{"id":87,"date":"2006-09-01T22:21:13","date_gmt":"2006-09-02T03:21:13","guid":{"rendered":"http:\/\/28330.vws.magma.ca\/fr\/?p=87"},"modified":"2008-01-27T22:38:01","modified_gmt":"2008-01-28T03:38:01","slug":"ils-etaient-jeunes-comme-nous","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2006\/09\/ils-etaient-jeunes-comme-nous\/","title":{"rendered":"Ils \u00e9taient jeunes comme nous"},"content":{"rendered":"<p>Il \u00e9tait \u00e9vident que le p\u00e8lerinage qu&#8217;Anciens combattants Canada avait organis\u00e9 en l&#8217;honneur du 90e anniversaire des batailles de Beaumont Hamel et de la Somme en serait un auquel ne participerait aucun v\u00e9t\u00e9ran de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, mais il concernerait certainement la comm\u00e9moration et le ma\u00eetre mot en serait la jeunesse d&#8217;aujourd&#8217;hui.<\/p>\n<p>Aucun v\u00e9t\u00e9ran de la Premi\u00e8re Guerre mondiale ne pourrait participer au voyage qui allait avoir lieu du 27 juin au 5 juillet, mais des groupes d&#8217;anciens combattants, y compris la L\u00e9gion royale canadienne et 10 autres organismes, seraient repr\u00e9sent\u00e9s et il y aurait cinq v\u00e9t\u00e9rans de la Seconde Guerre mondiale et six v\u00e9t\u00e9rans des Forces canadiennes. La L\u00e9gion serait repr\u00e9sent\u00e9e par le pr\u00e9sident national nouvellement \u00e9lu Jack Frost qui allait en France apr\u00e8s le Congr\u00e8s national qui avait eu lieu, du 25 au 28 juin, \u00e0 Calgary.<\/p>\n<p>Le plus grand contingent, toutefois, serait celui des 39 jeunes choisis dans toutes les provinces et territoires par diverses organisations, y compris Scouts Canada, Rencontres avec le Canada et les Amput\u00e9s de guerre du Canada. Le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador avait choisi quelques jeunes gens en l&#8217;honneur de son \u00e9minente histoire et des liens \u00e9motifs avec Beaumont Hamel, o\u00f9 a eu lieu le premier engagement du Newfoundland Regiment en France, et le plus co\u00fbteux de la guerre, le premier jour de la bataille de la Somme.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait vraiment appropri\u00e9 que le p\u00e8lerinage commence par des comm\u00e9morations \u00e0 St. John&#8217;s o\u00f9 le premier ministre Danny Williams a appel\u00e9 la bataille de Beaumont Hamel &#8220;le jour le plus sombre de Terre-Neuve&#8221;.<\/p>\n<p>Le 1er juillet 1916, le Newfoundland Regiment re\u00e7ut l&#8217;ordre de sortir de ses tranch\u00e9es pour attaquer un ennemi bien retranch\u00e9 de l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9 d&#8217;un terrain neutre. Une demi-heure apr\u00e8s, le r\u00e9giment avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9cim\u00e9. Chaque officier qui s&#8217;\u00e9tait avanc\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 ou bless\u00e9 et sur les 801 soldats originaires, seuls 68 r\u00e9pondaient \u00e0 l&#8217;appel le lendemain matin. Terre-Neuve ne s&#8217;\u00e9tait pas encore unie au Canada, alors les jeunes hommes du &#8220;Rocher&#8221; se battaient pour l&#8217;arm\u00e9e britannique.<\/p>\n<p>Les soldats canadiens sont arriv\u00e9s au champ de bataille de la Somme \u00e0 la fin du mois d&#8217;ao\u00fbt, quand la bataille avait deux mois. De juillet \u00e0 la fin de la bataille, \u00e0 la mi-novembre 1916, le front des alli\u00e9s n&#8217;avait avanc\u00e9 que de 10 kilom\u00e8tres \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur du territoire d\u00e9fendu par les Allemands. Le nombre total des victimes alli\u00e9es s&#8217;\u00e9levait \u00e0 environ 620 000, dont 24 000 \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e9taient canadiennes.