{"id":4624,"date":"2019-01-30T11:59:08","date_gmt":"2019-01-30T15:59:08","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=4624"},"modified":"2019-02-21T12:00:52","modified_gmt":"2019-02-21T16:00:52","slug":"blessures-invisibles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2019\/01\/blessures-invisibles\/","title":{"rendered":"Blessures invisibles"},"content":{"rendered":"<div class=\"caption_img\">\r\n        <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4625 size-full\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/invisible-injury.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"459\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/invisible-injury.jpg 600w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/invisible-injury-300x230.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span><\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>Robert Carter<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<h2 class=\"p1\" style=\"text-align: center;\">LORSQUE LA CONSCIENCE MORALE<br \/>\n<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0\u00a0 \u00a0 \u00a0 <\/span>D\u2019UN SOLDAT EST ATTEINTE,<br \/>\n<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 <\/span>LE PROBL\u00c8ME ET SA SOLUTION<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span><br \/>\n<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>PEUVENT \u00caTRE DIFFICILES \u00c0 CERNER.<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Depuis pr\u00e8s de dix ans<\/b>, le r\u00e9ser-viste James (pseudonyme) des Forces arm\u00e9es canadiennes est hant\u00e9 par les souvenirs d&#8217;une de ses trois affectations en Afghanistan, hant\u00e9 par une chose qu&#8217;il n&#8217;a pas faite.\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Un civil afghan lui avait rapport\u00e9 qu\u2019un membre des talibans avait mis un dispositif explosif de circonstance (DEC) le long d&#8217;une route o\u00f9 passeraient des soldats retournant \u00e0 la base \u00e0 la fin d\u2019une patrouille. L&#8217;informateur lui avait dit qu&#8217;il pouvait voir le terroriste embusqu\u00e9, pr\u00eat \u00e0 faire sauter le prochain v\u00e9hicule militaire qui passerait.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Bien qu\u2019il f\u00fbt en contact radio avec un convoi canadien qui passerait par cette route, James avait re\u00e7u l\u2019ordre de ne transmettre de tels renseignements que par l\u2019interm\u00e9diaire de la cha\u00eene de commandement, qui les v\u00e9rifierait et donnerait les instructions en cons\u00e9quence. On l\u2019avait averti que des accusations seraient port\u00e9es contre quiconque transmettrait des renseignements autrement. \u00ab Ils disaient : \u201cNous sommes une unit\u00e9, une organisation [&#8230;] l\u2019information viendra de nous, pas de vous seuls.\u201d \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Alors c\u2019est ce que James fit. Il transmit les informations \u00e0 l\u2019\u00e9tat-major. \u00ab Et j\u2019ai attendu&#8230; et attendu&#8230; et attendu. \u00bb <\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Puis il a entendu les mots tant redout\u00e9s \u00e0 la radio : \u00ab Contact IED. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00ab J&#8217;ai tout entendu, seconde par seconde, minute par minute. \u00bb Il entendit que les munitions dans le VBL commen\u00e7aient \u00e0 cuire. Il entendit les cris de camarades qui tentaient d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment de leur porter secours. \u00ab Je me suis toujours demand\u00e9 si ce d\u00e9lai, \u00e0 cause de l\u2019orgueil de certains, \u00e0 cause des sacro-saintes r\u00e8gles, si \u00e7a a cout\u00e9 des vies. [&#8230;] Dans des situations comme celle-l\u00e0, dans les situations de vie ou de mort, c\u00e2lice, on s\u2019en fiche, rien de tout \u00e7a compte. