{"id":6265,"date":"2022-09-23T09:15:39","date_gmt":"2022-09-23T13:15:39","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=6265"},"modified":"2022-09-23T09:17:18","modified_gmt":"2022-09-23T13:17:18","slug":"la-guerre-mondiale-au-large-de-nos-cotes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2022\/09\/la-guerre-mondiale-au-large-de-nos-cotes\/","title":{"rendered":"La guerre mondiale au large de nos c\u00f4tes"},"content":{"rendered":"<div class=\"caption_img\">\r\n        <a href=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/dsd.jpg\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6266 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/dsd.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"656\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/dsd.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/dsd-300x246.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/dsd-768x630.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/a>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>En 1942, les U-boots commenc\u00e8rent \u00e0 se montrer au large de l\u2019Am\u00e9rique du Nord, dont l\u2019U-69 qui coula le vaisseau marchand Carolus pr\u00e8s du phare de la Pointe Mitis, Qc.<\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>iStock; Reford Gardens; Paul Gendron\/Reford Gardens<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<h2 class=\"p1\">La bataille du Saint-Laurent qui a transform\u00e9 la vie des Terre-Neuviens<\/h2>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Il \u00e9tait pr\u00e8s de minuit<\/b> <\/span>au bord du fleuve <span class=\"s1\">Saint-Laurent ce 8 octobre 1942. Bien install\u00e9 dans la salle de s\u00e9jour de la maison du gardien de phare \u00e0 la Pointe Mitis, Qc, David Gendron, 21 ans, r\u00e9digeait une lettre d\u2019amour.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">Le reste de la maisonn\u00e9e dormait : sept de ses fr\u00e8res et s\u0153urs; l\u2019institutrice de la localit\u00e9 qui \u00e9tait en pension; la m\u00e8re de David, Eug\u00e9nie; et son p\u00e8re, Octave, le gardien de phare.<\/p>\n<p class=\"p2\">Une guerre faisait rage au large des c\u00f4tes et dans le monde. Elle \u00e9tait loin, mais pointait peu\u00a0\u00e0 peu son nez. La bataille de l\u2019Atlantique avait atteint le golfe du Saint-Laurent et le fleuve.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Ce qui allait devenir la bataille du Saint-Laurent avait d\u00e9j\u00e0 fait des dizaines de victimes, les premi\u00e8res <\/span>vies perdues au combat dans les eaux littorales canadiennes depuis la guerre de 1812.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Plus de 400 personnes ont p\u00e9ri au cours des trois saisons de navigation durant lesquelles les <i>unterseeboots <\/i>de l\u2019amiral allemand Karl D\u00f6nitz r\u00f4daient pr\u00e8s des c\u00f4tes canadiennes. <\/span>Le trafic maritime a \u00e9t\u00e9 coup\u00e9 \u00e0 certaines p\u00e9riodes pendant ces trois ans. Et c\u2019est en 1942 que la plupart des pertes ont eu lieu.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">En tout, les U-boots allaient couler 23 b\u00e2timents marchands et quatre vaisseaux de la Marine canadienne dans l\u2019estuaire et aux alentours, ainsi que cinq autres transporteurs de fret \u00e0 l\u2019\u00eele Bell de Terre-Neuve.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">En juillet 1942, Octave avait signal\u00e9 la pr\u00e9sence d\u2019un sous-marin dans la baie, entre son phare et le lieu de vill\u00e9giature sur l\u2019autre rive.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Peu apr\u00e8s, en Allemagne, un \u00ab\u00a0commandant [d\u2019U-boot] dit que\u00a0son \u00e9quipage et lui avaient \u00e9cout\u00e9 de la musique dansante au Canada et vu les phares de voitures qui se d\u00e9pla\u00e7aient sur une grande route \u00bb, publia la <i>Montreal Gazette <\/i><\/span><span class=\"s2\">le 15 octobre 1942. Le journal faisait remarquer que la route pittoresque de Gasp\u00e9, destination touristique privil\u00e9gi\u00e9e, longeait la c\u00f4te pr\u00e8s de M\u00e9tis-sur-Mer, \u00e0 deux pas de la Pointe Mitis.