{"id":665,"date":"2010-11-01T00:01:30","date_gmt":"2010-11-01T04:01:30","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=665"},"modified":"2010-10-28T09:06:54","modified_gmt":"2010-10-28T13:06:54","slug":"le-combat-pour-salavat-partie-5","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2010\/11\/le-combat-pour-salavat-partie-5\/","title":{"rendered":"Le combat pour Salavat -Partie 5"},"content":{"rendered":"<h2>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:630px\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" title=\"Le 1er Peloton gravit Salavat Ghar au petit matin. [PHOTO : ADAM DAY]\" src=\"..\/..\/en\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/AfghanIntro.jpg\" alt=\"Le 1er Peloton gravit Salavat Ghar au petit matin. [PHOTO : ADAM DAY]\" width=\"630\" height=\"236\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Le 1er Peloton gravit Salavat Ghar au petit matin. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : ADAM DAY<\/span><\/div>\n<\/div>\n<\/h2>\n<h2>Les villageois d\u00e9cident<\/h2>\n<p><strong>Le pr\u00e9sent fascicule est le dernier de notre s\u00e9rie sur les efforts d\u00e9ploy\u00e9s par le 1er Peloton de la Compagnie Alpha du 1er Bataillon de la Princess Patricia\u2019s Canadian Light Infantry (PPCLI) dans le but de gagner la confiance des villageois de Salavat, une petite collectivit\u00e9 du district de Panjwai de la province de Kandahar, en Afghanistan. Tout ce qu\u2019a fait le 1er Peloton au cours des semaines pass\u00e9es a donn\u00e9 lieu \u00e0 une r\u00e9union de plus avec les ain\u00e9s de la localit\u00e9, au cours de laquelle les villageois devraient annoncer s\u2019ils ont d\u00e9cid\u00e9 de coop\u00e9rer avec les Canadiens ou de fuir la r\u00e9gion pour chercher la s\u00e9curit\u00e9 dans un endroit o\u00f9 il n\u2019y aura pas de forces de la coalition.<\/strong><\/p>\n<p><strong>XIe et XIIe jours : Les interminables patrouilles avant l\u2019aube pendant que XIe et XIIe jours : Les interminablespatrouilles avant l\u2019aube pendant que les villageois d\u00e9cident ce qu\u2019ils vont faire<\/strong><\/p>\n<p>Lors de la choura tant attendue des ain\u00e9s de Salavat, il y a quelques jours, le capitaine Bryce Talsma, commandant du 1er Peloton, a entendu les villageois dire plusieurs fois qu\u2019ils n\u2019\u00e9taient pas tr\u00e8s contents que les Canadiens parcourent le village fr\u00e9quemment avec leurs armes et leurs blind\u00e9s, pr\u00eats au combat. Le point de vue des villageois n\u2019est pas difficile \u00e0 comprendre : la pr\u00e9sence de tant d\u2019\u00e9trangers casqu\u00e9s portant autant de fusils et de roquettes bouleverserait n\u2019importe quel quartier au monde.<\/p>\n<p>Talsma ne voulait quand m\u00eame pas arr\u00eater les patrouilles, de peur que l\u2019ennemi cr\u00e9e du d\u00e9sordre pendant la p\u00e9riode cruciale o\u00f9 les villageois allaient prendre leur d\u00e9cision. Ainsi, apr\u00e8s avoir bien r\u00e9fl\u00e9chi au probl\u00e8me, il arriva \u00e0 une solution : minimiser les perturbations en patrouillant Salavat avant l\u2019aube, puis, au sud de la ville, passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 par Kharo Kala avant de retourner \u00e0 la base.<\/p>\n<p>Ces patrouilles devaient quitter la base vers 4 h et se poursuivre jusqu\u2019\u00e0 tout juste avant le diner. Dans le jargon des fantassins, ces sorties s\u2019appellent des bag drive (battue de sac).<\/p>\n<p>Toutefois, m\u00eame les fantassins les plus bougonneurs de la PPCLI ne ronchonnaient pas beaucoup \u00e0 la perspective de se lever \u00e0 3 h. Le temps ne semblait plus avoir grande importance. Ce n\u2019est pas qu\u2019il n\u2019existait plus, mais les soldats ne pensaient plus \u00e0 un avenir lointain. Il leur semblait contreproductif, peu judicieux de le faire, comme pr\u00e9sumer qu\u2019on va survivre au-del\u00e0 des prochains instants porte malchance.