{"id":4860,"date":"2020-03-04T15:07:07","date_gmt":"2020-03-04T19:07:07","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=4860"},"modified":"2020-03-04T15:07:07","modified_gmt":"2020-03-04T19:07:07","slug":"la-guerre-arrive-au-port-de-sydney","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2020\/03\/la-guerre-arrive-au-port-de-sydney\/","title":{"rendered":"La guerre arrive au port de Sydney"},"content":{"rendered":"<div class=\"caption_img\">\r\n        <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4864\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Casablanca_convoy.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"458\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Casablanca_convoy.jpg 3444w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Casablanca_convoy-300x243.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Casablanca_convoy-768x622.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Casablanca_convoy-1024x829.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Un convoi sur l\u2019oc\u00e9an Atlantique se d\u00e9place vers l\u2019est en novembre 1942. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>US Navy \/ 80-G-474788<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>D\u00e9sert\u00e9e<\/b> et couverte de graffitis durant des dizaines d\u2019ann\u00e9es, l\u2019ancienne batterie de canons situ\u00e9e \u00e0\u00a0Chapel Point, \u00e0 North Sydney, dans l\u2019ile n\u00e9o-\u00e9cossaise du Cap-Breton, a \u00e9t\u00e9 restaur\u00e9e l\u2019\u00e9t\u00e9 dernier dans le cadre d\u2019un projet local ayant pour but de cr\u00e9er un parc de 48,5 hectares consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019histoire militaire du Canada.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Le projet, qui doit \u00eatre nomm\u00e9 Parc comm\u00e9moratif de l\u2019Atlantique, <\/span>est g\u00e9r\u00e9 par des b\u00e9n\u00e9voles qui veulent \u00ab cr\u00e9er un voyage c\u00f4tier du souvenir qui ravive l\u2019histoire militaire du Canada \u00bb.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Sydney a jou\u00e9 un r\u00f4le important \u00e0 la Seconde Guerre mondiale en tant que deuxi\u00e8me port par ordre d\u2019importance, apr\u00e8s Halifax, concernant la formation de convois. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, avant que Terre-Neuve se joigne au Canada, Sydney \u00e9tait renomm\u00e9e comme \u00e9tant la ville d\u2019Am\u00e9rique du Nord la plus \u00e0 l\u2019est, ce qui veut dire qu\u2019entre 1939 et 1945, c\u2019\u00e9tait aussi la ville canadienne la plus proche de la guerre.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s3\">Quand la France, la Belgique et les Pays-Bas tomb\u00e8rent, la Grande-Bretagne perdit ses principales sources d\u2019approvisionnement en Europe continentale. Elle devint enti\u00e8rement d\u00e9pendante du Canada et des \u00c9tats-Unis, alors neutres, pour une grande partie de sa nourriture, de son bois et de son carburant, sans parler des hommes, des femmes et des fournitures n\u00e9cessaires au combat.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Tout cela devait parvenir en Grande-Bretagne \u00e0 bord de navires traversant l\u2019Atlantique Nord orageux. L\u2019Allemagne, qui en \u00e9tait bien consciente, essaya pour la soumettre de l\u2019affamer au moyen d\u2019un blocus. Dans ce dessein, l\u2019Allemagne d\u00e9chaina sa flotte de sous-marins, les dangereux U-boote, \u00e0 la bataille la plus longue de la Seconde Guerre mondiale : la bataille de l\u2019Atlantique.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s3\">Comme l\u2019a soulign\u00e9 l\u2019historien Marc Milner dans <i>The Battle of the Atlantic: Canada\u2019s War at Sea in Canada\u2019s Ultimate Story <\/i>(La bataille de l\u2019Atlantique : la guerre en mer du Canada dans l\u2019histoire ultime du Canada, NDT), \u00ab La <\/span><span class=\"s2\">bataille de l\u2019Atlantique est la seule grande campagne de la Seconde Guerre mondiale qui ait \u00e9t\u00e9 fa\u00e7onn\u00e9e par des facteurs principalement canadiens. En effet, elle n\u2019impliqua pas seulement la Marine royale du Canada : elle fut le principal effort de guerre du pays. Au printemps 1943, le Canada \u00e9tait le deuxi\u00e8me acteur alli\u00e9 par ordre d\u2019importance, apr\u00e8s la Grande-Bretagne, dans <\/span><span class=\"s1\">l\u2019Atlantique Nord. Pr\u00e8s de la moiti\u00e9 <\/span>des escortes faites entre New York et le Royaume-Uni \u00e9taient canadiennes. La plupart des navires \u00e9taient construits au Canada, et la plupart \u00e9taient bas\u00e9s au Canada \u00bb.