{"id":697,"date":"2011-01-01T00:01:51","date_gmt":"2011-01-01T04:01:51","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=697"},"modified":"2010-12-13T13:00:40","modified_gmt":"2010-12-13T17:00:40","slug":"sur-des-chemins-paisibles-2e-partie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2011\/01\/sur-des-chemins-paisibles-2e-partie\/","title":{"rendered":"Sur des chemins paisibles &#8211; 2e partie"},"content":{"rendered":"<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:630px\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-699\" title=\"Le patio de Jean-Philippe Bonnet, situ\u00e9 sur un bunker \u00e0 sa r\u00e9sidence c\u00f4ti\u00e8re, offre une vue panoramique de la plage de Puys, \u00e0 l\u2019est de Dieppe. L\u2019illustration est celle des hautes falaises mena\u00e7ant une plage \u00e0 mar\u00e9e basse. [ILLUSTRATION : JENNIFER MORSE]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2010\/12\/BattlefieldsLead1.jpg\" alt=\"Le patio de Jean-Philippe Bonnet, situ\u00e9 sur un bunker \u00e0 sa r\u00e9sidence c\u00f4ti\u00e8re, offre une vue panoramique de la plage de Puys, \u00e0 l\u2019est de Dieppe. L\u2019illustration est celle des hautes falaises mena\u00e7ant une plage \u00e0 mar\u00e9e basse. [ILLUSTRATION : JENNIFER MORSE]\" width=\"630\" height=\"236\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2010\/12\/BattlefieldsLead1.jpg 630w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2010\/12\/BattlefieldsLead1-300x112.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 630px) 100vw, 630px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Le patio de Jean-Philippe Bonnet, situ\u00e9 sur un bunker \u00e0 sa r\u00e9sidence c\u00f4ti\u00e8re, offre une vue panoramique de la plage de Puys, \u00e0 l\u2019est de Dieppe. L\u2019illustration est celle des hautes falaises mena\u00e7ant une plage \u00e0 mar\u00e9e basse. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>ILLUSTRATION : JENNIFER MORSE<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><strong>Le temps \u00e9tait parfait en France au mois d\u2019aout : ciel bleu pour la photographie et nuages moroses pour la peinture. J\u2019\u00e9tais all\u00e9e en Europe pour peindre.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les mus\u00e9es de classe mondiale sont remplis de paysages champ\u00eatres normands et flamands. Cette\u00a0terre a une riche production artistique et agricole. Mais elle est aussi ch\u00e9rie pour une tout\u00a0autre raison.<\/strong><\/p>\n<p><strong>C\u2019est l\u00e0 que le monde entier est all\u00e9 se battre, deux fois plut\u00f4t qu\u2019une. Plus de 111 650 Canadiens sont morts aux deux guerres mondiales. Ils sont enterr\u00e9s l\u00e0-bas.<\/strong><\/p>\n<p><strong>En tant qu\u2019artiste, la juxtaposition de la guerre et de la paix m\u2019int\u00e9resse. J\u2019imagine les citoyens europ\u00e9ens piqueniquant le long des m\u00eames c\u00f4tes que les Canadiens ont prises d\u2019assaut, occup\u00e9s aux\u00a0choses d\u2019aujourd\u2019hui sur les champs de bataille d\u2019autrefois.<\/strong><\/p>\n<p><strong>J\u2019aimerais voir si le souvenir existe hors saison, quand personne ne sait que les invit\u00e9s arrivent.