{"id":64,"date":"2007-03-01T22:00:13","date_gmt":"2007-03-02T03:00:13","guid":{"rendered":"http:\/\/28330.vws.magma.ca\/fr\/?p=64"},"modified":"2008-01-27T22:31:58","modified_gmt":"2008-01-28T03:31:58","slug":"trois-regiments-canadiens-francais-ayant-participe-a-la-liberation-du-nord-ouest-de-leurope-1942-1945","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2007\/03\/trois-regiments-canadiens-francais-ayant-participe-a-la-liberation-du-nord-ouest-de-leurope-1942-1945\/","title":{"rendered":"Trois r\u00e9giments canadiens-fran\u00e7ais  ayant particip\u00e9 \u00e0 la lib\u00e9ration du  Nord-Ouest de l&#8217;Europe, 1942-1945"},"content":{"rendered":"<h1><\/h1>\n<p>Dans cet article, nous nous proposons de pr\u00e9senter une partie                   d&#8217;une recherche que nous menons en ce moment, \u00e0 savoir l&#8217;\u00e9tude                   socio-militaire de tous les r\u00e9giments d&#8217;infanterie qu\u00e9b\u00e9cois,                   qu&#8217;ils soient de langue fran\u00e7aise ou anglaise, ayant particip\u00e9 \u00e0 la                   lib\u00e9ration du Nord-Ouest de l&#8217;Europe entre 1942 et 1945 : le                   R\u00e9giment de la Chaudi\u00e8re, le R\u00e9giment de Maisonneuve et les                   Fusiliers Mont-Royal. Il existe un quatri\u00e8me et dernier r\u00e9giment                   canadien-fran\u00e7ais, le Royal 22e R\u00e9giment, mais il a d\u00e9j\u00e0 fait                   l&#8217;objet d&#8217;une \u00e9tude socio-militaire et il s&#8217;est battu principalement                   en Italie.<\/p>\n<p>Avec son livre, L&#8217;Arm\u00e9e fran\u00e7aise de la fin du XVIIe si\u00e8cle                   au minist\u00e8re Choiseul : le soldat, Andr\u00e9 Corvisier a ouvert                   la voie en histoire sociale et a montr\u00e9 toute la richesse des                   archives militaires, provoquant ainsi un renouveau en France.                   Cette histoire socio-militaire a eu aussi une certaine influence                   chez les historiens canadiens-fran\u00e7ais. En effet, Jean-Yves                   Gravel s&#8217;est inspir\u00e9 des th\u00e8mes d&#8217;analyse de Corvisier dans                   son \u00e9tude sur les miliciens qu\u00e9b\u00e9cois \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle.                   Il a utilis\u00e9 \u00e0 la fois les documentations qualitatives et quantitatives                   pour dresser un portrait social du milicien. Il a fait de m\u00eame                   pour son livre sur le R\u00e9giment de Trois-Rivi\u00e8res. Jean Pariseau,                   quant \u00e0 lui, a port\u00e9 son \u00e9tude sociale sur l&#8217;aide militaire                   au pouvoir civil depuis la Conf\u00e9d\u00e9ration. Et c&#8217;est gr\u00e2ce \u00e0 lui                   que l&#8217;on doit la relance de l&#8217;histoire militaire parmi les                   historiens francophones suite \u00e0 l&#8217;\u00e9clipse de Gravel.<\/p>\n<p>La monographie de Jean-Pierre Gagnon sur le 22e Bataillon                   reste quant \u00e0 elle un ouvrage incontournable en histoire socio-militaire                   canadienne. En effet, c&#8217;est le premier ouvrage d&#8217;histoire officielle                   du Canada r\u00e9dig\u00e9 en fran\u00e7ais, le premier \u00e0 porter sur les aspects                   sociaux des forces arm\u00e9es et le premier \u00e0 donner une analyse                   quantitative d&#8217;un bataillon. Dans cet ouvrage, Jean-Pierre                   Gagnon a principalement utilis\u00e9 comme source les dossiers militaires                   des soldats ayant appartenu au 22e Bataillon et ayant combattu                   durant la Premi\u00e8re Guerre mondiale pour y dresser un portrait                   type des membres du bataillon \u00e0 travers de nombreux tableaux                   et graphiques.