{"id":72,"date":"2007-01-01T22:07:31","date_gmt":"2007-01-02T03:07:31","guid":{"rendered":"http:\/\/28330.vws.magma.ca\/fr\/?p=72"},"modified":"2008-01-27T22:34:30","modified_gmt":"2008-01-28T03:34:30","slug":"servir-dun-ocean-a-lautre-le-1er-bataillon-des-fusiliers-de-sherbrooke-en-service-actif-1942-1945","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2007\/01\/servir-dun-ocean-a-lautre-le-1er-bataillon-des-fusiliers-de-sherbrooke-en-service-actif-1942-1945\/","title":{"rendered":"Servir d&#8217;un oc\u00e9an \u00e0 l&#8217;autre : le 1er Bataillon des fusiliers de   Sherbrooke en service actif,  1942-1945"},"content":{"rendered":"<p>Si la plupart des unit\u00e9s qui ont combattu au cours de la Seconde                   Guerre mondiale ont fait l&#8217;objet d&#8217;\u00e9tudes approfondies sous                   forme de travaux universitaires ou de publications, rares sont                   les unit\u00e9s rest\u00e9es au pays, \u00e0 titre de bataillons de r\u00e9serve                   ou d&#8217;unit\u00e9s mobilis\u00e9es selon la Loi sur la mobilisation des                   ressources nationales, qui ont eu ce privil\u00e8ge. M\u00eame si ces                   unit\u00e9s n&#8217;ont pas connu le champ de bataille et ne se sont pas                   couvertes de gloire, il n&#8217;en demeure pas moins qu&#8217;elles m\u00e9ritent                   d&#8217;\u00eatre \u00e9tudi\u00e9es de plus pr\u00e8s. Quelle fut la vie des soldats                   qui y servirent et quelles difficult\u00e9s rencontr\u00e8rent-ils au                   sein de ces unit\u00e9s? Voici la courte histoire de l&#8217;une d&#8217;elles                   : le 1er Bataillon des Fusiliers de Sherbrooke.<\/p>\n<p>Le 54e R\u00e9giment (Carabiniers de Sherbrooke) fut cr\u00e9\u00e9 en 1910                   sous la pression populaire francophone. En effet, de nombreux                   r\u00e9giments \u00e9taient pr\u00e9sents dans la r\u00e9gion, mais aucun ne repr\u00e9sentait                   la frange francophone d\u00e9sormais majoritaire. Comme la majorit\u00e9 des                   r\u00e9giments de la Milice, le 54e ne fut pas mobilis\u00e9 lors de                   la Premi\u00e8re Guerre mondiale mais fournit de nombreux volontaires                   entra\u00een\u00e9s au Corps exp\u00e9ditionnaire canadien. \u00c0 la reprise de                   ses activit\u00e9s en 1920 et au cours des difficiles ann\u00e9es subs\u00e9quentes,                   les &#8220;Carabiniers de Sherbrooke&#8221;, rebaptis\u00e9s par la suite &#8220;Fusiliers                   de Sherbrooke&#8221;, firent toujours bonne figure aupr\u00e8s de la population                   de la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>En septembre 1939, lors de l&#8217;entr\u00e9e en guerre du Canada, le                   commandant du r\u00e9giment, le lieutenant-colonel \u00c9mile L\u00e9vesque,                   offrit aussit\u00f4t son unit\u00e9 pour la d\u00e9fense du pays. Toutefois,                   le r\u00e9giment ne fut pas imm\u00e9diatement mobilis\u00e9 et resta une                   unit\u00e9 de la milice active non permanente. Les membres du r\u00e9giment                   qui \u00e9taient impatients de servir leur pays se port\u00e8rent volontaires                   au sein d&#8217;autres unit\u00e9s situ\u00e9es \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur des Cantons de                   l&#8217;Est.<\/p>\n<p>Toutefois, en mai 1940, les volontaires de la r\u00e9gion purent                   joindre les rangs du Sherbrooke Fusiliers Regiment, r\u00e9giment                   d&#8217;infanterie composite et bilingue, mobilis\u00e9 \u00e0 partir des effectifs                   du Sherbrooke Regiment et de ceux des Fusiliers de Sherbrooke.                   Le poste de commandant-adjoint fut confi\u00e9 au major Aim\u00e9 Biron,                   un officier issu des Fusiliers de Sherbrooke. Plus tard, exclusivement                   anglophone, le Sherbrooke Fusiliers Regiment sera reconverti                   en arme blind\u00e9e et se couvrira de gloire sur les champs de                   bataille de Normandie.