, qui va venir à Ottawa cet automne avec ses parents, a gagné grâce à une représentation brillante et richement illustrée de trois militaires qui se tiennent fièrement aux côtés d’un jeune garçon. Kim, âgée de 16 ans, a l’intention de poursuivre ses travaux artistiques après l’école secondaire. “J’aimerais partager mon engouement du design et de l’art avec mes collègues à l’université”, dit-elle.

Dans la catégorie senior des affiches en noir et blanc, c’est Natalie Lloyd de Guelph (Ont.) qui a été honorée par les juges. Son affiche, un collage de scènes sur la guerre et le souvenir, se distingue par sa beauté détaillée et sa perspective réaliste.

Il y a aussi eu plusieurs belles oeuvres qui méritent d’être remarquées dans les autres catégories des concours d’affiches. La représentation d’une jeune femme qui découpe un coquelicot, créée par la gagnante chez les intermédiaires, Jessica Wu, est dessinée de manière touchante, et l’image en noir et blanc d’un soldat en uniforme qui ramasse des coquelicots créée par Joelle Lieuwen est impressionnante.

Les participants à venir des concours d’affiches devraient remarquer que les affiches en noir et blanc peuvent être faites au crayon, au fusain ou à l’encre de chine. Les affiches sont jugées selon un certain nombre de critères, y compris leur originalité, l’habileté de dessinateur et l’expression du sujet désigné, soit le souvenir avec un thème canadien. On peut trouver davantage de renseignements au site de la toile de la Légion à www.legion.ca.

Le gagnant de poésie senior Corley Farough de Taber (Alb.) va aussi se rendre à Ottawa cet automne. Le poème de Farough, intitulé Crosses (croix), concerne principalement les tribulations affectives de la guerre. Il débute ainsi :

Les croix sont placées rangée après rangée
Un rappel silencieux d’hommes que nous ne connaissons pas
Des hommes qui ont donné toute leur vie
Des hommes qui ont quitté leurs enfants et leur épouse aimante et chaleureuse
La longue attente effrayante et puis les adieux tendres
Le fardeau et la tristesse, leur regard
La main qui caresse la joue de l’amie
Ensuite la montée à bord d’un avion soudainement dans un tourbillon

Le poème est ensuite une description des expériences d’un soldat à la guerre et puis il se termine ainsi :

Il met son casque et prend son fusil
Cette bataille pour la paix vient à peine de commencer
S’il sera encore là demain il ne le sait pas
Mais les croix sont placées rangée après rangée.

Jenna Tyler de Moncton (N.-B.), qui a obtenu la première place dans la catégorie intermédiaire, a abordé la poésie du souvenir d’une manière quelque peu différente. Dans son poème, Even Though I Have Never Seen (même si je n’ai jamais vu), elle contemple les difficultés concernant le dévouement envers le souvenir de gens et d’événements qu’on n’a jamais vus.

Le son des coups de fusil résonnent dans ma tête
Même si je n’en ai jamais entendu
Les cris des soldats tombant par terre me font tressaillir
Même si je n’ai jamais vu quelqu’un mourir

Après avoir conduit le lecteur à une cérémonie du souvenir, Tyler écrit les vers suivants à la fin de son poème :

Pour tous ces gens qui se sont battus pour moi et pour mes proches
À ces gens nous devons notre liberté
Soudainement la trompette recommence pour dire que les minutes de silence son terminées
Je suis sûre que je ne penserai plus à ces choses-là avant l’année prochaine
Toutefois dans ma tête je pense que les gens autour de moi
Ne peuvent jamais oublier ces choses-là.

Welke, le gagnant en composition senior, suit les brisées de Tyler quand il remarque les difficultés qu’on rencontre quand on essaie de se souvenir de quelque chose dont on n’a jamais fait l’expérience. À la fin de sa rédaction, Welke écrit qu’une des choses essentielles à faire pour maintenir le souvenir en vie est de combler le fossé qu’est le manque de compréhension et d’expérience entre la vie paisible au Canada et la dure réalité de vie ou de mort aux champs de bataille à l’étranger.

Clinique de la gestion de la douleur aménagée à l’Hôpital Ste-Anne

Les anciens combattants doivent souvent lutter avec des douleurs mentales ainsi que physiques, mais jusqu’à ces derniers temps, les deux sortes de blessures étaient traitées séparément. La nouvelle clinique de la gestion de la douleur, dirigée par Anciens combattants Canada à l’Hôpital Ste-Anne de Ste-Anne-de-Bellevue (Qc), aide les anciens combattants à s’occuper des deux.

La clinique, inaugurée officiellement par le ministre d’Anciens combattants Canada Greg Thompson a connu au mois de mars, un bon départ en novembre 2005 grâce à un important don d’André Chagnon, le fondateur de la société de multimédia Vidéotron.

“Pour autant que nous sachions, c’est la première clinique (au Canada) qui soigne les blessures de stress opérationnel (BSO) et la douleur en tant que morbidités conjointes”, dit le Dr Serge Gingras qui est directeur des services professionnels à l’Hôpital Ste-Anne. Ce centre de soins de longue durée, où quelque 430 anciens combattants sont logés, est le dernier hôpital fédéral qu’ACC administre. “Aux autres cliniques de la gestion de la douleur, on vous dit que vous souffrez d’une maladie psychologique et on vous envoie chez un psychologue”, dit Gingras, qui ajoute que peu de cliniques offrent un plan de soins intégrés comme le fait la sienne. “Quand vous souffrez (d’une BSO et d’une douleur chronique), il faut soigner les deux en même temps, parce qu’elles sont liées étroitement. La douleur peut aggraver la BSO et inversement.”

Les BSO sont des blessures psychologiques tenaces qui résultent du service lors d’opérations militaires et comprennent des maladies comme la dépression, l’anxiété et le stress post-traumatique. Il arrive que ces maladies se manifestent au bout de plusieurs années. La douleur chronique, quant à elle, est une douleur qui dure plus de six mois et qui est reliée à des maladies difficiles à soigner.

Un grand pourcentage de la clientèle souffre d’une combinaison de BSO et de douleur chronique. Pour l’instant, la clinique a aidé plus de 150 vétérans de celui de conflits remontant jusqu’à la Seconde Guerre mondiale et aussi récents que l’Afghanistan. “La plupart des anciens combattants que nous avons sont des vétérans d’Haïti, de Bosnie (ou) de Croatie”, dit Monique Allard, la coordonnatrice des infirmières de la clinique de gestion de la douleur.

Le programme s’est beaucoup étendu. “Elle était vraiment petite quand nous l’avons inaugurée”, dit Allard, et elle remarque que la clinique servait surtout aux résidents de Ste-Anne. Toutefois, il n’a pas fallu beaucoup de temps avant que les patients des quatre lits réservés aux anciens combattants plus jeunes qui souffrent de BSO fassent des demandes à son équipe. “La vitesse a augmenté et (maintenant) nous avons des clients de la région de Québec… présentement il y a une liste d’attente d’un mois. Nous avons 80 dossiers actifs.”

