{"id":6739,"date":"2026-07-07T10:46:51","date_gmt":"2026-07-07T14:46:51","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/?p=6739"},"modified":"2026-07-07T10:51:01","modified_gmt":"2026-07-07T14:51:01","slug":"la-reprise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2026\/07\/la-reprise\/","title":{"rendered":"La Reprise"},"content":{"rendered":"<p class=\"p1\"><b>\u00a0Le 2 juin 1916<\/b>, le Corps canadien se relevait encore d\u2019une d\u00e9faite d\u00e9sastreuse survenue en avril aux\u00a0crat\u00e8res de Saint-Eloi. L\u00e0-bas, au saillant d\u2019Ypres, les sapeurs britanniques avaient fait exploser des charges souterraines pr\u00e8s du village de Saint-Eloi, cr\u00e9ant ainsi sept gros crat\u00e8res. L\u2019attaque du 27\u00a0mars qui s\u2019ensuivit, men\u00e9e par la 3<sup>e<\/sup> Division britannique, avait commenc\u00e9 de\u00a0mani\u00e8re prometteuse, avant de s\u2019effondrer sous les contratta-ques des Allemands. Lorsque la 2<sup>e<\/sup>\u00a0Division canadienne fut envoy\u00e9e occuper le terrain gagn\u00e9 pendant la nuit du 3 au 4\u00a0avril, elle fut d\u00e9cim\u00e9e et contrainte de se replier. Cela permit aux Allemands de reprendre tout le territoire qu\u2019ils avaient perdu. \u00c0 la fin de la bataille, le 16\u00a0avril, les Canadiens avaient subi 1\u00a0373 pertes et les Allemands, 483.<\/p>\n<p class=\"p2\">Le commandant du corps, le lieutenant-g\u00e9n\u00e9ral Edwin Alderson fut donc relev\u00e9 de ses fonctions le 28\u00a0mai par un compatriote britannique\u00a0: le lieutenant-g\u00e9n\u00e9ral Julian Byng. De retour de Gallipoli, Byng n\u2019\u00e9tait pas ravi d\u2019\u00eatre affect\u00e9 \u00e0 des coloniaux. Et nouveau dans l\u2019unit\u00e9, il devait\u00a0\u00e9valuer les forces et les faiblesses des Canadiens, ainsi que celles de\u00a0leurs comman-dants de division et de brigade. Heureusement, le saillant semblait relativement calme. Les Britanniques s\u2019attachaient surtout \u00e0 rassembler des soldats, des pi\u00e8ces d\u2019artillerie\u00a0et des munitions pour l\u2019offensive qu\u2019ils avaient l\u2019intention de lancer le 1<sup>er<\/sup>\u00a0juillet \u00e0 la\u00a0Somme, et les Allemands semblaient se contenter de laisser les lignes telles\u00a0quelles. Bien entendu, pour les soldats sur le terrain, le\u00a0silence ne r\u00e9gnait jamais. L\u2019incessant duel d\u2019artillerie avait fait quelque 2\u00a0000 victimes canadiennes rien qu\u2019en mai.<\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6741 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Kenneth_Forbes-The_Defence_of_Sanctuary_Wood_CWM_19880266-001.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"835\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Kenneth_Forbes-The_Defence_of_Sanctuary_Wood_CWM_19880266-001.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Kenneth_Forbes-The_Defence_of_Sanctuary_Wood_CWM_19880266-001-287x300.jpg 287w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Kenneth_Forbes-The_Defence_of_Sanctuary_Wood_CWM_19880266-001-768x802.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Le lieutenant-g\u00e9n\u00e9ral Julian\u00a0Byng (ci-contre), commandant du Corps canadiens. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>MDN\/BAC\/3213526<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p2\">Avec un printemps anormalement pluvieux et froid, les tranch\u00e9es \u00e9taient pleines de\u00a0boue.\u00a0Les\u00a0soldats des deux c\u00f4t\u00e9s\u00a0\u00e9taient dans un \u00e9tat lamentable. Les Canadiens surveillaient mal les activit\u00e9s des\u00a0Allemands en\u00a0face d\u2019eux, peut-\u00eatre par manque d\u2019exp\u00e9rience ou en raison du moral incertain des commandants du corps \u00e0 la suite du remaniement chaotique li\u00e9 \u00e0 la rel\u00e8ve d\u2019Alderson. Ils ne fortifiaient pas non plus leurs d\u00e9fenses, ne pr\u00e9paraient pas de zone de tir d\u2019artillerie, ni ne cr\u00e9aient de r\u00e9serves d\u2019interven-tion pouvant servir \u00e0 repousser les attaques de l\u2019ennemi.