{"id":43,"date":"2007-07-01T21:40:17","date_gmt":"2007-07-02T02:40:17","guid":{"rendered":"http:\/\/28330.vws.magma.ca\/fr\/?p=43"},"modified":"2008-01-27T22:33:05","modified_gmt":"2008-01-28T03:33:05","slug":"anniversaire-sur-la-crete","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2007\/07\/anniversaire-sur-la-crete\/","title":{"rendered":"Anniversaire sur la Cr\u00eate"},"content":{"rendered":"<p><em>&#8220;Dans n&#8217;importe quelle histoire nationale il y a des moments                     et des endroits, des fois loin de chez soi, que, r\u00e9trospectivement,                     on peut voir comme des tournants fixes de l&#8217;histoire, des                     moments qui distinguent \u00e0 jamais la nation dont il s&#8217;agit.                     Les gens qui recherchent les fondations de la distinction                     du Canada feraient bien de commencer ici, \u00e0 Vimy.&#8221; &#8211;Sa Majest\u00e9 la                     reine Elizabeth II <\/em><\/p>\n<p>Exactement 90 ans apr\u00e8s le jour l\u00e9gendaire o\u00f9, durant la Premi\u00e8re                   Guerre mondiale, 100 000 Canadiens se sont lanc\u00e9s \u00e0 l&#8217;assaut                   de la cr\u00eate de Vimy, la reine Elizabeth s&#8217;adressait \u00e0 une foule                   de 20 000 citoyens canadiens et fran\u00e7ais sur ce champ de bataille                   consacr\u00e9 dans le Nord de la France.<\/p>\n<p>Derri\u00e8re elle, le monument national canadien qui venait d&#8217;\u00eatre                   restaur\u00e9 brillait au soleil, en apparence aussi neuf qu&#8217;en                   1936, quand son oncle, le roi \u00c9douard VIII, le d\u00e9diait pour                   la premi\u00e8re fois. Et devant elle se trouvaient 5 000 gosses                   d&#8217;\u00e9cole secondaire qui avaient fait le p\u00e8lerinage \u00e0 Vimy pour                   les comm\u00e9morations du 90e anniversaire.<\/p>\n<p>La L\u00e9gion royale canadienne \u00e9tait fortement repr\u00e9sent\u00e9e aussi,                   ses uniformes \u00e9tant visibles parmi les membres de la d\u00e9l\u00e9gation                   gouvernementale officielle ainsi que dans la foule.<\/p>\n<p>Le prince Philip, le Premier ministre Stephen Harper et sa                   famille, le Premier ministre fran\u00e7ais Dominique de Villepin                   et son \u00e9pouse, ainsi que deux anciens combattants canadiens,                   deux jeunes et deux aum\u00f4niers des Forces canadiennes (FC) \u00e9taient                   sur l&#8217;estrade avec la reine.<\/p>\n<p>En ce beau jour printanier, le temps n&#8217;\u00e9tait pas du tout comme                   celui du 9 avril 1917. En ce temps-l\u00e0, un jour de neige et                   de giboul\u00e9e sur un terrain qui ressemblait \u00e0 un paysage lunaire                   boueux, les quatre divisions du Corps canadien sont sorties                   des tunnels pour lancer une attaque stup\u00e9fiante contre les                   forces allemandes qui occupaient la cr\u00eate depuis deux ans et                   demi. C&#8217;\u00e9tait la premi\u00e8re fois que les quatre divisions se                   battaient ensemble et elles ont accompli ce que les forces                   fran\u00e7aises et britanniques n&#8217;avaient pas pu accomplir auparavant.<\/p>\n<p>Ils ont pris la cr\u00eate en quatre jours.<\/p>\n<p>La reine a rendu hommage \u00e0 la bravoure des Canadiens et aux                   3 598 d&#8217;entre eux qui ont donn\u00e9 leur vie pour reconqu\u00e9rir ce                   terrain-l\u00e0. &#8220;Je renouvelle la d\u00e9dicace de ce m\u00e9morial, restaur\u00e9 de                   fa\u00e7on magnifique, \u00e0 leur comm\u00e9moration \u00e9ternelle, \u00e0 ceux qui                   ont perdu la vie r\u00e9cemment en Afghanistan, au Canada et \u00e0 tous                   ceux qui sont pr\u00eats \u00e0 servir la cause de la libert\u00e9.&#8221;<\/p>\n<p>Ce que nombre de Canadiens dans la foule ne savaient pas,                   car ils n&#8217;\u00e9taient pas chez eux, c&#8217;est que six de leurs compatriotes \u00e9taient                   morts la veille en Afghanistan, \u00e0 cause d&#8217;une bombe qui avait                   explos\u00e9 au bord d&#8217;une route durant la semaine la plus meurtri\u00e8re                   pour les FC depuis la guerre de Cor\u00e9e.