{"id":4804,"date":"2019-09-06T16:28:31","date_gmt":"2019-09-06T20:28:31","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=4804"},"modified":"2019-10-22T16:38:14","modified_gmt":"2019-10-22T20:38:14","slug":"une-juste-appreciation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2019\/09\/une-juste-appreciation\/","title":{"rendered":"UNE JUSTE APPR\u00c9CIATION"},"content":{"rendered":"<div class=\"caption_img\">\r\n        <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4805\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/VF9-14.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"414\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/VF9-14.jpg 6890w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/VF9-14-300x207.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/VF9-14-768x530.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/VF9-14-1024x707.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Des anciens combattants handicap\u00e9s se d\u00e9tendent dans un h\u00f4pital de Toronto en 1916. L\u2019\u00e9cusson (en regard) de la Great War Veterans Association que portaient ses membres.<\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span><\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<h3 class=\"p1\"><strong><span class=\"s1\">En 1917, on promit aux combattants du Canada que le gouvernement s\u2019occuperait des survivants et des bless\u00e9s. Cette promesse mena \u00e0 la <i>Loi sur les pensions<\/i>.<\/span><\/strong><\/h3>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Il y a cent ans<\/b>, l\u2019adoption de la <i>Loi sur les pensions<\/i> cr\u00e9a un cadre pour l\u2019aide aux anciens combattants handicap\u00e9s du Canada. Encore aujourd\u2019hui, c\u2019est elle qui r\u00e9git les prestations offertes aux v\u00e9t\u00e9rans de la Seconde Guerre mondiale, de la guerre de Cor\u00e9e, de la Gendarmerie royale du Canada et de la force r\u00e9guli\u00e8re qui en ont fait la demande avant 2006.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">La <i>Loi sur les pensions<\/i> comblait un vide, et c\u2019\u00e9tait la fa\u00e7on dont le premier ministre Robert Borden tenait une promesse qu\u2019il avait faite aux militaires du Corps canadien en avril 1917, peu de temps avant la capture h\u00e9ro\u00efque de la cr\u00eate de Vimy, en France.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00ab Le gouvernement et le pays consid\u00e8reront comme leur premier devoir de veiller \u00e0 ce qu\u2019une juste appr\u00e9ciation de vos efforts et de votre courage soit port\u00e9e \u00e0 la connaissance des gens du pays, avait-il dit. Aucun homme, qu\u2019il revienne des Flandres ou qu\u2019il y reste, n\u2019aura de raison valable de reprocher au gouvernement d\u2019avoir abandonn\u00e9 \u00e0 leur sort les hommes qui ont remport\u00e9 la victoire et ceux qui ont perdu la vie. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">La promesse avait \u00e9t\u00e9 faite sans vraiment savoir ce que signifiait \u00ab une juste appr\u00e9ciation \u00bb. Le gouvernement conservateur de Borden, puis son gouvernement de coalition, apr\u00e8s 1917, fut submerg\u00e9 par l\u2019impact de la Premi\u00e8re Guerre mondiale sur le Canada. 620 000 hommes et femmes s\u2019enr\u00f4l\u00e8rent, sur une population de 7,8 millions d\u2019habitants. Environ 66 600 d\u2019entre eux y laiss\u00e8rent la vie et plus de 172\u00a0000 furent bless\u00e9s ou estropi\u00e9s.<\/span><\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img decoding=\"async\" class=\"wp-image-4806\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/VF10-11.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"453\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/VF10-11.jpg 3000w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/VF10-11-300x240.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/VF10-11-768x615.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/VF10-11-1024x820.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Des membres sup\u00e9rieurs de l\u2019Association des amput\u00e9s de la Grande Guerre, qui s\u2019appellera plus tard les Amput\u00e9s de guerre du Canada, se r\u00e9unissent \u00e0 Vancouver, en 1932. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Archives de la ville de Vancouver\/99-4257<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le Canada n\u2019avait pas de processus de pensions officiel. Les v\u00e9t\u00e9rans de la guerre de 1812, de la r\u00e9bellion du Nord-Ouest et des raids des F\u00e9niens avaient \u00e9t\u00e9 pay\u00e9s en certificats qui pouvaient servir \u00e0 acheter des terres pour cr\u00e9er des fermes dans ce qui semblait \u00eatre \u00e0 l&#8217;\u00e9poque une quantit\u00e9 infinie de terres inutilis\u00e9es au Canada. Les pensions qui existaient d\u00e9pendaient souvent du\u00a0grade et de faveurs politiques.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Vu le grand nombre d\u2019hommes qui s\u2019enr\u00f4l\u00e8rent, les familles qu\u2019ils laissaient au pays furent les premi\u00e8res \u00e0 se trouver dans le besoin.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">En aout 1914, sir Herbert Ames, riche homme d\u2019affaires de Montr\u00e9al et d\u00e9put\u00e9, cr\u00e9a le Fonds patriotique canadien pour aider les familles des hommes en service actif et de ceux qui \u00e9taient handicap\u00e9s en revenant de la guerre.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Un r\u00e9seau de b\u00e9n\u00e9voles fut mis sur pied pour visiter les foyers et \u00e9valuer les besoins. Une \u00e9pouse pouvait recevoir de 5 $ \u00e0 10 $ par mois, et de 1,50 $ \u00e0 6 $ par enfant.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Ces b\u00e9n\u00e9voles se faisaient travailleurs sociaux et donnaient des conseils, qu\u2019on les leur demande ou pas, sur la pr\u00e9paration d\u2019un budget, les soins aux enfants, la nutrition et l\u2019hygi\u00e8ne. Cela se faisait selon des normes morales \u00e9lev\u00e9es. Tout m\u00e9nage jug\u00e9 indigne pouvait \u00eatre exclu du programme, sans appel.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>En 1915<\/b>, le gouvernement cr\u00e9a la Commission des h\u00f4pitaux militaires (CHM) pour servir les anciens combattants bless\u00e9s ou malades. Le s\u00e9nateur James Lougheed, leader du gouvernement au S\u00e9nat, en \u00e9tait le ministre responsable. Des \u00e9difices furent acquis et transform\u00e9s en h\u00f4pitaux. Une usine fut construite \u00e0 Toronto pour produire des proth\u00e8ses.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les anciens combattants qui avaient la tuberculose \u00e0 leur retour furent envoy\u00e9s \u00e0 des sanatoriums, souvent \u00e0 la campagne ou l\u2019air \u00e9tait plus pur, disait-on. <\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le public ressentait de la sympathie pour les aveugles et les amput\u00e9s, mais ceux qui avaient des probl\u00e8mes de sant\u00e9 mentale, ceux qu\u2019on appelait alors les commotionn\u00e9s, \u00e9taient laiss\u00e9s aux soins de leur famille. S\u2019ils n\u2019avaient pas de famille ou si elle ne pouvait pas s\u2019en occuper, ils \u00e9taient envoy\u00e9s aux institutions pour malades mentaux ou d\u00e9ficients intellectuels.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">La v\u00e9ritable pr\u00e9occupation du gouvernement \u00e9tait de faire en sorte que tous ces soldats qui revenaient puissent r\u00e9int\u00e9grer la vie civile, qu\u2019ils reprennent leur emploi pour gagner leur vie par eux-m\u00eames.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Il y aurait des pensions pour ceux qui avaient un handicap attribu\u00e9 au service militaire, mais elles ne devaient servir \u00e0 les aider que pendant qu\u2019ils retournaient \u00e0 leur ancien travail si possible. Dans le cas contraire, une formation de reconversion serait offerte gratuitement.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">La philosophie fut r\u00e9sum\u00e9e dans une affiche d\u2019information produite par la Commission des h\u00f4pitaux militaires intitul\u00e9e <i>What every disabled soldier should know <\/i>(ce que tout soldat handicap\u00e9 devrait savoir, NDT). Elle \u00e9tait pleine de maximes optimistes, et m\u00eame inspirantes (traductions) :<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s2\">\u2022 <\/span><span class=\"s1\">Qu\u2019il n\u2019y a pas de mot comme \u00ab impossible \u00bb dans son dictionnaire.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s2\">\u2022 <\/span><span class=\"s1\">Que son ambition naturelle de bien gagner sa vie peut \u00eatre assouvie.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s2\">\u2022 <\/span><span class=\"s1\">Que le Service de sant\u00e9 de l\u2019arm\u00e9e canadienne et la Commission des h\u00f4pitaux militaires existent pour l\u2019assister dans cette t\u00e2che.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s2\">\u2022 <\/span><span class=\"s1\">Qu\u2019il doit leur faciliter le travail.