{"id":88,"date":"2006-09-01T22:22:04","date_gmt":"2006-09-02T03:22:04","guid":{"rendered":"http:\/\/28330.vws.magma.ca\/fr\/?p=88"},"modified":"2008-01-27T22:38:10","modified_gmt":"2008-01-28T03:38:10","slug":"retombees-a-gagetown","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2006\/09\/retombees-a-gagetown\/","title":{"rendered":"Retomb\u00e9es \u00e0 Gagetown"},"content":{"rendered":"<p>&#8220;Jimmy \u00e9tait comme moi l\u00e0-bas : un marcheur. Nous \u00e9tions expos\u00e9s \u00e0 la boue et \u00e0 la merde. Il s&#8217;est fait asperger directement.&#8221;<\/p>\n<p>Grant Payne, un ancien fantassin du Black Watch, regarde Jim Burke, de l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9 de la table, en parlant de leur service \u00e0 la Base des Forces canadiennes Gagetown, au Nouveau-Brunswick, durant le milieu des ann\u00e9es 1960. La &#8220;merde&#8221; dont il parle n&#8217;a rien \u00e0 voir avec les r\u00e9sidus organiques.<\/p>\n<p>Quand Burke conduisait une des trois jeeps en manoeuvre \u00e0 Gagetown, c&#8217;\u00e9tait en 1966 ou 1967, cela fait si longtemps qu&#8217;il ne peut s&#8217;en souvenir exactement, un a\u00e9ronef \u00e0 voilure fixe est pass\u00e9 au-dessus de la formation, pulv\u00e9risant un liquide blanc gris\u00e2tre qui &#8220;nous a laiss\u00e9s dans ce qu&#8217;on aurait dit \u00e9tait un brouillard&#8221;, dit Burke, qui aujourd&#8217;hui r\u00e9side \u00e0 Saint John. &#8220;Notre peau et nos v\u00eatements en ont \u00e9t\u00e9 mouill\u00e9s&#8221;. Au cours des trois semaines suivantes, les buissons et les arbres sont devenus rouges orang\u00e9s, et puis bruns et &#8220;toutes les herbes dans la zone pulv\u00e9ris\u00e9e \u00e9taient mortes&#8221;.<\/p>\n<p>Ce v\u00e9t\u00e9ran des Forces canadiennes souffre actuellement d&#8217;un tas de probl\u00e8mes de sant\u00e9 qui vont de l&#8217;affection du coeur \u00e0 la d\u00e9pression, en passant par l&#8217;insuffisance pulmonaire globale. Il dit que ses sup\u00e9rieurs ne lui ont jamais dit avec quoi il a \u00e9t\u00e9 asperg\u00e9. En ce temps-l\u00e0, il ne savait rien du produit Orange.<\/p>\n<p>Il y a un an, le gouvernement du Canada a reconnu que le d\u00e9foliant mortel, dont l&#8217;utilisation \u00e9tait si notoire \u00e0 la guerre du Vietnam, a \u00e9t\u00e9 pulv\u00e9ris\u00e9 \u00e0 la base d&#8217;entra\u00eenement lors de tests men\u00e9s avec le militaire \u00e9tats-unien en 1966 et 1967. En juin dernier, le gouvernement confirmait que le programme de pulv\u00e9risation d&#8217;herbicide \u00e0 Gagetown durant les cinq derni\u00e8res d\u00e9cennies a \u00e9t\u00e9 bien plus important.<\/p>\n<p>La longue histoire dont l&#8217;\u00e9picentre est dans la petite ville d&#8217;Oromocto, tout \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la base, est en train de devenir un fatras de plus en plus complexe de faits et de beaucoup d&#8217;\u00e9motions.<\/p>\n<p>D&#8217;abord, voici quelques faits : La BFC Gagetown, une institution d&#8217;entra\u00eenement militaire de calibre mondiale, s&#8217;\u00e9tend sur 1 100 kilom\u00e8tres carr\u00e9s, y compris 65 lacs et 251 ruisseaux. On y a utilis\u00e9 un vrai cocktail de produits chimiques, dont l&#8217;agent Orange, l&#8217;agent Pourpre et l&#8217;agent Blanc, au cours de quelques d\u00e9cennies pour d\u00e9gager la for\u00eat luxuriante renomm\u00e9e du Nouveau-Brunswick. Et c&#8217;\u00e9tait tout un cocktail. Rien qu&#8217;entre 1956 et 1984, 1,3 million de litres d&#8217;agents Orange, Pourpre et Blanc sous forme liquide et 2 millions de livres d&#8217;agent Blanc sec ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s pour nettoyer plus de 181 000 acres.