<\/p>\n<p>Ainsi, les soldats semblaient parvenus \u00e0 un \u00e9tat rare, la paix que l\u2019on ressent quand on vit au moment pr\u00e9sent. Si l\u2019on peut dire d\u2019un groupe de biffins demeurant dans des conditions difficiles, dans un tout petit fort entour\u00e9 par l\u2019ennemi, qu\u2019ils sont sereins \u2014 m\u00eame s\u2019il s\u2019agit d\u2019une s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 de condamn\u00e9s possibles \u2014 c\u2019est quand m\u00eame chouette. Les soldats dorment quand ils sont fatigu\u00e9s, ils mangent quand ils ont faim et ils s\u2019occupent de ce qu\u2019il se passe sur le moment. Les th\u00e9ories superficielles mises \u00e0 part, cette s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 apparente pourrait tout aussi bien \u00eatre le r\u00e9sultat \u00e0 la fois de l\u2019adr\u00e9naline, du manque de sommeil et de la d\u00e9shydratation chroniques. Difficile de savoir.<\/p>\n<p>De toute fa\u00e7on, il se trouve que les longues marches \u00e0 l\u2019aube en Afghanistan sont bonnes pour le moral, bien qu\u2019elles soient certainement inconfortables pour le corps. Le soleil s\u2019y l\u00e8ve rapidement et de bonne heure, mais sa lumi\u00e8re est faible et il n\u2019y a pas du tout de chaleur pendant plusieurs heures. Et puis tout \u00e0 coup, on dirait qu\u2019il s\u2019allume : tout le monde arr\u00eate de greloter et se met \u00e0 transpirer en quelques secondes.<\/p>\n<p>Une des principales t\u00e2ches des patrouilles du 1er Peloton \u00e9tait d\u2019explorer les abords de leur nouveau domicile. Salavat Ghar est la ville adjacente, au sud. Il s\u2019agit d\u2019un ensemble de sommets d\u00e9coup\u00e9s qui s\u2019\u00e9l\u00e8vent \u00e0 plusieurs centaines de m\u00e8tres et d\u2019o\u00f9 l\u2019on a une excellente vue non seulement de tout Salavat, mais \u00e9galement de Nakhonay, \u00ab l\u2019antre de la chicane \u00bb comme dit Talsma, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 d\u2019un ruisseau tari.<\/p>\n<p>Une de ces patrouilles doit se faire sur cette montagne, bien s\u00fbr. Apr\u00e8s plusieurs heures pass\u00e9es \u00e0 tituber dans le noir jusqu\u2019\u00e0 la montagne, personne ne se r\u00e9jouit \u00e0 la pens\u00e9e de l\u2019escalader. \u00ab Si je ne suis pas revenu dans 20 minutes \u00bb, dit le caporal-chef Paul Guilmane en regardant vers le sommet, \u00ab attendez plus longtemps \u00bb.<\/p>\n<p>Guilmane et un petit groupe de soldats finissent par gravir la montagne en serpentant. Or, d\u2019apr\u00e8s une histoire militaire tr\u00e8s r\u00e9cente que j\u2019appris par la suite, un soldat canadien a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 au petit jour au sommet de Salavat Ghar quelques mois auparavant, en juillet. Le soldat S\u00e9bastien Courcy, membre du 22e, a mis le pied sur une mine pr\u00e8s du sommet et l\u2019explosion l\u2019a propuls\u00e9 dans le vide.<\/p>\n<p>Toutefois, Guilmane et son \u00e9quipe ne furent pas victimes de violence et, bien que souvent tendus, confus, \u00e9reint\u00e9s, les patrouilleurs revinrent tous au camp en vie.<\/p>\n<p>De retour \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019enceinte de la petite \u00e9cole, le combat le plus f\u00e9roce de la rotation du 1er Peloton a \u00e9t\u00e9 celui o\u00f9 Talsma et ce qui \u00e9tait probablement un petit serpent extr\u00eamement venimeux se sont mesur\u00e9s sur la terrasse du poste de commandement. Au d\u00e9but, le serpent a pens\u00e9 s\u2019enfuir, mais il a vite chang\u00e9 d\u2019id\u00e9e; il a rebrouss\u00e9 chemin et a dress\u00e9 une embuscade f\u00e9roce. Talsma a poignard\u00e9 le serpent qui grondait terriblement et essayait de le mordre. Le sergent C.J. Flach est arriv\u00e9 par la suite avec un balai et en a donn\u00e9 de grands coups au serpent. Alors que les deux techniciennes m\u00e9dicales encourageaient les hommes, le caporal John Little, surnomm\u00e9 l\u2019ambassadeur, trouvait que ce n\u2019\u00e9tait pas le moment d\u2019\u00eatre h\u00e9ro\u00efque : \u00ab Je n\u2019aime pas les serpents, se lamentait-il \u00e0 voix haute. Regardez-moi, ici, sur la boite. \u00bb En effet, il dansait et tressautait sans vergogne sur une boite en bois en esp\u00e9rant se faire \u00e9pargner une morsure. Le serpent r\u00e9ussit \u00e0 s\u2019enfuir, bien que gravement bless\u00e9.