90 ans après

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Nous avons fait beaucoup de chemin. La Revue Légion entame sa 90e année de publication, et elle ne faiblit en rien. En l’honneur de cet anniversaire remarquable, nous avons renouvelé l’apparence et le contenu de la revue, y compris l’édition française, que nous imprimons maintenant en couleurs. Le nombre de pages dédiées à l’histoire militaire du Canada a augmenté, tout comme le nombre de pages consacrées aux problèmes courants des anciens combattants ou de la défense. Nous avons aussi amélioré la lisibilité du texte lui-même. Comme toujours, nous continuerons de présenter des photographies d’archive ou contemporaines pour illustrer les articles éloquents de nos rédacteurs. Et, ce qui est le plus important, nous nous réjouissons de pouvoir partager l’histoire de ce pays avec vous. Nous vous souhaitons bonne lecture

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Sur des chemins paisibles – 2e partie

Le temps était parfait en France au mois d’aout : ciel bleu pour la photographie et nuages moroses pour la peinture. J’étais allée en Europe pour peindre.

Les musées de classe mondiale sont remplis de paysages champêtres normands et flamands. Cette terre a une riche production artistique et agricole. Mais elle est aussi chérie pour une tout autre raison.

C’est là que le monde entier est allé se battre, deux fois plutôt qu’une. Plus de 111 650 Canadiens sont morts aux deux guerres mondiales. Ils sont enterrés là-bas.

En tant qu’artiste, la juxtaposition de la guerre et de la paix m’intéresse. J’imagine les citoyens européens piqueniquant le long des mêmes côtes que les Canadiens ont prises d’assaut, occupés aux choses d’aujourd’hui sur les champs de bataille d’autrefois.

J’aimerais voir si le souvenir existe hors saison, quand personne ne sait que les invités arrivent.

Sur des chemins paisibles – Part 1

Le monument de la Porte de Menin sert à commémorer près de 55 000 soldats du Commonwealth britannique morts en Belgique dont le lieu du dernier repos est inconnu. [ILLUSTRATION : JENNIFER MORSE]

Le temps était parfait en France au mois d’aout : ciel bleu pour la photographie et nuages moroses pour la peinture. J’étais allée en Europe pour peindre.

Les musées de classe mondiale sont remplis de paysages champêtres normands et flamands. Cette terre a une riche production artistique et agricole. Mais elle est aussi chérie pour une tout autre raison.

C’est là que le monde entier est allé se battre, deux fois plutôt qu’une. Plus de 111 650 Canadiens sont morts aux deux guerres mondiales. Ils sont enterrés là-bas.

En tant qu’artiste, la juxtaposition de la guerre et de la paix m’intéresse. J’imagine les citoyens européens piqueniquant le long des mêmes côtes que les Canadiens ont prises d’assaut, occupés aux choses d’aujourd’hui sur les champs de bataille d’autrefois.

J’aimerais voir si le souvenir existe hors saison, quand personne ne sait que les invités arrivent.

L’air estival est frais. À huit kilomètres au nord-ouest de la ville médiévale d’Arras, en France, les ruines de Mont-Saint-Éloi s’élèvent au loin. Les tours fantomales servaient de poste d’observation aux alliés à la Première Guerre mondiale. C’est là que commence mon voyage.

Aujourd’hui, l’herbe et même les petits arbustes poussent dans les fissures en haut de la façade de pierres, et les pigeons que je dérange s’envolent de leur perchoir tranquille. De cette perspective, les deux pylônes blancs de Vimy sont visibles à l’horizon, au nord-est. Les Français sont sympathiques, ser­viables. « Toujours droit! », me disent-ils dans les villages et les communes aux maisons de brique rouge de Neuville-Saint-Vaast, Givenchy-en-Gohelle et, finalement, Vimy.

Aux premières lueurs de l’aube, le 9 avril 1917, les Canadiens lancèrent leur attaque à Vimy. Cinq jours après, ils avaient conquis plus de terrain que lors des offensives britanniques précédentes, mais le prix avait été élevé. Plus de 10 000 victimes, dont 3 598 morts. Or, la crête de Vimy est un monument de fierté nationale érigé en l’honneur du succès qui y a eu lieu et qui fait partie de ce qui nous lie en tant que nation.

Le monument massif qui s’élève devant moi brille trop. Je tourne autour, m’abritant les yeux de la main, et je tombe sur une dame âgée qui montre de la main les 11 285 noms gravés sur les murs : les noms des soldats disparus et présumés morts en France à la Première Guerre mondiale.

Les ruines grises et silencieuses de l’abbaye du mont Saint-Éloi, près de la crête de Vimy. [ILLUSTRATION : JENNIFER MORSE]

Anne-Marie Bourdrez habite le village avoisinant de Neuville-Saint-Vaast (le lieu du plus grand cimetière de guerre allemand en France) et se rend à Vimy à peu près une fois par mois. Avec l’aide de sa belle-fille, Alice, Anne-Marie m’explique : « Mon beau-père venait ici planter des arbres. Les arbres venaient du Canada. Un arbre par soldat : onze-mille soldats, onze-mille arbres… Les arbres ont grandi, touffus et pleins de branches, alors pendant 17 ans, mon mari est venu ici pendant les vacances pour les élaguer. ». En effet, le terrain est recouvert d’érables immaculés, élagués assez haut pour qu’on puisse bien voir le champ de bataille et les moutons qui y paissent. Dans quelques mois, les milliers d’érables vont devenir rouges, dorés ou orangés.

Il y a des tunnels à 20 mètres sous Arras, qu’on appelle les Boves, où la population s’est abritée pendant les bombardements. Les troupes alliées s’en servaient pour se rendre aux champs de bataille en secret. Juste avant l’assaut du 9 avril 1917, le système de tunnels abritait 24 000 hommes.

Le Mur des Fusillés se trouve au bord d’Arras, au bout d’un sentier ombragé. Il s’agit d’un mémorial dédié aux 218 patriotes français tués à l’extérieur de la citadelle par les occupants allemands entre 1941 et 1944.

Les tranchées de la Première Guerre mondiale s’étendent au nord jusqu’en Belgique, au saillant d’Ypres, où ont eu lieu certains des combats les plus féroces. La portée de l’artillerie allemande était de 10 kilomètres à partir du saillant; la ville de Poperinge s’en trouve à 11 kilomètres et la plupart des édifices semblent intacts. Poperinge est un endroit charmant et la maison Talbot, qui donne sur une rue pavée, n’est pas bien différente de ce qu’elle était lors de son ouverture, le 11 décembre 1915. C’est là que les soldats de la Première Guerre mondiale allaient se reposer du front, où ils buvaient du thé, du chocolat chaud ou du café, jouaient du piano, assistaient à des spectacles et allaient à la chapelle installée au grenier. J’ai passé quelques heures merveilleuses avec Simon Barber, le directeur de la maison Talbot. Il y est bénévole pendant deux semaines par année et il me dit qu’environ « 45 p. 100 des visiteurs ont un lien direct avec le souvenir et les autres y vont simplement pour s’imprégner de l’ambiance de la région. »

La ville d’Ypres est pleine de touristes venus gouter les chocolats et la bière. Le monument de la Porte de Menin est situé à un croisement, où chaque soir sans faute, à 20 heures, les citoyens s’assemblent pour rendre hommage aux morts. Cette cérémonie crépusculaire sert à commémorer ceux qui sont morts à la Première Guerre mondiale et dont le lieu du dernier repos est inconnu. Leurs noms ont été gravés dans le mur de pierres et le monument massif est entouré par des centaines de personnes qui écoutent tranquillement le dernier clairon.