<\/p>\n<p>Les produits Orange et Pourpre contenaient des dioxines, une sorte de produits chimiques extr\u00eamement toxiques produits involontairement durant la fabrication. Certains types de dioxine sont aussi produits naturellement dans l&#8217;environnement, bien qu&#8217;\u00e0 des concentrations bien moins fortes. Ces perturbateurs hormonaux ont \u00e9t\u00e9 reli\u00e9s \u00e0 des cancers rares chez l&#8217;\u00eatre humain, \u00e0 des probl\u00e8mes respiratoires, \u00e0 l&#8217;impotence, \u00e0 la chloracn\u00e9, aux troubles des syst\u00e8mes immunitaire et de croissance, ainsi qu&#8217;\u00e0 des anomalies cong\u00e9nitales, entre autres. Des quantit\u00e9s infimes, calcul\u00e9es en parties par billion, peuvent causer des dommages.<\/p>\n<p>L&#8217;agent Blanc, connu aussi sous le nom Tordon, contenait une impuret\u00e9 de fabrication d&#8217;une autre sorte : l&#8217;hexachlorure de benz\u00e8ne (HCB). Comme les dioxines, l&#8217;HCB est un compos\u00e9 toxique bioaccumulatif, c&#8217;est-\u00e0-dire qu&#8217;il s&#8217;accumule dans l&#8217;environnement et se d\u00e9grade tr\u00e8s lentement. La U.S. Environmental Protection Agency l&#8217;a inscrit \u00e0 la liste des carcinog\u00e8nes humains probables, et des \u00e9tudes faites sur des animaux ont prouv\u00e9 que des quantit\u00e9s infimes endommagent le foie, les reins, le syst\u00e8me immunitaire et le sang.<\/p>\n<p>On conna\u00eet bien mieux les effets du produit Orange gr\u00e2ce aux \u00e9tudes qui ont \u00e9t\u00e9 faites sur la population vietnamienne et les soldats am\u00e9ricains qui y ont \u00e9t\u00e9 expos\u00e9s. Toutefois, il est tr\u00e8s difficile, pour ne pas dire impossible, d&#8217;\u00e9tablir un lien causal entre l&#8217;exposition \u00e0 un produit chimique particulier et une maladie particuli\u00e8re.<\/p>\n<p>Tous les deux ans, The National Academy of Sciences&#8217; Institute of Medicine des \u00c9tats-unis met \u00e0 jour sa cat\u00e9gorisation de maladies reli\u00e9es \u00e0 l&#8217;exposition au produit Orange; le minist\u00e8re des anciens combattants \u00e9tats-unien s&#8217;en sert pour prendre des d\u00e9cisions sur les pensions.<\/p>\n<p>Ici, au Canada, le gouvernement est en train de cr\u00e9er un ensemble d&#8217;indemnit\u00e9s pour les anciens combattants et les civils qui ont \u00e9t\u00e9 affect\u00e9s par les herbicides \u00e0 Gagetown. C&#8217;est au ministre des Anciens combattants Greg Thompson, le d\u00e9put\u00e9 du Nouveau-Brunswick-Sud-Ouest, que cette t\u00e2che a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e. &#8220;Il nous faut un ensemble d&#8217;indemnit\u00e9s qu&#8217;on puisse utiliser pour s&#8217;occuper d&#8217;eux \u00e0 un degr\u00e9 humain, et il faut comprendre qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une \u00e9quation complexe&#8221;, dit-il lors d&#8217;une interview au t\u00e9l\u00e9phone. &#8220;Certains des morceaux ont disparu depuis 50 ans. C&#8217;est le premier gouvernement qui dit &#8216;Non, nous n&#8217;allons pas passer cela sous silence pour qu&#8217;un autre gouvernement s&#8217;en occupe.'&#8221;<\/p>\n<p>Simultan\u00e9ment, un groupe d&#8217;enqu\u00eate factuelle, nomm\u00e9 par le minist\u00e8re de la D\u00e9fense nationale, entreprend des \u00e9tudes sur l&#8217;environnement et la sant\u00e9 humaine \u00e0 la base et aux alentours. D&#8217;aucuns ont lou\u00e9 le Projet d&#8217;\u00e9tablissement des faits \u00e0 la base Gagetown et les environs, lequel doit \u00eatre termin\u00e9 en \u00e9t\u00e9 2007, et d&#8217;autres l&#8217;ont re\u00e7u avec scepticisme. Ses conclusions ont donn\u00e9 lieu \u00e0 une restriction de l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 trois zones de la base. Plusieurs autres zones ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9es &#8216;points chauds&#8217; et les risques pour la sant\u00e9 vont y \u00eatre \u00e9valu\u00e9s.