{"id":474,"date":"2010-07-02T00:01:53","date_gmt":"2010-07-02T04:01:53","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=474"},"modified":"2010-06-16T11:15:31","modified_gmt":"2010-06-16T15:15:31","slug":"ou-gisent-les-heros-65-ans-de-liberation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2010\/07\/ou-gisent-les-heros-65-ans-de-liberation\/","title":{"rendered":"O\u00f9 gisent les h\u00e9ros &#8211; 65 Ans de Lib\u00e9ration"},"content":{"rendered":"<p><div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:630px\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"top\" title=\"Une petite fille a la photo d\u2019un soldat \u00e9pingl\u00e9e sur son chandail \u00e0 l\u2019occasion du d\u00e9fil\u00e9 de la lib\u00e9ration \u00e0 Apeldoorn. [PHOTO : TOM MacGREGOR]\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2010\/06\/VACLead.jpg\" alt=\"Une petite fille a la photo d\u2019un soldat \u00e9pingl\u00e9e sur son chandail \u00e0 l\u2019occasion du d\u00e9fil\u00e9 de la lib\u00e9ration \u00e0 Apeldoorn. [PHOTO : TOM MacGREGOR]\" width=\"630\" height=\"236\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Une petite fille a la photo d\u2019un soldat \u00e9pingl\u00e9e sur son chandail \u00e0 l\u2019occasion du d\u00e9fil\u00e9 de la lib\u00e9ration \u00e0 Apeldoorn. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : TOM MacGREGOR<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p><strong>Le maire Fred de Graaf, dans le nouveau Omnisportcentrum (un stade de 5 000 si\u00e8ges \u00e0 Apeldoorn, aux Pays-Bas) bond\u00e9, s\u2019adresse aux anciens combattants canadiens et aux gens qui s\u2019y sont assembl\u00e9s pour les honorer. \u00ab Nous savions que nous ne pourrions plus continuer d\u2019honorer vos camarades disparus. Il fallait qu\u2019on transmette l\u2019information. Il fallait qu\u2019on fasse savoir \u00e0 la prochaine g\u00e9n\u00e9ration la souffrance que nous avons subie. Et c\u2019est ce que nous avons fait. \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Le maire Fred de Graaf, dans le nouveau Omnisportcentrum (un stade de 5 000 si\u00e8ges \u00e0 Apeldoorn, aux Pays-Bas) bond\u00e9, s\u2019adresse aux anciens combattants canadiens et aux gens qui s\u2019y sont assembl\u00e9s pour les honorer. \u00ab Nous savions que nous ne pourrions plus continuer d\u2019honorer vos camarades disparus. Il fallait qu\u2019on transmette l\u2019information. Il fallait qu\u2019on fasse savoir \u00e0 la prochaine g\u00e9n\u00e9ration la souffrance que nous avons subie. Et c\u2019est ce que nous avons fait. \u00bb<\/p>\n<p>Sa d\u00e9claration est intr\u00e9pide, mais personne ne peut la contester. Les anciens combattants canadiens viennent tout juste de traverser la ville, \u00e0 bord de vieux v\u00e9hicules militaires, sous les acclamations, les cris et les baisers lanc\u00e9s par la foule dont on estime le nombre \u00e0 150 000 personnes : plus que la population de la ville. Pour certains, c\u2019est comme la victoire aux Pays-Bas d\u2019il y a 65 ans qu\u2019ils sont venus c\u00e9l\u00e9brer.<\/p>\n<p><div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" style=\"vertical-align: middle;\" title=\"Des enfants d\u00e9posent des fleurs sur les tombes du cimeti\u00e8re militaire canadien de Holten. [PHOTO : TOM MacGREGOR]\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2010\/06\/VACInset1.jpg\" alt=\"Des enfants d\u00e9posent des fleurs sur les tombes du cimeti\u00e8re militaire canadien de Holten. [PHOTO : TOM MacGREGOR]\" width=\"515\" height=\"342\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Des enfants d\u00e9posent des fleurs sur les tombes du cimeti\u00e8re militaire canadien de Holten. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : TOM MacGREGOR<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Pour d\u2019autres, c\u2019est une appr\u00e9ciation de leurs actes d\u2019autrefois comme ils n\u2019en ont jamais fait l\u2019exp\u00e9rience.<\/p>\n<p>Il s\u2019agit du dernier \u00e9v\u00e8nement du p\u00e8lerinage, qui a eu lieu du 1er au 10 mai, organis\u00e9 par Anciens Combattants Canada en l\u2019honneur du 65e anniversaire de la lib\u00e9ration de la Hollande. La d\u00e9putation, dirig\u00e9e par le ministre des Anciens Combattants, Jean-Pierre Blackburn, comprend des repr\u00e9sentants des v\u00e9t\u00e9rans de la campagne des Pays-Bas.<\/p>\n<p>Parmi eux se trouvent Jack Ambler de Regina qui \u00e9tait dans l\u2019Aviation royale lorsqu\u2019elle larguait des approvisionnements pour ceux qui participaient \u00e0 la tentative manqu\u00e9e de la prise du pont d\u2019Arnhem, pendant l\u2019op\u00e9ration Market Garden; Elsie Dandy, une infirmi\u00e8re de Fergus (Ont.); Ron Monkman de Victoria Beach (Man.), qui a servi dans les Winnipeg Rifles; Andr\u00e9 Rousseau de la Marine royale du Canada; le lieutenant-g\u00e9n\u00e9ral Gilles Turcot de Magog (Qc), qui commandait une compagnie du Royal 22e R\u00e9giment lors de la lib\u00e9ration; et Robert Wilson de Victoria qui servait dans la marine marchande.<\/p>\n<p>La L\u00e9gion royale canadienne est repr\u00e9sent\u00e9e par son pr\u00e9sident national, Wilf Edmond. Il est accompagn\u00e9 de Gordon Marsh des Army, Navy and Air Force Veterans in Canada (ANAVETS) et de Jan de Vries du Conseil national des associations d\u2019anciens combattants, v\u00e9t\u00e9ran de la campagne de la lib\u00e9ration lui aussi. Les Forces canadiennes sont repr\u00e9sent\u00e9es par Dave Munro de Chemainus (C.-B.), membre de l\u2019Association canadienne des v\u00e9t\u00e9rans pour le maintien de la paix.<\/p>\n<p><div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img decoding=\"async\" style=\"vertical-align: middle;\" title=\"Gordon Marsh (\u00e0 g.) des ANAVETS et le pr\u00e9sident national Wilf Edmond observent le silence. [PHOTO : TOM MacGREGOR]\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2010\/06\/VACInset2.jpg\" alt=\"Gordon Marsh (\u00e0 g.) des ANAVETS et le pr\u00e9sident national Wilf Edmond observent le silence. [PHOTO : TOM MacGREGOR]\" width=\"515\" height=\"313\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Gordon Marsh (\u00e0 g.) des ANAVETS et le pr\u00e9sident national Wilf Edmond observent le silence. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : TOM MacGREGOR<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Deux \u00e9l\u00e8ves du secondaire qui ont particip\u00e9 au programme Rencontres du Canada, Fannie Simon de Kedgwick (N.-B.) et Eric Dalshaug de Saskatoon, repr\u00e9sentent la jeunesse du Canada. Les s\u00e9nateurs Fred Dickson et Tommy Banks, le d\u00e9put\u00e9 lib\u00e9ral Rob Oliphant et le d\u00e9put\u00e9 du Bloc qu\u00e9b\u00e9cois Guy Andr\u00e9 font aussi partie de la d\u00e9putation.<\/p>\n<p>Le groupe, de l\u2019a\u00e9roport Schiphol d\u2019Amsterdam o\u00f9 il a atterri, se rend \u00e0 Apeldoorn, \u00e0 quelque 80 kilom\u00e8tres au sud, en autocar. Cette ville de 135 000 habitants \u00e9tant une agglom\u00e9ration centrale, elle est, depuis des ann\u00e9es, le lieu des c\u00e9l\u00e9brations de la victoire en Europe, y compris de l\u2019\u00e9norme d\u00e9fil\u00e9 de la lib\u00e9ration.