{"id":6433,"date":"2023-08-14T15:20:11","date_gmt":"2023-08-14T19:20:11","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=6433"},"modified":"2023-08-14T15:20:11","modified_gmt":"2023-08-14T19:20:11","slug":"le-legs-de-curtiss","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2023\/08\/le-legs-de-curtiss\/","title":{"rendered":"Le legs de Curtiss"},"content":{"rendered":"<div class=\"caption_img\">\r\n        <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6434 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/1870.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"467\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/1870.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/1870-300x175.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/1870-768x448.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Un hydravion \u00e0 coque Curtiss HS-2L (\u00e0 gauche) de la marine am\u00e9ricaine sur la rampe de d\u00e9part de la base am\u00e9ricaine \u00e0 Baker&#8217;s Point, passage Eastern <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Mus\u00e9e de l\u2019air de Shearwater (3)<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b><i>\u00ab On m\u2019a rapport\u00e9 hier <\/i><\/b><\/span><span class=\"s2\"><i>que l\u2019apparition inattendue d\u2019appareils du service a\u00e9rien avait suscit\u00e9 un grand \u00e9moi. Nous n\u2019avons eu aucune information sur leur ajout \u00e0 la garnison. Je serais heureux d\u2019en avoir, car la forteresse est dot\u00e9e de d\u00e9fenses antia\u00e9riennes. Les demandes de renseignements de la population civile indiquent qu\u2019elle s\u2019attend \u00e0 une annonce. \u00bb<\/i><\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">La lettre du 25 aout 1918 aux<br \/>\nautorit\u00e9s navales de l\u2019officier sup\u00e9rieur de la Citadelle d\u2019Halifax<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>\u00e9tait claire\u00a0: \u00e0 moins d\u2019un pr\u00e9avis indiquant qu\u2019un a\u00e9ronef allait survoler la ville, l\u2019appareil pourrait \u00eatre suspect\u00e9 d\u2019\u00eatre un\u00a0avion ennemi et \u00eatre abattu.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Les a\u00e9ronefs qui avaient surpris la\u00a0population civile et militaire d\u2019Halifax \u00e9taient deux hydravions \u00e0\u00a0coque Curtiss HS-2L de la United\u00a0States Navy (USN). Ils \u00e9taient bas\u00e9s \u00e0 Baker\u2019s Point, dans le passage Eastern, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du\u00a0port d\u2019Halifax.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Mais, que faisaient-ils l\u00e0?<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s2\"><b>La pr\u00e9face de l\u2019histoire<\/b> des a\u00e9ronefs de l\u2019a\u00e9ronavale am\u00e9ricaine \u00e0 Baker\u2019s Point remonte aux d\u00e9buts d\u2019une campagne allemande contre le transport maritime pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale. L\u2019Allemagne avait commenc\u00e9 \u00e0 <\/span><span class=\"s3\">utiliser des sous-marins \u00e0 grande \u00e9chelle, les \u00ab unterseebooten \u00bb comme on les appelait du c\u00f4t\u00e9 allemand, ou les \u00ab U-boots \u00bb chez les Alli\u00e9s. Les pertes de navires des Alli\u00e9s augment\u00e8rent de fa\u00e7on astronomique.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s3\">L\u2019Allemagne mena en fait deux campagnes contre le transport maritime pendant la guerre. La premi\u00e8re, de f\u00e9vrier \u00e0 septembre 1915, eut beaucoup de succ\u00e8s : elle fit couler presque un million de tonnes de navires. Elle ne fut abandonn\u00e9e qu\u2019\u00e0 cause du toll\u00e9 aux\u00a0\u00c9tats-Unis apr\u00e8s le naufrage du paquebot britannique <i>Lusitania<\/i> le 7 mai 1915. Il y avait 128 Am\u00e9ricains parmi les 1\u2009200 morts.