<\/p>\n<p>Avant de quitter St. John&#8217;s, la d\u00e9l\u00e9gation a entr&#8217;aper\u00e7u la vie militaire du XVIIIe si\u00e8cle gr\u00e2ce \u00e0 une pr\u00e9sentation d&#8217;exercices de tattoo ex\u00e9cut\u00e9s par le Royal Newfoundland Regt. of Foot et la 27e Compagnie du R\u00e9giment royal de l&#8217;Artillerie. Le Royal Newfoundland Regt. actuel remonte au groupe rassembl\u00e9 en 1795 pour les postes de garnison qui a particip\u00e9 \u00e0 la plupart des batailles de la guerre de 1812 et a \u00e9t\u00e9 dispers\u00e9 en 1816.<\/p>\n<p>Chaque \u00e9t\u00e9 depuis 1967, de jeunes Canadiens sont engag\u00e9s par la Signal Hill Tattoo Association et Parcs Canada pour exemplifier la vie et l&#8217;entra\u00eenement d&#8217;un soldat de garnison au jour le jour.<\/p>\n<p>La prochaine halte de la d\u00e9l\u00e9gation a eu lieu \u00e0 la mairie o\u00f9 la ville de St. John&#8217;s lui a offert un d\u00eener sp\u00e9cial. Le d\u00e9put\u00e9 Fabian Manning, membre de la d\u00e9l\u00e9gation, a parl\u00e9 de l&#8217;objet du voyage. &#8220;En politique, un v\u00e9t\u00e9ran de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale m&#8217;a appris que la seule chose qui aide \u00e0 survivre \u00e0 toutes les batailles auxquelles on doit faire face, c&#8217;est qu&#8217;il faut danser avec celui qui vous a amen\u00e9. Bient\u00f4t nous serons en France et nous devrons nous tenir aux c\u00f4t\u00e9s de ceux qui nous ont donn\u00e9 ce pays.&#8221;<\/p>\n<p>La premi\u00e8re c\u00e9r\u00e9monie de comm\u00e9moration a eu lieu au parc Bowring de St. John&#8217;s o\u00f9 un groupe s&#8217;est rassembl\u00e9 autour de la statue du fier caribou, l&#8217;embl\u00e8me du Royal Newfoundland Regt. Il s&#8217;agit d&#8217;une des six statues identiques cr\u00e9\u00e9es par le sculpteur anglais Basil Gotto. C&#8217;est la seule qu&#8217;il y a au Canada. Les cinq autres sont en Europe, o\u00f9 elles marquent les endroits o\u00f9 les Terre-Neuviens se sont battus et sont tomb\u00e9s. Ici, des couronnes ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9es par Manning et les repr\u00e9sentants des organisations d&#8217;anciens combattants. La L\u00e9gion royale canadienne \u00e9tait repr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 ce moment-l\u00e0 par Eugene Breen, le second vice-pr\u00e9sident de la Division de Terre-Neuve-et-Labrador.<\/p>\n<p>Les jeunes eurent l&#8217;occasion d&#8217;apprendre \u00e0 se conna\u00eetre les uns les autres \u00e0 l&#8217;a\u00e9roport de St. John&#8217;s o\u00f9 la d\u00e9l\u00e9gation est mont\u00e9e \u00e0 bord d&#8217;un vol de nuit d&#8217;un airbus des Forces canadiennes en direction de Lille (France). De dire Adam Fedyk de Kelowna (C.-B.) : &#8220;je pense que la plupart d&#8217;entre nous \u00e9tions en \u00e9tat de choc. Au pays, je suis pr\u00e9sident du conseil des \u00e9tudiants et la plupart d&#8217;entre nous \u00e9tions angoiss\u00e9s \u00e0 propos de la remise des dipl\u00f4mes. Certains des jeunes ont m\u00eame laiss\u00e9 passer la remise des dipl\u00f4mes pour participer \u00e0 ce voyage.