<\/p>\n<p>L\u2019appui de la famille royale et son engagement \u00e0 rendre hommage aux lib\u00e9rateurs canadiens sont \u00e9vidents depuis le d\u00e9but, le 3 mai. La reine Beatrix qui, avec sa m\u00e8re la princesse Juliana, s\u2019est r\u00e9fugi\u00e9e au Canada lors de la Seconde Guerre mondiale, assiste \u00e0 la toute premi\u00e8re c\u00e9r\u00e9monie des Pays-Bas\u00a0: le cimeti\u00e8re militaire canadien \u00e0 Groesbeek. Elle est accompagn\u00e9e de sa s\u0153ur, la princesse Margriet, qui est n\u00e9e \u00e0 Ottawa pendant l\u2019occupation.<\/p>\n<p>La pr\u00e9sence royale sert \u00e0 resserrer les liens qui ont \u00e9t\u00e9 tiss\u00e9s entre les deux pays pendant la Seconde Guerre mondiale. Le Canada \u00e9tait un refuge s\u00fbr pour la famille royale pendant que les jeunes Canadiens avaient pour mission de nettoyer la c\u00f4te nord, apr\u00e8s que les alli\u00e9s eurent remport\u00e9 la bataille de la Normandie. Ils ont donc lib\u00e9r\u00e9 les Pays-Bas et apport\u00e9 de la nourriture \u00e0 la population affam\u00e9e, mais au prix de 7 600 vies canadiennes.<\/p>\n<p><div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"vertical-align: middle;\" title=\"La reine Beatrix rend hommage au cimeti\u00e8re militaire canadien de Groesbeek. [PHOTO : TOM MacGREGOR]\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2010\/06\/VACInset3.jpg\" alt=\"La reine Beatrix rend hommage au cimeti\u00e8re militaire canadien de Groesbeek. [PHOTO : TOM MacGREGOR]\" width=\"515\" height=\"539\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>La reine Beatrix rend hommage au cimeti\u00e8re militaire canadien de Groesbeek. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : TOM MacGREGOR<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Il y a 2 338 tombes de Canadiens \u00e0 Groesbeek, dont celles de 141 aviateurs. Le cimeti\u00e8re est pr\u00e8s de Nim\u00e8gue, o\u00f9 a d\u00e9but\u00e9 la bataille de la Rh\u00e9nanie, la derni\u00e8re de la guerre. La s\u00e9pulture du sergent Aubrey Cosens des Queen\u2019s Own Rifles of Canada en est une. Dans son discours, Blackburn rappelle ce qu\u2019a fait Cosens pendant la nuit du 25 au 26 f\u00e9vrier 1945, les actes pour lesquels la Croix de Victoria lui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cern\u00e9e de fa\u00e7on posthume. Cosens est entr\u00e9 tout seul dans trois \u00e9difices d\u2019une ferme pr\u00e8s du hameau de Mooshof et y a tu\u00e9 ou captur\u00e9 les occupants. Cependant, un tireur d\u2019\u00e9lite l\u2019a atteint d\u2019une balle qui l\u2019a tu\u00e9 instantan\u00e9ment.<\/p>\n<p>Pour les Hollandais, le 4 mai est un jour tr\u00e8s solennel. C\u2019est ce jour-l\u00e0 qu\u2019ils comm\u00e9morent les hommes, les femmes et les enfants morts pendant l\u2019occupation, y compris les soldats, les marins et les aviateurs qui sont morts pour leur rendre la li\u00adbert\u00e9. Un silence de deux minutes s\u2019\u00e9tablit partout : dans les restaurants, dans les bureaux, dans les rues.<\/p>\n<p>\u00c0 Apeldoorn, environ 3 000 personnes, quelques membres de la d\u00e9putation canadienne compris, s\u2019assemblent au parc central pour entendre les discours, mais quand huit heures sonnent \u00e0 l\u2019horloge, la foule se fait silencieuse. On n\u2019entend plus rien dans la ville.