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00ab Je dois vivre avec \u00e7a tous les jours. Chaque fois que je vois les photos de ces gars aux nouvelles, chaque fois que je pense \u00e0 cette affectation, \u00e7a me bouleverse. Ces gars-l\u00e0 seraient peut-\u00eatre encore avec nous; s\u2019ils ne le sont pas c\u2019est parce que j\u2019ai suivi les r\u00e8gles. J\u2019ai ob\u00e9i aux ordres. Je me sens coupable. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">James, qui souhaite rester anonyme, est toujours en service. Il re\u00e7oit des soins pour stress post-traumatique, mais ces sentiments\u00a0<\/span>de culpabilit\u00e9 qui perdurent <span class=\"s1\">indiquent un autre genre de blessure, aussi vieux que les conflits arm\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>La blessure morale<\/b>. C\u2019est une blessure non pas physique, ni psychologique, mais morale. C\u2019est une atteinte \u00e0 la conscience profonde ou m\u00eame, pour certains, \u00e0 l\u2019\u00e2me.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">La blessure morale peut co\u00efncider avec une blessure de stress posttraumatique, mais elle est tout \u00e0 fait distincte. Les gens qui ont un TSPT n\u2019ont pas tous une blessure morale et inversement, les gens qui ont une blessure morale n\u2019ont pas tous un TSPT. Mais certains ont les deux.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les anciens combattants qui ont une blessure morale peuvent \u00eatre hant\u00e9s par quelque chose qu&#8217;ils n\u2019ont pas fait, comme de n\u2019avoir pas pu sauver quelqu&#8217;un ou emp\u00eacher des actes r\u00e9pr\u00e9hensibles, ou par quelque chose qu&#8217;ils ont fait, comme avoir \u00e9t\u00e9 contraint de choisir quelle vie sauver, ou avoir tu\u00e9 accidentellement un alli\u00e9. Elle peut aussi \u00eatre caus\u00e9e par le fait d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin ou d\u2019avoir eu connaissance d\u2019un acte qui allait \u00e0 l&#8217;encontre de convictions profondes, comme le meurtre de civils ou d\u2019enfants, un massacre, ou l&#8217;ex\u00e9cution par l&#8217;ennemi d&#8217;un civil qui avait coop\u00e9r\u00e9, des vies inutilement sacrifi\u00e9es, par l\u2019ordre re\u00e7u de violer les r\u00e8gles d\u2019engagement, les codes de d\u00e9ontologie militaires ou la Convention de Gen\u00e8ve, par le mensonge ou autre conduite d\u00e9shonorante d\u2019une source qu\u2019on croyait digne de confiance.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00ab La trahison est l\u2019une des causes les plus fr\u00e9quentes de blessure \u00e0 l&#8217;\u00e2me, dit le psychologue Marv Westwood, de Vancouver. Se sentir abandonn\u00e9 par des camarades ou par des sup\u00e9rieurs alors que \u201cj\u2019assure tes arri\u00e8res\u201d est un mantra du service, \u00eatre humili\u00e9 et fui par les gens pour qui on \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 mourir. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Au fil des ans, nous avons interview\u00e9 de nombreux anciens combattants qui ont subi des blessures morales. Un tireur d\u2019\u00e9lite en Croatie en 1993, qui avait observ\u00e9 le massacre de tout un village sans pouvoir intervenir \u00e0 cause des r\u00e8gles d\u2019engagement. Un sous-marinier qui avait surv\u00e9cu \u00e0 l&#8217;incendie du NCSM <i>Chicoutimi<\/i> en 2004, et qui en avait conclu que la vie des marins n\u2019avait gu\u00e8re d\u2019importance aux yeux du commandement, et que la sant\u00e9 des survivants avait \u00e9t\u00e9 mise en p\u00e9ril inutilement.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Un jeune soldat, pendant la crise d\u2019octobre 1970, qui a vu sa foi en l\u2019arm\u00e9e et son propre sens moral \u00e9branl\u00e9s par la possibilit\u00e9 de recevoir l\u2019ordre de tirer sur ses concitoyens, ce qui le m\u00e8ne \u00e0 se demander, aujourd\u2019hui encore, s\u2019il <\/span>aurait appuy\u00e9 sur la g\u00e2chette.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Une soldate, au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, qui avait signal\u00e9 l\u2019agression sexuelle, en garnison, d\u2019un officier dont le devoir \u00e9tait de la prot\u00e9ger, et qui subit en cons\u00e9quence les moqueries et accusations de ses camarades et de ses sup\u00e9rieurs.