Cérémonie en commémoration d’attentats perpétrés en 2014

Le premier ministre désigné Justin Trudeau (en h., à g.) et le premier ministre Stephen Harper déposent une couronne.

Le premier ministre désigné Justin Trudeau et le premier ministre Stephen Harper déposent une couronne. [Caméra de combat des Forces canadiennes]

Un an après que deux soldats canadiens ont été tués lors d’attaques inspirées par l’EIIS, Ottawa a fait une pause en souvenir d’eux lors d’une commémoration courte et sobre au Monument aux morts.

Le temps était frais et nuageux, le 22 octobre, quand des milliers de personnes se sont assemblées autour du monument en signe de respect envers l’adjudant Patrice Vincent
et le caporal Nathan Cirillo. 

Il y a eu un salut de 21 coups de fusil et un défilé aérien de quatre avions de chasse CF-18. Le premier ministre Stephen Harper et le premier ministre désigné Justin Trudeau étaient côte à côte pour déposer une couronne.

Le gouverneur général, David Johnston, a lui aussi déposé une couronne et prononcé un bref discours. « Un an a passé. Nous avons toujours du chagrin. Nous continuons de guérir, a-t-il dit. Aux familles, aux amis, aux êtres chers de l’adjudant  Patrice Vincent et du caporal Nathan Cirillo : mes pensées vous accompagnent en ce pénible anniversaire. »

Si l’évènement avait un thème, c’était d’affirmer que, même alors que nous nous souvenons d’eux et de leur sacrifice, la tentative de répandre la terreur parmi les Canadiens a échoué, et qu’elle échouerait toujours. « Bien des gens disaient que le Canada avait changé à jamais en octobre dernier. Je ne crois pas que le Canada ait changé à jamais, a dit M. Johnston à la foule. Les Canadiens continuent de défendre les valeurs démocratiques que sont la tolérance, la diversité, l’égalité, l’équité et l’état de droit, c’est-à-dire la recherche incessante de la justice. »

M. Trudeau a fait écho au gouverneur général en parlant de ce que la journée de commémoration signifiait pour les Canadiens. « Nous ne permettrons pas aux menaces de nous changer, et nous ne nous soumettrons pas à ceux qui essaient d’ébranler nos valeurs et notre mode de vie, a-t-il dit. Les Canadiens sont bienveillants et généreux, ils ont une attitude ouverte et sont optimistes. Le Canada a été bâti par des gens de tous les coins du monde, de toutes les confessions, de toutes les cultures, et parlant toutes les langues.»

Il ne fait aucun doute que les proches de MM. Vincent et Cirillo étaient les vrais invités d’honneur à la cérémonie. Ils étaient assis au premier rang, au centre, aux côtés des plus hauts dignitaires du pays. Leur sacrifice est gravé dans nos mémoires à jamais.

Le fusil Ross

Ross

UN BEAU SPÉCIMEN, un fusil Ross de troisième série. [MCG/19750021-015]

Les fantassins avaient horreur de cette arme
de la Première Guerre mondiale fabriquée
au Canada, tandis que les tireurs
d’élite l’adoraient.

À la fin de la guerre d’Afrique du Sud, le Canada n’a pas réussi à persuader la Grande-Bretagne qui était alors à court d’armes de lui fournir des fusils Lee-Enfield, ni même une licence pour en fabriquer. Comment ce pays tout neuf allait-il pouvoir armer ses soldats, ses policiers et ses mili-ciens? L’industriel et passionné d’armes sir Charles Ross s’est alors présenté, et il a proposé de bâtir une fabrique à Québec pour produire un fusil de sa conception. Le gouvernement a commandé 12 000 fusils qui devaient être livrés en 1903.

La conception à tir droit et verrou du fusil promettait un tir plus rapide que celui du Lee-Enfield, puisqu’il n’était pas nécessaire de faire un quart de tour à la main. Sa précision lui a valu l’appui indéfectible de Sam Hughes, tireur de précision pas-sionné et ministre de la Milice et de la Défense entre 1911 et 1916. Les essais ont révélé des problèmes, comme le coincement des verrous au bout d’un certain nombre de tirs, mais Ross a promis que tout serait corrigé à la fabrication. C’était la première d’une longue série de modifications apportées au concept de départ.