<\/p>\n<p>Dix pour cent des 1 200 \u00e9chantillons de terre, de s\u00e9diment et de la nappe souterraine pr\u00e9lev\u00e9s dans les zones de tir et d&#8217;entra\u00eenement indiquent des niveaux \u00e9lev\u00e9s de dioxines ou d&#8217;hexachlorure de benz\u00e8ne. Ces chiffres sont bas\u00e9s sur des niveaux actuels, pas historiques. Le coordinateur de la recherche factuelle Dennis Furlong, un ancien ministre n\u00e9o-brunswickois de la sant\u00e9 et m\u00e9decin de famille pratiquant, dit que l&#8217;extrapolation r\u00e9trograde n&#8217;a pas encore \u00e9t\u00e9 faite. &#8220;La question a \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9e&#8230; &#8216;si ces niveaux en sont l\u00e0 maintenant, o\u00f9 en \u00e9taient-ils il y a 50 ans?&#8217; Je ne peux que r\u00e9pondre &#8216;je ne sais pas, mais je suis certain (qu&#8217;ils \u00e9taient) plus \u00e9lev\u00e9s.'&#8221;<\/p>\n<p>Le chef d&#8217;\u00e9tat-major de la BFC Gagetown, le lieutenant-colonel Paul Kearney, insiste que le commandant de la base Ryan Jestin et lui sont &#8220;engag\u00e9s compl\u00e8tement pour s&#8217;assurer que cette base soit un endroit s\u00e9curitaire o\u00f9 travailler, habiter, s&#8217;entra\u00eener et jouer&#8221;. Ils assistent les enqu\u00eateurs factuels de toutes les mani\u00e8res possibles, qu&#8217;il s&#8217;agisse de l&#8217;acc\u00e8s aux dossiers (maintenus m\u00e9ticuleusement par un employ\u00e9 durant plusieurs d\u00e9cennies) ou du nettoyage des zones dangereuses.<\/p>\n<p>Mais les v\u00e9t\u00e9rans de Gagetown comme Burke ne savent o\u00f9 donner de la t\u00eate. Le temps file, et dans certains cas il arrive \u00e0 sa fin.<\/p>\n<p>Bien plus de 150 000 personnes ont travaill\u00e9 \u00e0 Gagetown depuis 1952. Dans la plupart des cas c&#8217;\u00e9taient des soldats canadiens, mais il y avait aussi les visiteurs militaires internationaux, dont des Am\u00e9ricains et des Britanniques. La cr\u00e9ation d&#8217;une base de donn\u00e9es sur les gens qui ont travaill\u00e9 \u00e0 la base fait partie de l&#8217;enqu\u00eate factuelle. Toutefois, nombreux sont ceux qui n&#8217;habitent plus dans la r\u00e9gion et il se peut fort bien qu&#8217;ils ne soient pas au courant de ce qui se passe. Une grande partie de l&#8217;attention m\u00e9diatique est rest\u00e9e au Nouveau-Brunswick.<\/p>\n<p>&#8220;Ces gens \u00e9taient de bons et forts soldats&#8221;, dit Payne, un membre de la filiale Oromocto de la L\u00e9gion royale canadienne ainsi que de la Black Watch Association. &#8220;Ils ont ob\u00e9i aux ordres et maintenant ils sont malades. Ils ont \u00e9t\u00e9 empoisonn\u00e9s par leur environnement.&#8221;<\/p>\n<p>De plus, dit-il, Anciens combattants Canada place une charge d\u00e9raisonnablement lourde de preuve sur les anciens combattants qui font une demande de pension. &#8220;Ils ont servi leur pays et maintenant, quand c&#8217;est le tour de leur pays de s&#8217;occuper d&#8217;eux, on le leur refuse parce que les syst\u00e8mes de soutien dont ils ont besoin n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 mis en place.&#8221; \u00c0 propos de Burke, il dit que &#8220;Jimmy a fait une demande (de pension) pour sa maladie pulmonaire et d&#8217;autres difficult\u00e9s aupr\u00e8s du minist\u00e8re des anciens combattants. (On la lui a) refus\u00e9e&#8221;.