<\/p>\n<p class=\"p2\">Le front d\u00e9fendu par les Canadiens \u00e9tait \u00e0 la fois le plus vuln\u00e9rable et le plus strat\u00e9gique du saillant. C\u2019\u00e9tait le seul secteur de la cr\u00eate de l\u2019Observatoire encore aux mains des Alli\u00e9s, et celui qui s\u2019avan\u00e7ait le plus \u00e0 l\u2019est en territoire allemand. Il s\u2019\u00e9tendait sur environ 1\u00a0000 m\u00e8tres \u00e0 l\u2019est de Zwarteleen, pr\u00e8s de la colline\u00a060, et passait par le mont Sorrel et deux points l\u00e9g\u00e8rement plus \u00e9lev\u00e9s\u00a0: la colline\u00a061 et la colline\u00a062, cette derni\u00e8re \u00e9tant aussi appel\u00e9e Tor Top. Au nord, le sol s\u2019abaissait jusqu\u2019\u00e0 la route de Menin, tandis qu\u2019\u00e0 l\u2019ouest, la cr\u00eate de l\u2019Observatoire s\u2019\u00e9tendait sur 1\u00a0000 m\u00e8tres, du bois d\u2019Armagh au bois du Sanctuaire.<\/p>\n<p class=\"p2\">Le commandant de la 4<sup>e<\/sup> Arm\u00e9e allemande, le Generaloberst Albrecht, \u00e9tait d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 prendre ce terrain \u00e9lev\u00e9. S\u2019il parvenait \u00e0\u00a0s\u2019en emparer, en particulier de la\u00a0cr\u00eate de l\u2019Observatoire, il pourrait peut-\u00eatre forcer les Alli\u00e9s \u00e0\u00a0c\u00e9der tout le saillant. \u00c0 d\u00e9faut, la perte de ces hauteurs pourrait obliger les Alli\u00e9s \u00e0 \u00ab\u00a0maintenir une force aussi grande que possible au saillant d\u2019Ypres\u00a0\u00bb, comme\u00a0le d\u00e9clar\u00e8rent les Allemands, r\u00e9duisant ainsi la capacit\u00e9 des Britanniques \u00e0 entreprendre une offensive majeure ailleurs.<\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img decoding=\"async\" class=\"wp-image-6742 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/B5M774.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" height=\"448\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/B5M774.jpg 400w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/B5M774-268x300.jpg 268w\" sizes=\"(max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Le commandant de la 4e Arm\u00e9e allemande, le Generaloberst Albrecht (en haut \u00e0 gauche). <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>akg-images\/Alamy\/B5M774<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\">Albrecht, h\u00e9ri<span class=\"s1\">tier pr\u00e9somptif du tr\u00f4ne du royaume<\/span> de Wurtemberg,<br \/>\n\u00e9tait un soldat professionnel tr\u00e8s estim\u00e9. Le 13<sup>e<\/sup> Corps de la 4<sup>e<\/sup>\u00a0Arm\u00e9e qu\u2019il com<span class=\"s1\">mandait \u00e9tait de premier ordre, et ses 26<sup>e<\/sup>\u00a0et 27<sup>e<\/sup>\u00a0divisions de fantassins se pr\u00e9paraient <\/span>\u00e0 l\u2019attaque depuis six\u00a0semaines. Les ing\u00e9nieurs avaient creus\u00e9 des sapes de chaque c\u00f4t\u00e9 de Tor Top. Bien que les ing\u00e9nieurs allemands aient \u00e9t\u00e9 remarqu\u00e9s par les Alli\u00e9s et qu\u2019ils soient harcel\u00e9s par leur artillerie et leurs mitrailleuses, ils poursuivaient leurs travaux. \u00c0 la fin du mois de mai, les t\u00eates des sapes, qui ne se trouvaient plus qu\u2019\u00e0 environ 50 m\u00e8tres des lignes des Canadiens, \u00e9taient reli\u00e9es par une tranch\u00e9e lat\u00e9rale. Des travaux semblables furent identifi\u00e9s au sud du mont Sorrel.