L’impressionnant mémorial de Saint-Julien, situé où les premières attaques au gaz de la Première Guerre mondiale ont fait des victimes canadiennes. [ILLUSTRATION : JENNIFER MORSE]

Le dimanche matin, l’air me donne l’impression que septembre est arrivé et les odeurs se répandant dans les rues pavées me rappellent mon enfance. Aujourd’hui, je me mets à la recherche du « canadien », l’élégant Mémorial de Saint-Julien. Il s’agit d’un pilier en granite gris qui s’élève à 11 mètres, au sommet duquel a été sculpté un soldat canadien, tête penchée par en avant et les mains croisées sur une crosse de fusil. La veille, à la Porte de Menin, j’avais demandé à nombre de gens s’ils savaient exactement où il se trouvait. Les Belges m’avaient souri en disant : « Ah, oui; le beau, le canadien », mais ils ne m’avaient pas dirigée précisément.

Les terres cultivées de Flandre longent la route pittoresque jusqu’au petit village de Saint-Julien. Là, dans la campagne, à sept kilomètres d’Ypres, un fermier grand et mince d’une bonne soixante-dizaine d’années sort arroser ses plantes et dévisa-ger l’étrangère au bord de la route. Je m’approche de lui pour le saluer, et balbutie dans un français limité pour lui demander de m’indiquer le chemin du monument. Il continue d’arroser ses plantes, comme si je ne l’intéressais pas, ou comme s’il ne m’avait pas comprise. Puis il me demande comme si de rien n’était : « D’où viens-tu? d’Allemagne? » En entendant « Canada », il laisse son arrosoir et son anglais s’améliore. Il m’indique la direction de ses grandes mains bronzées. « À droite, à un kilomètre ou deux d’ici », dit-il. Et le voilà : mon mémorial préféré. Les 2 000 hommes de notre pays morts lors des premières attaques au gaz de la guerre sont commémorés ici. Il y a des conifères en forme de cône et sur des milles à la ronde s’étendent des champs comme dans les prairies du Manitoba.

Je me faufile dans ma petite voiture à travers les champs de maïs et de pommes de terre sur les routes de campagne de Passchendaele. Les maisons sont en briques, avec des jardins soignés et des rideaux blancs qui volent au vent dans les fenêtres ouvertes. Aux abords de la ville, il y a une petite affiche verte de la Commission des sépultures de guerre qui pointe un champ de maïs. C’est un peu surréel. Un tunnel d’un peu plus d’un mètre de haut a été creusé dans un champ. Une bande de gazon s’étend sur 90 mètres, à peu près comme un tapis vert. Ensuite, la bande étroite tourne à gauche et s’étend sur 15 mètres de plus. À part des corbeaux qui croassent et du froissement des tiges, tout est silence. Là, au milieu d’un champ de maïs, se trouve un monument dédié au 85e Bataillon (Nova Scotia Highlanders).

La belle basilique restaurée – y compris sa statue dorée – à Albert, en France. [ILLUSTRATION : JENNIFER MORSE]

Cette petite clairière n’est qu’à quelques kilomètres du cimetière de Tyne Cot, le plus grand cimetière militaire du Commonwealth du monde. Sur les 12 000 morts qui y sont enterrés, il n’y en a qu’environ 3 500 qui ont été identifiés. Plus de 1 000 Canadiens s’y trouvent et des dizaines de personnes circulent parmi les tombes pour leur rendre hommage.

Cette partie du saillant s’étendait le plus vers les positions ennemies et les combats y ont été féroces. Les Canadiens y lancèrent leurs premières offensives planifiées en juin 1916. Nos soldats sont aussi commémorés à la côte 62 (Bois du Sanctuaire). Un garçon blond explore la colline avec ses grands-parents flamands. Ils l’emmènent à « beaucoup, beaucoup » de monuments situés dans cette région de Flandre et ils sont étonnés que je sois venue de si loin.

Le village d’Albert entoure une magnifique cathédrale dont le dôme du clocher est surmonté d’une statue de la Vierge soulevant son enfant à bout de bras. Pendant la Première Guerre mondiale, la ville a été bombardée jusqu’à en être presque ensevelie sous les décombres, mais le clocher et les murs de l’église sont restés debout. La vierge dorée, déstabilisée, pendait parallèlement au sol pendant la plus grande partie de la guerre. D’après la légende, la guerre se terminerait quand elle tomberait. Aujourd’hui, elle est à nouveau debout, offrant son bébé aux cieux et la basilique qu’elle couronne, reconstruite, est magnifique à l’intérieur comme à l’extérieur.

Le premier jour de la bataille de la Somme fut le jour le plus sanglant de la Grande Guerre pour l’armée britannique. C’est un jour gravé dans la mémoire collective des Terre-Neuviens et honoré à Beaumont Hamel. Le 1er juillet 1916, 780 hommes du Newfoundland Regiment furent envoyés à l’assaut et, en moins d’une demi-heure, il n’en restait que 110. Les routes au nord et à l’est d’Albert sont surnommées le circuit du souvenir, une boucle qui passe par Beaumont Hamel, Thiepval et Courcelette avant de revenir à Albert. Les morts y sont commémorés partout.

Les noms de plus de 72 000 soldats du Royaume-Uni et d’Afrique du Sud dont le lieu de sépulture est inconnu sont inscrits sur le monument de Thiepval.

Le cimetière de fosse commune de Régina est situé sur un coteau paisible au-dessus du village français de Grandcourt. [ILLUSTRATION : JENNIFER MORSE]

Le temps change lors de mon passage. La pluie est froide et drue alors que je conduis le long d’une route en terre battue vers un autre champ de céréales à la recherche du cimetière de fosse commune de Régina, près de Courcelette. C’était la tranchée allemande la plus longue du front pendant la guerre. Il fallut deux mois d’attaques par les divisions canadiennes avant de tomber, le 11 novembre 1916, entre les mains de la 4e Division canadienne. Cinq-cent-soixante-quatre Canadiens y sont enterrés.

Un garçon d’à peu près 10 ans aux longs cheveux blonds et à la peau dorée saute de l’énorme tracteur qu’il conduit et m’aide à ouvrir la porte de fer mouillée. Il ne me dit qu’un seul mot : « Canada? ». J’acquiesce et il me sourit tout en m’indiquant d’un geste d’entrer. Ce cimetière se trouve en plein milieu du champ de céréales qu’il est en train de récolter. Sans se soucier de la pluie, il remonte sur son engin énorme et tire sa remorque à travers les tiges jaunes pour aller rejoindre la moissonneuse-batteuse. Ce champ isolé me semble un bon endroit pour quelque chose qui porte le nom de Régina.

La bataille de la Somme a couté 24 000 victimes au Canada. Les Allemands l’appellent dat Blutbad (le bain de sang). Presque un siècle plus tard, le nom de Dieppe évoque les mêmes sentiments dans notre pays. Aujourd’hui, les falaises de Dieppe servent de toile de fond aux nombreuses personnes qui prennent un bain de soleil, mais pour les Canadiens, elles sont à jamais une amère icône de la guerre. Le 19 aout 1942 à l’aube, la force alliée lança un assaut à Dieppe. Neuf heures après, c’était fini, surtout parce que les péniches de débarquement ne pouvaient plus s’approcher des falaises, à cause de la grêle de balles pro-venant de ces dernières, pour aller au secours d’autres survivants. Sur les 5 000 Canadiens qui ont pris part au raid, 907 ont perdu la vie et presque 1 950 ont été faits prisonniers.

