{"id":4889,"date":"2020-04-05T13:08:43","date_gmt":"2020-04-05T17:08:43","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=4889"},"modified":"2020-04-23T13:08:52","modified_gmt":"2020-04-23T17:08:52","slug":"que-feriez-vous","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2020\/04\/que-feriez-vous\/","title":{"rendered":"QUE FERIEZ-VOUS?"},"content":{"rendered":"<p><div class=\"caption_img\">\r\n        <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4892\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_0552-entrance.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"755\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_0552-entrance.jpg 3000w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_0552-entrance-225x300.jpg 225w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_0552-entrance-768x1024.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Deux journalistes s\u2019approchent du labyrinthe. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Dyann Bernard<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-4903\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Pullquote-1.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"168\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Pullquote-1.jpg 566w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Pullquote-1-300x89.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/><\/p>\n<p class=\"p1\"><strong>Je<\/strong> <span class=\"s1\"><b>prends une grande respiration<\/b> et, d\u00e9sireuse de voir notre prochain arr\u00eat, je m\u2019avance au bord de mon si\u00e8ge, pr\u00eate \u00e0 quitter la camionnette. Je longe le chemin Ruytershoveweg en direction d\u2019un haut mur blanc en retrait qui semble d\u00e9plac\u00e9 parmi les arbres qui l\u2019entourent. Les belles lignes \u00e9pur\u00e9es et la forme \u00e9quilibr\u00e9e me plaisent; j\u2019aime le contraste du blanc sur le fond vert for\u00eat.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">C\u2019est paisible, ici, en p\u00e9riph\u00e9rie de Bergen-op-Zoom, aux Pays-Bas, en ce jour d\u2019octobre, et le gravier et les feuilles mortes craquent sous mes pieds quand je m\u2019approche. Je suis \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du labyrinthe Dilemma, une installation artistique interactive, lorsque notre guide, Peter Stoop, pose la question : \u00ab Que feriez-vous? \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Situ\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du cimeti\u00e8re militaire canadien de Bergen-op-Zoom, ce d\u00e9dale dynamique se compose de croix blanches agenc\u00e9es de fa\u00e7on \u00e0 mettre les visiteurs face \u00e0 un choix d\u00e9terminant \u00e0 chaque intersection. Chaque choix d\u00e9termine la suite de l\u2019histoire ainsi que le chemin \u00e0 travers le labyrinthe.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les 75 sc\u00e9narios dans le labyrinthe s\u2019inspirent d&#8217;exp\u00e9riences v\u00e9cues par des N\u00e9erlandais pendant la guerre et qui ont alt\u00e9r\u00e9 le cours de leur vie, soit un pour chaque ann\u00e9e \u00e9coul\u00e9e depuis la lib\u00e9ration des Pays-Bas. Les t\u00e9moignages ont \u00e9t\u00e9 recueillis dans le cadre du programme Brabant Remembers (cf. page 45).<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">J\u2019entre seule dans le labyrinthe par la premi\u00e8re porte. L\u2019espace n\u2019est pas plus grand qu\u2019un placard et je me sens imm\u00e9diatement \u00e0 l\u2019\u00e9troit et l\u00e9g\u00e8rement anxieuse. Mon c\u0153ur s\u2019emballe. Les murs blancs qui m\u2019entourent sont aust\u00e8res, et m\u00eame s\u2019il n\u2019y a pas de toit, le tout cr\u00e9e un sentiment de malaise. Chaque poste audio dans le d\u00e9dale pr\u00e9sente un choix corn\u00e9lien.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Je m\u2019avance, appuie sur le bouton et \u00e9coute attentivement : <\/span><span class=\"s1\">\u00ab Auriez-vous combattu pour ma libert\u00e9? \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Ma d\u00e9cision, A ou B, d\u00e9termine la direction que je vais prendre et quelle porte je vais emprunter. Que ferais-je, exactement, dans une situation o\u00f9 il n\u2019y a pas de bonne ni de mauvaise r\u00e9ponse? C\u2019est plus difficile que ce \u00e0 quoi je m\u2019attendais, mais je dois quand m\u00eame prendre une d\u00e9cision.