{"id":828,"date":"2011-05-01T00:01:07","date_gmt":"2011-05-01T04:01:07","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=828"},"modified":"2011-05-03T12:15:20","modified_gmt":"2011-05-03T16:15:20","slug":"chez-soi-a-vie-partie-2-gadgets-et-machins","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2011\/05\/chez-soi-a-vie-partie-2-gadgets-et-machins\/","title":{"rendered":"CHEZ SOI \u00c0 VIE : PARTIE 2, GADGETS ET MACHINS"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"..\/..\/en\/wp-content\/uploads\/2011\/05\/GizmoLead.jpg\"><\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:630px\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-880\" title=\". [PHOTO: \u00a9iStockphoto\/kupicoo]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2011\/05\/GizmoLead.jpg\" alt=\". [PHOTO: \u00a9iStockphoto\/kupicoo]\" width=\"630\" height=\"236\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2011\/05\/GizmoLead.jpg 630w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2011\/05\/GizmoLead-300x112.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 630px) 100vw, 630px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO: \u00a9iStockphoto\/kupicoo<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><\/a><\/p>\n<p><strong>\u00c0 L\u2019AUTOMNE DERNIER, HAROLD STEPHENSON, \u00c2G\u00c9 DE 89 ANS ET SOUFFRANT DE D\u00c9MENCE, A \u00c9T\u00c9 TROUV\u00c9, CONFUS, SANS MANTEAU, \u00c0 L\u2019EXT\u00c9RIEUR DE SA MAISON RURALE DE MOUNT PLEASANT, AU NOUVEAU-BRUNSWICK. SA FAMILLE AVAIT TOUJOURS CRAINT QUE CELA ARRIVE LA NUIT, OU DANS LE FROID, QUAND CHAQUE MINUTE LE RENDRAIT PLUS DIFFICILE \u00c0 TROUVER. M\u00caME AVEC L\u2019AIDE D\u2019UN TRAVAILLEUR DE SOINS \u00c0 DOMICILE, D\u2019UNE NI\u00c8CE QUI PASSE LE VOIR TOUS LES JOURS ET DE DEUX FILS QUI LE VISITENT PLUSIEURS FOIS PAR SEMAINE, ON S\u2019INQUI\u00c9TAIT CONSTAMMENT QUE HAROLD TOMBE OU QU\u2019IL S\u2019\u00c9GARE, ET QUE PLUSIEURS HEURES S\u2019\u00c9COULENT AVANT QUE QUELQU\u2019UN S\u2019EN APER\u00c7OIVE.<\/strong><\/p>\n<p>Toutefois, apr\u00e8s l\u2019installation, \u00e0 l\u2019automne dernier, d\u2019un appareillage de surveillance, si Harold ouvre sa porte pendant la nuit, son fils Lyndon en est averti et il peut v\u00e9rifier en ligne si son p\u00e8re a simplement laiss\u00e9 le chien sortir ou bien s\u2019il s\u2019est \u00e9loign\u00e9 et s\u2019il faut qu\u2019un membre de la famille aille l\u2019aider. \u00ab On se sent tellement soulag\u00e9s \u00bb, dit Lyndon, qui habite \u00e0 20 minutes en voiture de l\u00e0, \u00e0 Wicklow. Cette technologie sert \u00e0 rallonger le temps que Harold peut rester dans l\u2019environnement auquel il est habitu\u00e9.<\/p>\n<p>On s\u2019attend \u00e0 ce que les babyboumeurs r\u00e9pandent cette technologie dans les domiciles canadiens, disent les sp\u00e9cia\u00adlis\u00adtes du vieillissement chez soi. Elle servira de plus en plus aux gens qui s\u2019occupent de parents \u00e2g\u00e9s et qui compteront eux-m\u00eames sur la technologie de la \u00ab maison intelligente \u00bb pour rester chez eux le plus longtemps possible, ce qui augmentera le recours aux soins \u00e0 domicile et servira \u00e0 retarder ou m\u00eame \u00e0 \u00e9viter carr\u00e9ment le placement en \u00e9tablissement de soins de longue dur\u00e9e. Les gadgets et machins servant \u00e0 accroitre la s\u00e9curit\u00e9, \u00e0 surveiller la sant\u00e9, \u00e0 stimuler la m\u00e9moire, \u00e0 g\u00e9rer les conditions m\u00e9dicales chez soi et \u00e0 maintenir le contact avec la famille et avec les amis sont une tendance mondiale.