Le ministre des Anciens Combattants, Jean-Pierre Blackburn, salue Madame Monique Bourgois au monument canadien à Dieppe. [ILLUSTRATION : JENNIFER MORSE]

Entre la plage et le Square du Canada, petit parc situé à l’ombre des falaises, il n’y a qu’une petite promenade. Une octogénaire guillerette s’assied à côté de moi sur un des bancs du parc. Elle porte un tailleur crème et taupe élégant et un chapeau de paille couvre ses cheveux roux frisés. Toulouse Lautrec me vient un instant à l’esprit; il n’a jamais peint une dame habillée aussi convenablement que celle-ci. Grâce à mes quelques mots de français et à son anglais bien meilleur, je découvre qu’elle habite à Dieppe depuis plus de 60 ans, et elle me dit avec fierté que son mari en a été le maire pendant 18 ans. « On avait beaucoup, beaucoup de cérémonies pour les Canadiens » pendant ce temps-là, me dit-elle. Elle me demande timidement si je sais qu’un ministre canadien important va venir aujourd’hui. Il se trouve que Jean-Pierre Blackburn, ministre des Anciens Combattants, va faire une escale inattendue à Dieppe cet après-midi.

« Qu’est-ce qui vous amène en France », me demande-t-il en riant quand il m’aperçoit parmi la foule de journalistes et de citoyens français. Je lui présente la petite dame au chapeau de paille et tous les reporters français nous entourent. Madame Monique Bourgois, émue à la suite du petit moment passé avec le ministre, se tient seule dans le jardin en murmurant « Nous nous souviendrons d’eux. Je viens parce que nous nous souvenons, nous nous souvenons, nous nous souvenons… » Je parle à une autre femme quelques instants et, quand je me retourne pour lui dire aurevoir, elle est partie.

Le secrétaire national Brad White se sent prêt

Brad White est le nouveau secrétaire national de la Légion royale canadienne depuis le 12 septembre 2009.

White désire rendre la Légion plus pertinente, plus active sous tous les aspects. Vétéran des Forces canadiennes, White est habitué à un rôle de chef et il est prêt à prendre des risques pour que le travail soit fait. Il s’est positionné fermement pour une lutte coriace : augmenter l’adhésion et façonner l’unité et la sensibilisation du public. C’est grâce à cela, croit-il, que naitra une Légion plus moderne, une Légion encore plus capable d’appuyer les anciens combattants.

Le secrétaire national a des raisons personnelles d’épauler les anciens combattants : en tant que militaire de troisième génération, il sait fort bien quels sacrifices leurs familles et eux-mêmes, ont faits. L’histoire militaire de sa famille commence du temps de son grand-père paternel, « Lefty » (gaucher) White, qui était enseignant et major réserviste, dans le South Saskatchewan Regiment. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le régiment a été mobilisé et envoyé en Angleterre, et puis il a participé au raid de Dieppe. « Ils ont débarqué sur une plage appelée Green, à Pourville », nous explique White.  Quelques mois plus tard, sa grand-mère recevait un télégramme de la Croix-Rouge lui annonçant que son mari était prisonnier de guerre, mais vivant. Lefty a été libéré à la fin des hostilités et, ironiquement, l’avion qui le ramenait en Angleterre s’est écrasé. Il s’est rétabli dans un hôpital anglais jusqu’à ce qu’il guérisse assez pour pouvoir rentrer chez lui.

Le père de White, Trevor, était pilote de Sabre F-86 à réaction. Brad est né en 1956, quand son père était en poste en Allemagne. Son enfance s’est passée dans plusieurs bases militaires et il s’est engagé à 19 ans. Quand il a obtenu sa commission, il a été affecté aux 8th Canadian Hussars (Princess Louise’s). Il a servi au Canada, en Allemagne et, avec les Nations Unies, à Chypre. Pendant sa carrière, il a été en service à l’état-major des plans nationaux et conjoints et à la Direction de l’Analyse de défense. Il était lieutenant-colonel quand il a pris sa retraite, en 1998, et il a été engagé en tant qu’officier d’administration et puis, ensuite, directeur d’administration à la Direction nationale.

L’expérience de ces années a servi à circonscrire les idées de White et l’ont préparé à s’attaquer aux pro­-blèmes cruciaux auxquels la Légion est actuellement confrontée. « Nous parlons de l’adhésion depuis toujours, dit-il. Mais je pense que nos autres problèmes fondamentaux sont notre visibilité auprès des Canadiens. C’est inouï : quand on parle aux gens de tous les coins du pays, “la Légion royale cana- dienne?” ils demandent, médusés, “Êtes-vous barman?” Alors je réponds : “Non; pas tout à fait”. Et puis je leur explique les programmes, comment nous apportons notre aide aux collectivités, ce que nous faisons pour les anciens combattants, toutes les bonnes œuvres qui nous occupent. Ils sont époustouflés d’apprendre tout ce que nous faisons. »

White va se concentrer sur la propagation d’informations, non seulement en améliorant la conscience du public à propos de la Légion, mais en améliorant la communication à l’intérieur même de l’organisation. Il croit que la compréhension suit la communication et, peut-être ensuite, le désir d’adhérer. En plus d’une campagne d’adhésion publique, il veut cibler ceux qui la délaissent.

En plus de s’attaquer aux problèmes de l’adhésion, il a l’intention de renforcer l’organisation en faisant disparaitre la perception du « nous » et du « eux » qui persiste à l’intérieur de la Légion, et introduire l’ère de la transparence. « Si on comprend que l’on fait partie d’une grande organisation, on sait où se placer et à quel point c’est important; c’est vraiment ça le fondement de ce que nous sommes. Une bonne dizaine d’organisations, de toutes les régions du pays, se sont assemblées, en 1925, pour former la Légion. »

Le nouveau secrétaire national devait rencontrer des gens d’autres associations d’anciens combattants à la fin octobre, pour discuter d’unité parmi les groupes d’anciens combattants.

La Légion a déjà les gens et l’infrastructure qu’il faut pour défendre les anciens combattants, et en démontrant cette capacité aux autres groupes d’anciens combattants, il espère les encou­rager à s’y rallier. Notre organisation est la seule organisation d’anciens combattants qui a un bureau d’entraide où l’on offre gratuitement une assistance aux gens qui s’y présentent. Nous avons une infrastructure qui s’étend d’un côté du pays à l’autre, ainsi qu’aux États-Unis et en Europe. »

White est heureux que le Conseil exécutif national ait épousé la nouvelle devise de la Légion « On se soucie ». « C’est important, parce que ça nous permet d’être flexibles auprès de ceux à qui nous parlons. On se soucie du militaire. On se soucie de notre nation. On se soucie de notre collectivité.

« Les anciens combattants ont cons­truit un pays après la guerre. On ne peut pas dire qu’ils ne se souciaient pas de leur nation. Ils étaient prêts à se sacrifier pour elle. C’est ce sur quoi on doit bâtir. »

Bien que White soit confiant que les anciens combattants modernes sont bien en train de se faire servir, tout comme ceux des guerres mondiales et de celle de Corée, il comprend aussi que l’avenir est semé d’embuches. Néanmoins, confronté à ces problèmes compliqués, il montre son optimisme : « Je pense que nous pouvons analyser les problèmes et nous en occuper, mieux qu’avant ».

