{"id":4684,"date":"2019-03-10T10:59:40","date_gmt":"2019-03-10T14:59:40","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=4684"},"modified":"2019-04-29T11:05:07","modified_gmt":"2019-04-29T15:05:07","slug":"bras-bioniques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2019\/03\/bras-bioniques\/","title":{"rendered":"Bras Bioniques"},"content":{"rendered":"<div class=\"caption_img\">\r\n        <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4685 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/bionic-arm-1.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"400\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/bionic-arm-1.jpg 600w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/bionic-arm-1-300x200.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Le proth\u00e9siste Mike Stobbe, la Dre Jacqueline Hebert et l\u2019amput\u00e9 Larry Hayes-Richards rient pendant la mise en place d\u2019une nouvelle emboiture de bras proth\u00e9tique. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Sharon Adams\/Revue L\u00e9gion<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">\u00ab C\u2019est <\/span><span class=\"s2\"><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span><\/span><span class=\"s1\">incroyable \u00bb,<\/span>\u00a0dit Larry Hayes-Richards en regardant les doigts de son bras bionique se plier, une prouesse qu\u2019il r\u00e9alise par la seule pens\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"p2\">\u00c0 72 ans, cet ancien combattant de Sherwood Park, en Alberta, est un pionnier de l\u2019utilisation des proth\u00e8ses de bras myo\u00e9lectriques au Canada. Nous nous trouvons au laboratoire Bionic Limbs for Improved Natural Control (BLINC) de l\u2019Universit\u00e9 de l\u2019Alberta \u00e0 Edmonton, o\u00f9 le proth\u00e9siste Mike Stobbe et la docteure Jacqueline Hebert rajus-tent l\u2019emboiture de sa proth\u00e8se.<\/p>\n<p class=\"p2\">L\u2019\u00e9tonnant, c\u2019est \u00e0 quel point la science a avanc\u00e9 depuis que son bras droit a \u00e9t\u00e9 amput\u00e9, en 2005. Il est pass\u00e9 d\u2019une proth\u00e8se retenue par un harnais de s\u00e9curit\u00e9, qu\u2019il contr\u00f4lait par les mouvements de son torse et de son \u00e9paule, \u00e0 une proth\u00e8se qui s\u2019ajustait sur son moignon et contr\u00f4l\u00e9e par les flexions musculaires de ce dernier et maintenant, \u00e0 un bras exp\u00e9rimental qui r\u00e9agit \u00e0 ses pens\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"p2\">Il essaie un prototype qui \u00ab apprend \u00bb ses mouvements afin de les rendre plus fluides, moins robotiques. Et il attend avec impatience de mettre \u00e0 l\u2019essai un mod\u00e8le de pointe dont les capteurs plac\u00e9s au bout des doigts lui permettront, esp\u00e8re-t-il, de sentir les objets qu\u2019il touche.<\/p>\n<p class=\"p2\">\u00ab Nous sommes \u00e0 l\u2019avant-garde, aux balbutiements de l\u2019int\u00e9gration des sensations \u00bb, d\u00e9clare la D<sup>re<\/sup> Hebert, elle-m\u00eame pionni\u00e8re de la technologie m\u00e9dicale qui rend possibles les proth\u00e8ses command\u00e9es par la pens\u00e9e. Elle est \u00e9galement directrice du laboratoire BLINC. \u00ab \u00c7a se passe encore enti\u00e8rement dans le laboratoire. \u00bb<\/p>\n<p class=\"p2\">En fait, c\u2019est dans de nombreux laboratoires que cela se passe. La docteure travaille avec des \u00e9quipes de recherches dirig\u00e9es par Jon Sensinger de l\u2019Institute of Biomedical Engineering de <span class=\"s1\">l\u2019Universit\u00e9 du Nouveau-Brunswick<\/span> et par Paul Marasco du Lerner Research Institute de la Cleveland Clinic. Ils font tous partie d\u2019un vaste effort international qui a pour objet de cr\u00e9er un meilleur remplacement du bras humain, des recherches mobilisant beaucoup de mati\u00e8re grise. Reproduire les fonctions de la main, dit-elle, \u00ab c\u2019est extr\u00eamement difficile \u00bb.<\/p>\n<p class=\"p2\">Une foule d\u2019obstacles ont \u00e9t\u00e9 surmont\u00e9s pour produire des proth\u00e8ses myo\u00e9lectriques command\u00e9es par la pens\u00e9e humaine, notamment la mani\u00e8re dont le cerveau communiquerait avec un bras artificiel, la conception d\u2019une proth\u00e8se pouvant capter ces messages et les traduire en action, et le fonctionnement du \u00ab partenariat \u00bbentre la personne amput\u00e9e et la proth\u00e8se. Et ce n\u2019est l\u00e0 qu\u2019un d\u00e9but.