{"id":75,"date":"2006-11-01T22:10:26","date_gmt":"2006-11-02T03:10:26","guid":{"rendered":"http:\/\/28330.vws.magma.ca\/fr\/?p=75"},"modified":"2008-01-27T22:36:39","modified_gmt":"2008-01-28T03:36:39","slug":"nouvelles-operations-speciales-du-canada","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2006\/11\/nouvelles-operations-speciales-du-canada\/","title":{"rendered":"Nouvelles op\u00e9rations sp\u00e9ciales du Canada"},"content":{"rendered":"<p>Il est pass\u00e9 minuit et nous sommes entour\u00e9s par des hommes                   arm\u00e9s hostiles dans un \u00e9tablissement psychiatrique abandonn\u00e9 au                   nord-ouest de Kamloops (C.-B.).<\/p>\n<p>Nous ne savons pas grand-chose des m\u00e9chants ni pourquoi ils                   ne nous aiment pas, mais nous savons que quatre h\u00e9licopt\u00e8res                   pleins de nouveaux commandos canadiens sont en chemin pour                   nous sortir de l\u00e0. C&#8217;est une nuit de juillet tr\u00e8s noire et                   il ne sera pas facile de poser les h\u00e9licopt\u00e8res obscurcis parmi                   les \u00e9difices, les cl\u00f4tures et les c\u00e2bles \u00e9lectriques de ce                   complexe. Les risques d&#8217;accrocs o\u00f9 les rotors se briseraient                   semblent plut\u00f4t \u00e9lev\u00e9s. Certains des journalistes les moins                   aguerris semblent proches de la panique. Nous entendons les                   h\u00e9licopt\u00e8res Griffon longtemps avant de les voir. Les pilotes                   du 427e Escadron d&#8217;op\u00e9rations sp\u00e9ciales (aviation) arrivent                   vite et bas. Les h\u00e9licos sont au sol tr\u00e8s peu de temps et des                   soldats en sautent qui disparaissent dans la nuit.<\/p>\n<p>Les m\u00e9chants commencent \u00e0 tirer, mais en quelques secondes,                   semble-t-il, ils ont \u00e9t\u00e9 ma\u00eetris\u00e9s et nous sommes entour\u00e9s                   de tous c\u00f4t\u00e9s par les sombres op\u00e9rateurs anonymes qui sont                   venus \u00e0 la rescousse. On nous emm\u00e8ne vers les h\u00e9licos qui attendent, \u00e0 travers                   un cordon protectif de soldats agenouill\u00e9s des deux c\u00f4t\u00e9s et                   dont les fusils sont tourn\u00e9s vers l&#8217;ext\u00e9rieur. Nous montons \u00e0 bord                   et c&#8217;est le d\u00e9part, en s\u00e9curit\u00e9, volant bien haut au-dessus                   du lac Kamloops.<\/p>\n<p>Cet exercice d&#8217;\u00e9vacuation complexe, si excitant soit-il, n&#8217;est                   qu&#8217;une seule des nombreuses capacit\u00e9s du nouveau R\u00e9giment d&#8217;op\u00e9rations                   sp\u00e9ciales du Canada (ROSC).<\/p>\n<p>Les nouveaux r\u00e9giments sont plut\u00f4t rares dans les Forces canadiennes.                   La derni\u00e8re fois qu&#8217;il y en a eu, c&#8217;\u00e9tait en 1968, quand le                   R\u00e9giment a\u00e9roport\u00e9 du Canada a \u00e9t\u00e9 form\u00e9 \u00e0 Petawawa (Ont.).                   Maintenant, un peu plus de 10 ans apr\u00e8s la dissolution de l&#8217;a\u00e9roport\u00e9,                   le ROSC aussi a \u00e9t\u00e9 form\u00e9 \u00e0 Petawawa. Quand il sera pr\u00eat \u00e0 \u00eatre                   d\u00e9ploy\u00e9, \u00e0 la fin de l&#8217;ann\u00e9e 2006, le ROSC va renforcer la                   Force op\u00e9rationnelle interarm\u00e9es 2 (FOI 2), l&#8217;unit\u00e9 d&#8217;op\u00e9rations                   sp\u00e9ciales du Canada du top niveau, \u00e0 la pointe de la lance                   militaire.