La botte d’aviateur

On y cachait des outils d’évasion et elle avait été conçue pour
se transformer en chaussure ordinaire.

Lorsqu’on demande à Erin Napier, conservatrice du Canadian Warplane Heritage Museum situé à Hamilton, en Ontario, quel est l’article de sa collection qu’elle préfère, elle nous montre une paire de bottes en cuir qui ont bien servi, et qui appartenaient à James Allward, mécanicien navigant de Lancaster pendant la Seconde Guerre mondiale.

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[Sharon Adams]

Ces bottes à tige haute sont idéales pour leur utilisation principale : tenir l’aviateur au chaud pendant qu’il menait à bien sa mission dans une Europe déchirée par la guerre. Mais elles ont une double personnalité.

« C’est un objet de tous les jours qui peut servir d’article d’évasion, nous explique-t-elle. Si un aviateur sautait en parachute ou survivait à un écrasement, il pouvait se servir d’un couteau caché dans la doublure en laine épaisse et couper la tige de cuir.

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Operation mincemeat: Dans un film fondé sur de faux plans placés sur un cadavre, qui ont réussi à faire croire aux nazis qu’une invasion des Alliés aurait lieu en Grèce plutôt qu’en Sicile.BKBM9K MAN WHO NEVER WAS, THE MWNW 001 POSTER

Il ne lui restait qu’une paire de souliers ordinaires » et non pas des chaussures qui le feraient remarquer. Il pouvait aussi se servir des parties supérieures pour faire un gilet. Les modèles ultérieurs avaient des talons creux où l’on cachait des objets, leurs lacets servaient de scie de Gigli, et leur bout magnétique, de boussole.

La botte est une invention du major Christopher Clayton Hutton (surnommé Clutty). Le ministère de la Guerre britannique l’employait en tant que « théoricien des subterfuges » dans la section 9 de la direction du renseignement militaire (MI9). MI9 créait des articles pouvant servir aux aviateurs abattus et aux prisonniers de guerre à s’évader et à éviter d’être capturés en territoire ennemi. À la fin de la guerre, les aviateurs britanniques avaient une trousse d’évasion de la taille d’un paquet de cigarettes, qu’avait conçue Hutton, et qui contenait de la nourriture, de l’argent, des lames de rasoir, des tablettes de purification d’eau et une gourde.

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Les cartes en soie ne se froissaient pas, on pouvait les compresser dans de petits espaces et s’en servir sans faire de bruit.

Dans les colis de bonnes œuvres fictives livrés aux prisonniers de guerre, il y avait des cadeaux à la Hutton : carte imprimée sur de la soie et déguisée en mouchoir ou cachée dans une pièce de jeu d’échecs, un plateau de jeu ou un disque de phonographe, porte-cigarette télescope, boussole miniature cachée dans un stylo, un crayon ou un bouton, uniforme de rechange aisément transforma-ble en habit civil et où des cartes étaient imprimées à l’encre invisi-ble. Toutes les duperies, exceptée une, ont fini par être découvertes, l’exception étant un plateau de jeu de Monopoly marqué spécialement et où était cachée une trousse d’évasion comprenant des outils, des cartes locales et de l’argent.

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Le cahier de Charles Fraser-Smith contient le nom de plus de 300 sociétés qui fabriquaient des objets de tous les jours où l’on pouvait dissimuler des cartes et des outils d’évasion.

On estime qu’environ la moitié des 30 000 soldats britanniques ou alliés qui ont réussi à s’enfuir des territoires ennemis avaient profité d’un matériel d’évasion de MI9.

« En 1943, les responsables des armées de l’air alliées croyaient que si un aviateur sautait en parachute en territoire occupé, il avait une chance sur deux de rentrer chez lui », écrit l’historien militaire et major-général américain David Zabecki. Il y a eu 200 000 tentatives d’évasion, et bien que la plupart aient échoué, d’importantes ressources ennemies étaient utilisées pour donner la chasse aux évadés, le moral des gens en Europe occupée remontait quand ils aidaient les évadés et les aviateurs reprenaient confiance lors du retour fort célébré de leurs camarades.

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Boussole dans un bouton: Des boussoles miniatures étaient cachées dans des boutons d’uniforme. Pour éviter d’être découverts, ces boutons se dévissaient à l’envers.

Éviter d’être découvert était aussi important pour les espions qui avaient leurs propres concepteurs, dont Charles Fraser Smith, qui inventait des « gadgets Q » pour le Special Operations Executive et qui est considéré par beaucoup comme étant à l’origine de Q, intendant dans les films de James Bond. Les trucs malins de Smith comprennent le briquet cachant un appareil photo miniature, le blaireau de rasage contenant du film et la pipe doublée d’amiante servant au transport de documents secrets.
Il est renommé aussi pour avoir pris part à une opération où un cadavre portant de faux papiers a été largué au large de l’Espagne pour fourvoyer les nazis sur l’inva-sion de l’Italie. Le stratagème a été immortalisé dans le livre et le film The Man Who Never Was et la série récente de la BBC « Fleming : The Man Who Would Be Bond ».

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Les plateaux du jeu de Monopoly envoyés aux prisonniers de guerre étaient plus épais que les autres. Des points sur la surface de jeu indiquaient aux prisonniers où se trouvaient les cartes, les outils d’évasion et l’argent local dissimulés dans le plateau.