<\/span><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Les frappes sous-marines \u00e9taient devenues <\/span>des \u00e9v\u00e9nements presque familiers, bien que redout\u00e9s, de la vie<span class=\"s1\">.<\/span> <span class=\"s3\">\u00bb<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6271\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/FullSizeRender.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"755\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/FullSizeRender.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/FullSizeRender-300x283.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/FullSizeRender-768x725.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Pointe Mitis, Qc., o\u00f9 habitaient David Gendron et sa famille. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Paul Gendron\/Reford Gardens<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Mais, en cette soir\u00e9e<\/b> d\u2019octobre, alors que s\u2019estompaient les couleurs d\u2019automne et que l\u2019air devenait humide et froid, il n\u2019y avait pas de joyeux touristes, rien que quelques marins maussades sillonnant le grand fleuve emprunt\u00e9 par les peuples autochtones depuis la nuit des temps, et sur lequel Jacques Cartier avait vogu\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en 1534. Quatre si\u00e8cles plus tard, ce fleuve \u00e9tait devenu une voie vitale au commerce international et au transport d\u2019hommes et de mat\u00e9riel, ainsi qu\u2019un champ de bataille qui a marqu\u00e9 les civils des petites villes bordant la pitto-resque p\u00e9ninsule de Gasp\u00e9.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Une explosion sourde provenant du fleuve retentit soudainement, faisant vibrer les fen\u00eatres du salon de la famille Gendron. Le jeune David, qui assurait le service de nuit en tant que gardien de phare adjoint, d\u00e9tacha les\u00a0yeux de sa missive. Il dit plus tard qu\u2019il \u00e9tait 0 h 10. Dans le journal du sous-marin, il a \u00e9t\u00e9 not\u00e9 que la premi\u00e8re frappe avait eu lieu \u00e0 23 h 57.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">Vinrent ensuite de fortes d\u00e9flagrations qui firent trembler sur ses fondations de pierres carr\u00e9es la maison de bois.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le traversier <i>Caribou<\/i> allait sombrer dans le d\u00e9troit de Cabot cinq jours plus tard et l\u00e0, sur le fleuve, le responsable de la trag\u00e9die, le capitaine Ulrich Gr\u00e4f aux commandes de l\u2019U-69, venait de lancer une salve de torpilles.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Une seule suffit pour que coule le <i>Carolus<\/i>, petit navire \u00e0 vapeur de\u00a02\u2009375 tonnes qui transportait des barils vides. Il se scinda en deux et sombra poupe en avant au fond du fleuve. Les amarres des barils rang\u00e9s sur le pont arri\u00e8re se rompirent, et ceux dans la cale en jaillirent quand <\/span>fut immerg\u00e9e la poupe. Tout cela ne prit que deux minutes \u00e0 peine.<\/p>\n<p class=\"p2\">Octave d\u00e9vala les escaliers et se pr\u00e9cipita dehors d\u00e8s que le bruit retentit. Il traversa en courant les quelques m\u00e8tres qui s\u00e9paraient la maison du phare, puis monta \u00e0 perdre haleine les escaliers en colima\u00e7on qui menaient au <span class=\"s1\">pont-galerie situ\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la salle du phare, o\u00f9 il colla un \u0153il \u00e0 un vieux t\u00e9lescope en laiton.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Des grains de pluie avaient balay\u00e9 le fleuve pendant toute la soir\u00e9e, mais selon le journal de Gr\u00e4f, le fleuve lui-m\u00eame \u00e9tait \u00ab\u00a0d\u2019huile \u00bb et\u00a0il pr\u00e9sentait une \u00ab forte phosphorescence \u00bb. Comme s\u2019en aper\u00e7ut alors Octave, la visibilit\u00e9 \u00e9tait telle que sans \u00eatre expert en guerre navale, on pouvait en conclure qu\u2019un sous-marin allemand commettait ses m\u00e9faits \u00e0 moins de cinq kilom\u00e8tres de la plage o\u00f9 ses enfants avaient gambad\u00e9 tout l\u2019\u00e9t\u00e9.