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s3\">Cependant, le 1<sup>er<\/sup> f\u00e9vrier 1917, le grand \u00e9tat-major allemand d\u00e9clencha une autre campagne d\u2019U-boots sans limites, car il estimait disposer de suffisamment de sous-marins pour obliger la Grande-Bretagne \u00e0\u00a0capituler. Toutefois, pour le succ\u00e8s de la campagne, les U-boots devaient se montrer sans piti\u00e9 contre les bellig\u00e9rants et les neutres, les b\u00e2timents de guerre, les cargos et les paquebots, dans les\u00a0eaux britanniques ou \u00e0 desti-nation de la Grande-Bretagne. Les\u00a0Allemands savaient fort bien qu\u2019attaquer tous les navires risquait de faire entrer les \u00c9tats-Unis en guerre, mais c\u2019\u00e9tait un risque qu\u2019ils\u00a0\u00e9taient pr\u00eats \u00e0 courir.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Cette d\u00e9claration inqui\u00e9ta consid\u00e9rablement le gouvernement du\u00a0Canada. Le 10 f\u00e9vrier, lors d\u2019une r\u00e9union, un comit\u00e9 interminist\u00e9riel recommanda la cr\u00e9ation d\u2019une a\u00e9ronavale de la Marine royale du Canada pour la d\u00e9fense de la c\u00f4te est. Deux jours plus tard, le comit\u00e9 \u00e9tablissait une exigence minimale de bases d\u2019hydravions \u00e0 Halifax et \u00e0 Sydney, N.-\u00c9.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Ottawa demanda l\u2019aide de la Grande-Bretagne pour \u00e9tayer la proposition, et les Britanniques envoy\u00e8rent un aviateur naval chevronn\u00e9 \u00e9tudier l\u2019id\u00e9e. En fin de compte, sa recommandation de cr\u00e9er une a\u00e9ronavale de 300 hommes et 34 hydravions stationn\u00e9s dans deux bases \u2013 au prix de 1,5 million de dollars \u2013 fut refus\u00e9e par le Canada. Le cout en argent, en hommes et\u00a0en mat\u00e9riel fut jug\u00e9 excessif.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Pendant ce temps, pour affron-ter la menace des U-boots, la Marine royale relan\u00e7a le syst\u00e8me de convois et adopta d\u2019autres mesures d\u00e9fensives contre les sous-marins, comme les bateaux-leurres (les \u00ab Q-ships \u00bb, des navires avec des armes dissimul\u00e9es) et les canons sur les marchands. Pourtant, les pertes caus\u00e9es par les U-boots allaient croissant.<\/span><\/p>\n<p><div class=\"caption_img\">\r\n        <img decoding=\"async\" class=\"wp-image-6435 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/SAM-P-2416.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"632\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/SAM-P-2416.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/SAM-P-2416-300x237.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/SAM-P-2416-768x607.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>N.-\u00c9. Byrd est assis devant et au centre, entour\u00e9 de ses officiers \u00e0 la station en 1918 <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Mus\u00e9e de l\u2019air de Shearwater<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div><div class=\"caption_img\">\r\n        <img decoding=\"async\" class=\"wp-image-6436 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/SAM-P-1260-Byrd-with-Dog.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"1011\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/SAM-P-1260-Byrd-with-Dog.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/SAM-P-1260-Byrd-with-Dog-237x300.jpg 237w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/SAM-P-1260-Byrd-with-Dog-768x971.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>La base \u00e9tait supervis\u00e9e par le capitaine de corvette (M) Richard Byrd, photographi\u00e9 avec son grand danois <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Mus\u00e9e de l\u2019air de Shearwater<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Puis, en janvier 1918, la Marine royale avertit Ottawa de s\u2019attendre \u00e0 \u00ab une attaque par l\u2019un des nouveaux sous-marins ennemis dans les eaux canadiennes d\u00e8s le mois de mars \u00bb. Un message ult\u00e9rieur du 11 mars souligna \u00e0 nouveau la menace et sugg\u00e9ra diverses contre-mesures.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Il s\u2019agissait notamment de la construction d\u2019hydravions et l\u2019\u00e9tablissement de bases a\u00e9riennes pour patrouiller sur la c\u00f4te. Mais, le gouvernement canadien ne disposait pas d\u2019a\u00e9ronef militaire, et les Britanniques n\u2019en avaient pas \u00e0 lui donner. La marine du Canada n\u2019avait \u00e9t\u00e9 institu\u00e9e qu\u2019en 1910, et ses efforts principaux visaient l\u2019approvisionnement en bateaux plut\u00f4t qu\u2019en avions pour une a\u00e9ronavale. Le Canada n\u2019avait alors pas d\u2019aviation.