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s2\">\u2022 <\/span><span class=\"s1\">Que les soins qu\u2019il aura seront les meilleurs et les plus efficaces dont la science est capable.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s2\">\u2022 <\/span><span class=\"s1\">Que si son handicap l\u2019emp\u00eache de retourner \u00e0 son ancien travail, il sera form\u00e9 gratuitement \u00e0 un nouveau m\u00e9tier.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s2\">\u2022 <\/span><span class=\"s1\">Que sa propre volont\u00e9 et sa d\u00e9termination lui permettront de r\u00e9ussir.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">Dans la liste de promesses, on lisait aussi \u00ab que chaque homme handicap\u00e9 par le service recevra une pension ou une gratification proportionnelle \u00e0 son handicap \u00bb.<\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img decoding=\"async\" class=\"wp-image-4807\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/John_Lancelot_Todd_1905.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"848\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/John_Lancelot_Todd_1905.jpg 1060w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/John_Lancelot_Todd_1905-200x300.jpg 200w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/John_Lancelot_Todd_1905-768x1151.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/John_Lancelot_Todd_1905-683x1024.jpg 683w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>John Todd \u00e9tait chercheur et professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 McGill quand il fut nomm\u00e9, en 1916, commissaire des pensions. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Wikimedia<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p2\">Le Canada ne s\u2019\u00e9tant jamais engag\u00e9 dans une telle voie, il dut voir \u00e0 l\u2019\u00e9tranger ce qui fonctionnait et ce qui ne fonctionnait pas. Les \u00c9tats-Unis \u00e9taient pass\u00e9s par la guerre civile plus de 50 ans auparavant et ils versaient toujours des pensions. Borden envoya \u00e0 Washington le lieutenant-colonel George Adami, professeur de pathologie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 McGill de Montr\u00e9al, et mentor de John McCrae, pour \u00e9tudier les pensions militaires.<\/p>\n<p class=\"p2\">Un des probl\u00e8mes dont le gouvernement canadien avait peur, c\u2019\u00e9tait les \u00ab veuves \u00e0 pension \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire les femmes qui \u00e9pousaient un ancien combattant vieillissant et qui avaient donc droit \u00e0 une pension \u00e0 vie apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de leur mari. Le dernier soldat am\u00e9ricain ayant pris part \u00e0 la guerre de 1812 mourut en 1905, mais le gouvernement payait encore des pensions aux veuves de cette guerre. La derni\u00e8re veuve d\u2019un v\u00e9t\u00e9ran de 1812 mourut pendant la guerre de Cor\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s3\"><b>Le major John Todd<\/b>, m\u00e9decin et professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 McGill, examina les pensions militaires d\u2019autres pays. Pendant la guerre, il fut affect\u00e9 au Pensions and Claims Board en Angleterre, le comit\u00e9 des r\u00e9clamations et des pensions que pr\u00e9sidait l\u2019homme d\u2019affaires sir Montagu Allan.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s3\">Dans une lettre au Canada, Todd \u00e9crivit : \u00ab La question la plus grave au Canada, \u00e0 l\u2019heure actuelle, c\u2019est la question des pensions. Si elle n\u2019est pas retir\u00e9e de la politique et mise entre les mains d\u2019une commission d\u2019environ trois hommes, nous aurons des probl\u00e8mes en la mati\u00e8re qui, \u00e0 notre \u00e9chelle, fera sembler d\u00e9risoires ceux des \u00c9tats-Unis. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s3\">Todd apprit que la France permettait \u00e0 ses anciens combattants de gagner de l\u2019argent en plus de leur pension, ce qui \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme \u00e9tant une incitation au travail, alors qu\u2019en Grande-Bretagne, le montant des pensions diminuait \u00e0 mesure que les revenus des b\u00e9n\u00e9ficiaires augmentaient. Il consid\u00e9rait cela comme une incitation \u00e0 l\u2019oisivet\u00e9.