<\/span><\/p>\n<h2 class=\"p1\" style=\"text-align: center;\"><b>La blessure morale viole les valeurs<br \/>\npersonnelles fondamentales\u00a0<\/b><span class=\"s1\"><b>du bien et du mal.<\/b><\/span><\/h2>\n<p class=\"p1\"><b><br \/>\nHonte et culpabilit\u00e9<\/b> sont les maitres mots de la blessure morale, des \u00e9motions n\u00e9gatives qui deviennent les bruits de fond de la vie, des pens\u00e9es intrusives et obs\u00e9dantes, combinaison de souvenirs et d\u2019autoaccusations que l\u2019on a sans cesse \u00e0 l\u2019esprit. Elles conduisent \u00e0 l\u2019autom\u00e9dication par les drogues et l\u2019alcool, et \u00e0 des comportements nomm\u00e9s \u00ab parasuicidaires \u00bb dans les livres de psychologie. On peut devenir tellement abattu que l\u2019on rejette tout ce qui pourrait remonter le moral, si d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 et incertain qu\u2019on ne peut faire con-fiance \u00e0 personne. La honte et la culpabilit\u00e9 entrainent beaucoup de tentatives de suicide, et trop d\u2019entre elles r\u00e9ussissent.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">La blessure morale viole les va-leurs personnelles fondamentales du bien et du mal, du bon et du mauvais, du juste et de l\u2019injuste. <\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00ab Porter les armes est une profession hautement morale de par sa nature, dit Megan M. Thompson, chercheuse \u00e0 Recherche et D\u00e9veloppement Canada. Du d\u00e9ploiement de l\u2019arm\u00e9e, \u00e0 la planification strat\u00e9gique des op\u00e9rations et jusqu\u2019aux actes du soldat au combat, les d\u00e9cisions \u00e0 tous les niveaux concernent la justice, l\u2019\u00e9quit\u00e9 et le bien. Il s\u2019agit d\u2019enjeux extr\u00eamement importants, de valeurs profond\u00e9ment ancr\u00e9es, et du bien-\u00eatre d\u2019autrui. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">L&#8217;\u00e9thique distingue le combat et la guerre de l\u2019assassinat et du massacre, et exige un comportement exemplaire chez les soldats, les marins et les membres de la force a\u00e9rienne, qu\u2019ils soient en uniforme ou non. Les militaires canadiens sont guid\u00e9s par des r\u00e8gles \u00e9crites, et ils re\u00e7oivent une formation \u00e0 l\u2019\u00e9thique. \u00ab L&#8217;\u00e9thique est un principe fondamental de la culture de nos hommes et de nos femmes en uniforme, \u00bb affirme la porte-parole du minist\u00e8re de la D\u00e9fense nationale Ashley Lemire.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">L\u2019\u00e9nonc\u00e9 \u00e9thique de la D\u00e9fense exige que les membres des Forces arm\u00e9es respectent la dignit\u00e9 de toute personne, servent le Canada avant eux-m\u00eames, et ob\u00e9issent \u00e0 <\/span><span class=\"s2\">l\u2019autorit\u00e9 l\u00e9gale et l\u2019appuient, agissent avec int\u00e9grit\u00e9, loyaut\u00e9 et courage et veillent \u00e0 l\u2019utilisation efficace des ressources \u00ab en tout temps et en tout lieu \u00bb. C\u2019est la pierre angulaire du Code de valeurs et d\u2019\u00e9thique du Programme d\u2019\u00e9thique de la d\u00e9fense, qui exige que les membres se comportent \u00ab d\u2019une mani\u00e8re qui puisse r\u00e9sister \u00e0 l\u2019examen public le plus approfondi \u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le code donne de nombreux exemples, mais dit que \u00ab les comportements attendus ne visent pas \u00e0 tenir compte de toutes les questions de nature \u00e9thique pouvant se poser au quotidien. \u00bb Il encourage \u00e9galement les membres \u00e0 demander aide et conseil \u00e0 \u00ab des sources appropri\u00e9es au sein de leur organisation \u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>L\u2019ancien aum\u00f4nier <\/b>Jim Short <\/span>a \u00e9t\u00e9 une de ces sources pendant 26 ans. La blessure morale <span class=\"s1\">\u00ab existe depuis le d\u00e9but des temps, <\/span>le d\u00e9but de la guerre \u00bb, dit-il.