{"id":6782,"date":"2026-07-08T13:18:56","date_gmt":"2026-07-08T17:18:56","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/?p=6782"},"modified":"2026-07-08T13:18:56","modified_gmt":"2026-07-08T17:18:56","slug":"la-guerre-du-golfe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2026\/07\/la-guerre-du-golfe\/","title":{"rendered":"La guerre du Golfe"},"content":{"rendered":"<div class=\"caption_img\">\r\n        <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6783 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/020905-O-9999R-028.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"697\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/020905-O-9999R-028.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/020905-O-9999R-028-300x261.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/020905-O-9999R-028-768x669.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Les F-117 am\u00e9ricains se pr\u00e9parent \u00e0\u00a0se d\u00e9ployer en Arabie saoudite dans\u00a0le cadre de la r\u00e9ponse am\u00e9ricaine \u00e0 l\u2019invasion iraquienne du Kowe\u00eft. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>US Air Force<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\"><b>Saddam Hussein<\/b> \u00e9tait en mauvaise posture. Toutefois, il ne pouvait s\u2019en prendre qu\u2019\u00e0 lui-m\u00eame.<\/p>\n<p class=\"p2\">La guerre de 1980-1988 dans laquelle le pr\u00e9sident iraquien s\u2019\u00e9tait lanc\u00e9 contre l\u2019Iran avait vid\u00e9 les caisses de son pays et l\u2019avait lourdement endett\u00e9 aupr\u00e8s de ses\u00a0voisins, notamment le Kowe\u00eft. Et\u00a0lorsque Saddam Hussein exigea du Kowe\u00eft et des autres \u00c9tats de la r\u00e9gion du golfe Persique qu\u2019ils effacent la dette, ils refus\u00e8rent.<\/p>\n<p class=\"p2\">Le Kowe\u00eft avait d\u00e9cid\u00e9 de d\u00e9sob\u00e9ir, et cela attisa les tensions caus\u00e9es par un diff\u00e9rend territorial de longue date, o\u00f9 le pays \u00e9tait accus\u00e9 de voler le p\u00e9trole iraquien en forant en diagonale sous la fronti\u00e8re. Saddam Hussein d\u00e9cida donc d\u2019envahir son petit voisin afin de mettre la main sur ses importantes r\u00e9serves de p\u00e9trole.<\/p>\n<p class=\"p2\">Le 2\u00a0aout 1990, vers 2\u00a0h, plus de 100\u2009000\u00a0soldats et 700\u00a0chars iraquiens franchirent la fronti\u00e8re du Kowe\u00eft. La guerre du Golfe avait commenc\u00e9.<\/p>\n<p class=\"p1\"><b>Pr\u00eats \u00e0 plonger dans l\u2019action?<\/b><\/p>\n<p class=\"p1\">La le\u00e7on la plus importante de la guerre du Golfe pour les Canadiens fut peut-\u00eatre l\u2019incapacit\u00e9 de la marine, de l\u2019aviation, de l\u2019arm\u00e9e de terre et des services m\u00e9dicaux du pays \u00e0 participer \u00e0 une guerre sans pr\u00e9paration pr\u00e9alable.<\/p>\n<p class=\"p2\">Les navires de guerre et les h\u00e9licopt\u00e8res maritimes du Canada eurent besoin d\u2019importants travaux de<br \/>\nr\u00e9armement et ses esca-<br \/>\ndrons de chasse devaient \u00eatre renforc\u00e9s avant de pouvoir y prendre part. Les unit\u00e9s m\u00e9dicales furent d\u00e9pouill\u00e9es de leurs m\u00e9decins pour pourvoir en personnel les h\u00f4pitaux de campagne d\u00e9ploy\u00e9s. Et le 4<sup>e<\/sup>\u00a0Groupe-brigade m\u00e9canis\u00e9 du Canada, la brigade du pays bas\u00e9e en Allemagne, qui\u00a0\u00e9tait aux premi\u00e8res lignes de l\u2019OTAN depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es\u00a01950, o\u00f9 elle se tenait pr\u00eate \u00e0 att\u00e9nuer une \u00e9ventuelle avanc\u00e9e sovi\u00e9tique, fut estim\u00e9e incapable de participer sans des mises \u00e0 niveau couteuses et fastidieuses.<\/p>\n<p class=\"p2\">Les 20\u2009000\u00a0membres des forces arm\u00e9es kowe\u00eftiennes lutt\u00e8rent vaillamment, mais ne r\u00e9sist\u00e8rent qu\u2019environ 14\u00a0heures, bien que quelques soldats aient poursuivi le combat pendant les 36\u00a0heures suivantes. Le bilan? La mort de quelque 4\u2009200\u00a0Kowe\u00eftiens.<\/p>\n<p class=\"p2\">Le palais de Dasman, r\u00e9sidence de l\u2019\u00e9mir Jabir al-Ahmad al-Jabir al-Sabah, tomba au bout de plusieurs heures de combat muscl\u00e9 au corps \u00e0 corps. Le souverain du Kowe\u00eft, son cabinet et les principaux membres de sa famille s\u2019enfuirent en Arabie saoudite o\u00f9 ils \u00e9tablirent un gouvernement en exil.<\/p>\n<p class=\"p2\">Environ 350\u2009000\u00a0r\u00e9fugi\u00e9s les y rejoignirent. Heureusement, le mi-nistre kowe\u00eftien des Finances r\u00e9ussit \u00e0 prendre le contr\u00f4le de quelque 100\u00a0milliards de $ \u00e9tasuniens d\u2019actifs \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, sur lesquels Saddam Hussein ne put faire main basse.