{"id":4239,"date":"2017-08-01T15:54:49","date_gmt":"2017-08-01T19:54:49","guid":{"rendered":"https:\/\/legionmagfren.wpengine.com\/?p=4239"},"modified":"2017-08-14T15:55:13","modified_gmt":"2017-08-14T19:55:13","slug":"a-lassaut-de-la-cote-70","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/2017\/08\/a-lassaut-de-la-cote-70\/","title":{"rendered":"\u00c0 L\u2019ASSAUT DE LA C\u00d4TE 70"},"content":{"rendered":"<h2><\/h2>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4240\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/H70_01.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"400\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/H70_01.jpg 1500w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/H70_01-300x200.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/H70_01-768x512.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/H70_01-1024x683.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span><strong>Interruption des combats Des soldats canadiens et des prisonniers allemands prennent du caf\u00e9 et des biscuits distribu\u00e9s par le YMCA, \u00e0 moins d\u2019un kilom\u00e8tre du front de 1917. Dans la lutte acharn\u00e9e pour la c\u00f4te 70, les hommes avaient d\u00fb mener des combats rapproch\u00e9s et subir des contre-attaques au gaz et aux lance-flammes des Allemands. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>MDN\/BAC\/PA-002058<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<h2 class=\"p1\" style=\"text-align: center;\"><span class=\"s1\"><br \/>\nQUATRE MOIS APR\u00c8S VIMY,<br \/>\nUN AUTRE TRIOMPHE DU CANADA<br \/>\nFUT TOUT AUSSI H\u00c9RO\u00cfQUE<\/span><\/h2>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Le premier assaut de grande envergure <\/b>donn\u00e9 par le Corps canadien apr\u00e8s Vimy fut une victoire tactique remarquable dans le cadre d\u2019un objectif strat\u00e9gique plus large. Le but imm\u00e9diat de l\u2019assaut \u00e9tait de s\u2019emparer des hauteurs occup\u00e9es par les Allemands au nord de la ville, de les obliger \u00e0 se replier et de menacer leur contr\u00f4le de Lille, un important centre de transport. Mais le plus important \u00e9tait de mobiliser les forces allemandes aux alentours de Lens et de les \u00e9loigner de l\u2019offensive britannique en Flandres qui avait commenc\u00e9 le 31 juillet. L\u2019offensive canadienne avait \u00e9galement pour but de causer autant de pertes que possible aux Allemands, pour emp\u00eacher l\u2019affectation de renforts en Flandres.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">En juin, le lieutenant-g\u00e9n\u00e9ral sir Arthur Currie \u00e9tait devenu le premier Canadien promu au commandement du Corps canadien. L\u2019attaque de la c\u00f4te 70 allait \u00eatre sa premi\u00e8re grande op\u00e9ration \u00e0 ce poste. Le 7 juillet, son sup\u00e9rieur imm\u00e9diat, le g\u00e9n\u00e9ral britannique sir Henry Horne, commandant de la Premi\u00e8re Arm\u00e9e, lui demanda de formuler un plan pour prendre Lens, terrain hostile couvert de maisons en ruines et de rues m\u00e9connaissables au milieu d\u2019un d\u00e9dale de terrils et d\u2019installations mini\u00e8res et ferroviaires.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Il \u00e9tait entendu que la capture de Lens, contre des d\u00e9fenseurs tenaces, bien cach\u00e9s et camp\u00e9s dans leurs positions, serait difficile et qu\u2019elle co\u00fbterait certainement tr\u00e8s cher. Currie fit lui-m\u00eame la reconnaissance du terrain. D\u2019apr\u00e8s lui, il n\u2019\u00e9tait pas logique d\u2019attaquer Lens sans avoir d\u2019abord pris la c\u00f4te 70 d\u2019o\u00f9 les Allemands pourraient observer les Canadiens et les prendre pour cibles faciles. La ville deviendrait alors un pi\u00e8ge mortel.<\/span><\/p>\n<h2 class=\"p1\" style=\"text-align: center;\"><span class=\"s1\">L\u2019attaque \u00e0 travers le terrain plein<br \/>\nde crat\u00e8res d\u2019obus fut lanc\u00e9e juste<br \/>\navant l\u2019aube, \u00e0 4 h 25.