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>L\u2019<i>U-69 <\/i>avait tir\u00e9 <\/b>en surface. L\u2019<i>Hepatica<\/i> et l\u2019<i>Arrowhead<\/i>, deux corvettes canadiennes qui escortaient le convoi NL-9 de Labrador \u00e0 Qu\u00e9bec, lan\u00e7aient des fus\u00e9es \u00e9clairantes. Elles se seraient m\u00eame servies de leurs canons de pont contre l\u2019U-boot en fuite.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00c0 peine un mois plus t\u00f4t, \u00e0 Saint-Yvon, Qc, \u00e0 300 kilom\u00e8tres de la p\u00e9ninsule situ\u00e9e dans l\u2019embouchure du fleuve, une torpille avait percut\u00e9 la c\u00f4te, et son explosion avait fait voler des fen\u00eatres en \u00e9clats dans le village. Octave s\u2019inqui\u00e9tait pour son foyer et sa patrie. Il pensait m\u00eame que les\u00a0Allemands tiraient sur le phare.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Mais \u00e0 l\u2019\u00e9poque, les t\u00e9l\u00e9phones \u00e9taient rares le long de la p\u00e9ninsule gasp\u00e9sienne. Malgr\u00e9 l\u2019importance de ses fonctions, Octave n\u2019en avait pas.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">La station de l\u2019Aviation royale canadienne de Mont-Joli, Qc, se trouvait \u00e0 20 kilom\u00e8tres, et le t\u00e9l\u00e9phone le plus pr\u00e8s \u00e9tait dans le village, \u00e0 cinq kilom\u00e8tres de\u00a0l\u00e0. Il quitta la maison avec les plus jeunes de ses enfants.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00ab Je n\u2019ai pas compt\u00e9 mes petits, <\/span>avoua-t-il sept ans plus tard au magazine <i>Maclean<\/i>\u2019s. J\u2019en ai pris le plus possible dans la voiture, j\u2019ai ferm\u00e9 les porti\u00e8res et j\u2019ai fil\u00e9 jusqu\u2019au t\u00e9l\u00e9phone. \u00bb<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le trajet fut d\u2019une lenteur exasp\u00e9-rante. Octave d\u00e9posa ses enfants \u00e0 moiti\u00e9 endormis au bout de la route de service, assez loin de la plage pour apaiser ses craintes. Il ordonna \u00e0 l\u2019ain\u00e9 de surveiller les autres, puis il s\u2019en alla faire son rapport.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Six minutes apr\u00e8s avoir raccroch\u00e9, il vit un imposant bombardier au-dessus de la pointe qui se dirigeait tout droit vers le feu de l\u2019action.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">\u00ab Apr\u00e8s cela, dit-il \u00e0 Jack McNaught, le journaliste de <i>Maclean<\/i>\u2019s, le gouvernement m\u2019a install\u00e9 le t\u00e9l\u00e9phone \u00e0 la maison afin que je puisse faire mes rapports plus vite. \u00bb<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Octave obtint aussi la permission d\u2019\u00e9teindre le phare cette nuit-l\u00e0. La rotation continuelle de\u00a0quatre tours par minute cessa.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>L\u2019extinction des lumi\u00e8res<\/b> faisait l\u2019objet de d\u00e9bats \u00e0 Ottawa. Dans les villes et les villages, on r\u00e9duisait l\u2019intensit\u00e9 de la lumi\u00e8re, mais Pointe Mitis connaissait 1\u2009000 heures de brouillard par an, et selon les autorit\u00e9s, il \u00e9tait, semblait-il, plus important d\u2019aider la navigation que d\u2019att\u00e9nuer la menace des U-boots. Elles avaient donn\u00e9 l\u2019ordre de maintenir les feux de navigation, sauf avis contraire.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Un syst\u00e8me finit par \u00eatre mis sur pied : la CBC et Radio-Canada diffusaient des avis quatre fois par jour pour dire aux gardiens de phare quand ils devaient \u00e9teindre leurs balises. \u00ab A \u00bb comme \u00ab Alphonse \u00bb \u00e9tait diffus\u00e9 trois fois pour maintenir les feux; \u00ab B \u00bb comme \u00ab bonbon\u00a0\u00bb signifiait qu\u2019un U-boot avait \u00e9t\u00e9 rep\u00e9r\u00e9 et que les activit\u00e9s devaient cesser jusqu\u2019\u00e0 nouvel ordre.