Base de données Last Post mise à jour tous les mois

Nous modifions la manière dont nous traitons les avis de décès afin de mieux servir nos lecteurs et les anciens combattants.

Le nouveau format servira à afficher sans attendre les avis de décès sur notre site Web, legionmagazine.com. Les entrées seront ajoutées tous les mois. L’encart « Last Post » ne sera plus inséré dans la Revue Légion. Il sera imprimé dans une édition annuelle et offert au plus proche parent pour ses dossiers, ainsi qu’aux abonnés que cela intéresse.

En 2016, la rubrique sera imprimée selon le calendrier habituel, c’est-à-dire au printemps et à l’automne. Les exemplaires imprimés seront envoyés par courrier au plus proche parent si la demande est faite dans le formulaire d’avis de décès.   

À partir de 2017, les soumissions seront inscrites à la base de données du site Web dans les deux mois suivant leur réception par nos bureaux. Une section annuelle comprenant tous les avis reçus jusqu’au 30 septembre de l’année en cours sera imprimée et postée pendant la période du jour du Souvenir.

Les lecteurs pourront effectuer des recherches sur le site Web et imprimer les résultats. Il s’agira également d’un précieux outil de recherches généalogiques.

Les avis de décès adressés à la Revue Légion par les filiales de la Légion royale canadienne seront inclus dans la base de données comme d’habitude, pourvu que la date de décès soit comprise dans la période couverte par la base de données du site Web (de janvier 1985 jusqu’à présent). L’avis peut être déposé par un membre de la famille dans l’année qui suit le décès de l’ancien combattant, mais les avis concernant un décès survenu auparavant devront nous être transmis par une filiale de la Légion royale canadienne.

Nous cherchons aussi des volontaires pour saisir les avis de décès d’avant 1985 dans la base de données.

Les pensions et indemnités augmentent de 1,2

Anciens combattants Canada a augmenté de 1,2 p. 100, conformément à la Loi sur les pensions, les pensions, indemnités et allocations versées en 2016. ACC règle le taux des pensions d’invalidité et des allocations le 1er janvier chaque année. Le montant est fondé sur l’indice des prix à la consommation en vertu de la Loi sur les pensions.

Si vous pensez avoir droit à un avantage lié au service militaire, passez à votre filiale pour prendre contact avec un agent d’entraide de la Direction nationale ou de votre division.

Pensions d’invalidité selon la Loi sur les pensions

Le degré d’invalidité s’exprime en pourcentage, l’invalidité totale étant évaluée à 100 p. 100. Quand une invalidité donnant droit à une pension est évaluée à moins de 100 p 100, le montant de la pension est proportionnellement réduit. Voici quelques exemples de pensions payées mensuellement en 2015.

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Le pensionné dont l’invalidité est évaluée à moins de 5 p. 100 perçoit un seul versement.

1 % 870,38 $

2 % 1 740,72 $

3 % 2 611,12 $

4 %3 481,47$

Pension de survivant selon la Loi sur les pensions

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2015 : l’année en résumé Restructuration et changement : préparer l’avenir

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Le cortège vice-royal observe un silence de deux minutes pendant la cérémonie du jour du Souvenir de 2015 au Monument commémoratif de guerre du Canada. [Metropolis Stuido]

La Légion continue de faire de grands progrès en matière d’aide aux anciens combattants et à leur famille. Qu’il s’agisse de célébrer le 90e anniversaire de la Légion ou d’adopter systématiquement des pratiques commerciales en ligne, ou encore d’améliorer les services aux anciens combattants, la Légion démontre que ses membres aspirent à ce qu’elle prospère pendant de nombreuses générations à venir.

Bureau des services

Le comité consultatif de la LRC sur les anciens combattants sans abri s’est réuni en septembre. Il a pour but de s’occuper de l’itinérance des anciens combattants au moyen d’échange de connaissances, de partage de pratiques exemplaires et de collaboration concernant les problèmes principaux. Une lettre d’entente avec VETS Canada a été signée en avril afin de coordonner l’aide aux anciens combattants sans abri du Canada.

Le Conseil exécutif national (CEN) a décidé de financer une troisième bourse de maitrise en recherche sur la santé des anciens combattants en 2016-2017. Celle
de 2015, qui s’élevait à 30 000 $, a été versée à l’ancienne réserviste
Ashleigh Forysth de Kingston (Ont.). Le comité a aussi sanctionné la continuation de notre appui au forum de l’ICFSMV entre 2016 et 2018.

En 2015, les bénévoles de la Légion ont rendu visite à presque 6 000 anciens combattants logés dans des établissements de soins de longue durée, dans le cadre du Projet de sensibilisation et de visite des établissements de soins de longue durée (SVÉ). Deux cours sur la SVÉ servant à former des bénévoles ont été donnés à la Maison de la Légion pendant l’année passée. Le contrat portant sur la SVÉ a été prolongé jusqu’au 31 mars 2016. 

