{"id":47,"date":"2007-07-01T21:43:57","date_gmt":"2007-07-02T02:43:57","guid":{"rendered":"http:\/\/28330.vws.magma.ca\/fr\/?p=47"},"modified":"2008-01-27T22:31:21","modified_gmt":"2008-01-28T03:31:21","slug":"une-securite-secrete","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2007\/07\/une-securite-secrete\/","title":{"rendered":"Une s\u00e9curit\u00e9 secr\u00e8te"},"content":{"rendered":"<p>Ce printemps, \u00e0 Norman Wells (T. N.-O.), un peu au sud                   du cercle arctique, un petit groupe d&#8217;activistes islamiques                   inspir\u00e9s par al-Qa\u00efda sont pass\u00e9s \u00e0 l&#8217;attaque. Ils voulaient                   saboter l&#8217;approvisionnement p\u00e9trolier de l&#8217;Am\u00e9rique du Nord,                   et la GRC et les Forces canadiennes voulaient les arr\u00eater la                   main dans le sac. Bien qu&#8217;il ne s&#8217;agissait que d&#8217;un exercice,                   le sc\u00e9nario avait \u00e9t\u00e9 con\u00e7u soigneusement pour repr\u00e9senter                   la sorte d&#8217;attaque qui, d&#8217;apr\u00e8s beaucoup d&#8217;experts, est in\u00e9vitable.<\/p>\n<p>La cible en est l&#8217;infrastructure cruciale du Canada : les                   composantes de base, mais cruciales, de la soci\u00e9t\u00e9, soit la                   production d&#8217;\u00e9nergie, la gouvernance, l&#8217;approvisionnement en                   eau, le transport, et les syst\u00e8mes d&#8217;\u00e9ducation et financier.                   Dans le sc\u00e9nario de Norman Wells, les r\u00e9sultats d&#8217;une attaque                   r\u00e9ussie \u00e9taient clairs; un coup bien plac\u00e9 contre l&#8217;approvisionnement                   p\u00e9trolier pourrait avoir des cons\u00e9quences majeures sur l&#8217;\u00e9conomie                   nord-am\u00e9ricaine.<\/p>\n<p>Presque six ans apr\u00e8s les attaques du 11 septembre, le Canada,                   comme la plupart des pays occidentaux, s&#8217;occupe de cette sorte                   de s\u00e9curit\u00e9 nationale de mani\u00e8re bien plus s\u00e9rieuse qu&#8217;auparavant.                   Ces cibles potentielles sont plus larges et plus strat\u00e9giques                   que le terrorisme d&#8217;autrefois (caract\u00e9ris\u00e9 par les d\u00e9tournements                   d&#8217;avion et les prises d&#8217;otages relativement directs) parce                   que les attaques contre l&#8217;infrastructure cruciale n&#8217;ont pas                   simplement pour objet d&#8217;attirer l&#8217;attention sur une cause politique,                   elles ont pour objet d&#8217;\u00e9branler la puissance d&#8217;un pays. Dans                   ce sens, cette nouvelle forme de conflit est un peu comme une                   guerre lente, une guerre combattue non pas contre une arm\u00e9e                   rivale, mais contre un r\u00e9seau fluide auto-g\u00e9n\u00e9rateur de combattants                   qui s&#8217;inspirent d&#8217;al-Qa\u00efda et de l&#8217;id\u00e9ologie de l&#8217;islam activiste.<\/p>\n<p>Dans ce conflit, la strat\u00e9gie de la s\u00e9curit\u00e9 nationale du                   Canada a plusieurs couches. La premi\u00e8re, celle sur laquelle                   on attire le plus l&#8217;attention, c&#8217;est le travail que les Forces                   canadiennes et d&#8217;autres gens dans des pays lointains font pour                   cr\u00e9er la paix et la stabilit\u00e9. Ce n&#8217;est pas seulement en Afghanistan                   que ce travail de stabilisation a lieu; il a aussi lieu dans                   des endroits comme la Jordanie, o\u00f9 des entra\u00eeneurs de la GRC                   travaillent avec des recrues de la police iraquienne, et partout                   en Afrique et au Moyen-Orient, o\u00f9 de petits d\u00e9tachements de                   mainteneurs de la paix travaillent pour la stabilit\u00e9. Ces activit\u00e9s                   repr\u00e9sentent toutes un bout de la gamme, la vieille doctrine                   militaire qu&#8217;est la d\u00e9fense avanc\u00e9e : arr\u00eatons-les l\u00e0-bas pour                   ne pas \u00eatre oblig\u00e9s de nous battre ici.