Le pari de Levy

Un soldat canadien britannique risque tout à la bataille de Kapyong

Mike Levy (en regard), élevé à Shanghai, s’évada d’un camp de prisonniers de guerre japonais en 1944. [The Military Museums/Famille de Mike Levy ]

La marée ennemie était implacable. Vague après vague, des soldats chinois, pressés par le son strident d’un clairon, déferlaient sur une ligne de crête en direction de la colline 677 en Corée, leurs silhouettes se découpant à la lumière de la lune jusqu’à ce que les fusées éclairantes, puis les lueurs de coups de canon et les explosions, viennent illuminer leur avancée. Pourtant, le torrent ne faiblissait pas, une force apparemment irrésistible que les défenseurs retranchés de la Compagnie « D » du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (PPCLI) s’efforçaient de retenir.

Trois jours plus tôt, la cinquième phase de l’offensive des communistes avait mis en déroute la 6e Division de la République de Corée au nord de la vallée de Kapyong, provoquant un flot humain qui menaçait de briser les lignes de front des Nations Unies et d’ouvrir la voie vers Séoul, au sud. Quelques heures auparavant, la défense acharnée sur la colline 504, adjacente au PPCLI de l’autre côté de la vallée, avait cédé lorsque le 3e Bataillon du Royal Australian Regiment
(3 RAR) dut abandonner le terrain. Vers 21 h 30 la veille, les soldats du 2e Bataillon canadien avaient failli partager un sort semblable, en fait plus près de la débâcle que nombre d’entre eux dans leurs positions isolées le croyaient, d’abord lors des affrontements de la Compagnie « B » et ensuite de ceux du quartier général du bataillon.

Le 25 avril 1951 à 1 h 30, ce fut le tour de la compagnie « D ».

« Tuez les cochons impérialistes », cria un officier chinois à la tête des hommes qu’il menait à travers les tirs de mitrailleuses Vickers, croyant que leurs assaillants étaient américains. Le cri de guerre dans une langue inconnue ne voulait pas dire grand-chose pour ceux qui se trouvaient au sommet de la colline 677, sauf pour l’un d’eux.

« Nous sommes des soldats canadiens, cria le commandant du peloton no 10, le lieutenant Mike George Levy, en employant le bon dialecte. Nous avons beaucoup de soldats canadiens ici. »

Les demandes ultérieures d’une reddition des Chinois retentirent le long de la ligne de crête, accueillies avec fureur par l’ennemi et un défenseur, étonnamment à l’aise dans leur langue, se vit traiter de « fils de tortue », une insulte culturellement très vulgaire. Dans l’obscurité et dans le vacarme de la bataille, Levy et l’attaquant échangèrent de nouvelles insultes jusqu’à ce qu’un subordonné du premier, fatigué de tout, intervienne : « Dis à ce maudit commandant de peloton de la fermer. »

Cela ne servait à rien, de toute façon, car les vagues d’ennemis continuaient de déferler.

Vers 3 h du matin, une mitrailleuse canadienne avait été neutralisée et ses servants, les soldats Maurice Carr et Bruce MacDonald, tués. Sans la mitrailleuse pour décimer leurs rangs en tir en enfilade, les Chinois, loin de ralentir, s’avançaient avec une agressi-
vité croissante, menaçant de prendre d’assaut plusieurs positions.

Le peloton de Levy était pratiquement encerclé dans ce qui avait tout l’air d’un trou perdu coréen loin de chez lui. À ce moment critique, le lieutenant britanno‑canadien était certain que seules des mesures radicales pouvaient suffire.

Ce n’était pas la première fois qu’il allait faire un pari audacieux.

La dernière fois que Levy avait croisé des forces chinoises, elles n’étaient pas ennemies, mais amies.

Né le 7 novembre 1925 à Bombay (aujourd’hui Mumbai) en Inde sous occupation britannique, et élevé à Shanghai de l’autre côté de la frontière sino-indienne, Levy avait passé sa jeunesse à pratiquer divers sports et à s’impliquer dans les

Les évadés prennent une pose avec un commandant de guérilléros chinois (ci-dessous). [The Military Museums/Famille de Mike Levy]

Levy fut transféré au Longhua Civil Assembly Center en 1943. L’adolescent n’avait pas l’intention d’y rester : il s’évada dans la nuit du 22 mai 1944.

