{"id":980,"date":"2011-07-04T00:10:15","date_gmt":"2011-07-04T04:10:15","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=980"},"modified":"2012-08-13T10:14:41","modified_gmt":"2012-08-13T14:14:41","slug":"massacre-a-la-somme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2011\/07\/massacre-a-la-somme\/","title":{"rendered":"MASSACRE \u00c0 LA SOMME"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2011\/06\/SommeLead.jpg\"><\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:630px\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"top\" title=\"SommeLead\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2011\/06\/SommeLead.jpg\" alt=\"Des soldats canadiens fourbus et \u00e9clabouss\u00e9s de boue, \u00e0 la Somme, retournent \u00e0 leurs tranch\u00e9es en novembre 1916. [PHOTO : WILLIAM IVOR CASTLE, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014PA000832]\" width=\"630\" height=\"236\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Des soldats canadiens fourbus et \u00e9clabouss\u00e9s de boue, \u00e0 la Somme, retournent \u00e0 leurs tranch\u00e9es en novembre 1916. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : WILLIAM IVOR CASTLE, BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014PA000832<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><\/a><\/p>\n<p><strong>Le 1er juillet 1916, une arm\u00e9e britannique compos\u00e9e surtout de volontaires attaqua une force allemande bien entrain\u00e9e et retranch\u00e9e. Ce fut le jour le plus sombre de l\u2019histoire militaire britannique. \u00c0 la fin, il y avait eu plus de victimes que n\u2019importe quel autre jour avant ou apr\u00e8s : 30 000 pendant la premi\u00e8re heure et 28 000 autres avant la tomb\u00e9e de la nuit. L\u2019expression toute simple \u00ab le premier jour \u00e0 la Somme \u00bb est depuis une expression repr\u00e9sentant les horreurs de la Premi\u00e8re Guerre mondiale.<\/strong><\/p>\n<p>La vall\u00e9e de la Somme \u00e9tait l\u2019endroit par excellence o\u00f9 ne pas lancer d\u2019attaque pour les arm\u00e9es britannique et fran\u00e7aise. Depuis la source au nord-est de St-Quentin, en passant par P\u00e9ronne et Amiens, et jusqu\u2019\u00e0 la mer, la vall\u00e9e, \u00e9tonnamment, n\u2019avait gu\u00e8re d\u2019importance sur le plan militaire. Il ne s\u2019y trouvait ni centre de communications ni ressources cruciales. La seule chose d\u2019importance, pratiquement, \u00e9tait la pr\u00e9sence de soldats ennemis; il y en avait des milliers.<\/p>\n<p>Les Allemands avaient occup\u00e9 la r\u00e9gion depuis 1914 et les mois qui suivirent leur avaient procur\u00e9 bien du temps pour pr\u00e9parer de puissantes d\u00e9fenses en profondeur sur un terrain \u00e9lev\u00e9. Leurs positions pratiquement inexpugnables consistaient en trois lignes de tranch\u00e9es bien situ\u00e9es et contenant des abris bien creus\u00e9s, des bunkeurs profonds contre les obus et des villages fortifi\u00e9s. Toutes les positions se trouvaient derri\u00e8re des enchev\u00eatrements de fils de fer barbel\u00e9s et \u00e9taient reli\u00e9es par un r\u00e9seau de tranch\u00e9es communicantes. Les soldats de la deuxi\u00e8me arm\u00e9e du g\u00e9n\u00e9ral Fritz von Below pouvaient y lancer un feu nourri sur les attaquants. Malgr\u00e9 les nombreux facteurs jouant contre les attaques, la Somme fut choisie pour la simple raison que c\u2019est l\u00e0 que les arm\u00e9es britannique et fran\u00e7aise se rencontr\u00e8rent.