<\/p>\n<p>Le vendredi, \u00e0 la veille du jour o\u00f9 les villageois devaient prendre leur d\u00e9cision, le vieux probl\u00e8me du lieutenant Saed r\u00e9apparut quand le commandant de son bataillon ainsi que le commandant de l\u2019ELMP \u2014 le major Steve Macbeth \u2014 arriv\u00e8rent pour essayer d\u2019apporter de la clart\u00e9 et de l\u2019harmonie au conflit qui bouillonnait entre Talsma et Saed.<\/p>\n<p>Bien que les d\u00e9tails de ce qui s\u2019est pass\u00e9 \u00e0 la r\u00e9union aient \u00e9t\u00e9 gard\u00e9s plut\u00f4t secrets, Talsma avait espoir, au moins un peu, que les choses allaient s\u2019am\u00e9liorer. \u00ab Saed a chang\u00e9 de ton, mais je pense que c\u2019est parce qu\u2019il reconnait que la dynamique de la collaboration avec la PPCLI n\u2019est pas du tout la m\u00eame que celle qui existait avec le 22e. Il est devenu bien plus accommodant.<\/p>\n<p>\u00ab Toutefois, le sort en est jet\u00e9 en ce qui me concerne, dit-il. Il y a de s\u00e9rieux probl\u00e8mes. Au d\u00e9but, je me le repr\u00e9sentais comme s\u2019il \u00e9tait Canadien, alors qu\u2019il est \u00e9vident que ses motivations et ses perceptions sont compl\u00e8tement diff\u00e9rentes des miennes. \u00bb<\/p>\n<p>La question de Saed, comme tant d\u2019autres questions sur lesquelles bute le 1er Peloton, est embl\u00e9matique de l\u2019Afghanistan lui-m\u00eame, o\u00f9 il semble qu\u2019aucune crise n\u2019est jamais r\u00e9gl\u00e9e : elle est simplement remplac\u00e9e par une autre.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" style=\"vertical-align: middle;\" title=\"Les ain\u00e9s de Salvat consid\u00e8rent leur sort \u00e0 la choura. [PHOTO : ADAM DAY]\" src=\"..\/..\/en\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/AfghanInset4.jpg\" alt=\"Les ain\u00e9s de Salvat consid\u00e8rent leur sort \u00e0 la choura. [PHOTO : ADAM DAY]\" width=\"515\" height=\"477\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Les ain\u00e9s de Salvat consid\u00e8rent leur sort \u00e0 la choura. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : ADAM DAY<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>De toute fa\u00e7on, il se pourrait que la maison du peloton de Salavat ait \u00e9t\u00e9 une ruse, un geste de contrinsurrection pour la forme, alors qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9, on avait l\u2019intention de cr\u00e9er un d\u00e9sordre cin\u00e9tique \u00e0 Nakhonay. Des tireurs d\u2019\u00e9lite, qui \u00e9taient venus pour ce faire, avaient h\u00e2te de commencer \u00e0 tirer. Quelques heures apr\u00e8s leur arriv\u00e9e au camp, l\u2019un d\u2019entre eux est venu me voir pour me demander si j\u2019avais des photos \u00ab d\u2019objectifs de grande importance \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab Je suis un reporter \u00bb, lui r\u00e9pondis-je.<\/p>\n<p>\u00ab Oh \u00bb, dit-il, et il partit rapidement.<\/p>\n<p>En outre, le peloton de reconnaissance devait arriver. Et le 2e Peloton, le \u00ab peloton d\u2019attaque \u00bb, campait dans l\u2019all\u00e9e derri\u00e8re l\u2019\u00e9cole. Le commandant de la compagnie et l\u2019\u00e9quipe de son poste de commandement tactique \u00e9taient revenus aussi. La maison du peloton semblait \u00eatre devenue une base de rassemblement pour l\u2019invasion de Nakhonay.<\/p>\n<p>En d\u00e9but de soir\u00e9e, un message radio du haut commandement provenant du terrain d\u2019aviation de Kandahar nous amusa. Lors des consignes semi-r\u00e9guli\u00e8res pass\u00e9es \u00e0 toutes les positions canadiennes, quelqu\u2019un \u00e0 Kandahar a cru bon \u2014 et peut-\u00eatre avec raison \u2014 de rappeler \u00e0 tout le monde que les communications par l\u2019Internet pouvaient \u00eatre surveill\u00e9es par l\u2019ennemi. Alors, \u00e0 la tomb\u00e9e de la nuit, Talsma appela ses commandants pour leur lire la consigne selon laquelle tout le monde devait faire attention \u00e0 ne pas compromettre la s\u00e9curit\u00e9 op\u00e9rationnelle sur Facebook ou sur Twitter. Les soldats, perplexes, regard\u00e8rent tout autour. Il n\u2019y avait la lumi\u00e8re qu\u2019en quelques rares endroits \u00e0 Salavat, la situation concernant l\u2019eau \u00e9tait souvent d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e et on faisait ses besoins dans des seaux. L\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019Internet \u00e9tait inexistant.