<\/p>\n<p>De bien des fa\u00e7ons, le sc\u00e9nario r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 Norman Wells repr\u00e9sente                   l&#8217;autre bout de la gamme car il sert \u00e0 tester la capacit\u00e9 du                   Canada \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 une attaque de terroristes r\u00e9ussie. Entre                   ces extr\u00eames de d\u00e9fense avanc\u00e9e et de r\u00e9ponse, on trouve tout                   un monde d&#8217;activit\u00e9s qui sont d&#8217;habitude dissimul\u00e9es au public                   et qu&#8217;on fait glisser sous le radar. C&#8217;est le monde des agents                   de renseignement myst\u00e9rieux, des interceptions \u00e9lectroniques                   et de la surveillance ininterrompue; c&#8217;est le monde des espions.<\/p>\n<p>Presque tout le monde a entendu parler de la CIA et du MI6,                   mais la version canadienne n&#8217;est pas aussi c\u00e9l\u00e8bre. Au Canada,                   les deux agences du renseignement sont le Centre de la s\u00e9curit\u00e9 des                   t\u00e9l\u00e9communications (CST) et le Service canadien du renseignement                   de s\u00e9curit\u00e9 (SCRS). Leur mandat n&#8217;est pas de r\u00e9pondre aux attaques                   des terroristes, comme celle qui a \u00e9t\u00e9 mise en sc\u00e8ne \u00e0 Norman                   Wells, c&#8217;est d&#8217;emp\u00eacher ce genre d&#8217;attaques avant qu&#8217;elles                   n&#8217;arrivent. Leur t\u00e2che est immense, et m\u00eame eux admettent qu&#8217;ils                   vont manquer quelque chose t\u00f4t ou tard, mais ils sont aux premi\u00e8res                   lignes de l&#8217;effort qui a pour but de garder les Canadiens en                   s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>Dans l&#8217;est d&#8217;Ottawa, dissimul\u00e9 derri\u00e8re une petite for\u00eat et                   prudemment d\u00e9fendu, se trouve le si\u00e8ge social du SCRS, l&#8217;\u00e9picentre                   du syst\u00e8me de s\u00e9curit\u00e9 et de renseignement du Canada. L&#8217;\u00e9difice                   est grandiose malgr\u00e9 son air bureaucratique, sa structure imposante                   en pierre et en verre se cache tactiquement derri\u00e8re une fa\u00e7ade                   fausse, \u00e9loign\u00e9 prudemment du parc de stationnement \u00e0 cause                   des risques d&#8217;autos pi\u00e9g\u00e9es.<\/p>\n<p>Et le risque existe vraiment. Bien que le SCRS essaie d&#8217;\u00eatre                   discret, il a in\u00e9vitablement attir\u00e9 l&#8217;attention de certains.                   Quand le groupe de 18 pr\u00e9sum\u00e9s terroristes a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 en                   juin 2006 dans la banlieue de Toronto, une des cibles qui,                   dit-on, ils mena\u00e7aient d&#8217;attaquer, en plus de faire un raid                   dans les \u00e9difices du Parlement pour couper la t\u00eate au Premier                   ministre Stephen Harper, \u00e9tait le SCRS.<\/p>\n<p>&#8220;L&#8217;objectif de n&#8217;importe quel groupe de terroristes serait                   de s&#8217;attaquer \u00e0 une institution ou \u00e0 un symbole, c&#8217;est en partie \u00e7a&#8221;,                   dit Barbara Campion, une agente du renseignement du SCRS qui                   s&#8217;occupe actuellement de communication. &#8220;Mais notre enqu\u00eate \u00e9tait                   tr\u00e8s affair\u00e9e. Ils se sont sentis cibl\u00e9s. Leur attaque aurait                   d\u00e9truit le SCRS \u00e0 Toronto, probablement notre plus grand bureau                   r\u00e9gional. \u00c0 certains moments, presque tout le bureau s&#8217;occupait                   de ce cas-l\u00e0.