{"id":46,"date":"2007-07-01T21:43:14","date_gmt":"2007-07-02T02:43:14","guid":{"rendered":"http:\/\/28330.vws.magma.ca\/fr\/?p=46"},"modified":"2008-01-27T22:32:08","modified_gmt":"2008-01-28T03:32:08","slug":"leurs-soldats","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2007\/07\/leurs-soldats\/","title":{"rendered":"Leurs soldats"},"content":{"rendered":"<h1><\/h1>\n<p>Des noms froids et silencieux, inscrits sur de la pierre ensoleill\u00e9e,                   font face \u00e0 une congr\u00e9gation de jeunes prometteurs \u00e0 travers                   une cr\u00eate temporelle. On ne peut demander mieux comme rencontre                   du pass\u00e9 et du pr\u00e9sent : la jeunesse du Canada d&#8217;aujourd&#8217;hui                   qui lie connaissance avec les spectres et les souvenirs lointains                   d&#8217;une bataille historique.<\/p>\n<p>Entre 4 000 et 5 000 \u00e9l\u00e8ves des \u00e9coles de toutes les provinces                   et de tous les territoires sont venus \u00e0 la fameuse cr\u00eate qui                   surplombe la plaine de Douai, au Nord de la France, o\u00f9 ils                   se sont tenus c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te sur un champ de bataille ensoleill\u00e9 devant                   le grand monument qu&#8217;ils ne connaissaient auparavant que par                   leurs lectures.<\/p>\n<p>Mais se trouver l\u00e0 en ce 9 avril 2007, \u00e0 absorber la c\u00e9r\u00e9monie                   du 90e anniversaire de la bataille de la cr\u00eate de Vimy ainsi                   que la grandeur du m\u00e9morial superbe de Walter S. Allward, ne                   suffisait pas \u00e0 bien de ces jeunes car ils s&#8217;\u00e9taient aussi                   lanc\u00e9s dans une qu\u00eate personnelle que leur enseignant leur                   avait confi\u00e9e, non seulement d&#8217;apprendre ce que la bataille                   signifiait pour le Canada, mais de trouver, comm\u00e9morer et repr\u00e9senter                   un Canadien qui a servi \u00e0 Vimy.<\/p>\n<p>Les recherches concernant &#8220;leur soldat&#8221; avaient commenc\u00e9 quelques                   mois avant, dans les salles de classe et les biblioth\u00e8ques,                   ainsi que chez eux \u00e0 l&#8217;ordinateur. Ils sont all\u00e9s aux archives                   publiques, ont parl\u00e9 de &#8220;leur soldat&#8221; \u00e0 leurs parents et se                   sont sentis comme s&#8217;ils avaient d\u00e9couvert le filon quand ils                   ont trouv\u00e9 des lettres, des journaux, des feuilles d&#8217;engagement                   et des rapports m\u00e9dicaux anciens. Il y a une fille qui \u00e9tait                   sp\u00e9cialement fi\u00e8re du fait que son soldat avait une tache de                   naissance. Certains ont eu la chance de trouver une vieille                   adresse et ont pu aller voir la maison o\u00f9 le soldat \u00e9tait n\u00e9.<\/p>\n<p>D&#8217;autres ont ressenti la frustration du chercheur qui se frotte \u00e0 la                   bureaucratie ou qui &#8220;arrive au bout du rouleau&#8221;. Certains ont                   simplement d\u00fb accepter le fait que leur biographie demeurerait \u00e9parse,                   sans les morceaux de choix qu&#8217;ils avaient esp\u00e9r\u00e9 trouver en                   ce qui concerne les renseignements personnels. Avait-il une                   petite amie? Faisait-il du sport? Quels \u00e9taient ses r\u00eaves et                   ses passions? De quelle couleur \u00e9taient ses cheveux?