L’attente est extraordinairement courte quand on la compare à celle des autres cliniques de gestion de la douleur à travers le Canada. Gingras remarque que les autres cliniques n’acceptent qu’un petit nombre de patients et qu’on peut passer jusqu’à deux ans et demi sur leur liste d’attente. Le modèle à Ste-Anne a été conçu pour aider le plus d’anciens combattants possible. Pour les non-résidents, dit Gingras, “la rééducation se fait toujours mieux dans la collectivité”. Plutôt que de faire venir les anciens combattants à la clinique toutes les semaines ou toutes les deux semaines, “nous essayons de produire une très bonne évaluation ou un très bon plan de soins qui peuvent être suivis dans la collectivité. Nous demeurons en réserve, alors le médecin traitant ou le physiothérapeute peuvent nous appeler s’ils veulent.”

Faire en sorte que les résidents de Ste-Anne soient confortables est également prioritaire. “(Les gens) se font une idée fausse comme quoi, en vieillissant, la douleur est normale… Il faut infirmer cette idée fausse”, dit-il. “Il y a beaucoup de travail à faire dans le cadre des soins de longue durée pour s’assurer que la gestion de la douleur atteigne son état optimal.” Il dit que nombre de résidents ont profité du fait que la clinique se trouve si près de chez eux.

La clinique comprend un petit nombre de bureaux gais nouvellement rénovés dans l’aile de physiothérapie de Ste-Anne. Allard, une infirmière autorisée, et sa petite équipe de physiatres, physiothérapeutes et psychologues sont toujours occupés à voir des clients ou à suivre leurs soins en se servant du téléphone et de questionnaires.

L’équipe préfère une variété de techniques et thérapies, y compris des médicaments, la physiothérapie, les exercices de réduction du stress, la thérapie par chaleur et froid, et la psychoéducation. “On pourrait dire que c’est un abord holistique”, dit Gingras. L’objectif principal, dit-il, est de rendre les patients fonctionnels, “pas nécessairement de leur donner assez de médicaments pour les rendre complètement engourdis”.

Il fait remarquer que la clinique prend aussi une autre voie où, plutôt que d’avoir un anesthésiste en tant que spécialiste principal, comme c’est le cas d’habitude, Ste-Anne emploie aussi des physiatres. Ces médecins se spécialisent en médecine physique et en rééducation. “Les clients les plus jeunes, et les clients que nous avons aux soins de longue durée aussi, souffrent de maladies squeletto-musculaires. Il semble que ce sont des physiatres qu’il faut avoir.”

Quand un ancien combattant arrive, il passe par un processus complet d’interview et d’évaluation. “Nous avons remarqué […] que la plupart d’entre eux n’ont pas fait l’objet de suivi médical”, dit Allard. L’équipe sanitaire s’occupe de tous les aspects de la vie journalière de la personne; tout se discute, des difficultés à dormir jusqu’aux questions de relations. “Nous ne nous concentrons pas seulement sur la douleur ou l’état médical”, dit-elle. Après les interviews, Allard et son équipe s’entretiennent des recommandations avec le client.

L’éducation est aussi une composante importante. Nombre d’anciens combattants qui ont une douleur chronique “arrêtent (souvent) tout, ce qui n’est pas bien”, dit Allard. “Il y en a d’autres qui continuent de faire ce qu’ils faisaient quand ils étaient des militaires actifs, et pensent qu’ils peuvent faire des randonnées de 50 milles à pied et ne pas en souffrir.” En plus de leur donner des outils de relaxation, dit-elle, la clinique montre aux patients “comment régler leur allure et fixer des objectifs réalistes”.

Jusqu’à ces derniers temps, la clinique passait toute une journée avec chaque client. Toutefois, dit Gingras, si l’objectif est de montrer aux clients comment utiliser les outils pour qu’ils puissent gérer la douleur, “une journée ne suffit pas”. Alors la clinique a lancé un projet pilote dans le cadre duquel les anciens combattants suivent un atelier de gestion de la douleur de quatre jours.

De dire Allard : “même durant ces quatre jours, il y a beaucoup de renseignements parce que (certains clients) ont de la difficulté à se concentrer. Alors on fait beaucoup de poses et on incorpore beaucoup de conditionnement physique.”

L’équipe fait toujours attention aux besoins spécifiques des anciens hommes et femmes des services. “Normalement (nos clients) se sont engagés dans les services quand ils étaient très jeunes, alors c’est leur seul environnement de socialisation”, dit Allard. “Quand ils retournent à la vie civile, (ils se sentent) un petit peu embarrassés d’être retournés à la vie civile pour des raisons médicales. Et en plus de ça, si c’est relié à une sorte de BSO, ils trouvent ça très difficile.” L’invalidation de toutes ces marques est une partie intégrante du travail de la clinique.

Les anciens combattants apprécient cet abord. André Léonelli, qui a assisté au lancement au mois de mars, souffrait de dépression et de douleur au dos chronique quand il a quitté les Forces canadiennes il y a un an. Sa santé mentale s’est détériorée après une série de missions de maintien de la paix à Chypre et en Afrique, où il se sentait impuissant à propos de participer. Maintenant, ce vétéran de 18 ans des FC est un des clients à Ste-Anne. “Ici, tout le monde travaille ensemble pour aider”, dit-il.

Gingras aimerait que des services semblables soient aménagés à travers le Canada. “On est en train de prendre de l’expérience lentement, et on verra où ça va nous amener.”

Opération Méduse : la bataille du panjwai — Partie 1: la charge de la Compagnie Charles


Visible de l’école blanche tristement célèbre qui est à l’épicentre de la sédition dans la province de Kandahar, la force canadienne rassemblée hâtivement entre dans la zone létale. Une fusée de signalisation ennemie passe en travers des éléments antérieurs de la Compagnie Charles et il n’y a pas beaucoup de mots polis pour décrire ce qui arrive ensuite.

Rick Nolan meurt le premier. Cet adjudant du 7e peloton, ses coeur et âme, se trouve sur le siège passager du G-Wagen au blindage léger quand une grenade propulsée par fusée passe à travers le pare-brise. Un infirmier et un interprète afghan, assis sur la banquette arrière, sont blessés gravement tous les deux. Le caporal Sean Teal, hébété mais pas vraiment blessé, s’élance dans une pluie de balles pour chercher des secours. Le G-Wagen ne bougera plus jamais.

Le suivant qui meurt est Shane Stachnik. Ce sergent du génie se tient dans la trappe du guetteur aérien de son véhicule quand un obus de canon sans recul de 82 mm les fait sauter. La plupart à l’intérieur sont blessés ou rendus inconscients et la radio du véhicule sombre dans le silence. L’indicatif d’appel Écho 3-2 est hors de combat.