&#8221;<\/p>\n<p>Bien que le cas passe encore par le syst\u00e8me judiciaire, l&#8217;audace                   du pr\u00e9tendu complot, ainsi que le fait qu&#8217;on pensait que 18                   Canadiens \u00e9taient impliqu\u00e9s et que des accusations reli\u00e9es                   au terrorisme ont \u00e9t\u00e9 port\u00e9es contre au moins 12 d&#8217;entre eux,                   a annonc\u00e9 aux Canadiens que les risques de terrorisme existent                   encore. Suite aux attaques du 11 septembre, il y a eu un r\u00e9examen                   approfondi de la mani\u00e8re dont les services de s\u00e9curit\u00e9 et de                   renseignement travaillaient et coop\u00e9raient les uns avec les                   autres. Comme l&#8217;ont indiqu\u00e9 les r\u00e9sultats de l&#8217;enqu\u00eate am\u00e9ricaine                   des attaques, la 9\/11 Commission, durant les mois qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 les                   attaques, on ne manquait pas d&#8217;indices concernant ce qui allait                   arriver. Chacune des principales organisations de s\u00e9curit\u00e9 et                   de renseignement, la CIA, le Federal Bureau of Investigation,                   la National Security Agency et le Pentagone, avaient trouv\u00e9 les                   morceaux du casse-t\u00eate, mais il n&#8217;existait pas de d\u00e9partement                   qui eut sp\u00e9cifiquement pour t\u00e2che d&#8217;assembler ces morceaux.                   Donc, pour les Am\u00e9ricains, une des le\u00e7ons les plus claires                   du 11 septembre fut que ses d\u00e9partements ne coop\u00e9raient pas                   suffisamment, ou pas de la bonne fa\u00e7on.<\/p>\n<p>Le Canada a appris sa le\u00e7on de ce qui est arriv\u00e9 aux \u00c9tats-Unis.                   En 2004, le gouvernement de Paul Martin a d\u00e9livr\u00e9 Prot\u00e9ger                   une soci\u00e9t\u00e9 ouverte : la politique canadienne de s\u00e9curit\u00e9 nationale.                   Parmi plusieurs changements importants au syst\u00e8me de s\u00e9curit\u00e9 nationale                   du Canada, y compris la nomination d&#8217;un Conseiller \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 nationale,                   il y avait la cr\u00e9ation d&#8217;une nouvelle organisation qui avait                   pour but de servir de point central pour la collecte de renseignements                   concernant les menaces contre le Canada. Et on lui donna le                   nom de Centre int\u00e9gr\u00e9 d&#8217;\u00e9valuation des menaces (CIEM).<\/p>\n<p>&#8220;La complexit\u00e9 grandissante des menaces auxquelles le Canada                   fait face n\u00e9cessite un r\u00e9seau de s\u00e9curit\u00e9 nationale int\u00e9gr\u00e9&#8221;,                   avait-on \u00e9crit dans le document. &#8220;Il est crucial que nos principaux                   m\u00e9canismes de s\u00e9curit\u00e9 travaillent ensemble d&#8217;une mani\u00e8re enti\u00e8rement                   int\u00e9gr\u00e9e pour s&#8217;occuper des int\u00e9r\u00eats des Canadiens concernant                   la s\u00e9curit\u00e9. Le manque d&#8217;int\u00e9gration dans notre syst\u00e8me actuel                   est une br\u00e8che importante.&#8221;<\/p>\n<p>Le CIEM comprend des repr\u00e9sentants de tous les services principaux,                   dont le minist\u00e8re de la D\u00e9fense nationale, le SCRS, le CST,                   l&#8217;Agence des services frontaliers du Canada, les Affaires ext\u00e9rieures,                   la GRC, la police provinciale de l&#8217;Ontario, S\u00e9curit\u00e9 publique                   et Protection civile Canada, le Bureau du Conseil priv\u00e9 et                   bien d&#8217;autres. Chaque repr\u00e9sentant apporte l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 la base                   de donn\u00e9es de sa propre organisation, de sorte que tous les                   renseignements qui y sont obtenus peuvent servir au CIEM.<\/p>\n<p>Bien que le CIEM soit log\u00e9 dans le si\u00e8ge social du SCRS, les                   deux sont distincts l&#8217;un de l&#8217;autre et l&#8217;arrangement en est                   plut\u00f4t un de commodit\u00e9 bureaucratique qu&#8217;autre chose. Comme                   le fait remarquer Campion, quand le CIEM a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9, c&#8217;\u00e9tait                   simplement plus facile de le placer sous le parapluie du SCRS                   que de passer \u00e0 travers la bureaucratie l\u00e9gislative et organisationnelle                   pour cr\u00e9er un tout nouveau service.