<\/p>\n<p>Les \u00e9tudes socio-militaires sur des unit\u00e9s de l&#8217;Arm\u00e9e canadienne                   pendant la Seconde Guerre mondiale r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 partir des dossiers                   personnels sont peu nombreuses. Le premier \u00e0 s&#8217;\u00eatre int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 cette                   question est Terry Copp, professeur \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 Wilfrid                   Laurier, avec ses deux communications d&#8217;une dizaine de pages                   portant sur la 5e Brigade. Pour cette \u00e9tude, Copp a utilis\u00e9 un \u00e9chantillonnage                   des dossiers des militaires d\u00e9c\u00e9d\u00e9s au combat. Il aurait \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s                   int\u00e9ressant qu&#8217;il approfondisse son \u00e9tude socio-militaire dans                   le livre qu&#8217;il a consacr\u00e9 \u00e0 la 5e Brigade (The Brigade: The                   Fifth Canadian Infantry Brigade, 1939-1945). Malheureusement                   pour nous, il a laiss\u00e9 de c\u00f4t\u00e9 cet aspect pour ne d\u00e9crire que                   la s\u00e9rie de batailles dans lesquelles les r\u00e9giments de cette                   brigade ont \u00e9t\u00e9 engag\u00e9s dans la campagne du Nord-Ouest de l&#8217;Europe                   de 1944 \u00e0 1945.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me chercheur \u00e0 proposer une \u00e9tude socio-militaire                   sur une unit\u00e9 de l&#8217;Arm\u00e9e canadienne pendant la Seconde Guerre                   mondiale, le Royal 22e R\u00e9giment, est un \u00e9tudiant en ma\u00eetrise,                   Jean-Fran\u00e7ois Pouliotte. Ne pouvant reproduire une \u00e9tude aussi                   vaste que celle de Terry Copp, et dans un laps de temps aussi \u00e9tendu                   (Jean-Pierre Gagnon a mis 10 ans pour faire cette \u00e9tude et                   a \u00e9t\u00e9 appuy\u00e9 par au moins une personne, parfois deux, \u00e0 temps                   plein, sans oublier les nombreux moyens mat\u00e9riels du minist\u00e8re                   de la D\u00e9fense nationale dont il a dispos\u00e9), il a opt\u00e9 comme                   solution d&#8217;utiliser un \u00e9chantillonnage constitu\u00e9 des dossiers                   des militaires d\u00e9c\u00e9d\u00e9s au combat, tout comme Terry Copp l&#8217;a                   fait. Il a inclus dans son m\u00e9moire de ma\u00eetrise de nouvelles                   donn\u00e9es, portant sur les caract\u00e9ristiques physiques, la taille,                   le poids, la couleur des yeux et des cheveux, ainsi que la                   scolarisation, et de multiples renseignements concernant les                   testaments, les comptes en banques, les investissements et                   les polices d&#8217;assurance.<\/p>\n<p>C&#8217;est donc dans le prolongement des \u00e9tudes faites par Jean-Pierre                   Gagnon, Terry Copp et Jean-Fran\u00e7ois Pouliotte que nous proposons \u00e0 notre                   tour de d\u00e9gager le portrait socio-militaire des membres des                   r\u00e9giments d&#8217;infanterie canadiens-fran\u00e7ais. Tout comme pour                   Pouliotte et Copp, notre \u00e9tude portant sur les trois r\u00e9giments                   se fera non pas sur les dossiers militaires de tous les membres,                   mais \u00e0 partir d&#8217;un \u00e9chantillon al\u00e9atoire, \u00e0 savoir les soldats                   morts entre le 10 septembre 1939 et le 8 mai 1945. Notre choix                   de l&#8217;\u00e9chantillon s&#8217;explique aussi par le fait que nous n&#8217;avons                   pas acc\u00e8s \u00e0 tous les dossiers des membres militaires en raison                   des lois qui prot\u00e8gent les renseignements personnels.