Le tir des ennemis cachés dans leurs tranchées et leurs édifices fortifiés vient de trois côtés. Les Canadiens sont enveloppés. Les balles soulèvent la poussière comme au cinéma. Des fusées arrivent en hurlant. Chaque arme canadienne qui peut encore servir tire vers les lueurs de départ au loin.

Un véhicule blindé canadien, plein de blessés et de morts, quitte la zone d’abattage en reculant à toute vitesse mais il s’écrase dans un fossé où il est atteint par plusieurs RPG. L’indicatif d’appel 3-1 Bravo est immobilisé et mourant. Il ne quittera jamais le fossé.

Les radios sont pleines de cris, certains demandent un infirmier, d’autres demandent de l’aide. Pendant que les coups de feu et les explosions continuent, nombre de soldats se portent au secours de leurs amis blessés, se concentrant sur leur propre mission de sauvetage, leur propre guerre. Le temps est déréglé. Il passe trop vite ou il passe trop lentement; les heures semblent être des minutes et il y a des secondes qui n’en finissent pas. Des hommes blessés se traînent au sol à la recherche d’un abri. Il y a des actes de courage inimaginable de tous côtés.

Il y en a quand même d’autres qui vont mourir. Le simple soldat William Cushley, farceur légendaire et ami de tout le monde semble-t-il, est tué aux côtés de l’adjudant Frank Mellish du 8e peloton, qui, ayant appris que son ami Nolan était en difficultés s’était avancé pour l’aider.

Les heures passent. Un officier traverse le terrain à découvert en sprintant, armé de son pistolet seulement, à la recherche de son camarade. L’ennemi continue de tirer. Le sergent-major de compagnie tombe.

Ils continuent le combat malgré les calamités qui arrivent l’une après l’autre. Et les blessés s’empilent. Certains sont touchés plusieurs fois. Certains autres ont des blessures qu’on ne peut voir.

Pendant tout ce temps est diffusée dans le réseau la voix calme du major Mathew Sprague, le commandant de la compagnie qui, bien que sous le feu de l’ennemi lui-même, dirige ses hommes à travers le chaos et demande des frappes aériennes et un bombardement de l’artillerie. Mais l’ennemi est trop bien enfoui et trop bien caché. Il lance un feu très nourri, bien que mal dirigé heureusement, sur la force canadienne prise au piège.

Quand une bombe de 1 000 livres égarée, larguée hors de la cible par un aéronef de la coalition, rebondit à travers les lignes canadiennes et s’arrête devant eux, il ne leur reste plus qu’à reculer.

Le capitaine Derek Wessan appelle Sprague à l’indicatif d’appel 3-9. “On doit quitter cet h—–e d’endroit”, dit-il. “Et puis ensuite il faut faire exploser la place.”

Sur les 50 soldats canadiens qui sont entrés dans la zone létale ce jour-là, pas moins de 10 ont été blessés, quatre ont été tués et au moins six sont devenus des victimes du stress.

Même avec un an de recul, il est difficile pour qui que ce soit de bien comprendre ce qui s’est passé ce jour-là.

Ce qu’on sait avec certitude, c’est que cinq soldats qui ont participé à cette bataille ont obtenu la plus haute décoration canadienne pour bravoure, la Médaille de la vaillance militaire, et un autre, le caporal Sean Teal, a obtenu l’Étoile de la vaillance militaire, la deuxième plus grande récompense du Canada, à peine en dessous de la Croixde Victoria. Il y a aussi un soldat qui a été cité à l’ordre du jour.

L’embuscade à l’école blanche a eu lieu le 3 septembre 2006, le deuxième jour de l’opération Méduse, laquelle était la première opération de combat de l’OTAN et la plus grande opération de combat du Canada depuis la guerre de Corée.

Il est clair que c’était une bataille immense où l’héroïsme était présent malgré les grandes difficultés. Mais ce qu’on ne connaît pas aussi bien, ce sont les circonstances qu’on a préfigurées pour cette bataille. C’était un combat où l’instinct stratégique d’un général, son intuition par rapport à la forme de la bataille, l’a mené à abandonner un plan minutieux et contredire ses commandants tactiques sur le terrain en lançant la Compagnie Charles dans une attaque épouvantable contre un ennemi supérieur en nombre dans une position défensive bien établie.

Nous allons raconter cette histoire en détail et d’autres encore, dans un rapport en trois parties sur la bataille du Panjwai qui commence par le contexte de l’opération Méduse et la controverse en arrière-plan qui a donné lieu à la pénible attaque du 3 septembre.

L’opération Méduse était la plus grande opération en Afghanistan depuis 2002 et elle avait pour raison d’être de disperser ou détruire des centaines, sinon des milliers d’insurgés qui s’étaient assemblés à environ 20 kilomètres au sud-ouest de la ville de Kandahar, dans le district du nom de Panjwai.

En 2006, le Panjwai était le centre du territoire de la sédition. Pendant toute une génération de membres des services canadiens, mentionner Panjwai va presque certainement rappeler les souvenirs difficiles concernant des petits villages et un terrain défensif complexe, les hostilités intraitables et les interminables bombes des bas-côtés routiers. Sur les 66 Canadiens tués en Afghanistan depuis 2002 (avant le 10 juillet 2007), presque la moitié sont morts au Panjwai.

Le Panjwai est le foyer spirituel et littéral du mouvement des taliban. C’est le berceau de leur leader qui n’a pas encore été trouvé, le mollah Mohammed Omar, et l’endroit où le mouvement a commencé, au milieu des années 1990.

La rivière Arghandab et la ville de Bazaar-e-Panjwai sont au centre du district. Le Panjwai, bordé au sud par un désert, est dominé par quelques montagnes singulières, dont Masum Ghar et Mar Ghar.

Depuis l’invasion de l’Afghanistan en 2001, la province de Kandahar avait été principalement une responsabilité américaine. Quand le groupement tactique canadien s’est dirigé au sud de Kaboul vers Kandahar au début de l’année 2006, il a vite découvert que les activités des taliban étaient très nombreuses et qu’elles avaient pour centre le Panjwai.

Durant les premiers six mois de la nouvelle mission, la première faction (comprenant surtout des soldats de la Princess Patricia’s Canadian Light Infantry) s’est battue avec des insurgés de façon routinière dans le Panjwai et ses alentours.

L’opération Méduse devait changer tout cela. Ce devait être la victoire décisive de la bataille du Panjwai.

Le brigadier-général David Fraser contrôlait Méduse à partir de son quartier général situé au terrain d’aviation de Kandahar, la base de la coalition étalée aux abords de la ville de Kandahar. Fraser n’était pas seulement le Canadien le plus haut gradé sur les lieux, il était aussi le commandant de l’OTAN en Afghanistan du Sud.