<\/p>\n<p class=\"p1\">Pendant ce temps, les observateurs a\u00e9riens alli\u00e9s rapportaient qu\u2019il y avait, pr\u00e8s de la route de\u00a0Menin, des fortifications factices ressemblant beaucoup aux d\u00e9fenses canadiennes de Tor\u00a0Top, et\u00a0qu\u2019elles semblaient pouvoir servir \u00e0 s\u2019exercer \u00e0 leur assaut. On\u00a0d\u00e9celait \u00e9galement des signes que des mortiers de tranch\u00e9e de gros calibre et autres pi\u00e8ces d\u2019artillerie normalement employ\u00e9s lors d\u2019op\u00e9rations offensives \u00e9taient en train d\u2019\u00eatre mis en place en\u00a0face des Canadiens. Mais, la m\u00e9t\u00e9o rendait l\u2019observation difficile et aucune concentration importante de fantassins n\u2019avait \u00e9t\u00e9 signal\u00e9e. Ces indices furent donc ignor\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"p3\"><b>Aux premi\u00e8res heures <\/b>du 2\u00a0juin, les Canadiens entreprirent\u00a0de rem\u00e9dier \u00e0 leurs lacunes d\u00e9fensives, sans savoir qu\u2019il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 trop tard. \u00c0 6\u00a0h, le major-g\u00e9n\u00e9ral Malcolm\u00a0Mercer et le brigadier-g\u00e9n\u00e9ral Victor\u00a0Williams de la\u00a03<sup>e<\/sup>\u00a0Division se rendirent au\u00a0mont\u00a0Sorrel pour observer le\u00a0front du 4<sup>e<\/sup> bataillon canadien de fusiliers \u00e0 cheval (CMR) de la Division. \u00c0 8 h, le journal du bataillon faisait \u00e9tat d\u2019une \u00ab belle matin\u00e9e, tranquille, et visiblement calme \u00bb.<\/p>\n<p><div class=\"caption_img\">\r\n        <img decoding=\"async\" class=\"wp-image-6743 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/original.11931.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"1017\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/original.11931.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/original.11931-236x300.jpg 236w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/original.11931-768x976.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Le major-g\u00e9n\u00e9ral Malcolm\u00a0Mercer (ci-dessous \u00e0 gauche), commandant de la 3e Division. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>The Queen\u2019s Own Rifles of Canada Regimental Museum and Archive<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div><div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6744 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Major_Victor_AS_Williams_No_15318_HS85-10-11346.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"1004\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Major_Victor_AS_Williams_No_15318_HS85-10-11346.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Major_Victor_AS_Williams_No_15318_HS85-10-11346-239x300.jpg 239w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Major_Victor_AS_Williams_No_15318_HS85-10-11346-768x964.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Le brigadier-g\u00e9n\u00e9ral Victor\u00a0Williams (ci-dessous \u00e0 droite). <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>British Library\/HS85-10-11346\/Wikimedia<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"p1\">\u00ab\u00a0L\u2019enti\u00e8re position de l\u2019ennemi \u00e9tait un nuage de poussi\u00e8re et de terre o\u00f9 les madriers, les\u00a0troncs d\u2019arbre, les armes et l\u2019\u00e9quipement \u00e9taient lanc\u00e9s dans les airs sans rel\u00e2che.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"p1\">Tout cela changea \u00e0 8\u00a0h\u00a030, quand\u00a0un d\u00e9luge d\u2019obus s\u2019abattit sur un front de 1\u00a0000 m\u00e8tres au milieu duquel se trouvait le 4<sup>e<\/sup> CMR. Il s\u2019ensuivit l\u2019un des bombardements les plus intenses de la guerre jusque-l\u00e0. Le pilonnage d\u2019artillerie fit rage pendant quatre heures et demie. Les artilleurs canadiens essay\u00e8rent de r\u00e9pondre, mais ils furent d\u00e9bord\u00e9s par le feu de l\u2019ennemi. Pris au milieu de la tourmente, Mercer fut tu\u00e9, tandis que Williams fut gravement bless\u00e9 et fait prisonnier. Mercer allait \u00eatre l\u2019officier canadien le plus haut grad\u00e9 \u00e0 mourir pendant la guerre, et Williams, le prisonnier de guerre le plus haut grad\u00e9.<\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6745 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/PA-0001691.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"626\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/PA-0001691.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/PA-0001691-300x235.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/PA-0001691-768x601.