Scouts. Après le déclenchement de la guerre entre le Japon et l’Empire britannique les 7 et 8 décembre 1941, cependant, il s’était retrouvé en territoire contrôlé par l’ennemi et fut incarcéré.

À 16 ans, Levy fut livré au camp d’internement de Pootung à Shanghai. En 1943, il fut transféré au centre de rassemblement civil de Longhua, tout près, où il partagea les installations rudimentaires avec environ 2 000 ressortissants étrangers alignés sur les Alliés. L’adolescent n’avait pas l’intention d’y rester : dans la nuit du 22 mai 1944, alors que les conditions « se détérioraient rapidement », il s’évada avec quatre autres captifs.

Échapper aux gardes et passer les barbelés à double rangée n’était que le commencement de leur terrible épreuve. Devant eux se trouvait un périlleux voyage de 3 200 kilomètres à travers de vastes étendues de la Chine conquise par les Japonais.

Dans les 24 premières heures, le groupe se heurta à un poste de garde japonais. Tenter de rebrousser chemin en ignorant les appels à s’arrêter se révéla vain, lorsqu’une jeune sentinelle les rattrapa. Interrogé sur leur identité, l’un des compagnons de Levy déclara qu’ils étaient des randonneurs allemands et russes (que ces deux pays étaient des belligérants n’éveilla apparemment pas les soupçons). Le soldat les laissa continuer leur chemin.

Se déplaçant à pied et en jonque pendant une grande partie du voyage, Levy et ses camarades traversèrent jungles et rizières, franchirent lacs et villages innombrables, généralement escortés par des bandes de guérilléros chinois et aidés par des habitants ruraux malgré les risques énormes que représentaient l’accueil et l’aide financière aux fugitifs.

Pendant ce temps, les Japonais continuaient de chercher le groupe de Levy. Ils durent également affronter maladies, terrains difficiles – mais spectaculaires – et la volatilité des lignes de front, qui les contraignait parfois à modifier leur itinéraire et à revoir leurs plans.

Vers le 21 juin 1944, le consulat britannique à Chongqing (capitale provisoire nationa-liste chinoise) leur envoya un télégramme où il les félicitait de leur « courage et de leur ingéniosité » dans leur évasion. Finalement, après environ deux mois à esquiver les autorités militaires japonaises, guidés par leurs alliés chinois, ils atteignirent un territoire suffisamment sûr pour s’envoler par-dessus l’Himalaya en direction de l’Inde.

Toutefois, les aventures de Levy étaient loin d’être terminées.

Levy déménagea au Canada, où il rencontra son épouse, Marjorie (ci-contre, à gauche) après la Seconde Guerre mondiale (ci-contre). [The Military Museums/Famille de Mike Levy]

Il avait rencontré des Canadiens lors de son service dans la Force 136 (ci-dessous, à gauche). [The Military Museums/Famille de Mike Levy]

Il retourna en Asie combattre en Corée pour le Canada (ci-dessous, à droite). [The Military Museums/Famille de Mike Levy]

À Calcutta (aujourd’hui Kolkata), le jeune à peine adulte se trouva une nouvelle mission en rejoignant le Special Operations Executive (SOE) britannique, où sa connaissance de la culture et de la langue chinoises, sans parler de ses récentes compétences en matière d’évasion, fut considérée comme un atout. Levy atteignit le grade de capitaine au sein de la Force 136 du SOE, s’entrainant, puis travaillant, aux côtés de quelque 150 Canadiens chinois qui s’y étaient également enrôlés, en grande partie avec l’aspira-tion d’obtenir l’égalité des droits chez eux.