Les premiers soldats canadiens et terre-neuviens étaient armés des fusils Ross quand ils sont partis en guerre. Les tireurs d’élite adoraient leur précision. Toutefois, ils étaient usinés trop précisément pour la variation des munitions produites en masse par les Britanniques, et les fantassins n’arrivaient pas à en assurer la propreté dans la crasse des tranchées.

Ross 7

Le tireur d’élite Francis Pegahmagabow [John Boyd/BAC/PA-061466;]

Plusieurs fusils se sont enrayés à la bataille de Neuve Chapelle, en mars 1915. Le laiton mou des cartouches britanniques se dilatait et elles se coinçaient dans la chambre; en outre, la boue enrayait le mécanisme. À Ypres, au mois d’avril, certains soldats se servaient d’une botte ou d’une pelle pour faire jouer le mécanisme. Un officier a écrit : « Ce n’est ni plus ni moins qu’un meurtre que d’envoyer un soldat au combat avec une telle arme. »

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Des soldats échangeant leur fusil Ross au camp Barriefield de Kingston, en Ontario, en 1915. [Archives de la ville de Vaughan]

Certains des soldats jetaient leur fusil Ross, surnommé « Canadian club » (gourdin canadien, NDT) pour ramasser un Lee-Enfields tombé des mains d’un allié, malgré la consigne de ne pas le faire.

Quand un problème était surmonté, d’autres se posaient. Les premiers modèles ont été munis d’une chambre plus grande où l’on pouvait mettre des munitions de plus gros calibre, puis un problème de fabrication a surgi : les pièces des nouveaux modèles étaient trop serrées à l’usine, ce qui déformait la chambre. Parmi les modifications qui ont suivi, il y a eu le durcissement du métal de la tête du verrou et l’installation d’un boulon d’arrêt plus gros.

Malgré le fait que le fusil qui se coinçait ébranlait la confiance des fantassins, les tireurs d’élite l’adoraient. Il était de très grande précision entre les mains des tireurs d’élite Henry Louis Norwest, Métis de Fort Saskatchewan, en Alberta, et Francis Pegahmagabow, Otchipwe de l’Ontario. La Médaille militaire a été décernée à Pegahmagabow pour ses exploits aux batailles d’Ypres, de Festubert et de Givenchy. Il a mérité une barre à sa médaille à Passendale et une autre à la bataille de la Scarpe. C’était un éclaireur superbe et un tireur de grande précision, et on lui attribue la mort de 378 ennemis et la capture de 300 autres; il est censé détenir le record de tireur de la guerre, des deux côtés de la ligne de démarcation. La Médaille militaire a été décernée à Norwest à la crête de Vimy, où ses tirs de précision ont sauvé un grand nombre de vies, et il a obtenu une barre en 1918. Il aurait tué quelque 115 soldats ennemis.

En juin 1916, le maréchal britannique Douglas Haig a ordonné aux troupes canadiennes de remplacer leurs fusils Ross par des Lee-Enfield. Hughes l’impolitique
a été remplacé à son poste de mi-
nistre en 1916, et le gouvernement fédéral a exproprié l’usine de Ross l’année suivante. Diverses versions du fusil Ross ont continué de servir à l’entrainement et pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ross 3

L’usine à fusils Ross à Québec. [MCG/20030011-133]

420 000
Nombre de fusils Ross produits

20 Nombre de tirs par minute

3,9 kg Poids

5 Nombre de versions conçues entre 1903 et 1914


Ross 5

Sir Sam Hughes s’est fait le champion du fusil Ross fabriqué au Canada, et il s’est fait critiquer vertement quand il l’a défendu malgré le nombre croissant de preuves de ses lacunes en situation de combat.

 

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Des soldats du 127e Bataillon (12th York Rangers) en 1916. [Archives de la ville de Vaughan; BAC/74187; ]

25,4 cm
Longueur de la baïonnette

28 $
Prix payé pour chaque fusil par les pourvoyeurs du Newfoundland Regiment


Ross 2

Un soldat et son fusil au repos. [BAC/PA-107378]

25,4 cm
Longueur de la baïonnette

90 ans après

90ThAnniversaryLogo

Nous avons fait beaucoup de chemin. La Revue Légion entame sa 90e année de publication, et elle ne faiblit en rien. En l’honneur de cet anniversaire remarquable, nous avons renouvelé l’apparence et le contenu de la revue, y compris l’édition française, que nous imprimons maintenant en couleurs. Le nombre de pages dédiées à l’histoire militaire du Canada a augmenté, tout comme le nombre de pages consacrées aux problèmes courants des anciens combattants ou de la défense. Nous avons aussi amélioré la lisibilité du texte lui-même. Comme toujours, nous continuerons de présenter des photographies d’archive ou contemporaines pour illustrer les articles éloquents de nos rédacteurs. Et, ce qui est le plus important, nous nous réjouissons de pouvoir partager l’histoire de ce pays avec vous. Nous vous souhaitons bonne lecture