<\/span><\/h2>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Currie demanda hardiment \u00e0 Horne l\u2019autorisation de saisir la c\u00f4te 70 plut\u00f4t que Lens elle-m\u00eame, s\u2019attendant \u00e0 ce que les Allemands abandonnent la ville lorsque cette hauteur serait aux mains des Canadiens. Il avait l\u2019intention de fortifier la c\u00f4te tout de suite apr\u00e8s l\u2019avoir captur\u00e9e, sachant que l\u2019ennemi avait pour habitude de contrattaquer imm\u00e9diatement, pour lui infliger de lourdes pertes gr\u00e2ce \u00e0 son artillerie et \u00e0 ses mitrailleuses.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">L\u2019\u00e9tat-major canadien et britannique choisit les objectifs et pr\u00e9para l\u2019attaque, tandis que l\u2019entrainement et les simulations, avec reproductions du champ de bataille, permirent aux officiers et aux hommes de se familiariser avec tous les aspects du plan. Des munitions furent avanc\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 la ligne des canons, et des approvisionnements furent transport\u00e9s par les routes et les chemins de fer \u00e0 voie \u00e9troite qui serpentaient aussi pr\u00e8s du front que possible. Les fortes pluies et l\u2019insistance de Currie sur une pr\u00e9paration minutieuse repouss\u00e8rent l\u2019assaut au 15 aout, probablement trop tard pour garantir un effet de diversion optimal.<\/span><\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img decoding=\"async\" class=\"wp-image-4241\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/H70_02-5.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"400\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/H70_02-5.jpg 1500w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/H70_02-5-300x200.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/H70_02-5-768x512.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/H70_02-5-1024x683.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Bless\u00e9s en marche Des membres du Canadian Scottish Battalion pr\u00e8s du front, pendant la bataille de la c\u00f4te 70, en aout 1917. Les 10 jours de combats firent 8 677 victimes parmi les Canadiens, dont plus d\u2019un quart de tu\u00e9s. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>MDN\/BAC\/PA-001603<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Pendant les jours pr\u00e9c\u00e9dant l\u2019attaque, presque 500 canons canadiens ou britanniques tir\u00e8rent presque 800 000 obus qui affai-blirent peu \u00e0 peu les d\u00e9fenses allemandes, coup\u00e8rent les barbel\u00e9s, entrav\u00e8rent les communications et \u00e9croul\u00e8rent des tranch\u00e9es. Le feu des contrebatteries mit hors de combat 40 des 102 pi\u00e8ces d\u2019artillerie situ\u00e9es dans des positions d\u2019o\u00f9 elles auraient nui \u00e0 l\u2019assaut. Les gros canons et les canons obusiers bombardaient les arri\u00e8res pour d\u00e9stabiliser l\u2019artillerie allemande et r\u00e9duire les concentrations de soldats ennemis. Cela fut la cause, en plus du feu indirect de 160 mitrailleuses Vickers, de milliers de victimes parmi les Allemands. Des millions de balles de mitrailleuse allaient \u00eatre tir\u00e9es durant la bataille elle-m\u00eame. Les Royal Engineers envoy\u00e8rent \u00e0 Lens 3 500 barils de p\u00e9trole lampant et 900 obus \u00e0 gaz, faisant des ravages et cr\u00e9ant un \u00e9norme \u00e9cran de fum\u00e9e juste avant l\u2019assaut.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Currie avait pr\u00e9vu d\u2019envoyer deux de ses quatre divisions sur un front d\u2019environ 3 700 m\u00e8tres et sur 1 400 m\u00e8tres de profondeur pour lib\u00e9rer la c\u00f4te 70. La charge des Canadiens visait trois objectifs principaux : d\u2019abord, les tranch\u00e9es du front allemand sur la pente de devant; ensuite, la cr\u00eate de la colline; enfin, l\u2019autre versant.<\/span><\/p>\n<h2 class=\"p1\" style=\"text-align: center;\"><span class=\"s1\">La bataille de la c\u00f4te 70 en aout 1917<br \/>\nfut une \u00e9norme boucherie.