{"id":55,"date":"2007-05-01T21:51:20","date_gmt":"2007-05-02T02:51:20","guid":{"rendered":"http:\/\/28330.vws.magma.ca\/fr\/?p=55"},"modified":"2008-01-27T22:33:40","modified_gmt":"2008-01-28T03:33:40","slug":"au-secours-du-bomber-command","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2007\/05\/au-secours-du-bomber-command\/","title":{"rendered":"Au secours du Bomber Command"},"content":{"rendered":"<h1><\/h1>\n<p>Dans le but de favoriser le d\u00e9bat public sur la campagne de                   bombardement strat\u00e9gique de la Seconde Guerre mondiale, nous                   offrons ce point de vue de David L. Bashow, dont le livre No                   Prouder Place : Canadians and the Bomber Command Experience                   1939-1945 (Pas d&#8217;endroit plus fier : les Canadiens et l&#8217;exp\u00e9rience                   du Bomber Command), a obtenu des critiques favorables (Off                   The Shelf [non traduit], mai\/juin 2006). L&#8217;auteur a aussi beaucoup \u00e9crit,                   dans des livres et des p\u00e9riodiques s\u00e9lects, sur diff\u00e9rents                   sujets concernant la d\u00e9fense, la politique \u00e9trang\u00e8re et l&#8217;histoire                   militaire. Ancien pilote de chasse des Forces canadiennes,                   il est \u00e9diteur de la Revue militaire canadienne et professeur                   adjoint au Coll\u00e8ge militaire royal \u00e0 Kingston (Ont.).<\/p>\n<p>Bien que cela puisse sembler vieux jeu dans le monde actuel,                   je crois qu&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 a besoin de h\u00e9ros, avec leurs exemples                   de courage et d&#8217;honneur, pour l&#8217;inspirer et il n&#8217;y a pas de                   partie de la soci\u00e9t\u00e9 qui en a besoin davantage que celle des                   forces arm\u00e9es.<\/p>\n<p>Je crois aussi que les citoyens d&#8217;une nation ont besoin qu&#8217;on                   leur rappelle de temps en temps que, des fois, il leur faudra \u00eatre                   pr\u00eats \u00e0 se battre, \u00e0 prendre position par rapport aux valeurs                   auxquelles ils croient et qu&#8217;ils ch\u00e9rissent. Durant les ann\u00e9es                   1930 et 1940, le nazisme \u00e9tait une tache obsc\u00e8ne sur l&#8217;humanit\u00e9;                   il fallait l&#8217;\u00e9liminer aussi vite que possible et cela par tous                   les moyens.<\/p>\n<p>Il ne nous reste que bien peu de temps pour rendre hommage                   convenablement \u00e0 nos v\u00e9t\u00e9rans de la Seconde Guerre mondiale                   et leur faire part de notre reconnaissance. Ces id\u00e9es \u00e0 l&#8217;esprit,                   surtout vu la r\u00e9cente explosion de n\u00e9gativisme concernant l&#8217;offensive                   du bombardement strat\u00e9gique de la Seconde Guerre mondiale,                   je crois qu&#8217;il est temps de parler en d\u00e9tail des raisons et                   des r\u00e9sultats de la campagne de bombardement.<\/p>\n<p>\u00c0 propos de cet immense effort, un certain nombre de particuliers,                   pour un aussi grand nombre de raisons, ont cru bon d&#8217;\u00e9liminer                   ou de manipuler de mani\u00e8re s\u00e9lective les faits historiques                   reli\u00e9s au bombardement, marginalisant son impact en tant que                   contribution au gain de la guerre et d\u00e9nigrant la conduite                   des \u00e9quipages d&#8217;aviateurs qui y ont particip\u00e9; autrement dit                   : stigmatisant le bombardement comme \u00e9tant immoral et inutile.<\/p>\n<p>Toutefois, je maintiens fermement que les r\u00e9sultats du bombardement                   alli\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 bien plus importants en ce qui a trait aux effets                   directs et indirects obtenus, ainsi qu&#8217;en faisant terminer                   la guerre favorablement, que ce qu&#8217;on a reconnu g\u00e9n\u00e9ralement                   auparavant. Je crois aussi qu&#8217;il est essentiel de comprendre                   que les d\u00e9cisions et les actes historiques qui s&#8217;en sont suivis                   ne peuvent pas \u00eatre examin\u00e9s \u00e0 travers la lentille morale que                   sont les sensibilit\u00e9s d&#8217;aujourd&#8217;hui. On doit juger ce qui a \u00e9t\u00e9 entrepris                   dans le contexte de l&#8217;\u00e9poque et en se basant sur les renseignements                   et les consid\u00e9rations de planification qui \u00e9taient disponibles                   en ce temps-l\u00e0. Autrement, la pr\u00e9cision historique risque fort                   bien d&#8217;\u00eatre supplant\u00e9e par la rectitude politique et, apr\u00e8s                   tout, avec du recul tout est bien plus clair.<\/p>\n<p>\u00c0 bien des \u00e9gards, le nouveau Mus\u00e9e canadien de la guerre                   est un hommage exceptionnel au fier patrimoine militaire du                   Canada. Toutefois, quand une institution doit reconna\u00eetre autant                   d&#8217;histoire militaire, il y a toujours risque de trop simplifier                   (En guerre contre le mus\u00e9e de la guerre, novembre\/d\u00e9cembre).                   