<\/p>\n<p align=\"center\">* * *<\/p>\n<p>La veille au soir, au souper du dimanche de P\u00e2ques, Harper,                   la voix tremblante, apprenait la terrible nouvelle aux membres                   de la d\u00e9l\u00e9gation officielle, laquelle comprenait le leader                   lib\u00e9ral adjoint Michael Ignatieff, le pr\u00e9sident de la Chambre                   des communes Peter Milliken, le grand pr\u00e9sident honoraire de                   la L\u00e9gion royale canadienne Charles Belzile, le pr\u00e9sident national                   Jack Frost, les leaders de plusieurs autres organisations d&#8217;anciens                   combattants, plus de 30 anciens combattants et les personnes                   qui les \u00baaccompagnaient.<\/p>\n<p>&#8220;Vous, nos anciens combattants, vous \u00eates la raison d&#8217;\u00eatre                   de notre voyage&#8221;, disait Harper \u00e0 ses auditeurs. &#8220;Lorsque vous \u00e9tiez                   de jeunes Canadiens vous avez pris \u00e0 coeur le fameux commandement                   du (lieutenant-)colonel John McCrae, et vous avez accept\u00e9 l&#8217;oriflamme                   pour votre pays [&#8230;]. Nous vivons toujours dans un monde dangereux.                   En tant que Premier ministre, ces jours-ci j&#8217;ai presque toujours                   l&#8217;Afghanistan \u00e0 l&#8217;esprit, o\u00f9 une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de soldats                   canadiens portent l&#8217;oriflamme du (lieutenant-)colonel McCrae.&#8221; Il                   a ensuite parl\u00e9 des six soldats qui avaient \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s. &#8220;Nous                   compatissons sinc\u00e8rement avec les victimes et avec leur famille.&#8221;<\/p>\n<p>Par la suite, le pr\u00e9sident national a parl\u00e9 de cette derni\u00e8re                   perte de soldats canadiens. &#8220;C&#8217;est une envergure diff\u00e9rente                   (de celle de Vimy), proportionnellement, mais ils se battent                   pour les m\u00eames raisons&#8221;, dit Frost. &#8220;Ils se mettent dans la                   balance pour les m\u00eames raisons, pour la libert\u00e9 et la d\u00e9mocratie,                   et pour les droits civils des peuples des nations opprim\u00e9es.&#8221;<\/p>\n<p>Le service et le sacrifice vont de pair et pour les nombreux                   Canadiens qui sont venus en France \u00e0 l&#8217;occasion des comm\u00e9morations                   du 90e anniversaire, ils passent d&#8217;une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l&#8217;autre.                   Parmi les officiels de la d\u00e9l\u00e9gation, en plus des 300 membres                   et plus de la GRC et des FC qui formaient la garde d&#8217;honneur,                   il y avait des descendants de soldats canadiens qui se sont                   battus \u00e0 Vimy. Leo John Donovan, l&#8217;arri\u00e8re-grand-p\u00e8re de la                   gendarme de la GRC Tammy Ward de Fredericton, est un de ceux                   qui y ont surv\u00e9cu. Mais ce n&#8217;est pas le cas pour Frederick                   Joseph, l&#8217;arri\u00e8re-grand-oncle du caporal Tim Belliveau de Chatham,                   son coll\u00e8gue n\u00e9o-brunswickois.<\/p>\n<p>Belliveau, en plus de servir dans la garde d&#8217;honneur, avait                   pour mission d&#8217;aller \u00e0 la tombe de son arri\u00e8re-grand-oncle.                   Aucun membre de sa famille n&#8217;y \u00e9tait all\u00e9 avant lui.<\/p>\n<p align=\"center\">* * *<\/p>\n<p>Le p\u00e8lerinage \u00e0 Vimy allait \u00eatre une affaire en coup de vent                   de cinq jours, pleine de joie et de tristesse. En plus de solenniser                   le 90e anniversaire de la bataille, les manifestations de P\u00e2ques                   allaient inclure une d\u00e9dicace du m\u00e9morial, le chef-d&#8217;oeuvre                   du sculpteur torontois Walter Allward, et l&#8217;enterrement d&#8217;un                   soldat de la Premi\u00e8re Guerre mondiale dont les restes ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9s                   en 2003; le simple soldat Herbert Peterson de Berry Creek (Alb.)                   est la premi\u00e8re victime de la Grande Guerre identifi\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 des                   tests d&#8217;ADN. La ville d&#8217;Arras aussi allait rendre un hommage                   sp\u00e9cial aux FC.