<\/p>\n<p>En mars 1942, dans le cadre d&#8217;un programme d&#8217;expansion de                   l&#8217;Arm\u00e9e canadienne, les Fusiliers de Sherbrooke furent de nouveau                   sollicit\u00e9s et mobilis\u00e8rent une autre unit\u00e9, la leur, pour le                   service actif. Le &#8220;1er Battalion des Fusiliers de Sherbrooke,                   CSAC&#8221; devait assumer un r\u00f4le de d\u00e9fense territoriale au pays.                   Compte tenu de la lourdeur de la bureaucratie militaire et                   des retards logistiques, l&#8217;unit\u00e9 ne put recevoir ses premi\u00e8res                   recrues que deux mois plus tard. Mut\u00e9 du Sherbrooke Fusiliers                   Regiment, Aim\u00e9 Biron fut promu lieutenant-colonel et prit le                   commandement de cette nouvelle unit\u00e9.<\/p>\n<p>Le r\u00e9giment demeura dans les Cantons de l&#8217;Est jusqu&#8217;en ao\u00fbt                   1942, o\u00f9 il perp\u00e9tua la tradition des liens privil\u00e9gi\u00e9s de                   l&#8217;unit\u00e9-m\u00e8re, depuis devenue et rebaptis\u00e9e le &#8220;2e Battalion                   (Reserve) des Fusiliers de Sherbrooke&#8221;, avec la ville de Sherbrooke.                   Les m\u00e9dias locaux, tout comme la population, s&#8217;int\u00e9ressaient                   aux progr\u00e8s du 1er Bataillon et \u00e0 l&#8217;entra\u00eenement des recrues.                   Les soldats, que l&#8217;on voyait passer dans les rues \u00e0 marche                   forc\u00e9e, devinrent vite des coqueluches. Ils particip\u00e8rent activement                   aux activit\u00e9s sociales et furent au premier plan lors de la                   Semaine de l&#8217;Arm\u00e9e au d\u00e9but de juillet.<\/p>\n<p>Fin juillet 1942, il \u00e9tait temps de mettre \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve les                   comp\u00e9tences acquises ainsi que l&#8217;endurance physique des militaires                   : le bataillon marcherait de Sherbrooke \u00e0 Farnham charg\u00e9 de                   tout son attirail et de son \u00e9quipement! \u00c9videmment, cette &#8220;marche                   forc\u00e9e&#8221; fut tr\u00e8s m\u00e9diatis\u00e9e et fit m\u00eame la une de La Presse!                   Partout o\u00f9 ils install\u00e8rent leur bivouac, les Fusiliers suscit\u00e8rent                   l&#8217;int\u00e9r\u00eat. Farnham fut le lieu d&#8217;\u00e9tablissement de liens tr\u00e8s \u00e9troits                   entre les membres des Fusiliers de Sherbrooke et leurs confr\u00e8res                   du 3e Bataillon des Fusiliers Mont-Royal. Le 24 juillet, les                   deux unit\u00e9s de fusiliers c\u00e9l\u00e9br\u00e8rent ensemble une messe comm\u00e9morative \u00e0 la                   m\u00e9moire des r\u00e9centes victimes canadiennes du raid de Dieppe.<\/p>\n<p>Si la vie militaire quotidienne dans les Cantons de l&#8217;Est                   ne semblait pas encore si difficile pour nombres d&#8217;appel\u00e9s                   sous le r\u00e9gime de la Loi sur la mobilisation des ressources                   nationales, l&#8217;affectation au camp de Debert, en Nouvelle-\u00c9cosse,                   allait quelque peu changer la donne. Les hommes comprirent                   alors qu&#8217;ils seraient bien loin de chez eux : au cours du d\u00e9placement,                   une quarantaine d&#8217;hommes s&#8217;absent\u00e8rent m\u00eame sans permission!<\/p>\n<p>Toutefois, \u00e0 Debert, les troupes appr\u00e9ci\u00e8rent l&#8217;entra\u00eenement                   plus r\u00e9aliste qu&#8217;elles y subirent. Plusieurs officiers et sous-officiers                   furent envoy\u00e9s suivre des cours pour ensuite enseigner aux                   membres du r\u00e9giment. Toutefois, la professionnalisation de                   plusieurs officiers et de soldats qualifi\u00e9s eut \u00e9galement des                   effets n\u00e9gatifs : plusieurs instructeurs comp\u00e9tents furent                   mut\u00e9s \u00e0 d&#8217;autres unit\u00e9s et d&#8217;autres prirent vraiment go\u00fbt \u00e0 la                   vie militaire et se port\u00e8rent volontaires pour aller rejoindre                   des unit\u00e9s en Europe.