&#8221;<\/p>\n<p>Le ministre des anciens combattants Gregory Thompson, accompagn\u00e9 par le ministre des P\u00eaches et Oc\u00e9ans et du ministre r\u00e9gional de Terre-Neuve Loyola Hearn, menait la d\u00e9l\u00e9gation. La princesse Anne a particip\u00e9 aux c\u00e9r\u00e9monies \u00e0 Beaumont Hamel, tout comme le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Danny Williams, qui a assist\u00e9 \u00e0 plusieurs manifestations.<\/p>\n<p>Deux bataillons du Royal Newfoundland Regt. d&#8217;aujourd&#8217;hui ont aussi donn\u00e9 \u00e9norm\u00e9ment de sens et de couleurs aux c\u00e9r\u00e9monies du p\u00e8lerinage.<\/p>\n<p>Le groupe a commenc\u00e9 la partie europ\u00e9enne du p\u00e8lerinage par une c\u00e9r\u00e9monie en l&#8217;honneur de l&#8217;implication du Newfoundland Regiment aux combats qui ont suivi la bataille de la Somme, au petit village de Monchy-le-Preux, situ\u00e9 \u00e0 environ \u00e0 neuf kilom\u00e8tres \u00e0 l&#8217;est d&#8217;Arras (France). Le 14 avril 1917, le Newfoundland Regt. faisait partie d&#8217;un front de 22 kilom\u00e8tres qui repoussait les lignes allemandes. Les hommes n&#8217;ont atteint leur objectif, une position \u00e9lev\u00e9e fortifi\u00e9e pr\u00e8s du village, qu&#8217;apr\u00e8s de durs combats. Les Terre-Neuviens survivants avaient \u00e9t\u00e9 bless\u00e9s jusqu&#8217;au dernier quand on apprit qu&#8217;une force de 200 ou 300 Allemands s&#8217;appr\u00eatait \u00e0 contre-attaquer. Le lieutenant-colonel James Forbes-Robertson rassembla les 10 hommes qui restaient et r\u00e9ussit \u00e0 stopper l&#8217;ennemi pendant quatre heures, jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;arriv\u00e9e des renforts.<\/p>\n<p>Le groupe vit une statue de caribou europ\u00e9enne pour la premi\u00e8re fois \u00e0 Monchy-le-Preux. Il se tient f\u00e9rocement debout en haut d&#8217;un mur de brique m\u00e9di\u00e9val. Le colonel honoraire du r\u00e9giment, Ed Roberts, qui est aussi lieutenant-gouverneur de Terre-Neuve-et-Labrador, y a parl\u00e9 de l&#8217;implacabilit\u00e9 des contre-attaques allemandes quand le r\u00e9giment \u00e9tait r\u00e9duit \u00e0 une unit\u00e9 de 10 hommes.<\/p>\n<p>Le lendemain, la d\u00e9l\u00e9gation est all\u00e9e voir le m\u00e9morial de Courcelette qui honore l&#8217;implication du Corps d&#8217;arm\u00e9e canadien aux batailles de la Somme entre le 3 septembre et le 18 novembre 1916. &#8220;Nous nous souvenons durant notre hommage des gens de Courcelette. Ce petit village tient une place si grande dans l&#8217;histoire du Canada et on y voit encore les marques des grandes batailles mortelles qui ont eu lieu ici&#8221;, dit Thompson. &#8220;Et mortelles, elles l&#8217;\u00e9taient : 8 000 Canadiens sont morts entre la mi-septembre et la mi-novembre 1916. Plus de 16 000 autres ont \u00e9t\u00e9 bless\u00e9s. Les chiffres nous stup\u00e9fient encore aujourd&#8217;hui.<\/p>\n<p>&#8220;Si nous ne faisions pas l&#8217;effort de nous souvenir d&#8217;eux, de comprendre l&#8217;importance de leur sacrifice et la dette que nous avons envers eux, nous leur ferions du tort, mais nous ferions du tort aussi au Canada et \u00e0 nous-m\u00eames. Ils ont fait ce qu&#8217;ils devaient faire et, aujourd&#8217;hui, nous faisons ce que nous devons faire : les honorer, les remercier de leurs sacrifices et c\u00e9l\u00e9brer leurs accomplissements.&#8221;<\/p>\n<p>Tout en contemplant l&#8217;envergure du combat, le v\u00e9t\u00e9ran de l&#8217;Aviation Bill Brown de Winnipeg remarquait : &#8220;j&#8217;imagine que je me suis engag\u00e9 pour l&#8217;aventure, tout comme ces gars. Je n&#8217;ai jamais fait face \u00e0 quoi que ce soit de semblable&#8221;.