<\/p>\n<p><strong> XIIIe jour : Le jour de d\u00e9cision \u00e0 Salavat<\/strong><\/p>\n<p>Le matin du jour de d\u00e9cision, le camp \u00e9tait fr\u00e9n\u00e9tique, la cuisine \u00e9tait plus que bond\u00e9e et les soldats avalaient les toutes derni\u00e8res rations. \u00ab Dans l\u2019arm\u00e9e, de toutes les habilet\u00e9s, celle qu\u2019on apprend le mieux, c\u2019est comment souffrir \u00bb, dit Talsma d\u2019un air pi-teux alors qu\u2019il se pr\u00e9parait \u00e0 manger froide une omelette \u00e0 la sauce aux champignons sortie d\u2019un sac.<\/p>\n<p>Juste avant la choura, alors que les ain\u00e9s commen\u00e7aient \u00e0 arriver dans l\u2019enceinte voisine, le major Ryan Jurkowski, commandant de la compagnie Alpha, prit quelques minutes pour penser tout haut \u00e0 ce que tout cela signifiait.<\/p>\n<p>La d\u00e9cision de ce jour-l\u00e0 \u00e9tait des plus importantes \u00e0 presque tous les points de vue. Si les gens d\u00e9cidaient de partir, c\u2019\u00e9tait une perte. Une perte presque totale. S\u2019ils d\u00e9cidaient de rester, c\u2019\u00e9tait une victoire. Le d\u00e9nouement allait \u00eatre \u00e0 peu pr\u00e8s aussi d\u00e9cisif que n\u2019importe quelle bataille de contrinsurrection. \u00ab S\u2019ils d\u00e9cident de partir, c\u2019est symboliquement une motion de censure, dit Jurkowski. C\u2019est un r\u00e9f\u00e9rendum sur notre capacit\u00e9 \u00e0 les prot\u00e9ger. \u00bb<\/p>\n<p>Et il \u00e9tait int\u00e9ressant, pour une fois, de se trouver de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 d\u2019une action pressante et probablement inutile. C\u2019\u00e9tait normalement la coalition qui se trouvait dans cette position. Mais cette fois-ci, c\u2019\u00e9taient les villageois qui n\u2019\u00e9taient vraiment pas suffisamment renseign\u00e9s pour faire un bon choix sur ce qu\u2019ils devraient faire et, plut\u00f4t que d\u2019essayer de se renseigner davantage, ils avaient simplement d\u00e9cid\u00e9 d\u2019agir. \u00ab Que les gens de la place s\u2019en aillent ou qu\u2019ils restent, cela ne change en rien ce que nous devons faire, dit Jurkowski. M\u00eame s\u2019ils s\u2019en vont, nous devons montrer que nous sommes r\u00e9solus. Nous ne partirons pas de Salavat, quelle que soit leur d\u00e9cision.<\/p>\n<p>\u00ab S\u2019ils s\u2019en vont, cela veut dire que nous avons mal \u00e9valu\u00e9 l\u2019influence des talibans \u00e0 Salavat, poursuivit-il. Mais c\u2019est un monde ni blanc ni noir; rien n\u2019a \u00e9chou\u00e9, c\u2019est ainsi qu\u2019on r\u00e9sout les probl\u00e8mes en Afghanistan : on s\u2019en va. Et m\u00eame s\u2019ils s\u2019en vont, ils finiront par revenir. C\u2019est simplement une mani\u00e8re de survivre dans la r\u00e9gion. Je ne consid\u00e8re pas \u00e7a comme un \u00e9chec. Je consid\u00e8re que nous devons rajuster notre approche.<\/p>\n<p>\u00ab L\u2019\u00e9tat du village s\u2019occupe de lui-m\u00eame. Les \u00e9trangers \u2014 qu\u2019ils viennent d\u2019un autre pays ou d\u2019une autre vall\u00e9e \u2014 ne devraient pas lui donner un coup de main; et quand on admet qu\u2019on a besoin d\u2019aide, on est redevable envers la personne qui aide.<\/p>\n<p>\u00ab Il y a autre chose d\u2019int\u00e9ressant. Il revient au dirigeant du district de faire le n\u00e9cessaire pour que ses gens restent. Si c\u2019est un jour si important pour Salavat, o\u00f9 est Hajji Baran? \u00bb<\/p>\n<p>Le dirigeant du district \u00e9tait absent. \u00c0 la place, quand les ain\u00e9s du village s\u2019assirent, c\u2019est Saed qui se leva en premier \u00e0 nouveau, offrit ses salutations et fit un (long) discours.