<\/p>\n<p>\u00c0 une conf\u00e9rence tenue en d\u00e9cembre 1915, la d\u00e9cision d\u2019une nouvelle offensive au front de l\u2019ouest avait \u00e9t\u00e9 prise conjointement par le g\u00e9n\u00e9ral Joseph Joffre, commandant en chef fran\u00e7ais, et par son homologue britannique, le g\u00e9n\u00e9ral sir John French (remplac\u00e9 le 19 d\u00e9cembre par le g\u00e9n\u00e9ral sir Douglas Haig). Ce devait avoir lieu dans le cadre d\u2019une offensive strat\u00e9gique plus grande o\u00f9 les alli\u00e9s attaqueraient en m\u00eame temps sur plusieurs fronts pour que les Allemands ne puissent pas permuter leurs ressources. L\u2019ennemi mit un b\u00e2ton dans les roues du plan des alli\u00e9s en attaquant la grande forteresse fran\u00e7aise de Verdun en f\u00e9vrier 1916.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2011\/06\/SommeInset1.jpg\"><\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" title=\"SommeInset1\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2011\/06\/SommeInset1.jpg\" alt=\"Les chars d\u2019assaut furent utilis\u00e9s pour la premi\u00e8re fois \u00e0 la fin 1916, \u00e0 la Somme. [PHOTO : ARCHIVES DE LA REVUE L\u00c9GION]\" width=\"515\" height=\"274\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Les chars d\u2019assaut furent utilis\u00e9s pour la premi\u00e8re fois \u00e0 la fin 1916, \u00e0 la Somme. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : ARCHIVES DE LA REVUE L\u00c9GION<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><\/a><\/p>\n<p>Les Fran\u00e7ais avaient besoin d\u2019une diversion pour attirer les Allemands ailleurs, et Joffre demanda qu\u2019on lance l\u2019offensive conjointe pr\u00e9vue. Haig aurait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 une attaque en Flandre, mais il acc\u00e9da aux d\u00e9sirs des Fran\u00e7ais. Plut\u00f4t que le coup d\u00e9cisif que l\u2019on avait envisag\u00e9 de porter \u00e0 l\u2019origine, l\u2019intention fut alors simplement de r\u00e9duire la pression sur les Fran\u00e7ais. Bien que Haig n\u2019eut pas encore concentr\u00e9 les hommes et le mat\u00e9riel qu\u2019il voulait, il acquies\u00e7a. La nouvelle date du lancement de l\u2019offensive serait le 25 juin.<\/p>\n<p>L\u2019attaque principale serait lanc\u00e9e par le lieutenant-g\u00e9n\u00e9ral sir Henry Rawlinson de la 4e arm\u00e9e, et elle serait flanqu\u00e9e par les attaques de soutien de la 3e arm\u00e9e au nord et des Fran\u00e7ais au sud. Mais Rawlinson n\u2019avait pas confiance en ses bataillons de la pr\u00e9tendue nouvelle arm\u00e9e, des hommes sans exp\u00e9rience qui s\u2019\u00e9taient engag\u00e9s au d\u00e9but de la guerre. Il pensait qu\u2019ils seraient incontr\u00f4lables lors de l\u2019attaque des tranch\u00e9es allemandes, et il ordonna un barrage d\u2019artillerie intense pendant cinq jours pour d\u00e9truire l\u2019ennemi. Cela aurait permis \u00e0 ses soldats de traverser simplement le champ de bataille en formation serr\u00e9e, \u00e0 la vitesse prescrite de 91 m\u00e8tres la minute et \u00e0 une minute d\u2019intervalle entre les bataillons, r\u00e9duisant les noyaux de r\u00e9sistance qui auraient surv\u00e9cu.<\/p>\n<p>Les soldats furent assembl\u00e9s, les munitions, livr\u00e9es, les installations m\u00e9dicales, am\u00e9nag\u00e9es pour les victimes \u2014 qu\u2019on \u00e9valuait \u00e0 10 000 par jour \u2014 et les cibles, d\u00e9sign\u00e9es \u00e0 l\u2019artillerie. Ces pr\u00e9paratifs ne pass\u00e8rent pas inaper\u00e7us. L\u2019ennemi savait qu\u2019une attaque serait lanc\u00e9e incessamment, mais il ne savait pas quand ni o\u00f9 elle aurait lieu. Quand le bombardement de l\u2019artillerie commen\u00e7a, le 24 juin, il savait que ce serait bient\u00f4t.