« La mission des membres de la Force 136 était simple, est-il écrit dans un article publié sur le site Web du Musée militaire sino-canadien. Faites-vous parachuter derrière les lignes japonaises; survivez dans la jungle en petites équipes sans soutien extérieur; recherchez et entrainez des combattants de la résistance locale; travaillez avec ces groupes de guérilléros pour saboter l’équipement et les lignes d’approvisionnement japonais; livrez-vous à l’espionnage. »

Levy était, nul n’en sera surpris, le candidat idéal pour des objectifs aussi ambitieux.

En juillet 1945, le capitaine, alors second de l’équipe de liaison surnommée Galvanic Brown Patrol (Équipe de liaison de patrouille brune galvanique, NDT), fut largué dans la jungle malaise au nord de Kuala Lumpur, chargé de créer le désordre au sein des forces japonaises d’occupation. Œuvrant dans une relative solitude aux côtés de groupes de guérilla locaux

jusqu’au jour de la Victoire sur le Japon et après, Levy excella dans ses nombreuses fonctions, obtenant une citation à l’ordre du jour pour avoir été « plein de cran » lors d’un affrontement aux abords de la ville de Salak South.

Pendant son passage au sein des services de renseignement britanniques, cet officier endurci au combat en apprit beaucoup sur le Canada grâce au lieutenant-colonel vancouvérois Arthur Stewart, son collègue au SOE. Inspiré par lui et par ses camarades sino-canadiens, Levy choisit de s’installer au Canada après la guerre, habitant d’abord avec Stewart lui-même – qui présenterait le nouveau venu à sa future épouse, Marjorie Edith Arthur –, avant de se lancer dans l’entrepreneuriat à la direction d’un restaurant de poisson-frites à Vancouver.

Bien que son entreprise n’ait pas eu autant de succès qu’il l’espérait, Levy resta déterminé à repartir à zéro dans son pays d’adoption, en s’appuyant sur ses liens militaires et en s’engageant dans le régiment de milice des Irish Fusiliers of Canada. Il était donc bien placé pour se porter volontaire à la mission de l’ONU en Corée en réponse à l’invasion du Sud par le Nord, soutenue par les Soviétiques, le 25 juin 1950.

Levy, alors lieutenant du PPCLI de la Force spéciale de l’Armée canadienne, arriva dans la péninsule coréenne à un moment où le conflit était, selon l’historien William Johnston, un « champ de bataille en pleine mutation ». L’assaut initial nord-coréen força l’armée sud-coréenne et ses alliés américains à se retirer de Séoul et à se replier dans un périmètre défensif autour de la ville méridionale de Pusan (aujourd’hui Busan), une situation qui ne s’améliora qu’à la suite du débarquement amphibie des Nations Unies près de la ville portuaire d’Inchon, en septembre. Cela, de même que la percée simultanée hors du périmètre de Pusan, mit rapidement en déroute les forces communistes, qui cédèrent la capitale sud-coréenne et se replièrent au-delà du 38e pa-rallèle séparant les deux pays. Les troupes de l’ONU maintinrent la pression en progressant toujours plus au nord jusqu’à ce que les Chinois, entrés en guerre en octobre, lancent une offensive de 300 000 hommes pour les repousser.

Lorsque le 2e Bataillon du PPCLI de Levy débarqua à Pusan en décembre, la coalition multinationale à laquelle il était affecté avait été repoussée hors de la Corée du Nord jusqu’à une ligne de front situé à quelque 80 kilomètres au sud de Séoul. Envoyée en

Levy (ci-dessus, à gauche) se fait soigner à la suite d’une blessure par éclat en Corée en 1951. [The Military Museums/Famille de Mike Levy]

Levy avec des camarades en Corée (ci-dessus, à droite) . [The Military Museums/Famille de Mike Levy]

avant des autres éléments de combat de la 25e Brigade d’infanterie canadienne, la formation fut temporairement intégrée à la 27e Brigade du Commonwealth qui regroupait le 3e du RAR, deux bataillons britanniques, un régiment d’artillerie néozélandais et une unité d’ambulance indienne. Ces forces combinées, sous le commandement du brigadier Brian Burke, participèrent à la controffensive générale visant à repousser, une fois de plus, les envahisseurs communistes chinois et nord-coréens de l’autre côté du 38e parallèle.