<\/p>\n<p>M\u00eame si c\u2019\u00e9tait une petite victoire, une victoire compliqu\u00e9e \u00e9tant donn\u00e9 la complexit\u00e9 de Saed, il \u00e9tait remarquable de finalement voir un membre de l\u2019Arm\u00e9e nationale afghane (ANA) dans une position de chef.<\/p>\n<p>Un des ain\u00e9s se leva apr\u00e8s le discours de Saed, durant lequel il promettait \u00e0 nouveau aux villageois des panneaux solaires, des tapis pour leurs mosqu\u00e9es et d\u2019autres choses s\u00fbrement difficiles \u00e0 obtenir. \u00ab Je n\u2019\u00e9couterais jamais le discours d\u2019un diable; jamais \u00bb, dit l\u2019ain\u00e9, impassible, fort probablement \u00e0 propos des Canadiens. \u00ab Mais je suis avec vous. \u00bb<\/p>\n<p>Il \u00e9tait clair \u00e0 ce moment-l\u00e0 que les villageois allaient rester.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" style=\"vertical-align: middle;\" title=\"Le caporal-chef Paul Guilmane \u00e0 Salavat Ghar observe la ville de Nakhonay. [PHOTO : ADAM DAY]\" src=\"..\/..\/en\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/AfghanInset5.jpg\" alt=\"Le caporal-chef Paul Guilmane \u00e0 Salavat Ghar observe la ville de Nakhonay. [PHOTO : ADAM DAY]\" width=\"515\" height=\"865\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Le caporal-chef Paul Guilmane \u00e0 Salavat Ghar observe la ville de Nakhonay. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : ADAM DAY<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Une autre chose \u00e9tait claire : Saed avait atteint son but apparent de devenir l\u2019homme fort de la localit\u00e9.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait donc le moment de n\u00e9gocier. Les villageois, puisqu\u2019ils allaient rester, voulaient quelques concessions des Canadiens.<\/p>\n<p>Ils voulaient une clinique m\u00e9dicale \u2014 et ils la voulaient dans l\u2019\u00e9cole o\u00f9 \u00e9taient bas\u00e9s les Canadiens.<\/p>\n<p>Cependant, plus que tout, ils voulaient que les forces afghanes et canadiennes arr\u00eatent de s\u2019introduire dans leurs enceintes et qu\u2019elles arr\u00eatent de patrouiller dans leur village.<\/p>\n<p>Ils se lev\u00e8rent un par un et dirent avoir peur que si les patrouilles n\u2019arr\u00eataient pas de passer par le village, il finirait par y avoir de la violence. Ils ne s\u2019inqui\u00e9taient pas outre mesure de savoir qui avait le contr\u00f4le de la r\u00e9gion : tant qu\u2019on ne tirait pas sur leur village, tant qu\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019explosions tuant leurs enfants, ils \u00e9taient satisfaits.<\/p>\n<p>Le commandant de la compagnie Alpha interrompit la litanie de plaintes afin de se pr\u00e9senter.<\/p>\n<p>\u00ab Je vous remercie de votre accueil, et je remercie Saed de m\u2019avoir expliqu\u00e9 tant de probl\u00e8mes. Pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis le major Jurkowski; je travaille avec le commandant de Saed. Je suis tr\u00e8s heureux que nous soyons tous ici, que nous discutions de ce que nous devons faire ensemble, sous la direction de Saed de l\u2019ANA. Il y a deux observations que j\u2019aimerais faire, une sur le d\u00e9veloppement et l\u2019autre sur la s\u00e9curit\u00e9. Nous sommes la Force internationale d\u2019assistance \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9, nous travaillons pour l\u2019ANA. Nous sommes venus maintenir la s\u00e9curit\u00e9 du village de Salavat. Et cela touche au d\u00e9veloppement, car la s\u00e9curit\u00e9 et le d\u00e9veloppement vont de pair. Quand je pourrai rapporter \u00e0 mes chefs que Salavat est en s\u00e9curit\u00e9, le d\u00e9veloppement suivra. Jusqu\u2019alors, on ne peut travailler que sur de petits projets ici et l\u00e0.