J&#8217;ai peur que ce soit ce qui est arriv\u00e9 \u00e0 l&#8217;historique de l&#8217;offensive                   du bombardement combin\u00e9e de la Seconde Guerre mondiale, surtout                   le panneau d&#8217;exposition intitul\u00e9 Une controverse qui persiste                   et dont le sous-titre est Bombardement strat\u00e9gique.<\/p>\n<p>Bien qu&#8217;on ait remarqu\u00e9 au mus\u00e9e, avec justesse, que beaucoup                   de ressources avaient \u00e9t\u00e9 engag\u00e9es \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur du Troisi\u00e8me                   Reich \u00e0 cause de la menace qu&#8217;\u00e9tait ce bombardement, d&#8217;apr\u00e8s                   moi la g\u00e9n\u00e9ralisation simpliste et trompeuse suivante passe \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de                   l&#8217;essentiel. &#8220;Les bombardements massifs de l&#8217;Allemagne ont \u00e9t\u00e9 la                   cause de beaucoup de destruction et de morts. La valeur et                   la moralit\u00e9 de l&#8217;offensive du bombardement strat\u00e9gique contre                   l&#8217;Allemagne est toujours contest\u00e9e \u00e2prement.<\/p>\n<p>L&#8217;objectif du Bomber Command \u00e9tait de saper le moral des civils                   allemands et de forcer l&#8217;Allemagne \u00e0 se rendre en d\u00e9truisant                   ses villes et ses installations industrielles. M\u00eame si les                   attaques du Bomber Command et des forces am\u00e9ricaines ont caus\u00e9 la                   mort de 600 000 Allemands et en ont laiss\u00e9 5 millions d&#8217;autres                   sans-abris, ils n&#8217;ont d\u00e9truit qu&#8217;une infime partie de la production                   de guerre allemande avant la fin de la guerre.&#8221;<\/p>\n<p>Malheureusement, cette repr\u00e9sentation particuli\u00e8re sert de                   r\u00e9sum\u00e9 ou de bilan de la campagne, devenant effectivement le                   legs du Bomber Command qui perdure dans le mus\u00e9e. Les citations                   additionnelles ne servent qu&#8217;\u00e0 souligner les conclusions morales                   et humanitaires qui ne touchent gu\u00e8re \u00e0 la valeur strat\u00e9gique                   et militaire des r\u00e9sultats que le bombardement a obtenus.<\/p>\n<p>Quelle est-elle exactement, cette controverse qui touche \u00e0 la                   campagne de bombardement, et pourquoi est-elle devenue un probl\u00e8me?                   En ce qui concerne la Seconde Guerre mondiale, la controverse                   a commenc\u00e9 vers la fin de la guerre, \u00e0 cause de rapports erron\u00e9s                   sur les bombardements, surtout le bombardement de la ville                   allemande de Dresden lequel a eu lieu les 13 et 14 f\u00e9vrier                   1945.<\/p>\n<p>Une grande partie de la d\u00e9sinformation reli\u00e9e \u00e0 ces raids,                   y compris les chiffres de victimes civiles grandement exag\u00e9r\u00e9s,                   allant jusqu&#8217;\u00e0 1 000 pour cent, qui avaient \u00e9t\u00e9 transmis aux                   agences de presse alli\u00e9es en passant par des pays neutres,                   avaient leur origine au minist\u00e8re de la propagande de Josef                   Goebbel.<\/p>\n<p>Il y a moins longtemps, le sympathisant nazi et nieur de l&#8217;holocauste                   David Irving a mis de l&#8217;huile sur le feu, tout comme l&#8217;\u00e9pisode                   Mort au clair de lune qui faisait partie de la s\u00e9rie tr\u00e8s controvers\u00e9e                   La bravoure et le m\u00e9pris, une production qui a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9e                   par les groupes d&#8217;anciens combattants apr\u00e8s sa diffusion \u00e0 la                   t\u00e9l\u00e9vision de la SRC au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990.<\/p>\n<p>En plus de cela, l&#8217;\u00e9conomiste renomm\u00e9 n\u00e9 au Canada John Kenneth                   Galbraith, qui avait fait partie de l&#8217;\u00e9quipe alli\u00e9e de sondage                   sur le bombardement strat\u00e9gique apr\u00e8s la guerre, a vaguement                   fait marche arri\u00e8re \u00e0 propos de son accord &#8216;tout \u00e0 fait&#8217; avec                   les r\u00e9sultats du sondage, d\u00e9clarant vers la fin de sa vie,                   donc bien longtemps apr\u00e8s coup, qu&#8217;il ne croyait pas que le                   bombardement avait \u00e9t\u00e9 aussi efficace que ce qu&#8217;on pensait                   auparavant.<\/p>\n<p>Ainsi, du dire de l&#8217;historien britannique renomm\u00e9 Richard                   Holmes : &#8220;nombre de survivants ont pay\u00e9 le prix fort en sant\u00e9 et                   en bonheur, ce qu&#8217;a empir\u00e9 le d\u00e9nigrement de leurs efforts                   par les critiques allant de ceux qui \u00e9taient moralement pointilleux \u00e0 ceux                   qui appuyaient la campagne jusqu&#8217;\u00e0 ce qu&#8217;ils aient vu ce qu&#8217;elle                   avait fait mais qui ensuite d\u00e9siraient s&#8217;en distancer, en passant                   par ceux qui agissaient par int\u00e9r\u00eat politique. Comme les temp\u00eates                   de feu qui \u00e9taient l&#8217;expression la plus effroyable du bombardement,                   la condamnation de la campagne s&#8217;est nourrie d&#8217;elle-m\u00eame jusqu&#8217;\u00e0 ce                   que les flammes et la fum\u00e9e de l&#8217;hypocrisie eussent voil\u00e9 ses                   nombreux accomplissements, dont celui de sauver la vie d&#8217;innombrables                   soldats alli\u00e9s n&#8217;\u00e9tait pas le moindre.