<\/p>\n<p>Le centre fonctionne actuellement \u00e0 toute vitesse. Son directeur,                   un v\u00e9t\u00e9ran du monde de la s\u00e9curit\u00e9 et du renseignement du Canada,                   Daniel Giasson, nous a accord\u00e9 une interview concernant une                   grande gamme de sujets concernant la s\u00e9curit\u00e9 nationale. &#8220;Quand                   le 11 septembre est arriv\u00e9, il y a essentiellement eu un retournement                   dans ma vie et dans la vie de bien d&#8217;autres gens. Nous avons                   commenc\u00e9 \u00e0 dialoguer avec le gouvernement au jour le jour,                   o\u00f9 il devait prendre des d\u00e9cisions d&#8217;importance de plusieurs                   fronts, le front op\u00e9rationnel, les fronts budg\u00e9taires, les                   fronts politiques. En fait, le 11 septembre devint la priorit\u00e9 absolue                   du gouvernement par rapport \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 et aux relations                   ext\u00e9rieures.<\/p>\n<p>&#8220;Le CIEM est le principal propagateur et analyste du terrorisme                   au Canada&#8221;, dit Giasson. &#8220;Son seul objectif est de faire attention                   sans arr\u00eat au ph\u00e9nom\u00e8ne qu&#8217;est le terrorisme au Canada, je                   dirais m\u00eame du ph\u00e9nom\u00e8ne du terrorisme autour du monde, et \u00e0 ses                   r\u00e9percussions au Canada. C&#8217;est le seul mandat qu&#8217;il ait.&#8221;<\/p>\n<p>Le centre produit en moyenne sept \u00e9valuations de danger par                   mois, lesquelles sont distribu\u00e9es aux preneurs de d\u00e9cisions                   gouvernementaux et aux premiers intervenants comme les forces                   polici\u00e8res, les services des incendies et les dispositifs de                   mesures d&#8217;urgence.<\/p>\n<p>Le CIEM est situ\u00e9 dans une aile brillante et bien \u00e9clair\u00e9e                   de l&#8217;\u00e9difice du SCRS. Les analystes travaillent dans un poste                   de travail modulaire, \u00e0 un grand bureau o\u00f9 se trouvent plusieurs                   r\u00e9cepteurs et \u00e9crans de t\u00e9l\u00e9vision. La plupart des analystes                   ont une r\u00e9ception ininterrompue de nouvelles, la BBC World \u00e9tant                   la plus populaire.<\/p>\n<p>&#8220;Les informations et les renseignements sur le terrorisme                   en g\u00e9n\u00e9ral que nous recevons sont de source soit libre, soit                   classifi\u00e9e. Il se peut que ce soit un \u00e9v\u00e9nement, ou une m\u00e9thodologie&#8221;,                   dit Giasson. &#8220;\u00c0 partir de \u00e7a, nous essayons de brosser un tableau                   en y ajoutant des renseignements d&#8217;autres sources. L&#8217;avantage                   in\u00e9gal\u00e9 au CIEM, c&#8217;est que nous avons l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 un certain                   nombre de sources de renseignements, alors nous utilisons ces                   renseignements et les assemblons avec les autres sources de                   renseignements pour brosser un tableau global et \u00e9valuer le                   degr\u00e9 de danger dont il peut s&#8217;agir.&#8221;<\/p>\n<p>Giasson est dans un poste int\u00e9ressant car, en fin de compte,                   bien qu&#8217;il soit responsable de l&#8217;identification et de la pr\u00e9vention                   des attaques terroristes contre le Canada, il croit aussi que,                   de toute fa\u00e7on, une telle attaque est in\u00e9vitable.<\/p>\n<p>&#8220;Le risque augmente. Les activit\u00e9s de terrorisme autour du                   monde, eh bien, on le voit tous les jours et d&#8217;apr\u00e8s moi le                   risque augmente. Le Canada, bien que cibl\u00e9, n&#8217;a pas encore                   subi d&#8217;attaque terroriste sur son territoire. Ce n&#8217;est pas                   une question de si \u00e7a va arriver, mais bien de quand \u00e7a va                   arriver.&#8221;<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 la place du CIEM en tant qu&#8217;autorit\u00e9 centrale, pratiquement,                   en ce qui concerne les activit\u00e9s de terrorisme, il ne peut                   pas contr\u00f4ler directement la collecte des renseignements.