<\/p>\n<p class=\"p2\">La condamnation internationale ne se fit pas attendre, y compris de la part d\u2019autres \u00c9tats \u00e0 pr\u00e9dominance arabe. Avec cette attaque de Saddam Hussein, c\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois dans l\u2019histoire moderne qu\u2019une nation arabe en envahissait une autre.<\/p>\n<p class=\"p2\">Le 2\u00a0aout, le Conseil de s\u00e9curit\u00e9 des Nations Unies adopta \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 une r\u00e9solution d\u00e9non\u00e7ant l\u2019invasion par l\u2019Iraq et exigeant son retrait du pays. Quatre jours plus tard, l\u2019ONU interdit tout commerce avec l\u2019Iraq.<\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img decoding=\"async\" class=\"wp-image-6785 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/ISC90-2104A.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"517\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/ISC90-2104A.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/ISC90-2104A-300x194.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/ISC90-2104A-768x496.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Les navires de guerre canadiens Athabaskan, Protecteur et Terra Nova effectuent un r\u00e9approvisionnement dans le golfe Persique en septembre 1990. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>MDN<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p2\">Malgr\u00e9 les sanctions, on craignait que l\u2019Iraq n\u2019envahisse \u00e9galement l\u2019Arabie saoudite, ce qui auraite contr\u00f4le de plus de 65\u00a0% des r\u00e9serves de p\u00e9trole av\u00e9r\u00e9es du monde. Le roi Fahd d\u2019Arabie saoudite demanda donc aux \u00c9tats-Unis d\u2019envoyer des soldats dans son pays. Le 7\u00a0aout, le pr\u00e9sident am\u00e9ricain George H.W. Bush lan\u00e7a l\u2019op\u00e9ration <i>Desert Shield<\/i> pour d\u00e9courager toute nouvelle agression iraquienne. Pendant ce temps, Saddam Hussein avait port\u00e9 sa force d\u2019occupation au Kowe\u00eft \u00e0\u00a0quelque 300\u2009000\u00a0soldats.<\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img decoding=\"async\" class=\"wp-image-6784 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/19960062-008.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"597\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/19960062-008.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/19960062-008-300x224.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/19960062-008-768x573.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/19960062-008-400x300.jpg 400w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Un ravitaillement en carburant d\u2019un CF-18 pendant le\u00a0conflit, par l\u2019artiste Ted Zuber. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Ted Zuber\/MCG\/19960062-008<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\">Le regroupement des forces d\u2019une coalition sous les Am\u00e9ricains commen\u00e7a le 7\u00a0aout. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, le Canada occupait un si\u00e8ge tr\u00e8s pris\u00e9 au Conseil de s\u00e9curit\u00e9 des Nations Unies et on pr\u00e9voyait que le pays endosserait un r\u00f4le de\u00a0maintien de la paix une fois les hostilit\u00e9s termin\u00e9es. \u00c0 la m\u00eame \u00e9poque, le pr\u00e9sident Bush invita le\u00a0premier ministre Brian Mulroney \u00e0 la Maison-Blanche pour lui montrer les donn\u00e9es brutes de la CIA sur le Kowe\u00eft. Ce qu\u2019il vit l\u2019inqui\u00e9ta.<\/p>\n<p class=\"p1\">M.\u00a0Mulroney dit \u00e0 M.\u00a0Bush que les \u00c9tats-Unis devaient d\u2019abord obtenir du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019ONU qu\u2019il autorise le recours \u00e0 la\u00a0force pour s\u2019assurer que d\u2019autres pays soutiendraient cette initiative. Chose faite, une coalition militaire de 35\u00a0pays fut cr\u00e9\u00e9e, dont plusieurs pays arabes. C\u2019\u00e9tait la plus grande alliance de ce type depuis la Seconde Guerre mondiale. Ses membres ne fournirent pas tous des ressources militaires; certains impos\u00e8rent des sanctions \u00e9conomiques ou mirent un terme \u00e0 l\u2019aide qu\u2019ils apportaient \u00e0 l\u2019Iraq.<\/p>\n<p class=\"p1\">Le 12\u00a0aout, les navires de la coalition lanc\u00e8rent un blocus naval de l\u2019Iraq.<\/p>\n<p class=\"p1\">M.\u00a0Mulroney annon\u00e7a que les Forces canadiennes soutiendraient l\u2019alliance. Le Canada prendrait part\u00a0au blocus avec les contretorpilleurs <i>Terra Nova<\/i> et <i>Athabaskan<\/i> et le ravitailleur <i>Protecteur<\/i>. Une intense activit\u00e9 s\u2019ensuivit \u00e0 Halifax pour pr\u00e9parer les navires \u00e0 l\u2019op\u00e9ration.<\/p>\n<p class=\"p1\">Les dirigeants de la Marine savaient que le r\u00f4le traditionnel de la Marine \u2014 soit la lutte anti-sous-marine en haute mer dans l\u2019Atlantique Nord \u2014 serait compl\u00e8tement boulevers\u00e9 dans le\u00a0golfe Persique. L\u00e0-bas, la Marine devrait se pr\u00e9parer \u00e0 mener des op\u00e9rations de combat anti-surface et anti-a\u00e9rien dans des eaux tropicales restreintes.