<\/p>\n<p>De dire Burke, &#8220;J&#8217;ai toujours \u00e9t\u00e9 en sant\u00e9. Ce n&#8217;est qu&#8217;il y a trois ou quatre ans que ceci m&#8217;a affect\u00e9. Depuis lors j&#8217;ai eu (deux) infarctus du myocarde, des troubles pulmonaires congestifs et je commence \u00e0 avoir des protub\u00e9rances et des bosses partout sur le corps. Je suis du genre de personne qui travaille toujours [&#8230;] tout \u00e0 coup mon univers s&#8217;est an\u00e9anti&#8221;.<\/p>\n<p>Payne et ses camarades du Black Watch et du Corps royal canadien des transmissions aident les anciens combattants \u00e0 remplir les formulaires d&#8217;ACC. Le r\u00e9seau du bureau des services de la L\u00e9gion \u00e9galement, qui comprend des b\u00e9n\u00e9voles et des agents des services r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s aux niveaux de la filiale, de la division et de la nation. Payne dit que l&#8217;agent des services Kelly Newstead de la Division du Nouveau-Brunswick a beaucoup coop\u00e9r\u00e9 avec lui. L&#8217;agent des services de la filiale Oromocto John Perry remarque que sa filiale a fait quelque 115 demandes.<\/p>\n<p>&#8220;La majorit\u00e9 des clients (de la L\u00e9gion) sont venus \u00e0 la Division du Nouveau-Brunswick pour obtenir leurs services&#8221;, dit le directeur Pierre Allard du Bureau national des services de la L\u00e9gion et il ajoute que l&#8217;organisation a aussi \u00e9crit des lettres et particip\u00e9 \u00e0 des discussions avec ACC. Allard reconna\u00eet que les anciens combattants &#8220;ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s frustr\u00e9s&#8221;, et il dit que le r\u00e9seau du bureau des services de la L\u00e9gion sugg\u00e8re que les clients qui auraient essuy\u00e9 un refus de la part d&#8217;ACC lors de la premi\u00e8re demande devraient attendre que les rapports d&#8217;enqu\u00eate factuelle aient \u00e9t\u00e9 faits avant de lancer le processus de r\u00e9vision et appel. &#8220;On est un peu attrap\u00e9 ici. L&#8217;opportunit\u00e9 est vraiment essentielle.&#8221;<\/p>\n<p>Sur les 1 100 demandes reli\u00e9es aux herbicides re\u00e7ues \u00e0 ACC avant le mois de juillet, il n&#8217;y a que celles de quatre v\u00e9t\u00e9rans de Gagetown qui ont abouti \u00e0 une pension. Une de ces derni\u00e8res \u00e9tait celle de feu le brigadier-g\u00e9n\u00e9ral Gordon Sellar, le soldat d\u00e9cor\u00e9 de la Seconde Guerre mondiale qui a command\u00e9 le Black Watch \u00e0 Gagetown, quand il \u00e9tait colonel, durant les ann\u00e9es 1960; il a d\u00e9velopp\u00e9 une leuc\u00e9mie lympho\u00efde chronique presque trente ans apr\u00e8s. Son \u00e9pouse, Gloria, a r\u00e9ussi la campagne qu&#8217;elle a faite pour obtenir une pension pour lui, mais il lui a fallu plus de dix ans pour convaincre ACC du lien entre les tonneaux d&#8217;herbicide \u00e9tiquet\u00e9s distinctement, le service de son mari et la maladie de ce dernier. &#8220;J&#8217;\u00e9tais absolument r\u00e9solue \u00e0 d\u00e9couvrir quelque chose \u00e0 propos de ceci, parce qu&#8217;il y avait tant de gens du Black Watch mourants et extr\u00eamement malades&#8221;, dit cette vive dame de 79 ans. Heureusement que, vu son grade, Sellar a pu d\u00e9montrer o\u00f9 se trouvait son \u00e9poux \u00e0 tel ou tel moment donn\u00e9. Ce n&#8217;est pas le cas pour beaucoup d&#8217;autres gens.