<\/span><\/h2>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">L\u2019attaque \u00e0 travers le terrain plein de crat\u00e8res d\u2019obus fut lanc\u00e9e juste avant l\u2019aube, \u00e0 4 h 25. Plus de 200 canons de 18 livres et 48 canons obusiers de 4,5 pouces firent un barrage mobile de feu et d\u2019acier pour prot\u00e9ger les Canadiens qui s\u2019avan\u00e7aient. La 1<sup>re<\/sup> Division canadienne, du c\u00f4t\u00e9 gauche, donna l\u2019assaut \u00e0 la c\u00f4te 70 elle-m\u00eame; la 2<sup>e<\/sup>, \u00e0 droite, s\u2019avan\u00e7a par le sud, \u00e0 travers les ruines d\u2019une banlieue industrielle de Lens. Chaque division avait deux brigades en avant, la force d\u2019assaut initiale \u00e9tant form\u00e9e de 10 bataillons \u2013 environ 7 000 hommes \u2013 renforc\u00e9e et d\u00e9pass\u00e9e tour \u00e0 tour par d\u2019autres bataillons. En m\u00eame temps, la 4<sup>e<\/sup> Division de la 12<sup>e<\/sup> Brigade cr\u00e9a une diversion au p\u00e9rim\u00e8tre sud de Lens, qui r\u00e9ussit \u00e0 faire \u00e9loigner le feu d\u2019artillerie allemand de la bataille principale.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Dans son journal, Arthur Lapointe de la 2<sup>e<\/sup> Division du 22<sup>e<\/sup> Bataillon d\u00e9crivit l\u2019assaut ainsi : \u00ab Heure z\u00e9ro! Un roulement semblable au tonnerre r\u00e9sonne et le ciel est fendu par de grands rideaux de feu [&#8230;]. Je me rue par-dessus le parapet et [&#8230;] je suis un des premiers dans le terrain neutre [&#8230;]. Le vacarme du barrage nous assourdit; l\u2019air bat au rythme des explosions et la terre tremble sous nos pieds [&#8230;]. Nous atteignons la ligne de front de l\u2019ennemi, qui a \u00e9t\u00e9 mise en pi\u00e8ces. Des morts gisent \u00e0 moiti\u00e9 ensevelis par le parapet effondr\u00e9 et des bless\u00e9s se tordent de douleur. \u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Bien que les Allemands aient pr\u00e9dit pr\u00e9cis\u00e9ment le moment et le lieu de l\u2019attaque, un grand nombre d\u2019objectifs de la premi\u00e8re ligne furent atteints en 20 minutes \u00e0 peine, mais la longueur de l\u2019attaque ne dit pas tout sur la f\u00e9rocit\u00e9 des combats. Certains hommes atteignirent la deuxi\u00e8me ligne au bout d\u2019une heure, alors que d\u2019autres avaient d\u00e9j\u00e0 atteint la troisi\u00e8me. Certaines positions allemandes r\u00e9sist\u00e8rent obstin\u00e9ment et le nombre de victimes augmenta \u00e0 mesure que les soldats canadiens prenaient les emplacements de mitrailleuse d\u2019assaut, saisissaient les crat\u00e8res d\u2019obus vaillamment d\u00e9fendus ou se faufilaient \u00e0 travers les d\u00e9combres.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Aussit\u00f4t les premiers objectifs captur\u00e9s, des d\u00e9tachements de corv\u00e9e apport\u00e8rent munitions, pelles-pioches et autres provisions, des monteurs de ligne posaient les fils jusqu\u2019aux nouvelles positions, et les brancardiers dangereusement \u00e0 d\u00e9couvert \u00e9vacuaient les bless\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">L\u2019un d\u2019eux, le soldat Michael O\u2019Rourke du 7<sup>e<\/sup> Bataillon, n\u00e9 en Irlande, transporta des bless\u00e9s presque sans cesse pendant <span class=\"s1\"><br \/>\n72 heures, sans se pr\u00e9occuper des explosions d\u2019obus qui faillirent le tuer \u00e0 au moins trois reprises. O\u2019Roorke a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cor\u00e9 de la Croix de Victoria, une des six accord\u00e9es \u00e0 des Canadiens \u00e0 la c\u00f4te 70 et \u00e0 Lens.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les Canadiens r\u00e9par\u00e8rent vite les tranch\u00e9es allemandes captur\u00e9es et en renvers\u00e8rent l\u2019orientation. Ils install\u00e8rent des barbel\u00e9s et remplirent des milliers de sacs de sable, et ils creus\u00e8rent des points pour y installer 48 mitrailleuses Vickers et pas moins de 200 mitrailleuses l\u00e9g\u00e8res Lewis.