<\/p>\n<p>Nombre d&#8217;\u00e9l\u00e8ves ont obvi\u00e9 \u00e0 cela en se concentrant sur l&#8217;\u00e9tendue                   des \u00e9motions que &#8220;leur soldat&#8221; a peut-\u00eatre ressenties en s&#8217;en                   allant \u00e0 la guerre, \u00e0 l&#8217;id\u00e9e de laisser les \u00eatres chers derri\u00e8re                   lui, \u00e0 se demander s&#8217;il allait survivre ou s&#8217;il allait \u00eatre                   bless\u00e9 gravement. Ceux qui ont choisi cette voie ont exprim\u00e9 leur                   point de vue d&#8217;une autre mani\u00e8re : par l&#8217;art, la po\u00e9sie ou                   la chanson.<\/p>\n<p>&#8220;Mon soldat s&#8217;appelait Rob Alexander&#8221;, dit l&#8217;\u00e9l\u00e8ve de 10e                   ann\u00e9e Sarah Mueller de Port Perry (Ont.). &#8220;Je n&#8217;ai pas pu d\u00e9couvrir                   d&#8217;o\u00f9 il venait, mais j&#8217;ai appris qu&#8217;il est mort \u00e0 Vimy. J&#8217;ai \u00e9crit                   un po\u00e8me en son honneur parce que j&#8217;ai pens\u00e9 que ce serait                   chic comme \u00e9pitaphe. Le po\u00e8me concerne moins la bravoure, et                   la c\u00e9l\u00e9bration de la guerre, que combien \u00e7a a d\u00fb \u00eatre horrible,                   la douleur qu&#8217;il a d\u00fb ressentir.&#8221;<\/p>\n<p>&#8220;Toutes ces choses cons\u00e9quentes ont grandement aid\u00e9 les \u00e9l\u00e8ves \u00e0 comprendre                   le soldat qu&#8217;ils repr\u00e9sentaient&#8221;, dit Dave Robinson, l&#8217;organisateur                   national et dirigeant du voyage Retour \u00e0 Vimy, le plus grand                   des plus de douze groupes d&#8217;\u00e9l\u00e8ves \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie. &#8220;Leurs recherches                   ont donn\u00e9 vie \u00e0 l&#8217;histoire, elles ont ajout\u00e9 cette autre dimension,                   si importante, qu&#8217;on ne trouve pas toujours dans les livres                   d&#8217;histoire. Ils ont appris \u00e0 conna\u00eetre leur soldat en tant                   que personne vivante, qui aimait et qui \u00e9tait aim\u00e9e, et qui \u00e9tait                   pr\u00eate \u00e0 mourir pour son pays, loin de chez elle.&#8221;<\/p>\n<p>L&#8217;enseignant David Fletcher de Lethbridge (Alb.) est d&#8217;accord                   que les liens entre les \u00e9l\u00e8ves et &#8220;leur soldat&#8221; \u00e9taient personnels                   et \u00e9troits. &#8220;Pendant un petit instant, les trois mille cinq                   cents hommes qui ont donn\u00e9 leur vie \u00e0 Vimy ont \u00e9t\u00e9 ressuscit\u00e9s                   gr\u00e2ce \u00e0 la jeunesse de notre pays. C&#8217;\u00e9tait comme si les jeunes                   contenaient les \u00e9motions et l&#8217;\u00e9nergie des \u00e2mes qui reposent                   depuis 90 ans.&#8221;<\/p>\n<p>Les vies donn\u00e9es repr\u00e9sent\u00e9es comprenaient aussi celles de                   certains qui se sont battus \u00e0 d&#8217;autres batailles durant la                   guerre, bien que Robinson aurait voulu qu&#8217;il y ait 3 598 \u00e9l\u00e8ves,                   un pour chaque Canadien tu\u00e9 durant la bataille de quatre jours,                   son groupe comprenait presque 1 700 \u00e9l\u00e8ves venant de plus de                   80 \u00e9coles, plus un grand nombre d&#8217;adultes : des leaders de                   groupes, des parents et le personnel m\u00e9dical.