{"id":4351,"date":"2017-09-26T13:10:54","date_gmt":"2017-09-26T17:10:54","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=4351"},"modified":"2017-10-26T13:15:18","modified_gmt":"2017-10-26T17:15:18","slug":"medicament-ou-malediction","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2017\/09\/medicament-ou-malediction\/","title":{"rendered":"M\u00c9DICAMENT ou MAL\u00c9DICTION?"},"content":{"rendered":"<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-4352\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Cure-or-curse-Title-photo_No-copy.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"400\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Cure-or-curse-Title-photo_No-copy.jpg 1500w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Cure-or-curse-Title-photo_No-copy-300x200.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Cure-or-curse-Title-photo_No-copy-768x512.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Cure-or-curse-Title-photo_No-copy-1024x683.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-4353\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Call-out-Recovered-1.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"515\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Call-out-Recovered-1.jpg 600w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Call-out-Recovered-1-300x258.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Dave Bona<\/b>, un v\u00e9t\u00e9ran du R\u00e9giment a\u00e9roport\u00e9 canadien s\u2019est demand\u00e9 la m\u00eame chose tous les jours au r\u00e9veil pendant plus de 20 ans : \u00ab Est-ce aujourd\u2019hui que je vais me suicider? \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Il s\u2019est joint aux Forces arm\u00e9es canadiennes (FAC) en 1984 et a servi \u00e0 Chypre en 1988-1989 et \u00e0 la premi\u00e8re guerre du Golfe en 1990-1991. Mais au retour de ses missions en Somalie en 1992 et au Rwanda en 1993-1994, il ne se sentait plus lui-m\u00eame.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Il avait des cauchemars p\u00e9n\u00e9trants, des visions de mort d\u2019enfants terribles, la rage \u00e0 fleur de peau, le vertige, la naus\u00e9e, des convulsions, une insomnie si grave qu\u2019il ne pouvait s\u2019endormir qu\u2019au bout de plusieurs jours et apr\u00e8s s\u2019\u00eatre compl\u00e8tement enivr\u00e9.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">Les sympt\u00f4mes \u2013 et l\u2019ivresse \u2013 ont persist\u00e9 quand il est revenu au Canada, aboutissant \u00e0 une comparution en cour martiale en 2000, au renvoi de l\u2019arm\u00e9e et \u00e0 la fin de son mariage. Un trouble de stress posttraumatique (TSPT) fut finalement diagnostiqu\u00e9.<\/p>\n<p class=\"p2\">Les traitements s\u2019enchainaient. Les ordonnances se multipliaient. \u00ab Les m\u00e9dicaments ne marchaient pas. \u00bb Au contraire, ils aggravaient les probl\u00e8mes, dit-il.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Et puis, il y a quelques ann\u00e9es, un psychologue lui a demand\u00e9 s\u2019il avait d\u00e9j\u00e0 pris de la m\u00e9floquine. La lumi\u00e8re se fit enfin. Les traitements visant certains des sympt\u00f4mes du TSPT \u00e9chouaient parce que le TSPT n\u2019en \u00e9tait pas la cause.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Les sympt\u00f4mes non li\u00e9s au TSPT qui se manifestaient chez lui sont inclus dans la liste de certains chercheurs comme \u00e9tant des signes de toxicit\u00e9 de la m\u00e9floquine. Cette liste comprend l\u2019anxi\u00e9t\u00e9, la d\u00e9pression, les pens\u00e9es suicidaires ou d\u2019homicide, la parano\u00efa, les d\u00e9lires et les hallucinations. Le diagnostic d\u2019une l\u00e9sion c\u00e9r\u00e9brale acquise provoqu\u00e9e par la m\u00e9floquine fut pos\u00e9 r\u00e9cemment dans le cas de Bona.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><b>Bona est l\u2019un<\/b> des 900 soldats d\u00e9ploy\u00e9s en Somalie, en 1992, lors de la mission o\u00f9 Shidane Arone, un adolescent de 16 ans, fut battu \u00e0 mort, ce qui mena \u00e0 la dissolution du R\u00e9giment a\u00e9roport\u00e9 canadien. On prescrit de la m\u00e9floquine aux soldats d\u00e9ploy\u00e9s, alors que Sant\u00e9 Canada n\u2019en avait pas encore autoris\u00e9 la vente.