Anciens combattants Canada a accepté de parrainer et financer l’élaboration d’une norme nationale relative aux chiens d’assistance avec l’Office des normes générales du Canada. La nouvelle étude pilote du Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et intégration sociale (CIRRIS) et de l’Université Laval est en cours, qui sert à évaluer l’utilisation de chiens d’assistance psychiatrique en tant que moyen de soigner le trouble de stress posttraumatique (TSPT) de manière sécuritaire et efficace. Le CIRRIS est en train de recruter des anciens combattants canadiens atteints du TSPT qui n’ont pas de chien d’assistance et qui sont disposés à en acquérir un auprès d’une école de dressage participante.

Les officiers d’entraide de la Direction nationale s’occupent d’un nombre toujours grandissant de demandes et d’appels. En plus de sa lourde charge de travail, le Bureau des services de la Direction nationale est venu en aide aux directions de l’Île-du-Prince-Édouard, du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse-Nunavut et de la Saskatchewan lors de changements dans leur personnel d’entraide.

La défense et la sécurité

Le Comité de la défense a maintenu une présence solide dans le monde de la défense grâce à sa participation à la Conférence des associations de la défense et à ses liens étroits avec les principaux chefs du ministère de la Défense nationale.

Le jour de la fête du Canada, la Direction nationale a offert un sac cadeau au « gout de chez nous » aux membres des Forces canadiennes en mission. Des colis pleins de produits à base d’érable ont aussi été distribués dans le cadre de l’opération Père Noël. À en croire la réaction de gens qui les ont reçus, ces colis ont été très appréciés.

L’adhésion

La Section de l’adhésion a été restructurée en 2015, la fonction de marketing étant retirée de son processus administratif.

La section, réorganisée, est maintenant en attente de l’installation d’un logiciel évolué qui servira à améliorer l’efficacité du traitement des adhésions en 2016. Grâce à un meilleur contrôle et à une efficacité accrue, on pourra se concentrer davantage sur le recrutement, le renouvèlement et la rétention.

La campagne d’adhésion Un à un lancée l’an dernier a permis à notre organisation de recruter 500 personnes.

Le marketing

Une nouvelle équipe de marketing a été créée en septembre 2015, après la restructuration du personnel de la Direction nationale. Une campagne utilisant les médias sociaux, les moteurs de recherche et le courriel a été lancée le 30 octobre. Elle a donné d’excellents résultats : une augmentation sensible du nombre d’adhérents en ligne et des ventes de la boutique du coquelicot. L’agence ottavienne Banfield a été embauchée. L’expertise de Banfield, choisie au moyen d’une DP, aidera le service de l’approvisionnement à atteindre ses objectifs en 2016 ou même à les surpasser.

L’approvisionnement

Les ventes de la boutique réservée aux membres se sont accrues de 69 % par rapport à celles de 2014, tandis que la boutique du coquelicot, ouverte au public, a réussi à augmenter ses ventes de 61 %. Des produits de commémoration de la Légion sont toujours dans les magasins CANEX des Forces armées canadiennes, dans les musées et d’autres points de vente. Le volume de ventes de ce canal de distribution s’est accru de 29 %. En général, les ventes ont augmenté de 33 % et le service de l’approvisionnement a expédié plus de 40 000 commandes en 2015.

L’approche communautaire et la communication

Chaque année, la Direction nationale organise 166 évènements de relations communautaires pendant 262 jours ouvrables. En outre, plus de 60 communiqués de presse et lettres aux rédacteurs ont été distribués au grand public, et la Direction nationale a accordé plus de 175 entrevues aux médias. 

En tout, quelque 11 500 articles publiés par diverses antennes médiatiques concernaient la Légion en 2015, et il y a eu environ 11 000 messages concernant la Légion sur Facebook, sur Twitter et sur des blogues. 

Le coquelicot et le souvenir

La campagne annuelle du coquelicot demeure le projet le plus important de la Légion, dans le cadre de laquelle plus de 21 millions de coquelicots et articles connexes ont été distribués en 2015. Bien que nous attendions encore les derniers rapports financiers de 2015, nous savons déjà que les fonds collectés en 2014, et qui sont allés aux anciens combattants dans le besoin, s’élèvent à environ 16,5 millions de dollars.

Le point culminant de la campagne du coquelicot est le jour du Souvenir, lors duquel des cérémonies sont organisées dans tout le pays. Selon le service de police d’Ottawa, plus de 35 000 personnes ont assisté à la cérémonie du jour du Souvenir au Monument commémoratif de guerre du Canada.

Parmi les dignitaires qui assistaient à la cérémonie se trouvait la mère de la Croix du Souvenir (d’Argent) nationale de 2015-2016, Sheila Anderson de Yellowknife (T. N.-O.). Son fils, le caporal Jordan Anderson, a trouvé la mort en même temps que cinq autres soldats canadiens et un interprète afghan, le 4 juillet 2007, lorsque leur véhicule blindé a roulé sur un engin explosif à quelque 20 kilomètres au sud-ouest de Kandahar. L’Acte du souvenir a été lu en anglais par le président national, M. Tom Eagles, en français par le grand président, M. Larry Murray, et en algonquin par M. Aurel Dubé.