<\/p>\n<p>L\u2019artillerie \u00e9tait d\u00e9terminante. Elle avait deux t\u00e2ches : d\u00e9trui-re les tranch\u00e9es allemandes et couper les barbel\u00e9s. Malgr\u00e9 un million et demi d\u2019obus, ni l\u2019une ni l\u2019autre de ces t\u00e2ches ne fut accomplie. Un grand nombre d\u2019amorces d\u2019obus tir\u00e9s par les plus petits canons explosaient trop t\u00f4t ou trop tard pour couper les fils de fer, plusieurs canons furent us\u00e9s et 30 p. 100 des obus n\u2019explos\u00e8rent pas. En outre, comme l\u2019on n\u2019\u00e9tait pas au courant des bunkeurs profonds des Allemands, ils ne furent pas pris pour cible. De plus, l\u2019attaque pr\u00e9vue au calendrier fut retard\u00e9e par les fortes pluies des 26 et 27 juin.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" style=\"vertical-align: middle;\" title=\"SommeInset2\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2011\/06\/SommeInset2.jpg\" alt=\"Une vue a\u00e9rienne du paysage cribl\u00e9 de trous d\u2019obus autour des tranch\u00e9es Regina et Kenora \u00e0 la Somme, en automne 1916. [PHOTO : BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014C-014151]\" width=\"515\" height=\"412\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Une vue a\u00e9rienne du paysage cribl\u00e9 de trous d\u2019obus autour des tranch\u00e9es Regina et Kenora \u00e0 la Somme, en automne 1916. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : BIBLIOTH\u00c8QUE ET ARCHIVES CANADA\u2014C-014151<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>L\u2019infanterie de 14 divisions britanniques, chaque homme portant 32 kilogrammes, prit le chemin de\u00a0 l\u2019aire de rassemblement avant l\u2019aube du 1er juillet. La charge typique consistait en un fusil, une ba\u00efonnette, 220 balles, des rations, de l\u2019eau, un masque \u00e0 gaz avec casque, des pansements, deux grenades, des fus\u00e9es \u00e9clairantes, une pelle et deux sacs \u00e0 sable. Certains \u00e9taient encore plus charg\u00e9s : on portait aussi des munitions pour les mitrailleuses, des obus \u00e0 mortier, des piquets \u00e0 barbel\u00e9s et le mat\u00e9riel de signalisation. Au sud, 12 divisions fran\u00e7aises faisaient des pr\u00e9paratifs semblables. L\u2019avance \u00e9tait ax\u00e9e sur la vieille voie romaine allant en ligne droite d\u2019Albert \u00e0 Bapaume, \u00e0 19 kilom\u00e8tres au nord-est.<\/p>\n<p>L\u2019assaut fut lanc\u00e9 \u00e0 7 h 30, quand il faisait assez jour pour v\u00e9rifier la pr\u00e9cision du bombardement final. Pendant les quelques derni\u00e8res minutes avant l\u2019heure H, les Britanniques firent d\u00e9toner 17 mines. Le Newfoundland Regiment, qui n\u2019\u00e9tait revenu de la campagne des Dardanelles que trois mois auparavant, prit part \u00e0 l\u2019assaut.<\/p>\n<p>Dans le secteur nord, l\u2019assaut principal eut lieu pr\u00e8s du petit village de Beaumont-Hamel. Vers le milieu de la matin\u00e9e, le major-g\u00e9n\u00e9ral Beauvoir de Lisle, commandant de la 29e Division, interpr\u00e9ta mal une fus\u00e9e de signalisation allemande et ordonna l\u2019avance de la 88e Brigade dont faisaient partie les Terre-Neuviens.<\/p>\n<p>Ces derniers tomb\u00e8rent sur les tranch\u00e9es de communication dirig\u00e9es vers l\u2019avant qui \u00e9taient bloqu\u00e9es par les morts et les mourants du premier assaut. On leur donna l\u2019ordre de sortir des tranch\u00e9es alors qu\u2019ils \u00e9taient encore \u00e0 200 m\u00e8tres de leur ligne de d\u00e9part et d\u2019avancer \u00e0 d\u00e9couvert. Ce fut un massacre. Les pires pertes eurent lieu quand les soldats serr\u00e8rent les rangs pour passer par les trou\u00e9es traversant les barbel\u00e9s des Britanniques. Ils furent fauch\u00e9s par les Allemands, sauf un tr\u00e8s petit nombre d\u2019entre eux qui r\u00e9ussirent \u00e0 atteindre la zone neutre. Incroyablement, quelques Terre-Neuviens atteignirent les barbel\u00e9s des Allemands, lesquels \u00e9taient demeur\u00e9s pratiquement intacts, avant que l\u2019attaque ne s\u2019enlise.