<\/p>\n<p class=\"p1\">Cela voulait dire que les navires avaient besoin de nouveau mat\u00e9riel pour contrer toute menace. Heureusement, une grande partie de cet \u00e9quipement \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 stock\u00e9 pour les fr\u00e9gates de la classe Halifax qui \u00e9taient en construction et pour le programme de modernisation et de mise \u00e0 jour des destroyers de la classe Tribal. L\u2019armement anti-sous-marin fit\u00a0place au nouvel \u00e9quipement.<\/p>\n<p class=\"p1\">Des syst\u00e8mes d\u2019armes de combat rapproch\u00e9 Phalanx, des\u00a0distributeurs de paillettes de brouillage et des suites \u00e9lectroni-ques furent install\u00e9s. Ces derni\u00e8res \u00e9taient peut-\u00eatre celles qui avaient le plus d\u2019importance, car le syst\u00e8me BRAHMS britannique s\u00e9curisait la communication avec les marines britannique, australienne et n\u00e9erlandaise, tandis\u00a0qu\u2019un autre syst\u00e8me, pr\u00e9c\u00e9demment install\u00e9, communiquait avec la marine am\u00e9ricaine. Aucune autre marine ne poss\u00e9dait cette capacit\u00e9.<\/p>\n<p class=\"p1\">En plus de la nouvelle techno-logie, chaque navire transportait un\u00a0d\u00e9tachement de la 119<sup>e<\/sup>\u00a0batterie de d\u00e9fense a\u00e9rienne de l\u2019arm\u00e9e, \u00e9quip\u00e9e de missiles antia\u00e9riens basse altitude Javelin acquis r\u00e9cemment. Un ancien syst\u00e8me d\u2019armes fut \u00e9galement install\u00e9\u00a0: des canons antia\u00e9riens \u00e0 commande manuelle Bofors de 40\u00a0mm qui dataient de la Seconde Guerre mondiale et prenaient la poussi\u00e8re dans les stocks depuis les ann\u00e9es\u00a01980.<\/p>\n<p class=\"p1\">Cinq h\u00e9licopt\u00e8res\u00a0CH-124 Sea King du 423<sup>e<\/sup>\u00a0Escadron d\u2019h\u00e9licopt\u00e8res anti-sous-marins \u00e9taient \u00e9galement \u00e0 bord de la flottille. Onze installations ou mises \u00e0 niveau de syst\u00e8mes les avaient pr\u00e9par\u00e9s au golfe, notamment des infrarouges tourn\u00e9s vers l\u2019avant, des syst\u00e8mes de g\u00e9olocalisation et des disposi-tifs de d\u00e9tection de la menace.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"p1\">\u00ab\u00a0C\u2019\u00e9tait bel et bien une guerre\u00a0\u00bb, malgr\u00e9 le refus du gouvernement canadien de la classer comme telle.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"p1\">Un r\u00e9\u00e9quipement qui aurait pris 18\u00a0mois en temps de paix avait \u00e9t\u00e9\u00a0achev\u00e9 en quelques jours seulement.<\/p>\n<p class=\"p1\">Sous les ordres du commodore Ken Summers, la force op\u00e9rationnelle quitta Halifax en direction du golfe le 24\u00a0aout. Les navires se livr\u00e8rent \u00e0 plusieurs exercices de formation en chemin. Ils arriv\u00e8rent \u00e0 Bahre\u00efn le 27\u00a0septembre.<\/p>\n<p class=\"p1\">Le commodore Summers avait d\u00e9cid\u00e9 que le meilleur endroit d\u2019o\u00f9 ses navires pourraient mener \u00e0 bien leur mission \u00e9tait au centre du golfe Persique, au nord-est de Bahre\u00efn, lieu de la zone arri\u00e8re la plus sure de la mer d\u2019Arabie. Quatre jours plus tard, le 1<sup>er<\/sup>\u00a0octobre, le <i>Terra Nova<\/i> et l\u2019<i>Athabaskan<\/i> entam\u00e8rent les op\u00e9rations d\u2019interception et d\u2019inspection. Ils en men\u00e8rent plus de 100 au cours de la premi\u00e8re semaine.<\/p>\n<p class=\"p3\"><b>Le 14\u00a0septembre<\/b>, alors que les navires \u00e9taient en route vers le golfe, M.\u00a0Mulroney annon\u00e7a une contribution suppl\u00e9mentaire \u00e0 la coalition. Le Canada enverrait un escadron d\u2019avions de chasse\u00a0CF-18 Hornet qui servirait de couverture a\u00e9rienne pour les b\u00e2timents de guerre canadiens et pourrait intercepter ceux de l\u2019arm\u00e9e de l\u2019air iraquienne hors de l\u2019espace a\u00e9rien de l\u2019Iraq.<\/p>\n<p class=\"p1\">Avec cela, le commodore Summers re\u00e7ut l\u2019ordre de d\u00e9barquer \u00e0 Manamah, au Bahre\u00efn, pour commander le tout premier quartier g\u00e9n\u00e9ral interarm\u00e9es d\u00e9ploy\u00e9 par le Canada. Le capitaine Duncan Miller prit alors le commandement de la\u00a0force op\u00e9rationnelle navale.<\/p>\n<p class=\"p1\">Au cours des deux mois qui <span class=\"s1\">suivirent, les trois navires canadiens <\/span>effectu\u00e8rent plus du quart des <span class=\"s1\">inspections de cargaisons et de navires soup\u00e7onn\u00e9s de tenter de forcer le blocus de la coalition, bien qu&#8217;ils n&#8217;aient repr\u00e9sent\u00e9 que 10\u00a0% des for-ces navales qui y \u00e9taient assign\u00e9es.