{"id":5063,"date":"2020-07-30T10:36:37","date_gmt":"2020-07-30T14:36:37","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=5063"},"modified":"2020-08-31T10:36:58","modified_gmt":"2020-08-31T14:36:58","slug":"le-conte-de-deux-prisonniers","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2020\/07\/le-conte-de-deux-prisonniers\/","title":{"rendered":"Le conte de deux prisonniers"},"content":{"rendered":"<div class=\"caption_img\">\r\n        <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-5073\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/GettyImages-615218184.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"799\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/GettyImages-615218184.jpg 4002w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/GettyImages-615218184-213x300.jpg 213w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/GettyImages-615218184-768x1084.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/GettyImages-615218184-726x1024.jpg 726w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Le capitaine d&#8217;U-boot Otto Kretschmer (\u00e0 gauche, \u00e0 droite) fut f\u00e9licit\u00e9 par un officier sup\u00e9rieur allemand pour avoir coul\u00e9 des navires alli\u00e9s. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>VCG Wilson\/Bettmann Archive\/Getty Images\/615218184<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Au printemps <\/b>et \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1943, pendant qu\u2019un officier de l\u2019Aviation royale du Canada supervisait le creusement de tunnels secrets qui devaient servir \u00e0 l\u2019\u00e9vasion d\u2019un camp de prisonniers de guerre des nazis (sujet du film de guerre <i>La grande \u00e9vasion<\/i>), un officier de la marine allemande faisait de m\u00eame pour faire \u00e9vader les prisonniers d\u2019un camp canadien de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de l\u2019oc\u00e9an Atlantique, 6\u202f500 kilom\u00e8tres plus \u00e0 l\u2019ouest.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Mais, les efforts d\u2019Otto Kretschmer, as des U-boots surnomm\u00e9 le \u00ab roi du tonnage \u00bb, furent moins fructueux que ceux de Wallace Floody, capitaine d\u2019aviation de Chatham, Ont., qui fut immortalis\u00e9 dans le film sous le nom du \u00ab roi des tunnels \u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Kretschmer s\u2019engagea<\/b> dans la marine allemande en 1934 et il fut affect\u00e9 deux ans plus tard aux U-boots. Il avait d\u00e9j\u00e0 command\u00e9 un sous-marin pendant deux ans quand \u00e9clata la Seconde Guerre mondiale, et il fit sombrer un navire danois et un contretorpilleur britannique peu apr\u00e8s. <\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">En avril 1940, il re\u00e7ut le commandement de l&#8217;U-99 et se sp\u00e9cialisa dans les attaques nocturnes \u00e0 la surface : il traversait les convois en diagonale pour cibler des navires individuellement. Il attachait beaucoup de valeur \u00e0 la pr\u00e9cision. Sa devise, \u00ab Un navire, une torpille \u00bb, enfreignait la directive de la Kreigsmarine qui \u00e9tait de lancer des salves pour garantir le naufrage des embarcations.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00c0 la t\u00eate de l&#8217;U-99, Kretschmer fit couler une quarantaine de b\u00e2timents. Cela lui valut le surnom de \u00ab roi du tonnage \u00bb, car pendant sa carri\u00e8re militaire de 18 mois, il envoya par le fond plus de 270\u202f000 tonnes de marchandises.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le 16 mars 1941, lors de sa huiti\u00e8me patrouille, l&#8217;U-99 coula cinq navires en une heure. Avec un stock de torpilles \u00e9puis\u00e9 et avec un submersible bien visible dans les flammes des navires incendi\u00e9s, Kretschmer se sentit (tel que cit\u00e9 dans la n\u00e9crologie publi\u00e9e par le <i>Daily Telegraph<\/i>) \u00ab aussi expos\u00e9 qu\u2019un homme prenant un bain de soleil sur une plage \u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Il plongea en catastrophe, mais il avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 rep\u00e9r\u00e9 par l\u2019escorte du convoi et il fut attaqu\u00e9 par le HMS <i>Walker<\/i>. Six grenades sous-marines firent descendre l&#8217;U-99 sous la profondeur d\u2019\u00e9crasement, puis il refit brusquement surface. L\u2019appareil \u00e0 gouverner avait \u00e9t\u00e9 endommag\u00e9 et les r\u00e9servoirs de carburant avaient \u00e9t\u00e9 fracass\u00e9s. Il envoya un message en Allemagne : \u00ab Grenades sous-marines\u2014captur\u00e9\u2014Heil Hitler\u2014Kretschmer. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Il ordonna le sabordage de l&#8217;U-99 pour \u00e9viter que les Alli\u00e9s ne s\u2019en emparent, puis enjoignit \u00e0 son \u00e9quipage de mettre les canots de sauvetage \u00e0 l\u2019eau. Il envoya ensuite un message en morse avec une lampe au navire britannique : \u00ab De capitaine \u00e0 capitaine. Pri\u00e8re de sauver mes hommes \u00e0 la d\u00e9rive vers vous. Je\u00a0sombre. \u00bb Seuls trois hommes p\u00e9rirent lors du sabordage du sous-marin; 40 furent sauv\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">La perte de l&#8217;U-99 fut \u00ab un coup dur pour le moral et la propagande des Allemands \u00bb, d\u00e9clara-t-on dans le rapport d\u2019interrogatoire britannique, surtout qu\u2019un autre U-boot avait \u00e9t\u00e9 captur\u00e9 la nuit m\u00eame. C\u2019\u00e9tait \u00ab\u00a0une importante victoire \u00bb aux premiers jours de la bataille de l\u2019Atlantique.