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>La visite<\/b> au labyrinthe Dilemma est une halte dans une tourn\u00e9e m\u00e9diatique de quatre jours organis\u00e9e par La Route de la Lib\u00e9ration de l\u2019Europe pour le 75<sup>e<\/sup> anniversaire de la bataille de l\u2019Escaut et de la lib\u00e9ration des Pays-Bas.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les forces du Canada et des autres alli\u00e9s firent face \u00e0 des batailles brutales et en terrain difficile contre les forces d\u2019occupation allemandes entre l\u2019automne 1944 et mai 1945 pour mettre un terme \u00e0 la Seconde Guerre mondiale. Plus de 7 600 Canadiens moururent \u00e0 la campagne de neuf mois pour la lib\u00e9ration des Pays-Bas.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le groupe de journalistes dont je fais partie \u2013 trois Canadiens et un Hollandais \u2013 a assist\u00e9 \u00e0 plusieurs comm\u00e9morations et \u00e9v\u00e8nements sp\u00e9ciaux qui ont eu lieu partout aux Pays-Bas, <\/span><span class=\"s2\">dont l\u2019ouverture officielle du nouveau Liberation <\/span><span class=\"s1\">Museum Zeeland, une c\u00e9r\u00e9monie de d\u00e9p\u00f4t de couronnes au Monument Sloedam, et des visi-tes au nouveau Mus\u00e9e de la libert\u00e9 \u00e0 Groesbeek et au Mus\u00e9e de la m\u00e9moire \u00e0 Nijverdal.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>\u00c0 pied <\/b>dans les rues pav\u00e9es de Bergen-op-Zoom, je suis frapp\u00e9e par le nombre de personnes venues encourager le d\u00e9fil\u00e9 \u00ab Li-bert\u00e9 de la ville \u00bb qui se rend au centre-ville pour une c\u00e9r\u00e9monie en l\u2019honneur des soldats canadiens qui furent les premiers \u00e0 lib\u00e9rer la ville. Les tribunes bordant la place sont pleines et l\u2019on voit parmi la foule beaucoup de petits drapeaux canadiens ou n\u00e9erlandais.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les festivit\u00e9s, qui durent toute la journ\u00e9e, se terminent par un tattoo accompagn\u00e9 par la musique du Lincoln and Welland Regiment du Canada. De mon perchoir au deuxi\u00e8me \u00e9tage de la mairie, j\u2019ai une vue imprenable sur le spectacle et l\u2019orchestre. Des drapeaux canadiens flottent fi\u00e8rement sur la place, ce soir.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les comm\u00e9morations continuent le lende-main \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie du jour du Souvenir tenue au cimeti\u00e8re militaire canadien de Bergen-op-<\/span>Zoom. La plupart des soldats canadiens enterr\u00e9s ici ont perdu la vie \u00e0 la bataille de <span class=\"s1\">l\u2019Escaut, au nord d\u2019Anvers, quand la 2<sup>e<\/sup> Division d\u2019infanterie canadienne, avec le soutien de la 4<sup>e<\/sup> Division blind\u00e9e canadienne, nettoyait les forces allemandes de la rive nord de l\u2019estuaire de l\u2019Escaut. Le cimeti\u00e8re contient 1 118 s\u00e9pultures du Commonwealth, dont 31 ne sont pas identifi\u00e9es.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">En attendant l\u2019arriv\u00e9e des dignitaires et le d\u00e9but de la c\u00e9r\u00e9monie, mon groupe remarque une Canadienne de Canmore, Alberta, aux c\u00f4t\u00e9s de membres du r\u00e9giment South Alberta Light Horse. Il est assez facile de rep\u00e9rer Liz Rolf \u2013 fi\u00e8rement v\u00eatue de la t\u00eate aux pieds aux couleurs canadiennes et portant des symboles du Canada.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">\u00ab Je suis tr\u00e8s fi\u00e8re d\u2019\u00eatre associ\u00e9e \u00e0 ce que les Canadiens ont fait pour lib\u00e9rer l\u2019Europe, dit-elle. Mais j\u2019ai aussi un grand sentiment d\u2019humilit\u00e9, car je n\u2019ai rien fait moi-m\u00eame. Les jeunes hommes et femmes qui ont tout fait me portent tous sur leurs \u00e9paules. Ceux qui sont retourn\u00e9s chez eux, les autres, moins chanceux. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00ab La comm\u00e9moration ne sera plus jamais pareille pour moi [&#8230;]. Je suis tellement reconnaissante, tellement fi\u00e8re. C\u2019est un vrai clich\u00e9. Ces mots ont \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9s encore et encore. Je suis honor\u00e9e de savoir qu\u2019\u00e9tant Canadienne, des \u00e9trangers me portent dans leur c\u0153ur. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">La c\u00e9r\u00e9monie solennelle comprend une chanson \u00e9mouvante de la com\u00e9die musicale n\u00e9erlandaise Oorlogswinter (guerre hivernale) <\/span><span class=\"s2\">interpr\u00e9t\u00e9e par la Roncalli Scholengemeenschap<\/span><span class=\"s1\"> Junior Musical Class, de jeunes chanteurs hollandais qui d\u00e9posent par la suite des bouquets de gerberas rouges au pied du monument. Dans son discours, Lisa Helfand, ambassadrice du Canada aux Pays-Bas, prononce des paroles<br \/>\nde \u00ab Pass It On \u00bb, chanson populaire qu\u2019elle a apprise quand elle \u00e9tait adolescente et dont voici une traduction.<\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s3\">\u00a0 La libert\u00e9 ne vient pas comme un oiseau \u00e0 tire-d\u2019aile<\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s3\">\u00a0 La libert\u00e9 ne tombe pas comme une pluie d\u2019\u00e9t\u00e9<\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s3\">\u00a0 La libert\u00e9 est une chose difficile \u00e0 gagner<\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s3\">\u00a0 Il faut travailler pour elle, se battre pour elle, jour et nuit<\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s3\">\u00a0 Et chaque g\u00e9n\u00e9ration doit lutter pour l\u2019obtenir<\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s3\">\u00a0 Fais-en part \u00e0 tes enfants, m\u00e8re<\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s3\">\u00a0 Fais-en part \u00e0 tes enfants, fr\u00e8re<\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s3\">\u00a0 Fais-en part<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Lorsque la c\u00e9r\u00e9monie se termine, des personnes de tous \u00e2ges vont silencieusement d\u00e9poser des fleurs au monument. Un geste si simple, et pourtant si important.<\/span><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-4956\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Pullquote3.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"238\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Pullquote3.jpg 566w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Pullquote3-300x126.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/><\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4893\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_0567.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"425\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_0567.jpg 4000w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_0567-300x225.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_0567-768x576.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_0567-1024x768.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Le labyrinthe Dilemma pr\u00e8s du cimeti\u00e8re militaire canadien de Bergen-op-Zoom d\u00e9fie les visiteurs. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Dyann Bernard<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>\u00ab<\/b> <b>Pays-Bas \u00bb <\/b>: Comme ce nom l\u2019indique, une grande partie des terres du pays est effectivement en dessous du niveau de la mer, mais \u00e0 mesure que nous nous d\u00e9pla\u00e7ons vers l\u2019est, je suis surprise de voir appara\u00eetre des cr\u00eates, des collines (que les N\u00e9erlandais appellent des montagnes) et des zones bois\u00e9es.