<\/p>\n<p class=\"p2\">On a souvent dit que le m\u00e9dicament \u00e9tait donn\u00e9 aux soldats dans le cadre d\u2019une \u00e9tude, mais que les protocoles concernant le suivi d\u2019une telle \u00e9tude ne furent pas respect\u00e9s. Le v\u00e9rificateur g\u00e9n\u00e9ral a conclu en 1999 que les FAC et le minist\u00e8re de la D\u00e9fense nationale (MDN) n\u2019avaient pas surveill\u00e9, consign\u00e9 ni rapport\u00e9 les effets ind\u00e9sirables.<\/p>\n<p class=\"p2\">Selon un rapport rendu au mois de juin par le m\u00e9decin-chef des FAC, 96 militaires faisaient bien partie d\u2019une \u00e9tude de s\u00e9curit\u00e9 de la m\u00e9floquine en 1991-1992, mais la mission en Somalie n\u2019en faisait pas partie, \u00ab car les directives de l\u2019\u00e9tude n\u2019\u00e9taient pas compatibles avec les exigences op\u00e9rationnelles du d\u00e9ploiement en Somalie \u00bb.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Toutefois, Michele Brill-Edwards, chef du processus d\u2019approbation des m\u00e9dicaments entre 1987 et 1992, dit \u00e0 l\u2019<i>Edmonton Journal<\/i> en 2016 que le MDN avait insist\u00e9 pour qu\u2019on le laisse utiliser la m\u00e9floquine conform\u00e9ment aux r\u00e8gles des essais cliniques, mais avait n\u00e9glig\u00e9 d\u2019en surveiller les effets ind\u00e9sirables. En outre, dit-elle, Sant\u00e9 Canada n\u2019avait pas fait le n\u00e9cessaire pour que le MDN respecte le protocole des essais cliniques.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">\u00ab Les renseignements pr\u00e9cieux sur l\u2019innocuit\u00e9 et l\u2019efficacit\u00e9 du m\u00e9dicament dans des conditions r\u00e9elles n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 recueillis \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 la v\u00e9rificatrice g\u00e9n\u00e9rale adjointe Maria Barrados devant le comit\u00e9 permanent des comptes publics en 1999.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Les v\u00e9t\u00e9rans de la Somalie disent qu\u2019on leur a parl\u00e9 de la m\u00e9floquine et des effets secondaires de cette derni\u00e8re, mais que personne ne leur avait dit d\u2019arr\u00eater d\u2019en prendre en cas de mauvais effet, et qu\u2019ils n\u2019avaient pas subi de test de d\u00e9pistage des contre-indications.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">La m\u00e9floquine est l\u2019un des rares m\u00e9dicaments efficaces contre le pa-ludisme. Sans protection, les FAC pr\u00e9voyaient 27 cas de paludisme par mois, et plusieurs morts pendant le d\u00e9ploiement. En ce temps-l\u00e0, on croyait que la m\u00e9floquine n\u2019avait pas de cons\u00e9quences de longue dur\u00e9e sur la sant\u00e9 mentale, et que les r\u00e9actions ind\u00e9sirables cessaient si l\u2019on arr\u00eatait d\u2019en prendre. La dose \u00e9tait hebdoma-daire plut\u00f4t que quotidienne, et sa protection \u00e9tait meilleure.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Mais certains soldats, dont Bona, ont ressenti des effets n\u00e9gatifs d\u00e8s la\u00a0premi\u00e8re dose. \u00ab Je me suis presque aussit\u00f4t senti malade, \u00bb dit-il. Au\u00a0d\u00e9but, les sympt\u00f4mes n\u2019apparaissaient que le jour o\u00f9 il prenait sa dose hebdomadaire, mais par la suite, ils devinrent chroniques, et certains surviennent encore \u00e0 l\u2019improviste.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Les r\u00eaves tr\u00e8s r\u00e9alistes et le vertige sont des effets secondaires courants. Cependant, certains soldats avaient des effets ind\u00e9sirables plus graves, y compris les cauchemars, l\u2019insomnie, la d\u00e9pression, l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 et la parano\u00efa. Quelques-uns avaient des hallucinations. Les soldats appelaient les jours o\u00f9 ils prenaient leur dose \u00ab psycho Tuesdays \u00bb (mardis marteaux, NDT) ou \u00ab wacko Wednesday \u00bb (mercredis mabouls, NDT), qui \u00e9taient caract\u00e9ris\u00e9s par des \u00ab meflomares \u00bb : cauchemars horribles qui semblent r\u00e9els.