<\/p>\n<p>Le matin, au cimeti\u00e8re militaire canadien de Holten, les Canadiens assistent \u00e0 une c\u00e9r\u00e9monie organis\u00e9e par la Welcome Again Veterans Foundation \u00e0 laquelle sont aussi pr\u00e9sents la princesse Margriet et son \u00e9poux Pieter van Vollenhoven.<\/p>\n<p>Le cimeti\u00e8re de Holten a \u00e9t\u00e9 institu\u00e9 apr\u00e8s la guerre pour servir de lieu de repos aux militaires canadiens morts aux Pays-Bas ou en Allemagne. Mille-trois-cent-cinquante-cinq Canadiens, dont trois aviateurs et un marin, y sont enterr\u00e9s.<\/p>\n<p><div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"vertical-align: middle;\" title=\"Le ministre des Anciens Combattants, Jean-Pierre Blackburn, signe le livre des invit\u00e9s \u00e0 Groesbeek. [PHOTO : TOM MacGREGOR]\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2010\/06\/VACInset4.jpg\" alt=\"Le ministre des Anciens Combattants, Jean-Pierre Blackburn, signe le livre des invit\u00e9s \u00e0 Groesbeek. [PHOTO : TOM MacGREGOR]\" width=\"515\" height=\"475\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Le ministre des Anciens Combattants, Jean-Pierre Blackburn, signe le livre des invit\u00e9s \u00e0 Groesbeek. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : TOM MacGREGOR<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Le cimeti\u00e8re se trouve dans une r\u00e9gion foresti\u00e8re, au sommet d\u2019une colline, faisant contraste \u00e0 la partie occidentale du pays qui n\u2019est que paysage plat. La plupart des tombes sont situ\u00e9es sur un terrain plat au bas d\u2019une pente et la Croix du Sacrifice se trouve sur une partie plus \u00e9lev\u00e9e du terrain. C\u2019est l\u00e0 que le clairon Cameron Walker des Governor General\u2019s Foot Guards et le cornemuseur Bill MacDougall, sergent des Cameron Highlanders of Ottawa, jouent la derni\u00e8re sonnerie et la complainte lors d\u2019une c\u00e9r\u00e9monie du souvenir solennelle.<\/p>\n<p>Pr\u00e8s d\u2019eux, quelque 100 enfants hollandais attendent patiemment leur partie de la c\u00e9r\u00e9monie. Apr\u00e8s le d\u00e9fil\u00e9 a\u00e9rien de quatre avions Harvard et une c\u00e9r\u00e9monie de d\u00e9p\u00f4t de couronnes et de fleurs, les enfants r\u00e9pondent \u00e0 un signe en sautant en l\u2019air. Ensuite, ils prennent tranquillement leur place devant les rang\u00e9es de tombes.<\/p>\n<p>Ils ramassent les petits bouquets qui ont \u00e9t\u00e9 plac\u00e9s au bout de chaque rang\u00e9e et courent \u00e0 une tombe o\u00f9 ils en d\u00e9posent un, puis ils reculent en silence pour r\u00e9fl\u00e9chir un instant au soldat qui repose l\u00e0. Ils vont ensuite \u00e0 une autre rang\u00e9e, jusqu\u2019\u00e0 ce que des fleurs aient \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9es devant toutes les tombes. Quand ils retournent \u00e0 leur place, un h\u00e9licopt\u00e8re largue des centaines de coquelicots en papier qui sont attrap\u00e9s avec enthousiasme par les enfants qui se trouvent dans la foule. \u00ab Ce qui est incroyable, c\u2019est la mani\u00e8re dont les enfants ont appris les guerres, dit le pr\u00e9sident national de la L\u00e9gion, Wilf Edmond. Notre pays serait meilleur si nous pouvions enseigner \u00e7a \u00e0 la jeunesse canadienne. \u00bb<\/p>\n<p><div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"vertical-align: middle;\" title=\"Elsie Dandy et Jack Ambler d\u00e9posent une couronne. [PHOTO : TOM MacGREGOR]\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2010\/06\/VACInset5.jpg\" alt=\"Elsie Dandy et Jack Ambler d\u00e9posent une couronne. [PHOTO : TOM MacGREGOR]\" width=\"515\" height=\"512\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Elsie Dandy et Jack Ambler d\u00e9posent une couronne. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : TOM MacGREGOR<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Apr\u00e8s la c\u00e9r\u00e9monie solennelle, les repr\u00e9sentants de la jeunesse canadienne font chacun une pr\u00e9sentation sur un soldat de leur province, debout devant les tombes bien soign\u00e9es.<\/p>\n<p>Le lendemain, l\u2019humeur du pays est \u00e0 la c\u00e9l\u00e9bration. Une des c\u00e9l\u00e9brations les plus exub\u00e9rantes a lieu \u00e0 Wageningen, o\u00f9, le 5 mai 1945, \u00e0 l\u2019h\u00f4tel de Wereld, le lieutenant-g\u00e9n\u00e9ral canadien Charles Foulkes, accompagn\u00e9 du prince Bernhard des Pays-Bas, a accept\u00e9 la reddition officielle du colonel-g\u00e9n\u00e9ral Johannes Blaskowitz, commandant des forces allemandes aux Pays-Bas. L\u2019h\u00f4tel est encore l\u00e0, qui donne sur la place nomm\u00e9e Place du Cinq mai. La voie principale qui y aboutit a \u00e9t\u00e9 rebaptis\u00e9e Generaal Foulkesweg.<\/p>\n<p>Pendant que le reste de la d\u00e9putation observe le d\u00e9fil\u00e9 dans les gradins \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019h\u00f4tel, les anciens combattants sont \u00e0 bord des v\u00e9hicules militaires d\u2019\u00e9poque fournis par l\u2019association de passionn\u00e9s de v\u00e9hicules antiques Keep Them Rolling (Les maintenir en \u00e9tat de fonctionnement). \u00ab Le d\u00e9fil\u00e9 de la lib\u00e9ration est une des principales raisons pour lesquelles Wageningen est une ville si sp\u00e9ciale. Il y a des gens par rang\u00e9es si nombreuses qu\u2019on ne peut les compter, ils bordent les toits, ils se penchent aux fen\u00eatres, pour montrer leur appui \u00bb, dit Blackburn \u00e0 la foule avant que le secr\u00e9taire de la d\u00e9fense hollandais Jack de Vries se joigne \u00e0 lui \u00e0 la tribune.<\/p>\n<p><div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"vertical-align: middle;\" title=\"Le premier ministre Stephen Harper \u00e0 Bergen-op-Zoom. [PHOTO : TOM MacGREGOR]\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2010\/06\/VACInset6.jpg\" alt=\"Le premier ministre Stephen Harper \u00e0 Bergen-op-Zoom. [PHOTO : TOM MacGREGOR]\" width=\"515\" height=\"675\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Le premier ministre Stephen Harper \u00e0 Bergen-op-Zoom. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : TOM MacGREGOR<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Les enfants l\u00e2chent des ballons blancs gonfl\u00e9s \u00e0 l\u2019h\u00e9lium et des colombes blanches volent au-dessus du paysage urbain. L\u2019inscription 65 ans de libert\u00e9 se fait en feu d\u2019artifice.<\/p>\n<p>Des milliers d\u2019\u00e9l\u00e8ves d\u2019\u00e9coles secondaires canadiennes participant \u00e0 des voyages des EF Educational Tours sont au bout du d\u00e9fil\u00e9. Pendant la semaine, la d\u00e9putation a souvent rencontr\u00e9 les plus de 2 400 \u00e9l\u00e8ves et enseignants de 85 \u00e9coles de tous les coins du Canada qui sont venus participer aux \u00e9v\u00e8nements. Chaque \u00e9l\u00e8ve avait eu comme devoir de faire des recherches sur un militaire en particulier.<\/p>\n<p>Le lendemain, la d\u00e9putation se l\u00e8ve t\u00f4t pour se rendre au cimeti\u00e8re militaire canadien de Bergen-op-Zoom, pr\u00e8s de la fronti\u00e8re belge. Situ\u00e9 au nord de l\u2019Escaut, le cimeti\u00e8re est le lieu de repos d\u2019une grande partie des morts de la bataille de l\u2019Escaut qui s\u2019est pass\u00e9e en automne 1944. Il y a 968 tombes canadiennes, y compris 64 de membres de l\u2019Aviation royale canadienne.