{"id":4666,"date":"2019-04-05T10:28:39","date_gmt":"2019-04-05T14:28:39","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=4666"},"modified":"2019-04-29T10:54:05","modified_gmt":"2019-04-29T14:54:05","slug":"la-vie-au-front","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2019\/04\/la-vie-au-front\/","title":{"rendered":"La vie au Front"},"content":{"rendered":"<div class=\"caption_img\">\r\n        <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4667\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/PA-211474.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"772\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/PA-211474.jpg 3942w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/PA-211474-220x300.jpg 220w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/PA-211474-768x1047.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/PA-211474-751x1024.jpg 751w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Un sergent non identifi\u00e9 du Royal Hamilton Light Infantry porte un harnais mod\u00e8le 1937, qui fut remplac\u00e9 pour le D\u00e9barquement par le mod\u00e8le 1942, dont la capacit\u00e9 \u00e9tait sup\u00e9rieure. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Collection W.E. Storey\/Metropolis studio; capitaine Laurie A. Audrain\/MDN\/BAC\/PA-211474<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<h2 class=\"p1\">Ce qu\u2019on\u00a0portait, <span class=\"s1\">disait\u00a0<\/span><span class=\"s1\">et <\/span>mangeait\u00a0au front pendant la Seconde Guerre mondiale<\/h2>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Sept-cent-cinquante-mille <\/b>Canadiens ont port\u00e9 l\u2019uniforme kaki \u00e0 la Seconde Guerre mondiale. Des hommes de toutes les r\u00e9gions du pays se sont soudainement retrouv\u00e9s dans des baraquements o\u00f9 ils apprenaient \u00e0 devenir soldats. La transition n\u2019\u00e9tait pas facile, ils devaient apprendre \u00e0 d\u00e9filer, \u00e0 tirer et \u00e0 combattre. Les dizaines de milliers d\u2019entre eux qui ont pris part aux combats ont d\u00fb s\u2019habituer \u00e0 la violence et \u00e0 la mort. Voici un aper\u00e7u de ce qu\u2019ils portaient, mangeaient et disaient au front.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s2\"><b>CE QU\u2019ILS <\/b><\/span><span class=\"s3\"><b>PORTAIENT<\/b><\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Tout d\u2019abord<\/b>, ils mirent leurs v\u00eatements civils de c\u00f4t\u00e9. Tout comme en 1914, il n\u2019y avait pas suffisamment d\u2019uniformes pour les premi\u00e8res unit\u00e9s se pr\u00e9parant \u00e0 partir pour l\u2019\u00e9tranger. Les bottes \u00e9taient en nombre insuffisant, et certaines unit\u00e9s n\u2019avaient que des uniformes de la Grande Guerre sous la main. Toutefois, \u00e0 partir de la fin de 1939, les soldats pouvaient porter une tenue canadienne qui \u00e9tait une version am\u00e9lior\u00e9e de la tenue de combat de conception britannique. Tous les soldats ont fini par en avoir une peu apr\u00e8s. La chemise en serge de laine avait deux poches \u00e0 la poitrine et un col boutonn\u00e9. Le pantalon assorti avait des boucles pour la ceinture, des boutons pour les bretelles et des poches pour les cartes et le pansement de combat.<\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s1\">Bien repass\u00e9, et orn\u00e9 du rang, de l\u2019unit\u00e9 et des insignes de formation, et agr\u00e9ment\u00e9 du nouveau b\u00e9ret r\u00e9glementaire port\u00e9 sur le c\u00f4t\u00e9, l\u2019uniforme donnait belle allure. Les officiers sup\u00e9rieurs dont la tenue \u00e9tait faite sur mesure \u00e9taient encore plus \u00e9l\u00e9gants; et certains d\u2019entre eux optaient m\u00eame pour le barath\u00e9a, un tissu plus doux.<\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s1\">Bien que de bonne qualit\u00e9, la tenue de combat \u00e9tait trop chaude en \u00e9t\u00e9 et pas assez chaude par temps froid. Au combat, elle absorbait la salet\u00e9 et la boue, et elle \u00e9tait tremp\u00e9e par temps pluvieux. Les militaires pouvaient la couvrir d\u2019une capote ou d\u2019une parka en hiver, parfois m\u00eame d\u2019un pourpoint en cuir, d\u2019une veste en peau de mouton ou de surv\u00eatements de ski blancs.