Sur le terrain, le groupement tactique était commandé par le lieutenant-colonel Omer Lavoie, le commandant du 1er Bataillon du Royal Canadian Regiment à l’expression coriace, un homme qui d’après certains de ses subalternes est le comble du soldat. La composante canadienne de sa force comprenait le 1RCR, et un effectif du 2e Régiment du génie, de la 2e Royal Canadian Horse Artillery, des infirmiers de la 2e Ambulance de campagne et plusieurs membres du personnel de soutien, ce qui faisait en tout quelque 1 050 Canadiens.

Alors que les difficultés se brassaient depuis un certain temps au Panjwai, quand Lavoie et le groupement tactique du RCR sont arrivés à Kandahar au début du mois d’août 2006, au moment où l’OTAN remplaçait les États-Uniens dans le sud, la situation en était à un point crucial. S’attendant à mener une campagne contre les insurgés en Afghanistan, Lavoie fut surpris quand il découvrit que des centaines, peut-être même des milliers, de combattants ennemis s’étaient rassemblés juste à l’extérieur de la ville de Kandahar.

“Nous avons pris les choses en main tout juste au moment du transfert à l’OTAN”, dit Lavoie. “Alors je pense que les taliban ont décidé de soit tester l’OTAN, soit démontrer qu’elle n’était pas résolue à mener des opérations de combat dans la même mesure que l’avaient fait les forces des États-Unis.”

Quelques heures après la cérémonie du 19 août où il prenait le commandement du groupement tactique canadien, Lavoie voyait la vraie situation au Panjwai de ses propres yeux.

Quelques jours auparavant, Lavoie avait ordonné à une force de la grandeur d’une petite compagnie d’aller camper au point élevé de Masum Ghar et d’observer la région pour voir si l’ennemi s’y manifestait.

Trois heures après avoir pris le commandement, vers les 7 h, Lavoie recevait un message comme quoi entre 300 et 500 insurgés étaient en train d’attaquer sa force au Masum Ghar. “Ce qui est arrivé, bien sûr, c’est que les taliban, voyant nos véhicules sur notre colline et n’aimant pas cela, décidèrent de lancer une attaque importante”, dit Lavoie. “Je suis finalement arrivé à la position vers 4 h. Au bout du compte, nous avons tué quelque 100 taliban sans qu’il y ait de victime de notre côté, alors c’était un bon commencement.

“Mais ce que cela avait d’important, c’est qu’il s’agissait d’un puissant message pour nous, donc pour l’OTAN aussi, que s’ils pouvaient assembler une telle force pour cette attaque, la proportion d’ennemis dans la région était bien supérieure à ce que nos prédécesseurs avaient indiqué, alors la bataille du 19 août au Panjwai devint le précurseur de Méduse.

“Presque immédiatement, j’ai été rappelé par le commandant de la brigade (Fraser) qui m’avertit qu’une importante opération de combat dans le Panjwai allait avoir lieu pour battre et repousser cet élément ennemi; ainsi, en ce qui me concerne, c’est à ce moment-là que Méduse a commencé.”

À Kandahar, Fraser aussi remarquait le revirement des tactiques des taliban.

“Nous avons aussi découvert que les taliban avaient changé leurs tactiques. Ils ont changé, du petit groupe éclair, au groupe conventionnel plus imposant à déloger. Leur intention était de prouver au monde et au gouvernement Karzai qu’ils pouvaient s’occuper de nous. C’était le point culminant de l’idée qu’ils avaient en 2006, je n’appellerai même pas ça un plan de campagne. C’est comme ça qu’ils voulaient terminer les combats cette année-là, même terminer les combats complètement. Ils pensaient pouvoir gagner à ce moment-là.

“Ce qu’ils ne savaient pas c’est que j’avais deviné leur plan, je connaissais leurs intentions”, dit Fraser. “J’avais déterminé qu’ils voulaient que je les attaque directement, façon Première Guerre mondiale, en payant un prix énorme en soldats afghans et de la coalition. Mais ce n’était pas une façon acceptable d’opérer à mes yeux.

“Alors nous nous sommes adaptés et avons écrit un plan qui s’opposait à leurs intentions, conçu dans le but de pallier aux dommages collatéraux aux Afghans ainsi qu’à leurs champs et à leurs huttes, et aussi de pallier aux risques pour mes soldats, les afghans tout comme ceux de la coalition.

“Nous avons mis les wagons en cercle, pourrait-on dire, autour des taliban, et nous les avons obligés à lever la tête pour pouvoir la couper.”

Le plan de Méduse était sérieux et semblait assez solide. En tout, il y aurait presque 1 400 soldats de la coalition sur le terrain dans le groupement tactique et des milliers d’autres allaient les appuyer. D’après Fraser, il a passé une grande partie du mois d’août à planifier.

“Il s’agissait d’un effort important, du point de vue de la brigade; j’ai fais venir au Panjwai des troupiers de toute ma brigade, laquelle comprenait des soldats de neuf pays à travers quatre provinces, parce que je n’allais pas permettre aux taliban de gagner. J’en avais la ferme intention. Je me suis dis ‘Vous êtes tombés sur un os en voulant vous mesurer à Dave Fraser, parce que je vais vous battre ici’.”

Sur le terrain, il y avait plusieurs forces distinctes prêtes à se ruer sur l’ennemi. La force canadienne de Lavoie était composée par la Compagnie Charles au sud, qui passerait par Bazaar-e-Panjwai, et par la Compagnie Bravo au nord, qui attaquerait vers le sud. La Force opérationnelle 31, qui comprenait des soldats de la coalition (surtout des Special Forces des États-Unis) et la Force opérationnelle Grizzly, une compagnie américaine, se trouvaient à un flanc. Avec une section danoise en position à l’ouest et une compagnie hollandaise patrouillant le périmètre au nord, l’ennemi était bien encerclé.

L’opération Méduse commença aux premières lueurs du 2 septembre par une attaque sur deux axes, l’effort principal fait au sud. Là-bas, principalement, Sprague et la Compagnie Charles devaient saisir les hauteurs autour de Panjwai (Masum Ghar et Mar Ghar) et isoler la ville de Panjwai elle-même. Ils allaient avancer jusqu’à la rive sud de la rivière Arghandab mais ne la traverseraient pas.

“Nous avons pris le départ à 5 h 30. Toute l’opération était basée sur mon heure H; je l’avais choisie à 6 h : l’heure que j’avais l’intention de lancer mes forces pour prendre Masum Ghar”, dit Sprague. “En effet, à 6 h exactement, Masum Ghar était à nous. À 6 h 15, j’ai déclaré qu’il n’y avait aucune structure de vie de l’autre côté de la rivière, à Pashmul, sauf des groupes d’insurgés avec lesquels nous nous mimes à échanger des coups de feu.”