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Kretschmer et son \u00e9quipage furent transf\u00e9r\u00e9s \u00e0 Londres, o\u00f9 les membres de la Royal Navy trouv\u00e8rent en l\u2019interrogeant qu\u2019il \u00e9tait \u00ab moins nazi qu\u2019on ne l\u2019avait suppos\u00e9 \u00bb, et que bien qu\u2019il e\u00fbt 29 ans, il avait plus l\u2019air d\u2019un \u00e9tudiant que d&#8217;un capitaine d&#8217;U-boot.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">L\u2019\u00e9quipage \u00ab avait une impression exag\u00e9r\u00e9e de son importance et de sa dignit\u00e9; cette estime de soi d\u00e9mesur\u00e9e sans doute caus\u00e9e par l\u2019adulation publique \u00e0 laquelle il \u00e9tait habitu\u00e9. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">La satisfaction que l\u2019\u00e9quipage affichait \u00e9tait surprenante. \u00ab Pour la premi\u00e8re fois pendant la guerre, on ne note aucune critique \u00e0 l\u2019\u00e9gard des officiers; au contraire, les hommes ont exprim\u00e9 un fort degr\u00e9 de loyaut\u00e9 et d\u2019admiration pour leur capitaine. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Kretschmer \u00e9tait un h\u00e9ros national acclam\u00e9. Adolph Hitler lui-m\u00eame l\u2019avait d\u00e9cor\u00e9 de la croix de chevalier avec \u00e9p\u00e9es et feuilles de ch\u00eane. L\u2019\u00e9quipage \u00e9tait re\u00e7u au champagne lorsqu\u2019il \u00e9tait en permission \u00e0 terre.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le premier lieutenant d\u00e9clara lors des interrogatoires que sur les 14 torpilles r\u00e9cemment tir\u00e9es par l&#8217;U-99, 12 avaient atteint leur objectif, une l\u2019avait manqu\u00e9, et que la derni\u00e8re n\u2019avait pas fonctionn\u00e9. \u00ab Cette d\u00e9claration est consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9tant erron\u00e9e, nota-t-on dans le rapport de renseignements, mais l\u2019\u00e9quipage estime qu\u2019il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une r\u00e9ussite extraordinaire \u00bb. C\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois que les Britanniques entendaient la devise \u00ab Un navire, une torpille \u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Pendant que le capitaine de l&#8217;U-boot allemand \u00e9tait interrog\u00e9 et envoy\u00e9 dans un camp de prisonniers de guerre, d\u2019abord en Angleterre, puis au Camp 30 pr\u00e8s de Bowmanville, Ontario, le capitaine d\u2019aviation Clarke Wallace Chant Floody suivait en Angleterre une formation de pilote de Spitfire \u00e0 l\u2019Escadrille n<sup>o<\/sup> 401 de l\u2019ARC.<\/span><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-5077\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/PullQuote1.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/PullQuote1.jpg 566w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/PullQuote1-300x133.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Il avait 18 ans en 1936, au pire de la tourmente de la Grande D\u00e9pression. Il s\u2019\u00e9tait alors fait embaucher comme chargeur de berlines, o\u00f9 il \u00e9tait pay\u00e9 \u00e0 charger de cailloux et de boue les wagonnets d\u2019une mine de l\u2019Ontario du Nord. Puis, apr\u00e8s un emploi de courte dur\u00e9e comme employ\u00e9 de ranch en Alberta, il s\u2019\u00e9tait mari\u00e9 et il s\u2019\u00e9tait install\u00e9 en Ontario avec l\u2019intention de travailler dans l\u2019industrie mini\u00e8re.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Il s\u2019enr\u00f4la dans l\u2019Aviation royale du Canada en 1940, o\u00f9 il devint pilote de chasse. Lors de sa premi\u00e8re mission de combat au-dessus de la France, le 27 octobre 1941, les commandes de son Spitfire furent d\u00e9truites par un Messerschmitt. Floody actionna son parachute et fut imm\u00e9diatement captur\u00e9. Six mois apr\u00e8s Kretschmer, il devint ainsi prisonnier de guerre \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 23 ans.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Floody fut envoy\u00e9 au Stalag Luft I, situ\u00e9 pr\u00e8s de Barth, Allemagne, au bord d\u2019un lagon de la mer Baltique. Il mit imm\u00e9diatement son exp\u00e9rience mini\u00e8re \u00e0 profit et participa \u00e0 de nombreuses tentatives d\u2019\u00e9vasion. S\u2019\u00e9chapper, expliqua-t-il plus tard, \u00ab ce n\u2019\u00e9tait pas seulement un devoir; on faisait de notre mieux pour d\u00e9camper \u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">En 1942, il fut envoy\u00e9 \u00e0 un camp mieux s\u00e9curis\u00e9, \u00e0 environ 400 kilom\u00e8tres plus \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des terres, dans la ville qui est d\u00e9sormais Zagan, en Pologne. Le Stalag Luft\u00a0III avait des barbel\u00e9s, des mitrailleuses dans les tours de guet, des patrouilles itin\u00e9rantes, des furets et des gardes express\u00e9ment charg\u00e9s de d\u00e9celer les signes d\u2019\u00e9vasion. Les huttes \u00e9taient sur pilotis, situ\u00e9es \u00e0 bonne distance de la cl\u00f4ture p\u00e9riph\u00e9rique o\u00f9 tous les arbres avaient \u00e9t\u00e9 coup\u00e9s. Le sol sablonneux n\u2019\u00e9tait pas propice au creusement, mais au cas o\u00f9, il y avait quand m\u00eame des dispositifs d\u2019\u00e9coute pour d\u00e9tecter tout bruit suspect. D\u2019apr\u00e8s les Allemands, il \u00e9tait impossible de s\u2019en \u00e9chapper.