Il a commencé son mandat avec éner­gie et enthousiasme, et il a l’intention de faire une différence. « Je ne veux pas être le fossoyeur, et je ne veux pas n’être que le gardien non plus. Je voudrais être le preneur de risques. »

Il est marié et a deux enfants. Il a rencontré son épouse, Thérèse, dans les Forces, où elle était travailleuse sociale. Leurs enfants Jonathan et Erik, qui servent actuellement dans la Gendarmerie royale du Canada, continuent la tradition de service.

Le secrétaire national, qui prend sa retraite, a vu la Légion retourner à ses origines

Duane Daly va libérer le poste de secrétaire national le 14 septembre 2009.

Il a servi durant 33 ans dans le militaire. Pendant les 14 ans qu’il a été secrétaire national, il s’est efforcé de définir la Légion royale canadienne comme orga­nisme d’anciens combattants, un endroit où nos militaires peuvent se sentir entourés de camarades comme lorsqu’ils étaient dans les forces.

À l’instar de son père, Daly est homme du militaire. Sa carrière s’est passée dans l’Aviation où il a atteint le grade de brigadier-général avant de se retirer. Il a été embauché par la Légion au poste de secrétaire national, en 1995. En tant qu’administrateur en chef de la Direction nationale, il a siégé au Comité consultatif du Musée canadien de la guerre et au conseil d’administration des Amis du Musée canadien de la guerre et il a été vice-président de la Fondation des Valeureux, ainsi que directeur de la Caisse de secours de l’Aviation et de la Fondation canadienne des champs de bataille.

Daly, officier de l’Ordre vénérable de Saint-Jean et récipiendaire de la Médaille du service méritoire du gouvernement siégeait aux conseils provinciaux de Centraide et de l’Ambulance Saint-Jean.

Il a commencé à planifier une série de projets ayant pour but de promouvoir la Légion et son engagement concernant le souvenir, peu de temps après avoir obtenu le poste de secrétaire national. Les trois premiers de ces projets étaient liés au millénaire : la vague de deux mi­nutes de silence, la Tombe du Soldat inconnu et le Royal Order of Remembrance.

« Les projets devaient faire du souvenir quelque chose de considérable aux yeux du public, afin qu’il ne se contente pas de (seulement) donner des dollars le 11 novembre, dit Daly. […] et, ainsi, les Canadiens verraient la Légion d’un autre œil; une influence très favo­rable pour le souvenir. »

Ces projets du millénaire retentissaient à travers le pays. Les particuliers et les sociétés ont observé la vague de deux minutes de silence; et une tradition est née quand la tombe a été installée au Monument commémoratif de guerre du Canada, de couvrir le sarcophage de granite de petits drapeaux canadiens, tous les 1ers juillet. Le Royal Order of Remembrance était un moyen de reconnaitre les particuliers qui se font les gardiens du souvenir. Bien qu’il n’ait jamais été institué comme on l’imaginait au début, il a conduit à l’instauration de la Mention élogieuse du ministre des Anciens combattants, laquelle a été décernée à de nombreux Canadiens, notamment à Daly.

Dans la gestion de ce dernier, la Légion avait aussi beaucoup d’influence dans les coulisses quand il s’est agi de déclarer 2005 année de l’ancien combattant et, l’année d’après, la Légion appuyait et finançait le Monument aux Valeureux. Ce projet se composait d’une collection de 14 statues et bustes de chefs militaires, attenante au Monument commémoratif de guerre du Canada.

Plusieurs changements administratifs ont eu lieu pendant le mandat de Daly. Le personnel, dont le plus grand nombre a été de 70, a été minoré à 50, mais le changement le plus évident a peut-être été la construction du nouveau siège à Kanata, un faubourg à l’ouest d’Ottawa. Le personnel de la Direction nationale a emménagé dans l’édifice en septembre 2006. La propriété et la cons­truction avaient été financées principalement grâce à la vente de l’ancien.

De plus, un nouveau système d’approvisionnement centralisé, à meilleur rendement, a été mis en place en 2004, et l’entreposage se fait au nouveau quartier général. Quelques mois après l’installation dans le nouveau bâtiment, le passage supérieur avoisinant était consacré Pont des valeureux.

Les années de service de Daly à la Légion ont été occupées par de nouveaux projets, mais elles ont aussi été marquées par la diminution des effectifs. Quoi qu’il en soit, il demeure optimiste en ce qui concerne l’avenir. « Bien que le nombre d’adhérents a baissé, je pense que la Légion d’aujourd’hui est structurellement en meilleur état qu’en 1995. »

D’après lui, la Légion fait des progrès. « La baisse des effectifs est une réalité. Il n’y a rien de mal, en soi, à ce qu’il y ait une baisse du nombre d’adhésions… Ce n’est pas que nous fassions quoi que ce soit de mal. Ce que nous avons fait au cours des 10 dernières années, c’est beaucoup de bonnes choses.

« Nous avons vraiment, mais vraiment tourné la page en nous efforçant de retourner à nos origines en tant qu’organisme de service, dit-il. Nous avons vraiment commencé à honorer ceux qui ont servi. »

Et c’est là l’essentiel de ce qu’il croit depuis 14 ans : que la Légion devrait « retourner à ses origines d’organisme d’anciens combattants ».

« Plus de soldats, de marins, d’aviateurs sont en train de s’apercevoir que la Légion a réellement passé de la parole aux actes en ce qui a trait au soutien des troupes, nous explique-t-il. On fait beaucoup de choses (mais elles ne) se traduisent (pas toutes) immédiatement en adhérents. »

Daly désire aussi que les membres des Forces canadiennes comprennent bien ce que la Légion représente. « Nous sommes en train de conjurer pour eux l’impression comme quoi “oui! nous sommes ici pour eux, nous faisons partie d’eux”. Et le message que nous essayons de leur transmettre, c’est que, plus tard, quand ils en auront fini de la vie militaire, bien que cette porte-là se fermera, il y en a une autre qui s’ouvrira pour eux, à la Légion. »

Daly a l’intention de se maintenir, à la retraite, aussi occupé qu’il l’a été pendant sa carrière, en continuant de promouvoir la Légion et le souvenir. Son épouse Sharon et lui (il a 67 ans) vont voyager et visiter leurs petits-enfants. Ils ont trois fils : deux sont dans l’aviation et le troisième est fonctionnaire en Nouvelle-Écosse.

Portraits de Normandie : Sept jours avec sept anciens combattants

L’ancien combattant Murray Knowles fait une pause à la plage Juno. [ILLUSTRATION : JENNIFER MORSE]

Le 65e anniversaire du jour J et de la campagne de Normandie est un anniversaire important. Cela fait des dizaines d’années que les troupes ont atterri en se battant et il se pourrait que le monde n’ait plus l’occasion d’y accompagner les vétérans de cette campagne; de se souvenir avec eux.

Le 6 juin dernier, le premier ministre Stephen Harper, le Président des États-Unis Barack Obama, le prince Charles, le premier ministre britannique Gordon Brown et le président français Nicolas Sarkozy se réunissaient à la plage Omaha, devant les rangées de croix, pour dire merci. Cependant, même les discours de ce cénacle d’orateurs consommés ne peut se comparer aux simples souvenirs de sept anciens combattants de retour en France, membres de la délégation officielle d’Anciens combattants Canada.