Au cours des semaines suivantes, le 2 PPCLI dut endurer une série de combats acharnés pour des sommets coréens sans nom, affrontant un ennemi tenace capable de freiner l’avancée des Nations Unies suffisamment longtemps pour établir une nouvelle position défensive plus au nord. Rien qu’au cours des combats pour la colline 532, le 7 mars 1951, il y eut sept morts et 37 blessés chez les Canadiens.

Pourtant, lentement, surement, les Chinois et les Nord-Coréens se retirèrent et finalement, le 8 avril, la 27e Brigade du Commonwealth franchit le 38e parallèle en progressant à travers une vallée escarpée aux flancs abrupts, entourée de collines s’élevant jusqu’à 1 000 mètres au-dessus d’une rivière et d’un village avoisinant.

C’était Kapyong.

D’autres combats, plus modestes, mais non moins âpres, attendaient les Canadiens à l’aube de leur plus grande épreuve. À partir du 14 avril, dans une bataille pour arracher le contrôle de la colline 795 à l’ennemi, la compagnie « D » du PPCLI affronta alors l’une des résistances les plus coriaces rencontrées jusqu’alors.

« À 16 h 55, écrivait le diariste de guerre du bataillon, l’attaque de la compagnie a été lancée [et] a réussi à atteindre [l’objectif principal], mais la position était intenable […]. Le lieutenant M.G. Levy a mené l’attaque avec beaucoup de courage et a réussi à atteindre le bunker chinois solidement défendu […] avec son peloton. »

Mais, malgré leurs courageux efforts, la colline 795 ne tomba qu’au bout de deux jours, au prix de cinq blessés. Une grande partie de la brigade, moins les artilleurs néozélandais, se replia pour passer en réserve.

Ce répit serait toutefois de courte durée – une réalité que Levy allait apprendre à ses dépens.

Le 25 avril 1951, d’anciens amis devenus ennemis déferlèrent comme une marée.

Levy, en communication avec le capitaine Wally Mills, commandant par intérim de la compagnie « D », qui avait établi son poste de commandement tactique sur le versant arrière de la colline 677, avait l’intention de changer la donne.

Le lieutenant canadien britannique demanda que les tirs d’artillerie soient dirigés « pour frapper dans un rayon de 10 à 15 mètres de notre position ». Il s’agissait manifestement d’une manœuvre de dernier recours, avec des risques incommensurables, mais son officier supérieur l’approuva et la transmit au lieutenant-colonel Jim Stone, commandant du PPCLI, qui acquiesça.

Vingt-quatre canons de 25 livres du 16e Régiment de campagne de Nouvelle-Zélande, renforcés par trois unités d’artillerie américaines, lancèrent obus après obus sur une masse concentrée d’attaquants chinois alors que Levy, s’exposant à leur furie, dirigeait le bombardement.

Malgré cela, s’est souvenu par la suite un sergent du PPCLI à propos de la bataille en général, l’ennemi « continuait d’arriver ».

La situation était désespérée. Levy fit donc déplacer le feu sur sa propre position.

« Nos tranchées de tir étaient à deux pas, dit un soldat du 10e peloton, quand on nous a avertis, nous nous sommes tous accroupis. » Pendant que lui, Levy et les autres survivants se plaquaient au sol pour sauver leur peau, le barrage initial de 10 minutes produit l’effet désiré de disperser les forces ennemies, ne serait-ce que pendant un bref instant. « Ils étaient sur le point de nous submerger, ajouta le soldat, quand un autre barrage de dix minutes est tombé. Plus tard, durement pressés, nous avons demandé un troisième barrage de dix minutes. Nous étions convaincus que l’artillerie allait tous nous tuer […]. » Les deux sections assiégées de Levy eurent de la chance à cet égard, car, depuis le ciel, quelque 4 000 obus s’abattirent avec une violence extrême, frôlant dangereusement leurs positions à moins de cinq ou six mètres.