Les cadets exceptionnels de l’année

Chaque année, en novembre, les récipiendaires de la récompense du Cadet exceptionnel de l’année de la Légion, sont invités à Ottawa par la Légion. Le voyage comprenait une visite privée du Parlement (y compris la Chapelle du Souvenir) et du Musée canadien de la guerre, un diner à la Résidence du gouverneur général où ils ont été reçus par le gouverneur général et le chef d’état-major de la défense, et l’occasion de porter des couronnes au sein du cortège vice-royal à la cérémonie nationale du jour du Souvenir. Les cadets exceptionnels de 2015 étaient le premier maitre de 1re classe James Robinson d’Eastern Passage (N.-É.), cadet de la marine, l’adjudant-maitre Lucas Emery de New Maryland (N.-B.), cadet de l’armée et le sous-officier breveté de 1re classe Harrison Latham de Mount Pearl (T.-N.-L.), cadet de l’Air.

L’éducation des jeunes

Les concours littéraires et d’affiches sont bien appuyés par les filiales et les divisions, et plus de 100 000 élèves de tous les coins du Canada s’y inscrivent chaque année. Les gagnants séniors des quatre catégories sont allés à Ottawa où ils ont participé à la cérémonie nationale du jour du Souvenir de 2015 et déposé une couronne de la part de la jeunesse canadienne. Il s’agissait d’Inés Carolina Fiedler de Windsor, en Ontario (poésie); de Victoria Fisher de Minnedosa, au Manitoba (composition), de Natasha Jones de North Vancouver, en Colombie-Britannique (affiche couleurs) et de Sideqa Haqani d’Ottawa (affiche noir et blanc).

Les championnats nationaux d’athlétisme

Les championnats nationaux d’athlétisme de la Légion pour jeunes ont eu lieu du 5 au 11 aout 2015 au stade d’athlétisme Richard-Garneau, à Sainte-Thérèse, au Québec. Des 10 divisions étaient venus 328 athlètes parrainés par la Légion, 36 chaperons et 28 entraineurs. Il y avait aussi 602 athlètes dans la catégorie ouverte et 130 entraineurs.    

Le programme pour les athlètes de la Légion comprenait un atelier, des séances d’entrainement, des activités sociales et les compétitions. Le thème du souvenir de 2015 était le 70e anniversaire de la libération des Pays-Bas et de la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le lieutenant-gouverneur du Québec, M. Pierre Duchesne, a assisté à la cérémonie d’ouverture en tant que conférencier. Il y avait aussi l’attaché militaire du Royaume des Pays-Bas, le lieutenant-colonel Christa Oppers-Beumer, Mme Sylvie Surprenant, mairesse de Sainte-Thérèse, M. Richard Perreaut, le maire de Blainville, l’honorable Charmaine Borg, députée fédérale, et Mario Laframboise, député provincial.

Concours sportifs des membres

Les championnats de curling ont été organisés en mars par la filiale Birch Hills (Sask.). L’équipe gagnante était celle de la filiale Chilliwak de la Colombie-Britannique.

Aux championnats de cribbage, organisés en avril par la filiale Spruce Grove (Alb.), la compétition des simples a été remportée par la filiale Fairview d’Halifax.

Les championnats de fléchettes ont été organisés à la filiale Cloverdale de Surrey (C. B.), au mois de mai. L’équipe gagnante est celle de la filiale Portugal Cove de Portugal Cove (T.-N.-L.).

Les championnats du jeu de la huit de la Légion ont été organisés, en mars, à la filiale Calgary. Le titre des équipes a été décroché par celle des filiales albertaines Bowness (Calgary) et Robertson Memorial (Medecine Hat).

Suivant une recommandation du Comité national des sports, le CEN a suspendu les championnats nationaux du jeu de la huit et du curling pour 2016 parce qu’ils n’étaient plus d’envergure nationale.

La Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth

Il y avait 103 anciens combattants et 108 veuves d’ancien combattant aux Antilles qui recevaient une aide de la Légion royale canadienne en 2015. Les programmes de la Légion sont axés sur l’assistance individuelle, et en tout, 167 231 $ ont été distribués. Les visites en 2015 ont été faites en Dominique, aux Bahamas et à Antigua. La LRC prévoit aller aux Antilles tous les deux ans, dans des pays différents chaque fois. Aucune visite n’est prévue en 2016.

Le Comité du Rituel et des Récompenses

En tout, 108 demandes ont été examinées par le Comité du Rituel et des Récompenses. Lors de sa réunion de février 2015, le CEN a autorisé le port d’une épinglette de la Tombe du Soldat inconnu, au revers de l’uniforme de la Légion, entre le 1er novembre 2015 et le 30 novembre 2016.

Le Comité de la Constitution et des Lois

Le Comité de la Constitution et des Lois a continué de donner des conseils aux membres de l’organisation sur les questions constitutionnelles soulevées par l’interprétation de la loi constitutive et des statuts généraux. Le comité a aussi exami-né et adopté des modifications aux statuts généraux de la plupart des directions divisionnaires. Parmi les réalisations remarquables, il y a eu l’éclaircissement des pouvoirs des zones internationales selon les statuts généraux et l’officialisation de leur statut juridique en ce qui a trait à la Loi d’incorporation.

Le Comité du congrès national

Le comité a examiné les actes de procédure du congrès national et réussi à réduire la durée de ce dernier d’une journée. Il a aussi modifié le calendrier des congrès nationaux à venir. Ils auront lieu à la fin du mois d’aout à partir de 2018. Les préparatifs du congrès national de St. John’s (T.-N.-L.), qui aura lieu du 11 au 15 juin, vont bon train. Le thème en sera « Se pencher sur le passé pour voir l’avenir ».