<\/p>\n<p>Anciens combattants Canada avait supervis\u00e9 la restauration                   du Monument comm\u00e9moratif du Canada \u00e0 Vimy, au co\u00fbt de 20 millions                   de dollars, avec l&#8217;aide de plusieurs minist\u00e8res f\u00e9d\u00e9raux, dont                   Travaux publics et Services gouvernementaux Canada. \u00c0 ce moment-ci,                   le ministre des Anciens combattants, Greg Thompson, \u00e9tait \u00e0 la                   t\u00eate du p\u00e8lerinage.<\/p>\n<p>Le contingent au complet s&#8217;\u00e9tait assembl\u00e9 \u00e0 Ottawa, le jeudi                   5 avril et d\u00e9but\u00e9 son voyage au Mus\u00e9e canadien de la guerre.                   L\u00e0, Thompson, le PDG du mus\u00e9e Joe Geurts et le PDG de la Monnaie                   royale canadienne Ian E. Bennett ont d\u00e9voil\u00e9 une pi\u00e8ce comm\u00e9morative                   en l&#8217;honneur de Vimy.<\/p>\n<p>Thompson dit qu&#8217;ils allaient offrir la pi\u00e8ce aux deux derniers                   survivants de la Grande Guerre reconnus, Percy Dwight Wilson                   et John Babcock, qui tous deux ont plus de 105 ans. Il dit                   que &#8220;ce voyage-ci, plus que tout autre, est pour nos anciens                   combattants. Il s&#8217;agit de rendre un hommage solennel aux plus                   de 600 000 Canadiens ordinaires qui ont fait des choses extraordinaires                   pour notre pays&#8221;.<\/p>\n<p>Au d\u00eener qui s&#8217;ensuivit, il y avait un ancien combattant des                   plus alertes qui avait vraiment h\u00e2te de monter \u00e0 bord de l&#8217;Airbus                   des FC pour se rendre \u00e0 Lille (France). &#8220;J&#8217;ai l&#8217;impression                   que je r\u00eave&#8221;, dit Thyra Read, une infirmi\u00e8re de la Deuxi\u00e8me                   Guerre mondiale, \u00e2g\u00e9e de 89 ans, qui se rappelle que le r\u00e9cipiendaire                   de la Croix de Victoria, Fred Tilston, a \u00e9t\u00e9 un de ses patients                   en Angleterre. Cette r\u00e9sidente de Winnipeg se rappelle aussi                   affectueusement de (feu) son premier mari qu&#8217;elle a rencontr\u00e9 \u00e0 un                   bal des officiers, au Canada, juste avant qu&#8217;ils partent tous                   deux outre-mer. Trente ans plus tard, durant ses vacances,                   le couple a pass\u00e9 une journ\u00e9e \u00e0 la cr\u00eate de Vimy. &#8220;Mon mari                   s&#8217;int\u00e9ressait beaucoup \u00e0 l&#8217;histoire. C&#8217;est pour \u00e7a que j&#8217;aurais                   tellement aim\u00e9 qu&#8217;il soit encore en vie pour voir ceci.&#8221; Son                   fils et sa bru se sont aussi rendus en France pour l&#8217;\u00e9couter                   lire l&#8217;Acte du Souvenir en pr\u00e9sence de la reine.<\/p>\n<p align=\"center\">* * *<\/p>\n<p>Sur le m\u00e9morial de Vimy se trouvent les noms de quelque 11                   285 soldats canadiens qui ont \u00e9t\u00e9 port\u00e9s &#8220;disparus, pr\u00e9sum\u00e9s                   morts&#8221; en France durant la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Un de                   ces particuliers, bien entendu, ne manque plus \u00e0 l&#8217;appel. Pr\u00e8s                   de 90 ans apr\u00e8s sa mort au combat, \u00e0 l&#8217;\u00e2ge de 22 ans, et quatre                   ans apr\u00e8s que ses restes aient \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s, le simple soldat                   Herbert Peterson allait enfin reposer.<\/p>\n<p>&#8220;En 2003, des travailleurs qui creusaient une tranch\u00e9e pour                   une pipeline \u00e0 gaz pr\u00e8s d&#8217;Avion (France) ont trouv\u00e9 les restes                   entrem\u00eal\u00e9s de deux humains. Bien qu&#8217;il n&#8217;y eut pas grand-chose                   qui serve \u00e0 les identifier, les fragments qui restaient ont                   permis de savoir qu&#8217;il s&#8217;agissait de Canadiens.