{"id":4575,"date":"2018-11-06T10:30:00","date_gmt":"2018-11-06T14:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=4575"},"modified":"2018-11-06T10:30:41","modified_gmt":"2018-11-06T14:30:41","slug":"face-a-face-les-allies-auraient-ils-du-mettre-un-terme-aux-attaques-le-10-novembre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2018\/11\/face-a-face-les-allies-auraient-ils-du-mettre-un-terme-aux-attaques-le-10-novembre\/","title":{"rendered":"Face \u00e0 Face: Les Alli\u00e9s auraient-ils d\u00fb mettre un terme aux attaques le 10 novembre?"},"content":{"rendered":"<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-4576\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/feature.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"172\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/feature.jpg 936w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/feature-300x86.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/feature-768x221.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/p>\n<p class=\"p1\"><strong><span class=\"s1\"><i>Terry Copp dit que OUI<\/i><\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><i><br \/>\n<\/i><\/span><span class=\"s1\"><b>Le 28 septembre 1918<\/b>, le g\u00e9n\u00e9ral Erich Ludendorff, commandant de l\u2019arm\u00e9e allemande, admit qu\u2019il avait perdu la guerre. \u00ab Si nous avions le pouvoir de redresser la situation dans l\u2019Ouest, bien s\u00fbr, tout ne serait pas encore perdu, dit-il. Mais nous n\u2019avions aucun moyen pour \u00e7a [&#8230;]. Nous ne pouvions nous attendre qu\u2019\u00e0 nous faire repousser sans cesse. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Insistant sur le fait que \u00ab chaque heure qui passe est dangereuse \u00bb,le g\u00e9n\u00e9ral concentra ses efforts sur la cr\u00e9ation d\u2019un nouveau gouvernement en Allemagne et l\u2019arr\u00eat imm\u00e9diat des hostilit\u00e9s. Le prince Maximilien de Bade fut nomm\u00e9 chancelier le 4 octobre, et, affirmant qu\u2019il souhaitait \u00ab \u00e9viter de nouveaux bains de sang \u00bb, il demanda au pr\u00e9sident am\u00e9ricain Woodrow Wilson de n\u00e9gocier un armistice imm\u00e9diat.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">M. Wilson r\u00e9pondit le 8 octobre qu\u2019il exigeait le \u00ab retrait des forces dans tous les territoires envahis \u00bbsans d\u00e9lai. Le 12 octobre, les Allemands acceptaient d\u2019\u00e9vacuer les territoires occup\u00e9s, pourvu qu\u2019une commission internationale supervise le processus. Cette tactique dilatoire fut rejet\u00e9e par Wilson.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">La coterie de d\u00e9cideurs allemands demeurait divis\u00e9e et incertaine. Le g\u00e9n\u00e9ral voulait \u00e9viter la responsabilit\u00e9 d\u2019une reddition militaire tandis que Rupprecht, prince h\u00e9ritier de Bavi\u00e8re, insistait pour \u00ab faire la paix avant que l\u2019ennemi n\u2019entre en Allemagne \u00bb.<\/p>\n<h3 class=\"p1\" style=\"text-align: center;\"><span class=\"s1\">Le 6 novembre, les Canadiens travers\u00e8rent la fronti\u00e8re<br \/>\nentre la France et la Belgique, en direction<br \/>\nde Mons, \u00ab <\/span><span class=\"s2\">sans opposition<\/span><span class=\"s1\"> \u00bb.<\/span><\/h3>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le 26 octobre, le gouvernement turc envoya des \u00e9missaires signer un accord de paix distinct. L\u2019empereur d\u2019Autriche suivit peu apr\u00e8s. Le 5 novembre, le mar\u00e9chal fran\u00e7ais Ferdinand Foch fut autoris\u00e9 \u00ab \u00e0 recevoir des repr\u00e9sentants du gouvernement allemand et \u00e0 leur faire part des conditions de l\u2019armistice \u00bb.<\/span>Les conditions furent pos\u00e9es le 8 novembre dans un wagon de chemin de fer, dans la for\u00eat de Compi\u00e8gne, au nord-est de Paris. Les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s allemands avaient <span class=\"s1\">72 heures<\/span> pour signer l\u2019armistice.