<\/p>\n<p>Au fur et \u00e0 mesure que le p\u00e8lerinage allait de l&#8217;avant, les le\u00e7ons de service et de sacrifice se clarifiaient, surtout aux yeux des jeunes. C&#8217;\u00e9tait bien \u00e9vident quand les jeunes gens sont arriv\u00e9s \u00e0 un cimeti\u00e8re au nord d&#8217;Albert (France), le 30 juin, la veille de l&#8217;anniversaire de Beaumont Hamel.<\/p>\n<p>Au coucher du soleil, les jeunes et leurs leaders se tenaient silencieusement debout \u00e0 un endroit qu&#8217;on appelle le second cimeti\u00e8re canadien de Sunken Road. On y trouve la tombe de 44 Canadiens, tous du 22e Bataillon, qui se sont battus avec beaucoup de distinction \u00e0 Courcelette. Un repr\u00e9sentant de la jeunesse se tenait devant chaque pierre tombale quand le reste de la d\u00e9l\u00e9gation est arriv\u00e9, \u00e0 pied, des autocars qui avaient \u00e9t\u00e9 stationn\u00e9s hors de vue.<\/p>\n<p>Chaque jeune avait une petite chandelle \u00e9teinte dans un bocal quand il regardait la pierre tombale et le nom et l&#8217;\u00e2ge de la personne enterr\u00e9e l\u00e0. Deux jeunes ma\u00eetres de c\u00e9r\u00e9monies ont annonc\u00e9 que ce serait une c\u00e9r\u00e9monie pour se souvenir des gens qui se sont battus durant la guerre, et malgr\u00e9 la pr\u00e9sence de politiciens, il n&#8217;y a pas eu de discours.<\/p>\n<p>Le service comm\u00e9moratif solennel a commenc\u00e9 par la derni\u00e8re sonnerie, jou\u00e9e par un clairon qui se tenait \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&#8217;un cornemuseur, pr\u00e8s du mur bas du cimeti\u00e8re. Ensuite il y a eu un silence de deux minutes et puis le r\u00e9veil et la lecture de l&#8217;Acte du Souvenir. Les jeunes ont aussi lu la Promesse du souvenir, une promesse qui allait devenir bien famili\u00e8re \u00e0 tous les gens du voyage.<\/p>\n<p align=\"center\"><em>Ils \u00e9taient jeunes comme nous,<\/em><\/p>\n<p align=\"center\"><em>Ils ont servi leur pays en faisant preuve d&#8217;abn\u00e9gation,<\/em><\/p>\n<p align=\"center\"><em>Nous leur promettons, malgr\u00e9 le temps qui passe, de porter le flambeau et de ne jamais oublier.<\/em><\/p>\n<p align=\"center\"><em>Nous nous souviendrons d&#8217;eux.<\/em><\/p>\n<p>Seul Thompson a d\u00e9pos\u00e9 une couronne. Ensuite les jeunes se sont mis en cercle \u00e0 nouveau et leurs chandelles ont \u00e9t\u00e9 allum\u00e9es. Chacun d&#8217;eux est ensuite retourn\u00e9 \u00e0 une pierre tombale et y a d\u00e9pos\u00e9 son bocal avec la chandelle allum\u00e9e dessus. Ils ont ensuite pass\u00e9 quelques minutes en silence devant les tombes. Il y avait de la tension \u00e0 la fin de la c\u00e9r\u00e9monie et les gens se mirent \u00e0 d\u00e9ambuler \u00e0 travers le cimeti\u00e8re. On n&#8217;entendait que les sanglots assourdis provenant des jeunes. Une fille, ayant commenc\u00e9 \u00e0 pleurer ouvertement, se tourna vers le gar\u00e7on derri\u00e8re elle et sanglota dans ses bras. Cette image en d\u00e9clencha d&#8217;autres et les jeunes gens cherchaient \u00e0 se r\u00e9conforter les uns les autres alors que les adultes observaient inconfortablement. &#8220;Nous regardions simplement chacun une des 44 tombes. Des messages avaient \u00e9t\u00e9 \u00e9crits dessus par des gens qui \u00e9taient pass\u00e9s par l\u00e0&#8221;, dit Megan Welsh, \u00e2g\u00e9e de 16 ans, de Yellowknife (T. N.-O.). &#8220;C&#8217;\u00e9tait tr\u00e8s \u00e9mouvant; tout le monde qui pleurait. On ne sait pas comment on se sentirait en pleurant devant tout le monde de sa classe, mais nous pleurions tous, toute la classe.