{"id":6148,"date":"2022-06-24T09:51:07","date_gmt":"2022-06-24T13:51:07","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=6148"},"modified":"2022-06-24T09:51:07","modified_gmt":"2022-06-24T13:51:07","slug":"nous-leurs-en-sommes-reconnaissants-mais-quils-rentrent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2022\/06\/nous-leurs-en-sommes-reconnaissants-mais-quils-rentrent\/","title":{"rendered":"Nous leurs en sommes reconnaissants, mais qu&#8217;ils rentrent"},"content":{"rendered":"<div class=\"caption_img\">\r\n        <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6151\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/KIDS800.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"528\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/KIDS800.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/KIDS800-300x198.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/KIDS800-768x507.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Des femmes et enfants dans la rue de La Haye \u00e0 la recherche de bois de chauffage dans les \u00e9difices d\u00e9truits. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Menno Huizinga\/Ondergedoken Camera\/NIOD Institute for War\u00a0<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Les N\u00e9erlandais<\/b> lou\u00e8rent les Canadiens \u00e0 la lib\u00e9ration des Pays-Bas, cela ne fait pas l\u2019ombre d\u2019un doute. Le petit pays avait \u00e9t\u00e9 terroris\u00e9, brutalis\u00e9 et affam\u00e9 par les nazis pendant cinq ans. Les hommes avaient \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9s travailler dans les usines en Allemagne; les juifs n\u00e9erlandais avaient \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s dans les chambres \u00e0 gaz. <span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les lib\u00e9rateurs, membres de la Premi\u00e8re Arm\u00e9e canadienne, combattirent dans les campagnes et p\u00e9n\u00e9tr\u00e8rent dans les villes en apportant nourriture, m\u00e9dicaments et libert\u00e9. Les N\u00e9erlandais, reconnaissants, accueillirent les soldats chez eux \u00e0 bras ouverts. Cette gratitude reste de mise aujourd\u2019hui o\u00f9 les c\u00e9l\u00e9brations annuelles de la lib\u00e9ration s\u2019orchestrent autour de d\u00e9fil\u00e9s d\u2019anciens combattants canadiens et d\u2019hommages dans les grands cimeti\u00e8res canadiens.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Il s\u2019agit de la version bien connue de l\u2019histoire, et elle reste vraie. Un chapitre moins rose est toutefois occult\u00e9. Entre mai 1945 et mai 1946, avant leur rapatriement, les 170\u2009000 lib\u00e9rateurs canadiens bas\u00e9s aux Pays-Bas devinrent des occupants. Ils n\u2019exerc\u00e8rent pas la sauvagerie des Allemands, mais ils n\u2019\u00e9taient pas parfaits non plus. Les Canadiens caus\u00e8rent des probl\u00e8mes et, malgr\u00e9 des efforts incessants pour am\u00e9liorer la situation, ils cr\u00e9\u00e8rent des ennuis aux N\u00e9erlandais et \u00e0 leur gouvernement.<\/span><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">LES JOURNAUX N\u00c9ERLANDAIS SE PLAIGNAIENT QUE <\/span>LES CANADIENS AVAIENT ENVOY\u00c9 LA NOURRITURE ET\u00a0LES FOURNITURES EN\u00a0ALLEMAGNE<span class=\"s1\">.<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Le premier travail<\/b> apr\u00e8s la victoire du 8 mai 1945 en Europe fut de fournir un <\/span><span class=\"s1\">approvisionnement alimentaire aux N\u00e9erlandais et de r\u00e9cup\u00e9rer, d\u00e9sarmer et contr\u00f4ler les Allemands vaincus. La premi\u00e8re t\u00e2che \u00e9tait de taille, car les plus gros centres urbains avaient la plus grande population et le moins de nourriture. Les convois circulaient presque sans arr\u00eat. Au bout de quelques semaines, les N\u00e9erlandais avaient presque tout ce qu\u2019il fallait pour se nourrir. Certains aliments \u00e9taient encore rares, comme le beurre. D\u2019autres produits, comme le whisky, n\u2019\u00e9taient pas accessibles aux\u00a0N\u00e9erlandais, bien qu\u2019il y\u00a0en e\u00fbt en quantit\u00e9 dans les mess des Canadiens. Cette p\u00e9nurie \u00e9tait un terrain propice \u00e0 la corruption.