{"id":5261,"date":"2020-09-12T16:26:02","date_gmt":"2020-09-12T20:26:02","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=5261"},"modified":"2021-03-31T11:33:29","modified_gmt":"2021-03-31T15:33:29","slug":"les-chenilles-a-courcelette","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2020\/09\/les-chenilles-a-courcelette\/","title":{"rendered":"Les Chenilles \u00e0 Courcelette"},"content":{"rendered":"<p><div class=\"caption_img\">\r\n        <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-5263 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/LM_000005_Flattened_Fr.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"502\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/LM_000005_Flattened_Fr.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/LM_000005_Flattened_Fr-300x188.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/LM_000005_Flattened_Fr-768x482.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Des fantassins suivent un char en 1916. \u00c0 la Somme, on disait aux soldats canadiens de ne pas attendre, car ils allaient plus vite que les nouvelles armes. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Archives de la revue L\u00e9gion<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div><b>Dans l\u2019esprit de beaucoup<\/b><span style=\"font-weight: 400;\"> de gens, la Premi\u00e8re Guerre mondiale se caract\u00e9risait par un front essentiellement statique qui s\u2019\u00e9tendait de la mer du Nord \u00e0 la fronti\u00e8re suisse, et o\u00f9 l\u2019on utilisait constamment des mitrailleuses, des barbel\u00e9s, des tranch\u00e9es et de l\u2019artillerie. Ils rajoutent \u00e0 cela une indigence d\u2019id\u00e9es.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">La guerre apporta pourtant plusieurs innovations mat\u00e9rielles et techniques. Il y eut les premi\u00e8res utilisations de l\u2019avion, du char, de l\u2019artillerie de longue port\u00e9e, du barrage roulant, de la communication sans fil et du lance-flamme.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Une nouvelle technique et une nouvelle arme furent utilis\u00e9es pour la premi\u00e8re fois au cours de la c\u00e9l\u00e8bre bataille de la Somme. Et les soldats canadiens faisaient partie de ceux qui s\u2019en servirent.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Les circonstances <\/b><span style=\"font-weight: 400;\">de la bataille sont g\u00e9n\u00e9ralement bien connues. Le 1<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">er<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> juillet 1916, au commencement de la confrontation, eut lieu un des plus grands carnages d\u2019un jour de l\u2019histoire : plus de 57 000 victimes britanniques avant la tomb\u00e9e de la nuit, dont 710 soldats du Newfoundland Regiment.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">L\u2019offensive de la Somme se transforma en une guerre d\u2019usure qui dura quatre mois. Pourtant, au lieu de mettre fin \u00e0 l\u2019assaut, le g\u00e9n\u00e9ral commandant en chef britannique, Douglas Haig, le renouvela. Mais d\u2019abord, il lui fallait de nouvelles troupes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Haig fit appel au Corps canadien, qui \u00e9tait alors d\u00e9ploy\u00e9 au saillant d\u2019Ypres, en Belgique. Les trois divisions du Corps arriv\u00e8rent \u00e0 la Somme vers la fin aout. \u00c0 ce moment-l\u00e0, la premi\u00e8re ligne allemande et la plus grande partie de la deuxi\u00e8me avaient \u00e9t\u00e9 captur\u00e9es, et il y en avait aussi une troisi\u00e8me.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">La 1<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">re <\/span><span style=\"font-weight: 400;\">Division canadienne, command\u00e9e par le major-g\u00e9n\u00e9ral Arthur Currie, alla prendre la rel\u00e8ve des Australiens sur 3 000 m\u00e8tres de la cr\u00eate de Pozi\u00e8res. Aux premiers jours de septembre, les 1<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">re<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> et 3<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> brigades de la division furent la cible de bombardements intenses et d\u2019attaques fr\u00e9quentes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Le 15 septembre \u00e0 6 h 20, apr\u00e8s un barrage d\u2019artillerie intensif de cinq jours, 11 divisions britanniques engag\u00e8rent le combat sur un front de 11 kilom\u00e8tres entre Flers et Courcelette. Le r\u00f4le des Canadiens \u00e9tait un assaut de deux divisions sur 2 000 m\u00e8tres pour capturer la commune de Courcelette en ruines.