<\/p>\n<p>De plus, ce genre d&#8217;\u00e9tude, bas\u00e9e sur les soldats morts pendant                   la Seconde Guerre mondiale, peut s&#8217;appliquer plus facilement \u00e0 l&#8217;infanterie                   qu&#8217;\u00e0 tout autre corps. En effet, les fantassins, dont les actions                   sont souvent sous-estim\u00e9es, sont indispensables \u00e0 toute bataille                   terrestre et repr\u00e9sentent, selon Terry Copp et Bill McAndrew,                   76 % des pertes dans les combats de la Seconde Guerre mondiale                   (ainsi, un \u00e9chantillon important peut \u00eatre constitu\u00e9). Quant                   aux unit\u00e9s combattantes o\u00f9 le fran\u00e7ais \u00e9tait la principale                   langue d&#8217;usage, elles se retrouvent en tr\u00e8s grande majorit\u00e9 du                   c\u00f4t\u00e9 de l&#8217;infanterie. Seuls ceux qui \u00e9taient bilingues pouvaient                   obtenir des postes techniques ou \u00e0 grande responsabilit\u00e9 dans                   d&#8217;autres corps d&#8217;arm\u00e9e ou d&#8217;autres unit\u00e9s.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re d\u00e9marche de notre recherche \u00e9tait d&#8217;obtenir la                   liste de nos soldats morts pendant la Seconde Guerre mondiale                   aupr\u00e8s de la Commission des s\u00e9pultures de guerre du Commonwealth.                   C&#8217;est ainsi que nous en avons trouv\u00e9 444 pour les Fusiliers                   Mont-Royal, 264 pour le R\u00e9giment de la Chaudi\u00e8re et 258 pour                   le R\u00e9giment de Maisonneuve, soit 966 en tout.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 notre liste, nous avons pu consulter aux Archives                   nationales du Canada, \u00e0 Ottawa, les renseignements sur ces                   militaires morts pendant la Seconde Guerre mondiale. Nous avons \u00e9t\u00e9 en                   mesure de recueillir les donn\u00e9es n\u00e9cessaires \u00e0 l&#8217;\u00e9laboration                   de notre portrait social des soldats et officiers qui formaient                   nos trois r\u00e9giments. Ces donn\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 ins\u00e9r\u00e9es dans la base                   de donn\u00e9es (ACCES) que nous avons cr\u00e9\u00e9e sp\u00e9cialement pour nos                   trois r\u00e9giments.<\/p>\n<p>Les donn\u00e9es retenues comprennent : le nom et le(s) pr\u00e9nom(s)                   du soldat, son lieu de r\u00e9sidence, sa date et son lieu de naissance,                   sa nationalit\u00e9, sa religion, son m\u00e9tier ou sa profession, la                   date et le lieu de son enr\u00f4lement, son unit\u00e9 d&#8217;enr\u00f4lement,                   l&#8217;\u00e9tat civil \u00e0 son enr\u00f4lement et \u00e0 sa mort, le grade \u00e0 son                   enr\u00f4lement et \u00e0 sa mort, son r\u00e9sultat au test &#8220;M&#8221;, la raison                   de son enr\u00f4lement, son exp\u00e9rience militaire ant\u00e9rieure, la(es)                   langue(s) parl\u00e9e(s), le nombre d&#8217;ann\u00e9es de scolarit\u00e9, s&#8217;il                   travaillait ou \u00e9tait au ch\u00f4mage, le nombre de fr\u00e8res et soeurs,                   le nombre de fr\u00e8res et soeurs dans l&#8217;arm\u00e9e, la date et le lieu                   de sa mort, la raison du d\u00e9c\u00e8s, le nombre de ses d\u00e9corations                   et enfin les dates de ses services au Canada, au Royaume-Uni                   et en Europe de l&#8217;Ouest.