<\/span><\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img decoding=\"async\" class=\"wp-image-6153 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/MILITAR2800.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"811\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/MILITAR2800.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/MILITAR2800-296x300.jpg 296w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/MILITAR2800-768x779.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Les soldats canadiens distribution des vivres dont on\u00a0avait un besoin criant.<\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Menno Huizinga\/Ondergedoken Camera\/NIOD Institute for War<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Et puis il y avait les Allemands, regroup\u00e9s dans les usines vides et d\u2019autres grands \u00e9difices. Pour minimiser les probl\u00e8mes, le commandement des d\u00e9tenus \u00e9tait confi\u00e9 aux officiers sup\u00e9rieurs allemands. Cela marchait habituellement bien, mais les Canadiens remirent deux d\u00e9serteurs aux Allemands \u00e0 Amsterdam au moins une fois. Les deux hommes furent rapidement jug\u00e9s et ex\u00e9cut\u00e9s. Les Canadiens fournirent les huit fusils et\u00a016 balles de la sentence.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">Le d\u00e9part officiel du <span class=\"s1\">\u00ab\u00a0personnel ennemi qui s\u2019\u00e9tait rendu \u00bb commen\u00e7a le 25 mai. Les forces allemandes furent escort\u00e9es par la route en rangs disciplin\u00e9s d\u2019environ 10\u2009000 hommes. Les soldats canadiens les accompagnaient pour tenir les N\u00e9erlandais \u00e0 l\u2019\u00e9cart. Il \u00e9tait \u00ab \u00e9vident depuis le d\u00e9but [&#8230;] \u00bb, dit le g\u00e9n\u00e9ral Bert Hoffmeister, commandant de la 5<sup>e<\/sup> Division blind\u00e9e canadienne, que \u00ab le peuple n\u00e9erlandais en aurait bless\u00e9 un grand nombre, et peut-\u00eatre tu\u00e9 plusieurs \u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les soldats et les v\u00e9hicules de l\u2019ennemi \u00e9taient parfois fouill\u00e9s pendant l\u2019exode. On trouvait des manteaux de fourrure, des voitures, des radios, des chevaux et de l\u2019argent. Les soldats canadiens r\u00e9cup\u00e9r\u00e8rent aussi plus de 15 millions en devise n\u00e9erlandaise cach\u00e9s dans des ambulances ou transport\u00e9s par des membres auxiliaires f\u00e9minins de l\u2019arm\u00e9e allemande. Tout cela fut remis aux autorit\u00e9s n\u00e9erlandaises et, trois semaines plus tard, la\u00a0force allemande au complet \u00e9tait de retour dans son pays.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Des tonnes de nourriture et de fournitures essentielles entraient aux Pays-Bas parall\u00e8lement au d\u00e9part des Allemands. Les Canadiens rapport\u00e8rent le 22 juin que 242\u2009000 tonnes de nourriture, charbon, p\u00e9trole, stocks et \u00e9quipement avaient \u00e9t\u00e9 livr\u00e9es en tout. Mais pourquoi une telle liste d\u00e9taill\u00e9e avait-elle \u00e9t\u00e9 dress\u00e9e? Parce que les journaux n\u00e9erlandais se plaignaient que les Canadiens avaient envoy\u00e9 la nourriture et les biens en Allemagne. Le g\u00e9n\u00e9ral Harry Crerar, commandant des forces canadiennes aux Pays-Bas, dut faire un rapport pr\u00e9cis et expliquer clairement qu\u2019on n\u2019avait permis aux Allemands d\u2019emporter que 450 tonnes de nourriture, carburant et stocks pour leurs besoins imm\u00e9diats. Mais comme cet exemple l\u2019illustre, les lib\u00e9rateurs \u00e9taient parfois vus d\u2019un \u0153il m\u00e9fiant.<\/span><\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6155\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/GIRL800.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"471\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/GIRL800.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/GIRL800-300x177.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/GIRL800-768x452.