Le Comité du développement du leadership

Ce comité a mis la dernière main à l’agencement du contenu du site Web et élaboré la chronologie des ordinogrammes des leçons : un pour les nouveaux membres et un pour les autres. Les modules de formation seront disponibles en 2016.

Conclusion

Ces réalisations menées à bien au nom des anciens combattants, en plus de l’accord global de la Légion concernant les affaires en ligne, confirment son engagement en tant qu’organisation axée sur les services. En 2015, la Légion s’est appuyée sur son expérien-ce de 90 ans pour se forger un avenir encore plus radieux.

À votre service

Avantages offerts aux anciens combattants alliés

Les anciens combattants alliés du Royaume-Uni et leur famille et survivants dans le besoin peuvent demander aux filiales ou aux directions divisionnaires de la Légion royale canadienne de l’aide provenant du fonds du coquelicot, mais saviez-vous qu’ils peuvent aussi demander de l’aide aux fonds de bienfaisance du R.-U.?

Ces fonds offrent leur aide aux familles en ce qui concerne la nourriture, les vêtements, les médicaments sur ordonnance, les dispositifs médicaux ou les réparations d’urgence. Les anciens combattants alliés ou les veuves démunis peuvent également avoir droit à des versements de bienfaisance réguliers (VBR) ou à une aide financière régulière (AFR). Ces subventions sont offertes par la Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth (LRACC) ou par la Royal Air Force (RAF), et elles sont distribuées en leur nom par le Bureau des services de la Direction nationale tous les trois mois. Les subsides peuvent être renouvelés chaque année.

Des modifications ont été apportées à la Loi sur les allocations aux anciens combattants en 2010. Les anciens combattants alliés au Canada pourraient avoir droit à l’Allocation d’ancien combattant et aux services et avantages y afférant : fonds d’assistance, Programme de frais de funérailles et d’inhumation, prestations de traitement, Programme pour l’autonomie des anciens combattants et soins de longue durée.

Pour y avoir droit, il faut :

avoir servi dans une des forces alliées pendant la Seconde Guerre mondiale ou la guerre de Corée;

avoir habité au Canada pendant au moins 10 ans ou avoir habité au Canada avant de s’enrôler.

Pour savoir si vous avez droit aux services ou avantages sociaux offerts aux anciens combattants alliés, veuillez appeler ACC, sans frais, au numéro 1-866-522-2122.

Si vous désirez de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec le représentant nord-américain des anciens combattants alliés, Gary Foster, de la Direction nationale, soit au numéro sans frais 1-877-534-4666, soit à gfoster@legion.ca.


À votre service est écrit par des officiers d’entraide des directions de la Légion.  Pour communiquer avec un officier d’entraide, composez sans frais le 1-877-534-4666, ou visitez le site Web d’une direction.
Consultez www.legionmagazine.com pour les archives des trois dernières années.

Réparer les dégâts

M. Kent Hehr,
nouveau ministre des Anciens combattants,
a promis d’améliorer la qualité
de vie des vétérans en 2016.

Le ministre des Anciens combattants, l’honorable Kent Hehr, le 30e depuis la création du ministère à la fin de la Seconde Guerre mondiale, est fréquemment photographié en manches de chemise, comme s’il venait d’abandonner momentanément une tâche importante et qu’il avait hâte d’y retourner.

Et quelle tâche! Les 15 points dans la lettre de mandat que lui a envoyée le premier ministre Justin Trudeau comprennent l’amélioration de la qualité des services, des soins et du soutien financier, la réouverture de neuf bureaux régionaux et la création de deux centres d’excellence en soins pour anciens combattants.

« J’ai un mandat ambitieux, qui s’inscrit dans ce que je considère comme une bonne politique publique », nous disait-il à la fin de l’année dernière, « un mandat large qui servira les anciens combattants de bien des manières. » Il espère qu’il aura déjà atteint quelques-uns de ces objectifs avant la parution du présent article, et qu’il aura fait d’importantes avancées d’ici la fin de 2016. Il lui faudra beaucoup travailler.

Hehr

Le ministre des Anciens combattants, Kent Hehr, à l’occasion de l’hommage annuel de la Ligue canadienne de football aux anciens combattants. [Anciens combattants Canada]

M. Hehr a l’habitude de se remonter les manches et de s’atteler à la tâche. Il lui a fallu travailler dur pour reprendre sa vie en main quand il est devenu quadriplégique à cause d’une balle tirée d’une voiture en 1991, quand il était étudiant et brillant joueur de hockey. Certes, il dépend d’un fauteuil roulant pour aller d’une pièce à l’autre, mais l’énergie pour aller de l’avant et agir lui est propre. « Infatigable » est le mot que les médias de sa ville natale utilisent le plus en parlant de lui. Il a obtenu un baccalauréat en droit en 2001, son deuxième diplôme, et on lui a décerné le titre de diplômé de la décennie à l’Université de Calgary. En plus de s’occuper de son cabinet d’avocat, il s’est tellement engagé à servir la communauté que son nom a été inscrit sur la liste du Calgary Herald des 20 Calgariens à suivre. En 2008, il a été élu à l’Assemblée législative de l’Alberta, où il a été réélu en 2011.