<\/span><\/p>\n<p><div class=\"caption_img\">\r\n        <img decoding=\"async\" class=\"wp-image-5075\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/nazi-prison-escape-tunnel-merl-bw.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"319\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/nazi-prison-escape-tunnel-merl-bw.jpg 1800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/nazi-prison-escape-tunnel-merl-bw-300x169.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/nazi-prison-escape-tunnel-merl-bw-768x432.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/nazi-prison-escape-tunnel-merl-bw-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/nazi-prison-escape-tunnel-merl-bw-480x270.jpg 480w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Le tunnel d\u2019\u00e9vasion ing\u00e9nieux. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Capitaine d\u2019aviation Ley Kenyon\/Royal Air Force Museum<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div><div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-5072\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/FLOODY_WEIR_BIRK_AND4POWS-v2.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"378\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/FLOODY_WEIR_BIRK_AND4POWS-v2.jpg 1650w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/FLOODY_WEIR_BIRK_AND4POWS-v2-300x200.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/FLOODY_WEIR_BIRK_AND4POWS-v2-768x512.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/FLOODY_WEIR_BIRK_AND4POWS-v2-1024x683.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Le tunnel d\u2019\u00e9vasion ing\u00e9nieux fut con\u00e7u par Wally Floody, officier de l\u2019ARC, (rang\u00e9e de devant, deuxi\u00e8me \u00e0 partir de la droite). \u00c0 sa droite se trouve Henry Birland, lieutenant d\u2019aviation, qui fut recaptur\u00e9 et ex\u00e9cut\u00e9 par la Gestapo. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Ted Barris\/IWM\/205314318\/Royal Air Force Museum<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Floody fut l\u2019un de ceux qui leur donn\u00e8rent tort. Il fut imm\u00e9diatement recrut\u00e9 par le comit\u00e9 qui planifiait l\u2019\u00e9vasion de 250 prisonniers. On esp\u00e9rait que certains arriveraient \u00e0 rentrer en Angleterre, mais on s\u2019attendait surtout \u00e0 ce que les \u00e9vad\u00e9s se dispersent en sortant du camp, ce qui obligerait les Allemands \u00e0 mobiliser des hommes et des ressources pour les rattraper.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le projet consistait en trois tunnels de 100 m\u00e8tres, \u00e0 neuf m\u00e8tres sous terre, hors de port\u00e9e des dispositifs d\u2019\u00e9coute allemands. Floody con\u00e7ut l\u2019\u00e9clairage, la ventilation et les syst\u00e8mes \u00e9lectriques, et il \u00e9tait si crucial aux op\u00e9rations qu\u2019on lui interdit de se joindre aux autres tentatives d\u2019\u00e9vasion. On avait besoin de lui pour les tunnels, surnomm\u00e9s \u00ab Tom \u00bb, \u00ab Dick \u00bb et \u00ab Harry \u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00ab J\u2019en ai vraiment marre, se plaignait-il. On dirait que je passe ma vie dans un trou puant\u00a0\u00bb, fut-il rapport\u00e9 des ann\u00e9es apr\u00e8s dans la n\u00e9crologie du <i>Daily Telegraph <\/i>londonien.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les tunnels, \u00e9tay\u00e9s par des lattes de bois pr\u00e9lev\u00e9s sur des couchettes, faisaient \u00e0 peine plus d\u2019un demi-m\u00e8tre de largeur. Floody, six\u00a0pieds trois, en \u00e9tait claustrophobe, mais il creusait quand m\u00eame quand c\u2019\u00e9tait son tour. Par deux fois, les tunnels s\u2019effondr\u00e8rent sur lui.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les prisonniers r\u00e9cup\u00e9raient (et volaient) tout ce qu\u2019ils pouvaient. Ils utilisaient des boites de lait en poudre comme outils et lampes. Ils improvis\u00e8rent un syst\u00e8me de ventilation avec des mat\u00e9riaux de rebu. Des \u00e9quipes fabriquaient des documents d\u2019identit\u00e9 et de voyage, ainsi que des v\u00eatements, afin que les \u00e9vad\u00e9s puissent se faire passer pour des civils. Floody garda le talon d\u2019une vieille botte pendant des ann\u00e9es : elle avait \u00e9t\u00e9 sculpt\u00e9e au rasoir pour reproduire un tampon en caoutchouc nazi. Ils soudoyaient des gardes amicaux pour se procurer des horaires de train, des piles et des v\u00eatements ou ils leur soutiraient. Ils s\u2019appropriaient de la literie, des lits de camp, des tables et des chaises.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Chaque m\u00e8tre de tunnel produisait 1,3 tonne de terre qu\u2019il fallait cacher. Ils en m\u00e9langeaient \u00e0 la terre des jardins et en entreposaient dans les greniers des casernes ainsi que dans l\u2019un des tunnels inutilis\u00e9s. Comme il y avait plus de 11\u202f000 prisonniers entass\u00e9s dans des casernes \u00e9tal\u00e9es sur 24 hectares et que des prisonniers \u00e9taient affect\u00e9s \u00e0 distraire les gardes indiscrets, ils parvinrent \u00e0 leurs fins.