<\/span><\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img decoding=\"async\" class=\"wp-image-4677\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/PA-137987.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"376\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/PA-137987.jpg 4800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/PA-137987-300x199.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/PA-137987-768x510.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/PA-137987-1024x680.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Les tireurs d\u2019\u00e9lite du R\u00e9giment de la Chaudi\u00e8re portent des v\u00eatements de camouflage d\u2019hiver britanniques, aux Pays-Bas, en janvier 1945. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Lieutenant Barney J. Gloster\/MDN \/BAC\/PA-137987<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s1\">Pendant les op\u00e9rations, une unit\u00e9 de bain et blanchisserie mobile (MBLU) r\u00e9ussissait parfois \u00e0 s\u2019avancer suffisamment pour distribuer de nouveaux v\u00eatements et permettre aux soldats en sueur, crasseux et parfois infest\u00e9s de poux de se laver. Le major Stewart Bull de l\u2019Essex Scottish Regiment a d\u00e9crit l\u2019arriv\u00e9e d\u2019une MBLU dans son unit\u00e9, en Normandie : \u00ab et l\u00e0, oh bonheur, il y avait une douche [&#8230;]. Il y avait du savon \u00e0 foison, et nous avons enfin pu nous sentir propres. Certains d\u2019entre nous [avons re\u00e7u] des v\u00eatements, des sous-v\u00eatements et des chaussettes propres, et nous les avons mis [&#8230;] c\u2019\u00e9tait un vrai luxe, ce jour-l\u00e0. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s4\">\u00c0 partir de 1943, les hommes portaient un b\u00e9ret sur le terrain, kaki pour la plupart, noir pour les unit\u00e9s blind\u00e9es et brun rouge\u00e2tre pour les unit\u00e9s a\u00e9roport\u00e9es. Au combat, les soldats portaient un casque d\u2019acier avec mentonni\u00e8re et filet de camouflage. Le casque, lourd et incommode, ne conf\u00e9rait aucune protection \u00e0 la nuque (except\u00e9 contre la pluie) et rebondissait quand on courrait.<\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s1\">Les soldats \u00e0 l\u2019entrainement portaient des salopettes kaki ou en denim, comme en portaient les unit\u00e9s de blind\u00e9s et celles qui s\u2019occupaient des v\u00e9hicules et des machines. L\u2019uniforme d\u2019\u00e9t\u00e9 se composait habituellement d\u2019une chemise et d\u2019une culotte courte kaki. En hiver, les Canadiens s\u2019habillaient pour \u00eatre au chaud sur le terrain, beaucoup d\u2019entre eux se procurant un pourpoint en cuir ou une veste en peau de mouton.<\/span><\/p>\n<h2 class=\"p1\">La tenue de combat \u00e9tait <span class=\"s1\">TROP CHAUDE EN \u00c9T\u00c9<\/span> et <span class=\"s1\">PAS ASSEZ CHAUDE <\/span>par temps froid.<\/h2>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s1\">Chaque homme avait un harnais \u00e0 sangles mod\u00e8le 1937, dont l\u2019entretien exigeait l\u2019application r\u00e9guli\u00e8re du produit de nettoyage Blanco. \u00c0 la ceinture et aux sangles sur les \u00e9paules, il y avait diverses poches pour les munitions, un petit paquet de premi\u00e8res n\u00e9cessit\u00e9s, un \u00e9tui de masque \u00e0 gaz (souvent abandonn\u00e9, car les soldats se sont aper\u00e7us que le gaz ne serait probablement pas utilis\u00e9 contre eux), des sachets utilitaires pour des munitions suppl\u00e9mentaires, un brandebourg pour ba\u00efonnette et un compartiment pour pelle-pioche. Les officiers avaient un \u00e9tui \u00e0 jumelles, un \u00e9tui \u00e0 boussole et un \u00e9tui \u00e0 pistolet. Le gros havresac du soldat, con\u00e7u pour \u00eatre port\u00e9 sur le dos, mais g\u00e9n\u00e9ralement abandonn\u00e9 \u00e0 l\u2019arri\u00e8re avec les v\u00e9hicules de transport de l\u2019unit\u00e9, servait au mat\u00e9riel de couchage, aux couvertures, \u00e0 la capote et au reste du mat\u00e9riel jug\u00e9 inutile au combat.