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Les Am\u00e9ricains avaient d\u00e9clar\u00e9 la guerre \u00e0 l\u2019Allemagne le 6 avril de l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, lorsque plusieurs navires \u00e9tasuniens avaient \u00e9t\u00e9 coul\u00e9s en f\u00e9vrier et en mars. Cela s\u2019\u00e9tait ajout\u00e9 au c\u00e9l\u00e8bre t\u00e9l\u00e9gramme de Zimmerman, qui promettait au Mexique le retour des \u00c9tats du sud-ouest perdus lors de la guerre mexico-am\u00e9ricaine de\u00a01846-1848 s\u2019il joignait ses forces \u00e0 l\u2019Allemagne contre les \u00c9tats-Unis.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Les \u00c9tats-Unis \u00e9taient d\u00e9sormais dans le conflit. Une conf\u00e9rence eut lieu \u00e0 Washington au printemps 1918, \u00e0 laquelle particip\u00e8rent des\u00a0repr\u00e9sentants de la MR, de la MRC et de l\u2019USN pour discuter de patrouilles a\u00e9riennes au-dessus des eaux c\u00f4ti\u00e8res canadiennes. Il\u00a0en r\u00e9sulta un plan complet afin d\u2019\u00e9tablir des bases a\u00e9riennes en Nouvelle-\u00c9cosse et \u00e0 Terre-Neuve.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Halifax et Sydney \u00e9taient prio-ritaires : chaque base aurait six\u00a0hydravions, trois dirigeables et quatre ballons cerfs-volants (attach\u00e9s en permanence). Elles seraient situ\u00e9es pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 Baker\u2019s Point, au passage Eastern, et \u00e0 Kelly Beach, au nord de Sydney. Les \u00c9tats-Unis fourniraient aussi six chasseurs de sous-marins, deux\u00a0torpilleurs et un sous-marin pour intensifier les patrouilles.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Les Am\u00e9ricains allaient fournir du mat\u00e9riel et des pilotes jusqu\u2019\u00e0 ce que les Canadiens puissent prendre la rel\u00e8ve \u00e0 l\u2019issue d\u2019une formation (aux \u00c9tats-Unis) et de l\u2019obtention du mat\u00e9riel n\u00e9cessaire. La cr\u00e9ation du Service a\u00e9ronaval de la Marine royale du Canada, refus\u00e9 auparavant par le gouvernement, fut alors approuv\u00e9e. Le recrutement pour un service de 500 hommes commen\u00e7a le 8 aout.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\"><b>C\u2019est l\u00e0 que<\/b> le lieutenant (M) Richard Byrd, surnomm\u00e9 Dickie, entra en sc\u00e8ne. Byrd, aviateur de la navale, \u00e9tait impatient d\u2019aller faire la guerre en Europe. Il avait \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 fond le nouveau secteur a\u00e9rien et\u00a0avait donc une grande expertise.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Byrd \u00e9tait aux anges quand il re\u00e7ut l\u2019ordre de se rendre \u00e0 Washington, certain que la marine avait accept\u00e9 sa proposition de\u00a0piloter un nouvel hydravion g\u00e9ant jusqu\u2019en Europe. Mais, sur place, on lui dit d\u2019aller \u00e0 Halifax prendre le commandement d\u2019une base a\u00e9rienne de l\u2019USN.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Sauf que la base n\u2019existait pas encore : il lui faudrait d\u2019abord la b\u00e2tir. Byrd serait charg\u00e9 de tenir les sous-marins allemands \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la c\u00f4te et d\u2019escorter les convois \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e et au d\u00e9part \u00e0 Halifax et \u00e0 Sydney.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Au d\u00e9but du mois d\u2019aout 1918, Byrd, capitaine de corvette int\u00e9-rimaire, arriva \u00e0 Halifax avec plusieurs wagons couverts remplis de mat\u00e9riel. Ses hommes et lui travers\u00e8rent le port sur les carlingues sans ailes de leurs hydra-vions Curtiss HS-2L qui flott\u00e8rent jusqu\u2019\u00e0 Baker\u2019s Point, o\u00f9 eut lieu le r\u00e9assemblage (cf. l\u2019encadr\u00e9 \u00ab\u00a0Le legs de Curtiss \u00bb page 6).