Mais il a vite visé plus haut. « Le travail à l’opposition est un travail honorable, disait-il à l’Edmonton Sun en 2012, mais il faut le reconnaitre, les décisions se prennent à la table des grands », table où il a pris place en 2015, quand Darshan Kang et lui ont été les premiers libéraux élus à Calgary depuis 1968, pendant la première vague de la Trudeaumanie.

Son dévouement envers le travail collaboratif pour le bien commun, sans tenir compte de l’affiliation politique, a souvent été remarqué, et reste sa façon de faire dans ses nouvelles fonctions. L’opinion des groupes qui représentent les anciens combattants le guidera quand il aura des décisions à prendre.

« J’adore leur enthousiasme, ce qu’ils font […] et je les en remercie », dit-il. Mais il est aussi conscient de la charge de plus en plus lourde qu’ils portent. « Nous devons veiller à ne pas nous décharger de nos responsabilités sur le secteur sans but lucratif […]. Au bout du compte, la responsabilité incombe à Anciens combattants. »

Il rebâtit aussi des ponts avec les employés d’ACC qui selon lui ont été « traumatisés » par une dizaine d’années de réductions budgétaires et de pertes d’emplois.

M. Hehr donne l’impression de préférer une discussion avec des électeurs et des activistes dans une brasserie plutôt qu’un grand restaurant en compagnie de personnalités politiques. L’ancien premier ministre conservateur Joe Clark, qui a représenté la même circonscription que lui (Calgary-Centre) de 2000 à 2004, est un de ses héros.

« Il m’a toujours semblé être une personne de principe, » écrivait-il dans une lettre pu-bliée dans le Calgary Herald. « C’est ce genre d’intégrité que je m’engage à apporter à la Chambre des communes. »

« J’ai un mandat ambitieux,
qui s’inscrit dans ce que je
considère comme une bonne
politique publique. »

Mais c’est aussi un réaliste :
« La politique, c’est l’art du possible, dit-il. On ne peut pas prendre de décision sans justification factuelle. Prouvez-moi que cela a du sens du point de vue politique et financier. […] Que puis-je obtenir du Conseil du Trésor, qu’est-ce qui est raisonnable? Qu’est-ce qui fait avancer le dossier […]? »

Alors M. Hehr fait attention à ce qu’il promet. Certaines choses, comme l’embauche et autres efforts pour rouvrir les bureaux régionaux, arriveront rapidement. Il faudra peut-être plus longtemps pour marier la Nouvelle Charte des anciens combattants et la Loi sur les pensions pour offrir le choix de pensions d’invalidité à vie. La rétroactivité sera étudiée pendant le processus, a-t-il déclaré.

« Est-ce que ce sera parfait? Non, mais je vous assure que ce sera mieux. » Il a déclaré qu’il ne sera pas parfait lui non plus. « Je vous avertis tout de suite que je vais faire des erreurs, écrivait-il dans sa lettre au Herald. Probable-ment beaucoup. Ce sera comme la courbe d’apprentissage abrupte que vous m’avez vu gravir en tant que nouveau député provincial. Mais je vais aussi faire de bonnes choses. »

Parmi ces choses, il y a le changement de culture de travail à ACC qu’on y demandait : la culture « d’attention, de compassion, et de respect » promise par le sous-ministre d’ACC Walter Natynczyk au Forum de recherche sur la santé des militaires et des vétérans canadiens de 2015.

Si M. Hehr atteint la plupart de ses objectifs, les anciens combattants seront en droit d’espérer que son mandat soit plus long que ce qui est devenu la norme, ces derniers temps. Depuis 1993, le mandat des ministres d’ACC a été réduit au point où la moyenne n’est même pas d’un an et demi – six mi-nistres ayant siégé pendant moins d’un an –, le plus long ayant été de presque quatre ans. En revanche, les 15 premiers avaient occupé leur poste de ministre d’ACC en moyenne pendant un peu plus de trois ans, les deux plus longs ayant duré sept ans.

« C’est la chose la plus fantastique que je vais avoir l’occasion de faire de toute ma vie, dit M. Hehr. Je serais vraiment heureux d’être ministre des Anciens combattants pendant les quatre années de ce gouvernement. Mais ce n’est pas à moi que la décision revient. J’exerce mes fonctions à la discrétion du premier ministre. »

La guerre dont on parle peu

Comment la guerre du Golfe a changé les Forces armées canadiennes

PW

Tour de guet Des soldats font le guet dans le tableau de Ted Zuber de 1991, Long Day at Doha.

On n’a pas l’impression qu’un quart de siècle ait passé depuis la guerre du Golfe de 1990-1991. Quand j’ai rejoint le Collège militaire royal en tant qu’élève officier en 1975, c’était 25 ans après le début de la guerre de Corée, sans parler de la Deuxième Guerre mondiale qui s’était terminée à peine cinq ans plus tôt, et ces conflits me semblaient de l’histoire ancienne.

Il y avait probablement tout autant de respect dans mes yeux quand je regardais les anciens combattants que j’en vois dans les yeux des jeunes marins et élèves aujourd’hui quand je leur parle de l’opération Friction, comme nous appelions la contribution canadienne à la coalition sous l’opération Bouclier du désert et l’opération Tempête du désert menées par les Américains.