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Mais le terme n\u2019\u00e9tait pas en usage au d\u00e9but de sa carri\u00e8re, dans les ann\u00e9es 1990, quand l&#8217;arm\u00e9e \u00e9tait aux prises avec les retomb\u00e9es d&#8217;une mission de maintien de la paix au cours de laquelle un citoyen somalien avait \u00e9t\u00e9 battu \u00e0 mort par des membres du R\u00e9giment a\u00e9roport\u00e9 canadien, qui fut d\u00e9mantel\u00e9 par la suite; ni en Bosnie, o\u00f9 des soldats canadiens ont \u00e9t\u00e9 t\u00e9moins de massacres, de g\u00e9nocides et d\u2019autres atrocit\u00e9s; ni au Rwanda, o\u00f9 ils ont \u00e9t\u00e9 confront\u00e9s \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 des enfants soldats. L\u2019attention s\u2019est port\u00e9e pendant les ann\u00e9es 1990 sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une formation en \u00e9thique, dit M. Short. C\u2019est aussi pendant cette d\u00e9cennie que le diagnostic, le traitement et la pr\u00e9vention du stress posttraumatique ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Cependant, \u00ab quand j\u2019\u00e9tais en Afghanistan, les gens \u00e9taient angoiss\u00e9s, sans qu\u2019on puisse cerner un incident traumatique particulier \u00bb comme dans le cas du stress posttraumatique. Parmi les \u00e2mes troubl\u00e9es, il y avait des soldats confront\u00e9s \u00e0 des dilemmes moraux et \u00e9thiques li\u00e9s \u00e0 la mise \u00e0 mort de l\u2019ennemi, ou qui se sentaient coupables et honteux de c\u00e9l\u00e9brer la mort d\u2019insurg\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Bien que les aum\u00f4niers ne soient pas des combattants, ils font partie des d\u00e9ploiements, accompagnant parfois les soldats jusqu\u2019aux bases d\u2019op\u00e9rations avanc\u00e9es pour donner aide et soutien \u00e0 ceux qui se trouvent dans le feu de l\u2019action. \u00ab Nous ne sommes pas arm\u00e9s, dit M. Short. Et nous ne donnons pas d\u2019ordres. Notre profession nous donne acc\u00e8s \u00e0 tous les rangs sans distinction. Un soldat anxieux ne peut pas simplement frapper \u00e0 la porte d\u2019un major et lui dire, \u201ceh, j\u2019ai besoin de parler\u201d, mais \u00e0 celle d\u2019un aum\u00f4nier, oui. Nous sommes disponibles. \u00bb Ils aident tous les soldats, quelle que soit leur confession ou leur religion, ou m\u00eame s\u2019ils n\u2019en ont pas.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les aum\u00f4niers savent d\u00e9terminer les besoins de ceux qui ont v\u00e9cu un traumatisme moral, et ils sont souvent les premiers \u00e0 intervenir sur le long chemin du mieux\u00eatre. \u00ab Vous ne pouvez pas simplement leur dire \u2018\u00e0 la guerre comme \u00e0 la guerre\u2019. Parfois, ils ont besoin de retourner aux sources religieuses, ou de parler de leur concept du bien et du mal et de Dieu. Ils peuvent avoir besoin de parler \u00e0 des gens qui ont v\u00e9cu la m\u00eame chose qu\u2019eux. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">M. Short le sait parce qu\u2019il l\u2019a v\u00e9cu : il a subi une blessure morale, et il re\u00e7oit des soins pour un trouble de stress posttraumatique.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">De nombreux aum\u00f4niers ont une formation de th\u00e9rapeute et travaillent au sein d\u2019\u00e9quipes de soins psychologiques, en clinique ou ailleurs. \u00ab L&#8217;identification du probl\u00e8me et l\u2019aiguillage sont des fonctions vraiment importantes. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">La confidentialit\u00e9 est cl\u00e9. \u00ab Les soldats savent que s\u2019ils s\u2019adressent au personnel m\u00e9dical, c\u2019est consign\u00e9 quelque part. \u00bb Les aum\u00f4niers reconnaissent qu\u2019ils \u00ab peuvent \u00eatre en difficult\u00e9 m\u00eame s\u2019ils sont encore capables de fonctionner, alors il ne faut pas en faire des victimes \u00bb, ni pendant leur d\u00e9ploiement, ni apr\u00e8s.