<\/p>\n<p>&#8220;Nous essayons de faire remarquer ce que nous recherchons.                   C&#8217;est un processus de concessions mutuelles. Nous soulignons                   les br\u00e8ches dans les renseignements. Ce que nous ne savons                   pas, par exemple. Mais le mandat de collecte du SCRS pourrait                   ne pas s&#8217;ajuster au mandat analytique du CIEM&#8221;, dit Giasson. &#8220;Je                   crois que lorsqu&#8217;on nous conna\u00eetra mieux, quand notre produit                   sera meilleur, notre influence va grossir de sorte que nous                   pourrons vraiment influencer ce syst\u00e8me de collecte.&#8221;<\/p>\n<p>Alors bien que le r\u00f4le du CIEM, le d\u00e9p\u00f4t central des renseignements                   et des informations, soit ind\u00e9niablement crucial, ce sont toujours                   les fid\u00e8les du dispositif de s\u00e9curit\u00e9 qui ont pour t\u00e2che de                   ramasser ces renseignements et, au Canada, il n&#8217;existe pas                   de ramasseur de renseignements de contre-terrorisme autre que                   le SCRS lui-m\u00eame. Institu\u00e9 en 1984, le SCRS a environ 2 600                   employ\u00e9s \u00e0 travers le Canada et outre-mer dans au moins 30                   pays.<\/p>\n<p>En avril 2006, le directeur du SCRS Jim Judd a t\u00e9moign\u00e9 devant                   un comit\u00e9 s\u00e9natorial sur la d\u00e9fense et la s\u00e9curit\u00e9 nationales,                   o\u00f9 il a donn\u00e9 un aper\u00e7u d&#8217;un monde qui est normalement ferm\u00e9 \u00e0 la                   plupart des Canadiens.<\/p>\n<p>Le SCRS, dit Judd, &#8220;est un service national de renseignement                   de s\u00e9curit\u00e9 qui s&#8217;occupe surtout sur les dangers \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 du                   Canada et des Canadiens, o\u00f9 qu&#8217;ils soient. Le mandat de l&#8217;organisation                   est de rassembler des renseignements et de conseiller le gouvernement                   en ce qui concerne les menaces \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 du Canada et des                   Canadiens, et nous faisons \u00e7a en rassemblant des renseignements                   et des informations par l&#8217;entremise de diff\u00e9rents dispositifs.<\/p>\n<p>&#8220;Certaines des questions dont nous nous occupons et qui touchent                   directement \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 nationale seraient la prolif\u00e9ration                   des armes de destruction massive, le soutien \u00e9tatique du terrorisme,                   ou tout au moins le soutien qui est \u00e9videmment ce qui a lieu                   en ce qui concerne soit l&#8217;ing\u00e9rence \u00e9trang\u00e8re au Canada, soit                   les activit\u00e9s de renseignement \u00e9trang\u00e8res au Canada [&#8230;] actuellement,                   la pr\u00e9valence de nos activit\u00e9s d&#8217;investigation sont reli\u00e9es                   au terrorisme&#8221;, dit Judd.<\/p>\n<p>Judd, comme Giasson, croit que la menace d&#8217;une attaque de                   terrorisme est toujours pr\u00e9sente.<\/p>\n<p>&#8220;Comme vous le savez, al-Qa\u00efda nous a mis plusieurs fois sur                   sa liste de cibles. Il y a eu des cas; au moins deux cas sont                   par devant les tribunaux actuellement, \u00e0 propos desquels je                   ne peux pas faire de commentaire, o\u00f9 les activit\u00e9s de terrorisme                   ont \u00e9t\u00e9 un probl\u00e8me. On est toujours en train d&#8217;enqu\u00eater sur                   certains particuliers, qu&#8217;il s&#8217;agisse de Canadiens, de visiteurs                   ou de r\u00e9sidents \u00e9trangers, pour des raisons reli\u00e9es au terrorisme.                   En g\u00e9n\u00e9ral, pour nous et pour la plupart des gouvernements                   occidentaux, la menace du terrorisme est toujours la menace \u00e0 la                   s\u00e9curit\u00e9 principale, aujourd&#8217;hui et peut-\u00eatre dans un avenir                   pr\u00e9visible.