<\/p>\n<p class=\"p2\">Le prochain grand d\u00e9fi consistera \u00e0 restaurer le sens du toucher dans un bras artificiel, \u00e9tape n\u00e9cessaire pour \u00ab faire en sorte que les personnes amput\u00e9es arrivent au point o\u00f9 elles sentent que leur<br \/>\nproth\u00e8se fait partie de leur corps. \u00bb<\/p>\n<p class=\"p2\">Cela n\u00e9cessite le d\u00e9veloppement de techniques chirurgicales :la r\u00e9innervation musculaire cibl\u00e9e (TMR ou Targeted Muscle Reinnervation) pour la commande de la proth\u00e8se et la r\u00e9innervation sensorielle cibl\u00e9e (TSR ou Targeted Sensory Reinnervation) pour la transmission du sens du toucher provenant de la proth\u00e8se.<\/p>\n<p class=\"p1\"><b>Tout cela<\/b>, c\u2019\u00e9tait de la science-fiction quand M. Hayes-Richards a rejoint le Black Watch (Royal Highland Regiment) au milieu des ann\u00e9es 1960, des ann\u00e9es avant que <i>La Guerre des \u00e9toiles<\/i> popularise l\u2019id\u00e9e des bras de rechange parfaits.<\/p>\n<p class=\"p2\">Son service militaire de huit ann\u00e9es lui a donn\u00e9 confiance en lui, le gout de l\u2019athl\u00e9tisme et un sentiment d\u2019engagement. Mais il a aussi caus\u00e9 des probl\u00e8mes de sant\u00e9 persistants \u00e0 cause de l\u2019exposition \u00e0 l\u2019agent Orange, une n\u00e9vrose posttraumatique et des blessures morales lors de son affectation \u00e0 Chypre, et des blessures physiques qui ont endommag\u00e9 ses articulations. Les op\u00e9rations chirurgicales qui ont suivi ont cr\u00e9\u00e9 les conditions propices \u00e0 une infection staphylococcique r\u00e9sistante aux antibiotiques qui a abouti \u00e0 l\u2019amputation de son bras droit, et lui ont co\u00fbt\u00e9 le plein usage sans douleur de ses jambes et de son dos. En tout, M. Hayes-Richard a subi plus de douze op\u00e9rations, dont celles qui ont servi \u00e0 remplacer les articulations du coude et du genou, puis \u00e0 les enlever quand elles se sont infect\u00e9es et bien s\u00fbr, une amputation.<\/p>\n<p class=\"p2\">En 2006, l\u2019ann\u00e9e suivant celle o\u00f9 M. Hayes-Richards a perdu le bras, la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) des \u00c9tats-Unis a entrepris de cr\u00e9er un bras proth\u00e9tique command\u00e9 par le cerveau qui fonctionnerait comme un vrai.<\/p>\n<p class=\"p2\">\u00ab Les technologies qui s\u2019en d\u00e9gageront pourraient am\u00e9liorer la r\u00e9habilitation des combattants, r\u00e9tablir la fonction et l\u2019ind\u00e9pen-dance [&#8230;] et offrir aux soldats bless\u00e9s la perspective de porter<br \/>\n\u00e0 nouveau l\u2019uniforme \u00bb, lit-on sur le site Web de la DARPA \u00e0 propos du programme Revolutionizing Prosthetics [r\u00e9volutionner les proth\u00e8ses, NDT]. Un de ses programmes finance maintenant des recherches \u00ab pour cr\u00e9er une proth\u00e8se de main qui bouge et procure des sensations comparables \u00e0<br \/>\ncelles d\u2019une main naturelle \u00bb.<\/p>\n<p class=\"p2\">Les injections de fonds de la DARPA ont stimul\u00e9 les recherches, souvent coop\u00e9ratives, dans les domaines des neurosciences, de l\u2019ing\u00e9nierie, de la conception, de la chirurgie et de la r\u00e9adaptation. Chacun de ces domaines se penche sur une pi\u00e8ce d\u2019un casse-t\u00eate tr\u00e8s complexe. \u00ab Nous essayons de collaborer entre plusieurs sites, d\u00e9clare la D<sup>re<\/sup> Hebert, parce que nous avons tous de tr\u00e8s petites populations. \u00bb<\/p>\n<p class=\"p2\">En dix ans, le bras myo\u00e9lectrique command\u00e9 par la pens\u00e9e est pass\u00e9 de la planche \u00e0 dessin \u00e0 la fabrication. Ces proth\u00e8ses r\u00e9volutionnaires ont d\u2019abord \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9es \u00e0 d\u2019anciens combattants am\u00e9ricains en 2017, et plusieurs mod\u00e8les sont maintenant en vente ou en cours de d\u00e9veloppement. Les anciens combattants et militaires ne repr\u00e9sentent qu\u2019une petite partie des 100 000 amput\u00e9s en Am\u00e9rique du Nord (dont quelque 10 000, au Canada), mais la commercialisation profitera \u00e9galement aux milliers de civils qui ont perdu un bras \u00e0 cause d\u2019une maladie vasculaire, du diab\u00e8te, du cancer, d\u2019un traumatisme ou d\u2019une infection.