D’après le plan d’origine, ayant pris les positions élevées autour de Panjwai et au nord, il allait falloir plusieurs jours au groupement tactique pour frapper les taliban, qui étaient alors encerclés dans une petite zone, quelque cinq kilomètres carrés à peu près, jusqu’à ce qu’ils se rendent.

Toutefois, ce plan préparé si minutieusement commença à se transformer presque immédiatement.

“Dans les instructions d’origine de la brigade, une fois que j’eus confirmé qu’il n’y avait pas de civil, une frappe aérienne utilisant des munitions guidées de précision devait être lancée simultanément contre 10 ou 20 noeuds de commandement et contrôle des insurgés”, dit Sprague. “Quelle qu’en soit la raison, cela n’eut pas eu lieu et la frappe a été annulée par la brigade.”

Malgré tout, aux deux points élevés, les Canadiens préparèrent des lignes de feu avec leurs véhicules blindés et se mirent à tirer sur les cibles d’occasion de l’autre côté de la rivière tout au long de la matinée et de l’après-midi du 2 septembre.

“L’objectif à ce moment-là”, dit Lavoie, “une fois que la région eut été prise et l’ennemi bloqué au nord et au sud, était de continuer d’engager le combat pendant les prochains trois jours, surtout grâce à l’appui aérien offensif et aussi grâce à l’artillerie au feu direct, ce qui, de mon point de vue, aurait déterminé où se trouvait vraiment l’ennemi, et cela aurait aussi diminué sa capacité de se battre avant que notre force principale se lance au combat.”

Et ce n’était pas n’importe quoi qu’on attaquait. Si Kandahar est le centre stratégique en Afghanistan et le district de Panjwai, la clé de Kandahar, la région autour de la ville de Bazaar-e-Panjwai qui comprend le petit village de Pashmu, est en plein coeur de la situation.

C’était, en gros, l’objectif Rugby, la région de l’autre côté de la rivière Arghandab au centre de laquelle se trouvait l’école blanche où quelques heures plus tard la Compagnie Charles, ayant traversé la rivière, allait tomber dans une embuscade.

L’objectif Rugby est un endroit que les Canadiens connaissaient bien. Le 3 août 2006, la PPCLI avait été impliquée dans une bataille infernale à cette école blanche où quatre soldats ont trouvé la mort (le sergent Vaughn Ingram, le caporal Christopher Jonathan Reid, le caporal Bryce Jeffrey Keller et le simple soldat Kevin Dallaire) et six autres ont été blessés. Durant ce même combat-là, la première Étoile de la vaillance militaire canadienne a été décernée au sergent Patrick Tower.

“C’est ce terrain que l’ennemi avait décidé de défendre”, dit Fraser qui, ayant été le commandant le 3 août, tout juste un mois avant, était tout à fait conscient de ce qui était arrivé ce jour-là. “C’est à Rugby que, d’après notre évaluation, les taliban voulaient que nous nous battions. C’était leur terrain de combat principal. La structure de leur défense avait été conçue pour que nous arrivions en traversant la rivière Arghandab par le sud et que nous combattions à Rugby. Et l’école était au centre de la zone qui avait de grands champs d’abattage à l’est et au nord.

Vu l’histoire récente de l’objectif Rugby et l’accumulation évidente des forces de l’ennemi dans la région, le groupement tactique désirait prendre son temps avant d’aller au territoire des taliban. D’après le plan, il avait beaucoup de temps.

“On avait prévu une série de déceptions et de feintes durant ces trois jours pour faire réagir l’ennemi”, dit Lavoie, “pour voir où il se trouvait et ainsi planifier l’attaque finale.”

Mais cela ne devait pas arriver. Le plan allait se transformer.

Vers 14 h, le 2 septembre, Fraser fit un tour au Masum Ghar pour étudier la situation. À ce moment-là, les activités des insurgés avaient diminué.

Voyant cela, Fraser donna l’ordre de traverser l’Arghandab. Bien que beaucoup parmi les gars qui se trouvaient sur place s’inquiétassent d’une entrée dans le territoire ennemi avec si peu de préparation, conformément aux ordres, peu de temps Sprague menait le 7e peloton et un détachement d’ingénieurs après au lit de la rivière pour planifier la traversée.

Ensuite, la consigne fut donnée au 7e peloton de camper dans le lit de rivière pendant la nuit. Cela fut dûment arrangé et les membres du peloton commencèrent à s’allonger. Toutefois, peu de temps après, les leaders supérieurs réunis au Masum Ghar décidèrent que laisser le peloton tout seul au bord du territoire ennemi n’avait aucun avantage tactique et il fut retiré à la nuit tombante.

Vers minuit, Fraser ordonnait à nouveau à Lavoie de se lancer à l’attaque de l’autre côté de la rivière.

D’après les gars sur le terrain, cet ordre était encore moins judicieux. Mais pour Lavoie, réussir à faire retarder cet ordre était tout un exploit. D’après plusieurs sources, la conversation concernant le mérite de lancer une attaque à minuit sur l’impulsion du moment, contre ce qui était probablement les positions ennemies les plus fortement défendues en Afghanistan, s’échauffa fortement.

À la radio Lavoie dit à Fraser que de traverser maintenant n’était pas une bonne idée. C’était trop risqué. Ils ne connaissaient ni le courant d’eau ni la profondeur et aucun passage à gué n’était marqué et ils n’avaient aucune information de la position de l’ennemi.

Bien que la position de Lavoie lui a valu le respect de ses soldats, ce ne fut pas chose facile.

“(Lavoie) et moi avons eu des entretiens plutôt sérieux parce que nous parlions du combat le plus dur auquel nous ayons participé de toute notre carrière militaire”, dit Fraser. “Alors le fait que nous puissions avoir une discussion aussi franche est une indication du degré de confiance et de coopération qu’il y avait entre nous, que nous n’avions pas peur de dire ce que nous avions en tête. Et c’est nécessaire, parce qu’étant commandants, la vie de soldats et d’Afghans est entre nos mains. Nous discutions du grand pas qu’était la traversée de la rivière, métaphoriquement et littéralement, pour aller achever les taliban.”

Néanmoins, cet argument ne servit qu’à faire retarder l’attaque de minuit. Les ordres furent modifiés pour que l’attaque ait lieu à l’aube le 3 septembre, 48 heures avant ce qui avait été prévu au plan et sans le bombardement promis.

Les hommes qui ont dû obéir à ces ordres se posent encore des questions, lesquelles peuvent être résumées ainsi : pourquoi abandonner le plan et lancer l’attaque plus vite que prévu?