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">C\u2019est \u00e0 cette bataille qu\u2019eut lieu la premi\u00e8re op\u00e9ration offensive du Corps. Les Canadiens avaient d\u00e9j\u00e0 particip\u00e9 aux batailles de Festubert et du mont Sorrel, mais leurs formations \u00e9taient alors au niveau du bataillon et leurs objectifs, limit\u00e9s \u00e0 la reprise de terrains perdus.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>C\u2019est \u00e0 Courcelette<\/b><span style=\"font-weight: 400;\"> qu\u2019apparurent pour la premi\u00e8re fois le barrage roulant et le destructeur chenill\u00e9 des mitrailleuses : le char d\u2019assaut. Les attaques ant\u00e9rieures avaient presque toujours \u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9d\u00e9es par un barrage d\u2019artillerie standard ciblant les positions ennemies. Ces bombardements duraient des heures ou m\u00eame des jours, qui avaient pour but de d\u00e9molir les troupes ennemies et leurs d\u00e9fenses.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">\u00c0 la fin du barrage, l\u2019artillerie passait aux cibles plus \u00e9loign\u00e9es alors que l\u2019infanterie se lan\u00e7ait \u00e0 l\u2019assaut en esp\u00e9rant que la plupart des soldats ennemis \u00e9taient morts ou se terraient de peur. Toutefois, les soldats allemands s\u2019abritaient habituellement dans leurs bunkers souterrains et ils \u00e9taient de retour dans leurs tranch\u00e9es pour recevoir les fantassins d\u2019un feu d\u00e9vastateur lorsqu\u2019ils passaient \u00e0 l\u2019attaque.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">En revanche, le barrage rampant, ou roulant, se d\u00e9pla\u00e7ait lentement mais surement devant les combattants. La fum\u00e9e et la poussi\u00e8re des explosions d\u2019obus servaient \u00e0 dissimuler les soldats qui s\u2019avan\u00e7aient. Apr\u00e8s avoir atteint les positions ennemies, le barrage poursuivait sa progression, et \u00e0 ce moment-l\u00e0 l\u2019infanterie aurait d\u00fb s\u2019\u00eatre approch\u00e9e suffisamment des tranch\u00e9es ennemies pour les occuper avant que les d\u00e9fenseurs ne r\u00e9agissent.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Quant au char, il avait \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en Grande-Bretagne, dans le plus grand secret, pour restaurer la fluidit\u00e9 au champ de bataille. Il devait accompagner les fantassins pour leur fournir un feu d\u2019appui direct \u00e0 partir d\u2019une plateforme pare-balles et venir \u00e0 bout des tranch\u00e9es et des fils barbel\u00e9s.<\/span><\/p>\n<blockquote><p><strong>Courcelette \u00e9tait un labyrinthe de caves, de tranch\u00e9es-abris et de galeries souterraines interconnect\u00e9es.<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Les chars Mark I de 28 tonnes \u00e9taient soit \u00ab m\u00e2les \u00bb, arm\u00e9s de deux canons navals de 6 livres mont\u00e9s en porte-\u00e0-faux et de trois mitrailleuses Hotchkiss de 8 millim\u00e8tres, soit \u00ab femelles \u00bb, quatre mitrailleuses Vickers de 0,303 po et une de 8 millim\u00e8tres. Chaque \u00e9quipage se composait d\u2019un officier et de sept hommes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Lorsque Haig apprit leur existence, il demanda imm\u00e9diatement tous les chars disponibles. Bien que 150 chars eussent d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 construits, 49 seulement lui furent exp\u00e9di\u00e9s. Trente-deux d\u2019entre eux furent r\u00e9partis parmi les divisions et lanc\u00e9s dans la bataille. Il y en avait sept dans la 2<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> Division canadienne.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Courcelette<\/b><span style=\"font-weight: 400;\"> avait \u00e9t\u00e9 puissamment fortifi\u00e9e par les Allemands et transform\u00e9e en un labyrinthe de caves, de tranch\u00e9es-abris et de galeries souterraines interconnect\u00e9es pour se prot\u00e9ger. Deux tranch\u00e9es principales, Sugar \u00e0 gauche et Candy \u00e0 droite, tra\u00e7aient un grand \u00ab X \u00bb \u00e0 environ 800 m\u00e8tres devant la commune. La tranch\u00e9e Candy se trouvait \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des ruines fortement fortifi\u00e9es d\u2019une usine de sucre. Ces positions \u00e9taient les premiers objectifs de l\u2019attaque des Canadiens.