<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9rudition bien plus r\u00e9cente de gens comme Richard Overy,                   Frederick Taylor, Robin Neillands, David Hall, Chester Wilmot,                   Holmes et bien d&#8217;autres, ainsi que les voix et l&#8217;\u00e9rudition                   provenant de l&#8217;int\u00e9rieur de l&#8217;Allemagne, ont d\u00e9fi\u00e9 les critiques                   et les opposants de fa\u00e7on cr\u00e9dible et s\u00fbre en ce qui concerne                   l&#8217;efficacit\u00e9 et la moralit\u00e9 de la campagne en r\u00e9\u00e9valuant les                   archives et autres principales sources mat\u00e9rielles. Toutefois,                   il y a encore des gens qui ne veulent pas croire ce qui s&#8217;est                   vraiment pass\u00e9, qui font comme si la nouvelle \u00e9rudition n&#8217;existait                   pas ou qui poursuivent leur propre programme en d\u00e9pit de cela.<\/p>\n<p>Le bombardement par les alli\u00e9s du Troisi\u00e8me Reich et des autres                   pays de l&#8217;Axe entrait correctement dans le cadre de la strat\u00e9gie                   militaire p\u00e9riph\u00e9rique g\u00e9n\u00e9rale de la Grande-Bretagne. Il menait                   l&#8217;offensive chez l&#8217;ennemi depuis les premi\u00e8res \u00e9tapes de la                   guerre, servant \u00e0 d\u00e9montrer \u00e0 tous que la Grande-Bretagne et                   les dominions n&#8217;avaient pas l&#8217;intention d&#8217;acquiescer aux r\u00e9gimes                   totalitaires. Il offrait un &#8216;deuxi\u00e8me front d\u00e9nu\u00e9&#8217; aux Sovi\u00e9tiques                   assi\u00e9g\u00e9s quand aucun autre engagement majeur, comme une campagne                   terrestre pr\u00e9matur\u00e9e, ne pouvait \u00eatre lanc\u00e9e.<\/p>\n<p>Les lecteurs devraient remarquer que cette question se rapportait                   particuli\u00e8rement \u00e0 cela car, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1940, le souvenir                   du carnage syst\u00e9matique illustr\u00e9 par le front de l&#8217;Ouest en                   1914-1917 \u00e9tait encore douloureusement clair dans les esprits.                   Et bien que la derni\u00e8re ann\u00e9e de la Premi\u00e8re Guerre mondiale                   (1918) eut \u00e9t\u00e9 beaucoup plus fluide et dynamique, les gens                   appr\u00e9hendaient la perspective d&#8217;une autre situation o\u00f9 des                   arm\u00e9es terrestres \u00e9normes se trouveraient bloqu\u00e9es dans une                   impasse sanglante. Toutefois, les Sovi\u00e9tiques faisaient fortement                   pression pour un quelconque soulagement offensif et m\u00eame les                   Am\u00e9ricains, qui avaient accept\u00e9 &#8216;l&#8217;Allemagne d&#8217;abord&#8217; comme                   priorit\u00e9 militaire \u00e9taient particuli\u00e8rement anxieux d&#8217;en finir                   avec la guerre europ\u00e9enne pour pouvoir concentrer ensuite les                   efforts des alli\u00e9s contre les Japonais dans le Pacifique.<\/p>\n<p>Il y avait une pression importante de &#8216;acc\u00e9l\u00e9rer le r\u00e9gime&#8217;                   d&#8217;une invasion en Europe du Nord-Ouest longtemps avant que                   les forces des Britanniques et des dominions se sentent pr\u00eates \u00e0 une                   telle entreprise. Ainsi donc, l&#8217;offensive de bombardement \u00e9tait,                   de bien des fa\u00e7ons, la manifestation ultime d&#8217;une strat\u00e9gie                   de &#8216;gu\u00e9rilla&#8217;, dans le cadre de laquelle l&#8217;ennemi \u00e9tait attaqu\u00e9 \u00e0 travers                   ses p\u00e9riph\u00e9ries, comme \u00e0 travers sa capacit\u00e9 de production,                   quand le lancement d&#8217;une confrontation massive \u00e9tait inacceptable.<\/p>\n<p>L&#8217;offensive du bombardement a aussi port\u00e9 des coups importants \u00e0 l&#8217;infrastructure \u00e9conomique                   et industrielle de l&#8217;ennemi, l&#8217;obligeant \u00e0 d\u00e9centraliser ses                   industries militaires, ce qui lui a co\u00fbt\u00e9 tr\u00e8s cher en ressources,                   et cet impact \u00e9tait immense, comme l&#8217;\u00e9tait \u00e9galement le fait                   de faire perdre du temps \u00e0 une immense main-d&#8217;oeuvre et d&#8217;engloutir                   du mat\u00e9riel rien que par respect du danger. En 1944, au moins                   900 000 hommes, et un grand nombre de femmes et de jeunes, \u00e9taient                   n\u00e9cessaires rien que pour servir les d\u00e9fenses anti-a\u00e9riennes.