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les Allemands tent\u00e8rent quatre contre-attaques au d\u00e9but de la matin\u00e9e, qui furent toutes repouss\u00e9es gr\u00e2ce au feu des Vickers et des Lewis et qui entrain\u00e8rent de lourdes pertes. L\u2019artillerie \u00e9tait dirig\u00e9e depuis la cr\u00eate par des officiers observateurs qui utilisaient des t\u00e9l\u00e9phones de campagne et, une premi\u00e8re pour l\u2019artillerie canadienne, la radio sans fil. Les Allemands furent d\u00e9cim\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">\u00ab Les servants de nos canons et de nos mitrailleuses et nos fantassins n\u2019avaient jamais eu de telles cibles, \u00bb \u00e9crivit Currie dans son journal. C\u2019\u00e9tait une \u00ab tuerie par l\u2019artillerie, \u00bb raconta le lieutenant-colonel A.G.L. McNaughton, l\u2019officier des contrebatteries canadien le plus haut grad\u00e9.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Toutefois, les Allemands continuaient de venir. Ils ajout\u00e8rent sept bataillons de r\u00e9serve appartenant \u00e0 deux divisions, dont la 4<sup>e<\/sup> Division de gardes aguerrie, aux huit bataillons malmen\u00e9s qui se mesuraient d\u00e9j\u00e0 aux Canadiens. \u00c0 la fin du premier jour de la bataille, on tira un bilan de 1 056 morts, 2 432 bless\u00e9s et 39 pri-sonniers dans les rangs canadiens.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">La pression de l\u2019ennemi \u00e9tait presque insoutenable : pendant les trois jours qui suivirent, les Allemands contrattaqu\u00e8rent avec des forces diverses et \u00e0 divers endroits le long du front de la c\u00f4te 70. Ils ne croyaient pas vraiment pouvoir reprendre la c\u00f4te, mais au moins leurs contre-attaques d\u00e9stabilisaient les Canadiens et les emp\u00eachaient de reprendre leur avanc\u00e9e. Ce furent peut-\u00eatre les combats rapproch\u00e9s les plus f\u00e9roces dont les Canadiens firent l\u2019exp\u00e9rience pendant la guerre, durant lesquels ils utilis\u00e8rent des armes l\u00e9g\u00e8res, des grenades, des ba\u00efonnettes, des gourdins, leurs poings et tout ce qui leur tombait sous la main. Les Allemands utilis\u00e8rent aussi une nouvelle arme terrifiante; le lance-flammes.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Ni un c\u00f4t\u00e9 ni l\u2019autre ne fit de quartier pendant ces jours sinistres. Quelques-unes des 21 attaques des Allemands aboutirent \u00e0 des gains temporaires, mais elles finirent toutes par \u00eatre d\u00e9faites. Il y eut 1 800 autres victimes chez les Canadiens entre le 16 et le 18 aout, mais ils rest\u00e8rent ma\u00eetres de la c\u00f4te 70.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Comble de malheur, le champ de bataille \u00e9tait encore plus dangereux \u00e0 cause de l\u2019utilisation par les deux c\u00f4t\u00e9s de gaz toxique. Le gaz moutarde des Allemands, appel\u00e9 ainsi \u00e0 cause de son odeur, dont les Canadiens <\/span><span class=\"s2\">n\u2019avaient pas encore fait l\u2019exp\u00e9rience, \u00e9tait particuli\u00e8rement horrible. Il aveuglait, br\u00fblait les poumons, causait des cloques et d\u00e9formait les chairs. M\u00eame les Canadiens derri\u00e8re les lignes n\u2019\u00e9taient pas \u00e0 l\u2019abri : les Allemands tir\u00e8rent quelque 15 000 obus \u00e0 gaz, principalement du gaz moutarde, pour d\u00e9stabiliser le feu de l\u2019artillerie canadienne. Lorsque les tireurs canadiens portaient leur masque \u00e0 gaz aux lunettes embu\u00e9es, ils ne pouvaient pas bien pointer leurs armes ni r\u00e9pondre aux demandes de soutien. Beaucoup ont enlev\u00e9 leur masque \u00e0 gaz \u00e0 cause de cela, et 183 d\u2019entre eux furent victimes du gaz. Leur h\u00e9ro\u00efsme fut des plus admirables tout au long des 10 jours de la bataille de la c\u00f4te 70 et de Lens.<\/span><\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img decoding=\"async\" class=\"wp-image-4242\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/H70_03.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"707\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/H70_03.jpg 2222w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/H70_03-255x300.jpg 255w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/H70_03-768x905.