<\/strong><\/p>\n<p>Philippe Bonnet, le gar\u00e7on de table qui me sert, pr\u00e8s de la c\u00f4te de Dieppe, est curieux de savoir ce que je suis ve\u00adnue visiter au bord de la mer. On dirait un jeune fermier de la Saskatchewan : grand, les joues roses et les che\u00adveux blonds. Je lui dis que je suis venue voir les lieux qui ont le plus d\u2019importance pour les Canadiens. Demain, je vais \u00e0 Puys; ensuite, \u00e0 Pourville. \u00ab Puys! s\u2019exclame-t-il. C\u2019est l\u00e0 que j\u2019habite. \u00bb<\/p>\n<p>Je lui dis que je vais peindre les lieux de comm\u00e9moration europ\u00e9ens. Au Canada, avant de partir, je m\u2019imaginais en train de dessiner les bunkers \u00e0 Puys. Je pouvais presque voir le vert doux des v\u00e9g\u00e9taux et de la mousse sur le b\u00e9ton qui adoucissent et dissimulent le contour gris et rugueux des fortifications allemandes, un paysage o\u00f9 les herbes dissimulent la guerre : m\u00e9taphore visuelle de l\u2019effacement par le temps du souvenir de la guerre. Philippe m\u2019\u00e9coute, \u00e9poustoufl\u00e9. \u00ab J\u2019habite dans la maison blanche en haut de la rue \u00e0 pic qui est \u00e0 gauche du monument. Il y a deux bunkers sur notre terrain. Il faut que vous passiez chez nous. Je laisserai une note \u00e0 mes parents. \u00bb<\/p>\n<p>Je continue de chercher ce qui a \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9 dans la campagne fran\u00e7aise, mais c\u2019est le souvenir que je trouve.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-700\" title=\"Une couronne de 20 feuilles d\u2019\u00e9rable adorne le monument dans le jardin de l\u2019abbaye d\u2019Ardenne. [ILLUSTRATION : JENNIFER MORSE]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2010\/12\/Battlefields1.jpg\" alt=\"Une couronne de 20 feuilles d\u2019\u00e9rable adorne le monument dans le jardin de l\u2019abbaye d\u2019Ardenne. [ILLUSTRATION : JENNIFER MORSE]\" width=\"515\" height=\"338\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2010\/12\/Battlefields1.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2010\/12\/Battlefields1-300x196.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Une couronne de 20 feuilles d\u2019\u00e9rable adorne le monument dans le jardin de l\u2019abbaye d\u2019Ardenne. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>ILLUSTRATION : JENNIFER MORSE<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Il y a six kilom\u00e8tres de falaises spectaculaires le long de la c\u00f4te de Dieppe jusqu\u2019au petit village de Puys. L\u00e0, en haut d\u2019un escalier en brique et en pierre ancien, se trouve la maison enduite de stuc des Bonnet. Le p\u00e8re, le co\u00adlonel Jean-Philippe Bonnet, attach\u00e9 militaire \u00e0 l\u2019ambassade de France \u00e0 Riyadh, en Arabie Saoudite, et \u00e0 Manama, au Bahre\u00efn, m\u2019attend dehors sous un ciel d\u00e9gag\u00e9. On dirait qu\u2019il se r\u00e9chauffe pour aller courir et ses yeux bruns et son sourire chaleureux brillent dans l\u2019air de mer. \u00ab Venez \u00bb, me dit-il, et il me conduit jusqu\u2019\u00e0 l\u2019un des deux bunkers, \u00e0 peine \u00e9rod\u00e9 apr\u00e8s 68 ans. L\u00e0, sur le plus grand des bunkers, des meubles de patio sont arrang\u00e9s de fa\u00e7on \u00e0 donner une vue imprenable de l\u2019oc\u00e9an et des falaises, sans garde-fou, notons-le, alors que nous nous trouvons \u00e0 quelque 25 m\u00e8tres de hauteur. Son \u00e9pouse, V\u00e9ronique, nous sert le caf\u00e9 \u00e0 une table de piquenique plac\u00e9e sur le carr\u00e9 d\u2019\u00e0 peu pr\u00e8s quatre m\u00e8tres de largeur. Prendre le caf\u00e9 sur ce bunker qui, en 1942, a servi aux Allemands pour faucher tant de Canadiens, t\u00e9moigne parfaitement du fait que ces emplacements de guerre sont devenus des endroits de paix.