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les prisonniers allemands au Canada \u00e9taient d\u00e9tenus dans un ancien centre d\u2019\u00e9ducation surveill\u00e9e pour les gar\u00e7ons. M\u00eame apr\u00e8s des agrandissements, il abritait moins d\u2019un dixi\u00e8me de la population du Stalag Luft\u00a0III. Et vu les hauts grad\u00e9s et les nombreux prisonniers dont la r\u00e9putation n\u2019\u00e9tait plus \u00e0 faire, notamment trois g\u00e9n\u00e9raux, on leur accordait une attention particuli\u00e8re.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">C\u2019est dans ce contexte que Kretschmer planifia son \u00e9vasion. Non seulement il devait s\u2019\u00e9chapper du camp, mais il devait \u00e9viter la capture pendant les jours ou les semaines que durerait le voyage vers la c\u00f4te atlantique, avant de trouver un moyen de traverser l\u2019oc\u00e9an pour regagner l\u2019Allemagne.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Il se tourna vers le commandement allemand des sous-marins pour obtenir de l\u2019aide. Un autre prisonnier \u00e9tait mari\u00e9 \u00e0 la secr\u00e9taire de l\u2019amiral Karl D\u00f6nitz, qui avait cr\u00e9\u00e9 la flotte de sous-marins et l\u2019avait dirig\u00e9e, et qui \u00e9tait alors commandant en chef de la marine allemande. Kretschmer se servit des conjoints comme interm\u00e9diaires pour transmettre les messages cod\u00e9s dans lesquels la premi\u00e8re lettre de chaque mot et les tirets et les points de code Morse s\u2019\u00e9quivalaient.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Kretschmer sugg\u00e9ra un itin\u00e9raire d\u2019\u00e9vasion et choisit Pointe Maisonnette, sur la baie des Chaleurs, au Nouveau-Brunswick. Id\u00e9alement, un U-boot viendrait r\u00e9cup\u00e9rer les \u00e9vad\u00e9s le 27 ou le 28 septembre. L\u2019op\u00e9ration <i>Kiebitz<\/i> \u00e9tait n\u00e9e, et elle permettrait \u00e0 quatre membres importants du personnel de la Kriegsmarine de s\u2019\u00e9vader.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Elle fut bient\u00f4t suivie d\u2019une contre-intrigue canadienne, l\u2019Op\u00e9ration <i>Pointe Maisonnette<\/i>. Le renseignement naval canadien avait d\u00e9cod\u00e9 les communications entre l\u2019Allemagne et le Canada et coordonnait ses forces avec celles de la GRC pour d\u00e9jouer la fuite en masse des prisonniers.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les colis furent fouill\u00e9s plus attentivement. Le laboratoire judiciaire de la GRC \u00e0 Regina trouva du mat\u00e9riel d\u2019\u00e9vasion dissimul\u00e9 dans la reliure d\u2019un roman envoy\u00e9 dans un colis de la Croix-Rouge : une carte marine de la c\u00f4te est, une fausse pi\u00e8ce d\u2019identit\u00e9, et de l\u2019argent. Le point de rencontre \u00e9tait indiqu\u00e9 sur la carte. La capture d\u2019un U-boot fut donc incluse dans les plans; un tr\u00e8s beau coup assur\u00e9ment.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le livre ne pouvait pas \u00eatre remis dans son \u00e9tat initial, alors pour \u00e9viter de r\u00e9v\u00e9ler leur d\u00e9couverte, les agents du renseignement de la GRC le d\u00e9mantel\u00e8rent soigneusement, photographiant chaque \u00e9tape, puis cr\u00e9\u00e8rent des copies de la couverture et de la reliure. Ensuite, ils cach\u00e8rent le contenu secret dans la reliure et l\u2019envoy\u00e8rent au camp 30.<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-5078\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/PullQuote2-1.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/PullQuote2-1.jpg 566w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/PullQuote2-1-300x80.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les plans d\u2019\u00e9vasion refl\u00e9taient, \u00e0 plus petite \u00e9chelle, ce qui se passait au Stalag Luft III. Kretschmer d\u00e9cida \u00e9galement de creuser trois tunnels, dont un faisant 90\u00a0m\u00e8tres de long, au cas o\u00f9 l\u2019un serait d\u00e9couvert. Plus de 150 prisonniers particip\u00e8rent aux efforts. Il y avait aussi des \u00e9quipes qui pr\u00e9paraient de faux papiers et qui collectaient ou fabriquaient des v\u00eatements civils. Les prisonniers recevaient \u00e9galement des articles bien utiles dans les colis de la Croix-Rouge, comme de l\u2019argent canadien cach\u00e9 dans les doubles fonds de boites de conserve.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Toutefois, l\u2019\u00e9quipe de Kretschmer n\u2019avait pas de Wally Floody. Ses tunnels \u00e9taient \u00e0 moins de cinq m\u00e8tres sous la surface, \u00e0 port\u00e9e des dispositifs d\u2019\u00e9coute que la GRC utilisait pour suivre les progr\u00e8s des pr\u00e9paratifs d\u2019\u00e9vasion. Le premier tunnel s\u2019effondra \u00e0 cause d\u2019une infiltration d\u2019eau. Les Allemands cachaient la terre dans les plafonds des casernes, et l\u2019un s\u2019affaissa une semaine avant la date de l\u2019\u00e9vasion, ce qui entraina la fouille du camp.