L’ancienne combattante Beatrice Hunter dépose une couronne au cimetière militaire canadien de Brettevile-sur-Laize. [ILLUSTRATION : JENNIFER MORSE]

Tout pèlerinage du souvenir donne lieu à un dilemme : on devrait prendre acte pour la postérité, non seulement de la chronologie, mais aussi du fardeau émotionnel et intangible de la guerre qui pèse sur les rescapés. L’artiste aquarelliste à qui telle mission serait confiée commencerait par appliquer sa peinture en couches transparentes jusqu’à ce que, avec le temps, on reconnaisse chaque visage, mais une bonne représentation ne suffit pas en soi; quand le travail de l’artiste a abouti, une vie est révélée. Il faut du temps, il faut un surprenant mélange de couleurs et il faut pouvoir s’adapter quand les pigments aqueux s’étalent dans des directions imprévues. Et comme les aquarelles, les anciens combattants sont des clairs-obscurs qui ont survécu parce qu’ils ont su s’adapter. Tout ce que peut faire le soldat, c’est de se battre de toutes ses forces jusqu’à ce que le travail soit fait, de plier mais ne pas rompre, comme le roseau et, on l’espère, de s’en sortir indemne.

Le premier ministre Stephen Harper est accompagné des ambassadeurs de la jeunesse Blair Moro (à g.) et Solange Saulnier. [ILLUSTRATION : JENNIFER MORSE]

Chaque ancien combattant du voyage est différent des autres et chaque vieux visage est le tracé d’une vie. D’abord, il y a Okill Stuart, grand et mince, dont le pétillement oculaire émousse les histoires; ensuite, il y a Louis Alleyn, légionnaire du Québec à l’œil vif qui brille des souliers noirs à la coiffe sombre frisée; il y a également Robert Bruce, un grand blond souriant, chaleureux et accommodant; il y a encore Beatrice Hunter, qui observe et se souvient des soins qu’elle prodiguait aux gars en 1944 : à ses yeux, ils n’ont pas du tout changé, ils sont toujours pleins à ras bords d’espièglerie et de courage; il y a aussi Don Roach, rebelle éternel et taquin qui souffle qu’à chaque jour il y a un discours de trop et qu’après tout, il en a fini depuis longtemps du protocole et pourtant il n’en a pas fini; et puis il y a Murray Knowles, un homme très intelligent et pimpant, en forme comme pas un; et, pour finir, il y a le réservé Leonard Wilson, au visage rond et à l’humeur bienveillante.

Le départ pour la France de la délégation composée de 49 membres a lieu le soir du mercredi 3 juin 2009. À sa tête se trouve Greg Thompson, ministre d’Anciens combattants Canada qui, outre son personnel, est accompagné par deux représentants de la jeunesse, six parlementaires, un vétéran des Forces canadiennes et trois représentants d’organisations d’anciens combattants, dont le président national de la Légion royale canadienne, Wilf Edmond. Ce dernier a hâte de se présenter aux anciens combattants du voyage. Il sourit et nous dit : « C’est un honneur de côtoyer les anciens combattants qui ont débarqué le jour J et je veux les remercier tous moi-même de notre liberté. »

Lorna Bruce et les anciens combattants Louis Alleyn et Robert Bruce se tiennent ensemble et se souviennent à Saint-Lambert-sur-Dives. [ILLUSTRATION : JENNIFER MORSE]

Tout de suite après l’atterrissage, on emmène Stuart, le Montréalais fringant, à Paris, où le président de la République lui décernera la Légion d’honneur. Cette décoration, qui va être donnée à deux vétérans du jour J pendant le pèlerinage du 65e anniversaire du jour J d’ACC, est la plus haute des décorations françaises. Pendant que Stuart, subrogé du président du Conseil national des associations d’anciens combattants au Canada Cliff Chadderton, s’occupe de cela, le reste du groupe s’engouffre dans un autocar à destination de Caen. Six anciens combattants contemplent le paysage et leurs souvenirs, d’un air rêveur. Les édifices en pierres délavées sont blottis dans de verts paysages et, dans les prés qui les entourent, se voient ci et là des moutons, des chevaux, des vaches. La campagne paisible est on ne peut plus différente de ce qu’elle était le 6 juin 1944, quand 15 000 Canadiens se sont battus pour atteindre la plage. Les souvenirs de cette lutte transparaissent dans le visage des anciens combattants quand ils fixent le paysage.

Le président des États-Unis Obama bavarde avec l’ancien combattant Don Roach quelques instants avant que ce dernier reçoive la Légion d’honneur. [ILLUSTRATION : JENNIFER MORSE]

Louis Alleyn, membre québécois de la Légion royale canadienne âgé de 87 ans, a servi dans l’Artillerie royale cana­dienne et il se souvient des jours précédant l’invasion du temps du débarquement. « On installait nos canons un peu partout, sur tout ce qui flotte, dit-il. » On allait près de la côte, on allait chez le voisin, on bougeait de tous côtés […] il fallait se déplacer constamment, comme toujours dans l’artillerie […] on apprend à deviner où ils sont pour tirer quelques obus sur la cible et tout ça change au gré du temps, des marées, des vents et des pannes. » Le retour en France a donné de l’énergie à Alleyn et il se précipite d’un souvenir à l’autre, pressé d’expliquer son rôle et il anticipe sur les cérémonies à venir.

Le vétéran de l’Aviation Leonard Wilson, debout sur la plage Juno, se remémore la guerre. [ILLUSTRATION : JENNIFER MORSE]

Le lendemain matin, il fait beau temps et une brise souffle pendant la visite au Centre de la plage Juno. Il n’y a pas qu’une seule raison pour laquelle Beatrice Hunter, présidente actuelle de la Nursing Sisters Association of Canada, se sent attirée aux plages de la Normandie. Comme c’est le cas pour tous les combattants qui y ont survécu, son âge témoigne du nombre de tragédies qu’elle a rencontrées. Elle s’arrête pour faire remarquer une plaque commémorative qui porte le nom de son frère cadet. Il a été tué en 1967, à Chatham (N.-B.), où il était pilote d’avion à réaction, alors elle a acheté la plaque pour honorer sa mémoire en même temps que la mémoire des soldats blessés qu’elle a soignés pendant les mois qui ont suivi le jour J. « Il y avait encore tant de blessés […] je me rappelle que, quand je servais les plateaux de nourriture, ils se lançaient les petits pains d’un côté de la salle à l’autre… Le courage, l’humour et la joie de vivre, d’être encore vivant après leurs expériences; eh bien, ce n’était pas une triste affaire. »

L’ancien combattant qui personnifie peut-être le mieux ces garçons grivois, c’est Don Roach, âgé de 82 ans, qui était alors ingénieur dans la marine marchande du Canada. C’est aujourd’hui qu’on se promène à la plage Juno pour la première fois; c’est une journée où le sable fait contraste avec le ciel printanier et où le vent du large fait claquer les drapeaux. C’est étrange, en regardant autour de soi, de voir un paysage de carte postale plutôt que le décor gris de la guerre. Le 6 juin 1944, Roach était premier maitre à bord d’un des cargos qui approvisionnaient les troupes alliées. Maintenant, la veille du jour J, on lui dit que le président de la France, Nicolas Sarkozy, va épingler la Légion d’honneur sur sa poitrine, le lendemain. Il hausse les épaules en souriant, comme s’il se désintéresse de l’honneur à venir, et semble minorer l’importance de son héroïsme. « Je vais me faire embrasser par le président de la France. » Il a un sourire triste et, vacillant sur ses jambes, marche sur le sable mou. On lui a souvent demandé quels sont les souvenirs qu’il a du 6 juin 1944. « Malheureusement, j’ai essayé d’oublier, dit-il. La guerre n’a rien de romantique, quoi qu’on dise. Ce n’est pas comme dans les films. La réalité, c’est le chagrin et les larmes. » Il évoque ses souvenirs pendant qu’il grimpe la pente en chancelant. « C’était ben plus facile à 20 ans — dans le temps, en 1944 — quand on courait sur le sable; et qu’on était inspirés par une mitrailleuse allemande dans le cul. »

