{"id":6692,"date":"2025-07-23T11:00:48","date_gmt":"2025-07-23T15:00:48","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/?p=6692"},"modified":"2025-07-23T11:00:48","modified_gmt":"2025-07-23T15:00:48","slug":"au-lendemain-de-la-guerre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2025\/07\/au-lendemain-de-la-guerre\/","title":{"rendered":"Au Lendemain De La Guerre"},"content":{"rendered":"<div class=\"caption_img\">\r\n        <a href=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PA-162830.jpg\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6700 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PA-162830.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"618\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PA-162830.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PA-162830-300x232.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PA-162830-768x593.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/a>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Soldats de la Force d\u2019occupation de l\u2019Arm\u00e9e canadienne \u00e0 Aurich, en\u00a0Allemagne, fin aout 1945 <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>en\u00a0regard<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>\u00c0<\/b><\/span><b>l\u2019or\u00e9e de la fin<\/b> de la guerre en Europe, le\u00a0gouvernement lib\u00e9ral dut se prononcer sur d\u2019importantes questions militaires. Quel r\u00f4le le Canada jouerait-il dans la guerre contre le Japon apr\u00e8s la d\u00e9faite de l\u2019Allemagne? Comment les soldats seraient-ils rapatri\u00e9s, et\u00a0dans quel ordre? Quel r\u00f4le, le cas \u00e9ch\u00e9ant, le\u00a0Canada aurait-il en Allemagne occup\u00e9e?<\/p>\n<p class=\"p2\">Une r\u00e9ponse fut donn\u00e9e \u00e0 cette derni\u00e8re question en d\u00e9cembre 1944. Le Canada affecterait une division de fantassins et 13\u00a0escadrilles de l\u2019Aviation royale canadienne \u00e0 l\u2019occupation du Reich vaincu. Tout comme la\u00a0division de fantassins qui\u00a0serait form\u00e9e pour\u00a0aller combattre au Pacifique, la Force d\u2019occupation de l\u2019Arm\u00e9e canadienne (FOAC) devait se composer de volontaires d\u00e9sirant faire carri\u00e8re dans l\u2019arm\u00e9e. Si, comme on s\u2019y attendait, les volontaires manquaient, le personnel cl\u00e9 et les soldats qui avaient gagn\u00e9 le moins de points d\u2019appr\u00e9ciation pour le rapatriement seraient affect\u00e9s \u00e0 la division.<\/p>\n<p class=\"p2\">En fin de compte, il y eut 6\u2009160 volon-taires, dont 565 officiers. Les rangs de la\u00a0future 3<sup>e<\/sup>\u00a0Division (FOAC) furent donc gonfl\u00e9s par 631 officiers et 13\u2009280 soldats du rang qui \u00e9taient en bas de l\u2019\u00e9chelle de priorit\u00e9 pour le rapatriement.<\/p>\n<p class=\"p2\">Ottawa avait convenu que les conscrits exp\u00e9di\u00e9s en Europe au cours des cinq der-niers mois de la guerre seraient \u00e9galement inclus dans la FOAC. La 3<sup>e<\/sup> ressemblait \u00e0\u00a0une division du temps de la guerre : trois brigades de trois bataillons d\u2019infanterie, des r\u00e9giments d\u2019artillerie et la gamme compl\u00e8te d\u2019armes et de services compos\u00e9e de 20\u2009071 hommes de tous les grades. Si besoin \u00e9tait, elle pouvait se battre, car nul ne savait comment r\u00e9agiraient les Allemands.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PA-145770.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-6699\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PA-145770.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"973\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PA-145770.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PA-145770-247x300.jpg 247w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PA-145770-768x934.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"p1\">Les Canadiens avaient combattu au Nord-Ouest de l\u2019Europe dans le 21<sup>e<\/sup> groupe d\u2019arm\u00e9es sous les ordres du mar\u00e9chal Bernard Montgomery, et il fut convenu d\u00e8s le d\u00e9part que la FOAC ferait partie du XXX<sup>e<\/sup> Corps britannique dans la r\u00e9gion d\u2019Emden-Wilhelmshaven, dans le Nord-Ouest de l\u2019Allemagne. Aucun calendrier n\u2019avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9, mais le gouvernement savait que Londres, en difficult\u00e9 financi\u00e8re, allait vouloir que le Canada reste le plus longtemps possible.