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">\u00c0 droite, les 4<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> et 6<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> brigades de la 2<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> Division, command\u00e9es par le major-g\u00e9n\u00e9ral Richard Turner, men\u00e8rent l\u2019attaque principale en direction de Courcelette \u00e0 cheval sur la route parfaitement droite d\u2019Albert-Bapaume. L\u2019ancienne voie romaine s\u00e9parait les brigades.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">L\u2019attaque fut appuy\u00e9e par un nombre de canons d\u2019artillerie sans pr\u00e9c\u00e9dent lors d\u2019une op\u00e9ration canadienne. La 2<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> Division avait 114 pi\u00e8ces de 18 livres et 29 obusiers de 4,5 pouces, tandis que la 3<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> avait 72 canons de 18 livres et 20 obusiers de 4,5 pouces. Une batterie de 234 pi\u00e8ces d\u2019artillerie de campagne et 64 canons lourds appuyait les deux divisions.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Le barrage roulant fit rapidement ses preuves. Les pi\u00e8ces de 18 livres ouvrirent le feu \u00e0 l\u2019heure H, et les obus \u00e9clataient \u00e0 45 m\u00e8tres de l\u2019ennemi. Une minute apr\u00e8s, le barrage se d\u00e9pla\u00e7a vers les tranch\u00e9es du front qu\u2019il martela pendant trois minutes, s\u2019avan\u00e7ant ensuite de 90 m\u00e8tres toutes les trois minutes jusqu\u2019\u00e0 l\u2019objectif ultime.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Turner affecta trois chars Mark I \u00e0 chaque brigade de l\u2019assaut, et en tint un en r\u00e9serve. Trois des six chars \u00e9taient de type m\u00e2le et s\u2019appelaient <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Champagne<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Chartreuse<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> et <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Cr\u00e8me de Menthe<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, tandis que les trois autres, de type femelle, s\u2019appelaient <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Chablis<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Cognac<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> et <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Cordon Bleu <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">(<\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Cordon Rouge<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> selon certaines sources). Deux m\u00e2les et une femelle \u00e9taient affect\u00e9s \u00e0 la 4<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> Brigade, et un m\u00e2le et deux femelles, \u00e0 la 6<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">.<\/span><\/p>\n<p><div class=\"caption_img\">\r\n        <img decoding=\"async\" class=\"wp-image-5266 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/19870268-0011.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"550\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/19870268-0011.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/19870268-0011-300x206.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/19870268-0011-768x528.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Dans cette illustration du maitre italien Fortunino Matania, des soldats canadiens sont cach\u00e9s par une chaudi\u00e8re, le 15 septembre 1916, alors qu\u2019ils prennent d\u2019assaut le bastion allemand qu\u2019\u00e9tait l\u2019usine de sucre de Courcelette. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Archives de la revue L\u00e9gion; Fortunino Matania\/MCG\/19870268-001<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div><span style=\"font-weight: 400;\">M\u00eame s\u2019il s\u2019agissait de leur premi\u00e8re utilisation, les chars ne pr\u00e9dominaient pas dans l\u2019attaque, et leur d\u00e9placement devait se r\u00e9gler sur celui de l\u2019infanterie. Quoi qu\u2019il en soit, les fantassins, qui devanc\u00e8rent rapidement les chars, avaient re\u00e7u l\u2019ordre de ne pas attendre qu\u2019ils les rattrapent.