<\/p>\n<p>La ville belge d\u2019Anvers, avec ses 45 kilom\u00e8tres de quais, \u00e9tait indispensable lors de l\u2019approvisionnement des troupes pour l\u2019ultime avanc\u00e9e en Rh\u00e9nanie. Mais bien que les alli\u00e9s contr\u00f4laient le port, les Allemands occupaient l\u2019estuaire de l\u2019Escaut par o\u00f9 devaient passer les navires pour atteindre Anvers.<\/p>\n<p>Les Allemands avaient inond\u00e9 la r\u00e9gion pour d\u00e9fendre leurs positions, mais les Canadiens firent plusieurs perc\u00e9es : des attaques amphibies qui ont \u00e9t\u00e9 parmi les batailles les plus couteuses men\u00e9es par les Canadiens pendant la guerre. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019Andr\u00e9 Rousseau, \u00e2g\u00e9 de 86 ans aujourd\u2019hui, a combattu \u00e0 bord d\u2019une vedette rapide de la 29e Flottille canadienne de vedettes-torpilleurs. \u00ab On allait trois vedettes \u00e0 la fois \u00e0 la chasse des navires allemands pour prot\u00e9ger la r\u00e9gion. On pouvait pas les battre par bord\u00e9es, alors on les chargeait tout droit \u00bb, dit-il.<\/p>\n<p>Le premier ministre Stephen Harper assiste au service de Bergen-op-Zoom aux c\u00f4t\u00e9s du premier ministre Jan Peter Balkenende des Pays-Bas et du g\u00e9n\u00e9ral Walter Natynczyk, chef d\u2019\u00e9tat-major du Canada.<\/p>\n<p><div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"vertical-align: middle;\" title=\"John Gray de la filiale Fredericton salue la foule. [PHOTO : TOM MacGREGOR]\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2010\/06\/VACInset7.jpg\" alt=\"John Gray de la filiale Fredericton salue la foule. [PHOTO : TOM MacGREGOR]\" width=\"515\" height=\"394\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>John Gray de la filiale Fredericton salue la foule. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : TOM MacGREGOR<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Harper, \u00e0 propos de la Premi\u00e8re arm\u00e9e canadienne, dit\u00a0: \u00ab\u00a0Cette arm\u00e9e de plus de 175 000 Canadiens, aid\u00e9e des N\u00e9erlandais et des forces alli\u00e9es, s\u2019est fray\u00e9e un chemin de la Normandie \u00e0 Rotterdam, traversant champ apr\u00e8s champ, canal apr\u00e8s canal et digue apr\u00e8s digue. Elle a march\u00e9 dans la boue \u00e9paisse ainsi que sur des mines terrestres. Elle a travers\u00e9 des basses terres inond\u00e9es o\u00f9 les eaux \u00e9taient parfois trop hautes pour les hommes, mais trop basses pour les bateaux. Et tout autour sifflait le terrible cr\u00e9pitement des mitrailleuses.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 la jeunesse, il dit \u00ab voulez-vous savoir ce qu\u2019est l\u2019h\u00e9ro\u00efsme? Regardez ici. Souhaitez-vous savoir ce que signifie \u00eatre un citoyen? Regardez ici. Souhaitez-vous savoir comment vivre la longue vie qui vous attend? Regardez donc ici et autour de vous. O\u00f9 seuls les h\u00e9ros reposent, qui ont bu jusqu\u2019\u00e0 la lie la coupe de la citoyennet\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>La d\u00e9putation va ensuite au point cingl\u00e9 par les vents pr\u00e8s de la ville de Middleburg, au bord de la mer du Nord. Blackburn repr\u00e9sente le ministre de l\u2019Environnement Jim Prentice, mini\u00adstre responsable de Parcs Canada, lorsque Richard Alway, pr\u00e9sident de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada et lui, avec le concours des dignitaires de l\u2019endroit, d\u00e9voilent une plaque expliquant le r\u00f4le des Canadiens \u00e0 la bataille de l\u2019Escaut; une bataille qui a fait rage entre le mois de septembre et le 8 novembre 1944.