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les longues n\u00e9gociations n\u2019eurent gu\u00e8re d\u2019impact sur les op\u00e9rations militaires alli\u00e9es, ce qui pose question quant au bienfond\u00e9 de la poursuite des combats alors que la guerre \u00e9tait pratiquement gagn\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">Le probl\u00e8me devint particuli\u00e8rement important pour les<span class=\"s2\"> Canadiens apr\u00e8s que le Lieutenant-g\u00e9n\u00e9ral sir Arthur Currie fut critiqu\u00e9 pour la mort inutile de ses soldats aux derni\u00e8res heures de la guerre. Les rumeurs, les insinuations et les atteintes \u00e0 sa r\u00e9putation, particuli\u00e8rement par sir Sam Hughes, aboutirent en 1928 au m\u00e9morable proc\u00e8s en diffamation \u00e0 Port Hope, en Ontario, o\u00f9 sir Currie d\u00e9fendit sa r\u00e9putation et o\u00f9 on lui donna raison. Pourtant, encore aujourd\u2019hui, il y a des doutes sur la l\u00e9gitimit\u00e9 de ses actes.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Apr\u00e8s la prise de Valenciennes le 3 novembre, les ordres de la Pre-mi\u00e8re arm\u00e9e britannique au lieute-nant-g\u00e9n\u00e9ral \u00e9taient d\u2019agir \u00ab vigoureusement [&#8230;] afin d\u2019emp\u00eacher les Allemands d\u2019\u00e9tablir une nouvelle <\/span>ligne \u00bb. Le 6 novembre, les <span class=\"s2\">Canadiens travers\u00e8rent la fronti\u00e8re entre la France et la Belgique, en direction de Mons, \u00ab sans opposition \u00bb. <\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Pendant la soir\u00e9e du 9 novembre, sir Currie avait une d\u00e9cision \u00e0 prendre : attendre 36 heures pour voir si les Allemands avaient accept\u00e9 les conditions ou donner l\u2019ordre<br \/>\nde prendre Mons. Il d\u00e9cida que \u00ab le dossier des combats des troupes canadiennes devrait se solder par la capture de Mons \u00bb, et il leur ordonna de s\u2019avancer. Il en couta au Canada 18 officiers et 262 militaires du rang tu\u00e9s, bless\u00e9s ou disparus durant les deux derniers jours de la guerre, des pertes d\u2019autant plus tragiques qu\u2019elles \u00e9taient inutiles.<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p class=\"p1\"><strong><span class=\"s1\"><i>Geoffrey Hayes dit que NON<\/i><\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Les combats <\/b>qui mirent fin \u00e0 la premi\u00e8re guerre mondiale en Europe de l\u2019Ouest auraient-ils d\u00fb se terminer avant l\u2019armistice du 11 novembre 1918? Les gens qui le croyaient \u00e0 l\u2019\u00e9poque contribu\u00e8rent \u00e0 cr\u00e9er une vision de la guerre qui gagna en popularit\u00e9 dans les ann\u00e9es 1960 :des \u00e2nes impitoyables sacrifiant toujours plus de jeunes lions au cours des derni\u00e8res heures de la guerre pour des gains douteux.\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Le sujet fut rapidement politis\u00e9 au lendemain de la guerre. Aux \u00c9tats-Unis, les r\u00e9publicains cuisin\u00e8rent sans rel\u00e2che le g\u00e9n\u00e9ral John <\/span>Pershing et ses collaborateurs sur la mort d\u2019Am\u00e9ricains au cours des derniers jours de la guerre pour marquer des points contre les <span class=\"s1\">d\u00e9mocrates de Woodrow Wilson. Les batailles furent moins partisanes au Canada, mais tout aussi perfides.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">En mars 1919, Sam Hughes, ancien ministre de la Milice et de la D\u00e9fense, accusa le lieutenant-g\u00e9n\u00e9ral Arthur Currie, commandant du Corps canadien, d\u2019avoir gaspill\u00e9 des vies en lan\u00e7ant des troupes \u00e0 l\u2019assaut de Mons durant la matin\u00e9e du 11 novembre. Ces hommes, maintenait Hughes, n\u2019\u00e9taient morts que pour un symbole d\u00e9risoire : c\u2019est \u00e0 Mons que les Britanniques avaient \u00e9t\u00e9 mis en d\u00e9route en 1914. <\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Hughes, assoiff\u00e9 de vengeance \u00e0 l\u2019\u00e9gard du lieutenant-g\u00e9n\u00e9ral, fut prot\u00e9g\u00e9 par le privil\u00e8ge parlementaire jusqu\u2019\u00e0 sa mort, en 1921. Toutefois, quand un journal de Port Hope, en Ontario, r\u00e9p\u00e9ta ses accusations en 1927, le lieutenant-g\u00e9n\u00e9ral lui intenta un proc\u00e8s en diffamation. Sir Currie eut gain de cause, mais la tension occasionn\u00e9e contribua probablement \u00e0 sa mort pr\u00e9matur\u00e9e en 1933.