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Toutefois, malgr\u00e9 le renforcement des mesures de d\u00e9fense pour les convois qui servaient au transport d\u2019hommes et de mat\u00e9riel entre Montr\u00e9al ou Qu\u00e9bec et le Labrador ou les principaux points de rassemblement de la c\u00f4te est, les effront\u00e9s capitaines de sous-marin inscrivaient bien souvent dans leurs journaux que les feux de position des navires marchands et les bou\u00e9es <\/span>de navigation qui servaient \u00e0 les guider, ainsi que les r\u00e9verb\u00e8res, les maisons et les phares sur la terre ferme, \u00e9taient allum\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"p2\">C\u2019est ainsi que 11 membres d\u2019\u00e9quipage du <i>Carolus<\/i> p\u00e9rirent cette\u00a0nuit-l\u00e0. Dix-neuf autres furent\u00a0sauv\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Gr\u00e4f fit plonger son b\u00e2timent et, apr\u00e8s un moment de jeu du chat et de la souris ponctu\u00e9 de grappes de grenades sous-marines, l\u2019<i>U-69 <\/i>s\u2019\u00e9clipsa furtivement en laissant dans son sillage l\u2019\u00e9moi d\u2019un naufrage \u00e0 300 kilom\u00e8tres \u00e0 peine de Qu\u00e9bec. Gr\u00e4f allait causer encore plus d\u2019agitation au large de la c\u00f4te ouest de Terre-Neuve.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00c0 la Pointe Mitis, Octave Gendron retourna \u00e0 un semblant de vie <\/span><span class=\"s2\">normale sur sa petite bande de terre qui se jetait dans le Saint-Laurent. Il fut gardien de phare \u00e0 la Pointe Mitis pendant 18 ans, jusqu\u2019en 1954.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">David Gendron termina sa lettre d\u2019amour \u00e0 sa bienaim\u00e9e, Simone Leblanc. Ils se mari\u00e8rent, eurent sept enfants, et v\u00e9curent ensemble pendant 45 ans.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Leur fils Paul, d\u00e9sormais \u00e2g\u00e9 de 76 ans, nous a confi\u00e9 que son p\u00e8re avait travaill\u00e9 \u00e0 la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada pendant 15 ans avant d\u2019\u00eatre directeur des Reford Gardens (Jardins de M\u00e9tis), lieu historique national \u00e0 Grand-M\u00e9tis, Qc pendant 25 ans.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Il souligna que les \u00e9v\u00e9nements de cette nuit de 1942 \u00e9taient rest\u00e9s dans les annales de sa famille.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">\u00ab La bataille du 9 octobre 1942 devant M\u00e9tis a marqu\u00e9 la vie de la famille Gendron, explique-t-il dans une entrevue par courriel.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">\u00ab Mon grand-p\u00e8re Octave Gendron [&#8230;] est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1975, et il nous parlait souvent de la bataille du Saint-Laurent. \u00bb<\/span><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">\u00ab <\/span><span class=\"s2\">La bataille du 9 octobre 1942 devant M\u00e9tis a marqu\u00e9 la vie de la famille Gendron, explique-t-il dans une entrevue par courriel. <\/span><span class=\"s3\">Elle \u00e9tait dans la ligne de mire<\/span><span class=\"s2\">. \u00bb<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img decoding=\"async\" class=\"wp-image-6270\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/FU.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"447\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/FU.jpg 1822w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/FU-300x167.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/FU-1024x572.jpg 1024w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/FU-768x429.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/FU-1536x857.jpg 1536w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Le gardien de phare Octave Gendron et son \u00e9pouse, Eug\u00e9nie, ont habit\u00e9 \u00e0\u00a0la Pointe Mitis de 1936 \u00e0 1954. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Paul Gendron (2); Reford Gardens; Firefly Books<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Lorsqu\u2019il traversait<\/b> le d\u00e9troit de Cabot dans la nuit du 13 au 14\u00a0octobre, Gr\u00e4f remarqua la fum\u00e9e provenant de la chemin\u00e9e du traversier <i>Caribou<\/i>. Le vaisseau du gouvernement voguait de Sydney, N.