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">\u00c0 droite de la 4<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> Division, les 18<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> (Western Ontario) et 20<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> (Central Ontario) bataillons atteignirent la tranch\u00e9e Candy \u00e0 7 h, tandis que le 21<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> Bataillon (Eastern Ontario) capturait les ruines de l\u2019usine de sucre au bout d\u2019un f\u00e9roce combat. Dans la 6<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> Brigade, \u00e0 gauche de la division, les 27<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> (City of Winnipeg) et 28<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> (Saskatchewan) bataillons se firent maitres de la tranch\u00e9e \u00e0 7 h 40.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Les trois chars affect\u00e9s \u00e0 la 4<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> Brigade devaient s\u2019avancer jusqu\u2019\u00e0 la route d\u2019Albert-Bapaume. L\u2019un d\u2019eux devait attaquer l\u2019usine de sucre situ\u00e9e \u00e0 gauche de la route, tandis que les deux autres devaient tourner \u00e0 droite, vers le corps britannique.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Un char tomba en panne \u00e0 peu de distance du front canadien et un autre, peu de temps apr\u00e8s. Quand le troisi\u00e8me atteignit l\u2019usine de sucre, elle avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 captur\u00e9e. Conform\u00e9ment aux ordres, il retourna aux lignes canadiennes pour refaire le plein et se r\u00e9armer.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Les trois chars allou\u00e9s \u00e0 la 6<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> Brigade devaient soutenir l\u2019infanterie au flanc gauche. Ils devaient ensuite virer \u00e0 droite et attaquer l\u2019usine de sucre par le nord. Deux d\u2019entre eux furent coinc\u00e9s pr\u00e8s de la tranch\u00e9e Sugar, mais l\u2019autre atteignit les tranch\u00e9es allemandes et tua plusieurs ennemis avant de rebrousser chemin.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">La 3<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> Division, command\u00e9e par le major-g\u00e9n\u00e9ral Louis Lipsett, devait prot\u00e9ger le flanc gauche de l\u2019attaque principale \u00e0 Courcelette. L\u2019objectif des 7<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> et 8<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> brigades \u00e9tait fortement d\u00e9fendu par la ligne de tranch\u00e9es Fabeck Graben. Alors que la 8<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> Brigade traversait le terrain neutre, ses unit\u00e9s subirent le feu d\u2019artillerie et de mitrailleuses concentr\u00e9.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Au flanc droit de la division, o\u00f9 se trouvait la 2<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> Division, le 5<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> Bataillon (Qu\u00e9bec) canadien de fusiliers \u00e0 cheval (CFC) captura la partie nord de la tranch\u00e9e Sugar, permettant au 4<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e <\/span><span style=\"font-weight: 400;\">Bataillon CFC (Central Ontario) d\u2019aller s\u2019emparer d\u2019une section de Fabeck Graben. \u00c0 sa gauche, le 1<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">er<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> CFC (Saskatchewan) atteignit le bord de la ferme Mouquet, que les soldats surnommaient Mucky (crasseuse, NDT).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Les unit\u00e9s de la 7<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> Brigade pass\u00e8rent alors \u00e0 travers les bataillons de la 8<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> Brigade. \u00c0 la tomb\u00e9e de la nuit, la Princess Patricia\u2019s Canadian Light Infantry, ainsi que les 42<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> (Black Watch) et 49<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> (Edmonton) bataillons, r\u00e9ussirent \u00e0 capturer Fabeck Graben en entier except\u00e9 une section de 250 m\u00e8tres.