<\/p>\n<p>Le lendemain, Blackburn ayant pris le d\u00e9part vers le Canada pour assister aux comm\u00e9morations du jour de la victoire en Europe, le s\u00e9nateur Dickson prend la t\u00eate de la d\u00e9putation. Le groupe se rend au Kamp Westerbork, un camp de transition o\u00f9 des milliers de juifs, de gitans et de r\u00e9sistants ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9questr\u00e9s avant leur transport par train \u00e0 Auschwitz ou aux autres camps d\u2019extermination ou de concentration.<\/p>\n<p>Les chemins de fer que prenaient les trains pleins de gens aux camps de concentration ont \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9s et pli\u00e9s vers le ciel, afin qu\u2019aucun autre train ne s\u2019en serve \u00e0 nouveau. Il s\u2019agit d\u2019un puissant m\u00e9morial. \u00ab Ici, \u00e0 Westerbork, un pass\u00e9 fun\u00e8bre nous est rappel\u00e9. Nous ressentons les pertes et les horreurs qui sont arriv\u00e9es ici. De cet endroit, 93 trains ont transport\u00e9 100 000 personnes aux camps d\u2019extermination en Europe de l\u2019Est, dit Dickson. Parmi les morts, bien entendu, il y avait l\u2019intimiste Anne Frank. \u00bb<\/p>\n<p>La comm\u00e9moration finale du groupe, le d\u00e9fil\u00e9 d\u2019Apeldoorn, a lieu le 9 mai. La foule longe les rues et des exclamations de joie, d\u2019enthousiasme, sont dirig\u00e9es vers les anciens combattants, dont beaucoup se trouvent sur les dizaines de v\u00e9hicules militaires restaur\u00e9s. \u00c0 la t\u00eate de l\u2019entourage se trouve la Musique de l\u2019Artillerie royale canadienne venue d\u2019Edmonton.<\/p>\n<p>L\u2019excitation et l\u2019appr\u00e9ciation donnent au maire la confiance qu\u2019il faut pour d\u00e9clarer que sa g\u00e9n\u00e9ration a r\u00e9ussi \u00e0 transmettre le message du souvenir \u00e0 une g\u00e9n\u00e9ration nouvelle qui n\u2019a pas connu la r\u00e9pression ni la faim pendant les ann\u00e9es de la guerre.<\/p>\n<h2>R\u00e9unis<\/h2>\n<p>Il s\u2019agissait d\u2019une promesse d\u00e9savou\u00e9e et d\u2019un trajet qu\u2019il aura fallu 65 ans pour parcourir, mais en cet apr\u00e8s-midi pluvieux et froid du 3 mai, Jean-Marie Leroy retourne \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de son copain, le simple soldat Joseph Conrad Montcalm. La r\u00e9union a lieu au cimeti\u00e8re militaire canadien de Groesbeek, aux Pays-Bas, lorsque les cendres de Leroy sont enterr\u00e9es \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la tombe de Montcalm, lors d\u2019un service \u00e9mouvant auquel assistent le ministre des Anciens Combattants Jean-Pierre Blackburn, le fr\u00e8re cadet de Montcalm, Andr\u00e9, et des membres de la famille.<\/p>\n<p>Leroy, n\u00e9 en Belgique en 1924, avait d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 au Canada quand il avait six ans et il s\u2019\u00e9tait engag\u00e9 dans les Fusiliers Mont-Royal pendant la Seconde Guerre mondiale. Montcalm et lui se sont vite li\u00e9s d\u2019amiti\u00e9 dans cette unit\u00e9. \u00ab Jean-Marie \u00e9tait petit, \u00e0 peu pr\u00e8s 5 pi. 4 po. et 125 livres, alors que Conrad mesurait 6 pi. 1 po. et pesait 225 livres. \u00c0 l\u2019instruction de base, Jean-Marie avait peur que Conrad, qui couchait dans le lit du haut, tombe sur lui pendant la nuit, alors ils ont chang\u00e9 de place \u00bb, raconte Andr\u00e9 Montcalm lors du pan\u00e9gyrique \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la tombe.