<\/p>\n<p>M\u00eame si nous avons mis certaines informations de c\u00f4t\u00e9, comme                   par exemple les d\u00e9corations re\u00e7ues par les soldats alors qu&#8217;ils                   servaient dans l&#8217;arm\u00e9e canadienne, il reste qu&#8217;\u00e0 partir de                   ces donn\u00e9es nous avons con\u00e7u de nombreux tableaux et graphiques                   qui nous ont permis de dresser un portrait socio-militaire                   des trois r\u00e9giments d&#8217;infanterie canadiens-fran\u00e7ais ayant particip\u00e9 \u00e0 la                   lib\u00e9ration du Nord-Ouest de l&#8217;Europe.<\/p>\n<p>Au moment du recrutement, les Canadiens fran\u00e7ais ne choisissaient                   pas forc\u00e9ment l&#8217;infanterie, certains ont choisi l&#8217;artillerie,                   d&#8217;autres, les blind\u00e9s, etc. Cependant, beaucoup d&#8217;entre eux                   ont \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9s par la suite \u00e0 l&#8217;infanterie, et plus particuli\u00e8rement                   dans les r\u00e9giments canadiens-fran\u00e7ais, seules unit\u00e9s o\u00f9 l&#8217;on                   parlait le fran\u00e7ais. De plus, ils n&#8217;\u00e9taient pas forc\u00e9ment incorpor\u00e9s                   dans une unit\u00e9 d\u00e9finie : ils pouvaient \u00eatre engag\u00e9s directement                   par les bureaux de recrutement des districts militaires (il                   y en avait 11 sur tout le territoire canadien) ou ajout\u00e9s \u00e0 la                   liste g\u00e9n\u00e9rale d&#8217;infanterie. Les raisons les plus souvent invoqu\u00e9es                   au moment de l&#8217;enr\u00f4lement sont l&#8217;aventure, le sens du devoir,                   le fait d&#8217;avoir \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 par la Loi de la mobilisation des                   ressources nationales (LMRN) et le ch\u00f4mage.<\/p>\n<p>En ce qui concerne le mois et l&#8217;ann\u00e9e d&#8217;enr\u00f4lement, c&#8217;est                   le mois de septembre 1939 qui ressort. La guerre venant juste                   d&#8217;\u00e9clater, beaucoup ont r\u00e9pondu \u00e0 l&#8217;appel, esp\u00e9rant ainsi partir                   au combat rapidement. Et c&#8217;est l&#8217;ann\u00e9e 1940 qui se d\u00e9marque                   le plus et surtout les mois de juin et juillet. Cette augmentation                   du nombre des recrues s&#8217;explique par la situation catastrophique                   sur le front europ\u00e9en, avec l&#8217;effondrement de la France, mais                   aussi par l&#8217;entr\u00e9e en vigueur de la LMRN.<\/p>\n<p>Nous savons qu&#8217;un peu plus d&#8217;un quart du recrutement s&#8217;est                   fait par les r\u00e9giments eux-m\u00eames ou par les districts militaires                   n\u00b0 4 (Montr\u00e9al) ou n\u00b0 5 (Qu\u00e9bec). Le lieu o\u00f9 le recrutement                   a \u00e9t\u00e9 le plus important est la province de Qu\u00e9bec, particuli\u00e8rement                   dans les villes de Montr\u00e9al et de Qu\u00e9bec : cependant, les provinces                   de l&#8217;Ontario et du Nouveau-Brunswick ressortent fortement en                   ce qui concerne le recrutement. Rappelons que de nombreux Canadiens                   fran\u00e7ais habitaient ces deux provinces. Notons cependant la                   sp\u00e9cificit\u00e9 du R\u00e9giment de la Chaudi\u00e8re qui a recrut\u00e9 davantage                   que les deux autres dans les zones rurales du Qu\u00e9bec.