<\/p>\n<p>\u00ab On voudrait l\u2019aide des gens d\u2019ici pour nos petits projets. On a actuellement un projet de mettre du gravier dans le stationnement de l\u2019\u00e9cole, mais aucun travailleur de Salavat n\u2019est venu. Amenez-moi donc des travailleurs et j\u2019annulerai ce projet-l\u00e0 pour les faire travailler \u00e0 celui-ci. Il y a autre chose que je pourrais faire : vous aider \u00e0 hiverniser votre village. \u00bb<\/p>\n<p>Ensuite, Talsma se leva pour s\u2019adresser aux ain\u00e9s, dont il avait rencontr\u00e9 un bon nombre au cours des derni\u00e8res semaines dans la ville et devant leurs enceintes. Il ne parla pas longtemps, mais il mentionna plusieurs points importants, disant aux villageois que \u00ab la peur, c\u2019est la noirceur, et le mal triomphe dans le noir. Ensemble, nous pouvons repousser la noirceur et apporter de la lumi\u00e8re \u00e0 Salavat \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019interpr\u00e8te, qui avait oisivement arrach\u00e9 des herbes pendant que Talsma parlait, attendit la fin du discours et en fit un r\u00e9sum\u00e9 extr\u00eamement bref. Talsma lui jeta un coup d\u2019\u0153il interrogateur.<\/p>\n<p>On apprit par la suite que l\u2019interpr\u00e8te avait fait un tr\u00e8s mauvais travail en ce qui concernait les discours de Jurkowski et de Talsma. Il avait notamment dit aux villageois que Jurkowski voulait les aider \u00e0 apporter l\u2019hiver \u00e0 leurs villages et que Talsma voulait apporter la lumi\u00e8re dans leurs foyers. Cela expliquait l\u2019air quelque peu perplexe qu\u2019on pouvait lire sur le visage des villageois.<\/p>\n<p>Il faut le dire, l\u2019incapacit\u00e9 des Canadiens de communiquer de mani\u00e8re fiable avec les villageois rend la t\u00e2che de gagner leur confiance bien difficile. La langue est une arme tr\u00e8s puissante dans ce combat. Ce n\u2019est pas que les atouts n\u2019existent pas \u2014 il existe des interpr\u00e8tes assez habiles pour s\u2019occuper de manifestations complexes comme les chouras et les n\u00e9gociations \u2014 mais il n\u2019y en a pas suffisamment avec les soldats qui en ont besoin sur le terrain pour mener \u00e0 bien leur mission. Que les soldats fussent envoy\u00e9s \u00e0 la guerre sans les outils dont ils ont besoin, ce n\u2019avait rien de nouveau, mais \u00e7a fait toujours mal de voir une mission min\u00e9e par quelque chose de si fondamental et de si pr\u00e9visible que la langue.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"vertical-align: middle;\" title=\"Le major Ryan Jurkowski (\u00e0 d.) et le lieutenant Saed (\u00e0 g.) s\u2019asseoient pr\u00e8s des ain\u00e9s de Salavat \u00e0 la derni\u00e8re choura. [PHOTO : ADAM DAY]\" src=\"..\/..\/en\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/AfghanInset8.jpg\" alt=\"Le major Ryan Jurkowski (\u00e0 d.) et le lieutenant Saed (\u00e0 g.) s\u2019asseoient pr\u00e8s des ain\u00e9s de Salavat \u00e0 la derni\u00e8re choura. [PHOTO : ADAM DAY]\" width=\"515\" height=\"343\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Le major Ryan Jurkowski (\u00e0 d.) et le lieutenant Saed (\u00e0 g.) s\u2019asseoient pr\u00e8s des ain\u00e9s de Salavat \u00e0 la derni\u00e8re choura. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : ADAM DAY<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Imm\u00e9diatement apr\u00e8s la choura, Talsma envoya un d\u00e9tachement faire un grand arc dans Salavat et dans le village avoisi-nant de Khairo Kala, r\u00e9solu \u00e0 montrer aux villageois, ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019ennemi, que le 1er Peloton \u00e9tait toujours actif.<\/p>\n<p>Il y avait une diff\u00e9rence remarquable dans les villages pendant cette patrouille. C\u2019\u00e9taient les enfants; ils n\u2019acceptaient plus nos bonbons. Chaque fois qu\u2019on leur en offrait, ils gardaient les mains ferm\u00e9es et regardaient autour d\u2019eux d\u2019un air coupable, peu dispos\u00e9s \u00e0 prendre le risque de se faire attraper par les gens \u2014 probablement des ennemis \u2014 qui les avaient avertis de ne pas s\u2019approcher de nous.<\/p>\n<p>La contrinsurrection, c\u2019est un peu \u00e7a aussi : une tentative de leur faire manger des bonbons. Pour bien des raisons, c\u2019est beaucoup plus difficile qu\u2019on ne le croirait.