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">Dans les airs, les Hornet provenaient du 409<sup>e<\/sup>\u00a0Escadron d\u2019appui tactique de la base canadienne de Baden-Soellingen, en Allemagne. Pour fournir un escdron de 16\u00a0CF-18 fonctionnels, les Hornet suppl\u00e9mentaires et le personnel attach\u00e9 au 409<sup>e<\/sup>\u00a0Escadron venaient des 421<sup>e<\/sup> et\u00a0439<sup>e<\/sup>\u00a0escadrons de chasse tactique, \u00e9galement bas\u00e9s \u00e0 Baden-Soellingen.<\/p>\n<p class=\"p1\"><b>Joyeux Halloween!<\/b><\/p>\n<p class=\"p1\">Lorsque le cultivateur Howard Dill de Windsor, en Nouvelle-\u00c9cosse, offrit \u00e0 la marine une citrouille de 350\u00a0livres pour les marins du golfe Persique, il fut rapidement pris au mot. Les cuistots du NCSM <i>Protecteur<\/i> la sculpt\u00e8rent joliment, puis elle fut charg\u00e9e dans un Sea King et illumin\u00e9e par chimioluminescence. Elle fut ensuite transport\u00e9e lors d\u2019un \u00ab\u00a0vol d\u2019entrainement\u00a0\u00bb autour des navires de la coalition dans le golfe central pour le plus grand plaisir de\u00a0leurs \u00e9quipages. Le capitaine canadien Duncan Miller qui supervisait la force op\u00e9rationnelle navale re\u00e7ut plusieurs messages disant peu\u00a0ou prou \u00ab\u00a0Vous \u00eates fous, les Canadiens!\u00a0\u00bb<\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6786 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Desert-Cats.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"495\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Desert-Cats.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Desert-Cats-300x186.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Desert-Cats-768x475.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Un escadron des Forces canadiennes comprenant les 416e et 439e\u00a0escadrons, collectivement appel\u00e9s Desert Cats en raison des f\u00e9lins sur leurs insignes respectifs, fut d\u00e9ploy\u00e9 dans le golfe Persique \u00e0 la fin de 1990. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>ARC<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\">Les forces a\u00e9riennes comptaient quelques Hercules du 436<sup>e<\/sup>\u00a0Escadron de transport et un Boeing\u00a0CC-137 du 437<sup>e<\/sup>\u00a0Escadron de transport pour transporter les fournitures que le Canada envoya en Allemagne entre le 20 et le 24\u00a0septembre. Le d\u00e9ploiement de l\u2019arm\u00e9e de l\u2019air au Moyen-Orient commen\u00e7a le 4\u00a0octobre, et le dernier des Hornet arriva le 12\u00a0octobre. Ils lanc\u00e8rent leurs patrouilles a\u00e9riennes de combat deux jours apr\u00e8s.<\/p>\n<p class=\"p1\">Les Hornet utilisaient des a\u00e9rodromes \u00e0 Doha, au Qatar, surnomm\u00e9s Canada Dry\u00a01 et Canada Dry\u00a02. Ils furent rejoints par un Boeing\u00a0707 de ravitaillement a\u00e9rien, tandis que le soutien sur le th\u00e9\u00e2tre des op\u00e9rations \u00e9tait fourni par le 1<sup>er<\/sup>\u00a0Escadron de maintenance (Air) de Baden-Soellingen. Les avions de combat surveillaient les lignes de la coalition pour intercepter les avions iraquiens qui s\u2019en approchaient trop et fournissaient parfois une couverture a\u00e9rienne aux navires de la coalition.<\/p>\n<p class=\"p1\">La s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 Doha \u00e9tait initialement assur\u00e9e par 118\u00a0soldats de la compagnie \u00ab\u00a0M\u00a0\u00bb du 3<sup>e<\/sup>\u00a0bataillon du Royal Canadian Regiment de Baden-Soellingen. La compagnie construisit des positions de d\u00e9fense et des postes d\u2019observation et \u00e9rigea<\/p>\n<p class=\"p1\">des cl\u00f4tures. Le Canada exp\u00e9dia des v\u00e9hicules de transport de troupes blind\u00e9s Grizzly pour faciliter les patrouilles et les contr\u00f4les de s\u00e9curit\u00e9 de nuit.<\/p>\n<p class=\"p1\">En novembre, l\u2019ONU donna \u00e0 l\u2019Iraq jusqu\u2019au 15\u00a0janvier 1991 pour retirer ses troupes et autorisa tous les moyens n\u00e9cessaires pour faire respecter ledit retrait. Le mois suivant, des soldats de la compagnie \u00ab\u00a0C\u00a0\u00bb du 1<sup>er<\/sup>\u00a0bataillon du Royal 22<sup>e<\/sup>\u00a0r\u00e9giment bas\u00e9 \u00e0 Lahr, en Allemagne, remplac\u00e8rent le Royal Canadian \u00e0 Doha. (Apr\u00e8s le d\u00e9but de la bataille terrestre, ils gard\u00e8rent \u00e9galement des prisonniers de guerre iraquiens.)<\/p>\n<p class=\"p1\">Le 409<sup>e<\/sup>\u00a0Escadron fut remplac\u00e9 plus tard cette ann\u00e9e-l\u00e0 par un nouvel escadron compos\u00e9 d\u2019escadrons d\u2019appui tactique du 416<sup>e<\/sup> et du 439<sup>e<\/sup> de Cold Lake, en Alberta, et de Baden-Soellingen. Les 24\u00a0Hornet de l\u2019unit\u00e9 combin\u00e9e furent vite surnomm\u00e9s \u00ab\u00a0Desert Cats\u00a0\u00bb d\u2019apr\u00e8s les f\u00e9lins sur leurs insignes d\u2019escadron respectifs.