<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Un \u00ab terrain nu \u00bb \u00e0 Baker\u2019s Point fut vite transform\u00e9 en \u00ab\u00a0camp o\u00f9 r\u00e9gnait une grande effervescence\u00a0\u00bb, <\/span>avec un abri pour hydravions<br \/>\n<span class=\"s1\">temporaire nomm\u00e9 le\u00a0hangar \u00ab\u00a0Y\u00a0\u00bb.<br \/>\nLe 19 aout, le hissage de la\u00a0banni\u00e8re \u00e9toil\u00e9e indiqua le commis-<\/span><span class=\"s2\">sionnement de Byrd en tant qu\u2019officier responsable de l\u2019U.S. Naval Air Force in Canada.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Selon les plans de patrouille de Byrd pour chaque station, il fallait deux a\u00e9ronefs pour escorter les convois, un pour les op\u00e9rations anti-sous-marines et un en r\u00e9serve. Les patrouilles partant de Baker\u2019s Point commenc\u00e8rent tout de suite, mais des retards dans la construction repouss\u00e8rent celles de North Sydney jusqu&#8217;\u00e0 la fin septembre. Les deux bases inscrivirent vite un impressionnant nombre d\u2019heures de vol en prot\u00e9geant les convois, en d\u00e9tectant les canons de la d\u00e9fense portuaire et en assurant la surveillance c\u00f4ti\u00e8re.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Bien que les a\u00e9ronefs de Byrd ne\u00a0d\u00e9tect\u00e8rent aucun U-boot allemand man\u0153uvrant en Atlantique du Nord-Ouest, les pilotes eurent beaucoup d\u2019entrainement dans des conditions de vol pr\u00e9caires. Selon Byrd, les \u00ab hauts plateaux et les falaises de la Nouvelle-\u00c9cosse rendaient l\u2019air agit\u00e9 et la brume \u00e9paisse. Les changements \u00e9taient soudains et violents \u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">L\u2019armistice du 11 novembre 1918 venu, Byrd re\u00e7ut l\u2019ordre de retour-ner \u00e0 Washington. Il \u00e9tait heureux de voir les effusions de sang de la guerre prendre d\u00e9finitivement fin, mais am\u00e8rement d\u00e9\u00e7u de ne pas avoir r\u00e9ussi \u00e0 accomplir son but personnel de traverser l\u2019Atlantique par les airs.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Malgr\u00e9 ces frustrations, Byrd avait entretenu de bonnes relations avec les Canadiens. \u00ab Personne n\u2019est plus tol\u00e9rant, aimable, cordial et accueillant que nos voisins canadiens, dit-il. C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 eux que j\u2019ai appris une grande v\u00e9rit\u00e9\u00a0: le savoir pave la voie de la compr\u00e9-hension et de la tol\u00e9rance. \u00bb<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6438 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/SAM-P-2396.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"622\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/SAM-P-2396.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/SAM-P-2396-300x233.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/SAM-P-2396-768x597.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Un hydravion \u00e0 coque Curtiss HS-2L \u00e0\u00a0Baker&#8217;s Point en 1918 (ci-dessous). Des\u00a0membres de l&#8217;Aerial Experiment Association se rassemblent en 1909 (en bas).<\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Wikimedia<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<h2 class=\"p1\">Le legs de<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>Curtiss<\/h2>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-6437\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Aerial_Experiment_Association_gathered_in_1909_with_the_AEA_June_Bug.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"577\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Aerial_Experiment_Association_gathered_in_1909_with_the_AEA_June_Bug.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Aerial_Experiment_Association_gathered_in_1909_with_the_AEA_June_Bug-300x216.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Aerial_Experiment_Association_gathered_in_1909_with_the_AEA_June_Bug-768x554.