<\/p>\n<p>La vie \u00e0 Debert se d\u00e9roula sans grands incidents. L&#8217;entra\u00eenement                   occupait bien s\u00fbr presque toute la place, mais les loisirs                   n&#8217;\u00e9taient pas pour autant oubli\u00e9s. Les tournois sportifs inter-r\u00e9gimentaires                   tant au sein de la 15e Brigade d&#8217;infanterie (compos\u00e9e d&#8217;unit\u00e9s                   canadiennes-fran\u00e7aises) qu&#8217;entre diff\u00e9rentes brigades stationn\u00e9es \u00e0 Debert,                   les sorties en ville, les concerts offerts par la Musique du                   r\u00e9giment, les plus r\u00e9cents films d&#8217;Hollywood ou sur l&#8217;effort                   de guerre du Canada et de ses alli\u00e9s projet\u00e9s dans la cantine                   surent divertir les soldats du Qu\u00e9bec. Les soldats se m\u00eal\u00e8rent \u00e0 la                   population de la ville, aidant m\u00eame aux r\u00e9coltes. M\u00eame si ces                   hommes \u00e9taient loin de leurs foyers, le moral demeurait bon. &#8220;Une                   ann\u00e9e parfaite!&#8221;, selon le commandant.<\/p>\n<p>La routine s&#8217;installa, mais on tenta de varier les types d&#8217;entra\u00eenement                   : patrouilles, prisonniers, attaques puis exercices de bataillon                   et de brigade. En avril 1943, le bataillon d\u00e9plora la perte                   du fusilier Lahaie, bless\u00e9 mortellement dans un accident de                   v\u00e9hicule &#8220;Universal Carrier&#8221; lors d&#8217;un exercice. En ao\u00fbt, les                   Fusiliers Mont-Royal s&#8217;install\u00e8rent \u00e0 leur tour. Les liens                   d\u00e9j\u00e0 \u00e9troits se resserreront davantage au cours des mois \u00e0 venir.<\/p>\n<p>Malheureusement, le 1er Bataillon des Fusiliers de Sherbrooke \u00e9tait                   victime de son succ\u00e8s et perdait de bons \u00e9l\u00e9ments aussit\u00f4t                   leur entra\u00eenement termin\u00e9. En mai 1943, les officiers au sein                   du bataillon \u00e9taient devenus denr\u00e9e rare! Bien s\u00fbr, les baisses                   d&#8217;effectifs \u00e9taient combl\u00e9es par l&#8217;arriv\u00e9e de nouvelles recrues,                   d&#8217;abord en provenance du camp d&#8217;entra\u00eenement de Farnham puis                   du 3e Bataillon des Fusiliers Mont-Royal. Puis, en septembre,                   la radio annon\u00e7a que les 7e et 8e brigades et une partie de                   la 6e, seraient d\u00e9mantel\u00e9es. Les Fusiliers r\u00e9sisteraient-ils \u00e0 ces                   d\u00e9membrements?<\/p>\n<p>En octobre 1943, le remplacement du commandant Biron par le                   lieutenant-colonel Paul Trudeau du 3e Bataillon des Fusiliers                   Mont-Royal laisse croire \u00e0 la fin imminente du bataillon puisque                   la plupart des cadres et une bonne partie des membres du rang                   sont partis de cette unit\u00e9. En plus, il faut quitter la c\u00f4te                   atlantique pour se diriger vers la Colombie-Britannique. Rien                   pour remonter le moral des troupes.<\/p>\n<p>Pourtant, la vie militaire doit suivre son cours. Le lieutenant-colonel                   Trudeau resserre la discipline et l&#8217;entra\u00eenement lors du s\u00e9jour \u00e0 Terrace.                   Mais le r\u00e9giment devient de plus en plus exsangue. Une cinquantaine                   de fusiliers acceptent de se rendre \u00e0 Kiska, en Alaska, rejoindre                   le R\u00e9giment de Hull et d&#8217;autres sont mut\u00e9s ou acceptent de                   se porter volontaires pour le service outre-mer. Plusieurs                   recrues sont renvoy\u00e9es, \u00e9tant jug\u00e9es inaptes au service. La                   plupart arrivant de Valcartier sans aucun document!