En effet, il est difficile de comprendre pourquoi il fallait se dépêcher : les taliban étaient piégés et encerclés, et il ne restait qu’à les décapiter. Comme le remarque Fraser lui-même, le point central de la stratégie des taliban était de les attirer dans un conflit coûteux au sol.

De dire un des officiers du RCR, il ne s’agissait pas d’une force menaçant d’envahir Ottawa qu’il fallait neutraliser coûte que coûte. “Pourquoi se précipiter?” demande un autre officier du RCR. “Nous savons où ils se trouvent, c’est une zone de feu libre.”

En effet, il n’avait pas besoin de se précipiter. Bien que Fraser soit d’accord qu’il y avait une certaine pression pour faire avancer les choses, il dit que ce n’était pas vraiment un facteur.

“La pression venait de partout. J’ai dit à mes supérieurs que nous allions faire les choses comme nous avions l’intention de faire les choses. Ça allait prendre du temps, et ça prit beaucoup de temps.”

À la place, la décision d’avancer le moment de l’attaque fut basée, en grande partie, sur le sentiment de Fraser comme quoi l’ennemi avait été affaibli et qu’on pouvait en profiter.

“Alors les renseignements que je recevais, et aussi les informations que les autres commandants de la force opérationnelle qui faisaient partie de cette bataille, pas seulement Omer Lavoie, et en parlant à des Afghans : on était prêts. On en était à un point où on pouvait en terminer avec ça. Ouais, on aurait pu suivre le plan, mais, je le répète, on commence à ignorer l’ennemi, ce qu’il fait, quels renseignements sont sur place.

“On se guide sur un certain plan pour se battre avec l’ennemi. On ne bat pas un plan. Si on se bat avec un plan, on néglige l’ennemi et on échoue. On a beaucoup de victimes et on échoue. Les plans ne servent qu’à faire réfléchir et à contacter l’ennemi. Et l’ennemi a un vote. Alors, le (1er septembre) ou le (2 septembre), j’ai décidé que la situation se modifiait de sorte que nous pouvions attaquer. Le 2 septembre, j’ai donné l’ordre (à Lavoie) d’attaquer. C’était plus tôt que ce qui était prévu d’après le plan. Eh bien, ça m’est égal le plan.”

Malgré le fait, rendu évident le lendemain matin, que l’évaluation de la situation par Fraser s’est avérée optimiste, l’essentiel pour le général volatil c’est qu’il croit qu’il n’y avait rien à gagner en bombardant pendant 48 heures de plus.

“Eh bien, j’ai écouté ce qu’ils avaient à dire”, dit-il à propos de ses commandants tactiques prudents. “Je savais qu’il y avait beaucoup d’ennemis là-bas. Mais, voyez-vous, combien peut-on en tuer en deux jours de bombardement supplémentaire. Comment le savoir? On devine.

“Qu’importe si on attaque le 2, le 3, le 4, le 5, ou le 6, devinez quoi mesdames et messieurs. C’est difficile de traverser une rivière et aller dans une région défensive principale où les taliban qui veulent se battre attendent. Quel que soit le jour choisi pour traverser la rivière, ça aurait été dévastateur.”

Il se peut que ça aurait été dévastateur, mais d’après les soldats qui l’ont fait, l’événement aurait été bien différent s’ils avaient suivi le plan originaire. Comme le remarque Sprague, le temps supplémentaire aurait donné aux Canadiens plusieurs avantages en plus de réduire, ou même de détruire, les édifices qui allaient donner de si bons abris et d’endroits où se cacher aux taliban.

“Nous aurions pu profiter de ce temps pour faire des feintes, pour forcer les insurgés à réagir à notre manoeuvre. Nous aurions pu manoeuvrer pour les attirer dans des positions où notre puissance de feu aurait pu les décimer ou tout au moins nous aurions pu voir leurs réactions à notre mouvement.”

“Comme le dit le vieux proverbe, ‘le temps passé en reconnaissance est rarement perdu’. Nous n’avons fait aucune reconnaissance. Ainsi donc, nous n’avons pas eu de plan tactique parce que nous n’avons pas eu l’occasion d’en tirer un.”

Malgré les arguments de ses commandants tactiques, Fraser ne s’est pas laissé dissuader.

“La décision a été ‘on va y aller’ et 26 ans d’expérience dans sept opérations différentes me disaient que c’était le moment d’y aller et d’en terminer avec ça.”

Au bout du compte, bien sûr, la seule chose qui ait presque été terminée a été la Compagnie Charles.

Quant à Lavoie, il avait pris position, et vaillamment, mais les ordres sont les ordres et, d’une façon ou une autre, l’attaque devait avoir lieu.

“C’est mon commandant”, dit Lavoie. “Et j’imagine que dans son esprit c’est ça qu’il fallait faire.”

Alors à l’aube, le lendemain, c’est-à-dire le 3 septembre, Sprague a réuni les leaders de son peloton et les officiers de soutien pour passer la consigne rapidement. Avec moins de 15 minutes pour tirer un plan, on ne pouvait pas vraiment dire plus que ‘nous allons traverser. Suivez-moi.’ Ce serait un assaut façon Première Guerre mondiale, face aux armes à feu, bien que sur une plus petite échelle. C’était la charge de la Compagnie Charles.

Alors, avec bien peu de procédure de combat, pas de reconnaissance, et des renseignements qui étaient insuffisants ou même complètement faux, Sprague fit descendre sa force de la rive et dans la rivière. Il s’agissait de la première attaque d’armes mixtes mécanisée de la grandeur d’une compagnie contre une position fixe depuis la guerre de Corée, au milieu de la toute première bataille de l’OTAN, et elle n’avait rien à voir avec la manière dont on les avait entraînés. Elle était précipitée et il y avait beaucoup de risques; la doctrine était tombée à l’eau.

Les sapeurs firent leurs brèches à travers la rivière et sur la rive d’en face, et Charles avança au ralenti jusqu’aux champs de l’autre côté.

Il s’avança dans le territoire ennemi, ne sachant pas ce qui allait arriver.

Tout était calme. Il ne se passait rien encore.

Dans le prochain numéro : les histoires intimes main du combat désespéré de la Compagnie Charles et la malchance interminable de l’unité qui a subi presque 50 victimes en tout juste un peu plus de 24 heures.

Histoires d’auxiliaires

Quand j’avais 17 ans, je regardais ma mère revêtir la robe blanche, le chapeau blanc et le veston bleu marine magnifiques pour aller aux réunions mensuelles des dames auxiliaires. Elle était toujours d’excellente humeur quand elle rentrait, débordant d’idées pour collecter des fonds pour les dames. J’avais hâte d’être assez vieille pour pouvoir adhérer à son groupe.

J’ai adhéré le mois de mon 21e anniversaire. J’étais si fière d’avoir été acceptée, de travailler aux côtés des dames plus âgées, d’apprendre ce qu’elles savaient de la Légion et ce qui importait pour elles et pour la Légion. Aider les anciens combattants et leur mettre un sourire aux lèvres, surtout le jour du Souvenir; c’était ça notre objectif principal.