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>la fum\u00e9e \u00e0 la bataille du mont Sorrel (au centre en bas). <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Henry Edward Knobel\/MDN\/BAC\/PA-000169<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\">Derri\u00e8re le 4<sup>e<\/sup> CMR, le soldat George\u00a0Yule du 5<sup>e<\/sup> CMR se r\u00e9fugia dans le Maple Copse, un bosquet pr\u00e8s de la colline\u00a062. Il fut pris dans le\u00a0maelstr\u00f6m. \u00ab\u00a0Tous ces beaux arbres \u00e0 Maple Copse; dans l\u2019apr\u00e8s-midi, il ne restait pas une seule souche de plus d\u2019un pied et demi. Le barrage avait vraiment \u00e9t\u00e9 d\u00e9vastateur. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 en arri\u00e8re chercher la compagnie B [\u2026] le QG avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9duit en miettes [\u2026] tout avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9truit.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"p1\">Une grande partie de ce secteur du saillant avait \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9e jusque-l\u00e0. Le barrage avait mis fin \u00e0 cela. Les arbres du Maple Copse, du bois d\u2019Armagh et\u00a0du bois du Sanctuaire avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9chiquet\u00e9s\u00a0: il ne restait plus que des crat\u00e8res et des souches en charpie. Des \u00e9clats de bois meurtriers avaient tranch\u00e9 les chairs, aggravant le carnage. Peu de soldats pris dans le barrage surv\u00e9curent. Beaucoup avaient tout simplement disparu, consum\u00e9s par les flammes ou ensevelis sans espoir d\u2019\u00eatre d\u00e9ga-g\u00e9s sous les vestiges du bosquet.<\/p>\n<p class=\"p1\">Selon un t\u00e9moin allemand, \u00ab\u00a0toute la position ennemie \u00e9tait un nuage de poussi\u00e8re et de terre o\u00f9 les madriers, les troncs d\u2019arbre, les armes et l\u2019\u00e9quipement \u00e9taient lanc\u00e9s dans les airs sans rel\u00e2che, et\u00a0\u00e0 l\u2019occasion, des corps humains\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"p1\">Le tir de barrage prit fin \u00e0 13\u00a0h, et la tuerie se poursuivit lorsque les quatre mines mises en place dans des tunnels explos\u00e8rent sous le front canadien. Ensuite, six bataillons d\u2019assauts du Wurtemberg, suivis de cinq autres en soutien rapproch\u00e9 et de six autres en r\u00e9serve, se ru\u00e8rent sur les quatre bataillons canadiens qui leur barraient la route.<\/p>\n<p class=\"p1\">Des groupes de survivants isol\u00e9s du 1<sup>er<\/sup> et du 4<sup>e<\/sup>\u00a0CMR tent\u00e8rent de r\u00e9sister aux Allemands qui envahissaient les tranch\u00e9es d\u00e9molies du mont Sorrel et de la colline\u00a062.<\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6746 size-large\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Battle_of_Mount_Sorrel_-_Battle_Map_-_June_6_restored1-775x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"775\" height=\"1024\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Battle_of_Mount_Sorrel_-_Battle_Map_-_June_6_restored1-775x1024.jpg 775w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Battle_of_Mount_Sorrel_-_Battle_Map_-_June_6_restored1-227x300.jpg 227w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Battle_of_Mount_Sorrel_-_Battle_Map_-_June_6_restored1-768x1015.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Battle_of_Mount_Sorrel_-_Battle_Map_-_June_6_restored1.jpg 800w\" sizes=\"(max-width: 775px) 100vw, 775px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Cette carte illustre les positions britanniques et canadiennes (en brun) et les lignes allemandes (en rouge) le 4\u00a0juin 1916. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>MDN\/BAC\/PA-000165<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\">Les hommes se battaient au corps \u00e0 corps, \u00e0 la ba\u00efonnette et \u00e0 la grenade. Chaque fois qu\u2019une poign\u00e9e de Canadiens semblait tenir, les soldats du Wurtemberg les \u00e9liminaient au lance-flammes. Sur les flancs gauche et droit, le Princess Patricia\u2019s\u00a0Canadian Light Infantry (PPCLI) et le 5<sup>e<\/sup>\u00a0Bataillon de la 1<sup>re<\/sup>\u00a0Division fauchaient\u00a0les Allemands \u00e0 la mitrailleuse. Directement en face des Allemands, sur les lisi\u00e8res du Maple Copse, le 5<sup>e<\/sup>\u00a0CMR freinait quelque peu l\u2019avance de l\u2019ennemi en tirant au fusil avec rapidit\u00e9 et pr\u00e9cision \u00e0 partir de positions isol\u00e9es. Les Allemands qui d\u00e9ferlaient sur la cr\u00eate de l\u2019Observatoire \u00e9taient des cibles visibles pour les artilleurs de la 5<sup>e<\/sup> Batterie de l\u2019Artillerie de campagne canadienne. Malgr\u00e9 les lourdes pertes inflig\u00e9es \u00e0 l\u2019ennemi, la batterie fut neutralis\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"p1\">\u00ab\u00a0Il convient de souligner que, l\u00e0 aussi, les Canadiens ne se sont pas rendus, \u00e9crivit un historien du r\u00e9giment allemand, mais qu\u2019aupr\u00e8s de leurs canons, ils se sont d\u00e9fendus au r\u00e9volver jusqu\u2019au dernier homme.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"p1\">En milieu d\u2019apr\u00e8s-midi, une br\u00e8che de 1\u00a0200 m\u00e8tres avait \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e entre le mont Sorrel et le bois du Sanctuaire. Les collines\u00a061 et 62 \u00e9taient tomb\u00e9es, ainsi que la partie est de la cr\u00eate de l\u2019Observatoire. Mais le PPCLI, \u00e9prouv\u00e9 au combat \u2013\u00a0la premi\u00e8re unit\u00e9 canadienne \u00e0 avoir rejoint le Corps exp\u00e9ditionnaire britannique\u00a0\u2013 refusa de c\u00e9der malgr\u00e9 la mort de son commandant, le lieutenant-colonel Herbert\u00a0Buller, et la perte de plus de 400 hommes, dont 150 tu\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"p1\">Ensuite, la route d\u2019Ypres se trouvant ouverte, les membres du Wurtemberg se retranch\u00e8rent, conform\u00e9ment aux ordres donn\u00e9s d\u2019avance, \u00e0 600 ou 700 m\u00e8tres de leur ligne de d\u00e9part. C\u2019\u00e9tait une pause dont ils allaient se repentir,<\/p>\n<p class=\"p1\">car cela donna aux Canadiens le\u00a0temps dont ils avaient d\u00e9sesp\u00e9-r\u00e9ment besoin pour se reformer. Les pertes subies par les bataillons engag\u00e9s en premi\u00e8re ligne de l\u2019attaque avaient \u00e9t\u00e9 terribles. Les pertes subies par le 4<sup>e<\/sup> CMR avaient \u00e9t\u00e9 de 89 pour cent\u00a0: 76 seulement des 702 hommes s\u2019en \u00e9taient tir\u00e9s indemnes. Quant au 1<sup>er<\/sup> CMR, seuls 135 hommes sur 692 \u00e9taient revenus \u00e0 l\u2019arri\u00e8re.<\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6747 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/PA-000165.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"603\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/PA-000165.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/PA-000165-300x226.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/PA-000165-768x579.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Des soldats canadiens se reposant dans des tranch\u00e9es de r\u00e9serve en juin 1916 (ci-contre). <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>MDN\/ BAC\/PA -3520927<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p3\"><b>D\u00e9termin\u00e9 \u00e0 inverser<\/b> la d\u00e9b\u00e2cle, peu apr\u00e8s 17\u00a0h, le lieutenant-g\u00e9n\u00e9ral Byng ordonna que \u00ab\u00a0tout le terrain<br \/>\nperdu [ce jour-l\u00e0] soit repris [le m\u00eame] soir\u00a0\u00bb. Une contrattaque\u00a0\u00e9tait essentielle pour emp\u00eacher les Allemands de se servir de leurs nouveaux gains comme base de d\u00e9part pour un nouvel assaut qui pourrait menacer l\u2019ensemble du saillant. Eu \u00e9gard \u00e0 l\u2019\u00e9tat dans lequel se trouvait la 3<sup>e<\/sup>\u00a0Division, la contrattaque dut \u00eatre renforc\u00e9e par les 7<sup>e<\/sup>\u00a0et 9<sup>e<\/sup>\u00a0brigades de la 1<sup>re<\/sup>\u00a0Division. Le d\u00e9but, d\u2019abord pr\u00e9vu le 3\u00a0juin \u00e0 2 heures, fut retard\u00e9 \u00e0 7\u00a0heures pour s\u2019assurer que les bataillons atteindraient leurs points de d\u00e9part. Les six roquettes vertes cens\u00e9es signaler l\u2019avance de\u00a0quatre bataillons fonctionn\u00e8rent mal et durent \u00eatre tir\u00e9es \u00e0 14 reprises au total. Au moins deux\u00a0bataillons n\u2019en virent aucune.