<\/p>\n<p>Dans les trois r\u00e9giments canadiens-fran\u00e7ais, il y avait, parmi                   les d\u00e9c\u00e9d\u00e9s au combat, 72 % de soldats, 22 % de sous-officiers                   et 6 % d&#8217;officiers, et entre la date de leur enr\u00f4lement et                   celle de leur d\u00e9c\u00e8s, 24 % des soldats et officiers avaient                   eu une promotion. Quant \u00e0 l&#8217;exp\u00e9rience, elle est de deux sortes                   : il y a d&#8217;abord ceux qui l&#8217;ont acquise avant les hostilit\u00e9s                   (dans la Milice) et ensuite ceux qui l&#8217;ont acquise durant les                   hostilit\u00e9s et avant leur engagement volontaire (la majorit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 form\u00e9e                   dans le cadre de la LMRN, adopt\u00e9e le 21 juin 1940 et qui rend                   le service obligatoire pour la d\u00e9fense nationale). Quant aux                   conscrits, ils \u00e9taient peu nombreux ; ils ne repr\u00e9sentaient                   que 1 % des Fusiliers Mont-Royal et du R\u00e9giment de Maisonneuve                   et 4 % du R\u00e9giment de la Chaudi\u00e8re. Ce pourcentage ne surprend                   gu\u00e8re puisque seul un petit nombre de conscrits a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 outre-mer                   et ce, \u00e0 partir du 22 novembre 1944.<\/p>\n<p>Nos militaires canadiens-fran\u00e7ais n&#8217;ont pas tous \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s                   ou bless\u00e9s mortellement pendant une campagne militaire. Des                   d\u00e9c\u00e8s sont survenus pendant l&#8217;entra\u00eenement, lors d&#8217;attaques                   a\u00e9riennes ennemies (surtout lors de leur long s\u00e9jour en Angleterre),                   d&#8217;accidents, de maladies, de suicides ou pendant qu&#8217;ils \u00e9taient                   prisonniers de guerre. Ainsi 87 % des membres d\u00e9c\u00e9d\u00e9s de nos                   trois r\u00e9giments sont morts au combat ou \u00e0 la suite de blessures                   re\u00e7ues au combat. Ce sont les Fusiliers Mont-Royal qui ont                   souffert du plus fort pourcentage \u00e0 91 %, suivis du R\u00e9giment                   de Maisonneuve \u00e0 86 % et du R\u00e9giment de la Chaudi\u00e8re \u00e0 84 %.                   Viennent ensuite les maladies \u00e0 4 % et les accidents \u00e0 3 %.<\/p>\n<p>Ce sont les batailles en France qui ont \u00e9t\u00e9 les plus meurtri\u00e8res                   puisque 75 % des pertes y ont eu lieu, alors qu&#8217;en Hollande                   et en Allemagne n&#8217;y ont eu lieu que 13 %. En Belgique, o\u00f9 seul                   le RCH et le RM ont combattu, n&#8217;ont eu lieu que 9 %. Mis \u00e0 part                   Dieppe, o\u00f9 une centaine de morts ont eu lieu, c&#8217;est dans le                   Bevelland Sud (Hollande) que l&#8217;on retrouve le maximum de morts                   en une journ\u00e9e, soit 22, vient ensuite La Commanderie (France) \u00e0 21                   morts, et le Jour J \u00e0 19 morts.<\/p>\n<p>Ces militaires appartenant aux trois r\u00e9giments d&#8217;infanterie                   canadiens-fran\u00e7ais, morts pendant la Seconde Guerre mondiale,                   avaient environ 22 ans au moment de l&#8217;enr\u00f4lement. Les plus \u00e2g\u00e9s                   se sont engag\u00e9s en majorit\u00e9 en septembre 1939, et ils n&#8217;\u00e9taient                   pas forc\u00e9ment officiers. De plus, le groupe d&#8217;\u00e2ge de 20 \u00e0 24                   ans \u00e9tait le plus important, suivi par les 16 \u00e0 19 ans. Et                   m\u00eame si la limite d&#8217;\u00e2ge \u00e9tait fix\u00e9e entre 18 et 45 ans, un                   petit nombre a pu tout de m\u00eame s&#8217;engager beaucoup trop jeune                   (16 ans) ou trop vieux (53 ans). C&#8217;\u00e9taient de jeunes soldats                   pour la plupart c\u00e9libataires (91 %), et c&#8217;est le R\u00e9giment de                   la Chaudi\u00e8re qui, \u00e0 96 %, d\u00e9tient le record de c\u00e9libataires.                   