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Au nord de Groesbeek et \u00e0 trois kilom\u00e8tres de la fronti\u00e8re allemande, nous arrivons \u00e0 une ferme appartenant \u00e0 la famille Langeveldt. <\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">En octobre 1944, la famille fut \u00e9vacu\u00e9e vers un endroit s\u00fbr, bien que Papa Langeveldt y retourn\u00e2t \u00e0 plusieurs reprises, sans autorisation, pour emp\u00eacher qu\u2019on ne lui vole ses biens. <\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Un arbre du domaine servit de poste de guet aux forces alli\u00e9es. Cet \u00ab arbre de Horrocks \u00bb, nomm\u00e9 ainsi en l\u2019honneur du lieutenant-g\u00e9n\u00e9ral Brian Horrocks, commandant du <\/span>XXX<sup>e <\/sup>Corps d\u2019arm\u00e9e britannique, y est <span class=\"s1\">encore. La ferme et ses environs furent attaqu\u00e9s jour et nuit par les Allemands entre le 17\u00a0septembre 1944 et le 8 f\u00e9vrier 1945.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Cinq mois apr\u00e8s la lib\u00e9ration, Papa Langeveldt retrouva sa ferme en ruines et ses champs truff\u00e9s de mines allemandes appel\u00e9es \u00ab Bouncing Bettys \u00bb. Il parvint \u00e0\u00a0les rep\u00e9rer parce que l\u2019herbe \u00e9tait plus haute l\u00e0 o\u00f9 elles \u00e9taient enterr\u00e9es. Apr\u00e8s les avoir soigneusement d\u00e9terr\u00e9es, il les rangea sous un tas de bois et se servit de vieilles tuiles pour y construire un abri temporaire. Des Allemands faits prisonniers de guerre, envoy\u00e9s dans la r\u00e9gion pour recueillir les mines, se content\u00e8rent de les faire exploser en jetant une grenade dans le tas de bois, d\u00e9truisant l\u2019abri.<\/span><\/p>\n<p><div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4898\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_2166.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"377\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_2166.jpg 5184w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_2166-300x200.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_2166-768x512.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_2166-1024x683.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>d\u00e9posent des fleurs au pied du m\u00e9morial au cimeti\u00e8re militaire canadien de Bergen-op-Zoom. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Dyann Bernard<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-4965\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Pullquote4.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Pullquote4.jpg 566w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Pullquote4-300x106.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>C\u2019est la fin <\/b>de l\u2019apr\u00e8s-midi. Le soleil couchant jette une lueur chaude quand nous arrivons au cimeti\u00e8re militaire canadien de Groesbeek, \u00e0 proximit\u00e9 de la ville de Nim\u00e8gue, dans l\u2019est du pays. Plus de 2 300 Canadiens sont inhum\u00e9s ici \u2013 la plupart tu\u00e9s au cours de la campagne de la ligne Siegfried \u2013, dont Aubrey Cosens du Queen\u2019s Own Rifles \u00e0 qui fut d\u00e9cern\u00e9e la Croix de Victoria. Sur le Monument comm\u00e9moratif de Groesbeek, \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du cimeti\u00e8re, se trouvent les noms de 103 Canadiens dont la tombe n\u2019est pas connue.<\/span><\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4896\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_1980.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"849\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_1980.jpg 3456w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_1980-200x300.jpg 200w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_1980-768x1152.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_1980-683x1024.jpg 683w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Des \u00e9l\u00e8ves de la Scholengemeenschap Junior Musical Class. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Dyann Bernard<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Notre guide, Maarten Dekkers, nous parle du caporal suppl\u00e9ant Antonio Barbaro, Canadien enterr\u00e9 dans la tombe III. D. 10. Le 15\u00a0f\u00e9vrier 1945, Barbaro, alors \u00e2g\u00e9 de 22 ans, et deux autres soldats tent\u00e8rent de traverser la Meuse. La coque de leur bateau fut perc\u00e9e par sa propre b\u00f4me \u00e0 cause des eaux agit\u00e9es du puissant courant. Alors que le bateau prenait l\u2019eau, Barbaro donna les deux gilets de sauvetage \u00e0 ses camarades, qui ne savaient pas nager. \u00c9tant bon nageur, Barbaro pensait pouvoir atteindre la terre ferme, mais il se noya. <\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00ab Il a sacrifi\u00e9 sa vie pour que ses compagnons aient de meilleures chances de survivre \u00bb, \u00e9crivit l\u2019aum\u00f4nier de son r\u00e9giment dans la lettre qu\u2019il envoya \u00e0 ses parents. <\/span><span class=\"s2\">\u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Barbaro fut enterr\u00e9, le 18 avril 1945, dans un cimeti\u00e8re temporaire pr\u00e8s d\u2019un pont Bailey \u00e0 Mook, et en juillet 1946, il fut port\u00e9 en terre au nouveau cimeti\u00e8re militaire canadien de Groesbeek. Le monument Antonio Barbaro a \u00e9t\u00e9 d\u00e9voil\u00e9 en septembre 2014, \u00e0 Mook, pr\u00e8s d\u2019un pont de chemin de fer. L\u2019appartement de Dekkers a vue sur le monument.<\/span><\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4897\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_2011-Liz-Rolf.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"849\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_2011-Liz-Rolf.jpg 3456w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_2011-Liz-Rolf-200x300.jpg 200w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_2011-Liz-Rolf-768x1152.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_2011-Liz-Rolf-683x1024.jpg 683w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Liz Rolf dit que les Canadiens sont aim\u00e9s aux Pays-Bas. La foule (\u00e0 droite) s&#8217;assemble pour voir le d\u00e9fil\u00e9 \u00ab Libert\u00e9 de la ville \u00bb \u00e0 Bergen-op-Zoom. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Dyann Bernard<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Alors que nous<\/b> poursuivons notre d\u00e9placement vers l\u2019est, vers la r\u00e9gion de Veluwe riche en for\u00eats, nous arrivons au Palais Het Loo d\u2019Apeldoorn, o\u00f9 le dernier quartier g\u00e9n\u00e9ral canadien \u00e9tait situ\u00e9 \u00e0 la fin de la guerre. Dans les \u00e9curies qui servent maintenant de salles de r\u00e9unions, nous rencontrons Anita Menninga, pr\u00e9sidente de la Foundation Liberation Apeldoorn 1945 et le reste du comit\u00e9 d\u2019organisation. La planification des c\u00e9l\u00e9brations des 75 ans de la lib\u00e9ration \u00e0 Apeldoorn et aux villages avoisinants va bon train, y compris le Festival de Lib\u00e9ration canadien, les 9 et 10 mai 2020.<\/span><\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4899\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_2385.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"377\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_2385.jpg 5184w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_2385-300x200.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_2385-768x512.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_2385-1024x683.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Le Monument national aux lib\u00e9rateurs canadiens, surnom-m\u00e9 l\u2019homme aux deux chapeaux, symbolise les liens entre les Pays-Bas et le Canada. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Dyann Bernard<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le Monument national aux lib\u00e9rateurs canadiens se trouve \u00e0 quelques pas du palais. \u00c0\u00a0cet endroit, sur une plateforme dall\u00e9e portant la feuille d\u2019\u00e9rable canadienne, se trouve une statue de bronze de 4,6 m\u00e8tres qui tient un chapeau \u00e0 chaque main, les pieds solidement ancr\u00e9s en terre et les bras tendus vers le ciel. Les chapeaux repr\u00e9sentent la guerre et la paix, la r\u00e9pression et la libert\u00e9, la vie et la mort, la tristesse et la joie. On dit parfois que si un N\u00e9-erlandais avait deux chapeaux au lieu d\u2019un seul \u00e0 la fin de la guerre, il avait eu de la chance.