{"id":448,"date":"2010-05-01T00:01:10","date_gmt":"2010-05-01T04:01:10","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=448"},"modified":"2010-04-20T13:17:09","modified_gmt":"2010-04-20T17:17:09","slug":"le-depart-de-l-afghanistan-est-discute-a-la-conference-de-la-defense","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2010\/05\/le-depart-de-l-afghanistan-est-discute-a-la-conference-de-la-defense\/","title":{"rendered":"Le d\u00e9part de l\u2019Afghanistan est discut\u00e9 \u00e0 la Conf\u00e9rence de la d\u00e9fense"},"content":{"rendered":"<p>La liste des participants \u00e0 la Conf\u00e9rence des associations de la D\u00e9fense (CAD) de cette ann\u00e9e, qui a eu lieu au Ch\u00e2teau Laurier, au centre d\u2019Ottawa, les 3 et 4 mars, a \u00e9t\u00e9 aussi prestigieuse que d\u2019habitude.<\/p>\n<p>Bien que la vedette \u00e9tait sans nul doute le g\u00e9n\u00e9ral David Petraeus, commandant du Central Command des \u00c9tats-Unis, le g\u00e9n\u00e9ral et chef d\u2019\u00e9tat-major de la d\u00e9fense Walter Natynczyk et les chefs de l\u2019arm\u00e9e, de la marine et de la force a\u00e9rienne \u00e9taient aussi de la partie.<\/p>\n<p>Le discours d\u2019ouverture du s\u00e9minaire de l\u2019Institut de la CAD, dont le th\u00e8me \u00e9tait \u00ab La protection des int\u00e9r\u00eats nationaux du Canada dans un monde instable \u00bb, a \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9 par Eliot Cohen qui a mis la table, pour ainsi dire, gr\u00e2ce \u00e0 son discours sur la guerre et la s\u00e9curit\u00e9 dans un monde instable.<\/p>\n<p>Il vaut la peine de remarquer, pour des raisons de fiert\u00e9 canadienne, qu\u2019il a commenc\u00e9 son alloctuion en parlant d\u2019un entretien qu\u2019il avait eu avec l\u2019ancien chef d\u2019\u00e9tat-major de la d\u00e9fense, Rick Hillier.<\/p>\n<p>Cohen se souvenait que Hillier lui avait dit de ne pas \u00ab nous remercier d\u2019\u00eatre en Afghanistan. Ce n\u2019est pas une faveur, et ce genre de remarque a quelque chose de condescendant. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab En tant que diplomate, poursuivit Cohen, je me suis senti chagrin\u00e9, mais j\u2019ai compris le message. \u00bb<\/p>\n<p>Cohen a ensuite enchain\u00e9 avec son argument, d\u00e9crivant en termes \u00e9l\u00e9mentaires les diff\u00e9rences entre les conflits du 20e si\u00e8cle et ceux d\u2019aujourd\u2019hui, disant principalement qu\u2019il \u00ab s\u2019inqui\u00e8te que les \u00c9tats ont perdu le monopole de l\u2019utilisation efficace de la force \u00bb.<\/p>\n<p>Il dit que (l\u2019Organisation du Trait\u00e9 de l\u2019Atlantique Nord), les Nations Unies, Al-Qaeda et Hezbollah sont toutes des entit\u00e9s qui font la guerre. Peut-\u00eatre qu\u2019\u00e0 l\u2019avenir l\u2019Union europ\u00e9enne la fera aussi. Peut-\u00eatre m\u00eame que Google la fera.<\/p>\n<p>Son point est que l\u2019\u00e2ge des guerres faites par les \u00c9tats a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par celui des guerres faites par de nombreux combattants qui se battent tous pour leurs propres int\u00e9r\u00eats. \u00ab Nous vivons dans un monde o\u00f9 il est difficile d\u2019\u00e9valuer la puissance militaire : pas seulement les capacit\u00e9s de l\u2019ennemi, mais les n\u00f4tres aussi \u00bb, dit-il.<\/p>\n<p>La nouvelle r\u00e9alit\u00e9 du conflit entraine, d\u2019apr\u00e8s Cohen, la n\u00e9cessit\u00e9 de red\u00e9finir la guerre. Les termes comme \u00ab contrinsurrection \u00bb, \u00ab maintien de la paix \u00bb, \u00ab guerre conventionnelle \u00bb ne suffisent plus. Le nouveau terme est \u00ab conflit hybride \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab Ces guerres peuvent durer tr\u00e8s, tr\u00e8s longtemps, dit-il. Rappelez-vous la guerre de Cent Ans. \u00bb<\/p>\n<p>Pour finir, Cohen a fait quelques remarques pessimistes, mais int\u00e9ressantes. \u00ab Si l\u2019Iran obtient des armes nucl\u00e9aires, il y aura une course aux armements nucl\u00e9aires au Moyen-Orient et ce sera