<\/p>\n<p>L&#8217;enseignante en histoire de l&#8217;\u00e9cole secondaire Port Hope,                   Nancy Hamer Strahl et le participant au Programme d&#8217;enseignement                   coop\u00e9ratif Ryan Gilmour se sont partag\u00e9 la t\u00e2che de cr\u00e9er une                   base de donn\u00e9es avec les noms des soldats qui leur avaient \u00e9t\u00e9 remis                   par Gary Roncetti, un v\u00e9t\u00e9ran de la guerre de Cor\u00e9e qui aime                   beaucoup l&#8217;histoire militaire. Sa raison d&#8217;\u00eatre \u00e9tait de permettre \u00e0 chaque \u00e9cole                   du Canada de choisir les noms de soldats de leur r\u00e9gion qui                   ont servi et d&#8217;assigner un soldat \u00e0 chaque \u00e9l\u00e8ve allant \u00e0 Vimy. &#8220;Il                   y avait une liste de contr\u00f4le et les \u00e9l\u00e8ves avaient le choix                   entre faire des recherches sur quelqu&#8217;un de cette liste et                   le repr\u00e9senter, ou bien de faire des recherches et repr\u00e9senter                   un parent qui est all\u00e9 \u00e0 la guerre.&#8221;<\/p>\n<p>Le jeune Patrick Baird repr\u00e9sentait son arri\u00e8re-grand-oncle,                   Amos Stone, qui a \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9 non loin de Vimy, \u00e0 Monchy-le-Preux. &#8220;Il                   travaillait souvent \u00e0 la ferme. Il est all\u00e9 en France et, eh                   bien, nous avons toutes les lettres et les journaux. La premi\u00e8re \u00e9criture                   dans le journal remonte \u00e0 1917 et il est mort le 13 septembre                   1918. Il a \u00e9t\u00e9 atteint par un morceau d&#8217;obus et j&#8217;ai une lettre                   qui l&#8217;explique en d\u00e9tail. Il \u00e9tait brancardier et un de ses                   amis est tomb\u00e9. Il connaissait les premiers soins, alors il                   a d\u00e9cid\u00e9 d&#8217;aller aider son ami. Il aurait d\u00fb rester par terre                   pour sa propre s\u00e9curit\u00e9, mais il s&#8217;est lev\u00e9 et a couru \u00e0 lui;                   c&#8217;est \u00e0 ce moment-l\u00e0 qu&#8217;il a \u00e9t\u00e9 atteint et tu\u00e9 sur le coup.                   Il n&#8217;avait que 17 ou 18 ans.&#8221;<\/p>\n<p>Lors d&#8217;un court arr\u00eat au cimeti\u00e8re, le jeune homme de Port                   Perry a enterr\u00e9 un objet que sa m\u00e8re lui avait donn\u00e9, un petit                   ange gardien, \u00e0 la tombe de son arri\u00e8re-grand-oncle. &#8220;J&#8217;\u00e9tais                   vraiment heureux de pouvoir le faire&#8221;, dit-il. &#8220;Maintenant,                   je me sens heureux et fier.&#8221;<\/p>\n<p>Quelle que soit leur forme, les recherches ont \u00e9t\u00e9 ciment\u00e9es \u00e0 la                   cr\u00eate et les milliers de personnes pr\u00e9sentes l&#8217;ont vu dans                   le tr\u00e8s grand engagement mouvement\u00e9 envers le souvenir. Avant                   la principale c\u00e9r\u00e9monie de l&#8217;anniversaire \u00e0 laquelle allaient                   participer Sa Majest\u00e9 la reine, le prince Philip, le Premier                   ministre Stephen Harper et le Premier ministre fran\u00e7ais Dominique                   de Villepin, les \u00e9l\u00e8ves se sont assembl\u00e9s au Cimeti\u00e8re No 2,                   non loin du monument. L\u00e0, chacun d&#8217;eux s&#8217;est tenu debout en                   silence derri\u00e8re la tombe d&#8217;un soldat. Et sur chaque pierre                   tombale blanche ils ont d\u00e9pos\u00e9 un coquelicot. &#8220;J&#8217;ai \u00e9t\u00e9 stup\u00e9faite                   du nombre d&#8217;\u00e9l\u00e8ves qui \u00e9taient l\u00e0&#8221;, dit Deneige Nadeau de Lethbridge. &#8220;Nombre                   des tombes derri\u00e8re lesquelles nous nous sommes tenus \u00e9taient                   celles de soldats qui n&#8217;ont jamais \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s. De voir                   tous les coquelicots en partant [&#8230;] j&#8217;ai r\u00e9alis\u00e9 combien                   de personnes nous avons perdu [&#8230;] et que ces soldats n&#8217;\u00e9taient                   pas bien plus \u00e2g\u00e9s que nous.