<\/p>\n<p>M\u00eame si la Colombie-Britannique regorge de lieux d&#8217;une beaut\u00e9 exceptionnelle,                   les Fusiliers doivent se rendre \u00e0 l&#8217;\u00e9vidence: il y pleut beaucoup,                   surtout en cette partie de l&#8217;ann\u00e9e. Plusieurs manoeuvres doivent \u00eatre                   annul\u00e9es en raison de fortes pluies ou de brouillard. Les exercices                   changent \u00e9galement : assauts amphibies, attaques de commandos                   sur des \u00eeles, etc. Tout au long de leur s\u00e9jour sur la c\u00f4te                   du Pacifique, les membres du bataillon vont d&#8217;une ville \u00e0 une                   autre. \u00c0 l&#8217;\u00e9t\u00e9 de 1944, les manoeuvres ont lieu au camp de Wainwright                   en Alberta. Le fusilier Monast y mourra au cours d&#8217;un exercice.<\/p>\n<p>Les d\u00e9monstrations de ce savoir-faire militaire impressionnent                   beaucoup les dignitaires invit\u00e9s \u00e0 assister aux d\u00e9fil\u00e9s. On                   se demande d&#8217;ailleurs pourquoi des hommes avec autant d&#8217;entrain                   et d&#8217;efficacit\u00e9 ne passent pas \u00e0 l&#8217;active. Les membres de ce                   bataillon sont souvent sollicit\u00e9s pour servir outre-mer. Plusieurs                   officiers servirent d&#8217;ailleurs au sein de r\u00e9giments britanniques                   dans le cadre du programme &#8220;Canloan&#8221;.<\/p>\n<p>Vers la fin de l&#8217;ann\u00e9e 1944, le besoin de soldats se fait                   grandement sentir en Europe. En d\u00e9cembre, apr\u00e8s plus de deux                   ann\u00e9es d&#8217;absence, le bataillon re\u00e7oit l&#8217;ordre de retourner                   au Qu\u00e9bec au camp de Joliette. Plusieurs soldats profitent                   d&#8217;une halte \u00e0 Montr\u00e9al pour d\u00e9serter. \u00c0 Joliette, c&#8217;est le                   chaos. L&#8217;arriv\u00e9e de nouveaux membres, provenant de diverses                   unit\u00e9s, pose un probl\u00e8me tout comme la tenue. Les paletots                   d&#8217;hiver, inutiles en Colombie-Britannique mais combien pr\u00e9cieux                   au Qu\u00e9bec, brillent par leur absence. Quel beau retour \u00e0 l&#8217;hiver                   qu\u00e9b\u00e9cois! Enfin, il fallait rappeler de toute urgence les                   permissionnaires. Ceux qui revinrent de cong\u00e9 eurent du mal \u00e0 retrouver                   leurs effets personnels.<\/p>\n<p>De plus, le grand quartier g\u00e9n\u00e9ral \u00e9tudie la possibilit\u00e9 d&#8217;envoyer                   l&#8217;unit\u00e9 outre-mer. Une horde de m\u00e9decins, psychiatres, dentistes,                   membres du personnel administratif et membres du Corps des                   magasins militaires s&#8217;installent au camp afin d&#8217;acc\u00e9l\u00e9rer le                   processus de transfert. Le recrutement intensif a d\u00e9but\u00e9. Le                   ballet des dignitaires militaires commence. Il s&#8217;agit de convaincre                   les soldats.<\/p>\n<p>Toutefois, en janvier 1945, plusieurs hommes, en cong\u00e9 durant                   les f\u00eates, d\u00e9cid\u00e8rent de ne pas revenir, ce qui provoqua du                   m\u00e9contentement tant chez les autorit\u00e9s militaires que parmi                   ceux qui avaient choisi de rester loyaux. Des d\u00e9sordres \u00e9clat\u00e8rent.                   Malgr\u00e9 tout, l&#8217;unit\u00e9 devait se pr\u00e9parer au d\u00e9part.