<\/p>\n<p>La d\u00e9couverte de restes sous la terre n&#8217;a rien d&#8217;\u00e9tonnant                   dans un pays qui a si souvent \u00e9t\u00e9 ravag\u00e9 par la guerre. Comme                   d&#8217;habitude, on a alert\u00e9 les autorit\u00e9s et la Commission des                   s\u00e9pultures de guerre du Commonwealth, qui s&#8217;occupe des cas                   semblables, l&#8217;a rapport\u00e9 au minist\u00e8re de la D\u00e9fense nationale.<\/p>\n<p>L&#8217;historien du MDN Ken Reynolds s&#8217;est alors mis \u00e0 l&#8217;oeuvre                   pour \u00e9tablir la liste des particuliers qui ont \u00e9t\u00e9 port\u00e9s disparus                   dans cette r\u00e9gion-l\u00e0. &#8220;Nous comptons toujours sur les artefacts                   qu&#8217;on trouve sur place&#8221;, dit-il. &#8220;Dans ce cas-ci, il y avait                   quatre boutons et un insigne de col du 49e Bataillon, un insigne                   tr\u00e8s distinctif.&#8221; Ensuite, il s&#8217;agissait de d\u00e9terminer si l&#8217;unit\u00e9 avait                   bien \u00e9t\u00e9 pr\u00e8s de l&#8217;endroit o\u00f9 les restes ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s,                   et combien de fois. &#8220;La seule fois o\u00f9 le bataillon a \u00e9t\u00e9 dans                   cette r\u00e9gion, c&#8217;\u00e9tait le 9 juin (1917) \u00e0 l&#8217;occasion d&#8217;un raid                   de tranch\u00e9es, durant lequel il y a eu 36 victimes, dont 16                   n&#8217;avaient pas \u00e9t\u00e9 recouvr\u00e9es.&#8221;<\/p>\n<p>Il allait falloir pr\u00e8s de quatre ans de recherches g\u00e9n\u00e9alogiques                   et d&#8217;analyses d&#8217;ADN ultrasophistiqu\u00e9es pour identifier Peterson;                   une grande partie a \u00e9t\u00e9 prise par les efforts de douzaines                   de g\u00e9n\u00e9alogistes, de scientifiques et d&#8217;historiens du MDN b\u00e9n\u00e9voles.                   De dire la g\u00e9n\u00e9alogiste Janet Roy de Thunder Bay (Ont.) : &#8220;Mon                   travail \u00e9tait d&#8217;\u00e9chafauder les arbres g\u00e9n\u00e9alogiques de chacun                   des 16 soldats &#8216;disparus au combat&#8217;.&#8221; \u00c0 partir de l\u00e0, elle                   a d\u00fb identifier des donneurs d&#8217;ADN appropri\u00e9s.<\/p>\n<p>Quand Roy a pris contact avec les familles, elle ne pouvait                   pas leur donner de d\u00e9tail sur le projet, mais elle les all\u00e9cha                   en mentionnant le nom de leur parent. Tous les membres des                   familles qu&#8217;elle a rejoints ont accept\u00e9 qu&#8217;on pr\u00e9l\u00e8ve leur                   ADN, gr\u00e2ce \u00e0 un simple frottement de la joue avec un coton-tige,                   pour identifier les restes.<\/p>\n<p>Le Dr Carney Matheson, chef des recherches m\u00e9dico-l\u00e9gales                   au laboratoire Pal\u00e9o-ADN de l&#8217;Universit\u00e9 Lakehead \u00e0 Thunder                   Bay (Ont.), a alors pris la rel\u00e8ve. Le labo est un leader mondial                   dans l&#8217;identification d&#8217;\u00e9chantillons d&#8217;ADN qui sont grandement                   d\u00e9grad\u00e9s et donc difficiles \u00e0 analyser. Matheson et un de ses                   coll\u00e8gues ont obtenu de l&#8217;ADN provenant de dents et d&#8217;un \u00e9chantillon                   d&#8217;os pr\u00e9lev\u00e9 dans les restes du soldat. &#8220;Il faut s&#8217;assurer                   que le cr\u00e2ne et le corps soient associ\u00e9s&#8221;, dit-il.<\/p>\n<p>Ensuite, les scientifiques ont analys\u00e9 l&#8217;ADN des familles                   donneuses, en se servant de l&#8217;ADN mitochondrial (transmis de                   la m\u00e8re aux enfants) et de l&#8217;ADN du chromosome Y (transmis                   du p\u00e8re \u00e0 ses fils). &#8220;Des fois, nous n&#8217;avons pas pu trouver                   de donneur d&#8217;ADN paternel, des fois, nous n&#8217;avons pas pu trouver                   de donneur d&#8217;ADN maternel. Quand on a deux lign\u00e9es d&#8217;ADN, elles                   se renforcent l&#8217;une l&#8217;autre et \u00e7a sert \u00e0 identifier les restes&#8221;,                   dit Matheson. &#8220;Dans le cas du soldat Peterson, nous n&#8217;avions                   que de l&#8217;ADN de chromosome Y, mais heureusement que c&#8217;est le                   plus fiable des deux quand il s&#8217;agit d&#8217;identification. L&#8217;\u00e9chantillon                   d&#8217;ADN provenait d&#8217;Herbert Peterson, qui avait \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9 en                   l&#8217;honneur de son oncle tomb\u00e9.