Imperturbable

Nommé pour la première fois en 2019, le maréchal lord Richards de Herstmonceux restera le grand président de l’organisation. – Stephen J. Thorne

FACE À LA DEMANDE, LA LIGUE ROYALE DES ANCIENS COMBATTANTS DU COMMONWEALTH AMBITIONNE DE POURSUIVRE SON IMPORTANT TRAVAIL

La Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth (LRACC) aide les anciens combattants des Antilles, de l’Afrique, de l’Australasie et du sous-continent indien depuis 1921.

Les guerres, et un engagement envers les anciens combattants mal desservis dans l’Empire ou le Commonwealth, la perpé-tuent. La LRACC apporte ainsi son soutien à des centaines de milliers d’anciens militaires et à leurs conjoints sous forme de subventions d’assistance sociale équivalant à deux repas par jour. Elle les conseille également sur leur retraite, fournit une assistance pour déménager dans d’autres pays, retrouve les parents qu’ils ont perdus de vue et leur vient en aide pour les transferts de fonds et les demandes de prestations d’invalidité.

Plus de trois-millions de citoyens de l’Empire se sont battus pour roi et patrie entre 1914 et 1918; 440 000 en ont été victimes. Quatre-millions et demi de personnes du sous-continent indien, d’Afrique ou des Antilles se sont jointes aux combats entre 1939 et 1945; 360 000 y furent tuées, blessées ou capturées.

Leurs gouvernements n’ont pas toujours récompensé leurs sacrifices et reconnu leurs difficultés. Une telle organisation était requise dans les confins de l’Empire, alors la LRACC est intervenue. Or, les guerres sont heureusement devenues de moins en moins nombreuses, et l’évolution des liens avec la Grande-Bretagne, son empire relégué à l’histoire, a érodé la clientèle de la Ligue au fil du temps. En effet, ses jours semblaient comptés la dernière fois que les 52 organisations membres de la LRACC, appartenant à 48 pays, se sont réunies à Londres, en Angleterre, en 2022.

À ce moment-là, elle venait en aide à quelque 4 580 anciens combattants et veuves d’avant l’indépendance, la majeure partie d’entre eux au Pakistan, en Ouganda et au Zimbabwe. On estimait alors que quelque 3 600 bénéficiaires auraient besoin de son soutien pendant cinq ans tout au plus, après quoi il était prévu que la LRACC organise sa dernière conférence et tire sa révérence.

La Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth s’est réunie à Ottawa à l’occasion de sa 35e conférence. Des délégués de plusieurs de ses pays membres ont assisté à deux services commémoratifs au Monument commémoratif de guerre du Canada. – Stephen J. Thorne

Elle a obtenu une prolongation de financement de trois ans du Foreign, Commonwealth & Development Office britannique, c’est-à-dire six-millions de livres britanniques (environ onze-millions de $ CA), pour son programme destiné à aider les anciens combattants et leurs veuves. L’argent devrait durer jusqu’en mars 2027.

Sa 35e et peut-être dernière conférence a eu lieu à Ottawa en juin-juillet 2025. Cependant, selon des personnes présentes, de nouveaux faits ont incité les dirigeants de la LRACC à en remettre en cause la dissolution.

Au bout de 104 ans, la nouvelle s’est, semble-t-il, répandue, et de nouveaux clients ont fait surface. Les clients existants vivent plus longtemps que prévu. Plus de la moitié de sa clientèle est constituée de veuves. Soudain, la demande ne chute plus; elle croit.

À tel point qu’une LRACC épurée prévoit maintenant demander au Bureau de développement un financement de 10 ans pour faire durer ses programmes jusqu’en 2037. Elle organisera probablement au moins une conférence de plus, sans doute à Londres, disent les responsables.

Berkley Lawrence, hôte de la conférence d’Ottawa, président de la Légion royale canadienne et vétéran avec 33 ans de service au Corps royal canadien des transmissions, a déclaré au groupe réuni au majestueux hôtel Château Laurier que la nouvelle ligne de conduite, vu l’incertitude du financement, rendait la planification difficile, et l’avenir, obscur.

Selon M. Lawrence, « continuer le financement est une obligation morale ».

« Qu’adviendrait-il de la réputation de la LRACC et du gouvernement britannique si nous cessions de soutenir nos anciens combattants? » a-t-il demandé.

Le grand président de la LRACC, le maréchal lord Richards de Herstmonceux, a assuré aux délégués que les dirigeants étaient convaincus que le gouvernement travailliste britannique n’irait pas à l’encontre de ses principes fondamentaux et ne refuserait pas la demande de financement de l’organisation.

« Juste pour vous rassurer, a déclaré lord Richards, nous sommes prêts à préserver cette voix », ajoutant qu’il avait « bon espoir » que tout se passerait comme prévu. Il a exhorté M. Lawrence à « exercer une influence similaire » là où il le pouvait.

La famille royale est une fervente partisane de la ligue. Le roi Charles III y a succédé à sa mère, la défunte reine Elizabeth II, en tant que président d’honneur. Le père de Sa Majesté le roi Charles, le prince Philip, en a été le grand président pendant plus de 40 ans, et pas seulement sur papier; c’était un habitué des réunions de travail.

Les délégués participant aux sessions au Château Laurier d’Ottawa ont décidé de poursuivre le travail de la LRACC jusqu’à une décennie au-delà de son mandat actuel. – Stephen J. Thorne
Berkley Lawrence, hôte de la conférence et président de la Légion royale canadienne, présente un rapport sur son travail dans les Antilles. – Stephen J. Thorne

En 1982, l’organisation a lancé le Prince Philip Appeal for Commonwealth Veterans (appel du prince Philip pour les anciens combattants du Commonwealth, NDT).

La Légion royale canadienne coordonne les organisations membres dans les Antilles et les aide grâce au fonds d’aide sociale de la LRACC depuis 1966. Elle accorde également une subvention annuelle au Curphey Home, un établissement pour anciens combattants jamaïcains, et fournit chaque année à neuf pays des Antilles du matériel commémo-ratif, comme les coquelicots à revers.

Les légionnaires de tous les coins du Canada connaissent probablement mieux la LRACC pour les collectes faites en son nom lors des congrès biennaux des directions divisionnaires. Le président et le directeur général de la Légion effectuent le suivi du bienêtre résultant des activités de la LRACC dans les Antilles et y font des visites d’évaluation tous les deux ans.

Les partenaires de la Légion dans la prise en charge d’anciens combattants antillais et de leurs conjoints se rassemblent au cénotaphe. – Stephen J. Thorne
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