<\/p>\n<p class=\"p1\">Les d\u00e9faillances de tir men\u00e8rent \u00e0 la s\u00e9paration des attaques des bataillons, ce qui permit aux Allemands de concentrer leur tir pour les faucher un par un. Les Canadiens portaient des masques \u00e0 gaz primitifs qui g\u00eanaient leur respiration, aggravant une situation d\u00e9j\u00e0 confuse. La plus grande attaque que le Canada avait men\u00e9e jusque-l\u00e0 \u00e9choua de mani\u00e8re d\u00e9sastreuse.<\/p>\n<p class=\"p1\">Au cours de l\u2019avance, le soldat A.Y. Jackson \u2013\u00a0qui deviendrait par la suite un artiste reconnu du\u00a0Groupe des Sept\u00a0\u2013 vit un soldat \u00e0\u00a0c\u00f4t\u00e9 de lui regarder \u00ab\u00a0avec cons-ternation une grande gicl\u00e9e de sang provenant de son bras, qui ne\u00a0pendait que par quelques lambeaux de chair\u00a0\u00bb. Bless\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9paule, au dos et au cou par des \u00e9clats d\u2019obus, Jackson tomba \u00e9galement.<\/p>\n<p class=\"p1\">La reprise du terrain perdu exigeait \u00e9videmment une planification plus r\u00e9fl\u00e9chie. Byng confia la t\u00e2che \u00e0 la 1<sup>re<\/sup> Division, command\u00e9e par le major-g\u00e9n\u00e9ral Arthur\u00a0Currie. Le plan de ce dernier \u00e9tait un premier avant-gout de ce qui allait devenir l\u2019approche caract\u00e9ristique du Corps canadien\u00a0: une attention m\u00e9ticuleuse aux d\u00e9tails et une utilisation intensive de l\u2019artillerie \u00e0 toutes les phases de l\u2019op\u00e9ration.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"p1\">\u00ab Il convient de souligner que, l\u00e0 aussi, les Canadiens ne se sont pas rendus, mais qu\u2019aupr\u00e8s de leurs canons, ils se sont d\u00e9fendus au r\u00e9volver jusqu\u2019au dernier homme. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"p1\">Au cours de la contrattaque rat\u00e9e du 3\u00a0juin, les officiers observateurs avanc\u00e9s de l\u2019artillerie avaient \u00e9t\u00e9 trop en retrait pour pouvoir diriger le tir efficacement. Cette fois-l\u00e0, Currie les int\u00e9gra \u00e0 l\u2019\u00e9tat-major du bataillon de fantassins pour am\u00e9liorer la coop\u00e9ration. Finalement, il d\u00e9cida de lancer l\u2019attaque par surprise, pendant la nuit.<\/p>\n<p class=\"p1\">Entre le 9 et le 12\u00a0juin, les lignes allemandes furent pilonn\u00e9es par quatre bombardements intenses. Chaque fois que les canons se taisaient, les soldats de Wurtemberg se pr\u00e9cipitaient vers leurs positions de premi\u00e8re ligne parmi les derniers obus pour faire face \u00e0 une attaque qui n\u2019avait pas lieu, subissant ainsi des pertes. Le dernier barrage, d\u2019une dur\u00e9e de dix heures, pendant la derni\u00e8re nuit, fut d\u00e9vastateur. Un lieutenant allemand qui le qualifia de \u00ab\u00a0catastrophe\u00a0\u00bb \u00e9crivit\u00a0: \u00ab\u00a0Les tranch\u00e9es sont assez d\u00e9truites [\u2026] les trous d\u2019obus se rejoignent les uns les autres [\u2026] tout le monde est\u00a0d\u00e9prim\u00e9 par le spectacle \u00e9pou-vantable des nombreux morts<br \/>\net du nombre de disparus.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"p1\">Le 13\u00a0juin \u00e0 1\u00a0h\u00a030, quatre bataillons, les 3<sup>e<\/sup>, 16<sup>e<\/sup>, 13<sup>e<\/sup> et 58<sup>e<\/sup>, de droite \u00e0\u00a0gauche, se lanc\u00e8rent \u00e0 l\u2019assaut sous une pluie torrentielle, s\u2019avan\u00e7ant \u00e0 travers le bourbier et les innombrables crat\u00e8res. Le barrage rampant qui allait bient\u00f4t devenir la norme n\u2019avait pas encore \u00e9t\u00e9 mis au point, alors les soldats se pr\u00e9cipit\u00e8rent sur les Allemands d\u00e9-<span class=\"s1\">sorganis\u00e9s qui se dirigeaient en titu-<\/span>bant vers leurs postes de combat.