<\/p>\n<p class=\"p2\">La D<sup>re<\/sup> Hebert a parl\u00e9 \u00e0 M. Hayes-Richards des proth\u00e8ses op\u00e9r\u00e9es par la pens\u00e9e peu de temps apr\u00e8s son amputation, ainsi que de la technique chirurgicale mise au point par Todd Kuiken \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Northwestern de Chicago qui les rend possibles. Le D<sup>r<\/sup> Kuiken cherchait des volon-taires pour des essais cliniques.<\/p>\n<p class=\"p2\">M. Hayes-Richards et l\u2019agent forestier Rob Anderson de Grande Prairie, en Alberta, qui avait perdu un bras et une jambe en 2006 dans un accident d\u2019h\u00e9licopt\u00e8re, se sont port\u00e9s volontaires. En 2008, ils \u00e9taient les premiers Canadiens \u00e0 subir une intervention chirurgicale de TMR servant \u00e0 d\u00e9tourner les nerfs du bras amput\u00e9 pour leur permettre de fl\u00e9chir leurs muscles de mani\u00e8re \u00e0 commander des proth\u00e8ses sp\u00e9cialement con\u00e7ues \u00e0 cet effet.<\/p>\n<p class=\"p2\">Apr\u00e8s l\u2019amputation d\u2019un bras, le cerveau continue d\u2019envoyer des signaux au bras et \u00e0 la main, mais les nerfs qui transmettent les commandes \u00e9tant tronqu\u00e9s, ces signaux aboutissent \u00e0 une impasse. La chirurgie de TMR redirige les nerfs tronqu\u00e9s vers les muscles du haut du bras ou de la poitrine. En quelques mois, les nerfs se d\u00e9veloppent dans les nouveaux muscles, et ces derniers r\u00e9agissent aux commandes du cerveau comme s\u2019ils d\u00e9pla\u00e7aient la main, le poignet, les doigts ou le coude.<\/p>\n<p class=\"p2\">Les muscles r\u00e9pondant \u00e0 chaque nerf sont localis\u00e9s individuellement et cartographi\u00e9s, et les \u00e9lectrodes sont plac\u00e9es sur la proth\u00e8se en cons\u00e9quence. \u00ab Lorsque la cartographie est faite correctement, dit M. Hayes-Richards, on peut installer l\u2019emboiture de mani\u00e8re \u00e0 ce que ces \u00e9lectrodes s\u2019alignent parfaitement. \u00bb<\/p>\n<p class=\"p2\">Quand M. Hayes-Richards pense \u00e0 \u00ab fermer la main, \u00bb le cerveau envoie un signal au nerf qui actionne le muscle correspondant, ce qui produit un petit signal \u00e9lectrique qui est capt\u00e9 par les \u00e9lectrodes de la proth\u00e8se, amplifi\u00e9, et transmis par un processeur aux moteurs qui commandent la proth\u00e8se, et la main artificielle se ferme, le tout en un clin d\u2019\u0153il.<\/p>\n<p class=\"p2\">M. Hayes-Richards a particip\u00e9 \u00e0 des essais de logiciels qui peuvent reconna\u00eetre les signaux nerveux modul\u00e9s d\u2019un mouvement <span class=\"s1\">particulier et qui peuvent les \u00ab apprendre \u00bb<\/span> afin que l\u2019utilisateur n\u2019ait pas \u00e0 toujours penser au fonctionnement de la main.<\/p>\n<p class=\"p2\">Ces logiciels fonctionnent de la m\u00eame mani\u00e8re que le processus d\u2019apprentissage chez les humains quand ils apprennent, par exemple, \u00e0 jouer d\u2019un instrument de musique ou \u00e0 maitriser la dactylographie. Au d\u00e9but, nous devons r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la fa\u00e7on de bouger les mains et les doigts, mais avec la pratique, ces mouvements deviennent automatiques et notre attention se porte sur la musique, ou sur les mots \u00e0 l&#8217;\u00e9cran, et non pas sur la fa\u00e7on dont chaque doigt bouge.<\/p>\n<p class=\"p2\">Les logiciels de reconnaissance de formes reproduisent cet apprentissage par r\u00e9p\u00e9tition, ce qui permet aux utilisateurs d\u2019\u00ab enseigner \u00bb des mouvements \u00e0 leurs bras. Le logiciel enregistre la mani\u00e8re dont les muscles bougent pour produire un certain geste, et quand cette s\u00e9quence est reconnue, le logiciel dirige la proth\u00e8se pour poursuivre le mouvement sans que l\u2019utilisateur soit oblig\u00e9 de penser \u00e0 chaque \u00e9tape.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-4686\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Feature-bionicarms.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"172\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Feature-bionicarms.jpg 936w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Feature-bionicarms-300x86.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Feature-bionicarms-768x221.