-\u00c9., \u00e0 Port-aux-Basques, T.-N. Il \u00e9tait \u00e0 60 kilom\u00e8tres du quai, et en plus des 46 membres d\u2019\u00e9quipage, il y avait 73 civils et 118 militaires \u00e0 son bord. Il \u00e9tait 3 h 21.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">L\u2019Allemand a d\u00e9clar\u00e9 par la suite qu\u2019il s\u2019\u00e9tait m\u00e9pris sur le traversier de 2\u2009222 tonnes et son escorte, le\u00a0dragueur de mines de 672 tonnes <i>Grandm\u00e8re<\/i>, croyant qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un transport de troupes de 6\u2009500 tonnes et d\u2019un \u00ab\u00a0contretorpilleur \u00e0 deux chemin\u00e9es \u00bb. \u00c0 3 h 40, il lan\u00e7a une torpille qui percuta le flanc tribord du <i>Caribou<\/i>.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le traversier coula en quatre mi-nutes, emportant 137 vies. Gr\u00e4f plongea et se dirigea vers les bruits du naufrage, sachant qu\u2019il ne serait pas attaqu\u00e9 \u00e0 la grenade sous-marine par le <i>Grandm\u00e8re<\/i> en restant \u00e0 proximit\u00e9 des survivants en surface. Il finit par lancer un leurre et s\u2019\u00e9chapper.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le lieutenant (M) James Cuthbert, capitaine du <i>Grandm\u00e8re<\/i>, n\u2019abandonna la poursuite pour aller \u00e0 la recherche de survivants qu\u2019\u00e0 6 h 30 : il s\u2019agissait alors d\u2019une priorit\u00e9 controvers\u00e9e, mais ainsi en allait-il de la proc\u00e9dure, et faire autrement aurait entrain\u00e9 des risques pour son propre b\u00e2timent.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Parmi les 11 enfants qui surv\u00e9curent au naufrage du Caribou se trouvait Leonard Shiers d\u2019Halifax, alors \u00e2g\u00e9 de 15 mois. Sur les 46 membres de l\u2019\u00e9quipage, 15 seulement retrouv\u00e8rent la terre ferme. Cinq familles en particulier souffrirent \u00e9norm\u00e9ment : Les Tapper (cinq morts), les Allen (trois), les Skinner (trois) et les Tavernor (le capitaine Benjamin et ses deux fils).<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les go\u00e9lettes de p\u00eache des environs affr\u00e9t\u00e9es par la Newfoundland Railway Company recouvr\u00e8rent 34\u00a0corps.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le journal <i>Royalist <\/i>de St. John\u2019s d\u00e9clara que l\u2019attaque avait \u00e9t\u00e9 \u00ab un crime inutile \u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00ab Il n\u2019aura aucun effet sur le cours de la guerre, sinon celui de renforcer notre d\u00e9termination d\u2019\u00e9liminer le nazisme, la honte de l\u2019humanit\u00e9, de notre monde \u00bb, d\u00e9clara-t-il.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00c0 Port-aux-Basques, le 18 octobre, le cort\u00e8ge fun\u00e8bre de six des victimes <\/span>s\u2019\u00e9tendit sur deux kilom\u00e8tres.<\/p>\n<p class=\"p2\">Des dizaines d\u2019ann\u00e9es plus tard, Norman Crane, ranger de <span class=\"s2\">Terre-Neuve qui avait pris part aux op\u00e9rations de recherche des corps, dit \u00e0 Nathan M. Greenfield, auteur de <i>The Battle of the St. Lawrence<\/i>, <\/span>que la ville \u00ab d\u2019\u00e0 peu pr\u00e8s 2\u2009000 habitants \u00bb \u00e9tait sous le choc.<\/p>\n<p class=\"p2\">\u00ab En 1942, Port-aux-Basques ne ressemblait pas aux petites villes du continent, expliqua <span class=\"s1\">M.\u00a0Crane. On aurait plut\u00f4t dit une ville du XIX<sup>e <\/sup>si\u00e8cle. C\u2019\u00e9taient des gens \u00e0 la vie rude, comme on en trouvait dans beaucoup de collectivit\u00e9s c\u00f4ti\u00e8res. Mais ils \u00e9taient \u00e9galement tr\u00e8s respectueux.