<\/p>\n<p>La d\u00e9fense du Reich n\u00e9cessitait alors 81 pour cent des ressources                   en avions de chasse, presque 60 000 canons d&#8217;artillerie vari\u00e9s                   qui auraient autrement servi \u00e0 beaucoup renforcer leurs forces                   terrestres, un cinqui\u00e8me de toutes les munitions produites,                   et un bon tiers du rendement du secteur de manufacture d&#8217;optiques                   de pr\u00e9cision cruciales.<\/p>\n<p>L&#8217;offensive a pouss\u00e9 les nazis \u00e0 lancer des grandes campagnes                   de repr\u00e9sailles qui n&#8217;ont pratiquement pas eu de cons\u00e9quences,                   comme les programmes de fus\u00e9es V-1 et V-2, alors que d&#8217;autres                   initiatives potentiellement gagnantes, comme une concentration                   opportune sur les programmes d&#8217;avions de chasse \u00e0 r\u00e9action                   et \u00e0 fus\u00e9e, furent marginalis\u00e9es. La d\u00e9centralisation a donn\u00e9 lieu \u00e0 d&#8217;importantes                   inefficacit\u00e9s, ainsi qu&#8217;\u00e0 des tensions extraordinaires sur                   un r\u00e9seau de transport vuln\u00e9rable qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 surcharg\u00e9,                   le tout empir\u00e9 par l&#8217;exigence cons\u00e9quente que la direction                   de cette politique a caus\u00e9 \u00e0 propos du besoin en produits p\u00e9trolif\u00e8res,                   surtout quand les alli\u00e9s aient commenc\u00e9 \u00e0 prendre le p\u00e9trole                   prioritairement pour cible, en 1944.<\/p>\n<p>Il a aussi oblig\u00e9 les nazis \u00e0 att\u00e9nuer certaines initiatives                   vraiment perturbantes dont le d\u00e9veloppement \u00e9tait tr\u00e8s prometteur.                   Il s&#8217;agissait de leurs programmes militaires nucl\u00e9aire, biologique                   et chimique, ainsi que l&#8217;ach\u00e8vement opportun d&#8217;une nouvelle                   s\u00e9rie de sous-marins, particuli\u00e8rement ceux du Type XXI, oc\u00e9aniques,                   qui auraient encore pu faire du grabuge dans les voies maritimes                   alli\u00e9es s&#8217;ils avaient \u00e9t\u00e9 mouill\u00e9s en grand nombre avant la                   fin de la guerre en Europe.<\/p>\n<p>Finalement, l&#8217;offensive de bombardement a pr\u00e9par\u00e9 le terrain,                   gr\u00e2ce \u00e0 la destruction des d\u00e9fenses a\u00e9riennes, des ressources                   p\u00e9trolif\u00e8res et des r\u00e9seaux de transport de l&#8217;ennemi, \u00e0 une                   invasion r\u00e9ussie de l&#8217;Allemagne passant par l&#8217;Europe du Nord-Ouest                   en 1944.<\/p>\n<p>Le bombardement a d\u00e9truit pratiquement toutes les industries                   allemandes de coke, de ferro-alliage et de caoutchouc synth\u00e9tique,                   95 pour cent de ses capacit\u00e9s en carburant, en houille dure                   et en caoutchouc, 90 pour cent de sa capacit\u00e9 en acier, 75                   pour cent de sa capacit\u00e9 de production de camions et 70 pour                   cent de sa production de pneus. Il a aussi donn\u00e9 lieu \u00e0 d&#8217;immenses                   pertes dans la production d&#8217;avions et de v\u00e9hicules blind\u00e9s.                   Alors que sir Arthur Harris, qui \u00e9tait commandant en chef du                   Bomber Command pendant la plus grande partie de la campagne,                   a rechign\u00e9 au d\u00e9but quand il s&#8217;agissait de concentrer les attaques                   contre des cibles p\u00e9trolif\u00e8res, pr\u00e9f\u00e9rant ce qu&#8217;il croyait                   sinc\u00e8rement \u00eatre des objectifs du bombardement plus acceptables                   et profitables, il a fini par donner vigoureusement son appui \u00e0 la                   campagne. Dans certains des cas, la contribution du Bomber                   Command \u00e0 la campagne du p\u00e9trole a m\u00eame d\u00e9pass\u00e9 les efforts                   que les Am\u00e9ricains faisaient dans cette direction. Par exemple,                   durant les quatre premiers mois de 1945, le Bomber Command                   a largu\u00e9 181 000 tonnes de bombes sur le Reich, un cinqui\u00e8me                   de ce qu&#8217;il a largu\u00e9 durant toute la guerre. Et pas moins de                   47 510 tonnes (26,2 pour cent) \u00e9taient affect\u00e9es \u00e0 des cibles                   de p\u00e9trole. Les p\u00e9nuries qui en ont r\u00e9sult\u00e9 ont non seulement                   restreint les op\u00e9rations de combats, elles ont aussi r\u00e9duit                   le montant de carburant disponible pour l&#8217;entra\u00eenement.<\/p>\n<p>Les d\u00e9tracteurs de la campagne continuent de sugg\u00e9rer que                   le bombardement n&#8217;a eu que bien peu d&#8217;effets jusqu&#8217;aux derniers                   stades de la guerre, faisant remarquer que la production d&#8217;avions                   de chasse et de chars d&#8217;assaut a augment\u00e9 en 1944 et 1945.<\/p>\n<p>Toutefois, ces gens oublient que l&#8217;\u00e9conomie allemande et sa                   production industrielle, d&#8217;apr\u00e8s les ordres d&#8217;Hitler, avait \u00e9t\u00e9 relativement                   lente jusqu&#8217;\u00e0 ce que la nation se mette sur un pied de &#8216;guerre                   totale&#8217;, lors de la d\u00e9faite d\u00e9sastreuse \u00e0 Stalingrad, au d\u00e9but                   de 1943.