&#8221;<\/p>\n<p>Bert Lafond des Anciens combattants de l&#8217;arm\u00e9e, de la marine et des forces a\u00e9riennes au Canada dit qu&#8217;il \u00e9tait vraiment content de voir un si grand nombre de jeunes gens participer au voyage. &#8220;Je pense que c&#8217;est la jeunesse qui va faire que le voyage aura valu la peine&#8221;, dit ce r\u00e9sident de Moose Jaw (Sask.) qui a pass\u00e9 nombre d&#8217;ann\u00e9es dans les Forces canadiennes. &#8220;Ce sont les jeunes qui doivent continuer de transmettre le message.&#8221;<\/p>\n<p>Les \u00e9motions ressenties durant la visite au petit cimeti\u00e8re n&#8217;allaient avoir d&#8217;\u00e9gales que celles qui furent ressenties \u00e0 Beaumont Hamel le lendemain, en pr\u00e9sence du r\u00e9giment et de sa colonelle en chef, la princesse Anne.<\/p>\n<p>Environ 2 000 personnes se sont rassembl\u00e9es \u00e0 ce qui est actuellement un champ de bataille historique o\u00f9 le terrain est rest\u00e9 cribl\u00e9 des trous faits par les obus de l&#8217;artillerie qui y ont explos\u00e9. Le paysage boueux de 1916 a disparu, remplac\u00e9 par un champ vert luxuriant qui est tondu par des moutons qui paissent \u00e0 cause du risque de la mise au jour de bombes qui n&#8217;ont pas explos\u00e9. Les vieilles lignes de tranch\u00e9es sont encore l\u00e0, ainsi que d&#8217;autres restes de la bataille. Thompson dit que les hommes du 1st Newfoundland Regt. ont avanc\u00e9 sur un terrain \u00e0 d\u00e9couvert malgr\u00e9 un barrage implacable d&#8217;artillerie et de feu de mitrailleuses. Le massacre \u00e9tait \u00e9norme et Thompson racontait qu&#8217;il allait falloir deux semaines avant que la nouvelle du d\u00e9sastre parvienne \u00e0 Terre-Neuve. &#8220;Nous ne pouvons qu&#8217;imaginer la d\u00e9tresse qui s&#8217;est \u00e9tendue sur l&#8217;\u00eele ce jour-l\u00e0. Sur \u00e0 peine un quart de million d&#8217;habitants, la trag\u00e9die a \u00e9pargn\u00e9 bien peu de familles et encore moins de collectivit\u00e9s. P\u00e8res, fils, fr\u00e8res, amis, voisins, une g\u00e9n\u00e9ration de leaders \u00e0 venir : perdus en 30 minutes.&#8221;<\/p>\n<p>Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador a aussi parl\u00e9 des pertes et de la bravoure des jeunes Terre-Neuviens ce jour-l\u00e0. &#8220;C&#8217;\u00e9tait un \u00e9talage magnifique de vaillance entra\u00een\u00e9e et disciplin\u00e9e et l&#8217;assaut n&#8217;a failli que parce que les hommes morts ne peuvent plus avancer; ou tout du moins c&#8217;est ce qu&#8217;\u00e9crivait leur commandant par la suite. Nous, \u00e0 Terre-Neuve et au Canada ne devons pas oublier.&#8221;<\/p>\n<p>La princesse Anne n&#8217;a pris la parole qu&#8217;un court instant. &#8220;C&#8217;est ici \u00e0 Beaumont Hamel que nous voyons les grands courage et souffrance du r\u00e9giment qui ont fait que mon arri\u00e8re-grand-p\u00e8re George V lui a conf\u00e9r\u00e9 le titre &#8216;royal&#8217;. Le seul r\u00e9giment qui ait \u00e9t\u00e9 honor\u00e9 ainsi durant la guerre&#8221;, dit-elle.<\/p>\n<p>La princesse allait assister par la suite \u00e0 une r\u00e9ception donn\u00e9e par le ministre pour l&#8217;occasion, sous une tente pr\u00e8s du centre interpr\u00e9tatif de l&#8217;endroit. Elle y saluerait les anciens combattants et les dignitaires locaux avant de faire son tour priv\u00e9 des lieux.