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Mais que peut-on et que doit-on faire pour aider les personnes qui souffrent d\u2019une blessure morale? La question est brouill\u00e9e par les divergences d&#8217;opinions au sujet de ce qu\u2019est la blessure morale, du meilleur traitement, des mesures de pr\u00e9vention, du r\u00f4le des d\u00e9cideurs et responsables. La question est-elle juridique ou spirituelle? Quelle est la m\u00e9thode de formation d\u00e9ontologique la plus efficace? Les recherches ne sont pas concluantes, en particulier au Canada, o\u00f9 soldats et chercheurs sont peu nombreux.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les mesures de pr\u00e9vention et les soins fond\u00e9s sur des preuves sont lents \u00e0 venir, car il n\u2019y a, pour l\u2019instant, aucun crit\u00e8re diagnostique concernant les blessures morales. Certains font valoir que c\u2019est une bonne chose, parce qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019un trouble m\u00e9dical.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00ab Le probl\u00e8me, c\u2019est : que peut-on faire pour soigner ou pr\u00e9venir ces troubles quand ils n\u2019ont m\u00eame pas encore \u00e9t\u00e9 d\u00e9finis, remarque le colonel Rakesh Jetly, psychiatre principal des FAC. Il serait risqu\u00e9 d\u2019imposer un mod\u00e8le m\u00e9dical sur ce qui n\u2019est peut-\u00eatre pas une maladie. Cela ne signifie pas que les gens ne souffrent pas, mais il est peut-\u00eatre pr\u00e9matur\u00e9 de parler de maladie quand il s\u2019agit peut-\u00eatre d\u2019une partie sombre de la condition humaine. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">D\u2019aucuns croient qu\u2019une blessure morale est une maladie en soi; d\u2019autres, que la culpabilit\u00e9 et la honte sont des complications d\u2019une autre maladie ou affection, comme le TSPT. \u00ab Il y a des gens qui croient que cela expliquerait pourquoi beaucoup de gens ne vont pas mieux avec la th\u00e9rapie traditionnelle [pour le TSPT], \u00bb dit le colonel Jetly. Les r\u00e9sultats de recherches effectu\u00e9es r\u00e9cemment aux \u00c9tats-Unis indiquent que, bien que les sympt\u00f4mes se soient am\u00e9lior\u00e9s chez la plupart des patients \u00e0 l\u2019issue des deux th\u00e9rapeutiques les plus r\u00e9pandues, ils persistent suffisamment pour justifier un diagnostic de TSPT chez les deux tiers d\u2019entre eux.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Certains jugent que les traitements du TSPT o\u00f9 l\u2019on rappelle le traumatisme \u00e0 maintes reprises afin de normaliser la r\u00e9action de peur peuvent en fait aggraver une blessure morale. D&#8217;autres rapportent avoir adapt\u00e9 avec succ\u00e8s la th\u00e9rapeutique du TSPT pour les personnes ayant une blessure morale.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le MDN et les FAC sont tr\u00e8s impliqu\u00e9s dans les recherches internationales qui ont pour but de d\u00e9finir la blessure morale militaire, d\u2019\u00e9tablir un moyen de la mesurer, d\u2019identifier les \u00e9v\u00e9nements pouvant endommager la conscience morale, et de favoriser la pr\u00e9vention et la th\u00e9rapie. Les recherches ont jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent \u00e9tabli une relation entre l&#8217;\u00e9thique, la morale et la sant\u00e9 mentale, a d\u00e9clar\u00e9 Jetly. Souffrir de troubles de sant\u00e9 mentale augmente le risque de blessure morale, et les blessures morales peuvent causer des probl\u00e8mes de sant\u00e9 mentale.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Pendant que le d\u00e9bat militaire international se poursuit, que les chercheurs tentent de donner un sens \u00e0 tout cela, les soldats, les marins et le personnel de l\u2019Aviation royale canadienne sont aux prises avec les effets des blessures morales et des situations qui les provoquent.