<\/p>\n<p class=\"p1\">N\u00e9anmoins, bon nombre des soldats au plus bas de la liste de rapatriement souhaitaient rentrer chez eux. Plus d\u2019autres hommes de la Premi\u00e8re Arm\u00e9e canadienne quittaient l\u2019Europe aussi rapidement que\u00a0possible, plus il allait \u00eatre compliqu\u00e9 de soutenir une force relativement petite loin du Canada. Enfin, les Britanniques, les Am\u00e9ricains, les Sovi\u00e9tiques et les Fran\u00e7ais supervisaient les mesures prises pour l\u2019ennemi vaincu dans leurs zones, mais le Canada, nonobstant sa contribution \u00e0 la victoire, ne serait pas consult\u00e9 par les grandes puissances sur le sort des Allemands.<\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <a href=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PA-159242-.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"wp-image-6698 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PA-159242-.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"784\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PA-159242-.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PA-159242--300x294.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PA-159242--768x753.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/a>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Des soldats de la Force d\u2019occupation de\u00a0l\u2019Arm\u00e9e canadienne v\u00e9rifient les pi\u00e8ces d\u2019identit\u00e9 \u00e0 Aurich, en Allemagne, en aout 1945 (ci-contre). Le Brigadier Robert Moncel et le major-g\u00e9n\u00e9ral Christopher Vokes <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>en haut<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\">C\u2019\u00e9tait le major-g\u00e9n\u00e9ral Christopher Vokes qui commandait la FOAC. Major \u00e0 son arriv\u00e9e en Europe, il avait dirig\u00e9 une brigade lors de l\u2019invasion de la Sicile et avait command\u00e9 la 1<sup>re <\/sup>Division canadienne en Italie \u00e0 la fin de l\u2019automne 1943. Apr\u00e8s d\u00e9cembre 1944, il dirigeait la 4<sup>e<\/sup> Division blind\u00e9e canadienne au nord-ouest de l\u2019Europe.<\/p>\n<p class=\"p1\">Le 13 juillet, dans le th\u00e9\u00e2tre de la garnison \u00e0 Aurich, en Allemagne, le g\u00e9n\u00e9ral Vokes expliqua \u00e0 ses officiers et \u00e0 ses hommes ce qu\u2019il attendait de la FOAC : \u00ab\u2009Tous les Canadiens [seraient] jug\u00e9s sur le comportement des hommes de tous les grades. Pour inspirer le respect \u00e0 tous les Allemands ainsi qu\u2019aux autres forces d\u2019occupation, il\u00a0[fallait] une supervision constante et une\u00a0discipline irr\u00e9prochable. La 3<sup>e<\/sup> Division d\u2019infanterie du Canada, dit-il [devait] \u00eatre\u00a0la \u201cvitrine\u201d de l\u2019Arm\u00e9e canadienne.\u2009\u00bb<\/p>\n<p class=\"p1\">En pratique, selon le brigadier Robert Moncel, Vokes dirigeait sa force d\u2019occupation comme un seigneur de la guerre. Il organisait des f\u00eates turbulentes, ajouta-t-il.<\/p>\n<p class=\"p1\">Les t\u00e2ches assign\u00e9es \u00e0 la FOAC \u00e9taient vastes, allant du d\u00e9sarmement de la Wehrmacht \u00e0 la prise en charge de personnes d\u00e9plac\u00e9es, en passant par l\u2019\u00e9limination du parti nazi et l\u2019\u00e9vacuation des prisonniers de guerre alli\u00e9s. \u00c0 plus long terme, les occupants furent \u00e9galement charg\u00e9s de r\u00e9\u00e9duquer la jeunesse allemande et de compromettre la capacit\u00e9 des Allemands \u00e0 relancer une guerre.<\/p>\n<p class=\"p3\"><b>La force d\u2019occupation<\/b> travaillait avec les officiers du gouvernement militaire qui avait \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli le jour de 1945 o\u00f9 les Alli\u00e9s entr\u00e8rent en Allemagne, ainsi qu\u2019avec ses \u00e9quipes des affaires civiles. Le plus important \u00e9tait de contr\u00f4ler les soldats allemands qui s\u2019\u00e9taient rendus et de les renvoyer chez eux. Le processus mis en place, 3\u2009000 membres de la Wehrmacht \u00e9taient trait\u00e9s et rel\u00e2ch\u00e9s tous les deux jours. Toutefois, de nombreux soldats allemands avaient \u00e9chapp\u00e9 \u00e0\u00a0la\u00a0garde \u00e0 vue ou \u00e9vit\u00e9 d\u2019\u00eatre faits prisonniers. Il fallait les trouver et les contr\u00f4ler pour d\u00e9terminer s\u2019ils avaient \u00e9t\u00e9 dans la SS\u00a0ou avaient commis des crimes de guerre.