{"id":6515,"date":"2024-04-22T13:51:35","date_gmt":"2024-04-22T17:51:35","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/?p=6515"},"modified":"2024-04-22T13:51:35","modified_gmt":"2024-04-22T17:51:35","slug":"service-secret-quand-deux-canadiens-francophones-menerent-un-reseau-devasion-en-europe-lors-de-loccupation-nazie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2024\/04\/service-secret-quand-deux-canadiens-francophones-menerent-un-reseau-devasion-en-europe-lors-de-loccupation-nazie\/","title":{"rendered":"Service Secret : Quand deux Canadiens francophones men\u00e8rent un r\u00e9seau d\u2019\u00e9vasion en Europe lors  de l\u2019occupation nazie"},"content":{"rendered":"<p><div class=\"caption_img\">\r\n        <a href=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/ExpMilBehindEnemyLinesPassport768x1212.jpg\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6516 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/ExpMilBehindEnemyLinesPassport768x1212.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"564\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/ExpMilBehindEnemyLinesPassport768x1212.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/ExpMilBehindEnemyLinesPassport768x1212-300x212.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/ExpMilBehindEnemyLinesPassport768x1212-768x541.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/a>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Fausses cartes d&#8217;identit\u00e9 de\u00a0Raymond LaBrosse (\u00e0 gauche) et de Lucien Dumais. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Anciens combattants Canada\/rcsigs.ca; The Man Who Went Back<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div><strong>Le MI9 \u00e9tait<\/strong> le service de renseignement militaire qui avait pour mission de ramener en Grande-Bretagne les <span class=\"s1\">prisonniers alli\u00e9s \u00e9vad\u00e9s et<\/span> les aviateurs qui s\u2019\u00e9taient \u00e9cras\u00e9s en Europe, alors occup\u00e9e par les nazis. Il s\u2019agissait d\u2019un travail extr\u00eamement dangereux <span class=\"s2\">pour les agents du service et pour leur r\u00e9seau de partisans. Les op\u00e9rations en France \u00e9taient d\u00e9volues \u00e0 des agents qui parlaient fran\u00e7ais, et parmi les recrues du MI9 les plus accomplies se trouvaient <\/span>deux braves volontaires canadiens-fran\u00e7ais.<\/p>\n<p class=\"p2\">Le Montr\u00e9alais Lucien Dumais \u00e9tait un sergent \u00e0 <span class=\"s2\">l\u2019esprit vif de 38 ans. Membre <\/span><span class=\"s3\">des Fusiliers Mont-Royal <\/span>et captur\u00e9 en aout 1942 lors du\u00a0raid de Dieppe, il s\u2019\u00e9tait \u00e9chapp\u00e9 du train qui le conduisait \u00e0 un camp de prisonniers de guerre. Une fois revenu en Angleterre, il\u00a0s\u2019\u00e9tait port\u00e9 volontaire <span class=\"s2\">pour\u00a0servir au sein du MI9.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">L\u2019Ottavien Raymond LaBrosse, sans-filiste du Corps royal canadien des transmissions, \u00e9tait parti outre-mer en 1940 au jeune \u00e2ge de 19 ans. Le service de renseignement avait bien not\u00e9 sa comp\u00e9tence professionnelle convoit\u00e9e et son bilinguisme, et le jeune homme, aussi calme que hardi, se porta \u00e9galement volontaire pour les op\u00e9rations en France. <\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">En f\u00e9vrier 1943, il avait \u00e9t\u00e9 parachut\u00e9 avec un compagnon aux abords de Paris. Ils avaient pour t\u00e2che d\u2019organiser un groupe d\u2019agents et une route secr\u00e8te<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">vers la c\u00f4te pour les soldats et aviateurs alli\u00e9s fuyant les Allemands. Mais, la Gestapo avait infiltr\u00e9 la fili\u00e8re au bout de quelques mois \u00e0 peine. LaBrosse put s\u2019enfuir et retourner en\u00a0Grande-Bretagne en passant par l\u2019Espagne, puis par Gibraltar.<\/span><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">\u00c0 la fin du\u00a0mois de mars 1944, l\u2019op\u00e9ration Bonaparte avait pu faire quitter le continent \u00e0 128 aviateurs (dont 94 Am\u00e9ricains). <\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">LaBrosse fut promu lieutenant cet \u00e9t\u00e9-l\u00e0, et on lui adjoignit Dumais pour \u00e9tablir une nouvelle fili\u00e8re d\u2019exfiltration. Eux qui avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9chapp\u00e9 aux Allemands allaient risquer \u00e0 nouveau leur vie pour appuyer d\u2019autres \u00e9vasions. \u00ab Nous avons tout de suite \u00e9t\u00e9 une \u00e9quipe soud\u00e9e\u00a0\u00bb, a soulign\u00e9 LaBrosse. <\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">L\u2019organisation du duo, du nom de code Bonaparte, faisait partie du r\u00e9seau d\u2019exfiltration \u00ab Shelburne \u00bb du MI9, et c\u2019est celle qui eut le plus de succ\u00e8s en France.