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Des soldats allemands escort\u00e9s hors de La Haye apr\u00e8s la lib\u00e9ration <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Holocaust and Genocide<br \/>Studies\/216873\/Wikimedia<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Toutefois, c\u2019est <\/b>avec les cigarettes que les vrais probl\u00e8mes commenc\u00e8rent. Elles \u00e9taient si rares que leur prix pouvait atteindre cinq florins (2 $CAN) l\u2019unit\u00e9 au march\u00e9 noir. Les N\u00e9erlandais les voulaient quand m\u00eame, et\u00a0ils acceptaient le prix. Les Canadiens en avaient, m\u00eame les non-fumeurs. Le gouvernement du Canada et les fabricants de cigarettes avaient coop\u00e9r\u00e9 pour envoyer des marques canadiennes aux troupes, sans taxe. Mille cigarettes pouvaient s\u2019acheter et \u00eatre transport\u00e9es outre-mer pour seulement 3 $. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, le lot valait environ 400 $, ce qui serait aujourd\u2019hui plus de 4\u2009000 $.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les cigarettes s\u2019offraient aux amis n\u00e9erlandais, mais elles pouvaient aussi s\u2019\u00e9changer contre des biens avec les N\u00e9erlandais qui \u00e9taient mal pris. Un bon appareil photo pouvait couter 500 cigarettes, des bijoux encore moins. Les cigarettes servaient aussi de monnaie d\u2019\u00e9change pour la prostitution. Un soldat canadien a racont\u00e9 avoir pay\u00e9 son mariage en tabac : \u00ab\u00a0onze cents cigarettes pour les bagues et la photographie, et des cigarettes et du chocolat pour r\u00e9gler la note d\u2019h\u00f4tel \u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le commerce du tabac, comme toutes les transactions au march\u00e9 noir, \u00e9tait interdit en vertu des ordres de la Premi\u00e8re Arm\u00e9e canadienne. Cependant, il \u00e9tait si r\u00e9pandu qu\u2019on ne pouvait pas y mettre fin.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">D\u2019autres fournitures militaires canadiennes finirent aussi par se retrouver entre les mains des N\u00e9erlandais. Les Canadiens, grad\u00e9s et hommes de troupe, troquaient des v\u00e9hicules, du whisky, des machines \u00e0 \u00e9crire, des bottes, du savon et d\u2019innombrables autres biens rares subtilis\u00e9s. Des officiers se procur\u00e8rent de pr\u00e9cieux tableaux, certains apparemment acquis <\/span><span class=\"s1\">\u00e0 mauvais escient. La reine Wilhelmina se plaignit de vols\u00a0d\u2019objets d\u2019art au gouvernement du Canada. Pouss\u00e9 par Ottawa, le g\u00e9n\u00e9ral Guy Simonds, commandant des Canadiens apr\u00e8s le retour de Crerar au pays, traduisit les d\u00e9linquants dont les activit\u00e9s \u00e9taient \u00e9videntes en cour martiale. Malheureusement, le chef d\u2019\u00e9tat-major de Simonds lui-m\u00eame fut jug\u00e9 pour ses transactions sur le march\u00e9 noir du diamant, mais \u00ab Diamond Jim \u00bb, comme on le surnommait, fut acquitt\u00e9.<\/span><\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6157\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/MARCH800.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"638\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/MARCH800.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/MARCH800-300x239.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/MARCH800-768x612.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Les soldats canadiens surveill\u00e8rent l\u2019exode pr\u00e8s d\u2019Amsterdam. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Alexander Mackenzie\/BAC\/3204055;<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<blockquote>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>\u00ab<\/b><\/span><span class=\"s1\">APR\u00c8S CE QUI VENAIT DE NOUS ARRIVER<\/span>, LES CANADIENS \u00c9TAIENT GRISANTS. <span class=\"s3\"><b>\u00bb<\/b><\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\"><b>Les N\u00e9erlandais <\/b>calvi-nistes voyaient \u00e9galement d\u2019un mauvais \u0153il que les N\u00e9erlandaises trouvent les Canadiens s\u00e9duisants. Contrairement aux milliers de N\u00e9erlandais revenant des travaux forc\u00e9s en Allemagne <\/span><span class=\"s2\">et aux civils qui avaient connu la famine, les soldats \u00e9taient en forme. L\u2019amour et\u00a0le sexe \u00e9taient in\u00e9vitables.