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00ab La perte du <i>Caribou<\/i> toucha Port-aux-Basques plus que ce qu\u2019on pourrait imaginer de nos jours, poursuivit-il. Ben Tavernor n\u2019\u00e9tait pas seulement le capitaine bien appr\u00e9ci\u00e9 du Caribou, c\u2019\u00e9tait un homme respect\u00e9 qu\u2019on savait d\u00e9vou\u00e9 \u00e0 son bateau, et donc au lien avec le monde ext\u00e9rieur. Ses fils n\u2019\u00e9taient pas que de bons vivants : ils \u00e9taient les fils de Ben Tavernor, et cela comptait pour beaucoup. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">Gr\u00e4f et son \u00e9quipage de 45 personnes allaient finir par disparaitre dans l\u2019Atlantique Nord \u00e0 l\u2019est de Terre-Neuve au mois de f\u00e9vrier suivant.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00c0 la fin de l\u2019\u00e9t\u00e9 1942, les r\u00e9sidants des c\u00f4tes du Qu\u00e9bec ou de parties du dominion de Terre-Neuve, notamment le Labrador, \u00e9taient conscients des all\u00e9es et venues des convois et de pratiquement tout autre objet flottant.<\/span><\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6269\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/2B71AF34-CB74-489D-8F64-FB6125EDE862.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"993\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/2B71AF34-CB74-489D-8F64-FB6125EDE862.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/2B71AF34-CB74-489D-8F64-FB6125EDE862-242x300.jpg 242w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/2B71AF34-CB74-489D-8F64-FB6125EDE862-768x953.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>L\u2019h\u00f4teli\u00e8re Rachel Kruse pose avec des survivants (ci-contre) apr\u00e8s que l\u2019U-517 eut\u00a0coul\u00e9 trois vaisseaux au large du<br \/>Cap-Gasp\u00e9, Qc, en 1942.<\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span> Firefly Books<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">On peut parier que beaucoup de ces gens avaient \u00e9t\u00e9 t\u00e9moins de la guerre bien plus que la plupart des autres civils au Canada.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les frappes sous-marines \u00e9taient devenues des \u00e9v\u00e9nements presque familiers, bien que redout\u00e9s, de la vie, et voir des survivants impr\u00e9gn\u00e9s de mazout trainant p\u00e9niblement des pieds en d\u00e9barquant de toutes sortes de bateaux de sauvetage inspirait ces gens sinon assez isol\u00e9s \u00e0 donner le meilleur d\u2019eux-m\u00eames.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le 7 septembre, le futur as de la campagne du Saint-Laurent, le\u00a0Kapit\u00e4nleutnant Paul Hartwig de l\u2019<i>U-517<\/i>, fit sombrer trois navires marchands au large du Cap-Gasp\u00e9\u00a0: le <i>Mount Pindus<\/i>, l\u2019<i>Oakton<\/i> et le <i>Mount Taygetus<\/i>, causant la mort de sept personnes. Quand il quitta le golfe, environ deux mois plus tard, il avait la perte de neuf bateaux \u00e0 son actif.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Une grande partie des 78 sur-vivants qui retourn\u00e8rent sur la terre ferme en fin d\u2019apr\u00e8s-midi ce jour de f\u00eate du Travail furent transport\u00e9s \u00e0 l\u2019h\u00f4tel Kruse situ\u00e9 dans la ville de Gasp\u00e9, o\u00f9 ils furent pris en charge par Rachel Kruse, veuve d\u2019Alfred, homme d\u2019affaires prosp\u00e8re d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1936.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">On la surnommait \u00e0 des lieux \u00e0\u00a0la ronde \u00ab The Fighting Lady \u00bb (la dame combative, NDT) et son h\u00f4tel \u00e9tait devenu le centre de la petite collectivit\u00e9 o\u00f9 la musique et les boissons coulaient \u00e0 flots, tout du moins jusqu\u2019\u00e0 ce que le marin pianiste reprenne la mer et y disparaisse.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">D\u00e8s les premiers signes de l\u2019arriv\u00e9e de ces derniers invit\u00e9s inattendus (l\u2019h\u00f4tel avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9quisitionn\u00e9 par le gouvernement), Mme Kruse alla fouiller dans la grande boite de carton pleine de v\u00eatements d\u2019occasion qu\u2019elle avait amass\u00e9s en pr\u00e9vision.