&#8221;<\/p>\n<p>Les \u00e9l\u00e8ves, parmi qui il y en avait qui avaient des larmes                   aux yeux et qui tremblaient d&#8217;\u00e9motion, ont \u00e9cout\u00e9 les hommages \u00e9crits                   par certains de leurs pairs. L&#8217;\u00e9v\u00e9nement principal au cimeti\u00e8re,                   toutefois, a \u00e9t\u00e9 le d\u00e9voilement d&#8217;une capsule-m\u00e9morial remplie                   de tous leurs po\u00e8mes, histoires, chansons et oeuvres d&#8217;art.                   Construite par la classe de fabrication de l&#8217;\u00e9cole secondaire                   Port Perry sous la direction de Bob Porter, la capsule va rester \u00e0 Vimy                   o\u00f9 elle sera expos\u00e9e \u00e0 tous les regards.<\/p>\n<p>Il s&#8217;agissait d&#8217;une importante contribution de la jeunesse                   du Canada et m\u00eame avant la c\u00e9r\u00e9monie du d\u00e9voilement, \u00e0 laquelle                   assistait le ministre des Anciens combattants Greg Thompson,                   les \u00e9l\u00e8ves promettaient de retourner \u00e0 Vimy dans 10 ans, \u00e0 l&#8217;occasion                   du 100e anniversaire, pour relire leur contribution \u00e0 la capsule.<\/p>\n<p>Le ministre d&#8217;Anciens combattants Canada a fait ses hommages                   aux Canadiens qui sont morts durant la bataille, et aux milliers                   d&#8217;autres Canadiens qui ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s durant la guerre, y compris                   ceux dont la tombe n&#8217;est pas connue. &#8220;De si grands chiffres                   sont presque impossible \u00e0 comprendre&#8221;, dit-il aux \u00e9l\u00e8ves. &#8220;Pourtant,                   nous savons \u00e0 quel point leur perte a \u00e9t\u00e9 terrible pour le                   Canada. \u00c0 quel point notre pays serait-il diff\u00e9rent si ces                   66 000 Canadiens avaient surv\u00e9cu? Qu&#8217;auraient-ils accompli?                   Comment auraient-ils chang\u00e9 notre pays? Et en m\u00eame temps, il                   faut se demander \u00e0 quel point notre pays serait diff\u00e9rent aujourd&#8217;hui, \u00e0 quel                   point notre monde serait diff\u00e9rent si ces [&#8230;] Canadiens ne                   s&#8217;\u00e9taient pas sacrifi\u00e9s pour la paix, pour la libert\u00e9, pour                   vous et moi?&#8221;<\/p>\n<p>Thompson dit que ce sont l\u00e0 des questions que les Canadiens                   devraient se poser chaque fois qu&#8217;ils marchent sur les pas                   de ceux qui ont servi. &#8220;Quand on fait cela&#8221;, dit-il, &#8220;on comprend                   l&#8217;\u00e9normit\u00e9 de la dette que nous avons envers eux. Vous, toutefois,                   avez fait un pas de plus en ce qui concerne la comm\u00e9moration.                   Vous avez port\u00e9 votre regard au-del\u00e0 des chiffres et d\u00e9couvert                   les particuliers, les Canadiens ordinaires, dont beaucoup n&#8217;\u00e9taient                   gu\u00e8re plus vieux que vous&#8230;&#8221;<\/p>\n<p>Hamer Strahl dit qu&#8217;elle a ressenti une grande fiert\u00e9 quand                   elle a regard\u00e9 autour d&#8217;elle et vu tous les \u00e9l\u00e8ves qui se tenaient                   derri\u00e8re une pierre tombale, et qui tous portaient une reproduction                   de la tunique de la Premi\u00e8re Guerre mondiale o\u00f9 le nom de &#8220;leur                   soldat&#8221; \u00e9tait \u00e9crit sur la poche avant gauche. &#8220;Cela d\u00e9montre                   vraiment que les jeunes Canadiens sont tout \u00e0 fait capables                   de se souvenir, et qu&#8217;ils font encore plus que cela pour accomplir                   quelque chose de tr\u00e8s symbolique&#8230; Je pense que cela indique                   qu&#8217;ils sont dispos\u00e9s \u00e0 en accepter la responsabilit\u00e9, \u00e0 s&#8217;occuper                   de ces soldats [&#8230;] et qu&#8217;avec \u00e7a, une affinit\u00e9 s&#8217;est d\u00e9velopp\u00e9e                   entre les \u00e9l\u00e8ves. Ils sont tous venus ici pour avoir la m\u00eame                   exp\u00e9rience et en vieillissant ils pourront dire : j&#8217;y \u00e9tais.&#8221;<\/p>\n<p>Pour Robinson, le moment le plus m\u00e9morable est arriv\u00e9 plus                   tard cette journ\u00e9e-l\u00e0, quand il s&#8217;est retourn\u00e9 pour regarder                   les milliers d&#8217;\u00e9l\u00e8ves qui d\u00e9filaient en une longue colonne,                   au moins 10 de large, le long de la route qui aboutissait devant                   le m\u00e9morial o\u00f9 ils ont \u00e9t\u00e9 acclam\u00e9s par la foule qui les attendait. &#8220;Le                   sentiment que j&#8217;ai ressenti en voyant cela est \u00e0 jamais grav\u00e9 dans                   ma m\u00e9moire.&#8221;<\/p>\n<p>La veille, Robinson disait qu&#8217;en \u00e9ducation chaque enseignant                   vit pour ce qu&#8217;on appelle des moments &#8220;enseignables&#8221;. &#8220;Lors                   d&#8217;un voyage comme celui-ci, ils arrivent quand on voit que                   les \u00e9l\u00e8ves comprennent. On le voit dans leurs yeux, la lumi\u00e8re                   dans leurs yeux, le scintillement de leurs larmes. Je vis pour                   ces moments-l\u00e0 parce qu&#8217;ils me disent, \u00e0 moi enseignant, qu&#8217;ils                   n&#8217;oublieront jamais ce qu&#8217;ils ont appris.&#8221;<\/p>\n<p>Les commentaires des \u00e9l\u00e8ves le confirment. &#8220;Le voyage au m\u00e9morial                   de Vimy et assister aux c\u00e9r\u00e9monies du 90e anniversaire m&#8217;ont                   donn\u00e9 un nouveau respect stup\u00e9fiant pour tous les soldats :                   les anciens comme les pr\u00e9sents, les tomb\u00e9s comme ceux qui se                   battent encore&#8221;, dit Lisa Mitschke de Langenburg (Sask.).<\/p>\n<p>&#8220;Avoir l&#8217;occasion de venir voir o\u00f9 tout a commenc\u00e9 pour le                   Canada, c&#8217;\u00e9tait vraiment extraordinaire&#8221;, dit Katie Bergman,                   de Langenburg aussi. &#8220;Bien que je me trouvais \u00e0 des milliers                   de milles de chez moi, je me suis sentie plus Canadienne que                   jamais \u00e0 la cr\u00eate de Vimy. Me trouver a c\u00f4t\u00e9 de 3 600 \u00e9l\u00e8ves                   de mon pays, devant un monument \u00e0 faire frissonner, cela m&#8217;a                   permis de renouveler mon patriotisme, cette fois-ci en sachant                   ce que cela veut vraiment dire d&#8217;\u00eatre Canadienne.&#8221;<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9l\u00e8ve Garrett Yeske, de Langenburg aussi, dit qu&#8217;il va se                   souvenir de l&#8217;exp\u00e9rience le reste de sa vie. &#8220;Tous les Canadiens                   devraient \u00eatre extr\u00eamement fiers de ce que ces braves jeunes                   hommes ont sacrifi\u00e9 pour ce pays.