<\/p>\n<p>Anciens combattants Canada a octroy\u00e9 une pension \u00e0 Gordon Sellar en 2004; il est mort quelques semaines apr\u00e8s. Gloria a fait part de son histoire aux m\u00e9dias en mai 2005, devenant le catalysant d&#8217;un torrent d&#8217;activit\u00e9s. Depuis lors, elle est devenue une des voix les plus c\u00e9l\u00e8bres pour les v\u00e9t\u00e9rans de Gagetown et leur veuve. Une fois par mois, elle prend le train de Kingston (Ont.) \u00e0 Oromocto pour s&#8217;acquitter de ses devoirs, lesquels comprennent si\u00e9ger au comit\u00e9 consultatif ind\u00e9pendant du projet d&#8217;enqu\u00eate factuelle et aider les anciens combattants par l&#8217;entremise de la Black Watch Association.<\/p>\n<p>Bien que Sellar constate qu&#8217;il existe une perception selon laquelle le grade de son \u00e9poux aurait contribu\u00e9 \u00e0 ce qu&#8217;il obtienne une pension, elle a beaucoup fait pour aider d&#8217;autres soldats. Parmi eux se trouve le chauffeur et radio de Gordon, Chester Harding, qui \u00e9tait constamment avec lui sur le terrain \u00e0 Gagetown; Harding aussi est devenu gravement malade. Gloria l&#8217;a aid\u00e9 \u00e0 remplir sa demande pour ACC, mais pour l&#8217;instant il n&#8217;a pas r\u00e9ussi. De dire Sellar, &#8220;Pourquoi il n&#8217;a rien re\u00e7u, je ne sais pas. Je pense qu&#8217;il y a un b\u00e2illon sur tout ceci. &#8221;<\/p>\n<p>Deux autres d\u00e9fenseurs se sont mis de la partie quand le minist\u00e8re de la D\u00e9fense nationale a d\u00e9clar\u00e9, en juin 2005, que 21\/2 tonneaux seulement de produit Orange ont \u00e9t\u00e9 pulv\u00e9ris\u00e9s \u00e0 la BFC Gagetown en 1966 et 1967. Kenneth Dobbie et Art Connolly, des &#8216;gosses de militaire&#8217; de Gagetown, ont form\u00e9 l&#8217;Agent Orange Association et se sont servi de l&#8217;Acc\u00e8s \u00e0 l&#8217;information pour d\u00e9couvrir l&#8217;importance de la pulv\u00e9risation d&#8217;herbicide \u00e0 la base une ann\u00e9e apr\u00e8s l&#8217;autre. Ils maintiennent que le gouvernement continue de se concentrer sur les tests am\u00e9ricains de 1966 et 1967, n\u00e9gligeant les autres ann\u00e9es, entre 1956 et 1984, o\u00f9 le militaire canadien se servait de produits chimiques toxiques. &#8220;En l&#8217;occurrence, nous avions un programme 12 ans avant que les Am\u00e9ricains viennent pulv\u00e9riser l&#8217;agent Orange&#8221;, dit Dobbie. &#8220;Il s&#8217;agissait d&#8217;une pratique continue de d\u00e9foliation d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e.&#8221;<\/p>\n<p>La question les touche profond\u00e9ment tous les deux. Ils ont tous deux perdu leur p\u00e8re (et Connolly, d&#8217;autres membres de sa famille) des suites de maladies qu&#8217;ils imputent \u00e0 habiter et travailler \u00e0 la base durant les ann\u00e9es 1960. Dobbie lui-m\u00eame a souffert d&#8217;une vari\u00e9t\u00e9 d&#8217;affections, y compris l&#8217;atrophie c\u00e9r\u00e9brale et le diab\u00e8te non insulino-d\u00e9pendant, depuis l&#8217;\u00e9t\u00e9 1966 quand, adolescent, il a travaill\u00e9 \u00e0 Gagetown au nettoyage de feuillage tremp\u00e9 d&#8217;herbicides.<\/p>\n<p>Dobbie et Connolly ont affich\u00e9 les documents r\u00e9v\u00e9lateurs du MDN sur leur site Web populaire www.agentorangealert.com et ils continuent d&#8217;exiger une enqu\u00eate publique compl\u00e8te. &#8220;Il ne s&#8217;agit pas d&#8217;argent, ce dont il s&#8217;agit c&#8217;est que le gouvernement doit accepter ses responsabilit\u00e9s&#8221;, dit Connolly.