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Sant\u00e9 Canada n\u2019\u00e9tait cependant pas au courant de ces r\u00e9actions ind\u00e9sirables chez les soldats. Le m\u00e9dicament fut brevet\u00e9 au Canada en 1993, et en fin de compte, les FAC en donn\u00e8rent \u00e0 18 000 soldats.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Le lieutenant-g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 la retraite Rom\u00e9o Dallaire a dit au Comit\u00e9 permanent des anciens combattants cette ann\u00e9e qu\u2019il avait demand\u00e9 d\u2019arr\u00eater de prendre le m\u00e9dicament pendant la mission au Rwanda parce qu\u2019il affectait sa m\u00e9moire et sa capacit\u00e9 de penser. Il re\u00e7ut l\u2019ordre de continuer malgr\u00e9 tout, sous peine de cour martiale. <\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Le paludisme<\/b> <b>est<\/b> caus\u00e9 par un parasite transmis par les moustiques de certaines esp\u00e8ces. Ils infestent le foie et envahissent les cellules sanguines qui transportent l\u2019oxyg\u00e8ne et les nutriments. Elles deviennent rigides et visqueuses, entravant le flux sanguin vers les organes, surtout le cerveau, et font battre le c\u0153ur plus rapidement.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Les parasites peuvent rester inactifs dans le foie durant des ann\u00e9es, puis, sans traitement, ils passent soudainement \u00e0 l\u2019action, par pouss\u00e9es, tout au long de la vie du malade.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">La maladie cause des frissons incontr\u00f4lables, de la fi\u00e8vre, une fatigue \u00e9crasante, des maux de t\u00eate et de l\u2019hypoglyc\u00e9mie. Si elle n\u2019est pas trait\u00e9e, elle peut mener \u00e0 des difficult\u00e9s respiratoires, \u00e0 des convulsions, au coma, \u00e0 l\u2019insuffisance r\u00e9nale ou h\u00e9patique, et m\u00eame \u00e0 la mort.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Le paludisme est un fl\u00e9au pour les militaires, alitant tr\u00e8s vite les soldats par ailleurs pr\u00eats au combat. Certains en meurent. <\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">La maladie se propage facilement parce que toute personne infect\u00e9e devient porteuse et transmet le parasite aux moustiques sains. Des centaines de millions de personnes contractent la maladie chaque ann\u00e9e, et environ un demi-million d\u2019entre elles en meurent.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Le paludisme a modifi\u00e9 le cours de l\u2019histoire, fauchant empereurs, rois et g\u00e9n\u00e9raux, privant les arm\u00e9es de l\u2019\u00e9nergie n\u00e9cessaire au combat. Napol\u00e9on inonda la campagne hollandaise en 1809 et d\u00e9clara : \u00ab Il ne faut opposer aux Anglais que la fi\u00e8vre, qui bient\u00f4t les aura d\u00e9vor\u00e9s tous \u00bb. Quelque 40 % des 39 000 soldats britanniques furent frapp\u00e9s par la maladie. Durant la Premi\u00e8re Guerre mondiale, le paludisme immobilisa des arm\u00e9es en Mac\u00e9doine. \u00ab Je regrette, mais mon arm\u00e9e est hospitalis\u00e9e \u00e0 cause de la malaria \u00bb, r\u00e9pondait un g\u00e9n\u00e9ral fran\u00e7ais \u00e0 une demande britannique d\u2019attaquer; presque 80 % de ses hommes \u00e9taient \u00e0 l\u2019h\u00f4pital.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">L\u2019approvisionnement en quinine et en quinquina dont on se servait pour pr\u00e9venir ou soigner le paludisme fut interrompu pendant la Seconde Guerre mondiale. Un demi-million de militaires am\u00e9ricains contract\u00e8rent la maladie. Le g\u00e9n\u00e9ral Douglas MacArthur d\u00e9clara : \u00ab Cette guerre va \u00eatre longue si, pour chaque division que j\u2019ai pour faire face \u00e0 l\u2019ennemi, je dois compter une division hospitalis\u00e9e \u00e0 cause du paludisme et une autre en convalescence. \u00bb<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Le paludisme a infect\u00e9 plus de 40 000 soldats am\u00e9ricains au Vietnam, ce qui a men\u00e9 \u00e0 des recherches militaires entre 1963 et 1976. La m\u00e9floquine \u00e9tait le num\u00e9ro 142 490. C\u2019est toujours l\u2019un des rares m\u00e9dicaments efficaces contre le paludisme.