<\/span><\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img decoding=\"async\" class=\"wp-image-4668\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/19750011-043.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"634\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/19750011-043.jpg 2305w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/19750011-043-268x300.jpg 268w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/19750011-043-768x860.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/19750011-043-914x1024.jpg 914w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Des contenants d\u2019eau en fer blanc \u00e0 bouchon en li\u00e8ge \u00e9taient distribu\u00e9s par la Marine royale du Canada. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>MCG\/19750011-043<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s1\">Dans le feu de l\u2019action, les soldats <\/span>adaptaient leur mat\u00e9riel \u00e0 ce qui fonctionnait le mieux. Chacun portait une charge de quelque <span class=\"s1\">20 kilogrammes. Le simple soldat avait un fusil 0,303 Lee-Enfield No. 4 Mk I et une ou deux cartouchi\u00e8res en bandouli\u00e8re contenant 50 cartouches chacune. Il portait habituellement un ou deux chargeurs de 30 cartouches pour les trois ou quatre mitrailleuses Bren de son peloton, au moins deux grenades n\u00b0 36 ou n\u00b0 69, et probablement des bombes de 2 livres pour le mortier de 2 pouces ou des projectiles de 3 livres pour l\u2019arme antichar de la compagnie. Une bouteille d\u2019eau et une ba\u00efonnette \u00e9taient accroch\u00e9es \u00e0 sa ceinture de toile; beaucoup portaient \u00e9galement un couteau.<\/span><\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4672\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Chapter-7022.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"391\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Chapter-7022.jpg 2398w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Chapter-7022-300x207.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Chapter-7022-768x531.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Chapter-7022-1024x708.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Portant de quoi se nourrir et combattre pendant deux jours, les soldats canadiens d\u00e9barquent sur la plage Juno en juin 1944. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Lieutenant Ken Bell\/MDN\/BAC\/PA-132655<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s1\">Les servants de mitrailleuse Bren devaient trimballer leur arme qui pesait environ 10 kilogrammes, et les radios portaient l\u2019encombrant appareil avec l\u2019antenne r\u00e9v\u00e9latrice qui le surmontait. La plupart des sous-officiers avaient une mitraillette Sten; les officiers, une Sten et un r\u00e9volver. En Italie, ce sont des Tommy (mitraillettes Thompson) qu\u2019on utilisait.<\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s1\">Dans le petit sac du soldat se trouvait un tapis de sol, quelques boites de nourriture pr\u00e9lev\u00e9es dans les paquets de rationnement, des biscuits de mer pour les urgences, des cigarettes, un briquet, une paire de chaussettes, une trousse de couture (surnomm\u00e9e \u00ab housewife \u00bb [m\u00e9nag\u00e8re, NDT]), des lunettes de secours, du cirage, des lacets, un n\u00e9cessaire de rasage, une brosse \u00e0 dents, un pr\u00e9servatif ou deux au cas o\u00f9 une occasion se pr\u00e9sente-rait, des gamelles en aluminium, une tasse, un couteau de poche, une cuill\u00e8re, une fourchette, le courrier, quelques photos, un jeu de cartes et un livret de solde.<\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s1\">Marcher, et m\u00eame courir, en portant de telles charges, n\u00e9cessitait une excellente condition physique et une grande endurance.