<\/p>\n<p>Il y a des syst\u00e8mes de surveillance au Canada qui servent \u00e0 avertir les soignants quand un ain\u00e9 est tomb\u00e9, qu\u2019il a omis de prendre un m\u00e9dicament, qu\u2019il a laiss\u00e9 la porte du frigo ouverte, ou qu\u2019il ne l\u2019a pas ouverte de la journ\u00e9e. Les soignants peuvent \u00eatre avertis par t\u00e9l\u00e9phone, par appareil sans fil ou par courriel, o\u00f9 qu\u2019ils se trouvent, m\u00eame dans une autre province, et ils peuvent v\u00e9rifier le registre des d\u00e9tecteurs et se servir de cam\u00e9ras vid\u00e9os pour v\u00e9rifier ce qu\u2019il se passe. Il y aura bient\u00f4t des syst\u00e8mes automatiques avertissant que des aliments sont d\u00e9compos\u00e9s dans le r\u00e9frig\u00e9rateur, d\u2019autres qui guideront les ain\u00e9s souffrant de d\u00e9mence, des fours \u00e0 microondes qui parleront et des p\u00e8se-personne pour les gens dont la vue baisse. L\u2019\u00e9laboration de robots compagnons qui prendront en charge les t\u00e2ches m\u00e9nag\u00e8res et apporteront un soutien personnel est en cours.<\/p>\n<p>La plupart des clients canadiens sont des familles comme celle des Stephenson, situ\u00e9es dans la \u00ab g\u00e9n\u00e9ration sandwich \u00bb, qui \u00e9l\u00e8vent leurs propres enfants tout en s\u2019occupant de parents \u00e2g\u00e9s, souvent en travaillant \u00e0 temps plein. D\u2019apr\u00e8s Statistique Canada, 2,7 millions de Canadiens de plus de 45 ans soignent des ain\u00e9s sans \u00eatre r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s; un quart de ces soignants sont des ain\u00e9s et de plus en plus s\u2019occupent de parents souffrant de d\u00e9mence.<\/p>\n<p>La plupart des Canadiens veulent vieillir dans leur propre maison, et la plupart d\u2019entre eux peuvent le faire de mani\u00e8re autonome la plupart du temps. On peut s\u2019attendre \u00e0 vivre quelque 20 ans apr\u00e8s l\u2019\u00e2ge de 65 ans, surtout en sant\u00e9. Mais les derni\u00e8res ann\u00e9es sont caract\u00e9ris\u00e9es par un certain degr\u00e9 d\u2019invalidit\u00e9 lorsque les maladies chroniques comme l\u2019arthrite, l\u2019hypertension art\u00e9rielle, la cardiopathie, la perte de la vue et le diab\u00e8te exercent leurs ravages. Un ain\u00e9 sur cinq entre 65 et 74 ans vivant chez lui rapporte souffrir d\u2019une invalidit\u00e9, et ce chiffre monte \u00e0 28 p. 100 chez les 75 \u00e0 85 ans, et \u00e0 45 p. 100 chez les plus de 85 ans, nous dit Sant\u00e9 Canada.<\/p>\n<p>Il y en a beaucoup qui ont besoin d\u2019aide \u00e0 un moment donn\u00e9. En outre, il y a d\u00e9j\u00e0 des dizaines de milliers de Canadiens sur les listes d\u2019attente des \u00e9tablissements de soins de longue dur\u00e9e et on s\u2019attend \u00e0 ce que le nombre de places manquantes augmente alors que les provinces se d\u00e9battent avec une demande croissante et un budget serr\u00e9. De surcroit, le nombre d\u2019employ\u00e9s pouvant r\u00e9pondre \u00e0 la demande de services d\u2019appoint \u00e0 domicile est insuffisant.