<\/p>\n<p class=\"p1\">Pour capturer ces hommes, la FOAC organisa des descentes, des op\u00e9rations coordonn\u00e9es men\u00e9es de nuit et sans avertissement. On encerclait les lieux et un contr\u00f4le rigoureux de tous les habitants \u00e9tait effectu\u00e9 aux premi\u00e8res lueurs. Toute personne sans certificat de lib\u00e9ration ou sur qui pesaient des soup\u00e7ons devait \u00eatre remise au personnel du gouvernement militaire ou\u00a0d\u00e9tenue en tant que prisonnier de guerre.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PA-151759.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-6697\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PA-151759.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"562\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PA-151759.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PA-151759-300x211.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PA-151759-768x540.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"p1\">La t\u00e2che suivante, encore plus ardue, consistait \u00e0 aider les dizaines de milliers de personnes d\u00e9plac\u00e9es et de r\u00e9fugi\u00e9s dans la zone de la FOAC. Le r\u00e9gime nazi avait \u00e9tabli des camps de concentration sur tout son territoire. Les installations d\u2019extermination se trouvaient dans l\u2019Est, mais les camps, tels que celui de Bergen-Belsen, pr\u00e8s de la r\u00e9gion contr\u00f4l\u00e9e par les Canadiens, avaient choqu\u00e9 les gens qui avaient vu les morts empil\u00e9s et l\u2019effroyable \u00e9tat des survivants. Ces personnes devaient d\u00e9sormais \u00eatre soign\u00e9es et renvoy\u00e9es chez elles ou, si ce n\u2019\u00e9tait pas possible, log\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 ce que leur destination ait \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"p1\">Il y avait aussi des ouvriers import\u00e9s par le Reich pour travailler dans les usines ou les exploitations agricoles, certains venus volontairement, mais beaucoup plus amen\u00e9s comme des esclaves. Ceux d\u2019Europe de l\u2019Ouest \u00e9taient g\u00e9n\u00e9ralement renvoy\u00e9s facilement chez eux. Toutefois, les choses \u00e9taient plus compliqu\u00e9es pour ceux d\u2019Europe de l\u2019Est : nombreux \u00e9taient ceux qui, trait\u00e9s brutalement par les Allemands, voulaient se venger avant de rentrer chez eux. Les Polonais, en particulier, cherchaient \u00e0 se venger des civils, et il y eut des cas de pillage, de vols violents, d\u2019agressions sexuelles et de meurtres. La FOAC faisait son possible pour r\u00e9tablir l\u2019ordre. Elle finit par devoir \u00e9tablir un camp d\u2019isolement sur\u00a0l&#8217;ile de Borkum pour de tels criminels.<\/p>\n<p class=\"p1\">Ensuite, il y avait environ 2\u2009000 prisonniers de guerre sovi\u00e9tiques qui avaient \u00e9t\u00e9\u00a0affam\u00e9s et brutalis\u00e9s dans des camps de\u00a0prisonniers. D\u00e9sormais, beaucoup circu-laient librement. Les ententes entre les Alli\u00e9s stipulaient que ces soldats devaient \u00eatre rapatri\u00e9s en URSS, et le gouvernement militaire avait \u00ab\u2009les services pour les renvoyer en Russie, est-il \u00e9crit dans le journal de guerre de la FOAC. Mais, soit par ignorance, soit par d\u00e9sir de rester en Allemagne, ils n\u2019en avaient pas profit\u00e9\u2009\u00bb. La FOAC avait donc \u00ab\u2009re\u00e7u l\u2019ordre de prendre part \u00e0 ce rapatriement\u2009\u00bb.<\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <a href=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/The_Liberation_of_Bergen-belsen_Concentration_Camp_April_1945_BU4018.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6696 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/The_Liberation_of_Bergen-belsen_Concentration_Camp_April_1945_BU4018.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"801\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/The_Liberation_of_Bergen-belsen_Concentration_Camp_April_1945_BU4018.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/The_Liberation_of_Bergen-belsen_Concentration_Camp_April_1945_BU4018-300x300.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/The_Liberation_of_Bergen-belsen_Concentration_Camp_April_1945_BU4018-150x150.jpg 150w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/The_Liberation_of_Bergen-belsen_Concentration_Camp_April_1945_BU4018-768x769.