<\/span><\/p>\n<p class=\"p5\"><span class=\"s5\"><b>CE QU\u2019ILS <\/b><\/span><span class=\"s2\"><b>DISAIENT <\/b><\/span><span class=\"s5\"><b>ET <\/b><\/span><span class=\"s2\"><b>CHANTAIENT<\/b><\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Les soldats<\/b> canadiens ont d\u00fb ma\u00eetriser le langage \u00e9trange de l\u2019arm\u00e9e. Il y avait des abr\u00e9viations militaires, comme SMR (sergent-major r\u00e9gimentaire), SQMC (sergent quartier-ma\u00eetre de compagnie), CO (commandant), SMC (sergent-major de compagnie) et adj (adjudant) \u2013 il s\u2019agissait des officiers et des sous-off (sous-officiers) qui contr\u00f4laient leur vie au jour le jour.<\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s1\">Il y avait des termes argotiques comme \u00ab Aldershit, \u00bb variante peu flatteuse du nom du camp d\u2019entrainement Aldershot (<i>shit<\/i> signifiant merde, NDT) en Angleterre. Les Italiens \u00e9taient des \u00ab Eyties \u00bb, les Allemands \u00e9taient des \u00ab Jerries \u00bb ou des \u00ab boches \u00bb, et il y avait aussi le \u00ab Jerrican \u00bb qui servait au transport de l\u2019essence ou de l\u2019eau (parfois m\u00eame, sans nettoyage interm\u00e9diaire). Les soldats esp\u00e9raient qu&#8217;ils seraient \u00ab LOB \u00bb (laiss\u00e9s hors de la bataille, NDT) quand leur unit\u00e9 passerait \u00e0 l\u2019attaque. Un homme \u00ab LOB \u00bb \u00e9tait cens\u00e9 faire partie du noyau autour duquel une unit\u00e9 d\u00e9cim\u00e9e serait reconstitu\u00e9e. \u00ab Snafu \u00bb <\/span><span class=\"s4\">\u00e9tait l\u2019acronyme de Situation Normal :\u00a0<\/span><span class=\"s1\">All Fucked Up (ou Fouled Up) (c\u2019est-\u00e0-dire <i>Situation normale : c\u2019est la merde<\/i>, NDT); \u00ab recce \u00bb se disait pour la reconnaissance; le \u00ab meathead \u00bb (t\u00eate de viande, NDT) \u00e9tait un pr\u00e9v\u00f4t ou un policier militaire; le \u00ab zombie \u00bb \u00e9tait un conscrit pour la d\u00e9fense au pays; un \u00ab ring knocker \u00bb (anneau heurtoir, NDT) \u00e9tait un dipl\u00f4m\u00e9 du Coll\u00e8ge militaire royal qui profitait de ses relations pour monter en grade.<\/span><\/p>\n<p class=\"p4\">Les jurons habituels \u00e9taient en usage constant, si bien qu\u2019en Sicile, en aout 1943, l\u2019aum\u00f4nier des Seaforth Highlanders of Canada a tent\u00e9 de choquer les soldats \u2013 pour qu\u2019ils \u00e9purent leur langue \u2013, en pronon\u00e7ant un juron particuli\u00e8rement offensant dans le titre du sermon qu\u2019il a prononc\u00e9 lors d\u2019un rassemblement pour service religieux obligatoire. Dans une lettre envoy\u00e9e au pays, il est dit que cela avait donn\u00e9 lieu \u00e0 \u00ab quelques rires nerveux \u00bb, mais que rien n\u2019avait chang\u00e9 \u00e0 la longue :\u00ab La plupart des hommes m\u00ealent des jurons \u00e0 leur parler aussi naturellement qu\u2019ils aspirent de l\u2019air dans leurs poumons, et m\u00eame peut-\u00eatre sans vouloir mal faire. \u00bb<\/p>\n<p class=\"p4\">Au d\u00e9fil\u00e9, les soldats marchaient au rythme de la musique militaire. Certaines unit\u00e9s avaient apport\u00e9 des instruments en cachette (il \u00e9tait interdit de les emporter outre-mer), puis ils les avaient sortis en Angleterre, quand la voie \u00e9tait libre. Les r\u00e9giments de Highlanders avaient leurs cornemuseurs, bien s\u00fbr, et \u00e0 Dieppe et le jour J, certaines unit\u00e9s ont d\u00e9barqu\u00e9 au son des cornemuses. Cependant, dans les casernes, la plupart des soldats \u00e9coutaient les big bands de Benny Goodman ou de Glenn Miller \u00e0 la radio, pleuraient discr\u00e8tement quand Vera Lynn chantait <i>The White Cliffs of Dover<\/i>, ou fantasmaient sur l\u2019extraordinaire <i>Lili Marlene<\/i>, qui \u00e9tait populaire chez les Alli\u00e9s comme chez les Allemands. Parfois, le sentiment qu\u2019ils se trouvaient \u00e0 un front oubli\u00e9 faisait \u00e9crire des paroles ironiques aux soldats, comme \u00ab We are the D-Day Dodgers in sunny Italy (Nous <span class=\"s1\">sommes les tire-au-flanc du jour J,<\/span> sous le soleil de l\u2019Italie, NDT) \u00bb.