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Le port de Sydney est situ\u00e9 dans une baie \u00e0 deux bras. La ville de Sydney est situ\u00e9e sur la rive est du bras sud, dans lequel se jette la rivi\u00e8re Sydney. La ville de Sydney est le centre d\u2019activit\u00e9 de la r\u00e9gion, encadr\u00e9e par plusieurs petites villes comme Sydney Mines, North Sydney et New Waterford.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s3\">Du c\u00f4t\u00e9 ouest de la baie se trouvait le principal employeur du Cap-Breton, la Dominion Steel and Coal Corporation (DOSCO). Vu la n\u00e9cessit\u00e9 de construire et de r\u00e9parer rapidement des navires, son acier et son charbon qui servait \u00e0 alimenter un grand nombre de navires marchands, \u00e9taient d\u2019une tr\u00e8s grande utilit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Comme le reste du Canada, Sydney n\u2019\u00e9tait pas vraiment pr\u00eate \u00e0 faire la guerre en 1939. Le port avait jou\u00e9 un r\u00f4le majeur \u00e0 la Premi\u00e8re Guerre mondiale, mais seulement <\/span><span class=\"s2\">vers la fin, quand les autorit\u00e9s s\u2019\u00e9taient aper\u00e7ues que le moyen le plus s\u00fbr d\u2019envoyer des navires en Grande-Bretagne \u00e9tait en convois.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Les fortifications, qui \u00e9taient <\/span><span class=\"s1\">d\u00e9sarm\u00e9es depuis longtemps, \u00e9taient <\/span>en mauvais \u00e9tat. Il ne se passa pas grand-chose avant 1940, quand la chute de la France provoqua la crise en Grande-Bretagne.<\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img decoding=\"async\" class=\"wp-image-4865\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Chapel-Point-Battery-file-1from-Directorate-of-History-and-Heritage-Feb.82019_Page_1_Image_0001.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"447\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Chapel-Point-Battery-file-1from-Directorate-of-History-and-Heritage-Feb.82019_Page_1_Image_0001.jpg 2153w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Chapel-Point-Battery-file-1from-Directorate-of-History-and-Heritage-Feb.82019_Page_1_Image_0001-300x237.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Chapel-Point-Battery-file-1from-Directorate-of-History-and-Heritage-Feb.82019_Page_1_Image_0001-768x607.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Chapel-Point-Battery-file-1from-Directorate-of-History-and-Heritage-Feb.82019_Page_1_Image_0001-1024x809.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Chapel Hill. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Soci\u00e9t\u00e9 du Parc comm\u00e9moratif de l\u2019Atlantique<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Au printemps<\/b> 1940, Halifax n\u2019\u00e9tait en mesure de fournir \u00e0 Sydney que deux chalutiers convertis en dragueurs de mines et un navire de patrouille de la GRC. En aout, le port re\u00e7ut deux yachts am\u00e9ricains qui \u00e9taient destin\u00e9s \u00e0 un service d\u2019escorte : le <i>Reindeer <\/i>et le <i>Husky<\/i>. Deux remorqueurs furent envoy\u00e9s \u00e0 Sydney pour servir de navires d\u2019inspection. Un autre chalutier dragueur de mines et deux autres yachts furent ajout\u00e9s \u00e0 la fin de l\u2019\u00e9t\u00e9.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">La ville \u00e9tait en train de prendre un air militaire lorsque le district des chantiers fut cl\u00f4tur\u00e9 pour des raisons de s\u00e9curit\u00e9 et que de nouveaux quartiers et de nouvelles installations furent construits pour le personnel marin arrivant en ville.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les travaux commenc\u00e8rent aussi aux fortifications abandonn\u00e9es. Cinq postes d\u2019artillerie \u00e9taient pr\u00e9vus, dont celui de Chapel Point qui serait le premier \u00e0 entrer en service et qui serait charg\u00e9 de soutenir les activit\u00e9s d\u2019inspection maritime. Le Cape\u00a0Breton Highlanders et le Pictou Highlanders furent mis \u00e0 contribution pour garder les fortifications et l\u2019a\u00e9roport. La 16<sup>e<\/sup> Brigade c\u00f4ti\u00e8re fut lev\u00e9e pour fournir des canonniers. Un poste de contr\u00f4le de tir fut construit sur un terrain \u00e9lev\u00e9 situ\u00e9 le long du chemin Kilkenny Lake entre South Bar et Point Petrie. Des cabanes en bois finirent par \u00eatre construites \u00e0 toutes les batteries pour abriter les hommes qui avaient dormi sous la toile pendant les premiers mois.