<\/p>\n<p>Le ROSC est une unit\u00e9 aux r\u00f4les nombreux et divers. Il va                   servir de soutien \u00e0 la FOI 2. Il va aussi avoir toutes sortes                   de missions sp\u00e9ciales de reconnaissance tr\u00e8s dangereuses et                   d&#8217;autres d&#8217;action directe. Il va envoyer des sp\u00e9cialistes entra\u00eener                   des soldats \u00e9trangers. Et il va \u00eatre une force d&#8217;\u00e9vacuation                   d&#8217;intervention rapide. Si vous avez jamais la malchance d&#8217;\u00eatre                   pris au pi\u00e8ge dans un endroit qui s&#8217;av\u00e8re soudainement mauvais,                   comme au Liban, ce sont probablement ces hommes et ces femmes                   qui vont aller vous en sortir. Bien entendu, il se peut que                   vous ne sachiez pas que ce sont eux. Comme la plupart des forces                   d&#8217;op\u00e9rations sp\u00e9ciales, les membres du ROSC, pour la plupart,                   op\u00e8rent dans le secret. Par exemple, ils ne portent rien sur                   l&#8217;uniforme qui puisse servir \u00e0 les identifier, m\u00eame \u00e0 leur                   base \u00e0 Petawawa. Et ils n&#8217;acceptent pas non plus qu&#8217;on publie                   leur nom de famille, ni qu&#8217;on utilise de photographies dans                   cet article qui puissent servir \u00e0 les identifier.<\/p>\n<p>Avec la cr\u00e9ation rapide de ce r\u00e9giment, le Canada se joint                   aux alli\u00e9s britanniques, australiens et am\u00e9ricains pour reconna\u00eetre                   que les conflits continus avec les terroristes et les forces                   rebelles n\u00e9cessitent des adaptations sp\u00e9ciales aux fa\u00e7ons conventionnelles                   de faire la guerre.<\/p>\n<p>&#8220;Je pense qu&#8217;on reconna\u00eet que la nature du danger a chang\u00e9 et                   les Forces canadiennes au complet sont en train de changer                   en cons\u00e9quence&#8221;, dit le lieutenant-colonel Jamie Hammond, l&#8217;ancien                   officier de la FOI 2 \u00e0 la voie douce qui a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 \u00e0 la t\u00eate                   du ROSC et qui en est le visage public. &#8220;Ce n&#8217;est pas aussi                   simple que de dire &#8216;eh bien, nous avons des r\u00e9giments blind\u00e9s                   et des bataillons d&#8217;infanterie, alors nous allons nous en servir&#8217;.                   Ce que nous essayons de faire c&#8217;est de cr\u00e9er tout un continuum                   d&#8217;options.&#8221;<\/p>\n<p>Bien que les origines exactes du ROSC n&#8217;aient pas \u00e9t\u00e9 sp\u00e9cifi\u00e9es,                   il y a des pr\u00e9curseurs \u00e9vidents. Le pr\u00e9d\u00e9cesseur le plus clair                   est celui que les Allemands appelaient la brigade du diable :                   la 1re Force d&#8217;op\u00e9rations sp\u00e9ciales mixte des \u00c9tats-Unis et                   du Canada, \u00e0 la Seconde Guerre mondiale. Aux \u00c9tats-Unis, on                   s&#8217;est inspir\u00e9 de cette unit\u00e9, dissoute en 1944, lors de la                   cr\u00e9ation des Special Forces, plus connues sous le nom de b\u00e9rets                   verts.<\/p>\n<p>Le R\u00e9giment a\u00e9roport\u00e9 du Canada est aussi un pr\u00e9d\u00e9cesseur \u00e9vident,                   et on trouve davantage qu&#8217;une simple trace de cette vieille                   unit\u00e9 dans la nouvelle. Hammond et le sergent-major de compagnie                   Glenn sont tous deux des anciens membres de l&#8217;a\u00e9roport\u00e9, et                   il y en a plusieurs autres. Comme le r\u00e9giment a\u00e9roport\u00e9, le                   ROSC va \u00eatre form\u00e9 de soldats choisis principalement dans les                   bataillons d&#8217;infanterie et ce sera une organisation \u00e9lite qui                   pourra \u00eatre parachut\u00e9e.<\/p>\n<p>Toutefois, le ROSC n&#8217;est pas simplement un remplacement de                   l&#8217;a\u00e9roport\u00e9. Quand son effectif de 750 membres aura atteint                   son plein, autour de 2010, le ROSC aura trois compagnies d&#8217;action                   directe et une compagnie de forces sp\u00e9ciales. Les trois compagnies                   d&#8217;action directe seront tr\u00e8s semblables aux Army Rangers \u00e9tats-uniens,                   alors que la compagnie des forces sp\u00e9ciales sera form\u00e9e d&#8217;apr\u00e8s                   le mod\u00e8le des b\u00e9rets verts.