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s3\">Todd croyait que les pensions devaient compenser le handicap et non pas la perte de revenu. Il devait y avoir des lignes directrices pratiques. La France avait mis en place une table des invalidit\u00e9s fond\u00e9e sur la science. Un handicap de 100\u00a0% serait accord\u00e9 en cas de perte des deux bras ou des deux jambes, ou des yeux. Un seul \u0153il ou le bas d\u2019une jambe, c\u2019\u00e9tait un handicap de 40 %. La perte des organes reproducteurs \u00e9tait \u00e9valu\u00e9e \u00e0 60 %.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s3\">Todd produisit un rapport sugg\u00e9rant un syst\u00e8me d\u00e9pourvu de consid\u00e9rations \u00e9motionnelles et de patronage. Allan l\u2019envoya \u00e0 Ottawa, o\u00f9 un comit\u00e9 parlementaire \u00e9tait aux prises avec les m\u00eames probl\u00e8mes.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s3\">Le rapport fut accept\u00e9 pratiquement dans son int\u00e9gralit\u00e9 et le 3\u00a0juin 1916 fut cr\u00e9\u00e9 le Bureau des commissaires des pensions qui se composait de trois personnes. Le Bureau \u00e9tait pr\u00e9sid\u00e9 par le millionnaire montr\u00e9alais JKL Ross, et Todd et le lieutenant-colonel RH\u00a0Labatt, membre de la famille de la brasserie du m\u00eame nom, \u00e9taient les deux autres commissaires.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s3\">La commission mit en place un bureau \u00e0 Ottawa et embaucha des professionnels de la sant\u00e9 pour examiner les rapports de m\u00e9decins et les comparer au dossier m\u00e9dical du demandeur. L\u2019historien Desmond Morton fit remarquer que les examinateurs \u00ab pourraient \u00e9galement v\u00e9rifier s\u2019il y avait quelque invalidit\u00e9 avant l\u2019enr\u00f4lement ou des indications d\u2019inconduite \u00bb. \u00c0 titre d\u2019exemple, il \u00e9crivit qu\u2019on refusait la pension \u00e0 la veuve d\u2019un soldat qui s\u2019\u00e9tait noy\u00e9 parce que le soldat avait nag\u00e9 en dehors des limites. La maladies v\u00e9n\u00e9riennes \u00e9taient aussi un motif de refus.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s3\">\u00ab En 1917, Todd avait mis en place un syst\u00e8me pour sauver le Canada de son propre \u2018mal des pensions\u2019, \u00e9crivit Morton. Si le Parlement donnait aux soldats canadiens les taux de pension les plus hauts du monde, Todd rendait cette g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 facile. A peine 5 % des pensionn\u00e9s b\u00e9n\u00e9ficiaient d\u2019un taux de 100\u00a0%; la plupart moins de 25 %. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s3\">Les anciens combattants s\u2019aper\u00e7urent bien vite que le syst\u00e8me les d\u00e9savantageait.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s3\">Les hommes politiques de toutes les all\u00e9geances \u00e9taient d\u00e9sireux d\u2019obtenir la faveur des anciens combattants, mais ils faisaient face \u00e0 une myriade d\u2019opinions. Il y avait les Army and Navy Veterans in Canada, pr\u00e9curseurs des Army, Navy and Air Force Veterans of Canada (ANAVETS), mais il y avait aussi des dizaines d\u2019associations r\u00e9gimentaires qui \u00e9tablissaient chacune leurs propres listes de priorit\u00e9s. Les Amput\u00e9s de guerre du Canada avaient \u00e9t\u00e9 form\u00e9s pour s\u2019occuper des besoins particuliers de ceux qui avaient perdu un membre. Dans les sanatoriums, les anciens combattants tuberculeux avaient form\u00e9 un r\u00e9seau de chapitres.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s3\"> En 1917, une commission parlementaire avait entendu divers groupes d\u2019anciens combattants. L\u2019augmentation du montant des pensions \u00e9tait le seul objectif commun \u00e0 ceux qui avaient comparu.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s3\">Plus t\u00f4t cette ann\u00e9e-l\u00e0, la Great War Veterans Association (GWVA) avait \u00e9t\u00e9 form\u00e9e. Elle devint rapidement la plus grande association d\u2019anciens combattants et elle parvint \u00e0 unifier plusieurs organi-sations, cr\u00e9ant ce qui allait devenir la L\u00e9gion royale canadienne.<\/span><\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4808\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/Posters.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"345\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/Posters.jpg 1800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/Posters-300x183.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/Posters-768x468.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/Posters-1024x624.