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">L\u2019Aviation royale du Canada commen\u00e7a \u00e9galement la construction d\u2019un a\u00e9rodrome \u00e0 Reserve Mines, <\/span>\u00e0 l\u2019est de Sydney (aujourd\u2019hui l\u2019a\u00e9roport JA Douglas McCurdy Sydney). Cependant, on avait <span class=\"s1\">d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment besoin d\u2019a\u00e9ronefs en Grande-Bretagne, alors l\u2019Escadron n\u00b0 8 dut se contenter d\u2019a\u00e9ronefs Delta peu solides durant la premi\u00e8re partie de 1940. Trois hydravions Stranraer plus robustes finirent par \u00eatre ajout\u00e9s; ils pouvaient escorter les convois jusqu\u2019au coucher du soleil.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les navires marchands qui descendaient le fleuve Saint-Laurent perdaient des journ\u00e9es pr\u00e9cieuses en retournant \u00e0 Halifax pour se former en convois. Sydney devint donc le point de rassemblement pour bon nombre de ces navires, qui rejoignaient aux Grands Bancs les convois partant d\u2019Halifax.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le 31 juillet 1940, le premier convoi, compos\u00e9 de 25 navires, quitta Sydney pour rejoindre le convoi HX-62 qui avait quitt\u00e9 Halifax la veille. Les autorit\u00e9s britanniques d\u00e9cid\u00e8rent que Sydney serait le point de rassemblement pour les navires dont la vitesse \u00e9tait sup\u00e9rieure \u00e0 7,5 n\u0153uds mais inf\u00e9rieure \u00e0 9 n\u0153uds. Ces convois lents furent d\u00e9sign\u00e9s SC.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le SC-1, form\u00e9 de 40 navires marchands, prit le large le 15 aout 1940. Le port commen\u00e7a alors un cycle de huit jours entre les convois. Les autorit\u00e9s britanniques avaient esp\u00e9r\u00e9 que les convois seraient form\u00e9s de moins de 30 navires, mais le besoin \u00e9tait pressant, alors ils en comprenaient habituellement davantage.<\/span><\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img decoding=\"async\" class=\"wp-image-4866\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Chapel-Point-Photos-two-photospdf.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"437\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Chapel-Point-Photos-two-photospdf.jpg 3300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Chapel-Point-Photos-two-photospdf-300x232.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Chapel-Point-Photos-two-photospdf-768x593.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Chapel-Point-Photos-two-photospdf-1024x791.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>La batterie telle qu\u2019elle \u00e9tait au printemps 2019 et apr\u00e8s sa restauration en octobre. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Tom MacGregor<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le SC-7, qui quitta Sydney le 5\u00a0octobre, fut le premier convoi attaqu\u00e9 par plusieurs U-boote chassant ensemble comme une meute de loups. Vingt de ses 34 navires furent perdus. \u00c0 la fin de la saison de navigation de 1940, 48 convois totalisant 967 navires avaient quitt\u00e9 le port de Sydney.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Alors que la guerre trainait en longueur, de meilleurs navires servirent d\u2019escorte, dont les corvettes fabriqu\u00e9es au Canada. Les batteries furent am\u00e9lior\u00e9es et l\u2019a\u00e9rodrome fut compl\u00e9t\u00e9, puis agrandi, alors que de meilleurs appareils, capables d\u2019escorter les convois plus loin en mer devinrent disponibles.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les convois vers la Grande-Bretagne n\u2019\u00e9taient pas les seuls \u00e0 \u00eatre prot\u00e9g\u00e9s par les navires bas\u00e9s \u00e0 Sydney. Ils comprenaient aussi des navires en provenance de Montr\u00e9al ou de Qu\u00e9bec et d\u2019autres allant chercher du charbon \u00e0 Terre-Neuve pour la DOSCO. Par la suite, la MRC d\u00e9fendit aussi les navires ravitaillant les bases que les \u00c9tats-Unis construisaient \u00e0 Terre-Neuve et au Groenland.