<\/p>\n<p class=\"p1\">L\u2019op\u00e9ration <i>Broadsword<\/i> \u00e9tait un plan de contingence de l\u2019arm\u00e9e canadienne visant \u00e0 envoyer un groupe-brigade ind\u00e9pendant rejoindre les forces terrestres de la coalition, au cas o\u00f9 il aurait \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire de lib\u00e9rer le Kowe\u00eft. Il \u00e9tait principalement constitu\u00e9 du 4<sup>e<\/sup>\u00a0Groupe-brigade m\u00e9canis\u00e9 du Canada (4 GBMC) provenant d\u2019Allemagne, avec des renforts substantiels du pays.<\/p>\n<p class=\"p1\">Un troisi\u00e8me bataillon d\u2019infanterie m\u00e9canis\u00e9e et un quatri\u00e8me escadron de chars devaient \u00eatre en renfort. Un examen de la faisabilit\u00e9 de ce d\u00e9ploiement fut achev\u00e9 le 13\u00a0novembre. Il mettait en \u00e9vidence plusieurs probl\u00e8mes qui minaient l\u2019arm\u00e9e depuis les ann\u00e9es\u00a01970, notamment des enjeux li\u00e9s \u00e0 la logistique et au soutien m\u00e9dical, ainsi que des difficult\u00e9s \u00e0 soutenir la mission jusqu\u2019\u00e0 sa bonne fin. Ces derni\u00e8res portaient sur l\u2019emploi de r\u00e9servistes de l\u2019arm\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"p1\">Si la brigade \u00e9tait maintenue sur le th\u00e9\u00e2tre des op\u00e9rations pendant plus de six mois, il faudrait faire appel \u00e0 des miliciens. Toutefois, sans l\u00e9gislation sur la protection de l\u2019emploi qui garantirait leur emploi dans le civil apr\u00e8s la guerre, les r\u00e9servistes ne s\u2019engageraient pas dans l\u2019op\u00e9ration.<\/p>\n<p class=\"p1\">Bien qu\u2019il semble que les<br \/>\n\u00c9tats-Unis aient par la suite demand\u00e9 \u00e0 l\u2019arm\u00e9e canadienne de\u00a0parti-ciper \u00e0 la lib\u00e9ration du Kowe\u00eft, l\u2019examen des capacit\u00e9s pour ce faire indiqua qu\u2019il faudrait augmenter l\u2019\u00e9quipement et les capacit\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"p1\">L\u2019op\u00e9ration <i>Broadsword <\/i>sembla rester en suspens jusqu\u2019\u00e0 la mi-janvier\u00a01991, lorsque le ministre de la D\u00e9fense, Bill McKnight, informa les m\u00e9dias que le Canada n\u2019avait pas l\u2019intention d\u2019envoyer une brigade au golfe. Or, il \u00e9tait alors trop tard, car la phase suivante de la guerre du Golfe \u00e9tait sur le point de commencer.<\/p>\n<p class=\"p1\">L\u2019Iraq fit fi de la date butoir impos\u00e9e par l\u2019ONU pour le retrait de\u00a0ses forces du Kowe\u00eft. La coalition lan\u00e7a donc une vaste campagne a\u00e9rienne le 16\u00a0janvier dans le cadre de l\u2019op\u00e9ration<i> Temp\u00eate du d\u00e9sert<\/i>.<\/p>\n<p class=\"p1\">Au d\u00e9but, les Desert Cats du Canada effectuaient des patrouilles de combat, surtout au-dessus du\u00a0golfe pour prot\u00e9ger les navires de la coalition contre les avions et\u00a0les vedettes rapides de l\u2019Iraq. (Cf.\u00a0\u00ab\u00a0Heroes and Villains\u00a0\u00bb, page\u00a022.) La zone de leurs patrouilles se trouvait<\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6787 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/19960062-006.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"601\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/19960062-006.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/19960062-006-300x225.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/19960062-006-768x577.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/19960062-006-400x300.jpg 400w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Ted Zuber, artiste, d\u00e9peint la base a\u00e9rienne canadienne de Doha, au Qatar. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Ted Zuber\/MCG\/19960062-006<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\">\u00e0 environ 500\u00a0kilom\u00e8tres des bases a\u00e9riennes de Doha.<\/p>\n<p class=\"p1\"><b>Tableau d\u2019honneur<\/b><\/p>\n<p class=\"p1\">La guerre du Golfe donna lieu au premier honneur de bataille du Canada depuis la guerre de Cor\u00e9e, et \u00e0 son premier honneur bilingue. Gulf and Kowe\u00eft\/Golfe et Kowe\u00eft fut d\u00e9cern\u00e9 aux NCSM <i>Terra Nova<\/i>, <i>Athabaskan<\/i> et <i>Protecteur<\/i>, ainsi qu\u2019au 439<sup>e<\/sup>\u00a0escadron d\u2019appui tactique et au 423<sup>e<\/sup>\u00a0escadron d\u2019h\u00e9licopt\u00e8res anti-sous-marins. Pour le r\u00f4le qu\u2019il joua en tant que renfort substantiel du 439<sup>e<\/sup>\u00a0Escadron gr\u00e2ce \u00e0 ses avions et \u00e0 ses pilotes, le 416<sup>e<\/sup>\u00a0Escadron obtint la reconnaissance en tant que distinction honorifique, tout comme le 437<sup>e<\/sup>\u00a0Escadron de transport.