<\/p>\n<p>&#8220;J&#8217;\u00e9tais dans le R\u00e9giment a\u00e9roport\u00e9, il y avait des choses                   fantastiques, et sa structure nous a aussi appris certaines                   le\u00e7ons&#8221;, dit Hammond. &#8220;Une des choses dont nous devons nous                   assurer c&#8217;est que les questions de personnel, la gestion de                   carri\u00e8re, la fa\u00e7on que nous la structurons, la fa\u00e7on que nous                   achetons l&#8217;\u00e9quipement et la fa\u00e7on que nous op\u00e9rons, que tout \u00e7a                   soit align\u00e9 avec les Forces canadiennes dans leur ensemble.&#8221;<\/p>\n<p>Lors du premier cours de s\u00e9lection, lequel a eu lieu de la                   mi-avril au d\u00e9but du mois d&#8217;ao\u00fbt, sur les 300 soldats qui ont                   fait une demande, 175 ont \u00e9t\u00e9 choisis. \u00c0 la fin du processus                   de s\u00e9lection, il en restait \u00e0 peu pr\u00e8s 125 qui portaient le                   nouveau b\u00e9ret couleur de tan \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie de remise des dipl\u00f4mes,                   le 13 ao\u00fbt, o\u00f9 ils devenaient officiellement op\u00e9rateurs de                   la 1re Compagnie d&#8217;action directe du ROSC.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin du mois de juillet, le ROSC est all\u00e9 \u00e0 Kamloops pour                   le composant de la s\u00e9lection qui touche aux op\u00e9rations en montagne.                   Dans cette partie de la Colombie-Britannique, les montagnes                   sont s\u00e8ches, chaudes et plut\u00f4t poussi\u00e9reuses, un peu comme                   en Afghanistan.<\/p>\n<p>Bien que le quartier g\u00e9n\u00e9ral logistique du ROSC fut am\u00e9nag\u00e9 \u00e0 la                   base qui appartient \u00e0 l&#8217;unit\u00e9 de r\u00e9serve des Rocky Mountain                   Rangers de Kamloops, les candidats et la plupart des membres                   du personnel de soutien montent leurs tentes sur un plateau                   de montagne bien \u00e9loign\u00e9 de la ville.<\/p>\n<p>Au camp, personne ne semble jamais dormir et l&#8217;entra\u00eenement                   semble ne jamais s&#8217;arr\u00eater. En tout temps, jour et nuit, il                   y a des h\u00e9licopt\u00e8res qui d\u00e9collent, de petites \u00e9quipes de soldats                   qui vont et viennent \u00e0 pied et des hommes grisonnant qui m\u00e8nent                   les candidats aux exercices complexes o\u00f9 ils courent et puis                   tirent. Tout se passe en m\u00eame temps et on a l&#8217;impression qu&#8217;il                   s&#8217;agit de quelque chose de gros et de s\u00e9rieux. C&#8217;est comme                   dans un film de la Seconde Guerre mondiale, o\u00f9 tout le monde                   se pr\u00e9pare \u00e0 lancer un gros raid. Le camp est carr\u00e9ment un                   essaim d&#8217;activit\u00e9s.<\/p>\n<p>En son centre se trouve la tente du mess. Dans un coin, un                   jeune officier et un pilote d&#8217;h\u00e9licopt\u00e8re discutent d&#8217;un plan                   d&#8217;attaque point par point. Dans un autre, des soldats prudents                   refusent des interviews \u00e0 un r\u00e9alisateur de la SRC, et \u00e0 une                   autre table, des membres du personnel dirigeant \u00e0 l&#8217;air discret                   discutent \u00e0 voix basse de quelque chose que personne d&#8217;autre                   ne saura jamais. Le personnel dirigeant a \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 de l&#8217;entra\u00eenement                   des candidats. Ce sont les gars en civil, qui ont l&#8217;air tr\u00e8s                   en forme et qui r\u00f4dent autour du camp. Nombre d&#8217;entre eux,                   semble-t-il, sont des membres actuels ou anciens de la FOI                   2, la plupart \u00e9tant des membres du personnel dirigeant (les                   entra\u00eeneurs), ou bien ils sont l\u00e0 en tant que conseillers.                   On peut aussi reconna\u00eetre plusieurs accents internationaux.