<\/p>\n<p>Alors que la saga des herbicides se d\u00e9voilait sous le gouvernement de Martin, les voix de Thompson et de son homologue provincial Jody Carr, d\u00e9put\u00e9 d&#8217;Oromocto-Gagetown, \u00e9taient parmi les plus fortes qui posaient des questions et exigeaient qu&#8217;on passe aux actes. En tant que ministre d&#8217;Anciens combattants Canada actuel, Thompson a d\u00e9clar\u00e9 qu&#8217;il allait proposer son ensemble d&#8217;indemnit\u00e9s au cabinet &#8220;\u00e0 la fin de l&#8217;automne ou au d\u00e9but de l&#8217;an prochain&#8221; et qu&#8217;il s&#8217;agirait probablement d&#8217;un paiement \u00e0 titre gracieux.<\/p>\n<p>Le d\u00e9put\u00e9 lib\u00e9ral Robert Thibault remarque que Thompson &#8220;avait suscit\u00e9 de grands espoirs en tant que critique [&#8230;] comme quoi il allait donner de l&#8217;argent imm\u00e9diatement&#8221;, mais que telle allocation ne se trouvait pas dans le premier budget des Conservateurs. Il dit qu&#8217;ACC va se servir d&#8217;une &#8220;\u00e9preuve plut\u00f4t d\u00e9cisive&#8221; pour prendre des d\u00e9cisions sur les demandes de pension des anciens combattants.<\/p>\n<p>\u00c0 Oromocto, Carr r\u00e9pond que &#8220;Greg Thompson a toujours dit, et moi aussi, qu&#8217;on ne peut pas \u00e9crire des ch\u00e8ques en blanc. Ce que nous avons r\u00e9ussi \u00e0 faire c&#8217;est d&#8217;ajuster les lettres (d&#8217;ACC) pour qu&#8217;on y lise &#8220;C&#8217;est refus\u00e9 pour l&#8217;instant. Il y a un processus en cours, et au fur et \u00e0 mesure que ce processus va servir \u00e0 obtenir davantage de renseignements, votre dossier sera r\u00e9vis\u00e9.&#8221;<\/p>\n<p>Avant, dit Carr, &#8220;le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral mettait des limites (\u00e0 sa couverture de pensions) \u00e0 sept jours de pulv\u00e9risation d&#8217;agent Orange. Collectivement, tout le monde a d\u00fb les convaincre \u00e0 Ottawa que ce n&#8217;\u00e9tait pas seulement \u00e7a. Finalement, nous avons r\u00e9ussi \u00e0 le faire&#8221;.<\/p>\n<p>Thompson reconna\u00eet que la charge de la preuve est &#8220;difficile&#8221; pour les anciens combattants qui demandent une pension. &#8220;Si nous voulons suivre le processus des pensions, nous parlerons probablement encore de ceci dans 10 ans, parce qu&#8217;il n&#8217;y aura probablement pas du tout de r\u00e9solution favorable pour tous ces soldats.&#8221; Toutefois, dit-il, les difficult\u00e9s pour obtenir l&#8217;ensemble d&#8217;indemnit\u00e9s seront amoindries.<\/p>\n<p>Mais les indemnit\u00e9s ne viendront probablement pas avant la fin 2007, dit Thompson, car le gouvernement attend les r\u00e9sultats du projet d&#8217;enqu\u00eate factuelle. &#8220;Ce n&#8217;est que lorsqu&#8217;on a obtenu les faits&#8221;, dit le ministre, &#8220;qu&#8217;on peut r\u00e9soudre un probl\u00e8me.&#8221;<\/p>\n<p>L&#8217;Agent Orange Association n&#8217;est pas tr\u00e8s convaincue du projet d&#8217;enqu\u00eate factuelle, que Dobbie appelle un exercice de relations publiques. &#8220;Ils n&#8217;ont pas du tout de vrai pouvoir, car tout ce qu&#8217;ils vont faire c&#8217;est recueillir des faits et [&#8230;] (les) remettre au gouvernement. Nous nous inscrivons en faux contre \u00e7a parce que nous connaissons d\u00e9j\u00e0 les faits.&#8221; Il demande r\u00e9paration par l&#8217;entremise d&#8217;une action collective intent\u00e9e en juillet 2005 par le Merchant Law Group, une soci\u00e9t\u00e9 d&#8217;avocats nationale.<\/p>\n<p>Le projet d&#8217;enqu\u00eate factuelle de plus de 800 000 $ a commenc\u00e9 en ao\u00fbt 2005. Son coordinateur initial, Vaughan Blaney, est tomb\u00e9 malade et a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par Furlong en novembre dernier. Alors que le docteur Furlong ne passe que deux ou trois jours par semaine au bureau du projet \u00e0 Oromocto, il y a un personnel de quatre personnes ainsi que des entrepreneurs priv\u00e9s qui s&#8217;occupent des \u00e9tudes de l&#8217;enqu\u00eate factuelle.