<\/p>\n<p>\u00ab Il faut \u00eatre cr\u00e9atifs \u00bb, dit Barb Burnett, directrice g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019Institut Atlantique des soins aux personnes \u00e2g\u00e9es, qui m\u00e8ne un projet pilote dans le but de d\u00e9cider si le Nouveau-Brunswick ajoutera la surveillance \u00e9lectronique au menu de ses services sociaux. \u00ab En voyant ce syst\u00e8me, j\u2019ai compris qu\u2019il y avait l\u00e0 une occasion d\u2019aider les gens \u00e0 rester chez eux plus longtemps. \u00bb La technologie peut nous aider \u00e0 colmater la br\u00e8che dans les soins qu\u2019entraine la diminution proportionnelle du nombre de jeunes gens et \u00e0 \u00e9viter l\u2019\u00e9puisement des soignants, dit-elle. L\u2019arm\u00e9e de soignants du Canada, surtout la famille, dispense des services gratuitement, dont la valeur est estim\u00e9e \u00e0 quelque 25 milliards de dollars par ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Plus longtemps les ain\u00e9s restent chez eux, moins grand sera le besoin de b\u00e2tir et de doter en personnel des \u00e9tablissements de soins de longue dur\u00e9e publics. Selon l\u2019Association canadienne des soins de sant\u00e9, ces \u00e9tablissements coutent actuellement environ 15,5 milliards de dollars par ann\u00e9e. Cependant, il existe aussi une incitation financi\u00e8re pour les familles. Selon la province, le revenu de l\u2019ain\u00e9 et les services inclus, un r\u00e9sidant paie entre 540 $ et 2 800 $ par mois dans les \u00e9tablissements de soins de longue dur\u00e9e, et encore plus dans les \u00e9tablissements priv\u00e9s. Toutefois, certains ain\u00e9s et leur famille pourraient se d\u00e9brouiller chez eux avec un soutien technologique, dit la Dre Atiya Mahmood, professeure adjointe du d\u00e9partement de g\u00e9rontologie de l\u2019Universit\u00e9 Simon Fraser (USF) de Vancouver.<\/p>\n<p>L\u2019Alberta \u00e9tudie la technologie qui aide \u00e0 vieillir chez soi. Dans un projet de deux ans coutant 1,9 million de dollars, des ain\u00e9s essaient des syst\u00e8mes de gestion d\u2019\u00e9gar\u00e9s, des programmes d\u2019intervention d\u2019urgence personnelle et des syst\u00e8mes de gestion de la pharmacoth\u00e9rapie de CareLink Advantage, de MedSignals et de Priority Care Call. \u00ab Ces technologies procurent davantage de dignit\u00e9 et d\u2019autonomie aux ain\u00e9s, tout en r\u00e9duisant le stress des soignants \u00bb, dit le ministre de la Sant\u00e9 et du Bien\u00eatre, Gene Zworzdesky. La technologie, si elle est utile, pourrait \u00eatre r\u00e9pandue en Alberta au cours des deux ou trois prochaines ann\u00e9es.<\/p>\n<p>La technologie \u00ab ne remplace pas le contact humain, dit Burnett. Mais nous savons aussi qu\u2019il est rare que quelqu\u2019un soit disponible 24 heures sur 24. Cela sert au soutien quand il n\u2019y a pas d\u2019interaction humaine ou qu\u2019elle est impossible. \u00bb<\/p>\n<p>Les familles prenant part au projet pilote du Nouveau-Brunswick, y compris celle des Stephenson, doivent payer 180 $ par mois pour le syst\u00e8me CareLink Advantage, qui comprend normalement un panneau de commande et une connexion Internet sans fil, des d\u00e9tecteurs pour le lit, plusieurs d\u00e9tecteurs de mouvement, des d\u00e9tecteurs pour la porte et des moniteurs m\u00e9dicaux, ainsi que des cam\u00e9ras stationnaires et de balayage panoramique basculantes que l\u2019on peut fixer afin de prendre des s\u00e9quences vid\u00e9os dans le domicile de l\u2019ain\u00e9.