Le combat pour la colline 355

January 15, 2018 texte de Stephanie Slegtenhorst

Membres de la 3eme Battalion, Princess Patricia’s Canadian Light Infantry aux positions sur la colline 355. [DEPARTMENT OF NATIONAL DEFENCE]

Tout au long de la guerre de Corée, la colline 355 fut l’une des régions les plus contestées par les troupes chinoises et par les troupes des Nations Unies. Située à 40 kilomètres au nord de Séoul, elle était considérée, vu sa taille, ses positions défensives, et le fait qu’elle formait le terrain le plus élevé des environs, comme étant l’une des positions les plus stratégiques.

Le Royal 22e Régiment, commandé par le lieutenant-colonel Jacques Dextraze qui avait commandé les Fusiliers Mont Royal pendant la Seconde Guerre mondiale, fut chargé de tenir des positions aux collines 227 et 355 à l’aide du Royal Canadian Regiment, du Princess Patricia’s Light Canadian Infantry et des forces américaines. Les Van Doos, comme les appellaient affectueusement les anglophones, reçurent la consigne de défendre le terrain entre les deux collines.

Les préparatifs du départ commencèrent le 19 novembre 1951.

Les Van Doos avaient l’ordre de ne se replier en aucun cas, de rester maitres de tous leurs secteurs et de surtout ne pas paniquer. Tout cela serait fait à la façon des Van Doos. Le 21 novembre, le bataillon se dirigea vers ses nouvelles positions où il remplaça le 1 King’s Shropshire Light Infantry le 22 novembre à 6 h 30. Ses quatre compagnies se mirent immédiatement à améliorer les défenses.

Les Chinois déclenchèrent leur bombardement au moment où les Van Doos venaient de s’installer. Les bombardements qui s’intensifiaient rapidement étaient d’abord concentrés sur la compagnie D et sur les positions américaines de la colline 355, qui subirent de lourdes pertes. Les obus tombèrent toute la nuit et pendant la matinée.

Toutefois, le bataillon bénéficia d’un bref répit, car le bombardement de l’après-midi tomba sur la compagnie D, puis les Chinois effectuèrent un bombardement intense sur le sommet de la colline 355, forçant les Américains à quitter leurs positions à 17 h 35. Le flanc canadien était maintenant complètement à découvert, et les Chinois pouvaient voir leurs positions d’en haut.

Malgré les attaques vigoureuses, la région resta aux mains des Canadiens, et des chars d’assaut leur furent envoyés en renfort. Dans la matinée du 24 novembre, les Van Doos ayant repoussé quatre attaques chinoises, les Américains reprirent la majeure partie de la colline 355.

Les bombardements intermittents continuèrent le matin du 24 novembre et Dextraze donna l’ordre de lancer une contrattaque à la colline 227, qui rencontra peu de résistance. Le sommet repris fut tenu jusqu’au soir, tandis que les combats intenses se poursuivaient et la colline 355 fut perdue puis reprise une fois encore aux premières heures du 25 novembre. Les Van Doos reprirent leurs positions, et les Américains débarrassèrent complètement la colline 355 des Chinois qui s’y étaient installés. Une attaque de moindre portée fut lancée contre les Van Doos en provenance de la colline 227, mais
ce fut l’échec pour les Chinois qui firent rapidement marche arrière. Finalement, après quatre jours de combats épuisants, la compagnie D fut remplacée par la compagnie B. Au cours de ces quatre jours, la compagnie D, pratiquement seule, n’avait reçu presque aucune aide des trois autres compagnies canadiennes qui étaient en poste trop loin pour pouvoir les aider.

À la fin des quatre jours de combat, le Royal 22e Régiment avait subi plusieurs pertes : 16 morts, 44 blessés et trois disparus présumés morts. Environ 2 000 Chinois furent tués, bien que le chiffre officiel ne soit que de 742. La défense de la colline 355 fut décrite comme l’une des meilleures actions défensives de l’histoire de l’Armée canadienne. En octobre 1952, la colline 355 fut le théâtre d’autres combats intenses auxquels prit part le Royal Canadian Regiment qui, comme les Van Doos, tint ses positions.

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