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La conscription: la question qui a déchiré le Canada

Au début de la Première Guerre mondiale, en aout 1914, des milliers de Canadiens, jeunes ou vieux, sont allés à l’entrainement au Camp Valcartier. Les volontaires étaient alors nombreux, et le Canada était prêt à montrer à la Grande-Bretagne, et au monde, qu’il représentait une force à ne pas sous-estimer. Le premier ministre, sir Robert Borden, avait promis au Canada qu’il n’y aurait pas de conscription.

En 1916, le nombre de personnes qui se portaient volontaires pour le Corps canadien diminuait de plus en plus. Ceux qui restaient n’avaient guère de loyauté envers la Grande-Bretagne, et ils voyaient la guerre comme étant une guerre de la Grande-Bretagne, pas du Canada (beaucoup parmi ceux qui s’étaient engagés au début étaient sujets britanniques résidant au Canada). Beaucoup de gens pensaient que partir pour la guerre revenait à un suicide, et vu l’abondance d’emplois au Canada, nul n’était besoin de quitter le pays.

Quand Borden est allé en Europe au printemps de 1917, il a appris ce que la prise de la crête de Vimy avait vraiment couté au Corps canadien. À son retour, il a estimé qu’il était de son devoir, et de celui du Canada, de renforcer les troupes au front. Il a donc jugé que le service obligatoire était nécessaire.

À la Chambre des communes, en mai, Borden a parlé de la gravité de la situation en Europe. Le projet de loi sur le service militaire de 1917 a rapidement suivi, et le 29 aout, la conscription devenait loi. Laurier et son parti libéral ont été prompts à s’y opposer. En juin, Borden avait offert une coalition politique à Laurier. Ce dernier a refusé parce qu’il estimait qu’il perdrait l’appui du Canada français s’il acceptait.

Le gouvernement prévoyait enrôler 100 000 hommes dans le cadre de la loi sur la conscription. Les conservateurs ont eu une im-portante victoire à l’élection de décembre 1917, et l’enrôlement a commencé en janvier 1918. L’indignation s’est rapidement propagée au pays, et le Canada français n’était pas seul à s’opposer à la conscription. Parmi les 405 395 hommes qui avaient été jugés aptes au service, 94 % ont déposé une demande d’exemption, et près de 87 % l’ont obtenue.

C’est au Québec qu’a eu
lieu la contestation la
plus violente.

Bien que la majorité des appelés se soient opposés à la conscription, c’est au Québec qu’a eu lieu la contestation la plus violente. Le 28 mars, une émeute a éclaté quand la police de Québec s’est mise à arrêter les hommes qui n’avaient pas de documents d’exemption. Les affrontements ont duré 3 jours. Les foules ont détruit les bureaux du registraire et, le 1er avril, les troupes ont été appelées en renfort par le gouvernement et ont été accueillies avec des roches et des boules de neige. Les soldats ont ouvert le feu sur les ma-nifestants et, résultat : beaucoup de soldats blessés et de civils morts. Cette fin de semaine de Pâques a indubitablement été la plus violente des protestations survenues au Canada.

Le Premier ministre Borden a-t-il pris la bonne décision quand il a demandé la conscription? Le débat à ce sujet dure encore parmi les historiens. Mais on sait que, sur les 99 651 conscrits, 47 509 sont allés en Europe, et seulement 24 132 de ce Corps canadien ont pris part au combat avant la fin de la guerre.

Les conscrits ont été indispensables au cours des Cent jours du Canada. Ces Cent jours ont couté très cher – 45 000 blessés – et les conscrits étaient là pour renflouer les rangs, qui ont permis au Canada de résister puis de défaire l’armée allemande au front occidental. Ce qui est certain, c’est que si la guerre avait continué en 1919, comme le prévoyaient les Alliés, les conscrits auraient tous été nécessaires, et de toute urgence. Le Canada était prêt à soutenir ses troupes à l’étranger, quoi qu’il lui en coute.