\u00a0 Il faut aussi des services Internet dans les logements des ain\u00e9s et des soignants.<\/p>\n<p>Le syst\u00e8me est con\u00e7u de sorte \u00e0 \u00eatre discret et facile \u00e0 utiliser par les soignants, dit le pr\u00e9sident John Whitehead de CareLink Advantage. \u00ab Nous voulions que les soignants soient avertis des anomalies de comportement, afin qu\u2019ils n\u2019aient pas besoin de se mettre \u00e0 leur recherche, ajoute-t-il. Il \u00e9tait inconcevable que les gens s\u2019arr\u00eatent deux, trois, quatre fois par jour pour ouvrir une session et voir s\u2019il y a des probl\u00e8mes. \u00bb En outre, \u00ab le r\u00f4le de l\u2019ain\u00e9 devait \u00eatre passif. Il \u00e9tait important qu\u2019il puisse continuer de vivre comme d\u2019habitude \u00bb.<\/p>\n<p>Les syst\u00e8mes n\u00e9obrunswickois ont \u00e9t\u00e9 personnalis\u00e9s pour chaque famille participante. Les d\u00e9tecteurs sans fil plac\u00e9s partout dans la maison transmettent des donn\u00e9es en continu \u00e0 carelinkadvantage.com. La surveillance se fait en fonction de ce qui inqui\u00e8te : la chute, la prise du bon m\u00e9dicament au coucher, l\u2019\u00e9garement. Le syst\u00e8me n\u2019avertit les soignants, automatiquement, que s\u2019il y a un probl\u00e8me; si un d\u00e9tecteur indique qu\u2019il n\u2019y a pas de mouvement quand il devrait y en avoir, qu\u2019un m\u00e9dicament n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 pris ou qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 pris quand il ne fallait pas, qu\u2019une porte donnant sur l\u2019ext\u00e9rieur a \u00e9t\u00e9 ouverte pendant la nuit. La famille et les soignants peuvent ouvrir une session sur le site Web pour consulter le registre des d\u00e9tecteurs et faire fonctionner les cam\u00e9ras vid\u00e9os pour observer l\u2019ain\u00e9 chez lui. Il existe aussi des d\u00e9tecteurs pour surveiller les m\u00e9dicaments, des alertes d\u2019urgence personnelles et des d\u00e9tecteurs pour la porte de frigo et le garde-manger. Les syst\u00e8mes concurrents visant le march\u00e9 du luxe offrent aussi une communication bidirectionnelle t\u00e9l\u00e9visuelle, des avertisseurs pour les soignants et des sites Web pour la famille.<\/p>\n<p>En ce qui a trait aux syst\u00e8mes de r\u00e9ponse aux urgences personnelles, Whitehead a accept\u00e9 de se familiariser avec la technologie qui apporterait de l\u2019aide pour ses propres parents dont la sant\u00e9 est fragile. \u00ab Avant de faire installer ce syst\u00e8me, on s\u2019inqui\u00e9tait au lever et on s\u2019inqui\u00e9tait au coucher, dit-il. C\u2019\u00e9tait le jeu de la culpabilit\u00e9 : maman est peut-\u00eatre par terre, je devrais peut-\u00eatre l\u2019appeler. \u00bb<\/p>\n<p>Une telle inqui\u00e9tude m\u00e8ne \u00e0 l\u2019\u00e9puisement des soignants, dit Burnett. En plus d\u2019apaiser l\u2019inqui\u00e9tude, le syst\u00e8me diss\u00e9mine la charge de travail. \u00ab Si quelqu\u2019un habitant \u00e0 Fredericton a des enfants ici et un enfant \u00e0 Edmonton, ce dernier peut jouer un r\u00f4le actif \u00bb, dit-elle.