<\/p>\n<p>Ce calendrier d&#8217;ex\u00e9cution co\u00efncidait au d\u00e9but de l&#8217;offensive                   combin\u00e9e du bombardement anglo-am\u00e9ricain. Ce que les Allemands                   auraient pu accomplir, s&#8217;ils n&#8217;avaient pas \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9s de respecter                   le danger qu&#8217;\u00e9tait le bombardement, s&#8217;ils avaient pu utiliser                   et ma\u00eetriser leurs installations de production sans entraves,                   et s&#8217;ils avaient eu libre acc\u00e8s \u00e0 leurs r\u00e9seaux et syst\u00e8mes                   de transport, d\u00e9passe l&#8217;imagination. Les augmentations de la                   production ont surtout \u00e9t\u00e9 dues au travail de millions de manoeuvres                   esclaves, amen\u00e9s de force des territoires occup\u00e9s, et le contr\u00f4le                   de la qualit\u00e9 a \u00e9norm\u00e9ment souffert durant les derni\u00e8res \u00e9tapes                   de la guerre, en partie \u00e0 cause de la r\u00e9sistance passive et                   des ralentissements faits par expr\u00e8s par cette main-d&#8217;oeuvre                   forc\u00e9e, mais aussi \u00e0 cause d&#8217;une p\u00e9nurie de mat\u00e9riaux strat\u00e9giques                   caus\u00e9e par le bombardement. De toute fa\u00e7on, c&#8217;est sans importance                   car, sans le carburant pour leur permettre de voler ou de rouler,                   gr\u00e2ce \u00e0 la priorit\u00e9 mise sur le bombardement des ressources                   p\u00e9trolif\u00e8res \u00e0 partir de 1944, ces autres avions et chars d&#8217;assaut \u00e9taient                   inutiles.<\/p>\n<p>La campagne a aussi eu beaucoup de succ\u00e8s au minage de la                   Baltique de l&#8217;Ouest, obligeant la marine allemande \u00e0 op\u00e9rer                   presque exclusivement \u00e0 partir de la Baltique de l&#8217;Est, et                   la for\u00e7ant \u00e0 affecter 40 divisions pour assurer et prot\u00e9ger                   le territoire environnant en Lettonie de l&#8217;Ouest, au golfe                   de Danzig et en Prusse-Orientale durant les derniers mois de                   l&#8217;avance des Sovi\u00e9tiques. En fin de compte, cela a servi \u00e0 tenir                   occup\u00e9 au moins un tiers des forces disponibles pour combattre                   l&#8217;arm\u00e9e rouge qui approchait, et ces forces n&#8217;ont pratiquement                   pas particip\u00e9 \u00e0 la d\u00e9fense finale du territoire allemand.<\/p>\n<p>Il est ind\u00e9niable que le bombardement a fait beaucoup de victimes                   civiles. Je maintiens qu&#8217;environ 593 000 civils ont trouv\u00e9 la                   mort rien que dans les territoires du Reich allemand \u00e0 cause                   des bombardements, c&#8217;est-\u00e0-dire 410 000 civils allemands, 23                   000 policiers non militaires et civils attach\u00e9s aux forces                   arm\u00e9es allemandes, 32 000 \u00e9trangers et prisonniers de guerre                   et 128 000 personnes relog\u00e9es. Toutefois, bien que ces chiffres                   soient importants, ils sont \u00e9clips\u00e9s par le g\u00e9nocide perp\u00e9tr\u00e9 sur                   les peuples d&#8217;Europe et d&#8217;Eurasie par les Allemands et leurs                   repr\u00e9sentants. Quant \u00e0 l&#8217;argument r\u00e9current que 75 millions                   d&#8217;Allemands ne voulaient pas la guerre d&#8217;Hitler, je peux r\u00e9pliquer                   en disant que cela ne sert gu\u00e8re \u00e0 consoler les millions d&#8217;\u00e2mes                   qui ont \u00e9t\u00e9 syst\u00e9matiquement extermin\u00e9es dans les camps de                   la mort des nazis.<\/p>\n<p>Le moral du public allemand \u00e9tait certainement bon durant                   les trois premi\u00e8res ann\u00e9es de la guerre, quand les forces allemandes                   faisaient ce que bon leur semblait dans la plus grande partie                   de l&#8217;Europe et m\u00eame en Asie. Pour faire contraste au bombardement                   alli\u00e9, la Grande-Bretagne a perdu environ 65 000 civils \u00e0 cause                   du bombardement a\u00e9rien durant la guerre, dont 43 000 environ                   sont morts durant le blitz de 1940-1941.<\/p>\n<p>Le fait que l&#8217;offensive du bombardement alli\u00e9e ait oblig\u00e9 les                   Allemands \u00e0 produire des avions de chasse de type d\u00e9fenseur                   principalement est une importante raison pour que le nombre                   de victimes britanniques n&#8217;ait pas \u00e9t\u00e9 sup\u00e9rieur, car ils ne                   purent g\u00e9n\u00e9rer une grosse force de bombardement strat\u00e9gique \u00e0 long                   rayon d&#8217;action avant la fin de la guerre. Il y a encore une                   autre raison, c&#8217;est que les attaques de bombardement industriel                   de 1943 \u00e0 1945 ont beaucoup diminu\u00e9 l&#8217;efficacit\u00e9 pr\u00e9vue du                   programme de fus\u00e9es V-1 et V-2, alors le nombre de victimes                   civiles a aussi \u00e9t\u00e9 moins important.