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-large wp-image-6790\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/gulf-kuwait-medal-300-394x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"394\" height=\"1024\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/gulf-kuwait-medal-300-394x1024.jpg 394w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/gulf-kuwait-medal-300-115x300.jpg 115w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/gulf-kuwait-medal-300.jpg 400w\" sizes=\"(max-width: 394px) 100vw, 394px\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-6791\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/gulf-kuwait-medal-back-300.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" height=\"672\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/gulf-kuwait-medal-back-300.jpg 400w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/gulf-kuwait-medal-back-300-179x300.jpg 179w\" sizes=\"(max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6788 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Screenshot-2025-10-14-at-1.36.40-PM.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"534\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Screenshot-2025-10-14-at-1.36.40-PM.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Screenshot-2025-10-14-at-1.36.40-PM-300x200.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Screenshot-2025-10-14-at-1.36.40-PM-768x513.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Un avion de transport\u00a0CC-137 \u00e0 la t\u00eate de quelques CF-18 au-dessus d\u2019Ottawa \u00e0 leur retour de la guerre du Golfe, en f\u00e9vrier 1991 (ci-dessus) <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Norm Marion\/ARC<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p2\">Le Canada d\u00e9cerna la M\u00e9daille du Golfe et du Kowe\u00eft \u00e0 ceux qui avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9ploy\u00e9s au golfe ou qui y avaient soutenu les op\u00e9rations pour r\u00e9compenser les militaires individuellement. La m\u00e9daille fut d\u00e9cern\u00e9e aux employ\u00e9s pendant la phase de mont\u00e9e en puissance, tandis qu\u2019une barre fut ajout\u00e9e pour ceux qui avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9ploy\u00e9s pendant la guerre elle-m\u00eame. \u00c0 la fin d\u00e9cembre 2024, 4\u2009459\u00a0m\u00e9dailles et 3\u2009207\u00a0barres avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9cern\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"p2\">Le Kowe\u00eft et l\u2019Arabie saoudite d\u00e9cern\u00e8rent \u00e9galement des m\u00e9dailles pour\u00a0la lib\u00e9ration du Kowe\u00eft. Bien que les soldats canadiens puissent accepter ces m\u00e9dailles, ils ne sont pas autoris\u00e9s \u00e0 les porter sur l\u2019uniforme, car seule la m\u00e9daille canadienne l\u2019est.<\/p>\n<p class=\"p1\">Les Canadiens commenc\u00e8rent \u00e0 effectuer des missions d\u2019escorte a\u00e9rienne une semaine apr\u00e8s le d\u00e9but de la guerre. Il s\u2019agissait de mener de gros groupes de chasseurs-bombardiers vers leurs cibles en Iraq et de repousser tout avion iraquien qui les attaquerait.<\/p>\n<p class=\"p1\">Par ailleurs, au d\u00e9but de la <i>Temp\u00eate du d\u00e9sert<\/i>, le Canada annon\u00e7a qu\u2019il fournirait un h\u00f4pital de campagne de la base des Forces canadiennes Petawawa, au lieu de quatre GBMC. L\u2019h\u00f4pital devait accueillir le grand nombre pr\u00e9vu de victimes de la phase d\u2019assaut terrestre.<\/p>\n<p class=\"p1\">Selon un rapport du minist\u00e8re de la D\u00e9fense et des Forces canadiennes intitul\u00e9 \u00ab\u00a0The Total Force Experiment\u00a0\u00bb (L\u2019exp\u00e9rience force totale, NDT), l\u2019\u00e9tat du syst\u00e8me m\u00e9dical des Forces canadiennes faisait en sorte qu\u2019on ne comptait que neuf chirurgiens et neuf anesth\u00e9sistes dans l\u2019ensemble des FC. Les ambulances de campagne de la milice demand\u00e8rent des volontaires, mais en vain, principalement en raison du manque de l\u00e9gislation sur la protection de l\u2019emploi \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Le rapport poursuit en expliquant que l\u2019ensemble des FC avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9pouill\u00e9 de tous ses m\u00e9decins pendant la dur\u00e9e du conflit afin que l\u2019h\u00f4pital de campagne puisse \u00eatre op\u00e9rationnel.<\/p>\n<p class=\"p1\">Dans le cadre de l\u2019op\u00e9ration <i>Scalpel<\/i>, 530\u00a0membres du personnel \u00e9tablirent l\u2019h\u00f4pital pr\u00e8s de la fronti\u00e8re kowe\u00eftienne, au nord-est de l\u2019Arabie saoudite. Il devint pleinement op\u00e9rationnel le\u00a025\u00a0f\u00e9vrier et fut attach\u00e9 \u00e0 l\u2019arm\u00e9e britannique derri\u00e8re la premi\u00e8re division blind\u00e9e du Royaume-Uni. Au final, les pertes anticip\u00e9es ne se sont jamais concr\u00e9tis\u00e9es, mais l\u2019h\u00f4pital traita \u00e0 la fois des bless\u00e9s de la coalition et des bless\u00e9s iraquiens. Il fut ferm\u00e9 le 4\u00a0mars, peu de temps apr\u00e8s la fin des combats.