<\/p>\n<p>Jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, Furlong a interrog\u00e9 quelque 500 ou 600 anciens combattants et civils de la r\u00e9gion. Il va se servir de ces renseignements ainsi que des \u00e9tudes environnementales et de sant\u00e9 pour assembler un rapport d\u00e9terminant pour le gouvernement. &#8220;Je ne crois pas qu&#8217;il y ait quelque culpabilit\u00e9 dans ceci&#8221;, dit Furlong. &#8220;Ce qui a \u00e9t\u00e9 fait l&#8217;a \u00e9t\u00e9 quand on ne savait pas tout ce qu&#8217;on sait aujourd&#8217;hui \u00e0 propos des produits chimiques [&#8230;]. Nous vivons dans un environnement chimique. &#8220;Mais, ajoute-t-il, &#8220;le gouvernement veut la responsabilit\u00e9.&#8221;<\/p>\n<p>Les deux t\u00e2ches termin\u00e9es derni\u00e8rement concernant la d\u00e9termination de l&#8217;utilisation historique d&#8217;herbicides \u00e0 Gagetown, en plus de l&#8217;\u00e9valuation environnementale pr\u00e9liminaire, sont des &#8220;\u00e9tapes d\u00e9cisives&#8221; vers l&#8217;ach\u00e8vement du projet dit-il. &#8220;Le gouvernement du Canada ne peut pas \u00eatre tenu responsable d&#8217;apr\u00e8s (des conjectures). Il doit avoir des donn\u00e9es et des faits pour repr\u00e9senter l&#8217;argent du peuple du Canada comme il se doit.&#8221;<\/p>\n<p>Bien que Sellar croie que Furlong fait un &#8220;travail formidable&#8221;, elle a h\u00e2te que le gouvernement &#8220;s&#8217;y mette&#8221;.<\/p>\n<p>Furlong reconna\u00eet qu&#8217;il est n\u00e9cessaire d&#8217;agir vite. &#8220;Comme je l&#8217;ai dit aux gens qui disent que &#8216;\u00e7a prend trop de temps&#8217;, j&#8217;ai dit &#8216;Eh bien, \u00e7a dure depuis il y a 50 ans&#8230; Dix-huit mois (\u00e0 partir de novembre 2005) ne me semblent pas trop long pour bien faire. Nous allons aussi vite que possible.&#8221;<\/p>\n<p>Quant aux critiques de l&#8217;Agent Orange Association, Furlong r\u00e9pond calmement : &#8220;On fait ce qu&#8217;on a \u00e0 faire, ils font ce qu&#8217;ils ont \u00e0 faire. Rien de ce qu&#8217;ils font ne va affecter ce qu&#8217;on fait ici. &#8221;<\/p>\n<p>Kearney, le chef d&#8217;\u00e9tat-major de la BFC Gagetown, remarque que Furlong a le truc pour s\u00e9parer les faits et les \u00e9motions. &#8220;(Il) n&#8217;est pas l\u00e0 pour faire l&#8217;int\u00e9ressant. Il est l\u00e0 pour obtenir les faits et les faire parvenir au ministre. Il ne s&#8217;agit pas du tout d&#8217;un exercice de relations publiques.&#8221;<\/p>\n<p>Quelques points m\u00e9ritent qu&#8217;on y fasse attention maintenant que le projet arrive \u00e0 terme. Bien que Thompson ait dit que les gens qui habitent, ou qui ont habit\u00e9, dans les collectivit\u00e9s entourant Gagetown allaient \u00eatre pris en consid\u00e9ration en ce qui concerne les indemnit\u00e9s, ils ne font pas partie du mandat de Furlong. &#8221; (Mon) mandat comprend les anciens combattants&#8211;je pr\u00e9sume que cela comprend les \u00e9pouses des anciens combattants d\u00e9c\u00e9d\u00e9s&#8211;les employ\u00e9s du gouvernement du Canada et les entrepreneurs priv\u00e9s \u00e0 la base. C&#8217;est mon mandat actuellement.&#8221;<\/p>\n<p>Deux r\u00e9sidents de Hoyt, que la rivi\u00e8re Oromocto s\u00e9pare de la BFC Gagetown, observent les \u00e9v\u00e9nements de pr\u00e8s. Gloria Paul, une infirmi\u00e8re \u00e0 la retraite qui a d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 d&#8217;Angleterre au Nouveau-Brunswick en 1977, inqui\u00e8te des effets des op\u00e9rations de la base sur l&#8217;environnement, a \u00e9crit d&#8217;innombrables lettres \u00e0 des ministres du gouvernement et au personnel de la base. &#8220;On ne vous dit jamais rien. Il faut le d\u00e9couvrir et leur montrer, et \u00e0 ce moment-l\u00e0 ils disent : &#8216;Oui, c&#8217;est bien \u00e7a.'