<\/span><\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4868\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/PA-107907.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"561\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/PA-107907.jpg 6000w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/PA-107907-150x150.jpg 150w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/PA-107907-300x297.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/PA-107907-768x761.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/PA-107907-1024x1014.jpg 1024w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/PA-107907-50x50.jpg 50w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/PA-107907-140x140.jpg 140w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Un bombardier Liberator de la Royal Air Force escorte un convoi transatlantique vers 1943. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>MDN\/BAC\/PA-107907<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s2\"><b>Lorsque les \u00c9tats-Unis<\/b> d\u00e9clar\u00e8rent la guerre \u00e0 l\u2019Allemagne, apr\u00e8s l\u2019attaque de Pearl Harbor le 7 d\u00e9cembre 1941, l\u2019amiral Karl <\/span><span class=\"s3\">D\u00f6nitz, commandant de la flotte d\u2019U-boote, d\u00e9clencha une guerre totale \u00e0 l\u2019Am\u00e9rique du Nord. Ses sous-marins trouv\u00e8rent dans le golfe du Saint-Laurent un terrain de chasse particuli\u00e8rement fertile. Certains remont\u00e8rent m\u00eame le fleuve. Au cours de la saison de navigation de 1942, ils coul\u00e8rent 20 navires marchands, un transport de troupes am\u00e9ricain et deux navires de guerre de la MRC, et ne perdirent que deux de leurs b\u00e2timents.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s3\">Les chantiers navals du Canada ne pouvaient pas produire de nouveaux navires et remettre en \u00e9tat ceux qui existaient d\u00e9j\u00e0 assez vite, alors le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral ordonna la construction d\u2019une nouvelle base navale \u00e0 Fort Edward, sur le bras sud du port, en face de Sydney. Le terrain de 344 hectares formait une sorte de nouvelle ville. Les ateliers et les voies ferr\u00e9es \u00e9taient situ\u00e9s pr\u00e8s de l\u2019eau. Le reste de la base \u00e9tait am\u00e9nag\u00e9 en grille, avec des rues pour le logement et un h\u00f4pital. La nouvelle base prit le nom de NCSM <i>Protector II<\/i>, tandis que la base d\u2019origine \u00e0 Sydney avait celui de NCSM <i>Protector I<\/i>.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s3\">Le 13 octobre 1942, le vapeur <i>Caribou<\/i>, traversier faisant la navette entre Sydney et Port aux Basques, T.-N.\u2013L., quitta Sydney vers 21 h 30 avec \u00e0 son bord 73 civils, dont 11 enfants, 118 militaires et 46 membres d\u2019\u00e9quipage. Le NCSM <i>Grandmere<\/i>, un dragueur de\u00a0mines, escorta le navire en le suivant conform\u00e9ment aux proc\u00e9dures navales britanniques concernant l\u2019escorte d\u2019un seul navire.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Le 14 octobre \u00e0 3 h 40, l\u2019<i>U-69<\/i> <\/span>lan\u00e7a une torpille au <i>Caribou<\/i> qui l\u2019atteignit \u00e0 tribord. La plupart des passagers \u00e9taient dans leurs couchettes, et furent d\u00e9sorient\u00e9s par l\u2019explosion. Plusieurs canots de sauvetage furent d\u00e9truits dans l\u2019explosion et d\u2019autres ne purent pas \u00eatre mis \u00e0 la mer.<\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4863\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/caribou1.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"297\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/caribou1.jpg 1958w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/caribou1-300x157.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/caribou1-768x402.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/caribou1-1024x537.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Le vapeur Caribou torpill\u00e9 par le U-69 coule dans le golfe du Saint-Laurent. Un timbre-poste de Terre-Neuve de 1928 vantait le voyage de neuf heures du Caribou \u00e0 Sydney, N.-\u00c9. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Wikimedia<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p2\">Le <i>Grandmere<\/i> vit l&#8217;U-boot en surface et tenta de le percuter, mais le sous-marin plongea. Il largua des grenades sous-marines, mais manqua le sous-marin. Conform\u00e9ment \u00e0 la proc\u00e9dure \u00e9tablie, le <i>Grandmere<\/i> poursuivit le sous-marin pendant deux heures, s\u2019arr\u00eater pour sauver les survivants n\u2019en aurait fait qu\u2019une cible plus facile. L&#8217;<i>U-69<\/i> s\u2019\u00e9clipsa et le <i>Grandmere<\/i> retourna chercher les survivants. Sur les 237 personnes qui \u00e9taient \u00e0 bord, 136 avaient p\u00e9ri. Le seul enfant qui surv\u00e9cut fut un gar\u00e7on d\u2019Halifax \u00e2g\u00e9 de 15 mois.<\/p>\n<p class=\"p2\">Le naufrage du paquebot \u00e9tait la cons\u00e9quence d\u2019une attaque de circonstance, qui n\u2019avait pas de sens en termes de strat\u00e9gie militaire, mais dont l\u2019effet sur le moral \u00e9tait important, en particulier \u00e0 Sydney et \u00e0 Port-aux-Basques o\u00f9 la plupart des victimes avaient de la famille et des amis.<\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4869\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/ss-caribou-9-hours-to-sydney-ns-newfoundland-stamp.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"452\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/ss-caribou-9-hours-to-sydney-ns-newfoundland-stamp.jpg 640w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/ss-caribou-9-hours-to-sydney-ns-newfoundland-stamp-300x240.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Le vapeur Caribou torpill\u00e9 par le U-69 coule dans le golfe du Saint-Laurent. Un timbre-poste de Terre-Neuve de 1928 vantait le voyage de neuf heures du Caribou \u00e0 Sydney, N.-\u00c9. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Wordpress<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p2\">Les habitants de Sydney commen\u00e7aient \u00e0 s\u2019habituer \u00e0 la vie portuaire en temps de guerre. Des avis \u00e9taient affich\u00e9s pr\u00e8s des t\u00e9l\u00e9phones publics pour rappeler \u00e0 leurs utilisateurs qu\u2019il \u00e9tait interdit de mentionner les navires, leurs mouvements, les troupes, les industries de guerre et m\u00eame la m\u00e9t\u00e9o.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s3\">Les exercices d\u2019extinction des feux \u00e9taient monnaie courante. Pendant le premier, selon les historiens Brian Tennyson et Roger Sarty, presque tous les gens qui avaient une voiture conduisirent jusqu\u2019\u00e0 Hardwood Hill sans allumer leurs feux rien que pour voir la ville dans l\u2019obscurit\u00e9. Des chefs d\u2019ilot de tous \u00e2ges furent d\u00e9sign\u00e9s pour effectuer des exercices antia\u00e9riens p\u00e9riodiques.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s3\">Sur une note plus r\u00e9jouissante, vu le grand nombre de militaires pr\u00e9sents dans la ville \u00e0 cause de la guerre, les groupes communautaires organisaient des danses et mettaient en place des cantines o\u00f9 l\u2019on vendait des cigarettes, des boissons non alcoolis\u00e9es et des sandwichs.<\/span><\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4867\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Convoy.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"398\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Convoy.jpg 2442w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Convoy-300x211.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Convoy-768x541.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Convoy-1024x721.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Un convoi se forme dans le port de Sydney pendant la Seconde Guerre mondiale. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Soci\u00e9t\u00e9 du Parc comm\u00e9moratif de l\u2019Atlantique<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\"><b>Deux ans<\/b> apr\u00e8s le naufrage du <i>Caribou<\/i>, une catastrophe survint \u00e0 nouveau dans des circonstances \u00e9trangement similaires.