<\/p>\n<p>En quelques minutes, le Newfoundland Regiment avait pratiquement cess\u00e9 d\u2019exister. Sur les quelque 800 hommes qui prirent part \u00e0 l\u2019attaque en ce jour fatidique, seulement 68 \u00e9taient assez bien portants pour r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019appel. Selon le g\u00e9n\u00e9ral de Lisle, ce fut \u00ab un magnifique d\u00e9ploiement de bravoure entrain\u00e9e et disciplin\u00e9e, et son assaut n\u2019a[vait] \u00e9chou\u00e9 que parce que les morts ne peuvent pas continuer d\u2019avancer \u00bb.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"vertical-align: middle;\" title=\"SommeInset3\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2011\/06\/SommeInset3.jpg\" alt=\"Des soldats parmi les ruines de Beaumont-Hamel apr\u00e8s sa capture. [PHOTO : LES SALLES, DIVISION DES ARCHIVES PROVINCIALES DE TERRE-NEUVE-ET-LABRADOR\u2014VA36-38.2]\" width=\"515\" height=\"394\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Des soldats parmi les ruines de Beaumont-Hamel apr\u00e8s sa capture. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : LES SALLES, DIVISION DES ARCHIVES PROVINCIALES DE TERRE-NEUVE-ET-LABRADOR\u2014VA36-38.2<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Nulle part ailleurs les Britanniques n\u2019atteignirent-ils leurs objectifs, mais les Fran\u00e7ais atteignirent les leurs rapidement. Malgr\u00e9 les pertes \u00e9normes du premier jour \u2014 20 p. 100 des combattants \u2014 Haig demeurait confiant et r\u00e9solu. Il nota m\u00eame dans son journal que ces pertes \u00ab ne [pouvaient pas] \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es graves par rapport au nombre livr\u00e9 au combat et \u00e0 la longueur du front attaqu\u00e9 \u00bb. Une s\u00e9rie de pouss\u00e9es s\u2019ensuivirent, qui cout\u00e8rent 25 000 victimes de plus jusqu\u2019\u00e0 la mi-juillet, quand la 2e ligne allemande fut franchie aux alentours de la cr\u00eate de Bazentin.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"vertical-align: middle;\" title=\"SommeInset4\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2011\/06\/SommeInset4.jpg\" alt=\"Le m\u00e9morial (terre-neuvien) de Beaumont-Hamel. [PHOTO : SHARON ADAMS]\" width=\"515\" height=\"591\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Le m\u00e9morial (terre-neuvien) de Beaumont-Hamel. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : SHARON ADAMS<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Haig, comme il le ferait si souvent par la suite, appela le Corps canadien \u00e0 l\u2019aide. Les trois divisions du Corps quitt\u00e8rent la r\u00e9gion d\u2019Ypres et arriv\u00e8rent \u00e0 la Somme vers la fin aout. \u00c0 ce moment-l\u00e0, la 2e ligne allemande avait \u00e9t\u00e9 captur\u00e9e, mais la 3e \u00e9tait encore intacte. Apr\u00e8s une p\u00e9riode d\u2019acclimatation, les Canadiens prendraient part \u00e0 la prochaine grande offensive de Haig, qui devait avoir lieu le 15 septembre. Les attaques limit\u00e9es des Britanniques continu\u00e8rent jusqu\u2019au 14 septembre, quand la 4e arm\u00e9e subit 82 000 pertes de plus en s\u2019avan\u00e7ant d\u2019environ 900 m\u00e8tres, un r\u00e9sultat net encore pire que celui du 1er juillet.<\/p>\n<p>Le d\u00e9but du dernier grand effort entrepris dans le but de traverser les lignes des Allemands fut la bataille de Flers-Courcelette, dont on se souvient surtout comme \u00e9tant l\u2019exorde du char d\u2019assaut. Les premiers chars \u00e9taient peu fiables, des monstres lourdauds dont la vitesse maximale n\u2019\u00e9tait que de 3,2 kilom\u00e8tres \u00e0 l\u2019heure. Ils \u00e9taient con\u00e7us principalement pour \u00e9craser les barbel\u00e9s et traverser les tranch\u00e9es tout en prot\u00e9geant leur \u00e9quipage contre le feu des armes l\u00e9g\u00e8res. Sur les 49 chars qu\u2019on avait avant l\u2019assaut, 32 se rendirent \u00e0 la ligne d\u2019assaut, et 21 seulement engag\u00e8rent le combat.