<\/p>\n<p>Matheson et ses collaborateurs ont institu\u00e9 un Centre for                   Missing soldiers&#8217; Identification (centre d&#8217;identification de                   soldats disparus), www.cmi-canada.org et ils ont pour objectif                   d&#8217;identifier les restes de tous les soldats canadiens des conflits                   militaires pass\u00e9s qu&#8217;on aura recouvr\u00e9. Ils sont \u00e0 la recherche                   d&#8217;\u00e9chantillons d&#8217;ADN pour rendre l&#8217;identification plus rapide                   et plus facile.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la comm\u00e9moration du soldat Peterson, bien qu&#8217;il ne                   soit plus port\u00e9 disparu, son nom va rester au m\u00e9morial de Vimy.                   Julian Smith, l&#8217;architecte canadien qui \u00e9tait impliqu\u00e9 dans                   le projet de restauration des m\u00e9moriaux de champs de bataille                   canadiens, remarque qu&#8217;il y a eu un d\u00e9bat \u00e0 savoir si l&#8217;on                   devait m\u00eame enlever tous les panneaux de noms en calcaire du                   m\u00e9morial pour les refaire. Toutefois, seules les sections illisibles                   ont fini par \u00eatre remplac\u00e9es. &#8220;On d\u00e9cida que le seul vrai changement                   serait d&#8217;ajouter les noms qui manquaient parce qu&#8217;il s&#8217;agissait                   d&#8217;un dossier historique.&#8221;<\/p>\n<p align=\"center\">* * *<\/p>\n<p>Un samedi matin ensoleill\u00e9, les descendants du simple soldat                   Herbert Peterson ont r\u00e9gl\u00e9 une c\u00e9r\u00e9monie fun\u00e9raire priv\u00e9e en                   son honneur, \u00e0 la chapelle St-Louis d&#8217;Arras. Le ministre d&#8217;Anciens                   combattants Canada Thompson, le chef d&#8217;\u00e9tat-major de la d\u00e9fense,                   le g\u00e9n\u00e9ral Rick Hillier, l&#8217;ancienne Gouverneure g\u00e9n\u00e9rale Adrienne                   Clarkson et son mari John Ralston Saul, ainsi que d&#8217;autres                   gens, se sont joint \u00e0 eux.<\/p>\n<p>Par la suite, la d\u00e9l\u00e9gation officielle et une foule de citoyens                   locaux, ainsi que des Canadiens en visite, se sont assembl\u00e9s                   au cimeti\u00e8re militaire de La Chaudi\u00e8re. L&#8217;humeur \u00e9tait solennelle                   quand la Marche fun\u00e9raire de Chopin, jou\u00e9e gravement par la                   musique des FC, est devenue audible. Ensuite, le cercueil de                   Peterson, recouvert d&#8217;un drapeau, est apparu, port\u00e9 lentement                   et prudemment jusqu&#8217;au cimeti\u00e8re par huit membres du Loyal                   Edmonton Regiment. Peterson fut inhum\u00e9 avec tous les honneurs                   militaires devant sa famille qui observait.<\/p>\n<p>Herbert Peterson, qui a re\u00e7u le drapeau qui avait recouvert                   la bi\u00e8re de son oncle, \u00e9tait d\u00e9contenanc\u00e9 \u00e0 cause de ses \u00e9motions                   et de la couverture m\u00e9diatique. &#8220;Je ne sais pas quoi dire&#8221;,                   dit-il doucement. &#8220;Un gros m\u00e9lange d&#8217;\u00e9motions&#8230;&#8221; Son fils,                   Kevin, se disait reconnaissant de la c\u00e9r\u00e9monie et de l&#8217;occasion                   de participer au p\u00e8lerinage historique \u00e0 Vimy. &#8220;C&#8217;est fantastique                   de voir tout ceci s&#8217;agr\u00e9ger. Il y a trois ou quatre semaines,                   rien ne nous indiquait que tout ceci allait arriver.&#8221;<\/p>\n<p>Sa tante Doreen Bargholz, membre des dames auxiliaires de                   la filiale Summerland (C.