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Malgr\u00e9 l\u2019absence d\u2019une \u00e9tude d\u2019innocuit\u00e9 et de tol\u00e9rance de troisi\u00e8me phase, la m\u00e9floquine a \u00e9t\u00e9 brevet\u00e9e \u2013 et utilis\u00e9e par les militaires \u2013 dans beaucoup de pays, dont les \u00c9tats-Unis, la Grande-Bretagne, l\u2019Irlande, les Pays-Bas et l\u2019Australie.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Les m\u00e9dicaments contre le paludisme ont \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9s \u00ab en se fondant sur une base de connaissances incompl\u00e8te, et \u00e0 un stade trop pr\u00e9coce du cycle de d\u00e9veloppement de m\u00e9dicament \u00bb, et les organismes d\u2019attribution des permis ont \u00e9t\u00e9 influenc\u00e9s \u00ab peut-\u00eatre de mani\u00e8re subliminale \u00bb par les groupes de pression militaires-industriels-gouvernementaux, a \u00e9crit le lieutenant-Colonel Ashley M. Croft du Corps de sant\u00e9 royal canadien en 2007 dans le <i>Journal of the Royal Society of Medicine<\/i>. Pendant des ann\u00e9es, dit-il, des rapports de r\u00e9actions ind\u00e9sirables ont \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9s comme \u00e9tant des faits rares, et ensuite comme \u00e9tant des r\u00e9sultats d\u2019autres facteurs, puis comme \u00e9tant un battage men\u00e9 par les m\u00e9dias.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">D\u00e8s le d\u00e9but, le fabricant avait signal\u00e9 que la m\u00e9floquine pouvait avoir des effets nocifs. Les avertissements devinrent de plus en plus muscl\u00e9s au fil du temps, et mainte-nant, ils comprennent des sympt\u00f4mes psychiatriques qui pourraient \u00eatre permanents. Un encadr\u00e9 am\u00e9ricain en 2013 disait que les effets secondaires neurologiques pouvaient devenir permanents.<br \/>\nLa Medicines and Healthcare Regulatory Authority britannique avertit que les cauchemars, l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 et la d\u00e9pression pourraient \u00eatre des signes avant-coureurs d\u2019effets plus graves, et que des cas de suicide ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s. Les organismes de r\u00e9glementation europ\u00e9ens avertissent aussi du risque de dommages neurologiques irr\u00e9versibles.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">En 2016, Sant\u00e9 Canada a fait inscrire sur l\u2019\u00e9tiquette : anxi\u00e9t\u00e9, parano\u00efa, d\u00e9pression, hallucinations, comportement psychotique.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">La m\u00e9floquine a \u00e9t\u00e9 li\u00e9e \u00e0 des meurtres et \u00e0 des suicides dans presque tous les pays o\u00f9 elle a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e aux soldats. Les anciens combattants de plusieurs pays se sont mis \u00e0 l\u2019appeler la \u00ab pilule du suicide \u00bb. Les \u00c9tats-Unis l\u2019ont d\u00e9clar\u00e9e m\u00e9dicament de dernier recours en 2013. Les forces sp\u00e9ciales de beaucoup de pays, dont les Navy SEALS et les Green Berets am\u00e9ricains, en ont interdit l\u2019usage.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Dans un rapport publi\u00e9 en 2017, le m\u00e9decin-chef des FAC recommande de ne pas utiliser la m\u00e9floquine en premi\u00e8re ligne de d\u00e9fense contre le paludisme, mais en autorise la prescription aux gens qui l\u2019ont tol\u00e9r\u00e9e auparavant. Il y note aussi qu\u2019elle s\u2019utilise de moins en moins depuis 2004; en 2016, 20 ordonnances seulement ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9livr\u00e9es.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">En 2006, la m\u00e9floquine s\u2019est av\u00e9r\u00e9e neurotoxique chez les animaux. Les chercheurs de plusieurs pays ont vite \u00e9t\u00e9 convaincus que certains sympt\u00f4mes chez l\u2019\u00eatre humain \u00e9taient caus\u00e9s par des dommages au cerveau. Ils appellent cela une l\u00e9sion c\u00e9r\u00e9brale acquise, appellation disput\u00e9e dans certains cercles militaires.