<\/p>\n<p>De Puys, je conduis sur 10 kilom\u00e8tres vers l\u2019ouest jusqu\u2019\u00e0 Pourville, une autre plage o\u00f9 ont d\u00e9barqu\u00e9 les Canadiens. Et quel parcours! La route monte et descend les falaises qui longent la mer turquoise. Le peintre impressionniste Claude Monet, qui venait ici en vacances, a peint la c\u00f4te en couleurs plut\u00f4t criardes, tape-\u00e0-l\u2019\u0153il. Je ne trouve pas qu\u2019il ait bien repr\u00e9sent\u00e9 l\u2019esprit de l\u2019endroit. Il est bien trop serein pour une facture si passionn\u00e9e.<\/p>\n<p>Au bord de la route principale se trouve une magnifique chapelle en pierre entour\u00e9e d\u2019hortensias roses o\u00f9 deux jardiniers s\u2019occupent d\u2019un parterre de b\u00e9gonias rouges et blancs qui dessinent le drapeau canadien. Ils disent se pr\u00e9parer aux services comm\u00e9moratifs qui auront lieu le 19 aout le long de cette c\u00f4te. La Croix de Victoria a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cern\u00e9e au lieutenant-colonel (Charles) Cecil Merritt pour son commandement et son courage au pont situ\u00e9 \u00e0 une rue d\u2019ici.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-701\" title=\"Un couple, sous la pluie, se balade au front de mer\u00a0d\u2019Arromanches, en France. Les restes, au loin, des\u00a0grands caissons en b\u00e9ton qui ont servi \u00e0 la construction du port artificiel. [ILLUSTRATION : JENNIFER MORSE]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2010\/12\/Battlefields2.jpg\" alt=\"Un couple, sous la pluie, se balade au front de mer\u00a0d\u2019Arromanches, en France. Les restes, au loin, des\u00a0grands caissons en b\u00e9ton qui ont servi \u00e0 la construction du port artificiel. [ILLUSTRATION : JENNIFER MORSE]\" width=\"515\" height=\"363\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2010\/12\/Battlefields2.jpg 515w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2010\/12\/Battlefields2-300x211.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Un couple, sous la pluie, se balade au front de mer\u00a0d\u2019Arromanches, en France. Les restes, au loin, des\u00a0grands caissons en b\u00e9ton qui ont servi \u00e0 la construction du port artificiel. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>ILLUSTRATION : JENNIFER MORSE<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Une pluie froide tombe pendant les trois heures de ma conduite jusqu\u2019\u00e0 Caen, o\u00f9 je m\u2019abrite, avec mon appareil photo, sous un poncho en plastique de 3 $. Caen est un labyrinthe de rues \u00e0 sens unique et, en zigzaguant sept kilom\u00e8tres vers l\u2019ouest de son centre, j\u2019atteins l\u2019abbaye d\u2019Ardenne, bien visible dans un champ plat. Dix-huit soldats canadiens furent assassin\u00e9s par les nazis les 7 et 8 juin 1944. On croit que deux autres furent ex\u00e9cut\u00e9s le 17.\u00a0 J\u2019ai d\u00e9j\u00e0 fait partie de deux groupes qui se sont entass\u00e9s dans le jardin lors de c\u00e9r\u00e9monies de comm\u00e9moration pendant qu\u2019un guide racontait la terrible histoire. Aujourd\u2019hui, je suis seule sous la pluie qui tambourine sur les feuilles des arbres prot\u00e9geant le jardin comm\u00e9moratif. Une chaise a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9e devant le mo\u00adnument : un si\u00e8ge pour une p\u00e8lerine. Je cueille 20 feuilles \u00e0 un grand \u00e9rable et les d\u00e9pose en rang sur la pierre, une pour chaque soldat. La pluie l\u00e9g\u00e8re et la qui\u00e9tude de l\u2019endroit me donnent l\u2019impression de me trouver \u00e0 des ann\u00e9es-lumi\u00e8re de l\u2019agitation des rues de Caen o\u00f9, pour la premi\u00e8re fois depuis le d\u00e9but du voyage, les le\u00e7ons de la guerre semblent appartenir au pass\u00e9.