-B.) depuis longtemps, a beaucoup                   pleur\u00e9, mais elle dit quand m\u00eame &#8220;nous sommes tr\u00e8s heureux                   d&#8217;obtenir une conclusion pour mon oncle. Mon p\u00e8re parlait beaucoup                   de lui. Ils \u00e9taient tr\u00e8s li\u00e9s.&#8221;<\/p>\n<p>Son mari, Douglas, un v\u00e9t\u00e9ran de la Seconde Guerre mondiale                   qui a pass\u00e9 quatre ans outre-mer en tant que m\u00e9canicien dans                   l&#8217;Aviation royale du Canada, s&#8217;\u00e9merveillait &#8220;que tous ces gens                   soient venus&#8221;.<\/p>\n<p>Une des personnes de l&#8217;assistance les plus d\u00e9vou\u00e9es, Germaine                   Dupayage, qui a v\u00e9cu \u00e0 Vimy toute sa vie, nous a montr\u00e9 des                   photos du rapatriement par des Canadiens du Soldat inconnu                   qui a eu lieu en 2000. &#8220;J&#8217;en ai des larmes aux yeux&#8221;, disait-elle                   apr\u00e8s. Son p\u00e8re, qui avait \u00e9t\u00e9 pris en otage \u00e0 Verdun, en 1916,                   a \u00e9t\u00e9 prisonnier de guerre en Allemagne pendant deux ans. Vimy                   a \u00e9t\u00e9 d\u00e9molie durant la Premi\u00e8re Guerre mondiale, alors quand                   ses parents sont arriv\u00e9s dans la r\u00e9gion, en 1922, ils ont v\u00e9cu                   pendant un certain temps dans un camp de fortune. Dupayage                   dit beaucoup aimer le Canada, un sentiment qui a \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9 quand                   elle a travers\u00e9 l&#8217;Atlantique pour le visiter. &#8220;J&#8217;ai toujours                   voulu y retourner.&#8221;<\/p>\n<p>Ce m\u00eame jour-l\u00e0, les citoyens de Givenchy-en-Gohelle et de                   Th\u00e9lus ont montr\u00e9 leur reconnaissance en baptisant une place                   et une rue, respectivement, en l&#8217;honneur des Canadiens. Dans                   la premi\u00e8re ville, il s&#8217;agit de la place des Byng boys, en                   hommage aux soldats qui ont servi sous le commandant canadien                   sir Julian Byng \u00e0 la cr\u00eate de Vimy et, dans la seconde, de                   la rue des Artilleurs canadiens.<\/p>\n<p>&#8220;Il arrive qu&#8217;on lise des choses sur la reconnaissance du                   peuple fran\u00e7ais pour le militaire, mais (on ne peut pas vraiment                   savoir) \u00e0 moins d&#8217;y aller en personne&#8221;, disait l&#8217;agent de la                   GRC Belliveau par la suite. &#8220;Quand il y a des gens \u00e2g\u00e9s qui                   vous approchent, les larmes aux yeux et quand on marche le                   long des m\u00eames rues o\u00f9 nos soldats ont march\u00e9, c&#8217;est une bonne                   le\u00e7on d&#8217;humilit\u00e9.&#8221;<\/p>\n<p>La visite \u00e0 la tombe de son arri\u00e8re-grand-oncle aussi l&#8217;a                   marqu\u00e9. &#8220;Mon p\u00e8re a \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9 en son honneur, alors c&#8217;\u00e9tait                   tr\u00e8s \u00e9trange de voir \u00e7a.&#8221; Bien que la tombe elle-m\u00eame fut &#8220;tr\u00e8s                   paisible&#8221;, dit-il, &#8220;on ressent toutes sortes d&#8217;\u00e9motions quand                   on voit ce que le militaire a endur\u00e9. C&#8217;est difficile \u00e0 comprendre.&#8221;<\/p>\n<p>Ce soir-l\u00e0, au coucher du soleil, le contingent des FC a r\u00e9gl\u00e9 une                   c\u00e9r\u00e9monie inoubliable au monument de Vimy. Le groupe de 300                   personnes qui comprenait la musique des FC, des troupes de                   la marine, de l&#8217;artillerie et d&#8217;autres qui repr\u00e9sentaient les                   quatre divisions qui se sont battues \u00e0 Vimy, ont d\u00e9fil\u00e9 au                   soleil couchant, \u00e0 partir de l&#8217;entr\u00e9e des tunnels du champ                   de bataille jusqu&#8217;au monument. L\u00e0, une foule immense a assist\u00e9 \u00e0 un                   spectacle de musique et de manoeuvres militaires, dont la c\u00e9r\u00e9monie                   des couleurs et sonnerie au drapeau. Chandelle en main, une                   longue procession de gens a d\u00e9fil\u00e9 jusqu&#8217;au monument, o\u00f9 Thompson                   a d\u00e9voil\u00e9 le nouveau concept lumineux du m\u00e9morial.