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Sculpt\u00e9 par Henk Visch, De man met de twee <\/span>hoeden (\u00ab L\u2019homme aux deux chapeaux \u00bb) symbolise le lien entre le Canada et les Pays-Bas. Le double de la statue, d\u00e9voil\u00e9 par la princesse Margriet des Pays-Bas le 11 mai 2002, se trouve au parc des Commissaires au lac Dow, \u00e0 Ottawa. Les statues ne sont cependant pas identiques : les yeux de la statue d\u2019Apeldoorn sont peints, ceux de celle d\u2019Ottawa ne le sont pas.<\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4895\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Horrocks-in-his-CP_8-Feb-1945.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"760\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Horrocks-in-his-CP_8-Feb-1945.jpg 1668w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Horrocks-in-his-CP_8-Feb-1945-223x300.jpg 223w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Horrocks-in-his-CP_8-Feb-1945-768x1031.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Horrocks-in-his-CP_8-Feb-1945-763x1024.jpg 763w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Le lieutenant-g\u00e9n\u00e9ral Brian Horrocks, commandant du XXXe Corps d\u2019arm\u00e9e britannique, observe les mouvements de l\u2019ennemi du haut de l\u2019\u00ab Arbre de Horrocks \u00bb, pendant les combats pr\u00e8s de Groesbeek. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Collection priv\u00e9e de Horrocks<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Je sors par la derni\u00e8re<\/b> porte du labyrinthe Dilemma et tente de dig\u00e9rer l\u2019exp\u00e9rience. Je suis profond\u00e9ment \u00e9mue par cet exercice \u00e9thique simple mais tr\u00e8s puissant. La guerre pousse les gens \u00e0 faire des choix impossibles. C\u2019est l\u00e0 le th\u00e8me dominant de cette tourn\u00e9e trop br\u00e8ve. Ces r\u00e9cits de choix d\u00e9chirants et inspirants qu\u2019ont d\u00fb faire les N\u00e9erlandais pendant l\u2019occupation allemande et les Canadiens courageux et tenaces qui se sont battus pour les lib\u00e9rer, ne me quitteront jamais<\/span>.<\/p>\n<hr \/>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-4921\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Pullquote2-1.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"122\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Pullquote2-1.jpg 566w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Pullquote2-1-300x65.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><i>Un extrait adapt\u00e9 et traduit de Brabant Remembers, recueil de 75 exp\u00e9riences bouleversantes v\u00e9cues pendant la guerre par des N\u00e9erlandais dont la vie fut \u00e0 jamais chang\u00e9e, \u00e0 75 endroits de la r\u00e9gion de Brabant.<\/i><\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><strong>Pendant la guerre<\/strong>, la Sicherheitsdienst, agence du renseignement nazie, pourchassait les ennemis de l\u2019\u00c9tat, dont les juifs, les communistes et les r\u00e9sistants. D\u2019aucuns essayaient d\u2019\u00e9chapper \u00e0 ces recherches en s\u2019enfuyant vers un territoire neutre; d\u2019autres, en se cachant. D\u2019autres encore ne prenaient pas de telles pr\u00e9cautions et vivaient dans le plus grand danger.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">En 1937, la famille Bruining emm\u00e9nagea dans une maison d\u2019Einhoven, au Centre-Sud des Pays-Bas. Hajo travaillait au laboratoire de physique Philips et son \u00e9pouse, Nora, s\u2019occupait de leurs quatre enfants chez eux. La fille ain\u00e9e, Annette, avait la tuberculose, ce qui l\u2019obligeait \u00e0 passer ses journ\u00e9es au lit.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">En 1942, Annette savait que son p\u00e8re envoyait des messages en Angleterre \u00e0 l\u2019aide d\u2019une boite qui avait toutes sortes de commutateurs et de boutons. Hajo semblait apporter secr\u00e8tement son soutien \u00e0 la r\u00e9sistance. Annette s\u2019\u00e9tait fait dire : \u00ab ne dis rien, pas un mot \u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">En 1943, Hajo am\u00e9nagea une cachette pour une m\u00e9decin juive, Betty Levi, dans le grenier de la maison. Leur travail secret pour la r\u00e9sistance mettait la famille en danger. Une nuit, moins d\u2019un an apr\u00e8s l\u2019arriv\u00e9e de la docteure, des coups retentirent \u00e0 la porte. C\u2019\u00e9taient des agents de la Sicherheitsdienst qui cherchaient Hajo.