<\/p>\n<p>Quand je remonte dans la voiture pour quitter l\u2019abbaye, le jour s\u2019assombrit, le tonnerre gronde et une pluie torrentielle s\u2019abat sur le parebrise. Je scrute les panneaux routiers tout en traversant le pays gris vers la c\u00f4te : Arromanches est \u00e0 35 kilom\u00e8tres d\u2019ici.<\/p>\n<p>Avant le jour J, deux ports artificiels, qui avaient \u00e9t\u00e9 construits en secret en Angleterre, furent transport\u00e9s en sections \u00e0 travers la Manche.\u00a0 Il y en eut un \u00e0 Arromanches, pour les Britanniques, et un autre \u00e0 Omaha, pour les Am\u00e9ricains. C\u2019\u00e9taient des installations portuaires con\u00e7ues pour le d\u00e9marquement des approvisionnements et des troupes de l\u2019op\u00e9ration Overlord qui suivait les d\u00e9barquements de Normandie. Le 19 juin 1944, une temp\u00eate d\u00e9truisit le port artificiel d\u2019Omaha, mais celui des Britanniques fut r\u00e9par\u00e9 et continua de servir pendant 10 mois. On dit que 2 millions et demi d\u2019hommes, un demi-million de v\u00e9hicules et quatre millions de tonnes de biens de consommation sont pass\u00e9s par le havre d\u2019Arromanches. Je porte mon regard vers la mer o\u00f9 les vagues se brisent sur le b\u00e9ton qui reste du havre, \u00e0 peine visible sous les averses, et je me demande comment c\u2019\u00e9tait lors du d\u00e9barquement en une telle journ\u00e9e, l\u2019oc\u00e9an battant la c\u00f4te. Il fait gris partout.<\/p>\n<p>La plage Juno est un peu plus loin. Je suis mouill\u00e9e et j\u2019ai froid quand je sors de la voiture pour entrer au Centre Juno Beach, un petit mus\u00e9e canadien au bord de la plage. M\u2019abritant dans le foyer, je bavarde avec deux guides, tous deux des \u00e9tudiants de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Ottawa. Ils travaillent ici, \u00e0 Courseulles-sur-Mer, tous les \u00e9t\u00e9s, pendant quatre mois. Ils tiennent tous les deux \u00e0 parler de chez nous; ils me parlent de ce qu\u2019ils ont appris et de la gentillesse des rares anciens combattants qui viennent en visite. Le ciel s\u2019est d\u00e9gag\u00e9 pendant notre conversation, alors je pars \u00e0 la plage. La pluie a fait fuir tous les touristes; je suis donc seule sur le sable dor\u00e9; seule \u00e0 me glisser dans le \u00ab Cozy\u2019s bunker \u00bb situ\u00e9 \u00e0 un demi-kilom\u00e8tre le long de la plage; seule en revenant, pieds nus, au bord de l\u2019eau. La plage \u00e0 Dieppe est pierreuse et on a du mal \u00e0 y marcher, mais ici, \u00e0 Juno, elle est sablonneuse et on peut aller plus loin et plus vite, tout comme leurs campagnes respectives.<\/p>\n<p>La plage de Berni\u00e8res-sur-Mer est \u00e0 quelques kilom\u00e8tres vers l\u2019est. C\u2019est l\u00e0 o\u00f9 les Canadiens ont lib\u00e9r\u00e9 la premi\u00e8re maison en Normandie, mais le jour J a cout\u00e9 143 morts ou bless\u00e9s \u00e0 l\u2019unit\u00e9 qui le fit, les Queen\u2019s Own Rifles : plus qu\u2019\u00e0 n\u2019importe quel autre bataillon canadien. En tout, le 6 juin, les pertes des Canadiens, qui entr\u00e8rent plus profond\u00e9ment dans les terres que les autres forces alli\u00e9es, s\u2019\u00e9lev\u00e8rent \u00e0 340 morts, 574 bless\u00e9s et 47 prisonniers.