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/H70_03-869x1024.jpg 869w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Pour actes de bravoure Filip Konowal, soldat canadien d\u2019origine ukrainienne, re\u00e7ut la croix de Victoria apr\u00e8s avoir lib\u00e9r\u00e9 des caves, des crat\u00e8res et des emplacements de mitrailleuse. Il avait tu\u00e9 au moins 16 soldats ennemis. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>A.A. McEvoy\/MCG\/19710261-0410<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p1\"><b>Currie aurait d\u00fb s\u2019arr\u00eater l\u00e0<\/b>, puisqu\u2019il avait pris le dessus, mais il voulait chasser les Allemands de Lens, comme pr\u00e9vu. Une accalmie<br \/>\nde plusieurs jours prit fin le 21 aout, quand la 4<sup>e<\/sup> Division, renforc\u00e9e par la 2<sup>e<\/sup>, lan\u00e7a une attaque d\u2019explo-ration dans la p\u00e9riph\u00e9rie sud et ouest de Lens. Il s\u2019agissait d\u2019une tentative valable pour convaincre les Allemands d\u2019\u00e9vacuer la ville. Cependant, le travail de l\u2019\u00e9tat-major de la 4<sup>e<\/sup> Division avait \u00e9t\u00e9 fait \u00e0 la h\u00e2te : il \u00e9tait b\u00e2cl\u00e9, et les attaques furent pr\u00e9cipit\u00e9es et mal con\u00e7ues. Cela g\u00e2cha l\u2019\u00e9norme succ\u00e8s de Currie \u00e0 la c\u00f4te 70, et le commandant canadien dut en assumer la responsabilit\u00e9.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les Allemands, face \u00e0 un lourd barrage d\u2019artillerie, demeuraient alertes et bombardaient la ligne de d\u00e9part des Canadiens, ce qui eut un effet d\u00e9vastateur. Ensuite, ils lanc\u00e8rent leur propre attaque de d\u00e9sorganisation. Les deux c\u00f4t\u00e9s se rencontr\u00e8rent dans la zone neutre et de nouveaux combats rapproch\u00e9s eurent lieu dans le clair-obscur de l\u2019aube. Vu qu\u2019il n\u2019y avait gu\u00e8re d\u2019abris, le nombre de pertes grimpa rapidement, et les Canadiens durent se replier. Peu d\u2019objectifs furent atteints, et il \u00e9tait difficile de creuser dans les d\u00e9combres pour les consolider. Les mitrailleuses allemandes d\u00e9cim\u00e8rent le 47<sup>e<\/sup> Bataillon, de la Colombie-Britannique.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Cela aurait d\u00fb se terminer l\u00e0, mais aux premi\u00e8res heures du 23 aout, un assaut nocturne du 44<sup>e<\/sup> Bataillon, du Manitoba, planifi\u00e9 \u00e0 la va-vite contre un terril surnomm\u00e9 le crassier vert, fut un d\u00e9sastre. L\u2019artillerie et les mitrailleuses allemandes firent de tr\u00e8s nombreuses victimes parmi les Canadiens. Contre toute attente, les Canadiens, r\u00e9solus, r\u00e9ussirent \u00e0 escalader le crassier vert, mais ils ne purent pas en rester ma\u00eetres. Le 44<sup>e<\/sup> avait subi 257 pertes : presque la moiti\u00e9 de son effectif. La bataille de la c\u00f4te 70 et Lens se termina, le 25 aout, par des op\u00e9rations mineures. Au total, la bataille du 15 au 25 aout avait fait 8 677 victimes c\u00f4t\u00e9 Canadiens, environ 5 400 \u00e0 la c\u00f4te 70 et 3 300 \u00e0 Lens. Il y eut presque autant de victimes canadiennes pendant les 10 jours de la bataille de la c\u00f4te 70 et de Lens qu\u2019\u00e0 Vimy, m\u00eame si moins de soldats y prirent part. On estime les pertes allemandes \u00e0 entre 12 000 et 15 000.<\/span><\/p>\n<div class=\"caption_img\">\r\n        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4243\" src=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/H70_04.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"400\" srcset=\"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/H70_04.jpg 1500w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/H70_04-300x200.jpg 300w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/H70_04-768x512.jpg 768w, https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/H70_04-1024x683.