<\/p>\n<p>C\u2019est aussi \u00e0 Flers-Courcelette qu\u2019eut lieu la premi\u00e8re op\u00e9ration offensive des Canadiens. \u00c0 6 h 20, le 15 septembre, les 2e et 3e Divisions attaqu\u00e8rent aux c\u00f4t\u00e9s de neuf divisions britanniques. La 2e Division visait le village de Courcelette. Ses 4e et 6e Brigades s\u2019avanc\u00e8rent derri\u00e8re un barrage roulant des deux c\u00f4t\u00e9s de la route Albert-Bapaume vers leurs objectifs, Sugar et Candy, qui marquaient un grand X traversant la route \u00e0 800 m\u00e8tres devant le village. \u00c0 7 h 30, les deux tranch\u00e9es avaient \u00e9t\u00e9 prises et les soldats s\u2019y \u00e9taient retranch\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00c0 gauche de la 2e Division, la 3e Division envoya ses 7e et 8e Brigades \u00e0 l\u2019assaut de la ligne de tranch\u00e9es Fabeck Graben. \u00c0 la droite, des unit\u00e9s de la 8e Brigade captur\u00e8rent la partie nord de la tranch\u00e9e Sugar. Des unit\u00e9s de la 7e Brigade la travers\u00e8rent et, \u00e0 la nuit tomb\u00e9e, elles avaient captur\u00e9 toute la tranch\u00e9e sauf une partie de 250 m\u00e8tres.<\/p>\n<p>\u00c0 18 h, la 5e Brigade reprit l\u2019assaut \u00e0 Courcelette. Au bout d\u2019un combat au corps \u00e0 corps, les 22e (Canadiens fran\u00e7ais) et 25e (Nouvelle-\u00c9cosse) Bataillons, appuy\u00e9s par deux chars, r\u00e9ussirent \u00e0 capturer le village, alors que le 26e (Nouveau-Brunswick) s\u2019occupait des Allemands qu\u2019il restait dans les ruines. Comme le voulaient leurs tactiques habituelles, les Allemands lanc\u00e8rent des contrattaques, qui furent repouss\u00e9es. Le lieutenant-colonel T.L. Tremblay \u00e9crivit dans son journal : \u00ab Si l\u2019enfer est aussi affreux que ce que j\u2019ai vu \u00e0 Courcelette, je n\u2019y enverrais m\u00eame pas mon pire ennemi. \u00bb Courcelette est le premier des villages et des villes, qui se chiffrent \u00e0 plus de 250, que les Canadiens ont captur\u00e9s pendant la guerre.<\/p>\n<p>Le lendemain, c\u2019\u00e9tait le tour de la 1re Division de prendre la t\u00eate, et elle se porta \u00e0 l\u2019attaque des hauteurs au-del\u00e0 de Courcelette, mais sans grand succ\u00e8s. Pendant ce temps, la 3e Division poursuivait son attaque contre la ligne sui\u00advante, Zollern Graben, \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 1 000 m\u00e8tres au nord de Fabeck Graben. L\u2019attaque fut repouss\u00e9e, mais des unit\u00e9s de la 7e Brigade captur\u00e8rent la derni\u00e8re section de Fabeck Graben. D\u2019autres attaques pendant les journ\u00e9es qui suivirent \u00e9chou\u00e8rent, les Allemands ayant renforc\u00e9 leurs positions. Cette phase de la bataille se termina le 22 septembre, Zollern Graben fermement entre les mains des Allemands.<\/p>\n<p>Quatre jours apr\u00e8s, les Canadiens \u00e9taient \u00e0 l\u2019\u0153uvre \u00e0 la cr\u00eate de Thiepval dans le secteur gauche du Corps. Zollern Graben \u00e9tait \u00e0 nouveau un objectif, comme l\u2019\u00e9taient les tranch\u00e9es Hessian et Regina plus en arri\u00e8re, ainsi que la tranch\u00e9e Kenora, une saillie de la tranch\u00e9e Regina. L\u2019attaque, apr\u00e8s trois jours de bombardements, fut lanc\u00e9e un peu avant midi, le 26 septembre par des unit\u00e9s de la 1re Division, leur attaque \u00e9tant \u00e9tay\u00e9e \u00e0 leur droite par la 6e Brigade de la 2e Division.