<\/p>\n<p>Finalement, la patrouille tourna le dernier coin en direction de la base \u2014tout pr\u00e8s du magasin o\u00f9 tant de bienveillance avait \u00e9t\u00e9 engendr\u00e9e lors de la fr\u00e9n\u00e9sie d\u2019achats du sergent Dwayne MacDougall quelques jours auparavant \u2014 et l\u00e0 se trouvait \u00ab la punition du nord \u00bb, l\u2019ain\u00e9 intol\u00e9rant du nord de Salavat qui avait fait tout ce qu\u2019il pouvait pour \u00e9conduire le 1er Peloton au cours des deux derni\u00e8res semaines. Il nous fixa d\u2019un \u0153il impassible lorsque nous nous approch\u00e2mes de lui. MacDougall lui cria gaiement \u00ab Manana \u00bb, sa fameuse salutation et, incroyablement, le visage du vieux grincheux s\u2019\u00e9claira d\u2019un large sourire. Il se leva, serra la main de MacDougall et lui offrit du th\u00e9.<\/p>\n<p>Personne ne s\u2019attendait \u00e0 une si grande r\u00e9ussite.<\/p>\n<p>Peu apr\u00e8s, la patrouille fut de retour dans l\u2019enceinte bond\u00e9e, saine et sauve. Les tubes \u00e0 pipi \u00e9taient surcharg\u00e9s, toutes les tasses avaient disparu et l\u2019unique t\u00e9l\u00e9phone satellite \u00e9tait bris\u00e9.<\/p>\n<p>Tout le monde s\u2019assit par terre pour raconter des blagues.<\/p>\n<p><strong>XIVe jour : Le 1er Peloton se retire pour\u00a0se\u00a0reposer<\/strong><\/p>\n<p>Le dernier matin avant le repos et la remise \u00e0 neuf de l\u2019\u00e9quipement, un h\u00e9licopt\u00e8re am\u00e9ricain Blackhawk survola la base \u00e0 toute vitesse, \u00e0 environ 30 pieds du sol, lan\u00e7ant des fus\u00e9es \u00e9clairantes \u00e0 profusion qui bien s\u00fbr frapp\u00e8rent les tentes et les soldats \u00e0 grande vitesse, toujours en feu. Un soldat du 2e Peloton fut atteint \u00e0 la jambe, ce qui le rendit tr\u00e8s m\u00e9content. Des sacs de sable furent enflamm\u00e9s. C\u2019\u00e9tait simplement un incident parmi d\u2019autres.<\/p>\n<p>Quand on pense au f\u00e2cheux passage du Blackhawk au-dessus de la maison du peloton, il est \u00e9vident que le d\u00e9ploiement terrifiant des machines de guerre, sans raison, rend les villageois m\u00e9fiants, pour ne pas dire farouches.<\/p>\n<p>La violence, impr\u00e9visible, menace constamment.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 Talsma, il comprend les probl\u00e8mes des villageois clairement, mais pour lui, les r\u00e9sultats potentiels valent les risques. \u00ab D\u2019apr\u00e8s moi, nous d\u00e9stabilisons la r\u00e9gion o\u00f9 nous allons \u2014 avec les h\u00e9licopt\u00e8res, les tirs d\u2019\u00e9clairage, les soldats en patrouille, tout \u00e7a \u2014 de mani\u00e8re temporaire. Les villageois se disent : \u00ab vraiment, je ne me sens pas plus en s\u00e9curit\u00e9 \u00bb et ils n\u2019ont peut-\u00eatre pas tort. Cependant, tout irait mieux pour tout le monde \u00e0 long terme, parce qu\u2019il y aura des routes, des cliniques, bref une meilleure vie. Mais on ne va pas amorcer la construction avant que les combats ne soient finis. Et nous ne permettrons pas aux talibans de prendre le pouvoir. \u00bb<\/p>\n<p>Talsma, assis, avait un large sourire, son fameux sourire. Il ne faisait que commencer. \u00ab Je suis un id\u00e9aliste. Je crois vraiment en la libert\u00e9; c\u2019est une valeur que l\u2019on devrait rendre universelle. Je ne blague pas quand je dis que la peur, c\u2019est la noirceur, et que le mal triomphe dans le noir. Si on reste fid\u00e8le \u00e0 cet id\u00e9al, je pense qu\u2019on peut apporter des changements positifs; peut-\u00eatre pas pour une nation, mais pour une personne ici et l\u00e0. Je dois croire que c\u2019est vrai. Et je pense que c\u2019est une corruption de notre caract\u00e8re national que d\u2019avoir si peur d\u2019imposer notre volont\u00e9 \u00e0 quelqu\u2019un d\u2019autre. Je pense que les talibans sont dans l\u2019erreur et que chaque personne devrait \u00eatre libre de vivre sa vie comme bon lui semble.<\/p>\n<p>\u00ab Et, bien entendu, l\u2019ironie, c\u2019est qu\u2019on les y oblige par la violence \u00bb, ajouta Talsma.