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">En 2016, le comit\u00e9 des affaires des anciens combattants de la Chambre des communes a men\u00e9 une enqu\u00eate, et on trouve dans son rapport le t\u00e9moignage du m\u00e9decin-chef des FAC, Hugh MacKay, qui disait qu\u2019il n\u2019y avait pas suffisamment de preuves scientifiques pour soutenir que la\u00a0m\u00e9floquine avait des effets n\u00e9fastes\u00a0\u00e0\u00a0long terme. \u00ab Les effets neuropsychiatriques ind\u00e9sirables graves n\u2019ont \u00e9t\u00e9 li\u00e9s que rarement \u00e0 son utilisation. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">En 2017, lors d\u2019une \u00e9tude portant sur l\u2019innocuit\u00e9 de la m\u00e9floquine, Sant\u00e9 Canada n\u2019a trouv\u00e9 que tr\u00e8s peu d\u2019indices confirmant que la m\u00e9floquine avait des effets neurologiques et psychiatriques ind\u00e9sirables de longue dur\u00e9e ou permanents.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">L\u2019ironie veut que les FAC soient en partie responsables de ce manque de preuves, n&#8217;ayant pas fait d\u2019\u00e9tude de s\u00e9curit\u00e9 sur les<br \/>\n900 soldats envoy\u00e9s en Somalie en 1992. \u00ab Si elles l\u2019avaient fait [&#8230;] nous aurions pu \u00e9viter des probl-\u00e8mes \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration montante \u00bb, dit le major \u00e0 la retraite Remington Nevin, boursier de recherches postdoctorales \u00e0 la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health.<\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Bien que la m\u00e9floquine<\/b> ait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e \u00e0 des millions de personnes au cours des 30 derni\u00e8res ann\u00e9es, on n\u2019en sait pas beaucoup sur la mani\u00e8re dont elle tue les parasites ou sur ce qu\u2019elle fait \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du corps humain.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s3\">Des chercheurs en Angleterre et en Australie ont d\u00e9couvert il y a peu qu\u2019elle adh\u00e8re (imparfaitement) aux ribosomes des cellules du parasite o\u00f9 elle perturbe la production de prot\u00e9ines. Il existe d\u2019autres \u00e9tudes o\u00f9 l\u2019on s\u2019est concentr\u00e9 sur l\u2019am\u00e9lioration de cette adh\u00e9rence afin de rendre le m\u00e9dicament plus efficace et, esp\u00e8re-t-on, moins toxique pour les humains.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Les effets ind\u00e9sirables ne se produisent pas dans tous les cas, et ils sont habituellement \u00e9ph\u00e9m\u00e8res. Malheureusement, il est impossible de pr\u00e9dire qui sera gravement touch\u00e9. Des chercheurs ont sugg\u00e9r\u00e9 au d\u00e9but que des variations g\u00e9n\u00e9tiques sont la cause de ces diff\u00e9rences d\u2019une personne \u00e0 l\u2019autre. Les recherches r\u00e9centes semblent indiquer que cette variation soit li\u00e9e aux enzymes. Ces enzymes activent le m\u00e9dicament, puis elles l\u2019\u00e9liminent avant l\u2019accumulation des sous-produits toxiques. On pense toutefois que certaines personnes n\u2019ont pas les enzymes n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019\u00e9limination. Les sympt\u00f4mes qui en r\u00e9sultent sont neurologiques et psychiatriques, mais le dommage est physique.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Lors de la premi\u00e8re \u00e9tude randomis\u00e9e de la m\u00e9floquine chez des voyageurs en 2001, 67 % des participants ont rapport\u00e9 des effets secondaires, dont 6 % \u00e9taient assez graves pour n\u00e9cessiter une intervention m\u00e9dicale. Si ces renseignements avaient \u00e9t\u00e9 obtenus au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, a \u00e9crit Croft, \u00ab il est certain que [&#8230;] les autorit\u00e9s nationales qui d\u00e9livrent les permis [&#8230;] n\u2019auraient pas approuv\u00e9 ce m\u00e9dicament \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">En 2002, des chercheurs britanniques ont d\u00e9couvert que la m\u00e9floquine endommageait le foie et la thyro\u00efde chez certaines personnes. L\u2019effet est aggrav\u00e9 par la d\u00e9shydratation, ce qui est courant dans les pays chauds o\u00f9 l\u2019on d\u00e9ploie souvent les soldats, et la consommation d\u2019alcool.