terrible. \u00bb<\/p>\n<p>Cohen a aussi mentionn\u00e9 la crise d\u00e9mographique \u00e0 venir en Asie, notamment en Chine, o\u00f9 il y a beaucoup plus d\u2019hommes que de femmes. \u00ab La testost\u00e9rone est probablement la substance la plus dangereuse que l\u2019humanit\u00e9 connaisse. \u00bb<\/p>\n<p>La discussion la plus int\u00e9ressante de la journ\u00e9e a peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 celle sur les le\u00e7ons apprises en Afghanistan : toute la gamme des capacit\u00e9s, \u00e0 laquelle a particip\u00e9 un groupe des plus grands<br \/>\nexperts. Il s\u2019agissait de Chris Alexander, ancien ambassadeur du Canada en Afghanistan et ancien repr\u00e9sentant sp\u00e9cial adjoint aux Nations Unies; David Kilcullen, un des plus proches colla-borateurs de David Petreaus et auteur de The Accidental Guerrilla: Fighting Small Wars In The Midst Of A Big One (Le gu\u00e9rill\u00e9ro accidentel : faire de petites guerres au milieu d\u2019une grande); et le brigadier-g\u00e9n\u00e9ral Jonathan Vance, commandant de la force op\u00e9rationnelle afghane du Canada il y a peu.<\/p>\n<p>Alexander a pris la parole en premier : \u00ab Il y a eu une p\u00e9rio\u00adde de quatre ou cinq ans o\u00f9 les \u00c9tats-Unis et leurs alli\u00e9s n\u2019ont pas assez essay\u00e9 de comprendre les talibans, les [autres militants], les Pakistanais, etc. C\u2019est en partie \u00e0 cause de l\u2019Irak, mais il y avait aussi un d\u00e9sir de fermer les yeux \u00bb, dit-il.<\/p>\n<p>Alexander poursuit en disant qu\u2019il y a plus de Pathans (le peuple d\u2019o\u00f9 viennent la plupart des talibans et dont les terres tribales enjambent la fronti\u00e8re) au Pakistan qu\u2019en Afghanistan. \u00ab \u00c7a ressemble plus \u00e0 une invasion [\u2026] qu\u2019\u00e0 une insurrection \u00bb, dit-il en conclusion.<\/p>\n<p>Ensuite, ce fut le tour de Kilcullen, par vid\u00e9oconf\u00e9rence, de Fort Bragg, en Caroline du Nord. \u00ab Nous avons commenc\u00e9 en disant qu\u2019il fallait un commandement uni, mais en y r\u00e9fl\u00e9chissant bien, nous nous sommes aper\u00e7us que ce pouvait \u00eatre contreproductif. Alors nous sommes pass\u00e9s \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019efforts unis, en vue d\u2019un impact int\u00e9gr\u00e9. \u00c7a aussi, \u00e7a s\u2019est av\u00e9r\u00e9 une chim\u00e8re. Alors nous en sommes venus \u00e0 penser qu\u2019il faut \u00e9tablir un diagnostic commun. [\u2026] Je pense que notre strat\u00e9gie actuelle est la bonne, poursuivit-il, finalement. [\u2026]<\/p>\n<p>\u00ab Aussi, dit-il pour conclure, il y a une certaine frayeur parmi les Afghans \u00e0 la pens\u00e9e que nous allons tous les quitter. \u00bb<\/p>\n<p>Vance a parl\u00e9 franchement de l\u2019histoire r\u00e9cente des Forces canadiennes en Afghanistan. \u00ab L\u2019insurrection a \u00e9clos plus vite qu\u2019on pensait. Entre 2006 et 2009, nous savions tous que c\u2019\u00e9tait une insurrection et nous savions qu\u2019il fallait appliquer des principes de contrinsurrection, mais c\u2019\u00e9tait une p\u00e9riode o\u00f9 les ressources \u00e9taient insuffisantes. \u00bb<\/p>\n<p>Toutefois, Vance soutient que les ressources actuelles sont meilleures. \u00ab Nous nous sommes concentr\u00e9s sur l\u2019Afghanistan et encore plus sur le Kandahar. La coalition fait feu de tout bois et elle va remettre les commandes au gouvernement afghan. \u00bb<\/p>\n<p>Vance a quand m\u00eame remarqu\u00e9 que le retrait des Forces canadiennes du Kandahar, qui doit avoir lieu en 2011, est consid\u00e9r\u00e9 comme une sorte d\u2019\u00e9chec militaire, tout au moins par lui.<\/p>\n<p>La conf\u00e9rence a chang\u00e9 de titre jeudi matin, bien que sa fonction soit rest\u00e9e la m\u00eame, et le s\u00e9minaire s\u2019est transform\u00e9 en assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale annuelle dont le th\u00e8me \u00e9tait \u00ab Ressources et capacit\u00e9s des Forces canadiennes lors de l\u2019exercice de leur puissance \u00bb.