<\/p>\n<p>Le lendemain matin, la pluie persiste. J\u2019ach\u00e8te du pain et du fromage chez le boulanger du coin et je prends la route de Paris, qui se trouve \u00e0 250 kilom\u00e8tres au sud-ouest. C\u2019est mon dernier jour en Europe et je marche dans les rues glissantes de la ville, le long de la Seine, tout en pensant \u00e0 la facilit\u00e9 avec laquelle le souvenir s\u2019est \u00e9tabli dans les campagnes fran\u00e7aise et belge. \u00c0 mi-chemin de la promenade la plus c\u00e9l\u00e8bre du monde se trouve l\u2019Arche de Triomphe. Tous les jours, sans faute, depuis 1923, \u00e0 18 h 30, un groupe d\u2019anciens combattants c\u00e9l\u00e8bre une c\u00e9r\u00e9monie en l\u2019honneur du Soldat inconnu enseveli sous l\u2019arche imposante. Ma d\u00e9ambulation m\u2019y m\u00e8ne et je suis invit\u00e9e dans l\u2019enceinte des barri\u00e8res, avec quelque 20 autres personnes, pour y observer la c\u00e9r\u00e9monie quelque peu incertaine.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-702\" title=\"Les herbes agit\u00e9es par le vent et les sables du temps entourent un bunker d\u00e9labr\u00e9 de la plage Juno. [ILLUSTRATION : JENNIFER MORSE]\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2010\/12\/Battlefields3.jpg\" alt=\"Les herbes agit\u00e9es par le vent et les sables du temps entourent un bunker d\u00e9labr\u00e9 de la plage Juno. 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Ils m\u2019expliquent en fran\u00e7ais, lentement pour que je puisse comprendre, qui ils sont et comment a lieu la c\u00e9r\u00e9monie. Un v\u00e9t\u00e9ran fran\u00e7ais de la Seconde Guerre mondiale, portant ses m\u00e9dailles, nous interrompt de temps \u00e0 autre : \u00ab Qui est la dame? \u00bb \u00ab Quel pays? \u00bb. Monsieur Garden Akermi, l\u2019ancien combattant curieux, est gardien de la flamme, du livre et de l\u2019\u00e9p\u00e9e. \u00ab Ah! Le Canada. \u00bb Ils font oui de la t\u00eate tous les trois. Ils me demandent de signer le livre, prennent leur chapeau et nous partons.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le temps \u00e9tait parfait en France au mois d\u2019aout : ciel bleu pour la photographie et nuages moroses pour la peinture. J\u2019\u00e9tais all\u00e9e en Europe pour peindre. <\/p>\n<p>Les mus\u00e9es de classe mondiale sont remplis de paysages champ\u00eatres normands et flamands. Cette\u00a0terre a une riche production artistique et agricole. Mais elle est aussi ch\u00e9rie pour une tout\u00a0autre raison.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u00e0 que le monde entier est all\u00e9 se battre, deux fois plut\u00f4t qu\u2019une. Plus de 111 650 Canadiens sont morts aux deux guerres mondiales. Ils sont enterr\u00e9s l\u00e0-bas.<\/p>\n<p>En tant qu\u2019artiste, la juxtaposition de la guerre et de la paix m\u2019int\u00e9resse. J\u2019imagine les citoyens europ\u00e9ens piqueniquant le long des m\u00eames c\u00f4tes que les Canadiens ont prises d\u2019assaut, occup\u00e9s aux\u00a0choses d\u2019aujourd\u2019hui sur les champs de bataille d\u2019autrefois.<\/p>\n<p>J\u2019aimerais voir si le souvenir existe hors saison, quand personne ne sait que les invit\u00e9s arrivent.<\/p>\n","protected":false},"author":19,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-697","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-principaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/697","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/19"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=697"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/697\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=697"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=697"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=697"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}