<\/p>\n<p>Les critiques s\u2019inqui\u00e8tent de la possibilit\u00e9 d\u2019abus et d\u2019invasion de la vie priv\u00e9e. Le droit, la politique et les discussions publiques n\u2019ont pas progress\u00e9 au rythme de la technologie, dit Charmaine Spencer du R\u00e9seau canadien pour la pr\u00e9vention des mauvais traitements envers les a\u00een\u00e9(e)s et chercheuse du centre de recherche en g\u00e9rontologie de l\u2019USF. En tant que soci\u00e9t\u00e9, nous devrions discuter de ce que cette technologie a d\u2019appropri\u00e9 et d\u2019inappropri\u00e9.<\/p>\n<p>Vu qu\u2019elle est si nouvelle, il y a un danger que les gens ne s\u2019aper\u00e7oivent pas qu\u2019on en abuse, ou qu\u2019ils ne sachent pas o\u00f9 le rapporter. Et m\u00eame dans les quelques provinces disposant d\u2019une loi qui prot\u00e8ge les adultes, le premier recours en cas de n\u00e9gligence ou de mauvais traitement d\u2019un ain\u00e9 \u00ab ironiquement, c\u2019est l\u2019h\u00e9bergement dans un \u00e9tablissement de soins de longue dur\u00e9e \u00bb, dit-elle.<\/p>\n<p>Les syst\u00e8mes devraient \u00eatre con\u00e7us pour prot\u00e9ger la vie priv\u00e9e, dit le Dr Alex Mihailidis de l\u2019Universit\u00e9 de Toronto et du Toronto Rehabilitation Institute. Les ain\u00e9s devraient donner un consentement \u00e9clair\u00e9 avant que l\u2019on installe le mat\u00e9riel chez eux, et ce sont eux aussi qui devraient d\u00e9cider qui a acc\u00e8s au syst\u00e8me et \u00e0 l\u2019information, et quelle utilisation on pourrait en faire, dit Michelle Chibba, directrice des politiques du bureau du Commissaire \u00e0 l\u2019information et \u00e0 la protection de la vie priv\u00e9e de l\u2019Ontario.<\/p>\n<p>Les ain\u00e9s acceptent d\u2019abandonner une certaine part d\u2019intimit\u00e9 pour accroitre leur autonomie et leur s\u00e9curit\u00e9. \u00ab Il ne faut pas oublier que les ain\u00e9s perdent une partie de leur vie priv\u00e9e quand des soignants r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s s\u2019introduisent chez eux \u00bb, dit Burnett. La vie priv\u00e9e est aussi grandement r\u00e9duite dans un \u00e9tablissement r\u00e9sidentiel. \u00ab Les seules personnes qui ont acc\u00e8s \u00e0 l\u2019information, dans ce syst\u00e8me, ce sont les membres de la famille \u00bb, dit-elle. Lyndon Stephenson dit que Harold a pris part \u00e0 la d\u00e9cision concernant le placement des cam\u00e9ras afin qu\u2019il n\u2019y ait pas intrusion dans sa vie priv\u00e9e, par exemple dans la chambre et dans la salle de bain. Et bien qu\u2019ils s\u2019inqui\u00e8tent de la possibilit\u00e9 que les soignants r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s s\u2019opposent au syst\u00e8me, il n\u2019y a eu aucune plainte. \u00ab Ce n\u2019est pas un secret \u00bb, nous explique Whitehead.<\/p>\n<p>D\u2019aucuns s\u2019inqui\u00e8tent que le syst\u00e8me de surveillance remplace les visites. Toutefois, les chercheurs n\u2019ont remarqu\u00e9 aucune r\u00e9duction du nombre de visites par la famille. \u00ab Nous avons d\u00e9couvert une prime formidable \u00e0 laquelle nous ne nous attendions pas \u00bb, dit Whitehead, qui a install\u00e9 plus de 100 syst\u00e8mes dans des r\u00e9sidences priv\u00e9es et des centres de soins de sant\u00e9 partout au pays. Il dit qu\u2019avant l\u2019installation, les visites et les appels de la famille n\u2019\u00e9taient ni plus ni moins que des interrogatoires : L\u2019ain\u00e9 avait-il pris ses m\u00e9dicaments? \u00c0 quelle heure s\u2019\u00e9tait-il lev\u00e9? S\u2019\u00e9tait-il souvenu d\u2019un rendez-vous? Qu\u2019avait-il pris au d\u00e9jeuner? \u00ab Apr\u00e8s l\u2019installation du syst\u00e8me, les visites de la famille redeviennent des \u00e9v\u00e8nements sociaux \u00bb, dit-il.