<\/span><\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <a href=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/a115860-v8.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"wp-image-6517 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/a115860-v8.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"599\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/a115860-v8.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/a115860-v8-300x225.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/a115860-v8-768x575.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/a115860-v8-400x300.jpg 400w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/a>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Un train logistique allemand d\u00e9railla pr\u00e8s d&#8217;Abbeville, France, en septembre 1944. Des agents secrets canadiens coop\u00e9raient avec les r\u00e9sistants fran\u00e7ais \u00e0 de telles missions de sabotage.<\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Donald I. Grant\/MDN\/BAC\/PA-115860<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p3\"><b>Les deux Canadiens<\/b> furent m\u00e9ticuleusement form\u00e9s aux op\u00e9rations clandestines, et on leur donna des pseudonymes et de faux papiers d\u2019identit\u00e9. LaBrosse s\u2019occupait de la radio, camoufl\u00e9e en valise par pr\u00e9caution, et il assurait la communication avec le MI9.<\/p>\n<p class=\"p1\">Un avion Lysander les largua au-dessus d\u2019un champ \u00e0 l\u2019ouest de Paris en novembre 1943. Arm\u00e9s de pistolets, ils disposaient d\u2019une belle somme, de cartes routi\u00e8res et m\u00eame de tickets du m\u00e9tro de Paris. Leur accent canadien pouvait \u00eatre pris pour du patois r\u00e9gional. \u00ab Ce \u00e0 quoi il fallait faire tr\u00e8s attention, a \u00e9voqu\u00e9 LaBrosse des ann\u00e9es plus tard, c\u2019\u00e9tait d\u2019employer ni argot ni expressions en fran\u00e7ais canadien. \u00bb<\/p>\n<p class=\"p1\">LaBrosse et Dumais prirent contact avec des membres de la r\u00e9sistance fran\u00e7aise et d\u2019autres courageux citoyens qui offraient des maisons sures, des vivres et des v\u00eatements aux agents et aux aviateurs abattus. Ils servaient aussi de guides jusqu\u2019au village c\u00f4tier breton de Plouha, sous \u00e9troite surveillance allemande. L\u00e0-bas, les fugitifs \u00e9taient cach\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019une canonni\u00e8re motoris\u00e9e britannique passe les chercher.<\/p>\n<p class=\"p1\">La premi\u00e8re \u00e9vacuation r\u00e9ussie, qui permit \u00e0 16 aviateurs et deux agents britanniques de rentrer chez eux, eut lieu par une nuit sans lune du 29 janvier 1944.<\/p>\n<p class=\"p1\">\u00c0 la fin du mois de mars 1944, l\u2019op\u00e9ration Bonaparte avait pu faire quitter le continent \u00e0 128 aviateurs (dont 94 Am\u00e9ricains). Le plan Shelburne vint en aide \u00e0 307 personnes en tout. \u00ab Notre d\u00e9cision concernant les deux hommes s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e judicieuse, et ils ont obtenu de magnifiques r\u00e9sultats \u00bb, \u00e9crivit le capitaine Airey Neave du MI9.<\/p>\n<p class=\"p1\">Apr\u00e8s les d\u00e9barquements du jour J, Dumais et LaBrosse combattirent aux c\u00f4t\u00e9s de r\u00e9sistants fran\u00e7ais jusqu\u2019\u00e0 l\u2019arriv\u00e9e des troupes alli\u00e9es. Ils surv\u00e9curent \u00e0 la guerre, et tous deux re\u00e7urent la Croix militaire ainsi que des d\u00e9corations fran\u00e7aises et am\u00e9ricaines.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le MI9 \u00e9tait le service de renseignement militaire qui avait pour mission de ramener en Grande-Bretagne les prisonniers alli\u00e9s \u00e9vad\u00e9s et les aviateurs qui s\u2019\u00e9taient \u00e9cras\u00e9s en Europe, alors occup\u00e9e par les nazis. Il s\u2019agissait d\u2019un travail extr\u00eamement dangereux pour les agents du service et pour leur r\u00e9seau de partisans. Les op\u00e9rations en France \u00e9taient [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":6516,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-6515","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles-principaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6515","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6515"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6515\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6516"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6515"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6515"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6515"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}