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Puis, un tunnel s\u2019effondra quand un prisonnier marcha au-dessus : la sc\u00e8ne \u00e9tait bien trop \u00e9vidente pour qu\u2019on ferme les yeux dessus. Les futurs ex-\u00e9vad\u00e9s furent arr\u00eat\u00e9s. L\u2019op\u00e9ration <i>Kiebitz<\/i> \u00e9tait kaput.<\/span><\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-5076\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Pointe-Maissonette-map4_Fr.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"510\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Pointe-Maissonette-map4_Fr.jpg 1688w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Pointe-Maissonette-map4_Fr-300x270.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Pointe-Maissonette-map4_Fr-768x692.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Pointe-Maissonette-map4_Fr-1024x923.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Un prisonnier de guerre allemand fit des centaines de kilom\u00e8tres pour se rendre de Bowmanville, en Ontario, jusqu\u2019au point de rendez-vous sur la c\u00f4te du Nouveau-Brunswick o\u00f9 un U-boot devait le r\u00e9cup\u00e9rer.<\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span><\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Cependant, le commandant<\/b> de l&#8217;U-536, le\u00a0sous-marin qui devait venir chercher les \u00e9vad\u00e9s, ne savait rien de tout cela. Un pi\u00e8ge tendu au kapit\u00e4nleutnant Rolf Schauenburg (voir l\u2019encadr\u00e9 ci-haut) \u00e9tait en train de se fomenter.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">L\u2019op\u00e9ration <i>Pointe Maisonnette <\/i>reposait \u00e0 l\u2019origine sur un stratag\u00e8me complexe. Les prisonniers s\u2019\u00e9chapperaient et seraient recaptur\u00e9s imm\u00e9diatement. Les m\u00e9dias seraient inform\u00e9s d\u2019une \u00e9vasion en masse et de fausses nouvelles sur des captures fictives seraient diffus\u00e9es, en utilisant de faux noms d\u2019\u00e9vad\u00e9s, mais pas ceux des \u00e9vad\u00e9s qu\u2019il fallait rattraper. Tout laisserait \u00e0 penser pour le commandant de l&#8217;U-boot que l\u2019op\u00e9ration se d\u00e9roulait comme pr\u00e9vu. Mais quand l&#8217;U-boot arriverait au point de rencontre, il serait accueilli par un \u00ab officier \u00bb germanophone \u00e0 la t\u00eate d\u2019une \u00e9quipe d\u2019arraisonnement qui prendrait le contr\u00f4le du submersible.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les Britanniques mirent leur veto \u00e0 ce plan. On allait miser sur une sourici\u00e8re en\u00a0mer pour cerner l&#8217;U-boot et le couler. <\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les plans pour recapturer les prisonniers ne chang\u00e8rent pas, et m\u00eame si l\u2019\u00e9vasion de Kretschmer fut d\u00e9jou\u00e9e, Wolfgang Heyda, capitaine de l&#8217;U-boot, lui, s\u2019\u00e9vada vraiment et parvint jusqu\u2019\u00e0 la Pointe Maisonnette (voir l\u2019encadr\u00e9 \u00e0 la page 9).<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">L&#8217;U-536 s\u2019introduisit dans la baie des Chaleurs dans les d\u00e9lais pr\u00e9vus. Pendant deux semaines, il remonta \u00e0 la surface toutes les nuits et attendit les signaux lumineux du rivage durant deux heures. Un contretorpilleur, trois corvettes et cinq dragueurs de mines se cachaient derri\u00e8re une ile voisine.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le NCSM <i>Rimouski<\/i>, camoufl\u00e9 par un \u00e9clairage tamis\u00e9 qui le rendait pratiquement invisible de nuit, \u00e9tait \u00e0 la t\u00eate de la flottille. Il devait entrer dans la baie en secret et capturer le sous-marin.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Schauenburg \u00e9tait un capitaine exp\u00e9riment\u00e9 qui avait servi \u00e0 bord du cuirass\u00e9 <i>Admiral Graf Spee<\/i>, sabord\u00e9 apr\u00e8s la premi\u00e8re bataille navale de la guerre. Il avait \u00e9t\u00e9 fait prisonnier, s\u2019\u00e9tait \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 deux reprises, avait \u00e9t\u00e9 recaptur\u00e9, puis lib\u00e9r\u00e9 suite \u00e0 des n\u00e9gociations diplomatiques. Il avait rejoint le service des U-boots apr\u00e8s son retour chez lui.<\/span><\/p>\n<p><div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-5067\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/COMPOUND_E.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"349\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/COMPOUND_E.jpg 1650w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/COMPOUND_E-300x185.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/COMPOUND_E-768x474.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/COMPOUND_E-1024x632.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Les aviateurs alli\u00e9s captur\u00e9s par les Allemands \u00e9taient retenus dans le Stalag Luft III plein \u00e0\u00a0craquer, en Pologne, tandis que\u00a0les Allemands captur\u00e9s par les Alli\u00e9s \u00e9taient au camp d\u2019internement\u00a030 (ci-dessous) de Bowmanville. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Ted Barris\/IWM\/HU21013<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div><div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-5068\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/e010833848-v8.