La voix de l’engagement

C’était la ville parfaite où réaffirmer un engagement honorable de longue date envers les anciens combattants canadiens et leur famille. Située à mi-chemin des océans Atlantique et Pacifique, Winnipeg est célèbre en tant que « centre » du Canada, mais pour les légionnaires, la ville et un de ses hôtels en particulier ont une signification encore plus capitale : le lieu de la naissance de leur cause fondamentale, une cause qui a servi à former la société canadienne et à améliorer la vie des gens dont ils se préoccupent le plus.

La reconnaissance du lieu de la naissance de la Légion et l’agrément de sa fondation en tant qu’évènement historique national y ont été célébrés le 12 juin, un jour avant l’ouverture du 43e Congrès national. En ce jour historique, le président national d’alors, Wilf Edmond, et le ministre d’Anciens Combattants Canada, Jean-Pierre Blackburn, ont dévoilé une plaque de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada à l’hôtel Marlborough.

C’est à cet hôtel qu’en 1925 des dizaines d’organisations d’anciens combattants et d’associations de régiment ont fondé la Légion canadienne de la Ligue des anciens des armées du Commonwealth britannique. Le Canada n’allait pas très bien en ce temps-là et ceux qui étaient revenus de la Première Guerre mondiale se trouvaient face à un chômage massif et à une société qui semblait brisée ou antipathique envers les achoppements sur lesquels ils butaient dans le civil.

Ceux qui retournaient chez eux, a remarqué l’historien Glenn Wright à l’occasion du dévoilement, se sont trouvés en plein cœur d’une nouvelle sorte de bataille : ils ont dû combattre « pour la reconnaissance, pour les avantages, pour le souvenir, pour leurs droits en tant que membres de la société canadienne ».

Cette bataille pour le changement était née au cœur du Canada, dans les villages et les grandes villes et elle avait fini par s’étendre d’un bout du pays à l’autre et dans les coulisses du pouvoir, donnant lieu à des pensions pour les invalides, au renouvellement de la formation, à l’accès aux soins médicaux, à une charte des anciens combattants, aux allocations des vétérans de la guerre et à des programmes qui assistaient les anciens combattants et leurs épouses à rester chez eux dans la retraite. Au congrès de cette année, les délégués ont pris en considération 155 motions sur des sujets allant des anciens combattants aux ainés en passant par le souvenir et la défense nationale.

Lors du dévoilement, Blackburn a remercié la Légion de s’être faite « la championne des besoins des anciens combattants canadiens ». Sa louange a été accueillie chaleureusement, mais en sachant que le travail de la Légion n’est jamais terminé, qu’elle s’occupera toujours à représenter ceux qui ont servi ou qui servent actuellement, au pays ou à l’étranger. La plus grande organisation d’anciens combattants du Canada est sortie de Winnipeg cette année avec l’engagement de trouver des changements positifs dans l’introspection. « Nous allons nous actualiser et faire le nécessaire pour être pertinents », a promis la nouvelle présidente nationale, Pat Varga, et elle a invité tous les légionnaires à « prendre la voie du service; non pas le service pour le service, mais bien pour le mieux-être des autres ».

Cet engagement, tout comme les engagements de ceux qui ont déjà servi, est un bon présage pour la Légion et pour la société canadienne dans son ensemble. Il a servi à faire du Canada un meilleur endroit où vivre et, 85 ans plus tard, il est toujours une voix pertinente au cœur du pays, une voix que les Canadiens devraient continuer d’écouter.

Le moment de réexaminer les paiements forfaitaires

En 2006, les politiciens, les organisations d’anciens combattants et les membres des Forces canadiennes applaudissaient, avec raison, la mise en vigueur de la Loi sur les mesures de réinsertion et d’indemnisation des militaires et vétérans des Forces canadiennes, mieux connue sous le nom de nouvelle Charte des anciens combattants (NCAC). Les avantages financiers et l’ensemble des programmes de réadaptation élaborés pour faciliter la transition de la vie militaire à la vie civile était le couronnement d’années de travail à Anciens Combattants Canada et aux Forces canadiennes en consultation avec des organisations d’anciens combattants, dont la Légion royale canadienne.

Une de ses promesses les plus importantes était qu’il s’agirait d’une charte vivante : une charte qui serait modifiée selon l’évolution des besoins des anciens combattants. Quatre ans plus tard, malgré nombre de recommandations, aucune modification n’a été faite.

C’est la conclusion frappante que le Comité permanent des anciens combattants de la Chambre des communes a émise dans son rapport, La nouvelle charte vivante des anciens combattants à l’heure de la mise au point, publié en juin. Le Comité, ayant entendu plus de 50 témoins, dont la Légion, au cours de 19 séances, a fait 18 recommandations.

La première est une demande à ACC d’instituer un cadre pour s’occuper des dizaines de recommandations faites par le Groupe consultatif sur la nouvelle charte, un groupe de spécialistes comprenant un représentant de la Légion, qu’ACC avait mis sur pied pour surveiller la mise en œuvre de la charte et pour faire des recommandations.

Une grande partie du rapport du comité des Communes concerne le paiement forfaitaire pour invalidité. Le Comité a demandé à ACC de présenter un plan cet automne prévoyant des choix de paiement individualisés en reconnaissance de la douleur. Il s’agirait d’un mélange de paiements forfaitaires, de pensions ou de règlements échelonnés où l’on tiendrait compte de la gravité et de la nature de l’invalidité ainsi que de l’âge et des circonstances du particulier.

Le ministre des anciens combattants, Jean-Pierre Blackburn, a publié une étude en juin où il est déclaré que 69 p. 100 des allocataires sont satisfaits du versement forfaitaire et qu’il n’y a donc aucune raison d’y apporter des modifications. Toutefois, il faut savoir que les écarts actuels dans les avantages financiers doivent être comblés, et ce, dans des délais raisonnables. Il est important aussi de remarquer qu’il n’existe rien qui assure que le versement forfaitaire sera dépensé de manière à prolonger l’appui à l’ancien combattant et à sa famille.

Personne ne suggère que la NCAC n’est pas une amélioration ni qu’on doive retourner à la Loi sur les pensions qui couvre les anciens combattants les plus vieux. Le message, c’est qu’il est temps de faire des progrès, de bâtir sur une bonne fondation.

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