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">L\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9 recommande toujours la m\u00e9floquine, car les avantages surpassent les risques lorsqu\u2019elle est prise conform\u00e9ment aux prescriptions. Mais elle avertit depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 1990 qu\u2019il pourrait y avoir des effets neurologiques ou psychiatriques. Elle recommande que le m\u00e9dicament ne soit pas utilis\u00e9 par les gens ayant un emploi exigeant une grande dext\u00e9rit\u00e9, comme les pilotes.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">Il faut cesser de prendre le m\u00e9dicament aux premi\u00e8res indications de r\u00e9action ind\u00e9sirable. \u00ab Et, la plupart du temps, c\u2019est tout simplement impossible quand il faut d\u00e9ployer un grand nombre de soldats soudainement \u00bb, dit Julian Lewis, chef du comit\u00e9 de la d\u00e9fense des Communes britanniques qui enqu\u00eatait sur la m\u00e9floquine chez<br \/>\nles militaires.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">\u00ab La m\u00e9floquine n\u2019est pas compa-tible avec les activit\u00e9s militaires \u00bb, dit Nevin.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Les soldats eux-m\u00eames risquent d\u2019\u00e9carter les sympt\u00f4mes, croyant qu\u2019ils sont dus au stress du d\u00e9ploiement : chaleur, traumatismes, longues p\u00e9riodes en service, d\u00e9shydratation. Il y en a qui ne rapportent pas leurs sympt\u00f4mes psychologiques par crainte de stigmatisation. Apr\u00e8s le d\u00e9ploiement, les sympt\u00f4mes qui persistent peuvent \u00eatre attribu\u00e9s par erreur au TSPT ou \u00e0 un traumatisme c\u00e9r\u00e9bral dont les sympt\u00f4mes sont similaires \u00e0 ceux de la toxicit\u00e9 de la m\u00e9floquine.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">L\u2019arm\u00e9e pourrait aussi am\u00e9liorer ses tests de d\u00e9pistage pour identifier les soldats qui souffrent d\u00e9j\u00e0 d\u2019un trouble et l\u2019observation d\u2019effets ind\u00e9sirables. La tenue des dossiers lors du d\u00e9ploiement peut ne pas \u00eatre r\u00e9guli\u00e8re et ils peuvent \u00eatre perdus. Les comptes-rendus peuvent \u00eatre fragmentaires, incoh\u00e9rents ou mal pr\u00e9par\u00e9s pour l\u2019enregistrement des renseignements dont on a besoin pour cerner les probl\u00e8mes caus\u00e9s par la m\u00e9floquine.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Beaucoup d\u2019anciens combattants britanniques ont rapport\u00e9 ne pas avoir subi de tests de d\u00e9pistage d\u2019affection pr\u00e9existante ni avoir<br \/>\n\u00e9t\u00e9 <\/span>renseign\u00e9s sur les effets<span class=\"s1\"> ind\u00e9sirables permanents potentiels. De plus, \u00ab certains soldats se d\u00e9barrassent [de leur m\u00e9floquine] plut\u00f4t que d\u2019en risquer les effets secondaires \u00bb, dit Lewis.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">Les anciens combattants, leurs familles et leurs d\u00e9fenseurs se battent depuis des dizaines d\u2019ann\u00e9es pour que les arm\u00e9es reconnaissent les dommages caus\u00e9s par la m\u00e9floquine et qu\u2019elles fassent quelque chose pour aider ceux qui en souffrent.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">La L\u00e9gion royale canadienne a \u00e9crit au ministre de la D\u00e9fense et \u00e0 celui des Anciens combattants en novembre 2016 pour les exhorter \u00e0 entreprendre des recherches sur la m\u00e9floquine et d\u2019en cesser l\u2019utilisation pendant ces recherches.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">\u00ab Nos marins, soldats et aviateurs m\u00e9ritent de conna\u00eetre les effets se-condaires et d\u2019obtenir un diagnostic convenable afin de se faire soigner comme il faut \u00bb, ainsi que de l\u2019aide pour relier leur affection au service et faire une demande de prestations d\u2019invalidit\u00e9, \u00e9crivait le pr\u00e9sident de la Direction nationale, Dave Flannigan.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Des recours ont \u00e9t\u00e9 intent\u00e9s par des v\u00e9t\u00e9rans de la m\u00e9floquine dans plusieurs pays. En 2013, le <i>Journal of the American Academy of Psychiatry and the Law<\/i> a publi\u00e9 un article donnant un aper\u00e7u des questions pouvant \u00eatre soulev\u00e9es dans ces recours.