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/The_Liberation_of_Bergen-belsen_Concentration_Camp_April_1945_BU4018-600x600.jpg 600w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/The_Liberation_of_Bergen-belsen_Concentration_Camp_April_1945_BU4018-400x400.jpg 400w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/a>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span><\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>IWM\/BU 4018\/Wikimedia<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\">Les Sovi\u00e9tiques essayaient d\u2019\u00e9chapper aux autorit\u00e9s pour pouvoir se venger des Allemands. La FOAC envoya des patrouilles pour pr\u00e9venir les crimes : elle cerna une fois 30 Sovi\u00e9tiques qui pillaient des exploitations agricoles, violaient femmes et filles, et assassinaient des civils. Parfois, les Canadiens montraient peu de compassion pour les civils, et certains applaudissaient m\u00eame les anciens prisonniers qui \u00ab\u2009rendaient un\u00a0peu la pareille aux Boches\u2009\u00bb. Comme le dit prosa\u00efquement un soldat : \u00ab\u2009les Russes bottaient le cul des civils allemands.\u2009\u00bb<\/p>\n<p class=\"p1\">Les nazis avaient plong\u00e9 le monde dans une longue guerre cruelle, et seuls les crimes les plus graves faisaient l\u2019objet de poursuites. La plupart des d\u00e9plac\u00e9s et des prisonniers de guerre \u00e9vad\u00e9s ne furent pas souvent punis, et les Sovi\u00e9tiques finirent par \u00eatre renvoy\u00e9s chez eux.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"p1\"><b>Parfois, les Canadiens montraient peu de compassion pour les civils, et\u00a0certains applaudissaient m\u00eame les anciens prisonniers qui \u00ab\u2009rendaient un\u00a0peu la pareille aux Boches\u2009\u00bb. <\/b><\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/2AYF8EW.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-6695\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/2AYF8EW.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"1055\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/2AYF8EW.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/2AYF8EW-227x300.jpg 227w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/2AYF8EW-776x1024.jpg 776w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/2AYF8EW-768x1013.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Malgr\u00e9 les repr\u00e9sailles<\/b>, les Allemands <\/span>dans la zone d\u2019occupation canadienne affichaient g\u00e9n\u00e9ralement une attitude acceptable. La plupart des personnes \u00e2g\u00e9es \u00e9taient r\u00e9sign\u00e9es \u00e0 leur sort. La <span class=\"s1\">guerre avait \u00e9t\u00e9 perdue, mais ce n\u2019\u00e9tait pas <\/span>de leur faute, pr\u00e9tendaient-elles; c\u2019\u00e9tait seulement \u00e0 cause de l\u2019erreur qu\u2019avait faite Hitler d\u2019attaquer l\u2019Union sovi\u00e9tique <span class=\"s1\">avant d\u2019achever la Grande-Bretagne. Mais, selon les responsables canadiens, certains des hommes de moins de 30 ans \u00e0 qui l\u2019id\u00e9ologie nazie avait \u00e9t\u00e9 inculqu\u00e9e pendant 12 ans vouaient une haine implacable aux vainqueurs. Et les Allemands \u00e9vitaient g\u00e9n\u00e9ralement de coop\u00e9rer avec ces derniers.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">Les ordres de non-fraternisation du mar\u00e9chal Montgomery n\u2019aidaient pas : aucune relation informelle avec la population, pas de liaisons avec les femmes, pas de bonbons pour les enfants. Enfreindre ces ordres pouvait entrainer une punition pour les soldats, ce qui \u00e9tait incontestablement pr\u00e9judiciable au moral.