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le bruit effraya Annette. Nora se rendit dans sa chambre : \u00ab J\u2019ai cach\u00e9 ton p\u00e8re sous le plancher, mais la porte ne ferme pas bien. La b\u00e2che est drap\u00e9e par-dessus. \u00bb Elle prit sa fille \u00e0 moiti\u00e9 endormie dans ses bras et l\u2019emmena \u00e0 une autre chambre. \u00ab Je vais te mettre dans le lit de ton p\u00e8re, car il est encore chaud. Fais semblant de dormir. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Alors que Nora ouvrait la porte aux agents, Annette vit l\u2019\u00e9metteur de son p\u00e8re. Nora tenta de convaincre les agents que son mari n\u2019\u00e9tait pas \u00e0 la maison, mais en vain. Annette cacha rapidement l\u2019\u00e9metteur sous les couvertures et le poussa avec les pieds au fond du lit, ainsi que les pantoufles de son p\u00e8re, oubli\u00e9es \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du lit. Les hommes mont\u00e8rent \u00e0 l\u2019\u00e9tage, ouvrirent porte et Nora dirigea sa lampe vers le lit. Ils tir\u00e8rent sur le drap qui recouvrait le visage d\u2019Annette. \u00ab C\u2019est ma fille, dit Nora. Elle est tr\u00e8s malade. Elle a la tuberculose. \u00bb Les Allemands l\u00e2ch\u00e8rent imm\u00e9diatement le drap; craignant d\u2019attraper la maladie.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Ils fouill\u00e8rent, reste de la maison et, quand ils mont\u00e8rent \u00e0 la chambre de Levi, au grenier, Nora leur dit que Levi \u00e9tait la nourrice. Levi dormait et on ne voyait que ses boucles blondes au-dessus des couvertures. Les agents la crurent et partirent. Mais le danger n\u2019\u00e9tait pas \u00e9cart\u00e9 pour autant.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les hommes n\u2019avaient pas l\u2019intention de partir sans trouver Hajo. L\u2019un d\u2019eux monta la garde \u00e0 la porte d\u2019entr\u00e9e et l\u2019autre, derri\u00e8re la maison. Hajo resta cach\u00e9 sous le plancher pendant toute la nuit. Nora \u00e9teignit les lumi\u00e8res et se coucha avec Annette.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le matin, Nora fit sortir le chat par la porte avant. Personne n\u2019\u00e9tait l\u00e0. Ensuite, elle alla chercher du charbon \u00e0 la remise derri\u00e8re la maison, et il n\u2019y avait personne non plus. Hajo sortit vite de la maison, la Bible de leur bonne sous le bras, et se faufila parmi les passants en direction de l\u2019\u00e9glise. C\u2019est ainsi qu\u2019il atteignit l\u2019h\u00f4pital Royal de psychiatrie dont le directeur, un de ses amis, l\u2019admit \u00e0 titre de patient pour le cacher. Levi trouva une autre cachette s\u00fbre \u00e0 Eindhoven.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">Eindhoven fut lib\u00e9r\u00e9e peu de temps apr\u00e8s, et Hajo rentra chez lui. L\u2019inqui\u00e9tude r\u00e9gnait encore en ce temps-l\u00e0. L\u2019offensive des Ardennes tenait tout le monde en haleine. On avait tr\u00e8s peur que les Allemands reprennent la ville. Tout de suite apr\u00e8s la lib\u00e9ration des Pays-Bas, Hajo fut d\u00e9cor\u00e9 par le gouvernement britannique au Ridderzaal, \u00e0 La\u00a0Haye, et il devint membre de l\u2019Ordre de l\u2019Empire britannique.<\/p>\n<p class=\"p2\">Hajo d\u00e9clara : \u00ab La guerre est finie \u00bb, et il n\u2019en parla plus jamais. Levi \u00e9migra en Isra\u00ebl et maintint le contact avec la famille Bruining.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je prends une grande respiration et, d\u00e9sireuse de voir notre prochain arr\u00eat, je m\u2019avance au bord de mon si\u00e8ge, pr\u00eate \u00e0 quitter la camionnette. Je longe le chemin Ruytershoveweg en direction d\u2019un haut mur blanc en retrait qui semble d\u00e9plac\u00e9 parmi les arbres qui l\u2019entourent. 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