<\/p>\n<p>Debout devant les statues illumin\u00e9es d&#8217;Allward, Isabelle Dor\u00e9 dit                   que sa famille et elle assistaient \u00e0 toutes les manifestations \u00e0 Vimy                   parce que &#8220;c&#8217;est notre coin du monde et nous n&#8217;aurons jamais                   l&#8217;occasion de revoir un \u00e9v\u00e9nement comme celui-ci. C&#8217;est un                   souvenir et c&#8217;est aussi un remerciement.&#8221; \u00c0 propos du fait                   que la France ait octroy\u00e9 le champ de bataille au Canada, elle                   dit &#8220;nous sommes sur le sol canadien, alors c&#8217;est comme si                   nous \u00e9tions en voyage&#8221;.<\/p>\n<p align=\"center\">* * *<\/p>\n<p>Le dimanche de P\u00e2ques a commenc\u00e9 par un service oecum\u00e9nique                   auquel ont assist\u00e9 Harper et la d\u00e9l\u00e9gation. Ensuite, il y a                   eu une fanfare quand les citoyens d&#8217;Arras et des centaines                   de visiteurs \u00e9trangers se sont assembl\u00e9s \u00e0 la place des H\u00e9ros                   pour observer la c\u00e9r\u00e9monie du droit de cit\u00e9 aux FC.<\/p>\n<p>Avant de laisser les membres des FC passer par une porte symbolique                   devant la mairie d&#8217;Arras, le maire Jean-Marie Vanlerenberghe                   d\u00e9clarait \u00e0 ses concitoyens : &#8220;Votre pr\u00e9sence en si grand nombre                   est un hommage au pays qui a d\u00e9fendu notre ville [&#8230;]. Je                   sugg\u00e8re que nous offrions tous ensemble le droit au Canada                   d&#8217;entrer dans la ville, en remerciement et en hommage \u00e0 ces                   anciens combattants qui se sont sacrifi\u00e9s pour prot\u00e9ger la                   ville d&#8217;Arras et la cr\u00eate de Vimy il y a 90 ans. Depuis lors,                   il y a un morceau du Canada dans notre pays, ainsi que dans                   notre coeur.&#8221;<\/p>\n<p>Hillier avait un grand sourire aux l\u00e8vres apr\u00e8s que ses troupes                   aient d\u00e9fil\u00e9 par la porte. &#8220;Ici, avec tous ces soldats, ces                   marins, ces aviateurs, ces agents de la GRC, ces anciens combattants                   et ces jeunes venus de partout au Canada, on se sent fier d&#8217;\u00eatre                   Canadien. Cela permet de r\u00e9aliser les grandes choses sur lesquelles                   notre pays est fond\u00e9 [&#8230;].<\/p>\n<p>Un pays ne se construit pas au hasard, et il faut toujours                   des hommes et des femmes sous les drapeaux.&#8221;<\/p>\n<p>De dire John Colton, un membre de la filiale Sherbrooke (Qc)                   qui a \u00e9t\u00e9 pilote de chasse durant la Seconde Guerre mondiale : &#8220;je                   n&#8217;avais jamais vu (un d\u00e9fil\u00e9) comme celui-ci. C&#8217;\u00e9tait fantastique.&#8221; Il                   a rendu hommage \u00e0 ceux qui l&#8217;ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9. &#8220;Nous sommes une                   bande de fr\u00e8res et nous n&#8217;oublions jamais.&#8221;<\/p>\n<p>Par la suite, la joie a fait place \u00e0 la tristesse quand la                   nouvelle des six morts en Afghanistan s&#8217;est propag\u00e9e.<\/p>\n<p align=\"center\">* * *<\/p>\n<p>C&#8217;est avec des \u00e9motions mixtes que la d\u00e9l\u00e9gation s&#8217;est pr\u00e9sent\u00e9e                   au monument de Vimy le lundi de P\u00e2ques. Tom Eagle, pr\u00e9sident                   des Northwest Territories\/ Nunavut Aboriginal Veterans Associations                   et membre actif de la L\u00e9gion, a particip\u00e9 \u00e0 une c\u00e9r\u00e9monie, \u00e0 l&#8217;aube,                   devant le monument. &#8220;Ce matin, nous honorons nos guerriers                   tomb\u00e9s&#8221;, dit-il. &#8220;J&#8217;ai pri\u00e9 pour nos soldats en Afghanistan                   et dans d&#8217;autres parties de ce monde troubl\u00e9.&#8221;<\/p>\n<p>\u00c0 10 heures, le monument \u00e9tait tr\u00e8s achaland\u00e9. Des groupes                   d&#8217;\u00e9l\u00e8ves d&#8217;\u00e9cole secondaire \u00e9taient occup\u00e9s \u00e0 prendre des photos                   avec leurs appareils photos num\u00e9riques alors que les l\u00e9gionnaires                   comme Jack Moxam de Pender Island (C.