<\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s1\">Il y avait aussi des spectacles produits par l\u2019arm\u00e9e et mettant en vedette des artistes canadiens. Les com\u00e9diens Wayne et Shuster, par exemple, ont fait carri\u00e8re au Canada, en Grande-Bretagne et pr\u00e8s du front en Europe du Nord-Ouest avec le spectacle \u00ab The Army Show \u00bb, fastueuse revue musicale et humo-ristique qui a eu beaucoup de succ\u00e8s.<\/span><\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4679\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/PA190144.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"428\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/PA190144.jpg 5678w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/PA190144-300x227.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/PA190144-768x581.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/PA190144-1024x775.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Des membres de la 9e Brigade d\u2019infanterie canadienne mangeant dans des gamelles \u00e0 bord d&#8217;un engin de d\u00e9barquement se dirigeant vers la France au jour J. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Lieutenant Ken Bell\/MDN\/BAC\/PA-190144<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s2\"><b>CE QU\u2019ILS <\/b><\/span><span class=\"s6\"><b>MANGEAIENT<\/b><\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Les soldats<\/b> \u00e9taient bien nourris, mais l\u2019arm\u00e9e n\u2019aspirait pas \u00e0 la gastronomie. La plupart des soldats canadiens, ayant grandi pendant la d\u00e9pression, n\u2019avaient jamais connu la bonne ch\u00e8re et ils se contentaient probablement bien de la \u00ab bouffe \u00bb de l\u2019arm\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s1\">Si les cuisiniers de compagnie ne pouvaient pas leur apporter leurs rations sur le terrain, les soldats se nourrissaient gr\u00e2ce au Composite Ration Pack : une caisse contenant assez de nourriture pour 14 hommes pendant 24 heures. Ces rations \u00ab compo \u00bb, emball\u00e9es en Grande-Bretagne, \u00e9taient constitu\u00e9es de biscuits durs, de margarine cireuse, de boites de viande et de l\u00e9gumes, de fromage, de th\u00e9, de confitures et de bonbons durs. Un des mets les plus convoit\u00e9es \u00e9tait un pouding imbib\u00e9 de m\u00e9lasse. Il y avait \u00e9galement des allumettes, sept cigarettes pour chaque homme, de l\u2019alcool solidifi\u00e9, et six feuilles de papier hygi\u00e9nique par soldat. Les rations n\u2019\u00e9taient pas tr\u00e8s bonnes, a racont\u00e9 un soldat par la suite, \u00ab mais cela faisait l\u2019affaire et nous survivions \u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s1\">Par contre, les bons cuisiniers de compagnie furetaient ici et l\u00e0 pour trouver de quoi enrichir les rations qu\u2019on leur fournissait. Le SQMC faisait transporter la nourriture au front dans de grandes marmites de fer qui tenaient la nourriture au chaud. Le r\u00e9gime des hommes comprenait habituellement beaucoup de pain, de pommes de terre, de haricots et de viande et visait \u00e0 leur donner au moins 3 000 calories par jour. Bien s\u00fbr, a \u00e9crit un canonnier avec un gros soup\u00e7on d\u2019amertume au sujet de son service : \u00ab Nos intendants, les malheureux\u2026 se servaient toujours les premiers. \u00bb<\/span><\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4669\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/19850419-022.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"621\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/19850419-022.jpg 2646w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/19850419-022-274x300.jpg 274w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/19850419-022-768x842.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/19850419-022-934x1024.jpg 934w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>La st\u00e9rilisation de l\u2019eau \u00e0 l\u2019aide de comprim\u00e9s \u00e9tait un processus en deux \u00e9tapes qui durait 30 minutes. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>MCG\/19850419-022<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s1\">Les soldats mangeaient \u00ab quand ils le pouvaient \u00bb, a racont\u00e9 un sergent des Cameron Highlanders. \u00ab Si vous aviez l\u2019occasion de prendre un repas chaud, vous le faisiez &#8230; mais s\u2019asseoir <\/span><span class=\"s7\">manger tranquillement, \u00e7a, non, \u00e7a n\u2019arrivait jamais. Parfois vous aviez \u00e0 peine le temps de prendre une bouch\u00e9e et les boches se mettaient \u00e0 vous bombarder, alors fini, le petit-d\u00e9jeuner. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s1\">Les soldats fouillaient aussi les maisons des civils \u00e0 la recherche de nourriture, s\u2019appropriant les comestibles (et autres objets de valeur) qu\u2019ils y trouvaient. Un officier a \u00e9crit en Allemagne qu\u2019il avait vu une estafette avec une dizaine de poulets attach\u00e9s \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de sa moto, et \u00ab deux soldats tirant et poussant un cochon pendant qu\u2019un autre affutait un couteau \u00e0 une meule. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s1\">Les officiers mangeaient parfois bien quand ils \u00e9taient \u00e0 l\u2019arri\u00e8re, mais au front, leur ration \u00e9tait la m\u00eame que celle de leurs hommes. Hal MacDonald du North Shore (New Brunswick) Regiment a \u00e9crit, le 22 juillet 1944 : \u00ab mon ordonnance est en train de faire frire des galettes de viande : Bully Beef, oignons, pommes de terre et biscuits de mer \u00e9miett\u00e9s. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s1\">La nourriture du mess des officiers, s\u2019il \u00e9tait situ\u00e9 assez loin du front, \u00e9tait meilleure, les suppl\u00e9ments \u00e9tant pay\u00e9s par le \u00ab fonds du mess \u00bb de ses membres, et il pouvait m\u00eame y avoir un diner r\u00e9gimentaire \u00e0 l\u2019occasion.<\/span><\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4670\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/19980036-001a.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"637\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/19980036-001a.jpg 2561w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/19980036-001a-266x300.jpg 266w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/19980036-001a-768x865.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/19980036-001a-910x1024.jpg 910w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Une bo\u00eete de beurre Maple Leaf de l\u2019\u00e9poque la Seconde Guerre mondiale. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>MCG\/19850419-022 <\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s1\">Les colis provenant du pays \u00e9taient tr\u00e8s pris\u00e9s. Le soldat Geoff Turpin du R\u00e9giment royal de Montr\u00e9al a \u00e9crit en Normandie : \u00ab J\u2019ai \u00e9norm\u00e9ment appr\u00e9ci\u00e9 votre colis, comme vous vous en doutez certainement. C\u2019\u00e9tait celui o\u00f9 il y avait l\u2019assortiment [&#8230;], le chocolat de Cunninghams, les barres de chocolat [&#8230;] et les Life Savers [&#8230;]. McBride (mon compagnon de trou) et moi faisons fondre le chocolat et y trempons les biscuits : des biscuits au chocolat! \u00c7a fait aussi du bon chocolat chaud. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s1\">Mais Turpin avait encore besoin de plusieurs choses de chez lui : \u00ab Le probl\u00e8me, en ce moment, ce sont les cigarettes parce que nous ne pouvons acheter que 60 anglaises par semaine. Tr\u00e8s bon march\u00e9 \u00e0 20 francs les 60. Mais ce sont toujours mes Winchester que j\u2019affectionne. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s1\">Les organismes de bienfaisance canadiens collectaient des fonds pour envoyer des cigarettes outre-mer, et les proches des soldats pouvaient envoyer 300 cigarettes pour seulement 1 $. Les cigarettes servaient de monnaie d\u2019\u00e9change aux Pays-Bas et en Allemagne occup\u00e9e, o\u00f9 un carton pouvait acheter presque n\u2019importe quoi : des bijoux, des appareils photo Leica, m\u00eame une prostitu\u00e9e.<\/span><\/p>\n<h2 class=\"p1\"><span class=\"s1\">Quelques \u00e2mes d\u00e9licates <\/span>NE POUVAIENT PAS SE R\u00c9SOUDRE \u00c0 BOIRE \u00c0 M\u00caME LE GOULOT<span class=\"s1\">.