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Pendant ce temps, \u00e0 11 h, le lieutenant-g\u00e9n\u00e9ral Julian Byng ordonnait de lancer l\u2019attaque contre le deuxi\u00e8me objectif, Courcelette elle-m\u00eame, \u00e0 18 h. Cette attaque-l\u00e0 aussi fut soutenue par un barrage roulant. Apr\u00e8s avoir battu en br\u00e8che une ligne d\u2019avant-postes allemands en un corps-\u00e0-corps particuli\u00e8rement f\u00e9roce, les 22<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> (Canadien fran\u00e7ais) et 25<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> (Nouvelle-\u00c9cosse) bataillons de la 5<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> Brigade travers\u00e8rent rapidement Courcelette et en signal\u00e8rent la capture \u00e0 19 h 50.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Pendant que les deux bataillons repoussaient 11 contrattaques allemandes, le 26<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> Bataillon (Nouveau-Brunswick) jouait un jeu mortel de nettoyage derri\u00e8re eux, dans les ruines de Courcelette. Dans une remarque fr\u00e9quemment cit\u00e9e, le lieutenant-colonel Thomas-Louis Tremblay, commandant des Canadiens fran\u00e7ais, \u00e9crivit dans son journal: \u00ab Si l\u2019enfer est aussi mauvais que ce que j\u2019ai vu \u00e0 Courcelette, je ne le souhaite pas \u00e0 mon pire ennemi. \u00bb<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>La bataille<\/b><span style=\"font-weight: 400;\"> se poursuivit le 16 septembre. La 1<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">re<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> Division passa par Courcelette et rempla\u00e7a la 2<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> Division en avant. Elle se lan\u00e7a \u00e0 l\u2019assaut des hauteurs au-del\u00e0 du village, mais n\u2019eut gu\u00e8re de progr\u00e8s.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">La 3<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> Division poursuivit \u00e9galement son attaque. Elle avait pour objectif la prochaine ligne de d\u00e9fense allemande : Zollern Graben, y compris la place forte Zollern, centre de r\u00e9sistance \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 ouest. \u00c0 cet endroit, Zollern Graben se trouvait \u00e0 environ 1 000 m\u00e8tres au nord de Fabeck Graben, bien que les deux syst\u00e8mes de tranch\u00e9es se joignissent \u00e0 l\u2019ouest de Courcelette.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Ce soir-l\u00e0, la 3<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e <\/span><span style=\"font-weight: 400;\">Division lan\u00e7a une attaque rapide vers Zollern Graben. Ses soldats furent tout de suite immobilis\u00e9s par les mitrailleuses, et l\u2019attaque \u00e9choua. Il y eut quand m\u00eame un bon r\u00e9sultat : des unit\u00e9s de la 7<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> Brigade r\u00e9ussirent \u00e0 capturer les 250 derniers m\u00e8tres de Fabeck Graben qui \u00e9taient encore entre les mains des Allemands.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">D\u2019autres attaques eurent lieu pendant les quelques jours qui suivirent, mais les Allemands renforc\u00e8rent leurs positions et aucune n\u2019aboutit. Le 22 septembre, la bataille de Courcelette \u00e9tait termin\u00e9e et les Allemands restaient maitres de Zollern Graben.<\/span><\/p>\n<p><div class=\"caption_img\">\r\n        <img decoding=\"async\" class=\"wp-image-5268 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/PA-000909.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"566\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/PA-000909.jpg 800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/PA-000909-300x212.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/PA-000909-768x543.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Des m\u00e9decins soignent des bless\u00e9s dans une tranch\u00e9e au cours des combats. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Sharif Tarabay; William Ivor Castle\/MDN\/BAC\/3395804<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div><b>Tout le monde <\/b><span style=\"font-weight: 400;\">s\u2019entendait sur l\u2019efficacit\u00e9 du barrage roulant. Le nombre normal d\u2019Allemands morts ou bless\u00e9s que l\u2019on trouva aux lignes du front et aux lignes de soutien \u00e9tait sup\u00e9rieur \u00e0 la normale, ce qui avait permis aux Canadiens de continuer dans leur \u00e9lan.