À vrai dire, on ne parle pas souvent de la guerre du Golfe ces temps-ci. Par rapport aux guerres, à la manière dont on les quantifie, elle parait à peine mériter ce nom : aucun des 4 500 marins, aviateurs et soldats canadiens qui y ont pris part n’a été tué ni blessé gravement, et on ne peut pas prétendre que le Canada ait fait beaucoup de tort aux forces irakiennes. La coalition, cependant, a causé de graves dégâts à l’armée irakienne : entre 20 000 et 35 000 morts, 75 000 blessés et 300 000 déserteurs ou prisonniers.

Les vétérans canadiens de la guerre du Golfe sont rarement mentionnés lors des commémorations du jour du Souvenir, et il n’y a pas d’inscription « Guerre du golfe Persique 1990-1991 » sur le Monument commémoratif de guerre du Canada. Pourtant, c’était un point culminant de l’histoire des Forces canadiennes, qui mérite bien plus d’attention que celle qu’on y porte, car il s’agit non seulement de la fin de la guerre froide, mais d’un changement important dans la manière dont les Forces canadiennes mènent leurs opérations. Presque tout ce que nous faisons maintenant remonte à l’opération Friction.

Notre unité allait être la première
des Forces canadiennes à avoir
des femmes au combat.

Rien de tout cela n’était évident à mes yeux le matin du jour de l’an 1991, quand je me rendais à l’aéroport international d’Halifax, mais je savais que ce que je faisais était bien loin de l’expérience dans la marine que j’avais eue jusqu’alors.

J’étais l’officier de combat du navire de ravitaillement NCSM Preserver et j’allais rejoindre le reste de son équipage de 250 personnes pour embarquer dans un Boeing 747 nolisé jusqu’à Dubaï, dans le golfe Persique. Nous allions effectuer une première pour la Marine canadienne : un changement d’équipage en théâtre d’opérations, à bord du navire identique NCSM Protecteur, dans un port très éloigné des eaux du nord de l’Atlantique et du Pacifique qui étaient nos endroits de prédilection d’aussi loin qu’on se souvienne. Et nous étions relativement certains que nous allions à la guerre, la vraie, pas à un cycle d’exercices prévisibles de l’OTAN. Comment en était-on arrivé là?

View of HMCS Protecteur and HMC Mercy at sea.

En mer Le NCSM Protecteur s’approche pour alimenter en carburant le navire hôpital Mercy au golfe Persique, en janvier 1991.

Quand Saddam Hussein a envahi le Koweït pendant la nuit du 1er au 2 aout 1990, le président américain George H.W. Bush a immédiatement formé une coalition pour appuyer les Nations Unies qui exigeaient le retrait des Irakiens. Au Canada, on supposait que les Forces canadiennes finiraient par contribuer à la mission de maintien de la paix qui suivrait, mais le premier ministre Brian Mulroney suivit le conseil du vice-amiral Charles Thomas, vice-chef d’état-major de la défense (et chef d’état-major de la défense intérimaire), d’envoyer un groupe opérationnel naval pour faire respecter l’embargo de l’ONU sur l’Iraq.

C’était un geste audacieux, car on considérait la marine comme étant « rouillée », en attendant les nouvelles frégates de classe Halifax qui étaient alors en construction et le Projet de modernisation des navires de classe Tribal qui lui donnerait les nouveaux contretorpilleurs de classe Iroquois. Un grand nombre des systèmes d’armes et de communication étaient déjà entre les mains de la marine, et ils pouvaient être installés sur les vieux navires au chantier d’Halifax.

Le 24 aout, après deux semaines d’activités frénétiques, le groupe opérationnel naval formé des contretorpilleurs Athabaskan et Terra Nova et du navire de soutien Protecteur prenait le large sous le commandement du commodore Kenneth Summers.

Summers proposa une démarche encore plus audacieuse. En étudiant les régions d’opération éventuelles et leurs conditions, il conclut que la contribution des navires la plus efficace aurait lieu non pas dans la région arrière relativement sécuritaire de la mer d’Arabie, mais bien plus en avant, au milieu du golfe Persique. Cela dépen-drait de la supériorité aérienne de la coalition, alors le gouvernement envoya aussi ce qui allait devenir une escadre de 24 avions CF-18 basés à Doha, au Qatar.

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Dans les airs Un chasseur à réaction est ravitaillé en l’air. [A 4515689]

C’était un rôle normal pour les Hornet basés à la BFC Baden, à Soellingen, en Allemagne, mais ce qui était très différent, c’est qu’ils voleraient avec la marine des É. U. plutôt qu’avec leur armée de l’air, et cela nécessiterait un important changement de la doctrine et de l’équipement de communication. Les « Desert Cats (chats du désert, NDT) » se sont bien adaptés aux nouvelles conditions, et le 14 octobre, ils ont effectué leur première patrouille aérienne au-dessus du centre-nord du golfe Persique.

C’était la première fois de l’histoire que les forces navales et aériennes canadiennes s’appuyaient directement dans un environnement tactique rapproché. Pour répondre aux exigences logistiques croissantes, et comme aucune date de fin de l’opération n’était fixée, on décida qu’il fallait un commandement unifié pour coordonner la supervision. Le commodore Summers reçut l’ordre d’aller à terre installer le Quartier général des Forces canadiennes au Moyen-Orient. Le QG FORCANME, qui ouvrit à Manamah, au Bahrain, le 6 novembre 1990 était le prototype de ce qu’on appelle depuis lors le quartier général interarmées des FC.