Silence solennel

 

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Des coquelicots sont déposés sur la Tombe du Soldat inconnu Monumentcommémoratifde guerre du Canada, à Ottawa, le jour du Souvenir. [Metropolis Studio]


Le calme s’est fait à Ottawa alors que la ville,
et la nation, marquaient un temps d’arrêt
en l’honneur des morts 

 

Le temps était nuageux mais doux pour la saison, en cette matinée du jour du Souvenir, lorsque quelque 35 000 personnes ont convergé vers le Monument aux morts pour rendre hommage à ceux et celles qui ont servi dans les forces militaires du Canada ou qui y servent actuellement.

À neuf heures, des centaines de personnes se tenaient déjà aux barricades qui entouraient le cénotaphe situé au croisement des rues Wellington et Elgin, attendant l’arrivée des anciens combattants, des invités d’honneur et du cortège vice-royal.

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Le cortège vice-royal observe un silence de deux minutes. [Metropolis Studio]

Son excellence l’ambassadeur d’Italie au Canada, Gian Lorenzo Cornado, fut le premier arrivé parmi les diplomates. « Je suis venu tôt aujourd’hui parce que, d’après moi, c’est important de reconnaitre ce qu’ont fait les soldats canadiens pour l’Italie à la Seconde Guerre mondiale, a-t-il dit. Presque 93 000 Canadiens ont servi là-bas, […] alors je suis ici pour leur rendre hommage. »

Des milliers de personnes de tout âge et de tous les coins du pays l’ont rejoint, résolus à se souvenir des plus de 116 000 personnes qui ont donné leur vie au service du Canada dans le cadre de missions de combat, de maintien de la paix et d’autres missions militaires.

« Le jour du Souvenir est un jour spécial pour moi »,dit Lionel Rowe, président de la filiale Montgomeryde la Légion qui se trouve non loin de là, rue Kent.« […] Il y a beaucoup d’anciens combattants dans mafamille et parmi mes amis, alors c’est particulière-ment cher à mon cœur. »

Le son émouvant des cornemuses et des tambours a annoncé l’arrivée de la garde du drapeau de la Direction nationale de la Légion royale canadienne pendant que des contingents de militaires en service dans l’armée de terre, dans la marine ou dans l’aviation, de cadets et de policiers défilaient sur la place. Et, bien entendu, les anciens combattants. Le nombre d’anciens combattants qui ont défilé et se sont rassemblés juste devant l’estrade du salut s’élevait à environ 400. 

Silver Cross mother places wreath

Sheila Anderson (ci-dessus), Mère de la Croix (d’argent) du Souvenir et son mari, James Anderson, déposent une couronne. [Metropolis Studio]

Les dignitaires comprenaient le gouverneur général, David Johnston (représentant de lareine) et Sharon Johnston, Sheila Anderson, de la Croix d’argent (représentant les mères du Canada) et James Anderson, Justin Trudeau, premier ministre du Canada (représentant le gouvernement du Canada) et Sophie Grégoire-Trudeau, le sénateur Leo Housakos, président du Sénat du Canada (représentant le Parlement du Canada), Kent Hehr, ministre des Anciens combattants (représentant des anciens combattants), le général Jonathan Vance, chef d’état-major de la défense (représentant les Forces armées canadiennes), et Inés Carolina Fiedler, Victoria Fisher, Sideqa Haqani et Natasha Jones, gagnantes des concours littéraires et d’affiches (représentant la jeunesse du Canada).

choir

Le Chœur d’enfants d’Ottawa chante In Flanders Fields. [Metropolis Studio]

Trois minutes avant 11 heures, Ô Canada et la Sonnerie aux morts signalaient le début officiel de la cérémonie. Au moment où les aiguilles de l’horloge de la Tour de la Paix indiquaient exactement 11 heures, le 30e Régiment de campagne de l’Artillerie royale canadienne a tiré le premier des 21 coups de canon, lequel servait à marquer le début du silence qui n’a été brisé que par les 11 coups de l’horloge. Le deuxième coup de canon a retenti deux minutes plus tard, avertissant le major cornemuseur que le moment était venu de jouer la complainte, et le sergent trompète Fred Paci, le réveil.