On passait des heures dans une cuisine où il faisait chaud, on vendait des billets, on s’employait à un bingo ou à un bazar, quel que soit le projet. Le rire et l’amitié que nous avons eus vont durer toute la vie.

La première fois que je suis allée à un congrès divisionnaire des dames, nous étions tellement belles au défilé, et combien nous étions fières de faire partie de cette organisation épatante. C’était il y a plus de 30 ans, et j’ai toujours hâte d’aller à chaque réunion.

Nous avons toujours travaillé dur dans notre chapitre; mais nous avons malheureusement vu nos membres les plus âgés trépasser. Pourtant, et bien que nos nombres diminuent, notre chapitre est plus vigoureux que jamais. Vu qu’il y a tant de jeunes gens dans les forces qui vont à des endroits comme l’Afghanistan, la Légion a recommencé à fournir de l’aide à ceux qui servent et à leur famille. Nous nous tenons fièrement aux côtés de nos anciens combattants le 11 novembre et nous débordons de fierté pour eux.

Norma Doucet, Belledune (N.-B.)

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Le mot auxiliaire veut dire plusieurs choses. La définition qui décrit le mieux ses fonctions à la Légion, c’est “(celui) qui aide, qui apporte son concours direct ou indirect”. Les dames auxiliaires ont été organisées pour assister les filiales dans leur travail, et bien plus encore.

Je me suis prise d’enthousiasme pour les auxiliaires en voyant les DA défiler pour la Légion : toutes habillées proprement du bon uniforme, toutes au pas, qui défilaient et portaient les drapeaux avec fierté! C’était une révélation, et je me souviens d’avoir pensé que c’était l’occasion d’entrer dans une organisation estimable. Au cours des années, je me suis liée d’amitié avec plusieurs personnes, j’ai partagé divers talents, travaillé à des fonctions d’anciens combattants, et soutenu la filiale, les cadets et les jeunes de notre collectivité. J’ai participé à la collecte d’habits, de chaussettes, de chapeaux et d’écharpes d’hiver, ainsi que de nourriture, pour les sans-abris; j’ai travaillé à des goûters, des tombolas et des bingos, à des ventes de pâtisseries et à des défilés de mode; j’ai fait des pirojkis et des roulades de chou farcies pour les vendre; j’ai vendu des billets de la coupe Grey; j’ai participé à l’organisation de dîners dansants et à des ventes-débarras; j’ai servi à propos de dons de bourses et j’ai assisté à des épreuves sportives de la Légion ainsi qu’à des expositions en l’honneur de nos anciens combattants.

C’est génial de maintenir une tradition de service à l’endroit de la collectivité, de nos anciens combattants et du souvenir. C’est une expérience enrichissante et je suis sûre que nos auxiliaires vont s’épanouir et briller à jamais.

Jane Deller, Winnipeg

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J’étais adolescente durant la Seconde Guerre mondiale et je me souviens de la perte déconcertante de jeunes hommes et femmes. Ma soeur a épousé un marin britannique et déménagé à Hull (Angleterre) en 1939. Ma famille s’inquiétait énormément parce que Hull se faisait beaucoup bombarder. Mon frère aîné s’est engagé dans l’armée et mon frère cadet s’est engagé dans la milice. C’était un temps terrible durant lequel on avait beaucoup à faire. Par la suite, quand mon mari et moi avons déménagé à Lacombe (Alb.), nous nous sommes inscrits à la Légion. Être membre des dames auxiliaires a une grande importance pour moi et je crois que j’en suis meilleure.

Elsie Suter, Lacombe (Alb.)

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J’étais écolière au secondaire durant la Seconde Guerre mondiale et, les samedis, je vendais des titres d’emprunt de guerre à travers la ville pour la cause. Les élèves étaient très patriotes et ils saluaient le drapeau pour le démontrer. Certains des plus vieux se sont engagés dans les forces et l’un d’eux est devenu un très bon pilote qui a été abattu en 1940. Tous les élèves ont pleuré la perte de leur héroïque et brave ami.

J’étais contente de m’inscrire aux dames auxiliaires pour aider les anciens combattants blessés de retour au pays et leur famille. Mon mari est allé à la guerre, il faisait partie de la première vague du débarquement au jour J, et il y a souffert de quelques blessures.

Nous, les DA, participons à beaucoup de causes communautaires, nous sommes fières de nos accomplissements et nous jouissons de la camaraderie. Participer, ça me donne un sentiment de fierté. Je suis très contente et honorée d’en être membre.

Dorothy Van Steinburg, Penticton (C.-B.)

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Je suis membre auxiliaire de la filiale Breton de Sydney Mines (N.-É.) depuis 35 ans. Je me souviens que j’avais hâte d’être assez vieille pour pouvoir aller aux DA avec ma mère.

J’ai grandi dans une famille de 16 enfants, dont 14 faisaient partie de la Légion en tant que membre ou membre auxiliaire au Cap-Breton. Mon meilleur souvenir est celui où 13 membres de ma famille ont défilé fièrement le jour du Souvenir en un groupe séparé. Les souvenirs comme celui-là ne s’effacent jamais et ils sont encore meilleurs quand on fait partie d’une organisation comme la Légion ou quand on l’aide.

Les auxiliaires m’ont donné l’occasion de combattre ma timidité et parler en public. J’ai aussi eu l’honneur de rencontrer des gens très importants des juridictions municipale, provinciale et fédérale, ainsi que de Hollande et d’autres parties du monde. On ne risque pas de se tromper en disant que je ne suis plus timide.

En tant qu’auxiliaire, je suis fière de pouvoir rendre à notre collectivité par l’entremise de collectes de fonds et de bénévolat. J’ai un faible pour les vétérans de la guerre et j’aime beaucoup leur parler et apprendre ce qu’ils ont à dire. J’ai appris des choses que je n’aurais jamais sues autrement, et ils m’ont fait apprécier davantage leurs sacrifices. Maintenant, c’est pour les anciens combattants d’aujourd’hui qui sont allés outre-mer que mon coeur bat, pour leur soutien.

C’est aussi grâce aux DA que je me fais respecter par mes pairs, mes enfants et ma famille. La collectivité connaît notre position quand on dit qu’on fait partie des auxiliaires de la Légion. Ça me fait forcément planer. Je n’aurais aucune hésitation à suggérer à qui que ce soit de s’y inscrire afin d’en retirer autant que j’en ai retiré depuis que j’en suis membre.

Wendy Fraser, Sydney Mines (N.-É.)