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Selon les donn\u00e9es de l\u2019enqu\u00eate des Forces canadiennes sur la sant\u00e9 mentale de 2013, 58 pour cent des effectifs d\u00e9ploy\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger entre 2001 et 2013 avaient \u00e9t\u00e9 expos\u00e9s \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements qui augmentaient les risques de blessure morale; 39 % n\u2019avait pas pu secourir des femmes ou des enfants bless\u00e9s; 32 % s\u2019\u00e9taient sentis responsables du personnel canadien ou alli\u00e9; 6 % avaient eu du mal \u00e0 distinguer les civils des combattants.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00ab Nous demandons \u00e0 nos soldats de prendre les bonnes d\u00e9cisions dans des circonstances qui, parfois, mais pas toujours, posent un dilemme \u00e9thique, \u00bb dit Mme Thompson. En dehors des facteurs habituels de stress \u2013 les intemp\u00e9ries, les conditions de vie difficiles, la privation de sommeil, la faim, la soif, la peur \u2013, les militaires doivent prendre des d\u00e9cisions rapidement, sous de fortes pressions et souvent sans informations suffisantes. La bonne d\u00e9cision \u00e0 prendre peut ne pas \u00eatre \u00e9vidente \u00e0 premi\u00e8re vue. Certaines valeurs s\u2019opposent \u00e0 d\u2019autres, et ils se trouvent dans une situation o\u00f9, quelle que soit leur d\u00e9cision, elle aura un cout, m\u00eame si leur d\u00e9cision est de ne rien faire. La mission peut avoir plusieurs objectifs de combat concurrents et incompatibles : combat, stabilisation de zone, composante humanitaire. \u00bb <\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les conflits modernes pr\u00e9sentent des difficult\u00e9s particuli\u00e8res, affirme Mme Thompson. Les insurg\u00e9s ne portent pas d&#8217;uniformes. Leurs codes moraux diff\u00e8rent grandement de ceux des forces occidentales, et ils profitent de cette diff\u00e9rence pour provoquer des r\u00e9actions disproportionn\u00e9es.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Ces r\u00e9actions disproportionn\u00e9es, ainsi que d\u2019autres inconduites et manquements \u00e0 l\u2019\u00e9thique qui entrainent une blessure morale, peuvent \u00eatre limit\u00e9es, r\u00e9duisant les comportements d\u00e9shonorants et les probl\u00e8mes de sant\u00e9 mentale \u00e0 long terme, y compris le suicide, a dit le colonel am\u00e9ricain Christopher Warner lors d\u2019un s\u00e9minaire de l\u2019OTAN sur les blessures morales.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Il y a dix ans, des recherches avaient montr\u00e9 que moins de la moiti\u00e9 des soldats am\u00e9ricains servant en Irak et en Afghanistan croyaient que les non-combattants devaient \u00eatre trait\u00e9s avec dignit\u00e9 et avec respect. Un tiers d\u2019entre eux d\u00e9crivaient les populations locales en termes d\u00e9sobligeants. Un sur dix avait endommag\u00e9 des biens de civils, et cinq pour cent avaient frapp\u00e9 des civils. Un tiers d\u2019entre eux croyaient que la torture \u00e9tait acceptable pour sauver un camarade. Moins de la moiti\u00e9 auraient signal\u00e9 le comportement contraire \u00e0 l\u2019\u00e9thique d\u2019un membre de leur \u00e9quipe. \u00ab Une r\u00e9duction de presque tous ces indicateurs comportementaux \u00bb a suivi l&#8217;institution de la formation \u00e9thique obligatoire, y compris pour les haut-grad\u00e9s, sur les mani\u00e8res de pr\u00e9server l&#8217;\u00e9thique au combat, dit le colonel Warner.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le Canada investit dans la for-mation en \u00e9thique tout au long de la carri\u00e8re militaire, dit Mme Lemire. La trousse p\u00e9dagogique <i>En route vers la pr\u00e9paration mentale <\/i>vise \u00e9galement \u00e0 am\u00e9liorer la performance \u00e0 court terme et la sant\u00e9 mentale \u00e0 long terme.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Mais rien<\/b> n\u2019avait pr\u00e9par\u00e9 Tim Garthside aux dilemmes moraux et \u00e9thiques auxquels il a \u00e9t\u00e9 confront\u00e9 en Afghanistan.