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Les d\u00e9buts du char d\u2019assaut \u00e9taient moins impressionnants. De tous les blind\u00e9s utilis\u00e9s lors de l\u2019attaque britannique globale, ce sont les six qui avaient \u00e9t\u00e9 affect\u00e9s \u00e0 la 2<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> Division qui eurent le plus de succ\u00e8s. Les opinions sur l\u2019efficacit\u00e9 des chars semblaient d\u00e9pendre du moment et de l\u2019endroit o\u00f9 l\u2019observateur les avait vus.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Bien que l\u2019effet r\u00e9el de leur puissance de feu f\u00fbt minime, ils avaient inspir\u00e9 la peur chez l\u2019ennemi. Les le\u00e7ons tir\u00e9es de leur utilisation \u00e0 Courcelette men\u00e8rent \u00e0 des am\u00e9liorations techniques et tactiques qui assur\u00e8rent leur utilisation pendant le reste de la guerre et au-del\u00e0.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">La bataille de la Somme se termina lentement au mois de novembre en raison du mauvais temps. \u00c0 ce moment-l\u00e0, les victimes chez les Canadiens s\u2019\u00e9levaient \u00e0 24 029, dont pr\u00e8s de 8 000 sont d\u00e9c\u00e9d\u00e9es.<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Sept9_Leo-Clarke-Final.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"685\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Deux Croix de Victoria furent d\u00e9cern\u00e9es \u00e0 des Canadiens \u00e0 Courcelette.<\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span><\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p><b>En nombre inf\u00e9rieur<\/b><\/p>\n<p><b>Le 9 septembre<\/b><span style=\"font-weight: 400;\">, le caporal int\u00e9rimaire Leo Clarke et sa section de bombardiers du 2<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> Bataillon couvraient une construction dans une tranch\u00e9e allemande qui venait d\u2019\u00eatre captur\u00e9e pr\u00e8s de Pozi\u00e8res. Lorsque 22 Allemands se lanc\u00e8rent \u00e0 l\u2019attaque, les Canadiens \u00e9taient tous bless\u00e9s \u00e0 l\u2019exception de Clarke. Il leur vida son revolver et deux fusils ennemis dessus. Quand un officier enfon\u00e7a sa ba\u00efonnette dans la jambe de Clarke, ce dernier le tua et continua de se battre. Les autres Allemands s\u2019enfuirent, poursuivis par Clarke qui en toucha quatre de ses balles et fit un prisonnier. Il avait tu\u00e9 deux officiers et 16 hommes en tout. Clarke ayant trouv\u00e9 la mort 40 jours apr\u00e8s, il ne sut jamais que la Croix de Victoria lui avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9cern\u00e9e.<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/A._Y._Jackson-John_Chipman_KERR_VC_CWM_19710261-0174.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"740\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Deux Croix de Victoria furent d\u00e9cern\u00e9es \u00e0 des Canadiens \u00e0 Courcelette.<\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span><\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p><b>L\u2019homme <\/b><strong>\u00e0 <\/strong><b>la ba\u00efonnette<\/b><\/p>\n<p><b>Le soldat<\/b><span style=\"font-weight: 400;\">\u00a0John Chipman (Chip) Kerr, qui s\u2019est fait appeler l\u2019homme \u00e0 la ba\u00efonnette, \u00e9tait \u00e0 la t\u00eate d\u2019une section de bombardiers du 49<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> Bataillon le 16 septembre 1916 lors de l\u2019attaque d\u2019une tranch\u00e9e allemande pr\u00e8s de Courcelette. Il sauta dans la tranch\u00e9e, o\u00f9 une bombe lanc\u00e9e par un Allemand lui arracha l\u2019index droit. Son groupe n\u2019ayant presque plus de bombes, Kerr grimpa hors de la tranch\u00e9e et courut le long des parados. Il dirigea \u00e0 voix haute les lancers de bombe de ses compagnons et ouvrit le feu \u00e0 bout portant sur les Allemands. Soixante-deux Allemands se rendirent et les 230 derniers m\u00e8tres de la tranch\u00e9e furent captur\u00e9s. Kerr re\u00e7ut la Croix de Victoria pour ses actes h\u00e9ro\u00efques.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans l\u2019esprit de beaucoup de gens, la Premi\u00e8re Guerre mondiale se caract\u00e9risait par un front essentiellement statique qui s\u2019\u00e9tendait de la mer du Nord \u00e0 la fronti\u00e8re suisse, et o\u00f9 l\u2019on utilisait constamment des mitrailleuses, des barbel\u00e9s, des tranch\u00e9es et de l\u2019artillerie. Ils rajoutent \u00e0 cela une indigence d\u2019id\u00e9es. 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