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"570\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/e010833848-v8.jpg 939w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/e010833848-v8-150x150.jpg 150w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/e010833848-v8-298x300.jpg 298w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/e010833848-v8-768x773.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/e010833848-v8-50x50.jpg 50w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/e010833848-v8-140x140.jpg 140w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span><\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>BAC\/4084411<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">L\u2019ancien prisonnier de guerre avait un bon instinct, et il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 m\u00e9fiant quand il arriva \u00e0 la baie des Chaleurs. Des membres de son \u00e9quipage avaient rep\u00e9r\u00e9 quelques navires de guerre, et l\u2019absence de bateaux dans la baie \u00e9tait louche. Le 27 septembre, des feux de signalisation s\u2019allum\u00e8rent sur la c\u00f4te, mais ce n\u2019\u00e9taient pas les bons. Un officier anglais qui parlait allemand tenta alors d&#8217;\u00e9tablir la communication par radio avec l&#8217;U-536. Schauenburg, alarm\u00e9, s\u2019\u00e9loigna du rivage et gagna les profondeurs.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Heyda, quant \u00e0 lui, venait d\u2019\u00eatre captur\u00e9 \u00e0 environ un kilom\u00e8tre du lieu de rendez-vous. Il entendit des grenades sous-marines pendant qu\u2019il se faisait interroger : c\u2019\u00e9tait la marine \u00e0 la poursuite du de l&#8217;U-boot.<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-5079\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/PullQuote3.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/PullQuote3.jpg 566w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/PullQuote3-300x80.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/><\/p>\n<p class=\"p2\">Toutefois, Schauenburg \u00e9chappa \u00e0 ses poursuivants en restant immerg\u00e9 dans les eaux tr\u00e8s peu profondes et faisant lentement son chemin. Le 5 octobre, il avertit l\u2019amiraut\u00e9 allemande que le plan avait \u00e9chou\u00e9. L&#8217;U-536 fut coul\u00e9 six semaines apr\u00e8s par la fr\u00e9gate britannique <i>Nene<\/i> et la corvette canadienne <i>Snowberry<\/i> en attaquant un convoi au nord-est des A\u00e7ores, \u00e0 l\u2019ouest du Portugal. Ironie du sort, Schauenburg finit la guerre comme il l\u2019avait commenc\u00e9e : prisonnier de guerre; cette fois dans un camp au Canada.<\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-5071\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/FLOODY_COBURN_F_BRONSON_E.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"433\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/FLOODY_COBURN_F_BRONSON_E.jpg 3000w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/FLOODY_COBURN_F_BRONSON_E-300x230.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/FLOODY_COBURN_F_BRONSON_E-768x588.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/FLOODY_COBURN_F_BRONSON_E-1024x784.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Sur le plateau de\u00a0tournage du film La Grande \u00e9vasion, Wally Floody (ci-dessus, au centre) est aux c\u00f4t\u00e9s des acteurs James Coburn (\u00e0 gauche) et Charles Bronson qui joua le r\u00f4le du\u00a0pilote, mais de\u00a0nationalit\u00e9 polonaise. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Ted Barris<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\"><b>Au printemps<\/b> 1944, les grands plans\u00a0d\u2019\u00e9vasion des officiers alli\u00e9s furent couronn\u00e9s de succ\u00e8s. Le premier prisonnier de guerre alli\u00e9 \u00e9mergea du tunnel du Stalag Luft III le 24 mars et s\u2019aper\u00e7ut qu\u2019il n\u2019avait pas atteint la for\u00eat avoisinante o\u00f9 il allait se r\u00e9fugier. Avec d\u2019autres \u00e9vad\u00e9s, il dut traverser un terrain \u00e0 d\u00e9couvert et choisir le bon moment pour s\u2019\u00e9lancer en \u00e9vitant les patrouilles et les projecteurs.<\/p>\n<p class=\"p2\">Un temps crucial fut \u00e9galement perdu lors d\u2019une panne de courant et du travail de r\u00e9paration. Seuls 76 hommes, dont neuf Canadiens, pass\u00e8rent les barbel\u00e9s avant la d\u00e9couverte de l\u2019\u00e9vasion; 73 d\u2019entre eux furent recaptur\u00e9s. Floody n\u2019\u00e9tait pas dans le lot.<\/p>\n<p class=\"p2\">Trois semaines avant la date de l\u2019\u00e9vasion, les gardiens \u00e9taient devenus m\u00e9fiants et avaient transf\u00e9r\u00e9 20 prisonniers \u00e0 un autre camp, dont Floody. Cela lui sauva peut-\u00eatre la vie.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Hitler ordonna l\u2019ex\u00e9cution de 50 des \u00e9vad\u00e9s, dont six Canadiens, m\u00eame si les <i>Conventions de Gen\u00e8ve <\/i>pr\u00e9voyaient que les sanctions disciplinaires qu\u2019encouraient les prisonniers qui tentaient de s\u2019\u00e9chapper ne devaient pas d\u00e9passer un mois d\u2019emprisonnement (on leur donnait g\u00e9n\u00e9-ralement 10 jours). Les Allemands faisaient ainsi passer le message aux Alli\u00e9s que les \u00e9vasions \u00e9taient prises tr\u00e8s au s\u00e9rieux.