<\/p>\n<p>Le ROSC donne de nouvelles capacit\u00e9s aux Forces canadiennes,                   mais le concept d&#8217;op\u00e9rations sp\u00e9ciales n&#8217;a rien de nouveau.                   Alors qu&#8217;il existe des exemples de forces irr\u00e9guli\u00e8res de la                   Seconde Guerre mondiale, c&#8217;est surtout gr\u00e2ce aux exigences                   de ce conflit que des unit\u00e9s de commandos, de saboteurs et                   de chasseurs grandement organis\u00e9es et entra\u00een\u00e9es sont entr\u00e9es                   dans l&#8217;ordre de bataille des nations de l&#8217;Ouest. Des d\u00e9serts                   nord-africains aux c\u00f4tes europ\u00e9ennes, les planificateurs militaires                   alli\u00e9s ont eu besoin, encore et encore, de d\u00e9ployer ces soldats                   adroits endurcis sp\u00e9cialement contre des cibles qu&#8217;on ne pouvait                   pas attaquer avec des grandes forces conventionnelles.<\/p>\n<p>Winston Churchill dit que ces combattants \u00e9taient de la &#8216;classe                   de chasseurs&#8217; et il n&#8217;avait probablement pas tort. En ce temps-l\u00e0,                   il s&#8217;agissait d&#8217;une race sp\u00e9ciale d&#8217;ave turiers, le genre de                   personnes qui non seulement acceptent les gros risques et les                   difficult\u00e9s, mais qui en fait vont \u00e0 leur recherche. Aujourd&#8217;hui,                   sous le manteau du professionnalisme et de l&#8217;humilit\u00e9, cet                   esprit se perp\u00e9tue.<\/p>\n<p>D&#8217;apr\u00e8s un membre exp\u00e9riment\u00e9 (qui a refus\u00e9 qu&#8217;on l&#8217;identifie                   de quelle fa\u00e7on que ce soit), le personnel entra\u00eeneur observe                   les candidats \u00e0 la recherche d&#8217;un ensemble de caract\u00e9ristiques                   bien particulier.<\/p>\n<p>Les op\u00e9rateurs du ROSC doivent, tout d&#8217;abord, \u00eatre pass\u00e9s                   ma\u00eetres des qualifications de base du soldat. Non seulement                   ils doivent avoir beaucoup d&#8217;endurance et de maturit\u00e9, ils                   doivent aussi avoir le m\u00eame sens de l&#8217;aventure \u00e9quilibr\u00e9 que                   les leaders des unit\u00e9s d&#8217;op\u00e9rations sp\u00e9ciales recherchent depuis                   la Seconde Guerre mondiale. &#8220;Il y a un ethos dans le jeu&#8221;,                   dit-il. &#8220;Tout d&#8217;abord nous recherchons l&#8217;humilit\u00e9, parce qu&#8217;une                   personne humble n&#8217;est pas arrogante. Les gens arrogants surestiment                   leurs propres capacit\u00e9s et sous-estiment l&#8217;ennemi. Et il ne                   faut jamais sous-estimer l&#8217;ennemi.<\/p>\n<p>&#8220;Les gens pensent que les op\u00e9rateurs sont des surhommes, mais                   ce n&#8217;est pas vrai. Ces repr\u00e9sentations sont tr\u00e8s na\u00efves, c&#8217;est                   de l&#8217;hyperbole. Les qualit\u00e9s que nous recherchons existent                   chez tout le monde, mais chez la grande majorit\u00e9 des gens elles                   sommeillent. Tr\u00e8s peu de gens font l&#8217;exp\u00e9rience de vrais difficult\u00e9s                   et encore moins sont ceux qui les recherchent.<\/p>\n<p>&#8220;Nous recherchons une curiosit\u00e9 inn\u00e9e, des gens qui sont \u00e0 la                   recherche du savoir, par exemple, parce que le savoir dissipe                   la peur.&#8221;<\/p>\n<p>Dans une unit\u00e9 d&#8217;op\u00e9rations sp\u00e9ciales, dit-il, les petits                   d\u00e9tails risquent de tout d\u00e9manteler, les vies en d\u00e9pendent. &#8220;C&#8217;est                   pourquoi tout le monde est responsable, du plus jeune au plus                   vieux, et pourquoi la maturit\u00e9 est si importante.&#8221;<\/p>\n<p>Et les candidats sont un groupe impressionnant, bien que nombre                   d&#8217;entre eux semblent n&#8217;avoir pas dormi depuis plusieurs jours.                   