<\/p>\n<p><div class=\"caption_img \"\tstyle=\"width:515px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"vertical-align: middle;\" title=\"Andr\u00e9 Montcalm \u00e0 la tombe de son fr\u00e8re. [PHOTO : TOM MacGREGOR]\" src=\"http:\/\/www.legionmagazine.com\/en\/wp-content\/uploads\/2010\/06\/VACInset8.jpg\" alt=\"Andr\u00e9 Montcalm \u00e0 la tombe de son fr\u00e8re. [PHOTO : TOM MacGREGOR]\" width=\"515\" height=\"635\" \/><\/p>\n<div class=\"caption\"><span>Andr\u00e9 Montcalm \u00e0 la tombe de son fr\u00e8re. <\/span><\/div>\n<div class=\"credit\"><span>PHOTO : TOM MacGREGOR<\/span><\/div>\n<\/div>\n<p>Ils ont servi ensemble en Normandie et puis en Belgique et aux Pays-Bas. Leur amiti\u00e9 a \u00e9t\u00e9 mise \u00e0 l\u2019\u00e9preuve le 28 janvier 1945, lors des f\u00e9roces combats pr\u00e8s de Groesbeek. Montcalm, qui avait alors 20 ans, fut bless\u00e9 d\u2019une balle de mitrailleuse et il appela Leroy \u00e0 l\u2019aide. La bataille faisait rage tout autour de lui, alors Leroy ne put prendre le temps d\u2019y aller, mais il lui promit de le faire d\u00e8s que possible. Ce n\u2019est que lorsque les combats se sont termin\u00e9s que Leroy apprit que son ami \u00e9tait mort.<\/p>\n<p>Il repartit au Canada et v\u00e9cut \u00e0 Trois-Rivi\u00e8res, au Qu\u00e9bec, mais la promesse lui est rest\u00e9e en m\u00e9moire tout au long de sa vie. Il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en janvier 2009 et, dans son testament, il demandait que ses cendres soient d\u00e9pos\u00e9es pr\u00e8s de son ami.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s que Blackburn et Andr\u00e9 Montcalm se soient exprim\u00e9s, le plus jeune Montcalm verse les cendres d\u2019une fiole dans un petit trou fait dans la terre pr\u00e8s de la tombe de son fr\u00e8re. Ensuite, il prend un peu de terre dans un sceau et en couvre les cendres. Il est suivi par Blackburn et Guy Bordeleau, l\u2019ami de Leroy qui a organis\u00e9 la c\u00e9r\u00e9monie. L\u2019aum\u00f4nier des Forces canadiennes, le capitaine Charles Deogratias, dit la b\u00e9n\u00e9diction d\u2019inhumation et la r\u00e9union prend fin.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le maire Fred de Graaf, dans le nouveau Omnisportcentrum (un stade de 5 000 si\u00e8ges \u00e0 Apeldoorn, aux Pays-Bas) bond\u00e9, s\u2019adresse aux anciens combattants canadiens et aux gens qui s\u2019y sont assembl\u00e9s pour les honorer. \u00ab Nous savions que nous ne pourrions plus continuer d\u2019honorer vos camarades disparus. Il fallait qu\u2019on transmette l\u2019information. Il fallait qu\u2019on fasse savoir \u00e0 la prochaine g\u00e9n\u00e9ration la souffrance que nous avons subie. Et c\u2019est ce que nous avons fait. \u00bb <\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-474","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-principaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/474","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=474"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/474\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=474"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=474"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=474"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}