<\/p>\n<p class=\"p2\">Les soldats voyaient bien que les enfants <span class=\"s2\">(et\u00a0leurs parents) avaient faim, et ils voulaient les<\/span><span class=\"s1\"> aider pendant les mois qui suivirent la reddition, lorsque la nourriture se faisait rare <\/span><span class=\"s2\">et qu\u2019ils n\u2019avaient qu\u2019\u00e0 peine plus de 1\u2009500 calo<\/span>ries par jour et par personne. Mais, comme le major Elmer Bell l\u2019\u00e9crivit dans une lettre envoy\u00e9e chez lui depuis l\u2019Allemagne, donner du chocolat aux enfants \u00ab\u2009serait un petit <span class=\"s1\">d\u00e9but de fraternisation et le gaspillage de tout le produit de nos pertes et de nos sacrifices\u2009\u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">Les difficult\u00e9s des civils allemands pouvaient \u00eatre exploit\u00e9es, et elles le furent. Il \u00e9tait difficile de trouver des cigarettes, et les soldats canadiens troquaient celles qu\u2019ils obtenaient gratuitement contre des appareils photo, de l\u2019alcool, des bijoux, des \u0153uvres d\u2019art, des jumelles, des montres. On pouvait mettre la main sur n\u2019importe quoi, semblait-il, en \u00e9change de 100 \u00e0 1\u2009500 cigarettes. C\u2019\u00e9tait de la petite bi\u00e8re, cependant, par rapport au mat\u00e9riel, aux v\u00eatements et aux denr\u00e9es alimentaires vol\u00e9s \u00e0 l\u2019arm\u00e9e et refourgu\u00e9s au march\u00e9 noir. Ce n\u2019est qu\u2019au printemps 1946 que ce fut contr\u00f4l\u00e9 (\u00ab\u2009car d\u2019autres responsabilit\u00e9s \u00e9taient d\u2019une plus grande priorit\u00e9\u2009\u00bb, est-il not\u00e9 dans le journal de guerre de la FOAC).<\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <a href=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PA-151751.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6694 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PA-151751.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"577\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PA-151751.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PA-151751-300x216.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PA-151751-768x554.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/a>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Des soldats sovi\u00e9tiques harc\u00e8lent une\u00a0Allemande (ci-contre). Le\u00a0soldat canadien Murray Dorey donne du\u00a0chocolat \u00e0 des enfants de la\u00a0r\u00e9gion d\u2019Aurich, en\u00a0Allemagne, en aout 1945 (en bas). <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Vintage_Space\/Alamy\/2AYF8EW; Barney J. Gloster\/MDN\/BAC\/PA-151751;<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p2\">Les Canadiens, eux aussi, voulaient rencontrer du monde. Stanley Winfield, de l\u2019ARC, \u00e9crivit que, m\u00eame si la consigne de non-fraternisation \u00e9tait en vigueur,<\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">\u00ab\u2009les\u00a0Fridolines ont tir\u00e9 un avantage certain de cet ordre et n\u2019y ont vu qu\u2019une merveilleuse occasion de prendre leur revanche. Elles allaient se promener l\u00e0 o\u00f9 elles savaient que se trouveraient des soldats alli\u00e9s [\u2026] et se montraient aussi enjou\u00e9es et d\u00e9sirables que possible.\u2009\u00bb <\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Il \u00e9tait difficile de r\u00e9sister \u00e0 la tentation. Et vu l\u2019approvisionnement abondant en cigarettes qui pouvaient leur servir de monnaie d\u2019\u00e9change, de nombreux soldats obtenaient ce qu\u2019ils voulaient. Pourtant, peu\u00a0d\u2019entre eux furent punis. N\u00e9anmoins, les soldats de la FOAC allaient fr\u00e9quemment en permission non loin, aux Pays-Bas ou au\u00a0Danemark, o\u00f9 les gens \u00e9taient amicaux, o\u00f9 les femmes s\u2019int\u00e9ressaient \u00e0 eux et o\u00f9 les cigarettes leur ouvraient encore des portes. Les hommes pouvaient se payer une fin de semaine \u00e0 Amsterdam ou \u00e0 Copenhague pour 2\u2009000 cigarettes seulement, <\/span>avec nourriture, boissons, h\u00e9bergement et\u00a0compagnie d\u2019une dame tout compris.<\/p>\n<p class=\"p1\">On finit par s\u2019habituer \u00e0 la nouvelle r\u00e9alit\u00e9 et, \u00e0 la mi-juillet 1945, la consigne de non-fraternisation fut assouplie avant d\u2019\u00eatre \u00e9limin\u00e9e. Le d\u00e9cret du XXX<sup>e<\/sup> Corps britannique disait, avec un humour <span class=\"s1\">vraisemblablement fortuit, qu\u2019ils \u00ab\u2009pouvaient maintenant parler \u00e0 tous les Allemands dans les lieux publics et dans les rues, parce que, gr\u00e2ce aux rapports entre les deux peuples, on esp\u00e8re conduire les Allemands \u00e0 un mode de vie d\u00e9mocratique [\u2026] n\u2019entrez pas\u00a0chez eux ni ne les recevez chez vous\u2009\u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s2\">Il fut rapport\u00e9 que les Allemandes \u00e9taient <\/span>menac\u00e9es par leurs compatriotes si elles fr\u00e9quentaient des Canadiens. Mais, les cigarettes \u00e9taient une r\u00e9compense efficace <span class=\"s2\">pour les risques pris, et de nombreux soldats <\/span>eurent vite des liaisons. En f\u00e9vrier 1946, il \u00e9tait not\u00e9 dans le journal de guerre de la <span class=\"s2\">FOAC\u00a0: \u00ab\u2009La fraternisation s\u2019accroit, et m\u00eame les officiers parlent \u00e0 voix basse de telle <\/span>\u201c\u2009belle blonde\u2009\u201d remarqu\u00e9e au centre-ville \u00bb. Plusieurs hommes, est-il dans le texte, ont exprim\u00e9 leur d\u00e9sir d\u2019\u00e9pouser des Allemandes.