Le caporal Michel est un candidat de 29 ans originaire de Trois-Rivi\u00e8res                   (Qc). Avant d&#8217;arriver au cours de s\u00e9lection du ROSC, Michel \u00e9tait                   un technicien m\u00e9dical de l&#8217;aviation qui auparavant n&#8217;avait                   eu qu&#8217;un entra\u00eenement de base en ce qui concerne les armes                   de combat.<\/p>\n<p>Le caporal Josh, \u00e2g\u00e9 de 25 ans, vient de l&#8217;Ontario. Au contraire                   de Michel, Josh a d\u00e9j\u00e0 une exp\u00e9rience plut\u00f4t pertinente, s&#8217;\u00e9tant                   qualifi\u00e9 en tant que tireur embusqu\u00e9 et ayant \u00e9t\u00e9 jusqu&#8217;au                   bout de la s\u00e9lection pour la FOI 2 il y a quelques ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Josh et Michel ont tous deux trouv\u00e9 l&#8217;examen physique initial                   assez dur. Cela comprenait 25 m\u00e8tres \u00e0 la nage en portant des                   brodequins \u00e0 gu\u00eatre et un fusil. Mais les deux disent que le                   vrai d\u00e9fi, ce furent les semaines de tests concernant les phobies                   et les caract\u00e8res particuliers. Bien que les divers tests ne                   pouvaient pas \u00eatre d\u00e9crits en d\u00e9tail, ils avaient pour but                   de pousser les candidats jusqu&#8217;\u00e0 leurs limites physiques, de                   les sonder en ce qui concerne les peurs d\u00e9bilitantes et, en                   r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, d&#8217;essayer d&#8217;\u00e9liminer les faibles et ceux qui                   n&#8217;\u00e9taient pas suffisamment motiv\u00e9s. C&#8217;\u00e9tait tout un changement                   pour Michel. &#8220;La famille m\u00e9dicale est un peu plus calme que                   l&#8217;infanterie, alors quand je suis venu ici, voyez-vous, j&#8217;ai                   trouv\u00e9 \u00e7a \u00e9tourdissant&#8221;, dit-il. &#8220;Alors on quitte le train-train                   quotidien pour une vie excitante, pas beaucoup de sommeil et,                   dirait-on, des journ\u00e9es plut\u00f4t dures, des journ\u00e9es longues.                   Mais on rencontre des gars super.&#8221;<\/p>\n<p>\u00c0 ce moment-ci, \u00e0 la fin du mois de juillet, 14 semaines apr\u00e8s                   le d\u00e9but des s\u00e9lections et quelques jours \u00e0 peine avant la                   remise des dipl\u00f4mes, Michel et Josh ont le genre de rapport                   qu&#8217;on trouve le plus souvent entre de tr\u00e8s vieux amis. Ils                   finissent les phrases l&#8217;un de l&#8217;autre et rient de leurs blagues                   d&#8217;initi\u00e9s. Quand Michel pensait l\u00e2cher apr\u00e8s les quelques premi\u00e8res                   semaines, ses nouveaux copains l&#8217;ont convaincu de rester, qu&#8217;il                   avait tout ce qu&#8217;il faut pour aller jusqu&#8217;au bout. &#8220;Michel                   est un bon exemple de ce qu&#8217;un autre leader des forces sp\u00e9ciales                   nous a dit&#8221;, dit Josh. &#8220;Les autres unit\u00e9s de forces sp\u00e9ciales                   et nous devons coopter nos membres dans un fond g\u00e9n\u00e9tique restreint.                   Essentiellement, on ne peut pas prendre n&#8217;importe qui et le                   mettre l\u00e0. Et, en gros, c&#8217;est ce \u00e0 quoi servent les tests de                   caract\u00e9ristiques : ils servent \u00e0 trouver des gens comme Michel                   qui sont capables de saisir de nouveaux renseignements et s&#8217;en                   servir imm\u00e9diatement. C&#8217;est \u00e7a les forces sp\u00e9ciales. Elles                   sont sp\u00e9ciales parce qu&#8217;elles peuvent s&#8217;adapter \u00e0 n&#8217;importe                   quel environnement o\u00f9 elles se trouvent.