&#8221;<\/p>\n<p>&#8220;Je pense qu&#8217;il est vraiment important pour nous de nous rappeler                   ce qui est arriv\u00e9 et ce que des gens ont d\u00fb endurer pour que                   nous ayons la paix au Canada aujourd&#8217;hui&#8221;, dit l&#8217;\u00e9l\u00e8ve Rebecca                   Jensen de Port Perry, qui avait l&#8217;honneur de r\u00e9citer l&#8217;Engagement                   au Souvenir durant la c\u00e9r\u00e9monie qui a \u00e9t\u00e9 t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e \u00e0 travers                   la nation.<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9l\u00e8ve Danielle Bourgon de Lethbridge (Alb.) dit que beaucoup                   de choses lui passaient par l&#8217;esprit pendant que l&#8217;autocar                   o\u00f9 elle se trouvait se dirigeait vers Vimy ce matin-l\u00e0. Elle                   dit qu&#8217;elle se demandait si les autres \u00e9l\u00e8ves allaient \u00eatre                   aussi excit\u00e9s qu&#8217;elle et si sa famille et elle-m\u00eame seraient                   fi\u00e8res de comment elle aurait agi. Mais, encore plus important,                   elle se demandait si elle serait capable d&#8217;agir de mani\u00e8re                   que le soldat George Browne en ressente de la fiert\u00e9. &#8220;Je savais                   que la raison pour laquelle je me trouvais \u00e0 Vimy, ce n&#8217;\u00e9tait                   que pour le repr\u00e9senter de mon mieux. C&#8217;\u00e9tait ce privil\u00e8ge                   et cette responsabilit\u00e9 qui m&#8217;effrayaient et m&#8217;excitaient le                   plus. Au fur et \u00e0 mesure que les heures s&#8217;\u00e9coulaient, la peur                   commen\u00e7a \u00e0 dominer l&#8217;excitation, au point o\u00f9 je doutais s\u00e9rieusement                   de pouvoir me tenir debout, encore moins repr\u00e9senter un soldat                   de la Premi\u00e8re Guerre mondiale incroyablement brave.&#8221;<\/p>\n<p>Sa peur s&#8217;est estomp\u00e9e quand un des surveillants de l&#8217;autocar                   a simplement rappel\u00e9 \u00e0 tout le monde que, quand ils passeraient                   par la cr\u00eate de Vimy, ils ne seraient plus les m\u00eames. \u00c0 la                   place, ils seraient les soldats qu&#8217;ils \u00e9taient venus repr\u00e9senter.<\/p>\n<p>&#8220;Quand ils vont d\u00e9filer, ce ne seront plus nos \u00e9l\u00e8ves&#8221;, disait                   Robinson quelques instants avant le grand d\u00e9fil\u00e9. &#8220;Les \u00e9l\u00e8ves                   seront les soldats qu&#8217;ils repr\u00e9sentent. Nous (les adultes du                   voyage) serons l\u00e0 pour eux, en cas de besoin, mais le moment                   appartient aux soldats, et c&#8217;est ce que les \u00e9l\u00e8ves apportent \u00e0 cet                   anniversaire.&#8221;<\/p>\n<p>Robinson dit qu&#8217;il avait entendu quelqu&#8217;un dire que le p\u00e8lerinage                   des \u00e9l\u00e8ves allait marquer un tournant d\u00e9cisif de l&#8217;histoire                   canadienne. &#8220;C&#8217;est peut-\u00eatre exag\u00e9r\u00e9, mais c&#8217;est certainement                   une occasion pour le Canada de r\u00e9aliser que l&#8217;histoire canadienne                   est bien \u00e0 d\u00e9couvert, partag\u00e9e par beaucoup, beaucoup de jeunes                   gens qui honorent l&#8217;engagement envers le souvenir.&#8221;<\/p>\n<p>&#8220;C&#8217;est un tr\u00e8s grand honneur d&#8217;\u00eatre ici&#8221;, dit Heather Shearer                   de Cannington (Ont.). &#8220;C&#8217;est important que, de retour au pays,                   nous transmettions ce que nous avons appris \u00e0 nos amis et \u00e0 nos                   propres enfants quand nous serons plus vieux.