<\/p>\n<p>Les soignants peuvent aussi d\u00e9tecter les changements dans le comportement et en chercher les causes. Lyndon Stephenson a d\u00e9couvert que son p\u00e8re partageait ses repas avec son chien. Maintenant, il appelle pour qu\u2019on fasse sortir le chien avant que son p\u00e8re prenne ses repas. Les donn\u00e9es des d\u00e9tecteurs du frigo et du garde-manger ont averti Whitehead que sa m\u00e8re souffrante d\u2019Alzheimer oubliait de diner; la famille a alors fait des arrangements pour que l\u2019un de ses membres aille diner avec elle chaque jour. \u00ab Si vous remarquez des changements de comportement, vous pouvez vous en occuper avant que \u00e7a devienne un probl\u00e8me \u00bb, dit-il.<\/p>\n<p>Les coordonnateurs des soins du minist\u00e8re \u00e9tatsunien des anciens combattants utilisent des syst\u00e8mes de surveillance \u00e0 distance pour ce faire. \u00c0 la suite du triplement du nombre de clients de 85 ans et plus que l\u2019on pr\u00e9voyait, 17 025 anciens combattants souffrant de maladies chroniques ont \u00e9t\u00e9 surveill\u00e9s, et il y a eu une r\u00e9duction de 20 p. 100 du nombre d\u2019hospitalisations, ainsi qu\u2019une r\u00e9duction de 25 p. 100 quant \u00e0 leur dur\u00e9e. Le cout annuel de la surveillance est de 1 600 $ par patient, alors que celui des soins de sant\u00e9 primaires est de 13 121 $ et celui des soins infirmiers en r\u00e9sidence, de 77 745 $. Le programme est actuellement offert \u00e0 d\u2019autres anciens combattants am\u00e9ricains. Anciens Combattants Canada consid\u00e8re \u00e0 pr\u00e9sent le soutien des syst\u00e8mes de surveillance \u00e0 domicile au cas par cas, selon les besoins.<\/p>\n<p>Les syst\u00e8mes de CareLink Advantage coutent entre 130 $ et 190 $ par mois, selon que le client ach\u00e8te ou pas son propre mat\u00e9riel (au cout d\u2019environ 1 000 $). Les comp\u00e9titeurs dans le march\u00e9 de consommation de luxe \u00e9tablissent des devis de 3 000 $ \u00e0 9 000 $ pour le mat\u00e9riel, plus des frais d\u2019acc\u00e8s mensuels, pour les syst\u00e8mes o\u00f9 tout est inclus. Mais il existe aussi des possibilit\u00e9s pour les budgets plus modestes, dit Mahmood. \u00ab Ce n\u2019est pas tout le monde qui a besoin de tout. \u00bb<\/p>\n<p>Il y a des familles qui ach\u00e8tent et installent des cybercam\u00e9ras ind\u00e9pendamment, dit Ursula Lebana de SPY TECH de Toronto. Ces cam\u00e9ras coutent entre 500 $ et 1 000 $; le mod\u00e8le le plus cher offre des avertissements par courriel ou par t\u00e9l\u00e9phone et l\u2019enregistrement vid\u00e9o.\u00a0 Des d\u00e9tecteurs de mouvement de p\u00e9rim\u00e8tre, \u00e0 partir de 79,99 $, donnent l\u2019alerte si l\u2019ain\u00e9 s\u2019en va, et il existe des localisateurs SPP (syst\u00e8me de positionnement plan\u00e9taire) port\u00e9s \u00e0 la ceinture qui servent \u00e0 retrouver les \u00e9gar\u00e9s plus facilement, dit-elle.