<\/span><\/h2>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s1\">Parfois, l\u2019arm\u00e9e faisait vraiment preuve d\u2019initiative. \u00c0 Arnhem, Pays-Bas, pendant l\u2019hiver 1944-1945, quand la guerre semblait interminable, un officier de l\u2019\u00e9tat-major du g\u00e9n\u00e9ral Guy Simonds du II<sup>e<\/sup> Corps canadien a organis\u00e9 \u00ab The Blue Diamond \u00bb, cantine dirig\u00e9e par l\u2019arm\u00e9e. \u00ab La boulangerie produira 2 000 petits pains, 100 tartes et 4 000 beignets par jour, \u00bb a \u00e9crit l\u2019officier, et \u00ab le boucher va hacher assez de viande pour faire 2 000 hamburgers par jour; on utilise 700 livres d\u2019ognons par semaine \u00bb. En fait, la cantine a connu un tel succ\u00e8s qu\u2019elle a servi pr\u00e8s de 6 000 hambur-gers par jour durant le premier mois.<\/span><\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4675\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/PA-133113.jpg\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"528\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/PA-133113.jpg 4800w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/PA-133113-300x280.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/PA-133113-768x717.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/PA-133113-1024x956.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Le sergent C. Orton du Highland Light Infantry of Canada prend une gorg\u00e9e de cidre, en France, deux semaines apr\u00e8s le jour J. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Lieutenant Ken Bell\/MDN\/BAC\/PA-133113<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s1\">L\u2019autre pr\u00e9occupation constante \u00e9tait l\u2019eau. L\u2019infrastructure locale d\u2019approvisionnement en eau avait souvent \u00e9t\u00e9 d\u00e9truite et l\u2019on craignait partout l\u2019empoisonnement des r\u00e9servoirs. Sur le terrain, les cours d\u2019eau \u00e9taient bien <\/span><span class=\"s7\">souvent pleins de cadavres d\u2019\u00eatres humains et d\u2019animaux. Les comprim\u00e9s de purification donnaient \u00e0 l\u2019eau un fort mauvais gout. La seule eau v\u00e9ritablement potable provenait des camions-citernes du Corps de l\u2019intendance de l\u2019Arm\u00e9e, mais elle avait toujours un gout de chlore.<\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s7\">Les soldats recevaient de la bi\u00e8re \u00e0 l\u2019occasion, mais il n\u2019y en avait jamais assez, et ils \u00e9taient toujours \u00e0 la recherche d\u2019alcool, s\u2019appropriant les bouteilles qu\u2019ils trouvaient dans les caches de l\u2019ennemi ou dans les fermes et les maisons. Ils buvaient directement au goulot, se passant la bouteille entre camarades. Quelques \u00e2mes d\u00e9licates ne pouvaient pas se r\u00e9soudre \u00e0 boire \u00e0 m\u00eame le goulot, et au moins un soldat a racont\u00e9 qu&#8217;il rangeait soigneusement un gobelet de verre lourd dans son sac, l\u2019enveloppant dans ses chaussettes suppl\u00e9mentaires, pour pouvoir boire avec un minimum de biens\u00e9ance.<\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s1\">\u00c0 la fin de la guerre, les soldats canadiens sont redevenus des civils. Est-ce qu&#8217;ils mangeaient mieux que dans l\u2019arm\u00e9e? Pour la plupart, oui. Est-ce qu\u2019ils juraient moins? Peut-\u00eatre. Ont-ils oubli\u00e9 leur temps dans l&#8217;arm\u00e9e? Certains ont essay\u00e9, mais peu ont r\u00e9ussi \u00e0 le faire. Ce qui est certain, c\u2019est que le service en temps de guerre a marqu\u00e9 tous ceux qui y sont pass\u00e9s.<i> <\/i><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce qu\u2019on\u00a0portait, disait\u00a0et mangeait\u00a0au front pendant la Seconde Guerre mondiale Sept-cent-cinquante-mille Canadiens ont port\u00e9 l\u2019uniforme kaki \u00e0 la Seconde Guerre mondiale. Des hommes de toutes les r\u00e9gions du pays se sont soudainement retrouv\u00e9s dans des baraquements o\u00f9 ils apprenaient \u00e0 devenir soldats. 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