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Seulement, pour les prisonniers des deux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019oc\u00e9an, s\u2019enfuir restait un devoir. L\u2019Ordre de l\u2019Empire britannique fut\u00a0d\u00e9cern\u00e9 \u00e0 Floody, qui l\u2019avait accompli.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00ab Le capitaine d\u2019aviation Floody a \u00e9t\u00e9 en grande partie responsable de la construction du tunnel emprunt\u00e9 par 76 officiers pour s\u2019\u00e9chapper du Stalag Luft III, est-il dit dans la citation. Tout au long de son incarc\u00e9ration, il a fait preuve d\u2019une d\u00e9termination exceptionnelle dans la poursuite de ce travail. Maintes et maintes fois, des projets \u00e9taient d\u00e9couverts par les Allemands, mais en d\u00e9pit de tous les dangers et des difficult\u00e9s, [il] a persist\u00e9, faisant preuve d\u2019un courage et d&#8217;un sens du devoir incontestables. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Floody et Kretschmer ont tous deux r\u00e9ussi dans la vie apr\u00e8s la guerre. Le Canadien se fit homme d\u2019affaires et fut cofondateur de la RCAF Prisoners of War Association. Kretschmer retourna \u00e0 la marine, o\u00f9 il acc\u00e9da au grade d\u2019amiral. Il devint officier d\u2019\u00e9tat-major de l\u2019OTAN en 1962 puis fut nomm\u00e9 <\/span>chef d\u2019\u00e9tat-major du Commandement baltique.<\/p>\n<hr \/>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Schauenburg le fut\u00e9 <\/b><\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><strong>Le commandant de l&#8217;U-boot<\/strong> envoy\u00e9 pour r\u00e9cup\u00e9rer les Allemands qui devaient s\u2019\u00e9vader d\u2019un camp de prisonniers de guerre canadien \u00e0 Bowmanville, en Ontario, fut fait prisonnier au d\u00e9but de la guerre et de nouveau \u00e0 la fin.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le kapit\u00e4nlutn\u00e4nt Rolf Schauenburg, dont la carri\u00e8re d\u00e9buta en 1934, \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 un marin chevronn\u00e9 quand il participa \u00e0 la premi\u00e8re bataille navale de la Seconde Guerre mondiale en tant qu\u2019officier d\u2019artillerie antia\u00e9rienne \u00e0 bord de l\u2019<i>Admiral Graf Spee<\/i>, qui avait coul\u00e9 au moins huit navires marchands avant de se mesurer \u00e0 des b\u00e2timents britanniques \u00e0 la bataille du Rio de la Plata, au large de l\u2019Uruguay, le 13 d\u00e9cembre 1939.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Endommag\u00e9 et n\u2019ayant pas assez de carburant pour rentrer \u00e0 son port d\u2019attache, le navire fut sabord\u00e9 et son \u00e9quipage, dont Schauenburg, fait prisonnier. Schauenburg s\u2019\u00e9chappa \u00e0 deux reprises et traversa l\u2019Argentine d\u00e9guis\u00e9 en marchand de tissus, mais il fut recaptur\u00e9 les deux fois. Lorsque sa lib\u00e9ration fut n\u00e9goci\u00e9e, il retourna en Allemagne et s\u2019engagea dans le service des U-boots en 1941.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Contrairement \u00e0 Kretschmer, Schauenburg, \u00e2g\u00e9 de 33 ans, n\u2019\u00e9tait pas aim\u00e9 de son \u00e9quipage.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Alors que d\u2019autres \u00e9quipages d&#8217;U-boot b\u00e9n\u00e9ficiaient d\u2019un certain laxisme \u00e9tant donn\u00e9 l\u2019environnement sale, exigu et surchauff\u00e9 des sous-marins, Schauenburg insistait sur une discipline rigoureuse ainsi que sur une tenue et une hygi\u00e8ne correctes. C\u2019\u00e9tait un nazi fanatique et id\u00e9aliste, r\u00e9v\u00e8la un homme d\u2019\u00e9quipage lors\u00a0de son interrogatoire.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Et il n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 le premier choix pour la mission : deux autres U-boots avaient \u00e9t\u00e9 perdus avant de pouvoir mener \u00e0 bien la mission au Canada.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Gr\u00e2ce \u00e0 son talent, il attei-gnit la baie des Chaleurs, au large du Nouveau-Brunswick, \u00e0 temps pour r\u00e9cup\u00e9rer les \u00e9vad\u00e9s allemands du camp 30 de Bowmanville, Ontario. Son instinct lui permit d\u2019\u00e9chapper au coup de filet des 10 b\u00e2timents de guerre alli\u00e9s en restant le plus pr\u00e8s du rivage possible, \u00e0 peine submerg\u00e9, et en \u00e9coutant les efforts de recherches en surface \u00e0 l\u2019aide d\u2019hydrophones. Il atteignit l\u2019Atlantique, mais ne se retrouva pas en s\u00e9curit\u00e9 pour autant.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">L&#8217;U-536 rejoignit une flottille d&#8217;U-boots qui sui-vait, au nord-est des A\u00e7ores, un convoi faisant cap sur Gibraltar le 20 novembre 1943. Le sous-marin, avec une r\u00e9serve de carburant en baisse et sans torpilles restantes, \u00e9tait submerg\u00e9 lorsqu\u2019il fut rep\u00e9r\u00e9 par trois des navires d\u2019escorte du convoi, les canadiens <i>Snowberry<\/i> et <i>Calgary<\/i> et le britannique <i>Nene<\/i>.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le <i>Snowberry<\/i> lan\u00e7a deux grappes de grenades sous-marines r\u00e9gl\u00e9es \u00e0 diverses profondeurs.