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s2\">\u00ab Franchement, raconta une femme, apr\u00e8s ce qui venait de nous arriver, les Canadiens \u00e9taient grisants. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s2\">Un historien n\u00e9erlandais eut des mots plus durs : \u00ab\u00a0Les <\/span>N\u00e9erlandais furent battus militairement en 1940; sexuellement en 1945 \u00bb.<\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s2\">Jusqu\u2019\u00e0 7\u2009000 enfants naquirent hors des liens du mariage en 1946, et les pasteurs et journaux vitup\u00e9raient contre les femmes qui s\u2019\u00e9taient d\u00e9shonor\u00e9es et les Canadiens qui les avaient pr\u00e9tendument engross\u00e9es.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s2\">\u00c0 Tilburg, par exemple, les taux de naissance hors mariage \u00e9taient 10 fois plus \u00e9lev\u00e9s en 1945 que cinq ans plus t\u00f4t. Le com\u00e9dien n\u00e9erlandais Wim Kan ironisa plus tard en disant que les Canadiens avaient \u00ab \u00e9conduit les Allemands et approvisionn\u00e9 les N\u00e9erlandais en cigarettes, les N\u00e9erlandaises en chocolat et les enfants n\u00e9erlandais en petits fr\u00e8res et petites s\u0153urs \u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s2\">Sans surprise, la propagation des maladies v\u00e9n\u00e9riennes augmenta aussi. Les m\u00e9decins canadiens r\u00e9pertori\u00e8rent 252 cas de maladies sexuellement transmissibles \u00e0 Groningue en aout 1945. Les notables du\u00a0coin form\u00e8rent un groupe de redressement de la morale pour exhorter les femmes \u00e0 faire plus attention : \u00ab\u00a0les filles, nous savons que vous voulez prendre un peu de bon temps [&#8230;], mais [&#8230;] n\u2019oubliez pas que l\u2019amour n\u2019est jamais un jeu qui dure quelques heures \u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s2\">La col\u00e8re des N\u00e9erlandais \u00e9clata quelques fois. Il y eut in\u00e9vitablement des rixes entre les soldats et les civils, bien que ce ne fut pas toujours pour des femmes. Environ 400 hommes furent impliqu\u00e9s dans une terrible bagarre \u00e0 Utretch vers la fin de l\u2019\u00e9t\u00e9 de 1945. Plusieurs soldats se retrouv\u00e8rent face \u00e0 la cour martiale, mais l\u2019histoire ne dit pas si des N\u00e9erlandais furent traduits devant une cour civile.<\/span><\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6160\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/COUPLE800.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"840\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/COUPLE800.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/COUPLE800-286x300.jpg 286w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/COUPLE800-768x806.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Les N\u00e9erlandaises accompagnent les soldats canadiens \u00e0 Amsterdam apr\u00e8s la lib\u00e9ration <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Donald I. Grant\/BAC\/3191619<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">On mena\u00e7a les femmes qui fr\u00e9quentaient les Canadiens de leur raser la t\u00eate, comme <\/span><span class=\"s2\">cela avait \u00e9t\u00e9 fait \u00e0 celles qui avaient couch\u00e9 avec les Allemands. Les d\u00e9sirs sexuels <\/span>des soldats commen\u00e7aient \u00e0 \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme une menace \u00e0 la morale et \u00e0 la sant\u00e9 publiques.<\/p>\n<p class=\"p1\">L\u2019\u00e9ditorial du journal <i>Vrij\u00a0Nederland<\/i> dit en <span class=\"s2\">aout 1945 : \u00ab Nous ferons n\u2019importe quoi pour les Canadiens. Mais nos filles doivent s\u2019en tenir \u00e0 l\u2019\u00e9cart. Nous ne pouvons pas prendre les risques. Et nous louerons Dieu quand les Canadiens seront de retour au Canada. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s2\">Bien s\u00fbr, les soldats vou-<br \/>\n<\/span><span class=\"s1\">laient aussi rentrer chez eux. Ils en avaient assez d\u2019attendre.