Durant les deux prochains mois, ces forces navales et aériennes canadiennes ont contribué de manière importante à l’embargo de plus en plus serré sur l’Iraq, pendant que les armées de la coalition grandissaient en Arabie saoudite du nord, indiquant l’intention ferme d’obliger Saddam Hussein à quitter le Koweït. Le 30 novembre, le Conseil de sécurité de l’ONU a voté la résolution 678 autorisant « tous les moyens nécessaires » pour effectuer le retrait iraqien au plus tard le 15 janvier 1991.

ISC91-4148-16 January 1991 Manama, Bahrain OP FRICTION Commodore Summers announces start of war.

Briefing à minuit Le commodore Kennet Summers avise l’état-major que la campagne a commencé le 17 janvier 1991. [ISC91-4148-16]

C’est dans ces circonstances que nous sommes arrivés à Dubaï, le 2 janvier. L’équipe de commandement était consciente de deux facteurs. D’abord, comme des femmes formaient presque un quart de l’équipage du navire, notre unité allait être la première des Forces canadiennes à avoir des femmes au combat (elles étaient membres régulières de l’équipage depuis quelques années). Ensuite, nous n’étions pas un groupe très uni, car lorsque le Preserver avait été remis en état le printemps précédent, la plupart des membres d’équipage avaient été postés ailleurs (bon nombre d’entre eux à bord du Protecteur), ce qui signifiait qu’une grande partie de ceux qui étaient alors à bord provenait du détachement aérien et du groupe professionnel militaire commun (des emplois concernant la logistique, la médecine, la justice et la police militaire qui ne sont pas liés de près ni à l’armée, ni à la marine, ni à l’aviation); pas moins de la moitié de l’équipage se composait de « nouveaux » et presque un quart n’avaient jamais pris la mer.

Nous nous sommes occupés de la prise de possession du Protecteur, de l’inventaire, de la signature des comptes de distribution (une préoccupation significative à bord d’un navire ravitailleur), de la formation, en prenant des pauses de temps en temps sous le soleil brulant de la ville cosmopolite. Partout autour de nous, CNN, réseau de nouvelles lancé peu de temps auparavant, diffusait le compte à rebours jusqu’au 15 janvier.

Lorsque la guerre aérienne a commencé, le 17 janvier, nous étions dans la mer d’Arabie et prêts sur le plan opérationnel. On nous rappela immédiatement au golfe, et en chemin, nous avons ravitaillé en carburant plusieurs escortes du dernier des six groupes aéronavals qui se concentraient là-bas.

L’embargo sur l’Iraq était alors superflu, et pendant les six semaines qui ont suivi, le groupe opérationnel naval s’est occupé de la protection et de l’organisation des forces de réapprovisionnement, un défi organisationnel difficile à relever. En même temps, la supériorité aérienne de la coalition assurée, les Desert Cats avaient assumé des rôles plus offensifs; d’abord d’« exploration et escorte », puis le 24 février, premier jour de la bataille terrestre, des missions de bombardement en Iraq.

A CF-18 taxis into line after completion of a combat air patrol.

Cent heures plus tard, la phase des combats était terminée : l’armée irakienne brisée avait été repoussée du Koweït (après avoir incendié les champs pétroliers) et la coalition s’était avancée jusqu’à moins de 240 kilomètres de Bagdad avant de déclarer un cessez-le-feu et de retourner au Koweït.

Un aspect inhabituel de la guerre du Golfe était que notre force terrestre n’y était pas un facteur important, surtout à cause de sa préoccupation concernant la crise d’Oka à l’été et à l’automne de 1990. Notre seul élément terrestre dans l’invasion était le 1er Hôpital de campagne du Canada, provenant de la BFC Petawawa, qui avait été rattaché à la 1re Division du Royaume-Uni.

Le seul échange de coups de feu entre les forces canadiennes et irakiennes avait eu lieu pendant la nuit du 30 au 31 janvier, lorsque deux CF-18 avaient fait subir des dommages irréparables à une vedette rapide qui essayait de passer en Iran.

Pour finir, tout récit de la manière dont la guerre du Golfe a transformé le point de vue des Forces canadiennes serait incomplet si l’on ne faisait pas mention du syndrome de la guerre du Golfe. Bien que les causes physiques (dont l’exposition à l’uranium appauvri, les vaccins et la fumée des puits de pétrole en feu) n’aient toujours pas toutes été déterminées, il est indiscutable qu’un grand nombre de vétérans de la guerre du Golfe ont cette maladie chronique, conséquence des plus regrettables qu’on n’avait pas vue au Canada depuis la Seconde Guerre mondiale : un éventail de symptômes que l’on regroupe aujourd’hui sous le nom de trouble de stress posttraumatique.

La reconnaissance de la valeur fondamentale d’une bonne formation et d’un bon équipement pour les forces de combat est peut-être le changement le plus important apporté aux Forces canadiennes par l’opération Friction. Le groupe opérationnel naval et l’escadre de chasseurs ont été déployés très rapidement et envoyés essentiellement « tels quels », et ils se sont adaptés très vite à des rôles et à une doctrine extérieurs à leurs concepts opérationnels établis. Je suis fier d’avoir pris part à l’action.