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/p>\n<p class=\"p2\">\u00ab La reconnaissance de forme me permet de faire fonctionner le bras plus facilement, dit M. Hayes-Richards. Et si \u00e7a ne fonctionne pas correctement, je peux rectifier les choses en quelques secondes. \u00bb<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Bien que Hayes-Richards ait pris part aux essais de cette nouvelle technologie, sa proth\u00e8se n\u2019en est pas encore \u00e9quip\u00e9e, car elle n&#8217;est disponible au Canada que depuis peu.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">Chaque nouveau d\u00e9veloppement nous rapproche d\u2019une proth\u00e8se qui ressemblera au bras naturel et se comportera comme lui. La D<sup>re<\/sup> H\u00e9bert ne pense pas qu\u2019on arrivera un jour \u00e0 l\u2019id\u00e9al de <i>La Guerre des \u00e9toiles<\/i>, o\u00f9 le bras artificiel est impossible \u00e0 distinguer du vrai, \u00ab mais il y a un point o\u00f9 l\u2019on a l\u2019impression qu\u2019il fait partie de soi, \u00bb dit-elle.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Nous savons que nos doigts font partie de nous parce que notre cerveau d\u00e9tecte o\u00f9 ils sont et comment ils bougent, m\u00eame dans l&#8217;obscurit\u00e9 ou lorsque nous ne les regardons pas. Cela nous permet, par exemple, de nous toucher le bout du nez avec un doigt dans le noir. Nous savons que nous sommes responsables du mouvement de la main. Notre cerveau commande, et la r\u00e9troaction sensorielle nous renseigne sur les mouvements. On sent que le doigt touche la peau du nez.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les amput\u00e9s savent qu\u2019ils sont responsables de la fa\u00e7on dont le bras bouge, mais il n\u2019y a pas de sensation leur indiquant la position ni le mouvement. C\u2019est un peu comme utiliser un outil, un crayon, une scie, une souris d\u2019ordinateur : nous les commandons, mais ils ne font pas vraiment partie de nous.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">La r\u00e9innervation sert \u00e0 produire cette r\u00e9troaction sensorielle. En chirurgie TSR, les nerfs sensoriels tronqu\u00e9s du membre amput\u00e9 sont achemin\u00e9s vers des nerfs situ\u00e9s dans la peau du bras ou de la poitrine. Lorsque l\u2019on touche la peau \u00e0 cet endroit, on a l\u2019impression qu\u2019on nous touche la main (manquante).<\/p>\n<p class=\"p2\">Une fois les terminaisons nerveuses correspondant \u00e0 chaque doigt cartographi\u00e9es, un stimulateur tactile (dispositif ressemblant \u00e0 une antenne qui transmet la sensation tactile) peut \u00eatre plac\u00e9 sur la peau r\u00e9innerv\u00e9e pour relayer au cerveau l\u2019information transmise par les capteurs situ\u00e9s dans la main proth\u00e9tique. Lorsque la main proth\u00e9tique touche un objet, les sensations transmises donnent l\u2019impression \u00e0 la personne amput\u00e9e qu\u2019elle fait partie de son corps. Les chercheurs appellent cela l\u2019\u00ab incarnation \u00bb.<\/p>\n<p class=\"p2\">Les chercheurs peuvent aussi procurer une sensation de mouvement en faisant vibrer le muscle environnant, ce qui donne l\u2019impression que les doigts et la main fant\u00f4mes bougent. Lorsque la personne amput\u00e9e fait fonctionner le bras myo\u00e9lectrique en m\u00eame temps, la sensation correspondante est transf\u00e9r\u00e9e \u00e0 l\u2019action, ce qui leur fait savoir qu\u2019ils sont les auteurs de cette action.<\/p>\n<p class=\"p2\">Dans les essais, les amput\u00e9s ont pu r\u00e9aliser des saisies complexes avec une proth\u00e8se, aussi bien que des gens utilisant leurs propres membres, dit la D<sup>re<\/sup> Hebert.<\/p>\n<p class=\"p2\">M. Anderson compare l\u2019utilisation de son bras proth\u00e9tique, avant les essais des proth\u00e8ses myo\u00e9lectriques, \u00e0 l\u2019utilisation d\u2019une paire de pinces longues. Il y a un d\u00e9calage entre<br \/>\n\u00ab ce que vous \u00eates en train de toucher physiquement et ce que votre corps est en train de faire \u00bb, a-t-il dit lors d\u2019un entretien accord\u00e9 \u00e0 CBC News.<\/p>\n<p class=\"p2\">\u00ab C&#8217;\u00e9tait un peu surr\u00e9aliste, dit-il au sujet de l\u2019essai. Je pouvais voir la main se tendre. Je touchais quelque chose, je la serrais et j\u2019avais l\u2019impression que ma main fant\u00f4me se fermait sur quelque chose qu\u2019elle la serrait [&#8230;]. C\u2019\u00e9tait tr\u00e8s \u00e9trange d\u2019avoir cette sensation, parce que je ne l\u2019avais pas sentie depuis 10 ans \u00bb.