<\/p>\n<p>&#8220;Ceci dit, en g\u00e9n\u00e9ral, j&#8217;essaie d&#8217;\u00eatre mod\u00e9r\u00e9 quand je d\u00e9cris                   le risque, parce que je ne crois pas qu&#8217;on ait grand-chose \u00e0 gagner                   en effrayant les gens par rapport \u00e0 ces choses-l\u00e0. J&#8217;ai toujours                   l&#8217;espoir que nous nous occupions des menaces aussi efficacement                   que possible et, dans un monde parfait, que nous les emp\u00eachions                   de se r\u00e9aliser. Malheureusement, le pass\u00e9 a prouv\u00e9 que ce n&#8217;est                   pas toujours le cas.&#8221;<\/p>\n<p>Bien que des fois le SCRS envoie des agents canadiens op\u00e9rer                   clandestinement, la plupart des fois, l&#8217;identit\u00e9 des agents                   du SCRS est d\u00e9voil\u00e9e aux gouvernements h\u00f4tes. Vu qu&#8217;il se concentre                   sur les questions int\u00e9rieures, le SCRS n&#8217;a pas de mandat pour                   obtenir secr\u00e8tement des renseignements \u00e0 l&#8217;encontre de gouvernements \u00e9trangers.                   Toutefois, un autre service, le Centre de la s\u00e9curit\u00e9 des t\u00e9l\u00e9communications                   (CST), a un tel mandat.<\/p>\n<p>John Adams, le directeur du CST, qui est encore plus secret,                   a aussi t\u00e9moign\u00e9 devant le S\u00e9nat en avril. Il dit que, contrairement                   au SCRS &#8220;nous ne dirigeons pas d&#8217;agents. C&#8217;est une op\u00e9ration                   fondamentalement diff\u00e9rente de la n\u00f4tre, l&#8217;affaire du renseignement                   humain. Nous nous occupons d&#8217;\u00e9lectrons, ils s&#8217;occupent d&#8217;humains.                   Il s&#8217;agit d&#8217;exigences tout \u00e0 fait diff\u00e9rentes du point de vue                   de l&#8217;expertise \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur du centre lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>&#8220;Conform\u00e9ment \u00e0 la Loi sur la D\u00e9fense nationale, le CST s&#8217;occupe                   de trois grands domaines d&#8217;activit\u00e9s : La collecte de renseignements \u00e9trangers;                   la protection des renseignements et des r\u00e9seaux \u00e9lectroniques                   cruciaux pour le gouvernement du Canada, ce que nous appelons                   la technologie de l&#8217;information; et l&#8217;assistance aux services                   de l&#8217;application des lois f\u00e9d\u00e9rales et de s\u00e9curit\u00e9&#8221;, dit Adams.<\/p>\n<p>Principalement, le CST s&#8217;occupe des renseignements d&#8217;origine \u00e9lectromagn\u00e9tique.                   Il intercepte des communications, il \u00e9coute aux portes essentiellement,                   qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;\u00e9tablir des postes d&#8217;\u00e9coute dans des villes \u00e9trang\u00e8res                   ou de parcourir les courriels \u00e0 la recherche d&#8217;activit\u00e9s dangereuses.<\/p>\n<p>&#8220;Le volume et le genre de communications est litt\u00e9ralement                   infini. Cette combinaison est le d\u00e9fi que nous avons \u00e0 relever.                   Notre vision, c&#8217;est la s\u00e9curit\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 la sup\u00e9riorit\u00e9 dans                   le renseignement. Nous d\u00e9sirons ma\u00eetriser Internet. C&#8217;est un                   d\u00e9fi qu&#8217;aucune institution ne peut relever toute seule&#8221;, dit                   Adams. &#8220;En m\u00eame temps, il existe un danger qui est tr\u00e8s divers,                   distribu\u00e9 partout \u00e0 travers le monde; c&#8217;est comme des aiguilles                   dans une botte de foin. Il existe une telle combinaison de                   technologie et de menace qu&#8217;il est pratiquement impossible                   qu&#8217;une organisation r\u00e9ussisse toute seule.&#8221;<\/p>\n<p>Bien que le mandat du CST ne lui permette pas d&#8217;\u00e9pier les                   Canadiens, il y a un avertissement en vigueur, un r\u00e9sultat                   de la Loi antiterroriste, qui donne au CST bien plus de latitude \u00e0 propos                   de qui et quoi il \u00e9coute.