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00ab La pi\u00e8ce importante de la blessure \u00e0 l&#8217;\u00e2me, c\u2019est la profondeur de la blessure, dit M. Garthside qui \u00e9tait op\u00e9rateur de transmission au cours d&#8217;une journ\u00e9e d\u2019\u00e9changes de tirs \u00e0 Panjwaye, le 3 aout 2006, o\u00f9 environ 90 talibans furent tu\u00e9s au prix de quatre Canadiens morts et au moins 10, bless\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Son travail, en cette tr\u00e8s, tr\u00e8s longue journ\u00e9e, \u00e9tait de relayer des messages entre l\u2019infanterie qui se trouvait \u00e0 Panjwaye et le quartier g\u00e9n\u00e9ral des FAC. Son quart commen\u00e7a par un incident d\u2019EEI.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00ab Il y a des gens bless\u00e9s et un mort, et on leur tire dessus, nous a-t-il racont\u00e9. L\u2019\u00e9vacuation sanitaire n\u2019aura pas lieu tant qu\u2019ils sont sous le feu de l\u2019ennemi; il faut une zone d&#8217;atterrissage s\u00e9curis\u00e9e. D\u2019une oreille, j\u2019\u00e9coute l\u2019infanterie qui demande l\u2019\u00e9vacuation sanitaire de toute urgence et de l\u2019autre, le QG qui me dit que personne ne va les secourir. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Ailleurs, les talibans \u00e9taient d\u00e9log\u00e9s et \u00e9limin\u00e9s \u00e0 l\u2019aide de frappes a\u00e9riennes dirig\u00e9es par une source de contre-espionnage afghane sur place. Un pilote signala un homme sur un toit arm\u00e9 d&#8217;un fusil lance-grenades propuls\u00e9es par fus\u00e9es. Garthside demanda au commandement quoi faire et relaya l\u2019ordre de tuer. \u00ab Ils l&#8217;ont coup\u00e9 en deux, et dans les cinq secondes qui suivirent, le renseignement dit que son t\u00e9l\u00e9phone ne sonnait plus. Alors, en fait, j\u2019avais tu\u00e9 un gars qui nous aidait \u00e0 sauver des vies canadiennes. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">A la fin de son quart de travail, un officier lui demanda s&#8217;il allait bien. \u00ab J\u2019ai dit que oui, \u00bb nous dit M. Garthside, ce qu\u2019il a continu\u00e9 de dire pendant des ann\u00e9es. Mais il n&#8217;allait pas vraiment bien.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00c0 son retour chez lui, il avait du mal \u00e0 dormir. \u00ab Je n&#8217;\u00e9tais pas dans l&#8217;infanterie, et je n\u2019\u00e9tais pas aux premi\u00e8res lignes. Je croyais que je n\u2019avais aucune raison d\u2019aller mal, parce que je n\u2019avais pas \u00e9t\u00e9 la cible<br \/>\nde coups de feu ni d\u2019explosions. \u00bb\u00a0<\/span>L&#8217;insomnie se transforma en <span class=\"s1\">d\u00e9pression, en douleur physique et psychologique, en isolement, en autom\u00e9dication par l&#8217;alcool et les drogues.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00ab Il m\u2019a fallu six ans pour arriver au point o\u00f9 je voulais me suicider, \u00bbnous dit-il. Il a alors obtenu un soutien imm\u00e9diat \u00e0 une filiale de la L\u00e9gion royale canadienne, o\u00f9 il a rencontr\u00e9 un ancien combattant qui l&#8217;a aiguill\u00e9 vers un psychologue et le Programme d\u2019aide \u00e0 la transition pour les anciens combattants, programme de soutien par les pairs qui aide des centaines d&#8217;anciens combattants atteints du TSPT depuis 20 ans.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00ab \u00c7a m\u2019a vraiment sauv\u00e9 la vie, \u00bb dit-il. Tant et si bien qu\u2019il est devenu b\u00e9n\u00e9vole pour le programme, participant \u00e0 des vid\u00e9os de formation par dramath\u00e9rapie. Au cours d\u2019une s\u00e9ance, il s\u2019est \u00ab aper\u00e7u [qu\u2019il se sentait] coupable de la mort de cet Afghan. \u00bb Il appelle cela une blessure \u00e0 l&#8217;\u00e2me. \u00ab C\u2019\u00e9tait comme si j\u2019\u00e9tais coup\u00e9 en eux, et cette souffrance allait au plus profond de moi. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00ab Le degr\u00e9 de douleur qu&#8217;ils \u00e9prou<\/span>vent est li\u00e9 au degr\u00e9 de bont\u00e9 \u00bb, dit M. Westwood, cofondateur du programme qui a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9 pour accueillir ceux qui ont une blessure morale. \u00ab Bien que les <span class=\"s1\">militaires qui souffrent de ce type de blessure morale se voient souvent comme des nullit\u00e9s, en r\u00e9alit\u00e9, ce que leur angoisse prouve, c\u2019est \u00e0 quel point ils sont honorables. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Ce programme a aid\u00e9 M. Garthside \u00e0 combattre ses d\u00e9mons, mais peu d&#8217;essais contr\u00f4l\u00e9s randomis\u00e9s comparant l&#8217;efficacit\u00e9 des divers trai-tements ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9s, et aucune liste pratique de th\u00e9rapies fond\u00e9es sur des preuves n\u2019a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00ab En fin de compte, il se peut qu&#8217;il n&#8217;existe aucun traitement qui soit efficace dans toutes les situations \u00bb, a \u00e9crit Mme Thompson dans un rapport pour le compte des FAC. \u00c9tant donn\u00e9 que la blessure morale est sans fronti\u00e8res, un essai de contr\u00f4le randomis\u00e9 multinational pourrait identifier les meilleures pratiques pour la prise en charge des blessures morales, qui pourraient \u00eatre adapt\u00e9es selon les pratiques nationales et culturelles et selon les besoins individuels.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le soutien individualis\u00e9 a aid\u00e9 M. Garthside \u00e0 reprendre sa vie en main. Il se pr\u00e9pare \u00e0 un dipl\u00f4me de travailleur social, et au moment o\u00f9 nous mettons sous presse, il s\u2019appr\u00eate \u00e0 devenir papa. Il consulte encore un th\u00e9rapeute une fois par semaine pour son stress posttraumatique, et sa blessure morale lui cause encore des souffrances.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">\u00ab Je ne pouvais r\u00e9ellement rien faire, \u00e0 part de dire aux gars que personne n\u2019allait venir. D&#8217;une certaine fa\u00e7on, je les trahissais. M\u00eame si c\u2019est le quartier g\u00e9n\u00e9ral qui avait pris la d\u00e9cision, c\u2019est moi qui leur parlait. Et que j\u2019aie bien fait mon travail ou que j\u2019aie fait une erreur, le fait est que l\u2019Afghan est mort. C\u2019est ce qui me d\u00e9chire l\u2019int\u00e9rieur, encore aujourd\u2019hui. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Pourtant, il a pris un peu de recul : \u00ab j\u2019agissais pour le bien commun. Je ne suis pas gu\u00e9ri, mais j\u2019ai beaucoup plus d\u2019outils pour faire face. J\u2019ai plus de profondeur de caract\u00e8re o\u00f9 puiser des forces. Ce changement de perspective me permet de renouer avec la vie. Au lieu de revivre sans cesse ces situations, c\u2019est plut\u00f4t comme si je regardais une photo. \u00bb <\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LORSQUE LA CONSCIENCE MORALE \u00a0\u00a0 \u00a0 \u00a0 D\u2019UN SOLDAT EST ATTEINTE, \u00a0\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 LE PROBL\u00c8ME ET SA SOLUTION\u00a0 \u00a0 PEUVENT \u00caTRE DIFFICILES \u00c0 CERNER. &nbsp; Depuis pr\u00e8s de dix ans, le r\u00e9ser-viste James (pseudonyme) des Forces arm\u00e9es canadiennes est hant\u00e9 par les souvenirs d&#8217;une de ses trois affectations en Afghanistan, hant\u00e9 par [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":4626,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-4624","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles-principaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4624","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4624"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4624\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4626"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4624"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4624"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4624"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}