<\/p>\n<h2 class=\"p1\"><span class=\"s1\">\u00ab Il y a un point o\u00f9 l\u2019on en arrive \u00e0 avoir l\u2019impression qu\u2019il fait partie de soi. \u00bb<\/span><\/h2>\n<p class=\"p1\"><b>L\u2019incarnation<\/b> est importante, dit M. Sensinger, parce que \u00ab cela vous permet d\u2019accomplir beaucoup plus de choses et de prendre con-fiance beaucoup plus vite, ce qui augmente la probabilit\u00e9 que vous continuiez d\u2019utiliser l\u2019appareil. \u00bb<\/p>\n<p class=\"p2\">Environ un quart des personnes amput\u00e9es abandonnent leur proth\u00e8se \u00e0 cause de la douleur r\u00e9siduelle ou fant\u00f4me du membre, de l\u2019inconfort, ou de la d\u00e9connexion psychologique. D\u2019autres pr\u00e9f\u00e8rent les appareils plus rudimentaires parce que les mod\u00e8les plus avanc\u00e9s ne conviennent pas \u00e0 leur mode de vie (par exemple, ils ne sont pas pratiques pour un agriculteur qui aurait du mal \u00e0 tenir sa proth\u00e8se loin de l\u2019eau ou des salissures) ou parce qu\u2019ils ne reproduisent pas assez fid\u00e8lement les mouvements naturels, ce qui cause des frustrations.<\/p>\n<p class=\"p2\">Les recherches \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Case Western Reserve de Cleveland, en Ohio, indiquent que les amput\u00e9s utilisent les proth\u00e8ses qui reproduisent le sens du toucher plus souvent et plus longtemps que les autres types de proth\u00e8ses.<\/p>\n<p class=\"p2\">Prouver que la technologique fonctionne et d\u00e9montrer qu\u2019elle am\u00e9liore la vie des amput\u00e9s est important, dit la D<sup>re<\/sup> Hebert. \u00ab Tout ce que nous faisons s\u2019applique \u00e0 une population relativement peu nombreuse et il y a souvent une certaine r\u00e9ticence \u00e0 offrir des dispositifs avanc\u00e9s aux gens parce qu\u2019ils n\u2019en voient pas les avantages. \u00bb<\/p>\n<p class=\"p2\">Les r\u00e9gimes de sant\u00e9 publics ou priv\u00e9s ne couvrent habituel-lement pas les proth\u00e8ses de pointe, ou limitent leur acc\u00e8s, \u00e0 cause de leur co\u00fbt et des sc\u00e9narios fantaisistes d\u2019Hollywood.<\/p>\n<p class=\"p2\">\u00ab Nous pensons que les Canadiens seraient choqu\u00e9s d\u2019apprendre que si vous perdez un membre, les proth\u00e8ses n\u00e9cessaires au r\u00e9tablissement des fonctions ne <span class=\"s1\">sont pas ad\u00e9quatement couvertes \u00bb,<\/span> d\u00e9clare M<sup>me<\/sup> Alexis McConachie, responsable de la communication et gestionnaire de cas chez les Amput\u00e9s de guerre. \u00ab Pour les civils, la diff\u00e9rence entre ce qui est couvert et ce dont ils ont besoin peut varier entre quelques centaines et quatre-vingt-mille dollars. \u00bb<\/p>\n<p class=\"p2\">Une des proth\u00e8ses de membre sup\u00e9rieur que la DARPA finance est nomm\u00e9e Life Under Kinetic Evolution (vie sous \u00e9volution cin\u00e9tique, NDT) formant l\u2019acronyme LUKE en r\u00e9f\u00e9rence au h\u00e9ros de <i>La Guerre des \u00e9toiles<\/i> Luke Skywalker, dont le bras est tranch\u00e9 par un m\u00e9chant et remplac\u00e9 par une proth\u00e8se qui fonctionne exactement comme l\u2019original. LUKE a des articulations motoris\u00e9es, y compris une articulation de l&#8217;\u00e9paule qui permet aux amput\u00e9s de saisir des objets au-dessus de leur t\u00eate, et une articulation du poignet qui leur permet de maintenir la main \u00e0 l\u2019horizontale. Les doigts ont de multiples positions de saisie complexes afin de se conformer \u00e0 diff\u00e9rents objets. Elle procure une sensation tactile limit\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Et elle coute \u00e0 peu pr\u00e8s 150 000 $. <\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">Au Canada, un bras cosm\u00e9tique coute moins de 5 000 $, et le prix d\u2019un bras \u00e9quip\u00e9 d\u2019une pince double est d\u2019environ 10 000 $. \u00ab Pour le dispositif myo\u00e9lectrique le plus simple, dit la D<sup>re<\/sup> Hebert,<br \/>\nla main coute probablement <span class=\"s2\">20 000 $, le membre entre 50 000 $<\/span> et 60 000 $ et le coude peut couter jusqu\u2019\u00e0 80 000 $. Le prix monte rapidement quand on ajoute<br \/>\ndes parties. \u00bb<\/p>\n<p class=\"p2\">M\u00eame si davantage d\u2019unit\u00e9s sont vendues et que les progr\u00e8s technologiques, tels que l\u2019impression 3D, r\u00e9duisent les couts de fabrication, les proth\u00e8ses myo\u00e9lectriques sont faites sur mesure pour chaque amput\u00e9, alors elles coutent tr\u00e8s cher.