-B.) et Ewart Wannamaker                   de Bancroft (Ont.) bavardaient avec des membres de la garde                   d&#8217;honneur. La technicienne dentaire des FC Kathy Trotter \u00e9coutait                   le v\u00e9t\u00e9ran de la Seconde Guerre mondiale Wannamaker raconter                   ses souvenirs du temps o\u00f9 il a d\u00e9barqu\u00e9 en France avec l&#8217;unit\u00e9 de                   service, et elle lui r\u00e9pondit &#8220;quand je serai dans le d\u00e9fil\u00e9 aujourd&#8217;hui,                   je penserai \u00e0 vous&#8221;.<\/p>\n<p>De dire Michael Ignatieff, aux tentes d&#8217;activit\u00e9s mont\u00e9es \u00e0 quelques                   pas de l\u00e0, &#8220;l&#8217;histoire, c&#8217;est la foule, le nombre de Canadiens.                   D&#8217;apr\u00e8s moi, cela va ancrer le 90e anniversaire dans notre                   histoire d&#8217;une mani\u00e8re que personne n&#8217;avait exactement pr\u00e9vue.&#8221;<\/p>\n<p>Vu l&#8217;arriv\u00e9e imminente de la reine, de Harper et de de Villepin,                   il \u00e9tait interdit d&#8217;aller au monument \u00e0 partir de 11 heures.                   Pendant les quelques heures qu&#8217;il a fallu au personnel de la                   s\u00e9curit\u00e9 pour passer au crible des milliers de visiteurs, les \u00e9l\u00e8ves                   canadiens et les amuseurs rendaient hommage aux soldats de                   la Premi\u00e8re Guerre mondiale gr\u00e2ce \u00e0 des po\u00e8mes, des discours                   et des chansons.<\/p>\n<p>Pour honorer davantage ceux qui se sont battus sous le Red                   Ensign, l&#8217;ancien drapeau du Canada avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9ploy\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de                   la feuille d&#8217;\u00e9rable.<\/p>\n<p>Les divers \u00e9l\u00e9ments de la manifestation du lundi de P\u00e2ques                   ont traduit les \u00e9motions du jour. Il y avait les 5 000 jeunes                   Canadiens qui agitaient un drapeau, le grondement des chasseurs \u00e0 r\u00e9action                   fran\u00e7ais volant au-dessus d&#8217;une foule \u00e9bahie et la descente                   en parachute triomphale de deux membres de l&#8217;\u00c9quipe de parachutistes                   des Forces canadiennes vers le m\u00e9morial o\u00f9 flottaient le drapeau                   du Canada et celui de la France.<\/p>\n<p>Il y avait aussi une r\u00e9flexion tranquille o\u00f9 coulaient des                   larmes, surtout durant la derni\u00e8re sonnerie. Quand la M\u00e9tisse                   adolescente Sierra Noble est mont\u00e9e sur le monument jouer sa                   Complainte du guerrier, le son tendre et doux-amer de son violon                   a plan\u00e9 au-dessus du champ de bataille.<\/p>\n<p>La reine, Harper et de Villepin ont fait des discours qui                   venaient du fond du coeur et qui \u00e9taient parfaitement articul\u00e9s,                   le Premier ministre fran\u00e7ais proclamant &#8220;sur ce sol artois                   qui a tant souffert et o\u00f9 nos alli\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 nos lib\u00e9rateurs,                   la France dit merci au Canada&#8221;.<\/p>\n<p>De d\u00e9clarer Harper : &#8220;nous Canadiens, ici aujourd&#8217;hui, sommes                   bien loin de chez nous, mais il n&#8217;y a pas d&#8217;endroit sur Terre                   o\u00f9 nous nous sentions davantage Canadiens, car nous ressentons                   tout autour de nous la pr\u00e9sence de nos anc\u00eatres&#8221;.<\/p>\n<p>Lorsque la reine s&#8217;appr\u00eatait \u00e0 saluer les anciens combattants                   parmi la foule, le soleil a perc\u00e9 les nuages et fait briller                   le monument.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8220;Dans n&#8217;importe quelle histoire nationale il y a des moments et des endroits, des fois loin de chez soi, que, r\u00e9trospectivement, on peut voir comme des tournants fixes de l&#8217;histoire, des moments qui distinguent \u00e0 jamais la nation dont il s&#8217;agit. 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