<\/p>\n<p>Toutefois, que nul n&#8217;en doute : il y a beaucoup d&#8217;indications                   permettant de croire que l&#8217;Allemagne n&#8217;aurait pas eu de scrupule \u00e0 propos                   de bombarder la Grande-Bretagne \u00e0 fond si elle en avait eu                   les moyens. L&#8217;augmentation de l&#8217;importance de la production                   de chasseurs pour la d\u00e9fense de son territoire a aussi minimis\u00e9 le                   soutien a\u00e9rien disponible aux troupes allemandes combattant                   aux fronts. Ainsi, sans le bombardement alli\u00e9, les forces allemandes                   auraient eu bien plus de protection et les forces alli\u00e9es auraient \u00e9t\u00e9 expos\u00e9es \u00e0 un                   bombardement allemand bien plus gros.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la critique souvent r\u00e9p\u00e9t\u00e9e, qu&#8217;un pourcentage d\u00e9mesur\u00e9 des                   ressources militaires ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pens\u00e9es par le Bomber Command,                   la premi\u00e8re notabilit\u00e9 Richard Overy maintient que ce pourcentage \u00e9tait                   en fait bien petit. &#8220;Compar\u00e9 au total de tout l&#8217;effort de guerre                   (production et combat), le bombardement n&#8217;a absorb\u00e9 que sept                   pour cent, et en 1944-1945 il ne s&#8217;est \u00e9lev\u00e9 qu&#8217;\u00e0 12 pour cent.                   Vu qu&#8217;au moins une partie de la production a servi aux autres                   th\u00e9\u00e2tres de la guerre (et autres commandements), dans l&#8217;ensemble                   les chiffres du bombardement direct de l&#8217;Allemagne \u00e9taient                   certainement plus petits. On ne peut pas vraiment dire qu&#8217;une                   allocation de ressources de sept pour cent de l&#8217;effort de guerre                   de la Grande-Bretagne soit d\u00e9raisonnable.&#8221;<\/p>\n<p>Il est certain que les aviateurs anglo-am\u00e9ricains qui ont                   men\u00e9 \u00e0 bien la campagne ont endur\u00e9 de grosses pertes, 81 000                   d&#8217;entre eux ont p\u00e9ri avec les 18 000 a\u00e9ronefs qui ont \u00e9t\u00e9 perdus                   pour toutes sortes de raisons. La partie du Bomber Command \u00e9tait                   de 55 573 aviateurs et 12 330 a\u00e9ronefs, dont 8 655 sont tomb\u00e9s                   en Allemagne, en Italie et en Europe occup\u00e9e. Les co\u00fbts en                   victimes fatales pour le Canada \u00e9taient de presque 10 500 membres                   de l&#8217;Aviation royale du Canada dans les escadrons de la RAF,                   ainsi qu&#8217;un nombre important de Canadiens qui servaient en                   tant que membres de la Royal Air Force et que tout le monde                   a tendance \u00e0 oublier.<\/p>\n<p>En mai 1943, les affectations op\u00e9rationnelles dans les bombardiers \u00e9taient                   codifi\u00e9es \u00e0 30 op\u00e9rations dans la force principale, suivies                   par un repos derri\u00e8re les lignes d&#8217;environ six mois, et puis                   une deuxi\u00e8me affectation op\u00e9rationnelle de 20 op\u00e9rations de                   plus. La longueur des affectations \u00e9tait con\u00e7ue pour offrir                   une ancre de veille pour le moral, et un certain espoir de                   survie dans des circonstances ardues. En fait, elles avaient \u00e9t\u00e9 con\u00e7ues                   cliniquement pour offrir une &#8220;possibilit\u00e9 de survie de 50\/50&#8221;,                   et calcul\u00e9es d&#8217;apr\u00e8s un pr\u00e9dicat de 2,4 pour cent de pertes                   par raid, mais seulement \u00e0 la premi\u00e8re affectation. Le taux                   moyen de pertes du Bomber Command durant la guerre s&#8217;est concr\u00e9tis\u00e9 \u00e0 2,58                   pour cent par raid, ce qui garantissait presque cette &#8220;possibilit\u00e9 de                   survie de 50\/50&#8221; au bout de 30 op\u00e9rations.<\/p>\n<p>L&#8217;exp\u00e9rience des \u00e9quipages de bombardiers canadiens est bien                   plus enjou\u00e9e, surtout parce que la plus grande partie de la                   participation du Bomber Command a eu lieu apr\u00e8s la Normandie,                   quand le bombardement \u00e9tait le plus intense et que les pertes \u00e9taient                   les moins nombreuses. Mais 33 pour cent des Canadiens qui volaient                   dans les op\u00e9rations du Bomber Command ont quand m\u00eame fait partie                   des victimes, et plus d&#8217;une sur quatre de ces victimes fut                   mortelle.<\/p>\n<p>M\u00eame en laissant les questions morales de c\u00f4t\u00e9, le camp allemand                   a reconnu depuis longtemps que la politique de bombardement                   r\u00e9gional, tel qu&#8217;il a eu lieu durant la Seconde Guerre mondiale, \u00e9tait                   tout \u00e0 fait l\u00e9gale. En fait, ce n&#8217;est qu&#8217;en ao\u00fbt 1948 que l&#8217;interdiction                   a \u00e9t\u00e9 l\u00e9gif\u00e9r\u00e9e officiellement, quand la Convention de la Croix-Rouge                   sur la protection des civils en temps de guerre a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9e \u00e0 Stockholm                   et puis sign\u00e9e \u00e0 Gen\u00e8ve au d\u00e9but de l&#8217;ann\u00e9e 1949.