<\/p>\n<p class=\"p2\">Les assureurs et les r\u00e9gimes d\u2019avantages sociaux tentent de maitriser leurs couts en imposant certaines limites : remboursement au pourcentage, types de proth\u00e8ses couvertes ou restriction du nombre et de la fr\u00e9quence des remplacements. Les proth\u00e8ses myo\u00e9lectriques sont souvent totalement exclues. Certains r\u00e9gimes ne couvrent qu\u2019un seul membre \u00e0 vie, bien qu\u2019\u00ab en moyenne, une personne amput\u00e9e n\u00e9cessite une nouvelle proth\u00e8se tous les trois \u00e0 cinq ans \u00bb, dit M<sup>me<\/sup> McConachie, car les composants vieillissent et le corps change.<\/p>\n<p class=\"p2\">De plus, la publicit\u00e9 faite \u00e0 la recherche de pointe et les repr\u00e9-sentations fictives \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision et au cin\u00e9ma donnent l\u2019impression que les proth\u00e8ses peuvent faire beaucoup plus que ce qu\u2019elles peuvent faire en r\u00e9alit\u00e9. M\u00eame les proth\u00e8ses les plus perfectionn\u00e9es sont encore loin de reproduire exactement les fonctions d\u2019une main humaine, mais les assureurs n\u2019approuvent souvent que les \u00ab proth\u00e8ses de base \u00bb, comme le simple bras \u00e9quip\u00e9 d\u2019une pince double et actionn\u00e9 par le corps. On est loin de la dext\u00e9rit\u00e9 n\u00e9cessaire pour accomplir ais\u00e9ment des t\u00e2ches quotidiennes comme attacher ses lacets ou boutonner sa chemise.<\/p>\n<p class=\"p2\">\u00c0 ce jour, les proth\u00e8ses ne permettent aux amput\u00e9s que de ressentir un nombre restreint de sensations : chaud et froid, rugo-sit\u00e9 de surface, douleur \u00ab bien que nous ne provoquions pas celle-l\u00e0 intentionnellement, plaisante M. Sensinger. Nous ne sommes toujours pas au point o\u00f9 les sensations sont \u00e0 100 pour 100 naturelles \u00bb, m\u00eame si certains amput\u00e9s disent qu\u2019elles le sont. Mais \u00ab c\u2019est beaucoup mieux que la stimulation \u00e9lectrique, par exemple, ou qu\u2019un bourdonnement. Il y a encore beaucoup de d\u00e9tails pratiques \u00e0 r\u00e9gler, mais les fondements scientifiques semblent robustes \u00bb.<\/p>\n<p class=\"p2\">En plus d\u2019am\u00e9liorer imm\u00e9dia-tement la qualit\u00e9 de vie, une proth\u00e8se r\u00e9duit l\u2019incidence d\u2019autres pathologies qui risquent de se manifester apr\u00e8s une amputation. Selon une recherche am\u00e9ricaine r\u00e9cente, les amput\u00e9s sans proth\u00e8se de bras surchargent le bras qu\u2019il leur reste, ce qui m\u00e8ne \u00e0 un surmenage qui leur cause des blessures comme l\u2019arthrose, les tendinites, les entorses et les fractures de stress. L\u2019utilisation d\u2019une proth\u00e8se appropri\u00e9e r\u00e9duit le cout de tels traitements, r\u00e9duisant ainsi les charges du syst\u00e8me de soins de sant\u00e9. \u00ab C\u2019est une bonne mesure \u00e9conomique \u00bb, dit<br \/>\nM<sup>me<\/sup> McConachie.<\/p>\n<p class=\"p2\">Les r\u00e9gimes publics de soins de sant\u00e9 couvrent le cout total du remplacement du genou et de la hanche, \u00ab de v\u00e9ritables proth\u00e8ses internes \u00bb, d\u00e9clare-t-elle, mais les amput\u00e9s doivent \u00ab assumer les charges financi\u00e8res, les probl\u00e8mes de sant\u00e9 et de fonctionnalit\u00e9 \u00bb. Les amput\u00e9s du Canada, peu nombreux, pourraient acqu\u00e9rir des membres artificiels appropri\u00e9s, <span class=\"s1\">pr\u00e9cise-t-elle, pour \u00ab beaucoup moins que ce que coute le remplacement des genoux et des hanches. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">Pourtant, une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e par le minist\u00e8re am\u00e9ricain des Anciens combattants estime que le cout des proth\u00e8ses, pendant toute une vie, pour un seul bras amput\u00e9 \u00e0 la guerre en Irak ou en Afghanistan s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 823 299 $ US.<\/p>\n<p class=\"p2\">\u00ab Je me suis toujours senti chanceux \u00bb, d\u00e9clare M. Hayes-Richards, dont les proth\u00e8ses ont \u00e9t\u00e9 pay\u00e9es par Anciens Combattants Canada. \u00ab Chanceux qu\u2019\u00e0 mon \u00e2ge, on m\u2019ait permis d\u2019avoir un bras, et qu\u2019on ait permis de l\u2019am\u00e9liorer. Le bras et la main que j\u2019ai maintenant coutent 150 000 $. C\u2019est comme si on m\u2019avait donn\u00e9 une Lamborghini. \u00bb<\/p>\n<p class=\"p2\">\u00ab Bien que leur cout initial soit \u00e9lev\u00e9, les membres artificiels ne sont pas des articles de luxe \u00bb, ajoute M<sup>me<\/sup> McConachie.