<\/p>\n<p>Le discours de Natynczyk a commenc\u00e9 par un aper\u00e7u des op\u00e9rations des Forces \u00e0 Ha\u00efti et aux Jeux olympiques, ces derniers ayant \u00e9t\u00e9 une r\u00e9ussite gr\u00e2ce au fait que les Forces ont fait profil bas.<\/p>\n<p>\u00c0 propos de l\u2019Afghanistan, il dit qu\u2019il a \u00ab des raisons de se sentir un peu optimiste. L\u2019ann\u00e9e 2010 va \u00eatre difficile, mais c\u2019est aussi l\u2019ann\u00e9e o\u00f9 on va y tourner une page.<\/p>\n<p>\u00ab Il y a un an, il n\u2019y avait que deux bataillons au Kandahar, maintenant, il y en a quatre et un autre se pr\u00e9pare \u00e0 y aller. L\u2019OTAN, pour la premi\u00e8re fois, a les forces qu\u2019il lui faut au Kandahar. \u00bb<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la r\u00e9union d\u2019un groupe d\u2019experts sur les m\u00e9dias et l\u2019arm\u00e9e et une pr\u00e9sentation de James Soligan sur l\u2019OTAN, il y a eu la r\u00e9union d\u2019experts sur les int\u00e9r\u00eats nationaux et la projection de force du Canada et les capacit\u00e9s requises.<\/p>\n<p>Le vice-amiral Dean McFadden, chef maritime, dit que nous sommes au bord d\u2019un \u00ab si\u00e8cle de la marine [\u2026] Tout ce qui d\u00e9fie [\u2026] les lois de la mer menace les int\u00e9r\u00eats du Canada \u00bb.<br \/>\nEnsuite, ce fut le tour du lieutenant-g\u00e9n\u00e9ral Andrew Leslie de l\u2019arm\u00e9e de terre, puis celui du lieutenant-g\u00e9n\u00e9ral Andr\u00e9 Deschamps de la force a\u00e9rienne, qui ont tous deux donn\u00e9 des aper\u00e7us de leur service.<\/p>\n<p>Le g\u00e9n\u00e9ral David Petraeus dit avec s\u00e9rieux : \u00ab Le Canada fait toujours partie des quelques rares pays que nous, militaires am\u00e9ricains, voulons le plus \u00e0 nos c\u00f4t\u00e9s quand les choses se compliquent \u00bb, dit-il, et puis il a exhib\u00e9 un drapeau canadien qui a flott\u00e9 au-dessus d\u2019un bastion au Kandahar et qui, ces temps-ci, flotte dans son bureau.<\/p>\n<p>Effectivement, c\u2019est surtout de l\u2019Afghanistan qu\u2019il a parl\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab Les attaques ont atteint un nombre record (l\u2019an dernier), dit-il et l\u2019augmentation de la violence a min\u00e9 le gouvernement afghan. \u00bb<\/p>\n<p>Les propos de Petraeus auraient pu \u00eatre compris comme \u00e9tablissant subtilement le bien-fond\u00e9 d\u2019une pr\u00e9sence militaire en Afghanistan au-del\u00e0 de 2011. \u00ab Pour emp\u00eacher les extr\u00e9mistes transnationaux de prendre refuge en Afghanistan, il faut plus que des forces antiterroristes. Nous devons b\u00e2tir les forces nationales de s\u00e9curit\u00e9 afghanes, stabiliser le gouvernement, remplacer les narcotiques comme sources de revenus et r\u00e9tablir les parties r\u00e9conciliables de l\u2019insurrection. \u00bb<\/p>\n<p>Il est \u00e0 noter que cette derni\u00e8re expression est un bon euph\u00e9misme pour l\u2019id\u00e9e, qui prend de plus en plus de force, comme quoi les n\u00e9gociations avec les \u00e9l\u00e9ments talibans mod\u00e9r\u00e9s sont la prochaine \u00e9tape cruciale vers la stabilisation de l\u2019Afghanistan.<\/p>\n<p>Lorsque les discussions sont pass\u00e9es aux questions li\u00e9es au retrait des Am\u00e9ricains et des Canadiens, Petraeus a clairement dit que la position du gouvernement de Barack Obama n\u2019\u00e9tait pas d\u2019abandonner en 2011, \u00ab mais plut\u00f4t de commencer le transfert de l\u2019autorit\u00e9 de la campagne [&#8230;] Le processus de transition sera fond\u00e9 sur l\u2019\u00e9valuation des circonstances de chaque localit\u00e9, et il s\u2019agira alors de r\u00e9duire les forces, pas d\u2019abandonner \u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La liste des participants \u00e0 la Conf\u00e9rence des associations de la D\u00e9fense (CAD) de cette ann\u00e9e, qui a eu lieu au Ch\u00e2teau Laurier, au centre d\u2019Ottawa, les 3 et 4 mars, a \u00e9t\u00e9 aussi prestigieuse que d\u2019habitude. 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