<\/p>\n<p class=\"p1\">Le r\u00f4le des navires canadiens changea au d\u00e9but de la <i>Temp\u00eate du d\u00e9sert<\/i>. Le capitaine Miller re\u00e7ut le contr\u00f4le tactique du service logistique de la coalition (SLC), le seul officier de marine non am\u00e9ricain \u00e0 qui fut attribu\u00e9e une responsabilit\u00e9 de commandant de guerre. Les quelque 60\u00a0navires multinationaux du SLC, qui op\u00e9raient dans une zone surnomm\u00e9e le Palais des pachydermes, coordonnaient le r\u00e9approvision-nement des navires de combat de premi\u00e8re ligne en carburant, munitions et pi\u00e8ces de rechange.<\/p>\n<p class=\"p1\">Les navires canadiens effectuaient plusieurs t\u00e2ches. Par exemple, lorsque le cuirass\u00e9 USS <i>Princeton<\/i> heurta deux mines au large du Kowe\u00eft, l\u2019<i>Athabaskan<\/i>, \u00e9quip\u00e9 d\u2019un sonar d\u2019\u00e9vitement de mines, l\u2019escorta jusqu\u2019\u00e0 un lieu de refuge. Le\u00a0<i>Protecteur<\/i>, qui fut l\u2019un des navires de soutien op\u00e9rationnel les plus occup\u00e9s, effectua le r\u00e9approvision-nement de 70\u00a0navires de 10\u00a0pays. Quant au <i>Terra Nova<\/i>, il accomplit plus de missions d\u2019escorte que tout autre navire militaire de la coalition dans le d\u00e9troit d\u2019Ormuz.<\/p>\n<p class=\"p1\">Le capitaine Miller \u00e9crivit <i>The Persian Excursion\u00a0: The Canadian Navy in the Gulf War<\/i> (L\u2019excursion perse\u00a0: La Marine canadienne \u00e0 la\u00a0guerre du Golfe) apr\u00e8s la guerre, en collaboration avec Sharon Hobson, correspondante militaire. Vice-amiral alors \u00e0 la retraite, il estimait que la guerre avait ouvert la voie \u00e0 de nombreuses m\u00e9thodes que la marine utilise<\/p>\n<p class=\"p1\">de nos jours. \u00ab\u00a0Et, dit-il,\u00a0c\u2019\u00e9tait bel et bien une guerre\u00a0\u00bb, malgr\u00e9 le refus du gouvernement canadien de la classer comme telle.<\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Revenons \u00e0 la fin f\u00e9vrier. Alors que la coalition se pr\u00e9parait \u00e0 l\u2019offensive <\/span>terrestre, les Desert Cats endoss\u00e8rent un nouveau r\u00f4le\u00a0: le bombardement de l\u2019arm\u00e9e iraquienne. Pour cette mission, il fallait retirer deux r\u00e9servoirs de carburant de l\u2019avion et r\u00e9duire le nombre de missiles \u00e0 bord afin de pouvoir transporter des bombes de 8\u2009500\u00a0livres.<\/p>\n<p class=\"p1\">Les Hornet canadiens en largu\u00e8rent pour plus de 100\u00a0tonnes au cours de l\u2019offensive terrestre qui dura du 24 au 28\u00a0f\u00e9vrier 1991. C\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois depuis la guerre de\u00a0Cor\u00e9e que des pilotes canadiens participaient \u00e0 des attaques air-sol.<\/p>\n<p class=\"p1\">L\u2019offensive terrestre de la coalition fut rapide. Elle s\u2019acheva par un cessez-le-feu dont l\u2019Iraq accepta les termes le 3\u00a0mars.<\/p>\n<p class=\"p1\">Il convient de noter qu\u2019en plus des unit\u00e9s a\u00e9riennes, navales et m\u00e9dicales canadiennes concern\u00e9es, environ 40\u00a0membres des Forces arm\u00e9es canadiennes avaient servi dans le cadre de missions d\u2019\u00e9change avec des unit\u00e9s britanniques, am\u00e9ricaines et fran\u00e7aises participant au conflit.<\/p>\n<p class=\"p1\">Des civils canadiens jou\u00e8rent \u00e9galement un r\u00f4le important au Kowe\u00eft apr\u00e8s la guerre. Plusieurs prirent part \u00e0 l\u2019extinction d\u2019incendies de p\u00e9trole d\u00e9clench\u00e9s par les forces iraquiennes pendant leur retrait. Plus de 600\u00a0puits de p\u00e9trole avaient \u00e9t\u00e9 incendi\u00e9s dans le but de ralentir l\u2019avanc\u00e9e des Alli\u00e9s et de d\u00e9truire l\u2019infrastructure p\u00e9troli\u00e8re du Kowe\u00eft. La soci\u00e9t\u00e9 Safety Boss de Calgary colmata un grand nombre de puits de p\u00e9trole et \u00e9teignit le dernier incendie en novembre 1991.<\/p>\n<p class=\"p1\">Les FAC continu\u00e8rent \u00e9galement de fournir des troupes dans la r\u00e9gion pendant encore 10\u00a0ans dans le cadre de la Mission d\u2019observation des Nations Unies pour l\u2019Iraq et le Kowe\u00eft. Son objectif \u00e9tait de surveiller la zone frontali\u00e8re d\u00e9militaris\u00e9e, de dissuader les violations frontali\u00e8res et de signaler les actions hostiles.<\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6789 size-large\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/at-war-in-the-persian-gulf-667x1000-1-683x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"683\" height=\"1024\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/at-war-in-the-persian-gulf-667x1000-1-683x1024.jpg 683w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/at-war-in-the-persian-gulf-667x1000-1-200x300.jpg 200w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/at-war-in-the-persian-gulf-667x1000-1-768x1151.