<\/p>\n<p class=\"p2\">Entre 2013 et 2018, Anciens Combattants Canada a fourni des proth\u00e8ses \u00e0 35 anciens combattants, qui ont cout\u00e9 617 000 $ en tout. Il n\u2019y a aucune limite sur le prix des proth\u00e8ses, nous dit Emily Gauthier des relations avec les m\u00e9dias d\u2019ACC.<\/p>\n<p class=\"p2\">Les anciens combattants dont l\u2019amputation est li\u00e9e au service ont droit \u00e0 un dispositif principal pour usage quotidien, \u00e0 un membre de secours, \u00e0 des dispositifs particuliers concernant les activit\u00e9s de la vie quotidienne (comme la douche) et \u00e0 des dispositifs leur permettant \u00ab de participer \u00e0 des activit\u00e9s sportives, r\u00e9cr\u00e9atives, de loisirs, etc. \u00bb. ACC prend en charge les frais de r\u00e9paration et de remplacement, estimant la dur\u00e9e de vie des proth\u00e8ses de bras \u00e0 cinq ans, pourvu qu\u2019il n\u2019y ait pas de dommages ni de perte.<\/p>\n<p class=\"p2\">Les proth\u00e8ses de M. Hayes-Richards ont \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9es \u00e0 plusieurs reprises au fil des ann\u00e9es, avec une am\u00e9lioration r\u00e9guli\u00e8re de leurs fonctions. Il mentionne par exemple le fait de ramasser le courrier. Une fois qu\u2019on l\u2019a en main, si on a un membre naturel, on cesse de penser qu\u2019on l\u2019a dans la main. Mais \u00ab avec mon premier bras myo\u00e9lectrique &#8230; il fallait rester concentr\u00e9 \u00bb. Avec le dernier bras \u00ab je n\u2019avais pas peur de laisser tomber les choses que je ramassais. Je savais que je les tenais assez serr\u00e9es rien qu\u2019en pensant \u00e0 fermer la main \u00bb.<\/p>\n<p class=\"p1\"><b>Des centaines <\/b>de millions de dollars ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pens\u00e9s pour le d\u00e9veloppement de proth\u00e8ses de bras ultra sophistiqu\u00e9es actuellement \u00e0 l\u2019essai; une somme qu\u2019on ne pourrait peut-\u00eatre pas justifier en ne tenant compte que du petit nombre de personnes qui en b\u00e9n\u00e9ficieront, mais il s\u2019agit aussi de l\u2019engagement des gouvernements \u00e0 faire de leur mieux pour les militaires bless\u00e9s, et du fait que les nombreuses perc\u00e9es scientifiques auront d\u2019autres applications, civiles ou militaires.<\/p>\n<p class=\"p2\">\u00ab Il n\u2019y a pas que les utilisateurs de proth\u00e8se qui b\u00e9n\u00e9ficient de ces nouvelles connaissances sur la fa\u00e7on d\u2019int\u00e9grer cette technologie au fonctionnement du cerveau, dit la D<sup>re<\/sup> Hebert. Les exosquelettes motoris\u00e9s pour les l\u00e9sions de la moelle \u00e9pini\u00e8re, la roboti-que \u00e0 distance et les syst\u00e8mes virtuels pourraient b\u00e9n\u00e9ficier de la r\u00e9troaction sensorielle. \u00bb<\/p>\n<p class=\"p2\">Les innovations pour un meilleur contr\u00f4le des proth\u00e8ses gr\u00e2ce \u00e0 des interfaces cerveau\/machine, par exemple, font avancer les recherches sur la technologie qui pourrait aider \u00e0 r\u00e9tablir la mobilit\u00e9 et le sens du toucher chez les victimes de l\u00e9sion c\u00e9r\u00e9brale, d\u2019accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral ou de paralysie, \u00e0 contr\u00f4ler des robots qui font un travail trop dangereux pour l\u2019homme, comme le d\u00e9minage, \u00e0 am\u00e9liorer la communication silencieuse au champ de bataille ou les exp\u00e9riences de r\u00e9alit\u00e9 virtuelle pour le vaste secteur des jeux sur console ou ordinateur et, bien entendu, \u00e0 am\u00e9liorer la formation militaire.<\/p>\n<p class=\"p2\">Tandis que l\u2019\u00e9quipe de la D<sup>re<\/sup> Hebert cherche \u00e0 int\u00e9grer un m\u00e9canisme de vibration dans les emboitures de proth\u00e8se pour am\u00e9liorer la sensation et l\u2019incarnation chez les amput\u00e9s, des chercheurs su\u00e9dois essaient de cr\u00e9er des nerfs artificiels qui am\u00e9lioreraient les capteurs tactiles dans les proth\u00e8ses pour enrichir les sensations en y incluant celles de la texture et de la pression, et pour communiquer ces renseignements au cerveau de mani\u00e8re \u00e0 ce qu\u2019il les reconnaisse.