<\/p>\n<p class=\"p2\">Le vapeur <i>Burgeo<\/i> \u00e9tait affect\u00e9 au transport de passagers entre Sydney et Port-aux-Basques. Le 24\u00a0novembre 1944, il \u00e9tait escort\u00e9 par le NCSM <i>Shawinigan<\/i> et un navire de la garde c\u00f4ti\u00e8re am\u00e9ricaine. Ayant tir\u00e9 les le\u00e7ons de la trag\u00e9die pass\u00e9e, il zigzagua pendant la travers\u00e9e et entra dans le port sans incident. Le <i>Shawinigan<\/i> se d\u00e9tacha et patrouilla seul \u00e0 la recherche d&#8217;U-boote, pr\u00e9vo-yant de retrouver le <i>Burgeo<\/i> au matin pour le voyage du retour.<\/p>\n<p class=\"p2\">Cette nuit-l\u00e0, le <i>Shawinigan<\/i> trouva l&#8217;<i>U-1228<\/i> sur son chemin, qui se pr\u00e9parait \u00e0 retourner en Europe apr\u00e8s une chasse infruc-tueuse. L\u2019U-boot tira une torpille acoustique GNAT qui frappa la corvette quatre minutes plus tard. Le navire explosa avant de pouvoir appeler au secours. Les 91 membres d\u2019\u00e9quipage furent perdus.<\/p>\n<p class=\"p2\">Le <i>Burgeo<\/i> quitta le port le matin, mais il ne vit pas le <i>Shawinigan<\/i> pendant le voyage. Vu que le silence radio \u00e9tait en vigueur, ce n\u2019est que lorsque le traversier arriva \u00e0 Sydney sans escorte que la marine sut que quelque chose clochait. Au cours des recherches qui dur\u00e8rent trois jours, on ne retrouva qu\u2019une partie de la passerelle et six corps.<\/p>\n<p class=\"p2\">Encore une fois, les victimes \u00e9taient bien connues \u00e0 terre, et la communaut\u00e9 se trouvait dans le deuil.<\/p>\n<p class=\"p2\">La Bataille de l\u2019Atlantique se termina lorsque la guerre en Europe prit fin : le 8 mai 1945. Cependant, la nouvelle ne fut pas suivie par les joyeuses c\u00e9l\u00e9brations comme celles qui furent tenues dans la plupart des villes nord-am\u00e9ricaines. \u00ab\u00a0Bien que le jour e\u00fbt \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 jour f\u00e9ri\u00e9, aucune c\u00e9l\u00e9bration de victoire civique ne fut organis\u00e9e, ont \u00e9crit Tennyson et Sarty. Plus important encore, les danses et les spectacles publics furent tous annul\u00e9s, et les restaurants et les magasins, ferm\u00e9s, dans l\u2019espoir de contr\u00f4ler les c\u00e9l\u00e9brations publiques. Peut-\u00eatre encore plus mal avis\u00e9, les magasins d\u2019alcool furent \u00e9galement ferm\u00e9s. \u00bb<\/p>\n<p class=\"p2\">En cons\u00e9quence, des bandes d\u2019hommes erraient dans les rues sans moyen d\u2019exprimer leurs \u00e9motions. Des \u00e9meutes finirent par \u00e9clater. Des fen\u00eatres furent bris\u00e9es et les magasins d\u2019alcool, pill\u00e9s. Il fallut plusieurs jours pour r\u00e9tablir l\u2019ordre. Encore aujourd\u2019hui, on se dispute pour savoir sur qui on devrait jeter la responsabilit\u00e9.<\/p>\n<p class=\"p2\">Le port de Sydney avait fait ses preuves \u00e0 la guerre. Environ 7\u00a0500 navires y avaient form\u00e9 des convois avant de faire le dangereux voyage vers la Grande-Bretagne.<\/p>\n<p class=\"p2\">Apr\u00e8s la guerre, les chantiers navals \u00e9taient occup\u00e9s \u00e0 remettre des navires en \u00e9tat, mais le mili-taire r\u00e9duisit rapidement la pr\u00e9-sence de l\u2019arm\u00e9e et de l\u2019aviation. Les chantiers navals ne dur\u00e8rent que quelques ann\u00e9es et m\u00eame les industries de l\u2019acier et du charbon finirent par s\u2019effondrer. Aujourd\u2019hui, le Cap-Breton d\u00e9pend davantage du tourisme que de l\u2019arm\u00e9e ou des mines de charbon.<\/p>\n<p class=\"p2\">La soci\u00e9t\u00e9 du Parc comm\u00e9moratif de l\u2019Atlantique a l\u2019intention de d\u00e9velopper un parc comprenant une plage, une aire de pique-nique et des sentiers p\u00e9destres avec des panneaux d\u2019interpr\u00e9tation, ainsi que de recr\u00e9er une r\u00e9plique de cantonnement de Premi\u00e8res nations. Une fois termin\u00e9, il devrait donner un coup de pouce au tourisme et rappeler aux visiteurs et aux habitants le r\u00f4le noble que le port a jou\u00e9 dans l\u2019histoire militaire du Canada.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9sert\u00e9e et couverte de graffitis durant des dizaines d\u2019ann\u00e9es, l\u2019ancienne batterie de canons situ\u00e9e \u00e0\u00a0Chapel Point, \u00e0 North Sydney, dans l\u2019ile n\u00e9o-\u00e9cossaise du Cap-Breton, a \u00e9t\u00e9 restaur\u00e9e l\u2019\u00e9t\u00e9 dernier dans le cadre d\u2019un projet local ayant pour but de cr\u00e9er un parc de 48,5 hectares consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019histoire militaire du Canada. 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