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>En 1907, Glenn Curtiss,<\/b> pionnier de l\u2019aviation, rejoignit sur l\u2019invitation de Alexander Graham Bell l\u2019Aerial Experiment Association \u00e0 Baddeck, Nouvelle-\u00c9cosse. L\u2019ann\u00e9e suivante,<br \/>\nil remporta le Scientific American Aeronautical Trophy aux commandes d\u2019un a\u00e9ronef de l\u2019association pour le premier vol d\u2019au moins un kilom\u00e8tre. Il devint le p\u00e8re de l\u2019a\u00e9ronavale en mettant au point le premier hydravion \u00e0 coque du monde, en 1912, et il en con\u00e7ut plusieurs autres, comme le HS-2L.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le HS-2L \u00e9tait un a\u00e9ronef de reconnaissance et de patrouille g\u00e9n\u00e9rales con\u00e7u par Curtiss en 1917 pour l\u2019U.S. Navy. Il y avait \u00e0 bord un pilote et un observateur, et il \u00e9tait propuls\u00e9 par un moteur \u00e0 12 pistons en V refroidi par liquide Liberty de 360 chevaux-puissance. Le HS-2L avait un rayon d\u2019action de 830\u00a0kilom\u00e8tres et un plafond de 2 \u2009800 m\u00e8tres. Sa vitesse de croisi\u00e8re \u00e9tait de 105\u00a0km\/h, et sa vitesse maximale, de\u00a0137. Apr\u00e8s la guerre, le HS-2L devint le premier a\u00e9ronef de brousse du Canada et inaugura les traditions du vol de brousse dans le pays.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6439 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/SAM-P-1045.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"550\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/SAM-P-1045.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/SAM-P-1045-300x206.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/SAM-P-1045-768x528.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Un abri \u00e0 hydravions temporaire appel\u00e9 le hangar \u00ab Y \u00bb fut un des premiers \u00e9difices construits \u00e0 l&#8217;emplacement de Baker&#8217;s Point<\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span><\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<h2 class=\"p1\">Le destin de Baker\u2019s Point<\/h2>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6440 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/SWC-97-180-29.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"640\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/SWC-97-180-29.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/SWC-97-180-29-300x240.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/SWC-97-180-29-768x614.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>L&#8217;emplacement de la base originaire a \u00e9t\u00e9 repris par la\u00a012e\u00a0Escadre Shearwater.<\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Mus\u00e9e de l\u2019air de Shearwater<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Les Am\u00e9ricains <\/b>quitt\u00e8rent la\u00a0Nouvelle-\u00c9cosse en abandonnant des a\u00e9ronefs, du mat\u00e9riel et le hangar temporaire. Ils furent repris par le Service a\u00e9ronaval de la Marine royale du Canada, une force dissoute peu apr\u00e8s, en d\u00e9cembre 1918. La base a\u00e9rienne de Baker\u2019s Point resta d\u00e9saffect\u00e9e jusqu\u2019en 1920, quand elle devint la premi\u00e8re base de la nouvelle Aviation canadienne. De nos jours, Baker\u2019s Point fait partie de la 12<sup>e<\/sup> Escadre Shearwater, centre de l\u2019a\u00e9ronavale au Canada. Le hangar \u00ab temporaire \u00bb de\u00a0Byrd est un lieu historique utilis\u00e9 par l\u2019Unit\u00e9 de plong\u00e9e de la\u00a0Flotte (Atlantique). En 1995, l\u2019\u00e9difice Admiral Richard E. Byrd fut ouvert par la fille de\u00a0Byrd pour servir de quartier g\u00e9n\u00e9ral de la nouvelle base.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab On m\u2019a rapport\u00e9 hier que l\u2019apparition inattendue d\u2019appareils du service a\u00e9rien avait suscit\u00e9 un grand \u00e9moi. Nous n\u2019avons eu aucune information sur leur ajout \u00e0 la garnison. Je serais heureux d\u2019en avoir, car la forteresse est dot\u00e9e de d\u00e9fenses antia\u00e9riennes. Les demandes de renseignements de la population civile indiquent qu\u2019elle s\u2019attend \u00e0 une annonce. 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