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/>\r\n        <div class=\"caption\">\r\n            <span>Apr\u00e8s la bataille : Des Canadiens passent \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de trous \u00e0 canon allemands d\u00e9truits aux abords de Lens, France, en septembre 1917. Les Allemands rest\u00e8rent ma\u00eetres de la ville jusqu\u2019\u00e0 leur retraite finale, en 1918. <\/span>\r\n            \r\n        <div class=\"credit\">\r\n            <span>MDN\/BAC\/PA-001817<\/span>\r\n        <\/div>\r\n\r\n        <\/div>\r\n        \r\n    <\/div>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Aucune force allemande ne quitta Lens, et des forces de r\u00e9serve y furent envoy\u00e9es plut\u00f4t que d\u00e9p\u00each\u00e9es en Flandres. Les Allemands consid\u00e9raient les Canadiens comme la meilleure force d\u2019assaut dont disposaient les Britanniques et ils admirent qu\u2019\u00e0 la c\u00f4te 70, \u00ab les Canadiens avaient atteint leurs objectifs \u00bb et que le \u00ab plan de rel\u00e8ve des troupes en Flandres avait \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9 \u00bb. Cependant, Lens resta entre les mains des Allemands.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">La bataille de la c\u00f4te 70 avait \u00e9t\u00e9 une victoire tactique et un succ\u00e8s strat\u00e9gique partiel. Le mar\u00e9chal sir Douglas Haig, commandant de la force exp\u00e9ditionnaire britannique, s\u2019en souvint comme d\u2019une des \u00ab meilleures petites op\u00e9rations \u00bb de toute la guerre, tandis que d\u2019apr\u00e8s Currie, \u00e7\u2019avait \u00e9t\u00e9 l\u2019une des batailles les plus \u00ab dures \u00bb, sold\u00e9e par une \u00ab merveilleuse et importante victoire \u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Les comptes rendus dans la presse en aout 1917 compar\u00e8rent la c\u00f4te 70 \u00e0 Vimy en termes de r\u00e9sultat et de port\u00e9e. Un titre du Calgary Daily Herald parla m\u00eame de \u00ab rivi\u00e8res de sang allemand sur la c\u00f4te 70 \u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Vimy a longtemps fait ombrage \u00e0 la bataille de la c\u00f4te 70 dans la m\u00e9moire collective des Canadiens. Le seul monument au Canada qui rappelle les actes de bravoure de la c\u00f4te 70 est fort modeste. Il a \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9 dans un parc du hameau ontarien de Mountain en 1925 et r\u00e9nov\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Mais le 22 aout prochain, le Hill 70 Memorial Project, organi-sme de bienfaisance canadien, pr\u00e9voit d\u00e9voiler un ob\u00e9lisque financ\u00e9 par le secteur priv\u00e9 dans un endroit magnifiquement am\u00e9nag\u00e9 qui chevauche la ligne de d\u00e9part de 1917 \u00e0 Loos-en-Gohelle, France. La bataille de la c\u00f4te 70 sera enfin reconnue \u00e0 sa juste valeur. <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>QUATRE MOIS APR\u00c8S VIMY, UN AUTRE TRIOMPHE DU CANADA FUT TOUT AUSSI H\u00c9RO\u00cfQUE Le premier assaut de grande envergure donn\u00e9 par le Corps canadien apr\u00e8s Vimy fut une victoire tactique remarquable dans le cadre d\u2019un objectif strat\u00e9gique plus large. Le but imm\u00e9diat de l\u2019assaut \u00e9tait de s\u2019emparer des hauteurs occup\u00e9es par les Allemands au nord [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":54,"featured_media":4245,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-4239","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles-principaux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4239","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/54"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4239"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4239\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4245"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4239"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4239"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legionmagazine.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4239"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}