&#8221;<\/p>\n<p>Survivre aux huit premi\u00e8res semaines ne signifie pas pour                   autant qu&#8217;on fait partie de l&#8217;unit\u00e9. Comme dit Josh, &#8220;il y                   a encore des occasions de faillir des trucs au fur et \u00e0 mesure                   qu&#8217;on avance, et on pourrait nous demander de nous en aller \u00e0 cause                   d&#8217;une \u00e9valuation par les pairs ou, de toute fa\u00e7on, en grande                   partie pour \u00e7a. Apr\u00e8s chaque phase, tout le monde s&#8217;assied                   et on doit \u00e9valuer tout le monde dans sa section et puis dans                   son peloton&#8221;.<\/p>\n<p>&#8220;On nous donne des points pour des caract\u00e9ristiques sp\u00e9cifiques,                   comme le travail avec les autres, le leadership, la r\u00e9sistance                   mentale&#8221;, dit Michel.<\/p>\n<p>&#8220;Il para\u00eet que c&#8217;est un truc des forces sp\u00e9ciales&#8221;, dit Josh. &#8220;(La                   FOI 2) y met une tr\u00e8s grande importance.&#8221;<\/p>\n<p>&#8220;On \u00e9crit certains noms&#8221;, dit Michel. &#8220;Vous voyez, de bons                   gars avec qui vous voulez travailler et les autres gars avec                   qui vous n&#8217;\u00eates pas s\u00fbr de vouloir travailler mais qui sont                   quand m\u00eame de bons gars.&#8221;<\/p>\n<p>&#8220;Ouais, c&#8217;est quelque chose de professionnel, pas personnel&#8221;,                   dit Josh. &#8220;On ne met pas simplement un nom parce qu&#8217;on en a                   envie. Il faut avoir de bonnes raisons et on doit justifier                   ce qu&#8217;on a \u00e9crit.&#8221;<\/p>\n<p>Si le nom d&#8217;un candidat particulier est donn\u00e9 assez souvent                   pour la m\u00eame raison, on le prend de c\u00f4t\u00e9 et on l&#8217;avertit qu&#8217;il                   doit se montrer \u00e0 la hauteur ou prendre la porte. &#8220;Ma premi\u00e8re                   impression, voyez-vous, c&#8217;\u00e9tait qu&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;un genre                   de coups en tra\u00eetre&#8221;, dit Michel. &#8220;Mais au bout de quelques                   semaines on voit que certains des gars changent leur fa\u00e7on                   de penser et leur comportement \u00e0 cause de ce genre de choses.&#8221;<\/p>\n<p>Comme tous les autres op\u00e9rateurs du ROSC, Josh et Michel sont                   des attaquants d&#8217;abord et des sp\u00e9cialistes ensuite : Josh,                   un tireur embusqu\u00e9 et Michel, un infirmier. &#8220;Il va \u00eatre tireur&#8221;,                   dit Josh en hochant la t\u00eate \u00e0 Michel, &#8220;en plein milieu de l&#8217;action,                   qui va faire exactement ce que nous allons faire, ce n&#8217;est                   que quand les gars commenceront \u00e0 tomber qu&#8217;il en aura la responsabilit\u00e9.&#8221;<\/p>\n<p>&#8220;Quand le combat est fini, c&#8217;est \u00e7a mon travail&#8221;, dit Michel. &#8220;C&#8217;est                   l\u00e0 que ma sp\u00e9cialit\u00e9 commence; autrement, je suis un tireur.&#8221;<\/p>\n<p>&#8220;Quant \u00e0 ma sp\u00e9cialit\u00e9&#8221;, dit Josh, &#8220;\u00e7a va \u00eatre moins directement                   l&#8217;action, je serai le gars dans les collines qui rapporte les                   informations sur l&#8217;objectif et qui fait l&#8217;acquisition d&#8217;objectifs                   cl\u00e9s et les coups cl\u00e9s qui servent \u00e0 lancer toute l&#8217;attaque;                   comme descendre les sentinelles et les syst\u00e8mes d&#8217;armes principaux.                   Les choses comme \u00e7a.&#8221;<\/p>\n<p>Bien que le ROSC puisse attaquer les objectifs non conventionnels                   de mani\u00e8re conventionnelle, il aura aussi les aptitudes tr\u00e8s                   utiles de pouvoir attaquer les objectifs conventionnels de                   mani\u00e8re non conventionnelle. Le membre anonyme exp\u00e9riment\u00e9,                   mentionn\u00e9 auparavant dans cet article, nous l&#8217;explique en se                   servant d&#8217;une m\u00e9taphore. Imaginez un objectif militaire, n&#8217;importe                   quoi qui aille de l&#8217;Europe forteresse jusqu&#8217;\u00e0 une place forte                   du Taliban. Cette position de premi\u00e8re ligne est fortement                   arm\u00e9e et capable d&#8217;un feu d\u00e9vastateur. Si vous consid\u00e9rez le                   probl\u00e8me, vous voyez que la position a besoin de plusieurs                   choses pour continuer \u00e0 tirer. D&#8217;abord, il lui faut une cible.                   