<\/p>\n<p>Et en r\u00e9alit\u00e9, la ratification l\u00e9gale et la reconnaissance                   de cette initiative n&#8217;a eu lieu que plusieurs d\u00e9cennies plus                   tard, quand le premier des quatre protocoles de la Convention                   de Gen\u00e8ve de 1977 a interdit express\u00e9ment les attaques militaires                   faites par expr\u00e8s contre les civils.<\/p>\n<p>Les victimes civiles, dont beaucoup \u00e9taient indubitablement                   innocentes, \u00e9taient un r\u00e9sultat in\u00e9vitable de la campagne de                   bombardement, dont le mandat partiel d\u00e9clar\u00e9 publiquement \u00e9tait                   de d\u00e9loger la population de travailleurs industriels ennemis                   et d&#8217;an\u00e9antir sa volont\u00e9 de faire la guerre. En fait, \u00e0 partir                   de 1943, sir Arthur Harris d\u00e9clarait publiquement, ce sur quoi                   les gouvernements britannique et \u00e9tats-unien s&#8217;\u00e9taient mis                   d&#8217;accord, que : &#8220;l&#8217;objectif principal du Bomber Command sera                   la destruction progressive et le bouleversement du syst\u00e8me                   militaire, industriel et \u00e9conomique allemand dans le but de                   saper le moral du peuple allemand au point o\u00f9 sa capacit\u00e9 de                   r\u00e9sister par les armes aura diminu\u00e9 fatalement&#8221;.<\/p>\n<p>On doit aussi r\u00e9aliser que bien que la boucherie d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e                   de la main-d&#8217;oeuvre allemande n&#8217;ait jamais \u00e9t\u00e9 command\u00e9e, on                   s&#8217;attendait certainement \u00e0 des dommages collat\u00e9raux. La destruction                   des r\u00e9gions r\u00e9sidentielles avait pour but de rendre extr\u00eamement                   difficile \u00e0 cette main-d&#8217;oeuvre de poursuivre le travail. La                   propension occidentale de construire des zones r\u00e9sidentielles                   autour des installations industrielles a in\u00e9vitablement augment\u00e9 le                   nombre des victimes.<\/p>\n<p>Cette r\u00e9alit\u00e9 fut aggrav\u00e9e encore plus parce que le Bomber                   Command, tel qu&#8217;il fonctionnait durant la Seconde Guerre mondiale, \u00e9tait                   &#8216;un instrument contondant&#8217; avec bien peu de capacit\u00e9s de bombardement                   de pr\u00e9cision. M\u00eame \u00e0 son point de technologie la plus pr\u00e9cise,                   le Bomber Command manquait des capacit\u00e9s de ciblage \u00e0 grande                   pr\u00e9cision comme en ont les plates-formes d&#8217;armes d&#8217;aujourd&#8217;hui.<\/p>\n<p>Bref, les dommages collat\u00e9raux aux civils \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s                   des annexes du bombardement. Les r\u00e9gimes totalitaires avaient                   fourni de nombreux exemples du bombardement r\u00e9gional civil                   avant le d\u00e9but de l&#8217;offensive du bombardement combin\u00e9 de 1943                   : Guernica, Nanking, Varsovie, Rotterdam, Londres et Coventry                   viennent tout de suite \u00e0 l&#8217;esprit.<\/p>\n<p>Les d\u00e9tracteurs de la campagne sugg\u00e8rent erron\u00e9ment que les                   gouvernements alli\u00e9s ont fait preuve de duplicit\u00e9 lorsqu&#8217;ils                   ont expliqu\u00e9 la campagne de bombardement \u00e0 leurs citoyens.                   En fait, les sondages de l&#8217;opinion publique et m\u00eame les affiches                   de propagande de l&#8217;\u00e9poque pro vent que ces citoyens \u00e9taient                   tout \u00e0 fait au courant du bombardement intentionnel des villes                   industrielles allemandes, et ils confirment que le bombardement                   jouissait d&#8217;un soutien public r\u00e9pandu. Il y avait en effet                   des opposants, surtout au d\u00e9but de la campagne de bombardement                   et parmi eux se trouvait Cosmo Lang, archev\u00eaque de Canterbury                   au d\u00e9but de la guerre, mais m\u00eame lui a fini par se ranger avec                   les gens qui \u00e9taient en faveur de l&#8217;offensive du bombardement.                   Ils ont toujours \u00e9t\u00e9 une tr\u00e8s petite minorit\u00e9.<\/p>\n<p>D&#8217;autres mythes tenaces ont fait poursuivre le d\u00e9bat sur le                   bombardement strat\u00e9gique. Parmi eux :<\/p>\n<p>1. le bombardement de Dresden, les 13 et 14 f\u00e9vrier 1945, \u00e9tait                   un acte de destruction barbare et inutile contre une belle                   ville cultiv\u00e9e grandement \u00e9loign\u00e9e de l&#8217;effort de guerre.<\/p>\n<p>En fait, Dresden \u00e9tait un camp arm\u00e9, un centre de communication                   et de transport vital, et un grand centre industriel o\u00f9 se                   trouvaient au moins 127 manufactures servant \u00e0 la production                   militaire, y compris l&#8217;immense complexe Zeiss-Ikon o\u00f9 \u00e9taient                   employ\u00e9s plus de 14 000 personnes lors des raids de f\u00e9vrier.                   