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"vertical-align: middle;\" title=\"SommeInset6\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2011\/06\/SommeInset6.jpg\" alt=\"Des soldats \u00e9crivant un message de No\u00ebl sur une pi\u00e8ce d\u2019artillerie, en novembre 1916. [PHOTO : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE\u201419920085-025]\" width=\"515\" height=\"437\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Des soldats \u00e9crivant un message de No\u00ebl sur une pi\u00e8ce d\u2019artillerie, en novembre 1916. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE\u201419920085-025<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>\u00c0 la droite de la 1re Division, les 14e (Royal Montreal Regt.) et 15e (48th Highlanders) Bataillons de la 3e Brigade tomb\u00e8rent imm\u00e9diatement sur le feu nourri provenant de nids de mitrailleuses et de l\u2019artillerie, mais ils continu\u00e8rent quand m\u00eame d\u2019avancer. Au milieu de l\u2019apr\u00e8s-midi, des soldats du 14e atteignirent leur objectif au bout est de la tranch\u00e9e Kenora, mais le 15e avait \u00e9t\u00e9 retard\u00e9. Les Allemands lanc\u00e8rent des contrattaques imm\u00e9\u00addiatement contre le 14e qui, renforc\u00e9 par deux compagnies du 16e Bataillon (Canadian Scottish), tint jusqu\u2019au soir du lendemain.<\/p>\n<p>\u00c0 gauche de la 1re Division, des unit\u00e9s de la 2e Brigade r\u00e9ussirent \u00e0 traverser Zollern Graben en direction de la tranch\u00e9e Hessian, et quelques soldats p\u00e9n\u00e9tr\u00e8rent m\u00eame au-del\u00e0, jusqu\u2019\u00e0 Regina. Au cours des contrattaques qui suivirent, les Canadiens maintinrent leur t\u00eate de pont pr\u00e9caire, et les combats continu\u00e8rent sporadiquement jusqu\u2019\u00e0 ce que la 3e Division essaie de s\u2019avancer, le 28 septembre, vers la tranch\u00e9e Regina, mais elle fut stopp\u00e9e brusquement par le feu de mitrailleuses et des barbel\u00e9s intacts.<\/p>\n<p>Hessian assur\u00e9e le 29 septembre, le Corps renouvela son assaut \u00e0 la ligne Regina, une des positions les mieux d\u00e9fendues de la Somme. Elle \u00e9tait situ\u00e9e au-del\u00e0 d\u2019une corniche que l\u2019artillerie n\u2019arrivait gu\u00e8re \u00e0 atteindre. Au milieu de l\u2019apr\u00e8s-midi du 1er octobre, sous la bruine, des unit\u00e9s des 4e, 5e et 8e Brigades lanc\u00e8rent la premi\u00e8re attaque. Elles essuy\u00e8rent un s\u00e9rieux revers quand des Canadiens furent touch\u00e9s par leur propre artillerie.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019arriv\u00e9e des soldats de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la zone neutre o\u00f9 les attendaient les barbel\u00e9s, des compagnies enti\u00e8res furent \u00e9limin\u00e9es. Ceux qui r\u00e9ussirent \u00e0 descendre dans la tranch\u00e9e Regina \u2014 ils \u00e9taient peu nombreux \u2014 furent surmont\u00e9s ou repouss\u00e9s par les contrattaques allemandes. \u00c0 la fin de la journ\u00e9e, plus de la moiti\u00e9 des attaquants faisaient partie des victimes et la tranch\u00e9e Regina \u00e9tait encore fermement aux mains de l\u2019ennemi.<\/p>\n<p>Une forte pluie emp\u00eacha les attaques jusqu\u2019au 8 octobre avant l\u2019aube, quand plusieurs unit\u00e9s des 1re et 3e Divisions s\u2019avanc\u00e8rent \u00e0 nouveau. \u00c9tant donn\u00e9 leur \u00e9tat de faiblesse \u2014 des compagnies n\u2019\u00e9tant gu\u00e8re plus qu\u2019un peloton \u2014 on lan\u00e7a deux fois plus de bataillons que lors des attaques pr\u00e9c\u00e9dentes. Certains atteignirent \u00e0 nouveau la tranch\u00e9e Regina, mais manquant de munitions, ils ne purent pas tenir.