<\/p>\n<p>Non seulement les babyboumeurs pourront-ils utiliser davantage de gadgets et de machins, mais les dispositifs seront de plus en plus intelligents, abordables et faciles \u00e0 utiliser, dit le Dr Rafik Goubran, doyen de l\u2019ing\u00e9nierie et de la conception de l\u2019Universit\u00e9 Carleton d\u2019Ottawa. Il nous montre un d\u00e9tecteur, sur le bout du doigt, qui est plus petit que la gomme d\u2019un cra\u00adyon. Ce d\u00e9tecteur peut \u00eatre plac\u00e9 n\u2019importe o\u00f9, dans un coussinet sur le lit, un tapis par terre, la porte d\u2019un frigo, pour d\u00e9tec\u00adter des choses comme une diff\u00e9rence de pression ou de temp\u00e9rature, ou encore un gaz. Un ordinateur peut analyser ces donn\u00e9es et avertir un soignant d\u2019un changement important tel qu\u2019un plus grand risque de chute s\u2019il note un changement de la force avec laquelle un ain\u00e9 s\u2019agrippe \u00e0 une barre d\u2019appui. Les d\u00e9tecteurs peuvent \u00eatre connect\u00e9s \u00e0 des microphones et \u00e0 des hautparleurs pour rappeler \u00e0 quelqu\u2019un de refermer la porte du frigo ou pour avertir les r\u00e9sidants qu\u2019un aliment n\u2019est plus comestible. Bient\u00f4t, les d\u00e9tecteurs pourront d\u00e9celer si le lait ou la viande ne sont plus comestibles. Ils peuvent aussi d\u00e9celer quand quelqu\u2019un se l\u00e8ve pendant la nuit, et allumer automatiquement la voie jusqu\u2019\u00e0 la salle de bain.<\/p>\n<p>Les consommateurs peuvent acheter des dispositifs de la technologie des maisons intelligentes pour contr\u00f4ler le chauffage, la lumi\u00e8re et les chaines audiovisuelles, et le jour viendra o\u00f9 les maisons intelligentes comprendront une technologie pour appuyer le vieillissement chez soi \u00ab sans comp\u00adter sur un membre de la famille, un soignant ou un travailleur de la sant\u00e9, dit Mihailidis. Tout peut \u00eatre incorpor\u00e9 dans l\u2019environnement afin que le r\u00e9sidant ne soit pas oblig\u00e9 de porter quoi que ce soi, d\u2019appuyer sur un bouton ni de se souvenir d\u2019allumer un syst\u00e8me. \u00bb<\/p>\n<p>Mihailidis a test\u00e9 un syst\u00e8me informatis\u00e9 utilisant l\u2019intelligence artificielle pour guider les gens souffrant de d\u00e9mence pendant les activit\u00e9s quotidiennes comme le brossage des dents. Les cybercam\u00e9ras surveillant l\u2019ain\u00e9 n\u2019interviennent, en donnant des instructions, que si c\u2019est n\u00e9cessaire. \u00ab Un souffleur informatis\u00e9 peut dire la m\u00eame chose 100 fois sans s\u2019impatienter \u00bb, dit Mihailidis. Non seulement la charge de surveillance du soignant est all\u00e9g\u00e9e, mais l\u2019aptitude de l\u2019ain\u00e9 aux occupations de tous les jours est maintenue.