<\/p>\n<p class=\"p2\">Une technique chirurgicale qui consiste \u00e0 transplanter des greffons musculaires autour de terminaisons nerveuses \u00e0 l\u2019endroit de l\u2019amputation, moins invasive que celle qui consiste \u00e0 relocaliser ces derni\u00e8res, est en cours d\u2019essai.<\/p>\n<p class=\"p2\">Une autre technique consiste \u00e0 greffer des muscles oppos\u00e9s autour du nerf, de fa\u00e7on \u00e0 ce que lorsque l\u2019un se contracte, envo-yant un message \u00e0 la proth\u00e8se, l\u2019autre s\u2019\u00e9tire, envoyant un signal au cerveau. En prime, les muscles \u00e9mettent des signaux \u00e9lectriques proportionnels \u00e0 la stimulation, ce qui se traduit par des sensations plus intenses selon \u00e0 la position, la vitesse et la force, et par une plus grande pr\u00e9cision des mouvements pour l\u2019amput\u00e9.<\/p>\n<p class=\"p2\">\u00ab L\u2019extraction des signaux est l\u2019autre d\u00e9fi majeur \u00bb, nous dit la D<sup>re<\/sup> Hebert. On utilise actuellement des \u00e9lectrodes cutan\u00e9es, mais \u00e0 l\u2019horizon de la recherche se profilent des \u00e9lectrodes pouvant \u00eatre implant\u00e9es autour des nerfs, dans les muscles, ou m\u00eame dans le cerveau.<\/p>\n<p class=\"p2\">Les recherches enrichissent les fonctions des bras et des mains proth\u00e9tiques, et peut-\u00eatre arrivera-t-on un jour \u00e0 cr\u00e9er des mains articul\u00e9es ou chaque doigt peut bouger individuellement, \u00e0 des poignets plus souples et \u00e0 l\u2019int\u00e9gration v\u00e9ritable de la r\u00e9troaction sensorielle.<\/p>\n<p class=\"p2\">Des chercheurs au Royaume-Uni sont en train d\u2019int\u00e9grer la visionique aux proth\u00e8ses de main. Lorsque la main proth\u00e9tique se rapproche d\u2019un objet, une cam\u00e9ra mont\u00e9e sur le poignet envoie des informations \u00e0 un ordinateur qui \u00e9value la meilleure fa\u00e7on de le saisir, puis il pr\u00e9pare la main en cons\u00e9quence.<\/p>\n<p class=\"p2\">Des techniques d\u2019insertion de greffons osseux auxquels des membres artificiels permanents pourraient \u00eatre attach\u00e9s sont \u00e0 l\u2019\u00e9tude dans l\u2019espoir d\u2019obtenir une communication sup\u00e9rieure entre les muscles, les tendons et le syst\u00e8me nerveux pour aider les amput\u00e9s \u00e0 situer leur membre artificiel dans l\u2019espace. De nombreux d\u00e9fis restent \u00e0 relever, comme la r\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence des os et de la peau dans le mat\u00e9riau de l\u2019implant et l\u2019\u00e9tanch\u00e9it\u00e9 du point de contact entre la peau et la partie saillante de l\u2019implant, ce qui est crucial pour pr\u00e9venir les infections.<\/p>\n<p class=\"p2\">Des chercheurs aux \u00c9tats-Unis tentent de d\u00e9velopper une peau artificielle pour les proth\u00e8ses afin d\u2019am\u00e9liorer la sensation tactile et de communiquer diverses sensations au cerveau. Cette technologie am\u00e9liorerait le sens du toucher chez l\u2019amput\u00e9, et pourrait servir \u00e0 la cr\u00e9ation de capteurs portatifs qui d\u00e9tecteraient des choses comme la pression art\u00e9rielle ou le rythme cardiaque.<\/p>\n<p class=\"p2\">M. Hayes-Richards est un b\u00e9n\u00e9vole enthousiaste. \u00ab Je me suis senti chanceux tout le long. Chanceux d\u2019avoir l\u2019op\u00e9ration [TMR], chanceux d\u2019avoir pu aller \u00e0 Chicago pour apprendre comment faire fonctionner le bras. Et puis je me suis mis \u00e0 penser, eh bien, ce n\u2019est pas vraiment de moi qu\u2019il s\u2019agit. Il s\u2019agit de tous les gens qui auront le m\u00eame probl\u00e8me \u00e0 l\u2019avenir et qui pourront obtenir un bras tout de suite et l\u2019utiliser d\u00e8s le d\u00e9but. \u00bb<\/p>\n<p class=\"p2\">Il y a dix ans, les anciens combattants amput\u00e9s ne pouvaient que r\u00eaver \u00e0 des proth\u00e8ses aussi performantes que celles qui existent aujourd&#8217;hui. Pour atteindre le r\u00e9sultat imagin\u00e9 par <i>La Guerre des \u00e9toiles<\/i>, il va falloir poursuivre des id\u00e9es dont on n\u2019a pas encore r\u00eav\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab C\u2019est \u00a0 incroyable \u00bb,\u00a0dit Larry Hayes-Richards en regardant les doigts de son bras bionique se plier, une prouesse qu\u2019il r\u00e9alise par la seule pens\u00e9e. \u00c0 72 ans, cet ancien combattant de Sherwood Park, en Alberta, est un pionnier de l\u2019utilisation des proth\u00e8ses de bras myo\u00e9lectriques au Canada. 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