Plus le soldat \u00e9tait \u00e2g\u00e9 et plus il avait de chance d&#8217;\u00eatre                   mari\u00e9, et le fait d&#8217;\u00eatre engag\u00e9 dans l&#8217;arm\u00e9e et d&#8217;\u00eatre bas\u00e9 en                   Angleterre n&#8217;a pas emp\u00each\u00e9 certains de se marier. Ils \u00e9taient \u00e0 98                   % d&#8217;origine canadienne, et \u00e0 90 % d&#8217;origine canadienne-fran\u00e7aise,                   le R\u00e9giment de la Chaudi\u00e8re \u00e9tant le plus canadien-fran\u00e7ais \u00e0 85                   % contre 88 % pour les deux autres. Mis \u00e0 part un soldat juif                   dans notre \u00e9chantillon, tous \u00e9taient chr\u00e9tiens et \u00e0 98 % de                   religion catholique romaine, quant au reste ils \u00e9taient protestants.                   Ces militaires sont n\u00e9s, r\u00e9sidaient et se sont enr\u00f4l\u00e9s dans                   la province de Qu\u00e9bec (83 %), suivis de loin par l&#8217;Ontario                   (8 %). Et bien que Montr\u00e9al et Qu\u00e9bec aient fourni dans les                   trois cas le plus de recrues, le R\u00e9giment de la Chaudi\u00e8re offre                   un portrait diff\u00e9rent des deux autres, avec plus de membres                   venus hors des deux grands centres, affirmant ainsi son origine                   rurale.<\/p>\n<p>La majorit\u00e9 des soldats parlaient fran\u00e7ais (98 %), tandis                   qu&#8217;une petite minorit\u00e9 parlait uniquement anglais (2 %). Sur                   ces 98 %, 46 % parlaient uniquement le fran\u00e7ais et 52 % \u00e9taient                   bilingues. Les officiers et les sous-officiers n&#8217;\u00e9taient pas                   oblig\u00e9s de parler l&#8217;anglais au moment de l&#8217;enr\u00f4lement et il                   semblerait que bon nombre d&#8217;entre eux l&#8217;ont appris alors qu&#8217;ils \u00e9taient                   en service actif. Les unilingues francophones habitaient \u00e0 90                   % la province de Qu\u00e9bec o\u00f9 75 % des bilingues vivaient. Quant                   aux anglophones, ils vivaient dans les autres provinces. En                   ce qui concerne la scolarisation, la majorit\u00e9 des soldats n&#8217;avaient                   pas \u00e9t\u00e9 au-del\u00e0 de la 7e ann\u00e9e et avaient abandonn\u00e9 l&#8217;\u00e9cole \u00e0 16                   ans. Le peu de militaires ayant fait des \u00e9tudes plus pouss\u00e9es \u00e9taient                   en grande partie officiers.<\/p>\n<p>La plus grande partie des militaires canadiens-fran\u00e7ais travaillaient                   au moment de leur enr\u00f4lement (92 %). Ils \u00e9taient manoeuvres                   ou occupaient un emploi dans une manufacture et ils n&#8217;exer\u00e7aient                   pas forc\u00e9ment un m\u00e9tier pour lequel ils avaient \u00e9t\u00e9 form\u00e9s.                   