Tous les regards se sont tournés vers le ciel lorsque deux CF-18 de l’ARC ont survolé la place. M. Eagles a ensuite récité l’Acte du Souvenir en anglais, puis le grand président national de la LRC, Larry Murray, l’a récité en français et Laurel Dubé, de la communauté de Kitigan Zibi Anishnabeg, en Algonquin. « Ils ne vieilliront pas comme nous, qui leur avons survécu. Ils ne connaitront jamais l’outrage ni le poids des années. Quand viendra l’heure du crépuscule et celle de l’aurore, nous nous souviendrons d’eux. »

Le brigadier-général et aumônier géné-ral des Forces armées canadiennes, Guy Chapdelaine, a ensuite pris la parole : « selon vos propres traditions et votre conscience, priez Dieu pour sa bénédiction et sa guidance, ou bien passez simplement un moment en contemplation pendant que d’autres prient. » Le prêtre catholique romain a ensuite dit des prières en anglais et en français : « Ils ont servi au nom de la liberté et de la justice à des endroits qui semblaient alors si lointains, mais dont les noms sont dorénavant gravés dans nos mémoires.[…] Nous leurs offrons nos remerciements les plus sincères, et nous refusons que leurs noms disparaissent. »

« Que ceux qui ont servi et ceux qui
servent vivent leur vie dans un monde
libre de terreur et où règne la tranquillité. »

Le cortège vice-royal a déposé des couronnes, le gouverneur général Johnston d’abord, pendant que chantait le Chœur d’enfants d’Ottawa. La Mère de la Croix d’argent, Mme Anderson, en a déposé une de la part des Canadiennes qui ont perdu un fils ou une fille au service militaire ou à la marine marchande. Elle a perdu son fils ainé, le caporal Jordan Anderson du 2e Bataillon du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (PPCLI), quand une bombe a explosé au bord d’une route de Panjwaii, en Afghanistan, et l’a tué en même temps que cinq autres soldats canadiens et un interprète afghan, en 2007. Elle habite à Yellowknife, et c’est la première Mère de la Croix d’argent des Territoires du Nord-Ouest depuis que la Légion a commencé cette tradition il y a plus de 60 ans.

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Des milliers de personnes attendent leur tour pour déposer un coquelicot sur la Tombe du Soldat inconnu après la cérémonie du jour du Souvenir. [Metropolis Studio]

« Je ne crois pas à la guerre en général, avait-elle dit auparavant. Nous faisons la même chose, nous entretuer, depuis des temps immémoriaux. […] Mais nous devons faire honneur à la manière dont nos jeunes gens pensent à la guerre, même si nous n’y croyons pas tout à fait nous-mêmes. […] Je pense que c’est vraiment important pour eux. Et c’est important que les membres de leur famille les appuient. »

Des dizaines d’autres couronnes ont été déposées au monument par des membres de nombreuses organisations d’anciens combattants, d’associations, du corps diplomatique, et du public.

Le rabbin Reuven P. Bulka, aumônier honoraire de la Direction nationale, a ensuite offert sa bénédiction : « Que ceux qui ont servi et ceux qui servent vivent leur vie dans un monde libre de terreur et où règne la tranquillité, un monde pour lequel ils se sont battus, ce pour quoi nous leur disons à nouveau, ensemble : bravo! »

God Save the Queen a signalé la fin de la cérémonie officielle. Les membres du cortège vice-royal ont chacun son tour salué et remercié les anciens combattants invalides et les autres mères de la Croix d’argent assis à côté du cénotaphe avant de se rendre à la base du salut qui donnait sur la rue Wellington pour passer en revue les anciens combattants, les soldats et les cadets. Les applaudissements ont retenti sur la place pendant que les anciens combattants défilaient.

Vance and Sajjan

Le général Jonathan Vance, chef d’état-major de la défense et Harjit Sajjan, ministre de la Défense nationale (dessous) saluent les cadets, le jour du Souvenir, au Monument commémoratif de guerre du Canada. [Metropolis Studio]

Une foule immense s’est rapprochée de la Tombe du Soldat inconnu lorsque les barricades des rues de traverse ont été enlevées. Chaque personne a attendu calmement qu’arrive son tour de déposer son coquelicot sur la Tombe, qui fut entièrement couverte de rouge dans la demi-heure. Deux mélodies éthérées mais qu’on ne peut pas ne pas reconnaitre provenaient du carillon de la Tour de la Paix pendant que les gens repartaient : It’s a Long, Long Way to Tipperary et Mademoiselle from Armentières, qui font toutes deux parties du medley servant de marche régimentaire au PPCLI, le régiment du caporal Anderson.