<\/p>\n<p>La Loi antiterroriste a colmat\u00e9 une br\u00e8che de l&#8217;autorit\u00e9 pour                   permettre au CST de mieux r\u00e9pondre aux priorit\u00e9s de s\u00e9curit\u00e9 du                   gouvernement, surtout le terrorisme&#8221;, dit Adams. &#8220;Sp\u00e9cifiquement,                   avant 2001, le Code criminel interdisait au CST d&#8217;intercepter                   des communications priv\u00e9es, c&#8217;est-\u00e0-dire des communications                   qui avaient leur origine ou qui arrivaient au Canada et dont                   l&#8217;exp\u00e9diteur avait des attentes en mati\u00e8re de vie priv\u00e9e.<\/p>\n<p>&#8220;Pratiquement, cela voulait dire que le CST ne pouvait pas                   intercepter de communication sans savoir au pr\u00e9alable si les                   deux bouts \u00e9taient \u00e9trangers, une t\u00e2che impossible dans un                   environnement o\u00f9 les communications sont achemin\u00e9es de mani\u00e8re                   impr\u00e9visible. La Loi antiterroriste a r\u00e9solu ce probl\u00e8me en                   cr\u00e9ant un dispositif, une autorisation du ministre de la D\u00e9fense                   nationale, qui permet au CST d&#8217;intercepter des communications                   priv\u00e9es durant des activit\u00e9s de s\u00e9curit\u00e9 concernant les renseignements \u00e9trangers                   ou la technologie de l&#8217;information.<\/p>\n<p>Suite \u00e0 ces autorisations sp\u00e9ciales, que le CST doit renouveler                   constamment, toute communication qui a une composante \u00e9trang\u00e8re                   peut \u00eatre une cible pour la surveillance, qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;un                   appel de Toronto au Moyen-Orient ou d&#8217;un courriel envoy\u00e9 de                   Vancouver \u00e0 Paris.<\/p>\n<p>Bien entendu, comme de telles mesures interceptent in\u00e9vitablement                   des communications qui n&#8217;ont rien \u00e0 voir avec le terrorisme                   ni avec la s\u00e9curit\u00e9 nationale, il existe une possibilit\u00e9 que                   les droits de citoyens canadiens soient en danger. Que ce risque                   soit acceptable ou non, il est \u00e0 remarquer qu&#8217;assurer une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique                   contre le terrorisme est un \u00e9quilibre d\u00e9licat \u00e0 trouver. Si                   les agences deviennent trop agressives en ce qui concerne leurs                   activit\u00e9s de surveillance et de collecte de renseignements,                   elles risquent de saper les libert\u00e9s m\u00eames qu&#8217;elles essaient                   de prot\u00e9ger. Mais si elles ne sont pas assez agressives, elles                   risquent de ne pas d\u00e9couvrir les terroristes et leurs complots                   avant qu&#8217;il ne soit trop tard. La libert\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 sont                   en jeu toutes les deux. Dans le cas des suspects arr\u00eat\u00e9s \u00e0 Toronto,                   la vigilance vigoureuse a peut-\u00eatre emp\u00each\u00e9 quelque chose d&#8217;arriver.                   Toutefois, comme le remarque Campion, il est indubitable que,                   n&#8217;importe \u00e0 quel point la surveillance est intense, elle n&#8217;est                   pas parfaite.<\/p>\n<p>&#8220;Le danger peut venir de gars qui ne sont pas dans le collimateur                   de la collectivit\u00e9 du renseignement. Et cela pourrait arriver.                   Sans vouloir n\u00e9gocier avec la peur, les ressources de la collectivit\u00e9 du                   renseignement ne sont pas sans limite. Nous avons reconnu publiquement                   qu&#8217;\u00e0 n&#8217;importe quel moment nous enqu\u00eatons sur des centaines                   de particuliers au Canada, mais je suis presque certaine que                   nous ne d\u00e9couvrons pas tout le monde, nous ne le pouvons simplement                   pas, nous ne connaissons simplement pas tout le monde.&#8221;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce printemps, \u00e0 Norman Wells (T. 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