L&#8217;ins\u00e9curit\u00e9 de l&#8217;emploi et le travail p\u00e9nible dans les manufactures                   pour un salaire peu \u00e9lev\u00e9 ont d\u00fb pousser certains \u00e0 s&#8217;enr\u00f4ler                   dans l&#8217;Arm\u00e9e canadienne. Cependant, beaucoup d&#8217;entre eux r\u00eavaient                   de devenir m\u00e9caniciens et certains envisageaient de faire carri\u00e8re                   dans l&#8217;arm\u00e9e une fois leur engagement termin\u00e9. De plus, le                   fait que la majorit\u00e9 des militaires travaillaient r\u00e9fute la                   vision de Desmond Morton qui a affirm\u00e9 que les Canadiens fran\u00e7ais                   se sont enr\u00f4l\u00e9s dans l&#8217;Arm\u00e9e pour avoir du travail (ch\u00f4mage                   12 %). En fait, un ensemble de facteurs a pouss\u00e9 nos jeunes                   gens \u00e0 s&#8217;enr\u00f4ler.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;\u00e9tude de Jean-Fran\u00e7ois Pouliotte portant sur le                   dernier des quatre r\u00e9giments canadiens-fran\u00e7ais, le Royal 22e                   R\u00e9giment, nous pouvons pr\u00e9senter un portrait d\u00e9finitif des                   r\u00e9giments canadiens-fran\u00e7ais ayant particip\u00e9 \u00e0 la Seconde Guerre                   mondiale. Ainsi, le fantassin canadien-fran\u00e7ais \u00e9tait un jeune                   citoyen canadien de 23 ans, d&#8217;origine canadienne-fran\u00e7aise                   et de religion catholique romaine, qui s&#8217;est enr\u00f4l\u00e9 volontairement                   dans l&#8217;Arm\u00e9e canadienne. C\u00e9libataire et sans enfant, il est                   n\u00e9, r\u00e9sidait et s&#8217;est enr\u00f4l\u00e9 dans la province de Qu\u00e9bec. Un                   peu plus de la moiti\u00e9 \u00e9taient bilingues et avaient fini leur                   7e ann\u00e9e de scolarit\u00e9 \u00e0 16 ans. Au moment de son enr\u00f4lement,                   il travaillait comme manoeuvre et plus particuli\u00e8rement dans                   les manufactures. De plus, les similitudes trouv\u00e9es entre nos                   trois r\u00e9giments canadiens-fran\u00e7ais et celui du Royal 22e R\u00e9giment                   valident l&#8217;utilisation des dossiers des militaires morts au                   combat comme \u00e9chantillon repr\u00e9sentatif de la population appartenant \u00e0 l&#8217;infanterie                   canadienne-fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Il serait tr\u00e8s int\u00e9ressant maintenant de faire une \u00e9tude similaire                   des fantassins canadiens-anglais afin d&#8217;en comparer les r\u00e9sultats                   aux n\u00f4tres.<\/p>\n<p><a title=\"4\" name=\"4\"><\/a><\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/img\/07-03\/Rates_french.jpg\" height=\"741\" width=\"550\" \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans cet article, nous nous proposons de pr\u00e9senter une partie d&#8217;une recherche que nous menons en ce moment, \u00e0 savoir l&#8217;\u00e9tude socio-militaire de tous les r\u00e9giments d&#8217;infanterie qu\u00e9b\u00e9cois, qu&#8217;ils soient de langue fran\u00e7aise ou anglaise, ayant particip\u00e9 \u00e0 la lib\u00e9ration du Nord-Ouest de l&#8217;Europe entre 1942 et 1945 : le R\u00e9giment de la Chaudi\u00e8re, le [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":18,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-64","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-principaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/64","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/18"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=64"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/64\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=64"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=64"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=64"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}