<\/p>\n<p>\u00ab Mais c\u2019est la nature de la guerre, j\u2019imagine. On a une intention en arrivant : l\u2019intention de fixer des limites, de dire non au terrorisme. Et maintenant, dit-il en regardant autour de lui, cet endroit n\u2019est pas le meilleur pour l\u2019entrainement et l\u2019exportation du terrorisme. C\u2019est donc une victoire.<\/p>\n<div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"vertical-align: middle;\" title=\"Les r\u00e9sidants de Salavat observent le 1er Peloton en patrouille. [PHOTO : ADAM DAY]\" src=\"..\/..\/en\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/AfghanInset9.jpg\" alt=\"Les r\u00e9sidants de Salavat observent le 1er Peloton en patrouille. [PHOTO : ADAM DAY]\" width=\"515\" height=\"439\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Les r\u00e9sidants de Salavat observent le 1er Peloton en patrouille. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : ADAM DAY<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>\u00ab Mais maintenant on doit faire face aux cons\u00e9quences \u00e0 la fois de nos actions, de n\u2019avoir pas suffisamment de troupes pour commencer, et du fait que c\u2019\u00e9tait un \u00c9tat en d\u00e9route au d\u00e9part. Maintenant que le lait de Perrette est renvers\u00e9, adieu veau, vache, cochon, couv\u00e9e; personne ne pourra se tenir la t\u00eate haute si on ne va quelque part que pour rouer les gens de coups et repartir, car non seulement l\u2019Afghanistan reviendrait au point de d\u00e9part, il serait encore pire. \u00bb<\/p>\n<p>Comme le chef militaire canadien en Afghanistan, le perspicace g\u00e9n\u00e9ral Jonathan Vance, le fait remarquer, c\u2019est \u00ab comme si on fabriquait un cube de Rubik et qu\u2019on essayait de le r\u00e9soudre en m\u00eame temps \u00bb.<\/p>\n<p>Sauf que ce n\u2019est pas un jeu. C\u2019est un conflit ethnique dont la violence empire, dans un pays qui semble fait pour la guerre civile, o\u00f9 nos bonnes intentions ne semblent vraiment pas \u00eatre tr\u00e8s bien traduites dans sa langue vernaculaire.<\/p>\n<p>Seul l\u2019avenir nous dira si la petite t\u00eate de pont prise par le peloton \u00e0 Salavat donnera lieu \u00e0 quelque chose de plus grand et de meilleur. Les chefs du 1er Peloton ont un r\u00eave; c\u2019est le r\u00eave d\u2019un Salavat prosp\u00e8re. Dans ce r\u00eave, il y a une grosse g\u00e9n\u00e9ratrice d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 dont se charge un Afghan de la localit\u00e9; il y a une \u00e9cole pleine d\u2019enseignants et de petites filles; il y a une clinique m\u00e9dicale; il y a la confiance entre les gens de l\u2019endroit et les forces de s\u00e9curit\u00e9; il y a le bonheur.<\/p>\n<p>Pendant quelques jours \u00e0 la fin d\u2019octobre 2009, le r\u00eave ne paraissait pas compl\u00e8tement impossible.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait le premier stade de la bataille de Salavat et pas un coup de feu n\u2019avait \u00e9t\u00e9 tir\u00e9. Qui avait gagn\u00e9? Le 1er Peloton.<\/p>\n<p><strong>Mission Afghanistan : Le combat pour Salavat \u2013 Les cinq articles de la s\u00e9rie se trouvent \u00e0 legionmagazine.com.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 1er Peloton gravit Salavat Ghar au petit matin. PHOTO : ADAM DAY Les villageois d\u00e9cident Le pr\u00e9sent fascicule est le dernier de notre s\u00e9rie sur les efforts d\u00e9ploy\u00e9s par le 1er Peloton de la Compagnie Alpha du 1er Bataillon de la Princess Patricia\u2019s Canadian Light Infantry (PPCLI) dans le but de gagner la confiance [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-665","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-principaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/665","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=665"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/665\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=665"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=665"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=665"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}