&#8221;<\/p>\n<p>Sa voisine, Suzanne McCann, s&#8217;est fait inscrire dans l&#8217;action collective de Dobbie. Pendant 40 ans elle a habit\u00e9 \u00e0 Enniskillen, une collectivit\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des zones d&#8217;entra\u00eenement qui sont devenues infertiles \u00e0 cause des nombreuses pulv\u00e9risations. Sa sant\u00e9 s&#8217;est am\u00e9lior\u00e9e depuis qu&#8217;elle est partie, en 1997. &#8220;Dans cette petite collectivit\u00e9 o\u00f9 j&#8217;habitais, sur huit maisonn\u00e9es, 25 personnes sont mortes du cancer.&#8221; Son fils travaille \u00e0 la base et il a fait un rapport aux enqu\u00eateurs factuels, mais elle ne sait que penser du projet, dit-elle.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l&#8217;\u00e9valuation environnementale faite par la soci\u00e9t\u00e9 d&#8217;experts-conseils Jacques Whitford, une r\u00e9vision interne a servi \u00e0 en identifier les points faibles. D&#8217;abord, il n&#8217;y avait pas assez d&#8217;information sur les proc\u00e9d\u00e9s de l&#8217;analyse qu&#8217;ont utilis\u00e9 les laboratoires qui se sont occup\u00e9s des \u00e9chantillons. Sans ces informations, \u00e9crivaient les scientifiques, il est difficile, m\u00eame impossible, de fournir une assurance et un contr\u00f4le de la qualit\u00e9.<\/p>\n<p>Les scientifiques indiquaient que les \u00e9chantillons auraient d\u00fb \u00eatre pris plus profond\u00e9ment que les premiers 10 centim\u00e8tres de terre superficielle, et lors de l&#8217;analyse de la terre, on aurait d\u00fb se pencher sur &#8220;les param\u00e8tres essentiels comme le contenu de mati\u00e8res organiques total&#8221;. Il y a \u00e9galement eu &#8220;un d\u00e9faut d&#8217;inclusion des zones d&#8217;\u00e9chantillonnage de comparaison \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur de la zone de tir et d&#8217;entra\u00eenement&#8221;. Ceci aurait donn\u00e9 une base pour qu&#8217;on puisse faire les comparaisons et aurait permis \u00e0 Jacques Whitford de caract\u00e9riser &#8220;les sources r\u00e9gionales des produits chimiques dont il s&#8217;agit&#8221;.<\/p>\n<p>Thompson fait remarquer qu&#8217;il y a d&#8217;autres essais environnementaux \u00e0 faire. &#8220;J&#8217;ai offert quelques suggestions. Je crois que quelques essais vont traiter [&#8230;] de la proximit\u00e9 de la base. Certaines de ces collectivit\u00e9s auraient \u00e9t\u00e9 affect\u00e9es rien qu&#8217;\u00e0 cause de la direction des vents et de leur proximit\u00e9. Non seulement j&#8217;ai pour mandat d&#8217;\u00e9tudier les militaires et les civils de base, mais ceux de l&#8217;ext\u00e9rieur de la base aussi. C&#8217;est exactement ce qu&#8217;on fait. &#8221;<\/p>\n<p>Alors que les camarades de Payne attendent la d\u00e9cision sur leur demande de pension, l&#8217;ancien combattant au parler franc remarque : &#8220;Il ne s&#8217;agit pas de quelque chose d&#8217;aussi simple que d&#8217;acheter une nouvelle voiture. Le probl\u00e8me, ici, dans les cas de l\u00e9sions reli\u00e9es aux herbicides, c&#8217;est qui va s&#8217;occuper de nous?&#8221;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8220;Jimmy \u00e9tait comme moi l\u00e0-bas : un marcheur. Nous \u00e9tions expos\u00e9s \u00e0 la boue et \u00e0 la merde. 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