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">L\u2019International Mefloquine Veterans\u2019 Alliance sensibilise le public et plaide pour que les gouvernements enqu\u00eatent. Les membres canadiens de l\u2019alliance veulent que l\u2019arm\u00e9e admette que la m\u00e9floquine cause des dommages, identifie les gens qui ont subi des effets ind\u00e9sira-bles, veille \u00e0 ce qu\u2019ils obtiennent de l\u2019aide, et appuie les recherches sur les moyens d\u2019\u00e9tablir des diagnostics et les traitements. Ils veulent aussi qu\u2019elle \u00e9tablisse un point de contact unique pour les gens qui ont des sympt\u00f4mes li\u00e9s \u00e0 la m\u00e9floquine, comme cela s\u2019est fait en Grande-Bretagne en 2016.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s3\">Un seul de ces d\u00e9sirs a \u00e9t\u00e9 inclus dans le rapport des FAC en 2017, o\u00f9 il est recommand\u00e9 que la m\u00e9floquine \u00ab soit consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9tant un <\/span><span class=\"s1\">agent moins privil\u00e9gi\u00e9 \u00bb. Trois des quatre recommandations concernaient l\u2019am\u00e9lioration des tests, de l\u2019\u00e9ducation et de la v\u00e9rification des rem\u00e8des contre le paludisme par les FAC.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">Le rapport remarquait que les effets ind\u00e9sirables \u00e9taient plus courants qu\u2019on ne le pensait au d\u00e9but (entre 25 et 50 %), mais on y lit aussi que \u00ab nous n\u2019avons pas recueilli de preuve [r\u00e9pondant \u00e0 nos crit\u00e8res d\u2019inclusion] d\u2019effet de longue dur\u00e9e sur la sant\u00e9 mentale ni neurologique de la m\u00e9floquine par rapport \u00e0 la doxycycline ou \u00e0 l\u2019AP [atovaquone\/proguanil] \u00bb.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Neuf \u00e9tudes, concernant quelque 400 000 militaires, satisfaisaient aux crit\u00e8res d\u2019inclusion; et comparaient les effets ind\u00e9sirables des autres m\u00e9dicaments antipalud\u00e9ens \u00e0 ceux de la m\u00e9floquine.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">Le rapport faisait aussi \u00e9tat de dossiers de militaires canadiens \u00e0 qui le m\u00e9dicament avait \u00e9t\u00e9 prescrit entre 2013 et 2016, et on y constatait que la documentation relative aux tests de d\u00e9pistage pour contre-indication n\u2019existait que dans 38 % des 111 cas. En outre, le m\u00e9dicament avait \u00e9t\u00e9 prescrit \u00e0 12 % des militaires qui \u00e9taient atteints d\u2019affections qui auraient d\u00fb en contrindiquer l\u2019emploi.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Des \u00e9tudes de cas, des \u00e9tudes concernant la m\u00e9floquine uniquement, et des \u00e9tudes dans la population civile \u00e9taient exclues.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00ab Le rapport [des FAC] devrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme faisant partie d\u2019une strat\u00e9gie visant \u00e0 semer le doute de la part d\u2019une bureaucratie sur la d\u00e9fensive en ce qui concerne la question de la m\u00e9floquine, dit Nevin. Les conclusions [&#8230;] contredisent \u00e0 l\u2019\u00e9vidence celles de plusieurs autres pays. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">L\u2019Australie, par exemple, a constat\u00e9 que le m\u00e9dicament est une cause plausible d\u2019un syndrome chronique de toxicit\u00e9 dans le syst\u00e8me nerveux <\/span>central, et selon un rapport<span class=\"s2\"> provenant de la Grande-Bretagne, le m\u00e9dicament comporte un risque inacceptable d\u2019effets secondaires graves pour les soldats, dit-il.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Bien que les anciens combattants disent que le rapport des FAC ne r\u00e9pond pas \u00e0 leurs pr\u00e9occupations, un rapport publi\u00e9 en juin par le comit\u00e9 des affaires des anciens combattants de la Chambre des communes le fait : \u00ab Les risques d\u2019une persistance \u00e0 long terme d\u2019effets psychiatriques sont suffisamment reconnus par la communaut\u00e9 scientifique pour \u00eatre ajout\u00e9s aux mises en garde int\u00e9gr\u00e9es aux livrets d\u2019information accompagnant le m\u00e9dicament. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Le rapport de la Chambre des communes recommande aussi qu\u2019Anciens combattants Canada (ACC) communique avec les v\u00e9t\u00e9rans de la Somalie et du Rwanda afin de s\u2019assurer qu\u2019ils re\u00e7oivent les services et le soutien en sant\u00e9 dont ils ont besoin, ainsi que les avantages et programmes d\u2019ACC auxquels ils ont droit. Et il recommande qu\u2019ACC collabore avec les programmes de recherches sur la m\u00e9floquine.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Par ailleurs, ACC dit que les anciens combattants peuvent demander des prestations pour une affection li\u00e9e \u00e0 la prise de m\u00e9floquine pendant leur service.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">L\u2019ombudsman des v\u00e9t\u00e9rans, Guy Parent, pense toutefois que certains anciens combattants pourraient ne pas pouvoir d\u00e9montrer le lien entre leurs sympt\u00f4mes et le diagnostic pos\u00e9.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">\u00ab C\u2019est une question qui exige une approche pangouvernementale \u00bb, dit-il, notant que d\u2019autres gouvernements, dont ceux des \u00c9tats-Unis, de la Grande-Bretagne, de l\u2019Australie et de l\u2019Allemagne, fournissent des services li\u00e9s \u00e0 la toxicit\u00e9 de la m\u00e9floquine, y compris une aide aux demandes de prestations et le financement de recherches, et qu\u2019ils ont inscrit la m\u00e9floquine sur la liste des agents toxiques o\u00f9 se trouvent l\u2019agent Orange et l\u2019amiante.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Investir en recherche<\/b> est particuli\u00e8rement important, dit Bona, car il n\u2019existe que peu de traitements pour combattre la toxicit\u00e9 de la m\u00e9floquine.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Sa vie a chang\u00e9 il y a trois ans, quand il a commenc\u00e9 l\u2019analyse tomodensitom\u00e9trique \u00e0 basse r\u00e9solution, appel\u00e9e neurofeedback LORETA. La th\u00e9rapie sert \u00e0 cerner les r\u00e9gions endommag\u00e9es et entraine d\u2019autres voies c\u00e9r\u00e9brales \u00e0 compenser. \u00ab Elle \u00e9crase la d\u00e9pression ingu\u00e9rissable qui est un des effets secondaires [de la m\u00e9floquine], dit Bona. On reprend gout \u00e0 la vie. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">Il a toujours un trouble de stress posttraumatique et une l\u00e9sion c\u00e9r\u00e9brale acquise, mais les cons\u00e9quences en sont att\u00e9nu\u00e9es. Des crises surviennent encore, mais \u00ab le r\u00e9tablissement se mesure en minutes ou en heures, plut\u00f4t qu\u2019en jours, en semaines, ou en mois \u00bb. Et le suicide n\u2019est plus la premi\u00e8re chose \u00e0 laquelle il pense au r\u00e9veil. \u00ab Quand ils sont bien soign\u00e9s, les gens peuvent reprendre leur vie. Si vous pouviez faire passer ce message, au moins&#8230; \u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dave Bona, un v\u00e9t\u00e9ran du R\u00e9giment a\u00e9roport\u00e9 canadien s\u2019est demand\u00e9 la m\u00eame chose tous les jours au r\u00e9veil pendant plus de 20 ans : \u00ab Est-ce aujourd\u2019hui que je vais me suicider? \u00bb Il s\u2019est joint aux Forces arm\u00e9es canadiennes (FAC) en 1984 et a servi \u00e0 Chypre en 1988-1989 et \u00e0 la premi\u00e8re guerre [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":4354,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-4351","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles-principaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4351","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4351"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4351\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4354"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4351"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4351"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4351"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}