Il lui faut aussi une fourniture continuelle de balles; il                   lui faut des communications pour recevoir les ordres; il lui                   faut des leaders militaires pour donner ces ordres et des leaders                   politiques avec la volont\u00e9 de se battre.<\/p>\n<p>Alors qu&#8217;une unit\u00e9 conventionnelle essaierait d&#8217;\u00e9craser cette                   position par la puissance de ses armes, une unit\u00e9 d&#8217;op\u00e9rations                   sp\u00e9ciales ne ferait pas n\u00e9cessairement \u00e7a. \u00c0 la place d&#8217;attaquer                   la position directement, elle ferait une des choses suivantes                   ou toutes : s&#8217;\u00e9parpiller pour enlever sa cible \u00e0 la position,                   attaquer ses lignes de ravitaillement, couper ses communications,                   tuer les leaders militaires ennemis et embrouiller leurs politiciens.                   C&#8217;est donc ainsi que les unit\u00e9s d&#8217;op\u00e9rations sp\u00e9ciales attaquent                   les cibles conventionnelles, en se servant de tactiques non                   conventionnelles.<\/p>\n<p>Dans une campagne anti-insurrectionnelle comme celle qui a                   lieu en Afgha-nistan, l&#8217;ennemi aussi se bat en utilisant des                   tactiques non conventionnelles. Les plus communes sont les                   bombes transport\u00e9es dans des v\u00e9hicules suicidaires, les dispositifs                   explosifs de circonstance (IED) au bord des routes, les embuscades                   par de petites unit\u00e9s et le tir indirect de mortier et de roquettes.                   Ce qui fait que ces attaques soient non conventionnelles c&#8217;est                   qu&#8217;elles n&#8217;offrent que bien peu de cibles pour les soldats                   canadiens et il est tr\u00e8s difficile de s&#8217;en d\u00e9fendre. Bien que                   les soldats des forces r\u00e9guli\u00e8res aient d\u00e9montr\u00e9 qu&#8217;ils peuvent                   s&#8217;adapter \u00e0 un combat anti-insurrectionnel, il y a des missions                   complexes \u00e0 grands risques qui ne font pas partie de ce \u00e0 quoi                   ils ont \u00e9t\u00e9 entra\u00een\u00e9s.<\/p>\n<p>En Afghanistan, la bataille ne se gagnera pas rien qu&#8217;en \u00e9vitant                   les attaques par IED et les attaques suicides de l&#8217;ennemi,                   ou en y survivant. \u00c0 la place, l&#8217;OTAN et les FC doivent diminuer                   les capacit\u00e9s des insurg\u00e9s de se battre avec toute une panoplie                   de tactiques non conventionnelles.<\/p>\n<p>Dans une vall\u00e9e montagnarde aux abords de Kamloops, les candidats                   font la d\u00e9monstration d&#8217;une telle mission tr\u00e8s dangereuse :                   l&#8217;attaque d&#8217;une fabrique d&#8217;IED.<\/p>\n<p>L&#8217;attaque de la fabrique avait commenc\u00e9 plusieurs jours auparavant,                   quand plusieurs petites unit\u00e9s ont fait de longues marches                   clandestines jusqu&#8217;aux cr\u00eates \u00e9lev\u00e9es qui entourent l&#8217;objectif.                   Camoufl\u00e9s dans leurs positions, ils ont observ\u00e9 et ramass\u00e9 des                   informations sur la force et les d\u00e9fenses de l&#8217;ennemi, et ils                   les ont relay\u00e9es au quartier g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p>Les h\u00e9licopt\u00e8res arrivent par vagues, en rase-mottes et rapidement.                   