<\/p>\n<p>Il s\u2019agissait de la derni\u00e8re attaque du Corps \u00e0 la Somme, mais pas la derni\u00e8re \u00e0 laquelle prirent part des Canadiens. Quand le Corps partit vers le nord \u00e0 la r\u00e9serve, le 17 octobre, le corps d\u2019artillerie au complet restait derri\u00e8re. En outre, la 4e Division nouvellement form\u00e9e, qui avait atterri en France \u00e0 la mi-aout pour se familiariser avec le milieu et s\u2019entrainer, arrivait \u00e0 la Somme.<\/p>\n<p>Elle lan\u00e7a son premier assaut le 21 octobre, au cours duquel les 87e (Grenadier Guards) et 102e (North British Columbian) Bataillons suivirent un barrage rampant. Elle captura une section de 600 m\u00e8tres de la tranch\u00e9e Regina moins de 15 minutes apr\u00e8s l\u2019heure H, surtout parce que le feu de l\u2019artillerie avait finalement bris\u00e9 les barbel\u00e9s et tu\u00e9 bon nombre d\u2019ennemis. Cette fois-l\u00e0, le soutien de l\u2019artillerie permit aussi aux Canadiens de repousser les contrattaques.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"vertical-align: middle;\" title=\"SommeInset7\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2011\/06\/SommeInset7.jpg\" alt=\"Des fantassins canadiens ajustent leur ba\u00efonnette avant de passer \u00e0 l\u2019assaut. [PHOTO :  MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE\u201419920044-775]\" width=\"515\" height=\"371\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Des fantassins canadiens ajustent leur ba\u00efonnette avant de passer \u00e0 l\u2019assaut. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO :  MUS\u00c9E CANADIEN DE LA GUERRE\u201419920044-775<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Le 25 octobre, peut-\u00eatre ayant mal interpr\u00e9t\u00e9 le succ\u00e8s de l\u2019attaque du 21, la 4e Division n\u2019envoya qu\u2019un seul bataillon \u00e0 l\u2019attaque : le 44e (Winnipeg). Vu aussi le soutien inad\u00e9quat de l\u2019artillerie, pas un seul soldat n\u2019atteignit la tranch\u00e9e Regina : une le\u00e7on tragique pour la nouvelle division. La troisi\u00e8me et derni\u00e8re attaque de la division eut lieu apr\u00e8s minuit le 11 novembre, cette fois-l\u00e0 comprenant suffisamment de soldats et un soutien par l\u2019artillerie ad\u00e9quat avant et pendant l\u2019assaut. En \u00e0 peine plus de deux heures, la tranch\u00e9e Regina \u00e9tait prise.<\/p>\n<p>Il ne restait qu\u2019une derni\u00e8re attaque, contre deux tranch\u00e9es nouvellement construites, Desire et Desire Support, \u00e0 600 m\u00e8tres au nord de la tranch\u00e9e Regina. \u00c0 6 h 10, le 18 novembre, cinq bataillons de la 4e Division s\u2019avanc\u00e8rent. \u00c0 8 h, elle avait atteint la plupart de ses objectifs et ses soldats se retranchaient au-del\u00e0 de la tranch\u00e9e Desire Support. Les fortes pluies commenc\u00e8rent le lendemain, emp\u00eachant d\u2019autres attaques cette ann\u00e9e-l\u00e0. Le massacre \u00e0 la Somme \u00e9tait enfin termin\u00e9.<\/p>\n<p>Il s\u2019agissait de la premi\u00e8re grande offensive men\u00e9e par les Britanniques. \u00c0 la fin de la bataille de 18 semaines, les forces britanniques et fran\u00e7aises n\u2019avaient p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 le territoire tenu par les Allemands que sur 12 kilom\u00e8tres, lors d\u2019une des op\u00e9rations militaires les plus sanglantes de l\u2019histoire. Les Britanniques n\u2019atteignirent m\u00eame pas leurs objectifs du premier jour. La bataille continua longtemps apr\u00e8s qu\u2019elle eut atteint son but limit\u00e9, qui devait \u00eatre de retirer des forces allemandes \u00e0 Verdun.