&#8221;<\/p>\n<p>&#8220;On ressent tellement d&#8217;honneur et de fiert\u00e9 quand on voit                   o\u00f9 ils se son battus&#8221;, dit Derrick Cochrane de Port Perry,                   qui avait fait des recherches sur sont arri\u00e8re-arri\u00e8re-grand-p\u00e8re                   Henry Robert Brown. &#8220;Je suis impressionn\u00e9 par la beaut\u00e9 du                   monument aussi.&#8221;<\/p>\n<p>Vanessa Poitevien d&#8217;Ottawa repr\u00e9sentait un soldat du nom d&#8217;Eric                   B. Eden, qui est mort au champ de bataille non loin d&#8217;o\u00f9 elle                   se tenait lors de la c\u00e9r\u00e9monie d&#8217;anniversaire. &#8220;Il n&#8217;avait                   que 18 ans.&#8221;<\/p>\n<p>Gayane Panosian, d&#8217;Ottawa \u00e9galement, est n\u00e9e en Iran et, comme                   beaucoup de ses amis, elle a d\u00e9couvert pourquoi il est si important                   d&#8217;appr\u00e9cier les contributions des militaires. &#8220;Bien peu de                   gens obtiennent une formation \u00e0 propos de \u00e7a. En venant ici,                   je pense que nous resserrons vraiment nos liens avec le pass\u00e9 et,                   ce qui est encore plus important, avec les gens qui ont servi.&#8221;<\/p>\n<p>Le jeune Brody Levant dit que les liens qu&#8217;il a cr\u00e9\u00e9s vont                   lui rester toute sa vie. Au cimeti\u00e8re militaire britannique                   de Bois-Carr\u00e9 qui se trouve pr\u00e8s du village de Th\u00e9lus, sur                   la pente sud de la cr\u00eate, il s&#8217;est tenu devant la tombe d&#8217;un                   soldat qui s&#8217;appelait William Albert Foord. Il a lu \u00e0 voix                   haute une lettre de la cadette du soldat, Alice, qui a 97 ans.                   Il l&#8217;a aussi saupoudr\u00e9e d&#8217;une petite quantit\u00e9 de terre canadienne                   pr\u00e9lev\u00e9e \u00e0 un jardin qui appartient \u00e0 la fille d&#8217;Alice, Linda. &#8220;Cher                   Bill&#8221;, d\u00e9butait la lettre, &#8220;la derni\u00e8re fois que je t&#8217;ai \u00e9cris,                   tu \u00e9tais en France. Je viens de me souvenir que tu aurais 110                   ans si tu \u00e9tais encore vivant. Je ne ressemble plus du tout \u00e0 ce                   que j&#8217;\u00e9tais quand tu m&#8217;a vue \u00e0 la gare, quand nous nous sommes                   dits au-revoir, en 1914.<\/p>\n<p>J&#8217;avais cinq ans et tu en avais 18.<\/p>\n<p>Tout le monde pleurait quand le train a d\u00e9marr\u00e9.&#8221; Dans la                   lettre, Alice dit qu&#8217;elle n&#8217;a jamais oubli\u00e9 son fr\u00e8re. &#8220;Quand                   la guerre a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e, tu as cru devoir partir te battre                   pour le roi et pour la patrie, et faire ta part pour sauver                   le monde. Le co\u00fbt a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9. C&#8217;\u00e9tait une guerre pour                   sauver le monde mais, Bill, elle ne l&#8217;a pas sauv\u00e9.<\/p>\n<p>Tu as pris cette cr\u00eate \u00e0 Vimy, mais il a fallu presque 4                   000 vies pour le faire : chacune d&#8217;elles \u00e9tait pr\u00e9cieuse pour                   sa famille au Canada.&#8221;<\/p>\n<p>Elle avait \u00e9crit que son fr\u00e8re ne reconna\u00eetrait pas le monde                   d&#8217;aujourd&#8217;hui. &#8220;Les bombes existaient en 1914, mais celles                   d&#8217;aujourd&#8217;hui sont bien plus destructrices. Il y a aussi la                   t\u00e9l\u00e9vision et on peut y voir la guerre en direct.