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">\u00c0 la fin de 1945, les N\u00e9erlandais voulaient reprendre possession de leur pays. Un journal de Nim\u00e8gue l\u2019assena sans m\u00e9nagement\u00a0: \u00ab Nous leurs en sommes reconnaissants, mais qu\u2019ils rentrent chez eux. Nous n\u2019oublierons jamais ces gentils gar\u00e7ons souriants, et ils auront toujours toute notre gratitude et nous leur souhaitons que du bien. \u00bb<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">L\u2019occupation canadienne n\u2019avait que trop dur\u00e9. Le ressentiment s\u2019\u00e9tait intensifi\u00e9 \u00e0 cause du comportement parfois inadmissible des officiers et des hommes. Un capitaine du North Shore (New Brunswick) Regiment raconta dans une lettre \u00e0 sa famille une f\u00eate qui avait dur\u00e9 toute une nuit et qui s\u2019\u00e9tait termin\u00e9e par une balade dans un v\u00e9hicule de reconnaissance\u00a0: \u00ab Les gens ici pensent que nous sommes fous \u00bb. En effet, cela pouvait \u00eatre le cas. Mais, d\u2019autres choses f\u00e2chaient aussi les N\u00e9erlandais : le luxe, selon eux, du club des officiers de l\u2019arm\u00e9e; l\u2019abondance de nourriture et de boisson dont profitaient les Canadiens, mais pas les N\u00e9erlandais; les parcs de stationnement pleins de v\u00e9hicules qui semblaient ne pas servir tandis que les civils n\u2019avaient pratiquement aucune voiture \u00e0 leur disposition.<\/span><\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6162\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/BYE800.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"732\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/BYE800.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/BYE800-300x275.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/BYE800-768x703.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>les enfants n\u00e9erlandais font\u00a0au revoir de\u00a0la main aux Canadiens qui partent en juillet 1945 <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Fotograaf Onbekend\/Anefo\/Archive nationale des Pays-Bas<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<blockquote>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">LES CANADIENS N\u2019EXERC\u00c8RENT PAS LA SAUVAGERIE<\/span> DES ALLEMANDS, MAIS ILS N\u2019\u00c9TAIENT PAS PARFAITS NON PLUS.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"p1\">Vers la fin de 1945, la\u00a0reine Wilhelmina dit \u00e0 <span class=\"s1\">Simonds qu\u2019il devrait ramener ses Canadiens chez eux. \u00ab Y compris les morts, votre majest\u00e9?\u00a0\u00bb aurait demand\u00e9 Simonds.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">\u00c0 la fin du mois de mars 1946, il ne restait plus qu\u2019environ 1\u2009000 Canadiens sur le territoire n\u00e9erlandais. Le quartier g\u00e9n\u00e9ral de Simonds cessa ses activit\u00e9s le\u00a031 mai 1946, et l\u2019occupation des Canadiens prit fin. Les Pays-Bas connurent encore des difficult\u00e9s pendant quelques ann\u00e9es, mais seuls les bons souvenirs des Canadiens rest\u00e8rent au fil du temps.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les N\u00e9erlandais lou\u00e8rent les Canadiens \u00e0 la lib\u00e9ration des Pays-Bas, cela ne fait pas l\u2019ombre d\u2019un doute. Le petit pays avait \u00e9t\u00e9 terroris\u00e9, brutalis\u00e9 et affam\u00e9 par les nazis pendant cinq ans. Les hommes avaient \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9s travailler dans les usines en Allemagne; les juifs n\u00e9erlandais avaient \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s dans les chambres \u00e0 gaz. \u00a0 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":6151,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-6148","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles-principaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6148","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6148"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6148\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6151"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6148"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6148"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6148"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}