Le premier Griffon se pose sur un toit \u00e0 quelques centaines                   de m\u00e8tres de l&#8217;enceinte. Des soldats sautent de ses patins                   et commencent \u00e0 faire feu de leurs fusils et des mitrailleuses \u00e0 chargement                   par bande pour clouer les d\u00e9fenseurs. Un autre groupe d&#8217;h\u00e9licopt\u00e8res                   se d\u00e9tache de la limite des arbres en aval. Trois d&#8217;entre eux                   se posent dans un champ \u00e0 environ 500 m\u00e8tres de l&#8217;objectif                   pour d\u00e9poser la force d&#8217;attaque principale alors qu&#8217;un autre                   reste suspendu juste \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur des murs d&#8217;enceinte et ses                   troupiers en descendent vite en rappel pour participer au combat.<\/p>\n<p>Alors que les d\u00e9fenseurs se font attaquer de trois c\u00f4t\u00e9s,                   la principale force d&#8217;attaque fait une br\u00e8che dans un mur d&#8217;enceinte                   et commence \u00e0 enlever les installations avec ses fusils et                   ses grenades, et en d\u00e9fon\u00e7ant les portes \u00e0 coups de pieds comme                   on fait depuis toujours.<\/p>\n<p>Le tout se termine en quelques minutes. Alors que tout s&#8217;est                   bien pass\u00e9, Hammond d\u00e9clare qu&#8217;il y a encore du travail \u00e0 faire,                   et tous sont d&#8217;accord car le ROSC, tout comme la FOI 2, va \u00eatre                   dans un cycle incessant d&#8217;entra\u00eenement et d\u00e9ploiement. Ainsi,                   ils vont avoir nombre d&#8217;occasions de fourbir leurs acquis.<\/p>\n<p>Hammond dit qu&#8217;il y a peu de chances que l&#8217;unit\u00e9 soit d\u00e9ploy\u00e9e                   au complet en tant que r\u00e9giment. Il est beaucoup plus probable                   qu&#8217;une compagnie d&#8217;action directe soit d\u00e9ploy\u00e9e alors qu&#8217;une                   autre soit en attente, toute pr\u00eate et que la troisi\u00e8me se reconstitue.                   La compagnie des forces sp\u00e9ciales va \u00eatre d\u00e9ploy\u00e9e selon son                   propre emploi du temps, d\u00e9pendant des \u00e9v\u00e9nements.<\/p>\n<p>Le secret, bien s\u00fbr, est un composant indissociable des op\u00e9rations                   sp\u00e9ciales, alors o\u00f9, quand et comment le public canadien va                   entendre parler du ROSC \u00e0 nouveau semble aussi faire partie                   du secret.<\/p>\n<p>Que le ROSC op\u00e8re en uniforme ou en habillement civil, qu&#8217;il                   annonce sa pr\u00e9sence ou reste dans l&#8217;obscurit\u00e9, et qu&#8217;il d\u00e9sire                   que ses actes soient connus ou pas, le tout reste un myst\u00e8re.                   Toutefois, il n&#8217;y aurait rien de surprenant \u00e0 ce que des \u00e9l\u00e9ments                   de la 1re Compagnie d&#8217;action directe se posent t\u00f4t ou tard                   sur une piste d&#8217;atterrissage de Kandahar, pr\u00eats \u00e0 se diriger                   vers les montagnes \u00e0 la recherche d&#8217;une fabrique d&#8217;IED ou quelque                   autre cible difficile \u00e0 d\u00e9nicher.<\/p>\n<p>Mais si vous n&#8217;entendez jamais plus parler d&#8217;eux, au moins                   vous saurez qu&#8217;ils sont quelque part, observant l&#8217;ennemi d&#8217;en                   haut des collines ou attendant dans un hangar quelque part,                   pr\u00eats \u00e0 s&#8217;\u00e9lancer \u00e0 la rescousse.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il est pass\u00e9 minuit et nous sommes entour\u00e9s par des hommes arm\u00e9s hostiles dans un \u00e9tablissement psychiatrique abandonn\u00e9 au nord-ouest de Kamloops (C.-B.). Nous ne savons pas grand-chose des m\u00e9chants ni pourquoi ils ne nous aiment pas, mais nous savons que quatre h\u00e9licopt\u00e8res pleins de nouveaux commandos canadiens sont en chemin pour nous sortir de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-75","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-principaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=75"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=75"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=75"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=75"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}