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Les affiches montrant des anciens combattants invalides retournant au travail \u00e9taient monnaie courante apr\u00e8s la guerre. Une bande dessin\u00e9e (ci-dessous) o\u00f9 un pensionn\u00e9 \u00e2g\u00e9 de la guerre de 1812 et une femme beaucoup plus jeune que lui portant une robe de mari\u00e9e se rendent \u00e0 l\u2019\u00e9glise. \u00c0 la main, ils tiennent un certificat de pension o\u00f9 l\u2019on peut lire, \u00ab si je meurs, payer ma veuve \u00bb. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>MCG\/19900076-845; Library of Congress\/2012647521<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\"><b>En 1918<\/b>, la Commission des h\u00f4pitaux militaires devint le minist\u00e8re du R\u00e9tablissement civil des soldats, dont Lougheed \u00e9tait le ministre responsable. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le minist\u00e8re fut rebaptis\u00e9 minist\u00e8re des Anciens combattants.<\/p>\n<p class=\"p2\">Apr\u00e8s l\u2019armistice, le Parlement conclut qu\u2019il \u00e9tait n\u00e9cessaire de cr\u00e9er une loi pour ent\u00e9riner son r\u00e9gime de pensions. Un comit\u00e9 sp\u00e9cial fut form\u00e9. La GWVA, qui avait pour secr\u00e9taire-tr\u00e9sorier le dynamique Grant MacNeil, avait grossi en nombre, et elle obtint la permission d\u2019\u00eatre entendue, d\u2019appeler des t\u00e9moins et de les interroger \u00e0 l\u2019audience.<\/p>\n<p class=\"p2\">La GWVA, qui ne reconnaissait pas de grade parmi ses membres, exigeait que les pensions soient \u00e9gales, sans tenir compte du grade qu\u2019avait l\u2019ancien combattant quand il \u00e9tait en service.<\/p>\n<p class=\"p2\">L\u2019avocat de la Commission des pensions Kenneth Archibald r\u00e9digea la loi, laquelle \u00e9tait longue de 30 pages et officialisait une grande partie de ce qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 en place. Le projet de loi fut pr\u00e9sent\u00e9 au Parlement en juin et vot\u00e9 avant les vacances d\u2019\u00e9t\u00e9, et la loi entra en vigueur le 1<sup>er<\/sup> septembre.<\/p>\n<p class=\"p2\">Un simple soldat totalement invalide recevrait 720 $ par ann\u00e9e, une veuve, 570 $ et un premier enfant 180 $. \u00ab Jusqu\u2019en d\u00e9cembre, quand le Congr\u00e8s am\u00e9ricain accrut les taux d\u2019invalidit\u00e9 am\u00e9ricains \u00e0 un maximum de 1 200 $, les taux canadiens \u00e9taient les plus \u00e9lev\u00e9s dans le monde \u00bb, \u00e9crit Morton.<\/p>\n<p class=\"p2\">Le Bureau des commissaires des pensions \u00e9tait devenu la Commission des pensions. Les commissaires avaient toujours le dernier mot. On consid\u00e9rait qu\u2019un tribunal d\u2019appel serait<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>trop couteux et inutile.<\/p>\n<p class=\"p2\">Le lieutenant-colonel John Thompson \u00e9tait le nouveau pr\u00e9sident, mais il \u00e9tait aussi \u00e9conome que ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs. Le ton tr\u00e8s moralisateur resta intact. Une veuve fut priv\u00e9e de sa pension quand elle accueillit un pensionnaire m\u00e2le.<\/p>\n<p class=\"p2\">La <i>Loi sur les pensions<\/i> \u00e9tait loin d\u2019\u00eatre parfaite. MacNeil accusa la commission d\u2019\u00eatre biais\u00e9e. Lorsque le Parti lib\u00e9ral dirig\u00e9 par Mackenzie King prit le pouvoir en 1921, il r\u00e9pondit aux plaintes des anciens combattants en cr\u00e9ant une commission royale sur les pensions pr\u00e9sid\u00e9e par le ministre et \u00e9minent chef de guerre James Ralston. Son rapport accablant, en 1924, conduisit \u00e0 divers changements, dont la mise en place d\u2019un syst\u00e8me d\u2019appel ad\u00e9quat et la cr\u00e9ation de ce qui est maintenant le Bureau de services juridiques des pensions.<\/p>\n<p class=\"p2\">La <i>Loi sur les pensions<\/i>, modifi\u00e9e \u00e0 de nombreuses reprises, existe depuis 100 ans. Bien que les anciens combattants soient maintenant couverts par la <i>Loi sur le bien\u00eatre des v\u00e9t\u00e9rans<\/i>, la<i> Loi sur les pensions<\/i> sera toujours consid\u00e9r\u00e9e comme le point d\u2019origine pour des g\u00e9n\u00e9rations d\u2019anciens combattants et pour ceux qui militent que leur service soit reconnu.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 1917, on promit aux combattants du Canada que le gouvernement s\u2019occuperait des survivants et des bless\u00e9s. Cette promesse mena \u00e0 la Loi sur les pensions. Il y a cent ans, l\u2019adoption de la Loi sur les pensions cr\u00e9a un cadre pour l\u2019aide aux anciens combattants handicap\u00e9s du Canada. 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