<\/p>\n<p class=\"p1\">Ils avaient vraisemblablement r\u00e9ussi \u00e0\u00a0\u00ab\u2009entrer chez elles\u2009\u00bb.<\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s2\">Malgr\u00e9 les demandes faites aux Canadiens \u00e0 plusieurs reprises par les Britanniques pour qu\u2019ils restent en Allemagne, Ottawa d\u00e9cida que l\u2019engagement prendrait fin au d\u00e9but de 1946. Les premiers soldats partirent pour l\u2019Angleterre le 23 mars; les derniers s\u2019en all\u00e8rent le 8 juin. La FOAC avait fait son devoir, et les Canadiens \u00e9taient tous de retour chez <\/span><span class=\"s1\">eux peu apr\u00e8s. La guerre \u00e9tait enfin termin\u00e9e.<\/span><\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <a href=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PA-130018.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6693 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PA-130018.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"685\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PA-130018.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PA-130018-300x257.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/PA-130018-768x658.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/a>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Le \u00ab\u2009bataillon canadien de Berlin\u2009\u00bb d\u00e9file dans la ville le 20 juillet 1945. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Foote\/MDN\/BAC\/PA-130018<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\"><b>LE BATAILLON CANADIEN DE BERLIN<\/b><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Bien qu\u2019elles ne fassent pas<\/b> officiellement partie de la Force d\u2019occupation de l\u2019Arm\u00e9e canadienne, <\/span>les troupes canadiennes ont \u00e9galement servi en Allemagne d\u2019apr\u00e8s-guerre dans ce qu\u2019on a\u00a0appel\u00e9 le \u00ab\u2009bataillon de Berlin\u2009\u00bb. Tir\u00e9s d\u2019unit\u00e9s <span class=\"s1\">aux\u00a0Pays-Bas qui attendaient d\u2019\u00eatre rapatri\u00e9es, des <\/span>hommes du Argyll and Sutherland Highlanders, du Fusiliers Mont-Royal et du Loyal Edmonton Regiment furent d\u00e9ploy\u00e9s pour repr\u00e9senter le Canada au d\u00e9fil\u00e9 britannique de la victoire dans la capitale allemande le 21 juillet 1945.<\/p>\n<p class=\"p2\">Les soldats, install\u00e9s dans une maison de retraite de la ville, avaient peu de t\u00e2ches officielles autres que la pratique de leurs exercices et l\u2019entretien de leur \u00e9quipement. Ils \u00e9taient par ailleurs libres d\u2019aller voir les lieux en ruine.<\/p>\n<p class=\"p2\">Le sergent Kurt Loeb \u00e9crivit qu\u2019il avait trouv\u00e9 des souvenirs \u00e0 la Chancellerie du Reich, y compris des dossiers de correspondance personnelle du ministre allemand de l\u2019Int\u00e9rieur du d\u00e9but de la guerre. Et chaque soldat, semblait-il, avait une collection de m\u00e9dailles allemandes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les p\u00e9rip\u00e9ties de la\u00a0Force d\u2019occupation de l\u2019Arm\u00e9e canadienne en Allemagne en 1945-1946<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":6700,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-6692","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles-principaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6692","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6692"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6692\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6700"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6692"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6692"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6692"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}