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Je suis une dame auxiliaire de deuxième génération. Ma mère en a été une pendant 40 ans. Je me rappelle qu’elle parlait de la camaraderie entre toutes les femmes, à l’occasion des compétitions sportives ou de la préparation de repas pour la Légion. Elles faisaient aussi des collectes de fonds avec les goûters de la Saint-Valentin et des ventes de pâtisseries.

Il était évident que ma mère était fière de son uniforme quand on la voyait aux congrès ou au jour du Souvenir. Elle parlait souvent des visites à nos anciens combattants dans les hôpitaux, où elle leur apportait des biscuits à la Noël. Elle a participé à nombre de gardes du drapeau, mais je pense que les moments qui l’ont le plus émue ont eu lieu quand elle se tenait au monument de la guerre le jour du Souvenir, aux côtés de nos anciens combattants qui se tenaient avec fierté, la larme à l’oeil.

Alors, voyez-vous, mes sentiments pour les auxiliaires et pour la Légion tirent leur origine de son bon exemple. Je suis membre depuis trois ans et je suis fière de l’être.

Irene Kischook, Ottawa

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Nous nous rappelons de voir nos mères tricoter des vêtements, au cours des années, qu’elles envoyaient outre-mer aux militaires qui en avaient besoin pour se tenir bien au chaud. Il s’agissait des jeunes hommes qui étaient allés à la Seconde Guerre mondiale, et quand ils sont revenus au pays, après la guerre, les femmes, à la Légion, se sont activées à ramasser des fonds en pourvoyant des choses diverses. Elles donnaient un coup de main aux hommes de la Légion et, en fin de compte, elles ont travaillé longtemps pour une cause importante. Malheureusement, peu nombreux sont ceux qui sont encore parmi nous ces jours-ci, mais ils ont laissé leur empreinte, et nous sommes très fières d’eux.

Maintenant, comme autrefois, les besoins sont énormes pour que la Légion survive. Les enfants et les petits-enfants de ces familles ont poursuivi le même chemin, se réunissant tous les mois en tant que membre auxiliaire pour bien gérer leur travail et faire des plans pour quoi que ce soit qu’on nous demande de faire, y compris l’organisation de banquets pour lesquels il faut faire beaucoup de préparation à la maison.

Le temps viendra où les enfants et les petits-enfants vont nous remplacer et faire comme nous : servir au maintien actif la Légion; un endroit où tous les anciens combattants peuvent venir passer le temps avec leur famille. Ils ont tant de mérite, et nous devons nous tenir à leur disposition.

Les dames auxiliaires de la filiale Montague (Î.-P.-É.)

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Les dames auxiliaires de la filiale Earl Grey (Sask.) ont toujours beaucoup travaillé. Ses membres se sont tenus côte à côte avec les anciens combattants. En 1967, elles ont fait une courtepointe du centenaire et s’en sont servi pour une tombola; c’est là une collecte de fonds qu’on a répétée pendant nombre d’années. La fabrication de la courtepointe a aussi occasionné beaucoup de rire et de camaraderie. Les dames ont aussi fait des colis à la Noël pour les anciens combattants vivant seuls dans la collectivité. Ils contenaient des choses comme des vêtements et des plats cuisinés maison, et puis on s’amusait beaucoup quand on emballait les colis. Ces derniers étaient livrés en personne, et on en profitait pour passer du temps avec chaque ancien combattant.

Les dames ont assisté la filiale lors de cabarets et d’encans, et elles ont servi d’hôtesses lors du goûter du coquelicot annuel. Toutefois, ce que les dames ont le plus aimé c’est de passer du bon temps ensemble, avec le rire et la camaraderie; et on peut accomplir tant de choses grâce à ça.

Linda Fyfe, Earl Grey (Sask.)

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Les DA sont d’un grand soutien, en arrière-scène, pour la direction et pour la collectivité. C’est nous qu’on vient voir quand il faut servir des rafraîchissements à nombre de manifestations : à la cérémonie du jour J, au service du jour du Souvenir, à la cérémonie de la victoire en Europe et aux manifestations que nous aimons le moins, les funérailles. Bien rares sont les mois durant lesquels nous ne participons pas à quelque manifestation. Nous sommes un petit groupe ici, seulement sept actuellement, alors ça veut dire que nous devons toutes mettre la main à la pâte pour faire le nécessaire.

Nous collectons des fonds en organisant des manifestations communautaires comme des dîners-partages, des soupers à la dinde et ainsi de suite. Il faut bien planifier tout cela. Un membre des DA doit être dévoué et prêt à donner son temps. Et puis il faut aussi pouvoir cuisiner, servir, nettoyer, faire la vaisselle et préparer des sandwiches, des salades et des desserts (surtout des tartes).

Il nous arrive d’avoir des mésententes, mais nous les surmontons toujours et travaillons en équipe. Une des choses que j’ai apprises, c’est que les dames aiment bien raconter des farces.

Un des événements que j’aime le plus, c’est le souper des anciens combattants que nous servons une fois par année, dans le temps du jour du Souvenir. C’est intéressant parce qu’on y a l’occasion d’entendre leurs histoires de guerre personnelles. L’autre événement qui me fait bien plaisir, c’est de faire des emplettes pour les cadeaux aux anciens combattants de l’Hôpital Ste-Anne, à la Noël. En fin de compte, pour moi, c’est ça la Légion et les DA : appuyer nos anciens combattants, leur famille et notre collectivité de toutes les façons possibles.

Sheryl Orr, Hemmingford (Qc.)

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Toutes les dames auxiliaires ont la même raison d’être : soutenir la filiale de la Légion et les idéaux de la Légion royale canadienne. C’est là qu’on voit vraiment la disposition des auxiliaires de filiale. Il y a beaucoup de travail pour préparer chaque manifestation, ainsi que les réunions de planification où chacune peut proposer ses idées. Il faut beaucoup de temps et c’est souvent fatigant. Alors pourquoi le fait-on? Parce que c’est nécessaire pour remplir notre mandat en tant qu’auxiliaire de filiale, mais aussi parce que nous sommes engagées envers le souvenir, envers ceux qui ont fait le sacrifice ultime et envers ceux qui aujourd’hui continuent de se battre pour la paix.

Aujourd’hui, on a la chance d’avoir des installations modernes dans nos filiales, mais quand on parle avec nos membres les plus âgés, on apprend qu’autrefois il fallait faire énormément de choses chez soi pour préparer chaque repas avant de le servir, et les plats devaient être apportés à la Légion.

Le sens du service est une des caractéristiques les plus importantes des membres des DA et celle qui suit tout de suite après, c’est le grand sens de l’humour. On entend souvent des éclats de rire dans les cuisines où la chaleur règne.

Nous avons la chance d’être soutenues de façon excellente par la direction divisionnaire, et en retour nous lui offrons sans cesse notre soutien.

Margaret Breen, membre du comité exécutif, dames auxiliaires, Division de Terre-Neuve-et-Labrador