<\/p>\n<p>Le lendemain, la d\u00e9l\u00e9gation est all\u00e9e \u00e0 Ypres, en Belgique. Elle a fait le tour des champs de bataille et a fait une halte au poste de secours d&#8217;Essex Farm. C&#8217;est dans ces quartiers exigus que les m\u00e9decins canadiens, y compris John McCrae, qui \u00e9tait alors major, soignaient les bless\u00e9s arrivant des champs de bataille.<\/p>\n<p>Le 2 mai 1915, McCrae allait pr\u00e9sider \u00e0 l&#8217;enterrement de son ami, le lieutenant Alexis Helmer. Peu de temps apr\u00e8s, McCrae \u00e9crivait le po\u00e8me In Flanders Fields qui allait tellement servir \u00e0 d\u00e9mystifier la guerre.<\/p>\n<p>La raison principale du voyage \u00e0 Ypres \u00e9tait d&#8217;assister au rituel de soir\u00e9e de la derni\u00e8re sonnerie au monument restor\u00e9 de la porte de Menin, un grand arc impressionnant qui sert \u00e0 comm\u00e9morer les presque 55 000 morts des arm\u00e9es du Commonwealth qui sont tomb\u00e9s en Belgique, la plupart au saillant d&#8217;Ypres, et dont la tombe n&#8217;est pas connue. Sept mille des noms qui y ont \u00e9t\u00e9 inscrits sont ceux de Canadiens.<\/p>\n<p>Chaque soir, au coucher du soleil, la circulation sous l&#8217;arc s&#8217;arr\u00eate et les accents tristes de la derni\u00e8re sonnerie et du r\u00e9veil sont jou\u00e9s par des membres de la Soci\u00e9t\u00e9 de la derni\u00e8re sonnerie. La manifestation a \u00e9t\u00e9 exalt\u00e9e gr\u00e2ce aux d\u00e9l\u00e9gations qui y assistaient, venant du Canada et de Grande-Bretagne, mais sa simplicit\u00e9 \u00e9tait sobre alors que les clairons jouaient la derni\u00e8re sonnerie durant la courte c\u00e9r\u00e9monie de comm\u00e9moration.<\/p>\n<p>Jim Fisher de Dawson (Yukon), qui a servi dans les Canadian Guards et le Royal Canadian Regt. en \u00c9gypte et \u00e0 Chypre, dit de la c\u00e9r\u00e9monie que c&#8217;\u00e9tait une des plus \u00e9motionnelles du voyage. &#8220;J&#8217;ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s \u00e9mu par tous les noms et j&#8217;esp\u00e8re que les jeunes pourront faire part de leurs exp\u00e9riences \u00e0 leurs coll\u00e8gues. La porte de Menin m&#8217;a vraiment touch\u00e9. Il fallait que je m&#8217;en aille.&#8221;<\/p>\n<p>La visite suivante du groupe a eu lieu au monument national canadien de Vimy, o\u00f9 vont avoir lieu en avril prochain les grandes comm\u00e9morations en l&#8217;honneur du 90e anniversaire de la bataille de la cr\u00eate de Vimy, une bataille qui, d&#8217;apr\u00e8s certains, a donn\u00e9 au Canada son statut de nation. La visite commen\u00e7a par une c\u00e9r\u00e9monie autochtone informelle \u00e0 un des cimeti\u00e8res non loin de l\u00e0. Ed Borchert, pr\u00e9sident de la National M\u00e9tis Veterans Association, a dirig\u00e9 ce qu&#8217;on appelle une &#8220;c\u00e9r\u00e9monie de purification&#8221;. Il a montr\u00e9 sa pipe et expliqu\u00e9 comment la c\u00e9r\u00e9monie marche et quel est son objet. &#8220;Cette pipe n&#8217;appartient \u00e0 personne. Elle est pr\u00eat\u00e9e \u00e0 une g\u00e9n\u00e9ration apr\u00e8s l&#8217;autre. Quand j&#8217;allume la pipe, je la l\u00e8ve vers le Cr\u00e9ateur. Ensuite je l&#8217;offre \u00e0 la m\u00e8re Terre qui a fait un bel oreiller pour que ces gar\u00e7ons dorment jusqu&#8217;\u00e0 ce qu&#8217;ils empruntent le chemin du retour au foyer.