<\/p>\n<p>En matin\u00e9e du 8 janvier 1945, jour du d\u00e9part du r\u00e9giment pour                   Halifax, une compagnie enti\u00e8re refuse de s&#8217;embarquer et entame                   une gr\u00e8ve. Les hommes ne veulent plus travailler et restent                   assis. \u00c0 13 h 30, toutes les compagnies, \u00e0 l&#8217;exception d&#8217;une                   seule, suivent le mouvement. Le lieutenant-colonel Trudeau                   discute sans grand succ\u00e8s avec les r\u00e9fractaires. Le commandant                   du District militaire no 4, de Montr\u00e9al, le major-g\u00e9n\u00e9ral James                   E. Renaud, arrive de toute urgence et demande aux hommes de                   cesser imm\u00e9diatement cette folie et d&#8217;ob\u00e9ir aux ordres. En                   d\u00e9but de soir\u00e9e, une dizaine d&#8217;hommes acceptent de monter dans                   le train. Ils seront bient\u00f4t suivis par tous les autres gr\u00e9vistes.                   Le train put quitter la gare avec \u00e0 son bord 25 officiers et                   427 membres du rang. Ils rencontr\u00e8rent par la suite le groupe                   pr\u00e9curseur, d\u00e9j\u00e0 en route pour l&#8217;Angleterre.<\/p>\n<p>Le recrutement pour le service volontaire suit son cours tant \u00e0 bord                   du train, o\u00f9 une douzaine de fusiliers signent leur engagement                   que sur le navire durant la travers\u00e9e. Toutefois, ces transferts                   volontaires ne permirent pas au 1er Bataillon des Fusiliers                   de Sherbrooke de survivre. \u00c0 son arriv\u00e9e \u00e0 Liverpool, en Grande-Bretagne,                   le bataillon est aussit\u00f4t dissout et tout le personnel est                   transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 un centre d&#8217;entra\u00eenement.<\/p>\n<p>Cet incident m\u00e9connu peut-il vraiment \u00eatre associ\u00e9 au pass\u00e9 du                   r\u00e9giment des Fusiliers de Sherbrooke? En janvier 1945, les                   effectifs du r\u00e9giment ne sont certes plus les m\u00eames que ceux                   des d\u00e9buts du 1er Bataillon en 1942. En fait, les soldats qui                   se rebellent ne sont plus des membres originaux : ils sont                   des conscrits pour la plupart ou proviennent d&#8217;autres r\u00e9giments.                   Les officiers originaux, qui maintenaient les traditions de                   l&#8217;unit\u00e9-m\u00e8re et les liens avec les citoyens de la ville de                   Sherbrooke et les Cantons de l&#8217;Est, n&#8217;y \u00e9taient plus. Cet incident                   ne ternit aucunement l&#8217;image du r\u00e9giment apr\u00e8s la guerre. De                   retour \u00e0 la vie civile, plusieurs membres originaux poursuivront                   m\u00eame une carri\u00e8re parall\u00e8le au sein du r\u00e9giment de la r\u00e9serve.<\/p>\n<p>Quant au 1er Bataillon, de la force active, il ne tomba pas                   imm\u00e9diatement dans l&#8217;oubli. En ao\u00fbt 1945, une association des                   v\u00e9t\u00e9rans de ce bataillon fut cr\u00e9\u00e9e. Durant quelques ann\u00e9es,                   les anciens de ce bataillon profit\u00e8rent des r\u00e9unions et des                   activit\u00e9s de l&#8217;association pour perp\u00e9tuer le souvenir de leur                   service actif d&#8217;un oc\u00e9an \u00e0 l&#8217;autre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si la plupart des unit\u00e9s qui ont combattu au cours de la Seconde Guerre mondiale ont fait l&#8217;objet d&#8217;\u00e9tudes approfondies sous forme de travaux universitaires ou de publications, rares sont les unit\u00e9s rest\u00e9es au pays, \u00e0 titre de bataillons de r\u00e9serve ou d&#8217;unit\u00e9s mobilis\u00e9es selon la Loi sur la mobilisation des ressources nationales, qui ont [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":20,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-72","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-principaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/20"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=72"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=72"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=72"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=72"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}