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">Elle choisit des habits qui iraient \u00e0 chaque personne, \u00e0 une ou deux tailles pr\u00e8s. Des clients de l\u2019h\u00f4tel, principalement des r\u00e9sidants de longue dur\u00e9e qui travaillaient \u00e0 la station de <span class=\"s1\">Fort\u00a0Ramsay, laiss\u00e8rent leur lit aux nouveaux venus : beaucoup \u00e9taient noirs de mazout et tremblants \u00e0 cause de la froideur de l\u2019eau.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Ils partirent le lendemain, et leur <\/span>histoire a pratiquement disparu avec le temps, car les reportages censur\u00e9s communiqu\u00e8rent des faits sans s\u2019y attarder.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00ab Personne au Canada n\u2019aurait su\u00a0que des clients inattendus \u00e9taient arriv\u00e9s pendant la nuit, \u00e9crivit en 1984 le v\u00e9t\u00e9ran de la marine James W. Essex dans son livre <i>Victory in the St. Lawrence<\/i>. Quelqu\u2019un prit une photo de Mme Kruse aux premi\u00e8res lueurs de l\u2019aube, quand elle disait au revoir aux hommes qu\u2019elle avait h\u00e9berg\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00ab Son fils Earl a fi\u00e8rement affich\u00e9 cette photo chez lui : on y voyait \u201cla dame combative\u201d entour\u00e9e des hommes avec qui elle s\u2019\u00e9tait li\u00e9e d\u2019amiti\u00e9 et qui portaient des v\u00eatements mal ajust\u00e9s, t\u00e9moignant de sa d\u00e9termination et de son bon c\u0153ur, mais elle ne fut jamais reproduite dans un journal, quel qu\u2019il soit. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Apr\u00e8s qu\u2019Hartwig envoya la corvette canadienne <i>Charlottetown <\/i>par le fond au large de Cap-Chat, Qc, quatre jours apr\u00e8s, tuant 10 des 64 membres d\u2019\u00e9quipage, Dorothy German coucha les bless\u00e9s sur le plancher de sa salle de s\u00e9jour \u00e0 Gasp\u00e9, \u00ab comme du bois de corde \u00bb, d\u00e9crivit Essex.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00c0 un moment donn\u00e9, un ordonnance sur le pas de la porte lui fit remarquer que les v\u00eatements impr\u00e9gn\u00e9s de sang et de mazout allaient ab\u00eemer la moquette. Mme German ne s\u2019arr\u00eata pas.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">\u00ab Ceux qui \u00e9taient dans l\u2019eau lorsque les grenades sous-marines avaient explos\u00e9 \u00e9taient les plus mal en point, \u00e9crivit Essex. Les secousses violentes font \u00e9clater les vaisseaux sanguins et\u00a0causent une mort \u00e0 petit feu.<\/p>\n<p class=\"p2\">\u00ab Les haut-le-c\u0153ur et l\u2019expectoration de sang en sont des sympt\u00f4mes manifestes. \u00bb<\/p>\n<p class=\"p2\">Barry German, le mari de <span class=\"s1\">German, arriva peu apr\u00e8s. Capitaine auxiliaire v\u00e9t\u00e9ran de la Grande Guerre, il \u00e9tait alors l\u2019officier charg\u00e9 de Fort Ramsay et le commandant auxiliaire de la flotte de Gasp\u00e9.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Il jeta un coup d\u2019\u0153il rapide aux bless\u00e9s et ordonna qu\u2019on les transporte tous \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, o\u00f9 certains moururent. La plupart de ceux qui se r\u00e9tablirent furent affect\u00e9s \u00e0 d\u2019autres navires marchands : ils surv\u00e9curent parfois \u00e0 d\u2019autres naufrages, ou non.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>\u00c0 Conception Bay<\/b>, sur la c\u00f4te est de Terre-Neuve, des U-boots firent sombrer cinq cargos pr\u00e8s de l\u2019ile\u00a0Bell en septembre et en novembre 1942,<br \/>\ndont quelques-uns servaient au transport de minerai de fer provenant des mines de l\u2019ile situ\u00e9e au nord-est de St. John\u2019s. Soixante-neuf marins marchands p\u00e9rirent.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les habitants furent t\u00e9moins de frappes contre le mouillage pr\u00e8s de l\u2019ile. Une torpille \u00e9gar\u00e9e explosa contre un des quais principaux. Pendant l\u2019action, les r\u00e9sidants embarqu\u00e8rent sur leurs bateaux pour se porter au secours des rescap\u00e9s et r\u00e9cup\u00e9rer les cadavres.