<\/p>\n<p>Alors pourquoi Haig persista-t-il malgr\u00e9 des pertes si importantes? Les d\u00e9nigreurs de Haig, et ils sont nombreux, l\u2019accusent d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 un commandant sans imagination pour qui les couteuses batailles d\u2019usure \u00e9taient la seule fa\u00e7on de faire la guerre. Une de ses propres justifications pour la Somme : la force de l\u2019ennemi avait \u00e9t\u00e9 grandement us\u00e9e, une conclusion qui n\u2019a \u00e9t\u00e9 accept\u00e9e ni alors ni par la suite. Aujourd\u2019hui, la Somme est g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9e comme un \u00e9chec couteux.<\/p>\n<p>La bataille valait-elle la peine? D\u2019apr\u00e8s une \u00e9cole de pens\u00e9e, la Somme repr\u00e9sente un pas en avant important \u00e0 la guerre et c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 elle que l\u2019Allemagne a finalement \u00e9t\u00e9 d\u00e9faite. Elle a marqu\u00e9 le d\u00e9but de la vraie coop\u00e9ration et de la coordination entre les armes, surtout l\u2019infanterie et l\u2019artillerie. En plus des raffinements du barrage roulant, l\u2019artillerie con\u00e7ut les m\u00e9thodes du rep\u00e9rage par \u00e9clats et du rep\u00e9rage par le son pour localiser les canons ennemis, ainsi que la d\u00e9termination des cibles pour provoquer la surprise.<\/p>\n<p>Les Allemands aussi apprirent des le\u00e7ons \u00e0 la Somme, surtout en ce qui concerne les tactiques de d\u00e9fense. Plut\u00f4t que de tenir les lignes du front \u00e0 n\u2019importe quel prix, ils invent\u00e8rent la d\u00e9fense flexible en profondeur qui contra les am\u00e9liorations des Britanniques en grande partie. La preuve fut faite en 1917, quand les deux arm\u00e9es engag\u00e8rent le combat \u00e0 nouveau : il y eut des pertes \u00e9normes et tr\u00e8s peu de gains. Ce gaspillage de main-d\u2019\u0153uvre lors des batailles d\u2019usure ne pouvait pas continuer; il fallait trouver une fa\u00e7on de r\u00e9tablir aux champs de bataille le principe des tir et mouvement qu\u2019on semblait avoir oubli\u00e9. Mais cela n\u2019aurait pas lieu avant les derniers mois de la guerre.<\/p>\n<p>Bien qu\u2019il soit difficile d\u2019obtenir les chiffres exacts, le nombre de victimes de toutes sortes \u00e0 la Somme est estim\u00e9 \u00e0 au moins un million et quart d\u2019hommes : peut-\u00eatre 420 000 Britanniques, 195 000 Fran\u00e7ais et 650 000 Allemands. Les pertes chez les Canadiens s\u2019\u00e9lev\u00e8rent \u00e0 24 000, dont presque 8 000 morts. D\u2019apr\u00e8s le premier ministre britannique David Lloyd George, la bataille de la Somme a \u00e9t\u00e9 la plus grande, tenace, sombre, futile et sanglante de l\u2019histoire militaire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 1er juillet 1916, une arm\u00e9e britannique compos\u00e9e surtout de volontaires attaqua une force allemande bien entrain\u00e9e et retranch\u00e9e. Ce fut le jour le plus sombre de l\u2019histoire militaire britannique. \u00c0 la fin, il y avait eu plus de victimes que n\u2019importe quel autre jour avant ou apr\u00e8s : 30 000 pendant la premi\u00e8re heure et 28 000 autres avant la tomb\u00e9e de la nuit. L\u2019expression toute simple \u00ab le premier jour \u00e0 la Somme \u00bb est depuis une expression repr\u00e9sentant les horreurs de la Premi\u00e8re Guerre mondiale.<\/p>\n","protected":false},"author":26,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-980","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-principaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/980","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/26"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=980"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/980\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=980"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=980"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=980"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}