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00ab Si le sous-marin n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 endommag\u00e9, au moins il a \u00e9t\u00e9 bien secou\u00e9 \u00bb, d\u00e9clara le lieutenant JA Hamish Dunn, commandant du <i>Snowberry<\/i>, cit\u00e9 par Michael L. Hadley dans <i>U-Boats Against Canada<\/i> (les U-boots contre le Canada, NDT).<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le submersible avait en fait \u00e9t\u00e9 gravement endommag\u00e9. Quand il remonta \u00e0 la surface, \u00ab l\u2019\u00e9quipe d\u2019un canon fit irruption et courut vers son arme. On pouvait voir nos balles tra\u00e7antes de 20 mm derri\u00e8re eux avant qu\u2019ils se jettent \u00e0 la mer. Une autre \u00e9quipe les suivit et subit imm\u00e9dia-tement le m\u00eame sort\u00a0\u00bb, d\u00e9clara Frank Moss, matelot de 1<sup>re<\/sup> classe du <i>Calgary<\/i>, cit\u00e9 par Mac Johnston dans<i> Corvettes Canada<\/i>.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00ab R\u00e9trospectivement, c\u2019\u00e9tait bien triste, ajouta Mac Orr du <i>Calgary<\/i>. Si l\u2019\u00e9quipage n\u2019avait pas essay\u00e9 de se battre avec nous trois et s\u2019\u00e9tait simplement rendu, au lieu de sauver 18 vies, nous aurions probablement pu sauver tout le monde. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Schauenburg passa le reste de la guerre dans un camp de prisonniers au Qu\u00e9bec.<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>L\u2019\u00e9vad\u00e9 qui ne se douta de rien<\/b><\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><strong>L&#8217;as des U-boots<\/strong> Wolfgang Heyda r\u00e9ussit \u00e0 tirer profit de la malchance dont furent accabl\u00e9s d&#8217;autres d\u00e9tenus. <\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Apr\u00e8s l\u2019arrestation d\u2019Otto Kreschmer et des autres \u00e9vad\u00e9s potentiels de l\u2019op\u00e9ration Kiebitz, Heyda, dont le nom ne se trouvait pas sur leur liste, d\u00e9joua la surveillance du camp \u00e0 l\u2019aide d\u2019une technologie de l\u2019\u00e8re de la voile.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Des fils \u00e9lectriques tendus entre des poteaux passaient au-dessus la cl\u00f4ture en barbel\u00e9s qui entourait le camp de prisonniers de guerre allemands \u00e0 Bowmanville, Ontario. Heyda eut l\u2019id\u00e9e d\u2019utiliser une chaise de calfat, une planche suspendue par des cordes comme on les utilisait autrefois pour calfater les navires, comme passeport pour la libert\u00e9.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Heyda se servit de grappins improvis\u00e9s pour grimper sur un poteau, fit glisser une chaise de calfat de fortune le long des fils et au-dessus de la cl\u00f4ture, puis descendit sur le poteau \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du camp.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Il s\u2019\u00e9vada le 24 septembre 1943 alors que d\u2019autres prisonniers d\u00e9tournaient l\u2019attention des gardes. Portant des v\u00eatements civils et avec de l\u2019argent destin\u00e9 au groupe de Kreschmer dans les poches, il prit le train \u00e0 Bowmanville et se rendit au Nouveau-Brunswick.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Il se fit passer pour Fred Thomlinson de Toronto, ing\u00e9nieur de l\u2019arm\u00e9e r\u00e9cemment lib\u00e9r\u00e9 qui se rendait au Nouveau-Brunswick faire des rel\u00e8vements g\u00e9ologiques pour la marine. Ses faux papiers avaient la signature contrefaite d\u2019un amiral canadien. Ses documents \u00e9taient si bien faits qu\u2019il berna un cordon de s\u00e9curit\u00e9 pr\u00e8s de sa destination o\u00f9 on l\u2019avertit seulement de ne pas se promener sur la plage tard en soir\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Ne se doutant pas que quelque chose avait mal tourn\u00e9, il se rendit effectivement \u00e0 la plage, o\u00f9 il fut accueilli par des soldats canadiens qui justement le cherchaient. Il fut arr\u00eat\u00e9 alors que le point de rencontre \u00e9tait \u00e0 port\u00e9e de vue.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Heyda passa le reste de la guerre au camp 30. Il mourut de la polio trois mois \u00e0 peine apr\u00e8s sa sortie en mai de 1947.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au printemps et \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1943, pendant qu\u2019un officier de l\u2019Aviation royale du Canada supervisait le creusement de tunnels secrets qui devaient servir \u00e0 l\u2019\u00e9vasion d\u2019un camp de prisonniers de guerre des nazis (sujet du film de guerre La grande \u00e9vasion), un officier de la marine allemande faisait de m\u00eame pour faire \u00e9vader les prisonniers [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":5069,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-5063","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles-principaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5063","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5063"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5063\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5069"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5063"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5063"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5063"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}