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">La guerre \u00e9tait donc toujours pr\u00e9sente \u00e0 l\u2019esprit des gens qui \u00e9taient l\u00e0, et \u00e0 l\u2019esprit des Terre-Neuviens en g\u00e9n\u00e9ral. Il s\u2019agissait apr\u00e8s tout d\u2019un peuple dont la vocation premi\u00e8re \u00e9tait en mer, et\u00a0au moins sept go\u00e9lettes de p\u00eache en Atlantique avaient \u00e9t\u00e9 coul\u00e9es par des sous-marins allemands pr\u00e8s des c\u00f4tes ou loin du pays.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le 7 ou le 8 mai 1942, l\u2019<i>U-136 <\/i>coula la go\u00e9lette <i>Mildred Pauline<\/i>, dont le port d\u2019attache \u00e9tait Sydney, au large de la Nouvelle-\u00c9cosse. Le Terre-Neuvien Abraham Thornhill en \u00e9tait capitaine. Le fils de Thornhill, George, \u00e2g\u00e9 de 21 ans, faisait partie de l\u2019\u00e9quipage de sept marins. Tous p\u00e9rirent.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Les U-boots envoy\u00e8rent par le fond des cargos appartenant \u00e0 des Terre-Neuviens et dont les membres d\u2019\u00e9quipage \u00e9taient Terre-Neuviens, y compris le <i>Humber Arm <\/i>et le <i>Waterton<\/i> qui appartenaient \u00e0 la Bowaters Newfoundland Pulp and Paper de Corner Brooks, ainsi que plusieurs vaisseaux appartenant \u00e0 <\/span><span class=\"s1\">l\u2019Anglo-Newfoundland Development <\/span>Company dont le si\u00e8ge \u00e9tait<br \/>\n\u00e0 St. John\u2019s.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Dans les dossiers du minist\u00e8re de la Justice de l\u2019ancien dominion se trouvent des extraits de lettres \u00e9crites par des Terre-Neuviens lorsque de tels \u00e9v\u00e9nements \u00e9taient encore bien pr\u00e9sents \u00e0 l\u2019esprit.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Dans une lettre \u00e0 Kay Normore, ancienne amie d\u2019\u00e9cole se trouvant en Angleterre, Doris Higgins de Wabana, T.-N., d\u00e9crivit de fa\u00e7on \u00e9nigmatique les cons\u00e9quences de la deuxi\u00e8me attaque \u00e0 l\u2019ile Bell qui\u00a0avait eu lieu le lundi pr\u00e9c\u00e9dent, et la fa\u00e7on dont le m\u00e9decin vint chercher son p\u00e8re \u00e0 4 h en lui disant \u00ab de se d\u00e9p\u00eacher, pour l\u2019amour de Dieu, et d\u2019aller chercher les bless\u00e9s avec la fourgonnette.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00ab Il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 sorti de son lit parce que nous \u00e9tions r\u00e9veill\u00e9s, tout comme quiconque sur l\u2019ile Bell avait des oreilles \u00bb, \u00e9crivit-elle avant de poursuivre en d\u00e9crivant \u00ab une vision impressionnante et douloureuse \u00bb de 11 cort\u00e8ges fun\u00e9raires traversant <\/span>la ville quelques jours apr\u00e8s.<\/p>\n<p class=\"p2\">Elle essaya de dissuader son amie de rentrer au pays \u00ab par la voie maritime \u00bb.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00ab C\u2019est trop dangereux, \u00e9crivit Higgins, et Kay, ma ch\u00e8re, nous, ici, le savons que trop bien. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Au bout du compte, la bataille du Saint-Laurent ne fut ni gagn\u00e9e ni perdue. \u00c0 l\u2019automne 1944, les sous-marins allemands quitt\u00e8rent simplement le golfe pour les eaux de l\u2019Atlantique aux proies plus nombreuses.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Peu connus ailleurs au pays, les \u00e9v\u00e9nements extraordinaires de 1942 restent bien pr\u00e9sents dans les esprits des Canadiens de l\u2019Atlantique, marqu\u00e9s par des histoires, des monuments et des tombes, ainsi que des souvenirs, des mythes et des l\u00e9gendes.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La bataille du Saint-Laurent qui a transform\u00e9 la vie des Terre-Neuviens Il \u00e9tait pr\u00e8s de minuit au bord du fleuve Saint-Laurent ce 8 octobre 1942. Bien install\u00e9 dans la salle de s\u00e9jour de la maison du gardien de phare \u00e0 la Pointe Mitis, Qc, David Gendron, 21 ans, r\u00e9digeait une lettre d\u2019amour. 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