Après la pluie, le sourire du président national de la Légion Wilf Edmond (à g.) et du vétéran de la Seconde Guerre mondiale Okill Stuart, à Caen. [ILLUSTRATION : JENNIFER MORSE]

Ce matin-là, alors que Roach affronte ses souvenirs sur le sable de la plage Juno, Robert Bruce, lui, va faire un tour à un petit cimetière français pour affronter les siens. Un sourire triste aux lèvres, cet homme amiable nous explique que son beau-frère, qui était parachutiste, est mort le matin du 6 juin 1944. « On ne sait trop comment, le navigateur s’est perdu […] et ils ont sauté au milieu des lignes allemandes. Il n’y en a que deux qui n’ont pas été tués […] les Allemands ont refusé (aux villageois) de les enterrer, au début, mais au bout d’un certain temps que les cadavres gisaient dans un champ, ils y sont quand même allés et les ont enterrés au cimetière de leur église. On y est allés. » Soixante-cinq ans, ce ne semble pas si long, quand la perte est encore si proche.

Les souvenirs montent avec la marée, mais la journée est pleine et nous n’avons pas le temps de nous y arrêter. Après le diner, les délégués font un tour au centre et puis ils assistent à une cérémonie avec dépôt de couronnes pendant laquelle on dévoile un monument à la Marine royale du Canada. Ensuite, il y a deux cérémonies commémoratives : une à Bernières-sur-Mer et l’autre au cimetière militaire canadien de Beny-sur-Mer et puis, après, il y a une réception donnée par la commune de Reviers. La veille du retour à l’hôtel, à Caen, la délégation prend un repas dans l’autocar, un souper en boites.

La délégation du jour J est divisée en deux groupes. Les sept anciens combattants, le président national Wilf Edmond et Gordon Marsh — qui représente les Army, Navy and Air Force Veterans in Canada (ANAVETS) — se joignent au premier ministre, en matinée, au Mémorial de Caen. Harper ayant remercié les anciens combattants, il se tourne vers les jeunes. « Dans les photographies de la Seconde Guerre mondiale ces gars étaient assez jeunes, certains d’entre eux n’étaient pas bien plus vieux que vous l’êtes aujourd’hui; ils avaient accepté la plus dangereuse des tâches qu’on puisse imaginer et changé le cours de l’histoire, et ils nous ont donné la société pacifique et prospère que nous avons aujourd’hui. On devrait toujours garder ça en mémoire, le reconnaitre et se tenir toujours prêts à défendre ces choses et ces valeurs. »

Là-dessus, l’autocar file vers le Normandy American Cemetery and Memorial où Roach reçoit la Légion d’honneur des mains du président français sous les yeux de Harper, d’Obama, du prince Charles et de Brown. Ce cimetière de la Seconde Guerre mondiale, où gisent 9 387 soldats américains qui ont donné leur vie pendant la guerre, domine la plage Omaha, à Colleville-sur-Mer. Les personnalités s’adressent à la foule d’environ 10 000 personnes pendant quelques minutes, mais ce sont les paroles d’Obama qu’on écoute avec le plus de concentration. « Les citoyens de toutes les croyances, ou sans croyance, ont fini par croire que nous ne pouvions pas demeurer des spectateurs laissant perpétrer la tuerie et la destruction. C’est pourquoi nous nous sommes engagés et avons envoyé nos fils se battre et, souvent, mourir, afin que les hommes et les femmes qu’ils n’avaient jamais vus retrouvent la liberté, dit Obama. […] C’est une histoire qui n’est jamais facile à dire, mais qui toujours nous rend espoir. Car en faisant face aux épreuves et aux peines de notre temps, et en arrivant au moment qui est la raison d’être de la vie, on ne peut que trouver des forces dans ces moments de l’histoire. »

Le petit groupe quitte la cérémonie à la plage Omaha, qui avait été annoncée à grands cris et rejoint les autres à la plage Juno. Une bruine transforme le ciel en une toile grise et la délégation s’assemble sous de brillants parapluies pour honorer les camarades. Le premier ministre prononce quelques mots avant que se joignent à lui le ministre Thompson d’ACC et le ministre d’État français Jean-Louis Borloo, pour déposer une couronne en l’honneur du Canada, et puis, à l’instar du président national Wilf Edmond aussi, les autres membres de la délégation déposent encore d’autres couronnes. C’est de la part de la Légion que Edmond dépose sa couronne à chaque cérémonie officielle et il fait une remarque relativement aux évènements commémoratifs. « C’est excellent, très solennel et émouvant, et ça aide à vraiment comprendre, quand on se trouve sur la plage avec ces anciens combattants. C’est une excellente leçon d’histoire. »

Les souvenirs profonds sont compliqués, comme l’est toute tentative de portraiture où l’on s’essaie à étaler le cœur du sujet. Quant à l’élégant Murray Knowles, aujourd’hui âgé de 92 ans, il est évident que son front est rasséréné grâce à sa famille et que ses souvenirs du jour J ont été adoucis. Il a servi dans la Marine royale du Canada, à bord du HMCS Louisburg (2e) et, à la fin de la guerre, il était capitaine de corvette. À la tombée du soir, il se tient sur la plage, à côté de son fils Stephen et se souvient. « On nous a dit qu’on allait faire partie d’un convoi qui allait attaquer avec les forces alliées une semaine avant le jour J […] essayer de sauver les pauvres gens qui étaient sous le joug des Allemands […]. Tout ce temps-là, j’attendais des nouvelles. Finalement, 23 jours après, une dépêche m’a apporté la nouvelle. Stephen était né le 6 juin 1944, six minutes avant minuit […]. Qui aurait crû que, 65 ans après, on célèbrerait son anniversaire ici? »

Le lendemain du jour J débute par une cérémonie commémorative au cimetière militaire canadien de Bretteville-sur-Laize, à Cintheaux, et puis le diner est servi à Cauvicourt. Prochaine escale, la place de l’Ancienne Boucherie, à une cérémonie pendant laquelle le ciel s’ouvre au-dessus de nous et il pleut le reste de la journée. La délégation, toute mouillée, poursuit son chemin vers le Jardin canadien du Souvenir, à l’abbaye d’Ardenne, où lui est racontée l’histoire sinistre de l’exécution de 20 soldats canadiens par des membres de la 12e Division SS de panzers, en juin 1944.

Le lundi matin, elle prend le départ pour une visite guidée, avec escales, y compris une au village de St-Lambert-sur-Dives, où le major David V. Currie a mérité la Croix de Victoria. Le lendemain matin, c’est le vol de retour et l’occasion de voir la France d’en haut.