Plus loin, des cris déchirants perçaient l’obscurité alors que des obus explosant à peine sous la cime des arbres, déchiquetaient les rangs chinois, qui furent « arrêtés nets ». Levy, sautant de tranchée en tranchée tout en ajustant le feu des Néozélandais, avait sauvé son peloton.

Un chroniqueur du Toronto Sun ira même jusqu’à affirmer qu’il avait « peut-être sauvé Séoul ».

Ce qui restait indiscutable, c’est que le pari de Levy avait porté ses fruits.

La bataille de Kapyong prit officiellement fin pour les Canadiens le 26 avril, lorsque la 27e Brigade du Commonwealth fut finalement relevée, ce qu’elle mérita vraiment. À ce stade-là, les forces ennemies qui avaient subi 300 morts contre le PPCLI et potentiellement près de 2 000 pertes contre l’ensemble des troupes de l’ONU avaient concédé le combat.

Le combat s’était arrêté moins dans un fracas que dans un souffle au petit matin du 25 avril. Quoi qu’il en soit, les défenseurs, eux aussi, avaient été saignés et meurtris au terme de trois jours de combats féroces, en grande partie au corps à corps. La défense résolue de la colline 504 avait couté au 3 RAR 32 morts et 59 blessés, et même les artilleurs néozélandais enregistrèrent deux pertes. Le fait qu’un tel sacrifice ait eu lieu à la veille du Jour de l’Anzac, marquant exactement 36 ans depuis le désastreux débarquement de 1915 à Gallipoli, en Turquie, ajoutait sans doute au sentiment de devoir et d’engagement. Il ne fait aucun doute que les Australiens et les Néozélandais, ces derniers ayant tiré environ 14 500 obus au cours de la bataille, ont joué un rôle monumental pour éviter une catastrophe de toute autre ampleur en Corée.

Les Canadiens eux-mêmes, qui avaient mené leur propre défense acharnée au sommet de la colline 677 contre une force numériquement supérieure, déploraient 10 morts et 23 blessés. « Dans leurs zones de défense isolées, fit remarquer le lieutenant-colonel Stone, ils ont gardé leur sang-froid, maintenu le moral de leurs troupes, et fait feu de leurs armes. » Bien sûr, plusieurs hommes méritaient cette description – mais on peut soutenir qu’un seul l’avait véritablement incarnée.

La U.S. Presidential Unit Citation fut décernée au PPCLI, ainsi qu’à d’autres formations : la première des deux seules occasions où une décoration aussi rare a été conférée à un bataillon canadien. Cinq des soldats de l’unité reçurent également des accolades, notamment le détenteur de la Croix militaire Wally Mills qui avait transmis les coordonnées de la frappe d’artillerie fournies par le commandant de son peloton 10.

Levy ne fit pas partie des récipiendaires.

Il est vrai que l’histoire moderne regorge de cas où l’infanterie, consciente que sa
position pourrait tomber aux mains de l’ennemi, a appelé « le tir à proximité » par radio, une pratique éprouvée de la doctrine militaire où un barrage d’artillerie atterrit à portée de ses propres soldats, risquant ainsi un tir fratricide pour un bien collectif perçu et espéré. Néanmoins, le fait que cette manœuvre figure dans les manuels ne la rendait pas moins courageuse.

Quoi qu’il en soit, on disait que Levy ne nourrissait aucune rancune de n’avoir pas reçu de médaille. Ses efforts ont fini par être reconnus le 4 juin 2007, peu avant son décès, à l’âge de 81 ans. En avril 2004, la gouverneure générale Adrienne Clarkson lui a remis des armoiries personnelles en l’honneur non seulement de ses exploits à Kapyong, mais aussi de ses 25 années de service dans l’armée canadienne qui ont suivi.

Les armoiries se composent des couleurs régimentaires rouge, bleu et or du PPCLI, d’un éclair représentant l’unité radio que Levy utilisa pour demander le tir d’artillerie, et quatre cônes de pin coréens, symbolisant l’arbre du comté de Kapyong et l’espoir d’un nouveau départ.

La devise, quant à elle, dit tout : « I have prevailed » (J’ai triomphé, NDT).

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