Et il y avait longtemps que le complexe Zeiss ne servait plus \u00e0 fabriquer                   quelque chose d&#8217;aussi innocent qu&#8217;un appareil photos pour vacanciers.                   De plus, Dresden fut bombard\u00e9 \u00e0 la demande des Sovi\u00e9tiques                   qui menaient une offensive \u00e0 environ 100 kilom\u00e8tres \u00e0 l&#8217;est                   et qui voulaient qu&#8217;on restreigne le transport de fournitures                   et de renforts ennemis vers leur front.<\/p>\n<p>2. La politique de bombardement am\u00e9ricaine avait pour pr\u00e9dicat                   une capacit\u00e9 de bombardement de pr\u00e9cision men\u00e9 en plein jour,                   au contraire des pratiques de bombardement r\u00e9gional hasardeux                   du Bomber Command qui avaient lieu la nuit au d\u00e9but et, par                   la suite pendant la guerre, jour et nuit.<\/p>\n<p>En fait, le bombardement de pr\u00e9cision am\u00e9ricain n&#8217;\u00e9tait ni                   pr\u00e9cis ni s\u00e9lectif. De plus, des habilet\u00e9s et un \u00e9quipement                   sp\u00e9cialis\u00e9 nouveaux ont am\u00e9lior\u00e9 la capacit\u00e9 d&#8217;attaques de                   pr\u00e9cision par le Bomber Command durant les derniers 18 mois                   de la guerre, la p\u00e9riode du plus grand effort de bombardement.                   Avant la fin des hostilit\u00e9s, le Bomber Command a d\u00e9montr\u00e9 une                   plus grande pr\u00e9cision la nuit et \u00e0 travers les nuages que ce                   qu&#8217;accomplissaient les Am\u00e9ricains les heures diurnes et d\u00e9gag\u00e9es.<\/p>\n<p>3. Le moral des Allemands n&#8217;a pas baiss\u00e9 \u00e0 cause du bombardement.<\/p>\n<p>Faux. De dire l&#8217;historien allemand G\u00f6tz Bergander : &#8220;en r\u00e9alit\u00e9,                   les raids a\u00e9riens sur les villes et l&#8217;industrie a fait trembler                   la fondation du moral de guerre du peuple allemand. Il a \u00e9branl\u00e9 les                   nerfs \u00e0 jamais, sap\u00e9 leur sant\u00e9 et fait chanceler leur croyance                   en la victoire, modifiant ainsi leur conscience. Il a r\u00e9pandu                   la peur, le d\u00e9sarroi et le d\u00e9sespoir. C&#8217;\u00e9tait un r\u00e9sultat important                   et intentionnel de la guerre a\u00e9rienne strat\u00e9gique, de cette                   r\u00e9volution militaire&#8221;. Il a aussi donn\u00e9 lieu \u00e0 un manque de                   r\u00e9sistance dans les r\u00e9gions urbaines allemandes vers la fin                   des hostilit\u00e9s qui a sans aucun doute acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 la reddition                   allemande et, en se basant sur les exp\u00e9riences, a sauv\u00e9 nombre                   de victimes des deux c\u00f4t\u00e9s en \u00e9vitant fr\u00e9quemment la n\u00e9cessit\u00e9 de                   l&#8217;\u00e2pre combat de maison \u00e0 maison.<\/p>\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral, l&#8217;offensive du bombardement strat\u00e9gique a men\u00e9 le                   combat chez l&#8217;ennemi. Il a cr\u00e9\u00e9 un deuxi\u00e8me front qui enlevait                   des ressources \u00e0 la campagne sovi\u00e9tique dans l&#8217;Est et qui d\u00e9tournait                   d&#8217;immenses quantit\u00e9s de mat\u00e9riel et de main-d&#8217;oeuvre des principales                   entreprises militaires de l&#8217;Allemagne. Il a port\u00e9 des coups                   consid\u00e9rables \u00e0 l&#8217;infrastructure industrielle allemande et                   pr\u00e9par\u00e9 le terrain, gr\u00e2ce \u00e0 la destruction des d\u00e9fenses a\u00e9riennes,                   du r\u00e9seau de transport et des ressources p\u00e9trolif\u00e8res de l&#8217;Allemagne,                   pour l&#8217;invasion terrestre en Europe du Nord-Ouest de 1944,                   laquelle eut lieu quand les alli\u00e9s se sont crus pr\u00eats \u00e0 une                   si formidable entreprise.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans le but de favoriser le d\u00e9bat public sur la campagne de bombardement strat\u00e9gique de la Seconde Guerre mondiale, nous offrons ce point de vue de David L. Bashow, dont le livre No Prouder Place : Canadians and the Bomber Command Experience 1939-1945 (Pas d&#8217;endroit plus fier : les Canadiens et l&#8217;exp\u00e9rience du Bomber Command), [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":28,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-55","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-principaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/55","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/28"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=55"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/55\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=55"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=55"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=55"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}