&#8221;<\/p>\n<p>Borchert expliqua que lorsque la pipe est allum\u00e9e il inspire la fum\u00e9e pour la prendre dans son coeur. Il a alors pass\u00e9 la pipe \u00e0 sa droite, \u00e0 Gabe Cameron de la Premi\u00e8re nation Crie de Duck Lake (Sask.), qui l&#8217;a ensuite pass\u00e9e au suivant. &#8220;Je connais bien la c\u00e9r\u00e9monie de purification&#8221;, dit Cameron. &#8220;Je participe \u00e0 beaucoup de c\u00e9r\u00e9monies chez nous, comme les assembl\u00e9es et les c\u00e9r\u00e9monies du calumet. Je voulais faire quelque chose pour que les soldats et les jeunes se sentent reli\u00e9s davantage, plus \u00e0 l&#8217;aise.&#8221;<\/p>\n<p>Cameron dit qu&#8217;il compatis grandement avec les soldats qui sont all\u00e9s \u00e0 la guerre. &#8220;Je vois tellement de tombes de ceux qui sont all\u00e9s se battre, et j&#8217;y fais face \u00e0 mon \u00e2ge. C&#8217;est quelque chose de voir le respect qu&#8217;ont les gens pour les Canadiens et les Terre-Neuviens.&#8221;<\/p>\n<p>Le groupe est all\u00e9 voir le m\u00e9morial, mais il ne l&#8217;a pas vraiment vu car il \u00e9tait entour\u00e9 d&#8217;\u00e9chafaudages, \u00e0 cause d&#8217;un grand projet de r\u00e9fection. Le groupe a \u00e9t\u00e9 re\u00e7u par H\u00e9l\u00e8ne Robichaud, la directrice du Projet de restauration des monuments comm\u00e9moratifs des champs de bataille. En mai 2001, ACC annon\u00e7ait un octroi de 30 millions de dollars pour la restauration des m\u00e9moriaux canadiens en France et en Belgique. Les sites ont en moyenne 75 ans et ils ont \u00e9t\u00e9 expos\u00e9s aux intemp\u00e9ries.<\/p>\n<p>Le jeune Adam Fedyk a r\u00e9sum\u00e9 ce qu&#8217;il a ressenti durant le voyage. &#8220;Nous nous attendions \u00e0 certaines choses, mais \u00e7a s&#8217;est av\u00e9r\u00e9 une production \u00e9pique. Nous avons vraiment appris \u00e0 conna\u00eetre les anciens combattants de bien des mani\u00e8res, gr\u00e2ce au bavardage agr\u00e9able et aux entretiens individuels plus significatifs. On ne peut vraiment comprendre qu&#8217;en venant ici.&#8221;<\/p>\n<p>Il dit qu&#8217;il va se servir des photographies qu&#8217;il a prises pour illustrer les discours qu&#8217;il a l&#8217;intention de faire quand il sera rentr\u00e9 au Canada. &#8220;Je vais faire ce que je pourrai pour la cause du souvenir.&#8221;<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident national Jack Frost a f\u00e9licit\u00e9 Anciens combattants Canada d&#8217;avoir organis\u00e9 un excellent voyage et il a reconnu l&#8217;impact qu&#8217;il a eu sur les jeunes gens. &#8220;Ce fut une exp\u00e9rience formidable. Je pense que le programme Le Canada se souvient touche vraiment les jeunes. J&#8217;esp\u00e8re qu&#8217;ils vont en parler de retour chez eux.&#8221;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il \u00e9tait \u00e9vident que le p\u00e8lerinage qu&#8217;Anciens combattants Canada avait organis\u00e9 en l&#8217;honneur du 90e anniversaire des batailles de Beaumont Hamel et de la Somme en serait un auquel ne participerait aucun v\u00e9t\u00e9ran de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, mais il concernerait certainement la comm\u00e9moration et le ma\u00eetre mot en serait la jeunesse d&#8217;aujourd&#8217;hui. Aucun v\u00e9t\u00e9ran [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-87","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-principaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/87","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=87"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/87\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=87"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=87"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=87"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}