<\/p>\n<p class=\"p1\">\u00ab\u00a0Nous leur sommes tomb\u00e9s dessus par surprise, \u00e9crivit le lieutenant H.R. Alley du 3<sup>e<\/sup>\u00a0Bataillon. Il y\u00a0a eu pas mal de coups de ba\u00efonnette.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"p1\">Ici et l\u00e0, le Wurtemberg r\u00e9sista \u00e0\u00a0l\u2019aide de fusils et de mitrail-<br \/>\nleuses lourdes. Au lieu de s\u2019atta-quer \u00e0 ces positions, les soldats du\u00a016<sup>e<\/sup>\u00a0Bataillon poursuivirent leur avance en les contournant par le flanc. L\u2019attaque se m\u00e9tamorphosa en m\u00eal\u00e9e o\u00f9 les officiers subalternes et les sous-officiers dirigeaient de petits groupes de soldats qui affrontaient l\u2019ennemi \u00e0 bout portant ou au corps \u00e0 corps. \u00c0 2\u00a0h\u00a030, les\u00a0Canadiens avaient regagn\u00e9 pratiquement tout le terrain qu\u2019ils avaient perdu le 2\u00a0juin. \u00c9puis\u00e9s, ils attendirent une contrattaque qui ne se produisit jamais.<\/p>\n<p class=\"p1\">Au lieu de cela, les Allemands ripost\u00e8rent par un violent barrage d\u2019artillerie qui tua de nombreux bless\u00e9s des deux c\u00f4t\u00e9s, gisant, impuissants, dans la fange du champ de bataille. Des contratta-ques sporadiques \u00e9chou\u00e8rent au cours des deux journ\u00e9es suivantes. Lorsque les combats prirent fin, le no man\u2019s land n\u2019\u00e9tait qu\u2019un terrain boulevers\u00e9 de 150 m\u00e8tres de large.<\/p>\n<p class=\"p1\">La bataille de deux semaines s\u2019acheva avec les deux camps aux <span class=\"s1\">m\u00eames positions qu\u2019auparavant. Les <\/span>Victimes canadiennes s\u2019\u00e9lev\u00e8rent \u00e0 plus de 8\u00a0700, dont environ 1\u00a0000 morts et 1\u00a0900 disparus. La plupart des disparus \u00e9taient pr\u00e9sum\u00e9s morts. Les Allemands d\u00e9ploraient 5\u00a0765 morts, bless\u00e9s ou disparus.<\/p>\n<p class=\"p1\">Le Corps canadien sortit de la bataille non seulement victorieux, mais ayant aussi prouv\u00e9 sa\u00a0capa-cit\u00e9 \u00e0\u00a0r\u00e9sister au pire de ce\u00a0que les Allemands pouvaient lui\u00a0infliger, et\u00a0\u00e0 se ressaisir en planifiant et en ex\u00e9cutant efficacement une contrattaque. Cela t\u00e9moignait de la maturit\u00e9 des Canadiens en\u00a0tant que formation de combat et annon\u00e7ait ce qui allait suivre \u00e0 la Somme pendant\u00a0l\u2019\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6748 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/PA-000133.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"473\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/PA-000133.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/PA-000133-300x177.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/PA-000133-768x454.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Un fantassin sur le ventre met un fusil Ross en joue (ci-dessous). <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Wikimedia<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> La bataille du mont sorrel debuta dans la catastrophe pour les Canadiens, mais s&#8217;acheva par un triomphe<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-6739","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-principaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6739","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6739"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6739\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6751,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6739\/revisions\/6751"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6739"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6739"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6739"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}