L’aviateur silencieux Leonard Wilson voyait la plage Juno d’en haut pendant la campagne de Normandie. D’après ses souvenirs, il est arrivé le 16 ou le 17 juillet et il était basé à Beny-sur-Mer, d’où il partait en reconnaissance armée dans un Spitfire. « La plage était toujours complètement embrouillée parce que la terre se faisait fouiller par les camions, les trains, les tracteurs, les bombes et tout. Il y avait toujours comme un brouillard dans l’air qui grimpait jusqu’à 5 000 pieds, alors quand on s’approchait en avion, on voyait une surface plane, presque comme une table de billard […]. Quand on plongeait en dedans, c’était un tout autre monde. »

De nombreux dignitaires sont allés à la côte normande pour dire leur pensée et essayer d’inspirer le monde, mais pas un seul mot d’entre tous ces discours ne peut se comparer à ce que l’on ressent quand on a passé sept jours en compa­gnie de sept anciens combattants. Même les mots incomparables de Barack Obama ne peuvent rivaliser avec les petites anecdotes dont ils nous font part, alors quel artiste y a-t-il qui puisse étaler tant de vie avec ses pinceaux? C’est d’une arduité décourageante, mais ce n’est rien à comparer aux chances qu’il y avait contre le succès du jour J.

Nos lecteurs nous répondent

Les résultats de l’enquête faite auprès de nos lecteurs en 2009 sont arrivés et l’échantillonnage  a été aussi détaillé et aussi édifiant que nous l’espérions. Notre personnel remercie tout les gens qui y ont pris part.

Ces réponses sont essentielles pour plusieurs raisons. Les résultats nous servent lorsque nous planifions l’éditorial des numéros à venir, bien sûr, mais ils nous aident aussi à créer un profil démocratique de notre lectorat, ce qui encourage les annonceurs à acheter de l’espace dans la revue Légion. La première utilisation des résultats nous permet de rester sur la bonne voie, afin que nous dirigions notre travail vers les articles qui vous intéressent le plus et la deuxième est essentielle à l’avenir financier de la revue. Ces revenus nous permettent de produire la revue que vous méritez. Tout le monde y gagne.

Nous avons donné le soin de cataloguer les 1 508 réponses à Research House de Toronto et d’après les normes d’échantillonnage statistique, la marge d’erreur des résultats est d’environ plus ou moins 2,52 p. 100 au niveau de confiance de 95 p. 100. Si les résultats représentent assez bien les préférences des lecteurs, et nous croyons que c’est bien le cas, nous avons obtenu la meilleure des notes. La cote de con­fiance était de 81 p. 100 en moyenne, soit A-.

Notre sondage a révélé qu’il y a 2,54 lecteurs par copie, le plus grand nombre de lecteurs par copie jusqu’à présent, ce qui donne un lectorat annuel moyen impressionnant de 696 826. Cela fait presque 3 p. 100 de la population canadienne adulte et 13 p. 100 du marché canadien adulte (55 ans et plus).

Nous avons aussi demandé à nos lecteurs de classer le contenu rédactionnel par rapport à leur intérêt (aucun, petit, moyen et grand) et nous n’avons pas été surpris que le sujet le plus populaire soit le souvenir, à nouveau. Soixante-huit pour cent d’entre vous avez indiqué un grand intérêt et 27 p. 100, un intérêt moyen, ce qui donne une cote de confiance globale de 95 p. 100. Il s’agit d’une augmentation par rapport à notre dernier sondage où le souvenir avait obtenu 93,5 p. 100. La deuxième place a été décernée aux Forces canadiennes, qui sont passées de la sixième place à la seconde et les actualités ont baissé d’une place, finissant en troisième.

Quant aux sujets qui ont changé le plus depuis notre dernier sondage, les trois premiers font partie de la série Canadian Military History In Perspective. L’aviation a augmenté de 12 places, à la 10e, la marine a augmenté de 11, à la 12e, et l’armée a augmenté de sept, finissant cinquième. Canada’s War Art (art militaire canadien), aussi a beaucoup augmenté (de cinq) et fini en 26e place. Inversement, la section des nouvelles a baissé de 10 places, à la 14e, et Health File (dossier santé), les nouvelles/programmes d’ACC et les nouvelles/ programmes de la LRC ont baissé de sept places chacun, tombant à 18e, 20e et 21e respectivement.

En 2008, nous avons lancé une nouvelle série sur les honneurs de guerre canadiens et nous avons été ravis d’apprendre qu’elle est arrivée parmi les 10 premiers : huitième sur 31.

En tout, il y a 15 sujets, presque la moitié, qui ont obtenu une cote de confiance de plus de 80 p. 100. Jetez un coup d’œil à la table ci-dessous pour savoir où sont classés vos préférés.

Les sondés étaient soit nouveaux lecteurs, soit abonnés depuis des décennies.

« Je suis un nouvel abonné et ce que je vois, j’aime! Je suis en train de penser à m’inscrire à la Légion, alors j’ai parlé à quelques membres pour me renseigner et savoir à quoi mes talents pourraient servir. J’aime aussi le site de la Légion, dans la toile. » — Donald Shirley, Chipman (N.-B.).
« Je reçois cette revue depuis au moins 30 ans et j’espère continuer encore longtemps. » — C.B. Dixon, Lindsay (Ont.).

« Les enfants et les petits-enfants des hommes et des femmes qui ont servi le Canada en temps de guerre voulaient toujours savoir où et comment leurs proches ont servi.
La revue Légion me relie à mon passé.  Mon père était vétéran de la Seconde Guerre mon­diale (S.A.S.) et ma mère, Britannique, épouse de guerre. Étant donné que mon père parlait rarement de ses expériences militaires, je lis les articles avec l’espoir d’en apprendre un peu sur les épreuves qu’ils ont endurées. Il m’a encou­ragé à entrer dans la Légion et j’en suis membre depuis plus de 30 ans. » — Carolyn DeBelser-Mayson, Loon Lake (Sask.).

« Mon père était membre à vie de la Légion et sa revue nous les rappelle, lui et les années qu’il a passées outre-mer dans le Corps canadien des transmissions pour nous donner un monde meilleur. Nous aimons les articles et les photos et nous trouvons la rubrique Last Post douce-amère, mais un moyen important quand même de reconnaitre nos proches et nos anciens compagnons. Ce serait vivre un rêve que d’aller en France voir quelques-uns des endroits où papa a servi son pays […]. » — Mary Martin, Toronto.

« Votre revue m’intéresse surtout pour les excellents articles sur l’histoire militaire. Je suis surtout intéressé par la campagne d’Italie. Mon père y a été tué en aout 1944. Je ne l’ai pas connu, ni su ce qu’il a fait pendant la guerre. » — Ian McIntosh, Vancouver-Nord.

« Mon mari est membre depuis 45 ans. Je lis chaque numéro de la première page à la dernière. Mon père, défunt, était vétéran de la Seconde Guerre mondiale (RCMC), ma mère, défunte également, épouse de guerre britannique. Nous sommes venus au Canada en 1946, alors toutes vos histoires m’intéressent énormément. » — Catherine Milling, Windsor (Ont.).

« Grand plaisir à lire. Ne lâchez pas les bonnes actualités. Lis toujours la revue de la première à la dernière page. Je suis petit-fils d’un vétéran de la Grande Guerre, alors je l’ai dans le sang, à jamais. N’oublions pas. »  — Donald Mayer, Bowden (Alb.).

Les parents des hommes et des femmes en service actuellement ont aussi répondu à nos sondeurs.

« Vu que la revue Légion m’est nouvelle et que je suis parente d’un soldat qui en est à sa première période d’affectation, sa revue est d’une grande aide et une grande ressource pour ma famille et pour moi. Je fais lire nombre d’articles pertinents à mes amis aussi. Ces articles les aident à comprendre nos soldats qui sont en Afghanistan. J’aime beaucoup les articles d’Adam Day. Non seulement j’aime la revue Légion, je la respecte. Merci de votre travail. » — Jill Montgomery, Collingwood (Ont.).