<\/span><\/p>\n<h3 class=\"p1\" style=\"text-align: center;\"><span class=\"s1\">Les rumeurs d\u2019un cessez-le-feu imminent<br \/>\n<\/span><span class=\"s2\">ne changeaient pas les ordres<\/span><span class=\"s1\">.<\/span><\/h3>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">La politique d\u2019apr\u00e8s-guerre et le recul rendent ces derni\u00e8res victimes particuli\u00e8rement tragiques. Mais il ne faut pas oublier qu\u2019au d\u00e9but de 1918, les Allemands \u00e9taient sur le point de <i>gagner<\/i> la guerre. Apr\u00e8s avoir battu la Russie, l\u2019Allemagne <\/span><span class=\"s2\">n\u2019avait pas grand avantage \u00e0 n\u00e9gocier une paix fond\u00e9e sur les 14 points du pr\u00e9sident am\u00e9ricain Woodrow Wilson. Elle voulait une victoire militaire. Les importantes pouss\u00e9es allemandes du printemps avaient cr\u00e9\u00e9 un foss\u00e9 entre les forces britanniques et les forces fran\u00e7aises. Les Allemands avaient fait des milliers de prisonniers et, \u00e0 toutes fins utiles, d\u00e9truit la Cinqui\u00e8me arm\u00e9e britan<\/span><span class=\"s1\">nique. Les canons allemands avaient atteint Paris. Il s\u2019en \u00e9tait vraiment fallu de peu.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les Alli\u00e9s avaient repris le dessus pendant l\u2019\u00e9t\u00e9, quand le g\u00e9n\u00e9ral Foch mena une s\u00e9rie de contrattaques visant \u00e0 repousser les Allemands hors de France et de Belgique. Le haut commandement allemand refusait de se soumettre \u00e0 l\u2019in\u00e9vitable. Le 4 octobre, la col\u00e8re en Allemagne contre le kaiser et l\u2019arm\u00e9e, et l\u2019effondrement de leurs alli\u00e9s poussa les g\u00e9n\u00e9raux \u00e0 demander aux Am\u00e9ricains la cessation des combats selon les 14 points. <\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les Allemands n\u2019en avaient pas totalement fini : le 8 octobre, les Canadiens trouv\u00e8rent la ville fran\u00e7aise de Cambrai en flammes. Deux jours plus tard, un sous-marin allemand coula le paquebot britannique Leinster. Les Britanniques (et les Canadiens) faisaient encore face \u00e0 des combats difficiles. La fin prit tout le monde par surprise. <\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Ce n\u2019est qu\u2019avec le recul et dans un contexte de partisannerie politique que l\u2019on peut consid\u00e9rer ces derniers sacrifices comme vains. Les soldats morts le 11 novembre 1918 ont p\u00e9ri de la m\u00eame mani\u00e8re que le demi-million de leurs compagnons d\u2019armes tomb\u00e9s au cours des derni\u00e8res semaines de la guerre, alors que les g\u00e9n\u00e9raux allemands s\u2019effor\u00e7aient de rejeter la responsabilit\u00e9 d\u2019une guerre qu\u2019ils avaient presque gagn\u00e9e, mais qu\u2019ils avaient fini par perdre.<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>TERRY COPP<\/b><\/span> est directeur \u00e9m\u00e9rite du Laurier Centre for Military and Strategic Disarmament Studies de l\u2019Universit\u00e9 Wilfrid Laurier. Il est l\u2019auteur de nombreux<br \/>\nlivres et articles sur le r\u00f4le du Canada aux deux guerres mondiales.<\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>GEOFFREY HAYES<\/b><\/span> est professeur d\u2019histoire agr\u00e9g\u00e9 pr\u00e8s de l\u2019Universit\u00e9 de Waterloo. Sa concentration concerne l\u2019histoire militaire canadienne, le maintien de la paix, l\u2019Afghanistan et le commandement militaire canadien. Il si\u00e8ge \u00e9galement au conseil d\u2019administration de la Fondation canadienne des champs de bataille.<i><\/i><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Terry Copp dit que OUI Le 28 septembre 1918, le g\u00e9n\u00e9ral Erich Ludendorff, commandant de l\u2019arm\u00e9e allemande, admit qu\u2019il avait perdu la guerre. \u00ab Si nous avions le pouvoir de redresser la situation dans l\u2019Ouest, bien s\u00fbr, tout ne serait pas encore perdu, dit-il. Mais nous n\u2019avions aucun moyen pour \u00e7a [&#8230;]. 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