<\/p>\n<p>Les Canadiens n\u2019adoptent pas la technologie aff\u00e9rente au vieillissement sur place rapidement, mais Burnett pr\u00e9dit que cela va changer. \u00ab Nous recevons des commentaires favorables de la part des familles \u00bb, \u00e0 la suite du test pilote, qui rapportent que le soutien technologique les a aid\u00e9s \u00e0 retarder le placement dans un \u00e9tablissement. \u00ab Nos familles \u00e9tant moins nombreuses et bien plus dispers\u00e9es, les options reli\u00e9es au soutien de quelqu\u2019un dans la communaut\u00e9 sont moins nombreuses. Cela en fait une de plus. \u00bb<\/p>\n<p>Burnett r\u00e9alise n\u00e9anmoins que ce n\u2019est pas tout le monde qui admire la nouvelle technologie. \u00ab Il a fallu du temps pour trouver la bonne population qui l\u2019adopterait. Mais ceux qui l\u2019aiment s\u2019en font les porte-paroles. \u00bb<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-879\" title=\"Le petit Nao est un des tr\u00e8s nombreux robots que l\u2019on est en train de mettre au point. Ces robots pourront pr\u00e9parer le d\u00e9jeuner, sortir les ordures, aider les gens \u00e0 entrer dans une baignoire ou \u00e0 en sortir, leur rappeler qu\u2019ils ont un rendez-vous ou qu\u2019il est temps de prendre leurs m\u00e9dicaments. [PHOTO : ALDEBARAN ROBOTICS]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2011\/05\/GizmoInset1.jpg\" alt=\"Le petit Nao est un des tr\u00e8s nombreux robots que l\u2019on est en train de mettre au point. Ces robots pourront pr\u00e9parer le d\u00e9jeuner, sortir les ordures, aider les gens \u00e0 entrer dans une baignoire ou \u00e0 en sortir, leur rappeler qu\u2019ils ont un rendez-vous ou qu\u2019il est temps de prendre leurs m\u00e9dicaments. [PHOTO : ALDEBARAN ROBOTICS]\" width=\"515\" height=\"859\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2011\/05\/GizmoInset1.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2011\/05\/GizmoInset1-179x300.jpg 179w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Le petit Nao est un des tr\u00e8s nombreux robots que l\u2019on est en train de mettre au point. Ces robots pourront pr\u00e9parer le d\u00e9jeuner, sortir les ordures, aider les gens \u00e0 entrer dans une baignoire ou \u00e0 en sortir, leur rappeler qu\u2019ils ont un rendez-vous ou qu\u2019il est temps de prendre leurs m\u00e9dicaments. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : ALDEBARAN ROBOTICS<\/span><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 L\u2019AUTOMNE DERNIER, HAROLD STEPHENSON, \u00c2G\u00c9 DE 89 ANS ET SOUFFRANT DE D\u00c9MENCE, A \u00c9T\u00c9 TROUV\u00c9, CONFUS, SANS MANTEAU, \u00c0 L\u2019EXT\u00c9RIEUR DE SA MAISON RURALE DE MOUNT PLEASANT, AU NOUVEAU-BRUNSWICK. SA FAMILLE AVAIT TOUJOURS CRAINT QUE CELA ARRIVE LA NUIT, OU DANS LE FROID, QUAND CHAQUE MINUTE LE RENDRAIT PLUS DIFFICILE \u00c0 TROUVER. M\u00caME AVEC L\u2019AIDE D\u2019UN TRAVAILLEUR DE SOINS \u00c0 DOMICILE, D\u2019UNE NI\u00c8CE QUI PASSE LE VOIR TOUS LES JOURS ET DE DEUX FILS QUI LE VISITENT PLUSIEURS FOIS PAR SEMAINE, ON S\u2019INQUI\u00c9TAIT CONSTAMMENT QUE HAROLD TOMBE OU QU\u2019IL S\u2019\u00c9GARE, ET QUE PLUSIEURS HEURES S\u2019\u00c9COULENT AVANT QUE QUELQU\u2019UN S\u2019EN APER\u00c7OIVE.  <\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-828","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-principaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/828","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=828"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/828\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=828"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=828"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=828"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}