&#8221;<\/p>\n<p>Avant de terminer sa lettre, Alice dit \u00e0 son fr\u00e8re qu&#8217;elle                   a un fils qui a \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9 en son honneur et elle d\u00e9sirait                   que la terre soit saupoudr\u00e9e sur sa tombe afin qu&#8217;il y ait &#8220;un                   tout petit peu de Canada pour te couvrir&#8221;.<\/p>\n<p>Levant, qui n&#8217;a que 12 ans, dit que c&#8217;\u00e9tait un honneur de                   r\u00e9aliser les voeux d&#8217;Alice. &#8220;Maintenant que je suis all\u00e9 \u00e0 la                   tombe, je sens que son fr\u00e8re fait partie de moi.<\/p>\n<p>Je sens que son fr\u00e8re est un de mes meilleurs amis maintenant.&#8221;<\/p>\n<p>L&#8217;organisation de voyages de cette ampleur n&#8217;a rien de nouveau                   pour Robinson et son \u00e9quipe de b\u00e9n\u00e9voles qui ont d\u00e9j\u00e0 obtenu                   beaucoup de succ\u00e8s lors de voyages p\u00e9dagogiques. En 2004, il                   a dirig\u00e9 un voyage \u00e0 la plage Juno, \u00e0 l&#8217;occasion du 60e anniversaire                   du d\u00e9barquement du jour J. Il y a un an et demi, il a men\u00e9 un                   grand contingent d&#8217;\u00e9l\u00e8ves \u00e0 Hong-Kong pour comm\u00e9morer le 60e                   anniversaire de la lib\u00e9ration des prisonniers canadiens qui                   avaient \u00e9t\u00e9 dans les camps de prisonniers japonais. En 2008,                   il a l&#8217;intention d&#8217;emmener des milliers d&#8217;\u00e9l\u00e8ves \u00e0 Ortona (Italie),                   en l&#8217;honneur des contributions que les soldats canadiens y                   ont mises en 1943.<\/p>\n<p>Pour les voyages les plus r\u00e9cents il a compt\u00e9 sur la compagnie                   de voyages Explorica.<\/p>\n<p>Le grand nombre d&#8217;\u00e9l\u00e8ves et d&#8217;autres p\u00e8lerins se rendant \u00e0 Vimy                   a \u00e9t\u00e9 tout un d\u00e9fi en ce qui concerne le transport, lequel                   a impliqu\u00e9 diverses correspondances. Beaucoup ont pris l&#8217;avion                   jusqu&#8217;\u00e0 Paris ou jusqu&#8217;\u00e0 Londres et puis ensuite ils ont pris                   divers chemins jusqu&#8217;\u00e0 la cr\u00eate, faisant nombre de visites \u00e0 des                   sites du temps de la guerre. C&#8217;\u00e9tait la premi\u00e8re fois que beaucoup                   de ces \u00e9l\u00e8ves allaient en Europe, sans parler de leur premi\u00e8re                   visite \u00e0 un champ de bataille.<\/p>\n<p>Robinson dit que la participation des \u00e9l\u00e8ves \u00e0 Vimy va rester                   grav\u00e9e dans son esprit. &#8220;J&#8217;ai dit qu&#8217;ils viendraient il y a                   plusieurs mois, et ils sont venus. Je suis tr\u00e8s fier de la                   mani\u00e8re dont ils ont repr\u00e9sent\u00e9 leur \u00e9cole, leur collectivit\u00e9 et                   leur pays. Et quand ils seront de retour chez eux, je suis                   s\u00fbr que le monde va leur sembler un peu diff\u00e9rent. J&#8217;imagine                   que lorsque je serai rentr\u00e9 chez moi, je vais recevoir des                   courriels de leurs parents o\u00f9 ils vont me demander : qu&#8217;avez-vous                   fait \u00e0 mon enfant?&#8221;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des noms froids et silencieux, inscrits sur de la pierre ensoleill\u00e9e, font face \u00e0 une congr\u00e9gation de jeunes prometteurs \u00e0 travers une cr\u00eate temporelle. On ne peut demander mieux comme rencontre du pass\u00e9 et du pr\u00e9sent : la jeunesse du Canada d&#8217;aujourd&#8217;hui qui lie connaissance avec les spectres et les souvenirs lointains d&#8217;une bataille historique. 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