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/at-war-in-the-persian-gulf-667x1000-1.jpg 800w\" sizes=\"(max-width: 683px) 100vw, 683px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>La guerre du Golfe a marqu\u00e9 la premi\u00e8re participation de femmes au combat dans les Forces canadiennes. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>MDN<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\"><strong><span class=\"s1\">Environ 4\u2009500 membres des FAC servirent lors de la guerre du Golfe; aucun ne fut tu\u00e9 au combat.<\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"p1\">La plus grande contribution canadienne apr\u00e8s la guerre vint des\u00a0sapeurs de combat. Ils se virent confier plusieurs t\u00e2ches entre avril 1991 et mars 1993, mais leur travail principal \u00e9tait le d\u00e9minage et l\u2019\u00e9limination des munitions non explos\u00e9es. Le Canada fournit \u00e9galement cinq observateurs \u00e0\u00a0la mission des Nations Unies et sa marine fournit un navire de guerre de mani\u00e8re irr\u00e9guli\u00e8re pour servir au maintien de l\u2019embargo des Nations Unies contre l\u2019Iraq.<\/p>\n<p class=\"p1\">La mission de l\u2019ONU prit fin en mars 2003, lorsque l\u2019organisation ordonna aux observateurs de quitter le pays en raison de risques pour la s\u00e9curit\u00e9. La guerre d\u2019Iraq commen\u00e7a apr\u00e8s.<\/p>\n<p class=\"p3\"><b>Environ 4\u2009500\u00a0membres <\/b>des FAC servirent lors de la guerre du Golfe; aucun ne fut tu\u00e9 au combat. C\u2019\u00e9tait aussi la premi\u00e8re fois que des Canadiennes avaient des r\u00f4les actifs au combat. Peu apr\u00e8s la fin de la guerre, plusieurs v\u00e9t\u00e9rans du\u00a0conflit, du Canada ou d\u2019ailleurs, se plaignirent d\u2019une maladie chronique \u00e0 laquelle les m\u00e9dias donn\u00e8rent le nom de \u00ab\u00a0syndrome de la guerre du Golfe\u00a0\u00bb. Elle se caract\u00e9risait par un large \u00e9ventail de sympt\u00f4mes inexpliqu\u00e9s, comme de la fatigue, des douleurs musculaires, des probl\u00e8mes cognitifs et des probl\u00e8mes gastro-intestinaux.<\/p>\n<p class=\"p1\">La cause exacte demeure inconnue et ne peut \u00eatre expliqu\u00e9e par les diagnostics m\u00e9dicaux et psychiatriques standard. Selon des\u00a0\u00e9tudes effectu\u00e9es dans nombre de pays, elle pourrait se cacher derri\u00e8re l\u2019exposition \u00e0 divers \u00e9l\u00e9ments, tels que des agents de guerre chimique, des pesticides et autres facteurs environnementaux. Bien que la recherche sur les causes se poursuive, la plupart des travaux se concentrent maintenant sur le soutien g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 la\u00a0sant\u00e9 des v\u00e9t\u00e9rans du conflit.<\/p>\n<p class=\"p1\">Le Canada n\u2019a pas officiellement d\u00e9clar\u00e9 la guerre \u00e0 l\u2019Iraq pendant les combats. Il a toutefois approuv\u00e9 la cr\u00e9ation d\u2019un honneur de bataille pour elle, et les sites Web du gouvernement, tels que ceux du minist\u00e8re de la D\u00e9fense et\u00a0d\u2019Anciens Combattants Canada, font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la \u00ab\u00a0guerre du Golfe\u00a0\u00bb. Pourtant, d\u2019anciens combattants ont fait pression sur les gouvernements successifs afin qu\u2019ils reclassent l\u2019op\u00e9ration contre l\u2019Iraq comme \u00e9tant entre une \u00ab\u00a0zone de service sp\u00e9cial\u00a0\u00bb et un \u00ab\u00a0service en temps de guerre\u00a0\u00bb. Un tel changement aurait de grandes cons\u00e9quen-ces symboliques et pratiques pour la reconnaissance des anciens combattants et leurs prestations.<\/p>\n<p class=\"p1\">Il convient de noter qu\u2019il a fallu attendre la fin des ann\u00e9es\u00a01980 pour que le gouvernement reclasse le conflit cor\u00e9en de 1950-53, longtemps connu sous le nom de guerre oubli\u00e9e, en guerre de Cor\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"p1\">Que le Canada n\u2019oublie pas ses guerriers du golfe Persique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pr\u00eats \u00e0 plonger dans l\u2019action?<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":6783,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-6782","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles-principaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6782","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6782"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6782\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6792,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6782\/revisions\/6792"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6783"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6782"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6782"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6782"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}