« Nous sommes heureux quand nous recevons notre copie. En tant que famille militaire pendant la Seconde Guerre mondiale et en service dans l’Aviation, FC, jusqu’en 1990, le militaire fait encore partie de notre vie. » — Sgte (retraitée) Barbara Grimster, Cornwall (Î.-P.-É.).

Parmi les nombreux thèmes qui se sont manifestés dans vos commentaires, il y a le souci prédominant qu’on n’enseigne pas l’histoire dans les écoles et que les jeunes Canadiens devraient avoir davantage d’occasions d’apprendre le passé. Nos lecteurs croient vraiment en la transmission du flambeau, pas seulement par rapport au souvenir, mais par rapport à notre histoire collective aussi.

« Je voudrais qu’on enseigne davantage l’histoire des guerres mondiales aux jeunes Canadiens. Ce n’est qu’en comprenant la guerre qu’on peut apprécier la liberté. Nous sommes chanceux de vivre au Canada. » — Beverly Broker, Nipawin (Sask.).

« J’aime les nouvelles modifications et le nouvel aspect de la revue. Les informations qu’on y donne me sont très utiles au travail, car je suis directeur de projet au Alberni Project, un programme pour rendre hommage aux hommes qui ont servi sur le HMCS Alberni. Continuez comme ça. Je voudrais que la revue soit offerte dans les écoles; heureusement qu’il y a l’accès en ligne. J’espère qu’on en avise les enseignants, qu’ils s’en servent pour enrichir les programmes d’histoire. » — Lewis Bartholomew, Courtenay (C.-B.).

« J’ai vraiment aimé votre publication et je crois qu’elle devrait être obligatoire dans les classes d’histoire et de sociologie des écoles secondaires. N’arrêtez pas l’excellent travail que vous faites. » — Nick Lisi, Whitby (Ont.).

Et certains de nos nombreux lecteurs profitent de notre publication pour rester en contact avec leurs camarades à travers le pays.

« J’aime beaucoup lire la revue Légion. Vu que beaucoup de filiales ferment leurs portes ou sont en difficultés, il nous faut vraiment leur apprendre des manières de continuer et de maintenir leur dynamisme dans l’économie d’aujourd’hui. » — Diane O’Donoghue, St. Catharines (Ont.).

« De bien des façons, c’est comme un compagnon. Ça sert à me tenir au courant des acti­vités des autres filiales, y compris leurs idées, dont la mienne pourrait tirer parti. » — Gerald A. Walker, Shawville (Qc).

« Quand je reçois ma revue Légion, je sens que j’appartiens à quelque chose de très important pour le passé et pour l’avenir du plus grand pays du monde.
À ma filiale, je me sens chez moi, aussi. » — Sharon Ryan, Dartmouth (N.-É.).

« Le dernier numéro, celui de mars/avril, est un des meilleurs depuis fort longtemps. À Ortona, dans le temps et maintenant m’a surtout intéressé(e), ainsi que Erin Doyle and the Navy part 32 par Marc Milner et il y en a aussi d’autres qui étaient excellents. Cette revue est le lien qui nous uni tous. Ne lâchez pas. Merci. » — H. Otis Phinney, Sackville (N.-B.).

« J’appartiens à la troisième génération d’une famille militaire et je suis fier d’appartenir à la Légion. J’ai beaucoup de bons souvenirs des filiales, de partout au Canada, que je visite chaque fois que j’en ai l’occasion pendant mes voyages. Merci de l’excellent travail que vous faites et pour cette revue. » — Alan Roy, Etobicoke (Ont.).

« Je suis vétéran de la Seconde Guerre mondiale, de la Corée, de l’OTAN et de la FUNU. J’ai toujours hâte de recevoir ma revue. Ça me sert à rester en contact, avec le passé ainsi qu’avec l’avenir et à garder l’espoir par rapport à l’avenir. » — Donald Hensler, Gibson (C.-B.).

Il semblerait que nos lecteurs ont aussi réagi au site de la revue dans la toile.

« Je ne savais pas que la revue avait un site, mais maintenant que je le sais, je vais le voir souvent. J’ai toujours hâte de recevoir ma copie de la revue et je la lis pratiquement au complet. J’aime les articles sur la marine, en particulier, et Humour Hunt (chasse à l’humour) me fait souvent rire. Continuez votre bon travail. Bravo-Zulu! » — George A. Rutherford, Belleville (Ont.).

Plus de la moitié des sondés ont pris le temps de faire des commentaires et nous les avons lus avec gout.

« C’est une revue au format excellent. Je prends beaucoup de plaisir à la lire au complet et je la garde pour m’y référer au besoin. Les membres du personnel des services, jeunes ou vieux, sont traités avec respect et gratitude dans la revue Légion. » — Barbara E. Bailey, Petawawa (Ont.).

« La gamme des sujets couverts est appréciée, comme l’article sur le 60e anniversaire de la Voie maritime du Saint-Laurent. Cette revue me surprend et me satisfait toujours. Je suis un patriote canadien loyal. » — Lyle Turgeon, Winnipeg.

« D’autres commentaires de nos soldats, le journal d’un soldat en Afghanistan ou en Iraq. Ce serait intéressant de connaitre leurs impressions par rapport à leur travail et à notre appui. » — Malcolm McRae, Smiths Falls (Ont.).

« La revue Légion a beaucoup été améliorée depuis 2008 : son apparence, son contenu, etc.; très appréciée. Merci beaucoup. » — Ron Butler, Faro (Yukon).

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Sur les traces de mon mari

La voix précise d’une femme répond, lors de l’appel téléphonique que nous faisons par rapport au grand prix du sondage sur le lectorat de 2009 de la revue Légion. Mme Rhona Jacobsen a gagné un voyage en France de 10 jours, organisé en l’honneur du 65e anniversaire du jour J, courtoisie de Verstraete Travel & Cruises. « J’arrive pas à y croire, j’arrive presque pas à y croire […]. J’aime beaucoup la revue Légion, depuis toujours. Mon mari était au jour J; il était à l’Hôpital général canadien et 29 d’entre eux ont été envoyés à l’île de Wight pour être formés pour le combat; et peu de temps après, ils étaient à bord d’un BDC américain… enfin, bref : ils ont débarqué sur la plage; la plage Sword (avec les Britanniques). »

Des fois, la vie revient au point de départ et c’est un de ces moments. Mme Jacobsen a décidé d’emmener son fils. Ils vont aller, ensemble, où son mari, défunt, a servi, pour ho­norer sa mémoire ainsi que celle des autres Canadiens qui y ont débarqué le jour J.

En tout, 10 prix ont été gagnés dans un tirage au sort dirigé par Research House. En plus du grand prix, il y avait trois prix de 150 $ comptant, trois prix de 100 $ comptant et trois prix de 50 $ comptant. Les trois gagnants qui reçoivent
150 $ sont Arthur M. Grenier de Balzac (Alb.), Mike Lapansee de Kanata (Ont.) et Henry Richardson de Sarnia (Ont.). Les trois personnes qui gagnent 100 $ chacune sont Marc Potvin de Centreville (N.-É.), L.O. Renton de Kars (Ont.) et Hope Gallows de Charlottetown. Les trois derniers gagnants, qui reçoivent
50 $ chacun, sont Jason Kelly de Kemptville (Ont.), Claire Irwin de Terrace (C.-B.) et Roland Drouillard de Chambly (Qc).